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Transmis par: webmaster Actif Mardi 09 Septembre 2003 - 04:10
Maladie et conséquences

L'article suivant est une excellente revue de la prise en charge de l'hépatite C chronique pouvant intéresser les patients, les cliniciens et d'autres professionnels de la santé qui o­nt besoin d'une vue d'ensemble appropriée à la gestion de la maladie. L'article offre une description très claire et utile des bases de la prise en charge de l'hépatite C.

Introduction
 
L'Hépatite C est connue comme une « épidémie silencieuse ». Des mesures appropriées sont nécessaires pour empêcher la diffusion de cette maladie. Le traitement combiné de l'interféron avec la ribavirine joue un rôle déterminant dans la bataille pour combattre l'hépatite C. 
 
Le nombre de répondeurs au traitement contre l'hépatite c a augmenté encore plus avec l'arrivée de l'interféron pégylé. Pour être efficace, le traitement doit être bien planifié et une évaluation préalable au traitement est obligatoire. De même, pendant le traitement, la surveillance appropriée des patients est d'une grande importance.
 
Cependant des limites de traitement, selon chaque génotype, doivent être respectées. Il n'y a aucune approche unique pour des non répondeurs, par conséquent cette situation continue à être un dilemme thérapeutique. L'utilisation de l'interféron en cas de cirrhose compensée a ses propres limitations tandis que son rôle dans la cirrhose décompensée en est encore au stade expérimental. La biopsie du foie a son importance dans l'évaluation appropriée du patient. 
 
L'hépatite C aiguë est rare mais les données courantes suggèrent que le traitement actif soit tout autant nécessaire que pour l'hépatite chronique.
 
L'Hépatite C est provoquée par un virus à ARN (VHC) appartenant au groupe des flavivirus
 
Il y a eu des progrès substantiels dans le traitement de cette maladie. La combinaison de l'interféron et de la ribavirine est à ce jour bien établie. L'interféron pégylé a augmenté encore plus le nombre de répondeurs.
 
La gestion de l'hépatite C commence par la consultation, l'évaluation appropriée du traitement des patients et l'évaluation du génotype du virus et de la charge virale. Les buts de traitement pour chaque patient sont définis et le patient est surveillé tous le long de la thérapie. 
 

La consultation
 
Le fait d'être positif aux anticorps de VHC peut produire une
inquiétude intense chez beaucoup de patients. Le patient a besoin d'une explication très rassurante au sujet de l'histoire naturelle de la maladie en insistant sur le fait que seulement un petit pourcentage des personnes développent finalement la cirrhose de foie. Par conséquent, même si la cirrhose se développe, la progression est très lente.
 
Dans une étude impliquant l'hépatite non-A non-B post-transfusionnelle (l'appellation hépatite C n'existait pas encore au début de cette étude), après un suivi moyen de 18 ans, la mortalité liée à l'affection hépatique était seulement de 3,3% par rapport à 1,5% dans le groupe de contrôle (ceux qui n'avaient aucune maladie au départ);
de plus la majorité des décès s'est produite avec un alcoolisme associé.
 
Le patient est averti de ne pas donner son sang ou ses organes pour la transplantation. Des inquiétudes du patient concernant la transmission à son conjoint devraient être apaisées car le risque de transmission par le rapport sexuel stable avec un seul partenaire est négligeable. L'utilisation du préservatif n'est pas obligatoire mais peut être appropriée pour ceux qui sont extrêmement inquiets au sujet de la possibilité de transmission.
 
Cependant, les brosses à dents et les rasoirs ne devraient pas être échangés. La transmission de la mère à l'enfant est inférieure à 6% Certains suggèrent même que la césarienne soit un mode plus sûr d'accouchement. Cependant, les taux de transmission sont plus élevés en cas de co-infection avec le VIH. L'allaitement n'est pas
contre-indiqué. 
 
Indépendamment des modes de transmission bien connus, il existe des voies de transmission alternatives. Le VHC a été aussi trouvé dans la salive. Les études des contacts non-sexuels des patients séropositifs au VHC dans un ménage o­nt indiqué des taux de séro-prévalence variant
de 0,5% à 13%. 
 
 
 
L'évaluation avant le traitement
 
Les patients doivent être évalués de manière exhaustive avant de commencer le traitement. Il y a seulement quelques contre-indications absolues pour l'usage de l'interféron, telle que la grossesse, une psychose présente ou passée, une dépression grave.
 
Indépendamment des contre-indications absolues, il y a aussi certaines contre-indications relatives où l'utilisation de l'interféron pourrait présenter des dangers, par exemple, le diabète non contrôlé, l'hypertension artérielle, une rétinopathie non contrôlée, psoriasis, maladies de coeur symptomatique avec ou sans maladie vasculaire grave, thyroïdites auto-immune ou d'autres maladies auto-immunes.
 
En plus des contre-indications indiquées ci-dessus à l'administration de l'interféron, quelques situations spéciales exigent la plus grande attention comme dans la neutropénie (nombre de neutrophiles < x 2000 10 puissance 6/L), la thrombocytopénie (nombre de plaquettes < 80000 x 109/L), l'insuffisance rénale, une greffe d'organe (excepté le foie),
patients âgés ou âge < 18 ans.
 
Il y a seulement quelques contre-indications absolues à l'utilisation de la ribavirine, telle que la grossesse, l'insuffisance rénale, une maladie grave du coeur et les hémoglobinopathies. De même, les contre-indications relatives pour le traitement avec de la ribavirine sont des conditions comme l'hypertension et l'anémie non contrôlées.
 
 
 
Le suivi des patients
 
Une évaluation complète des patients comme préalable au traitement est obligatoire et devrait être effectuée sur la base des antécédents médicaux complets et d'un examen physique.  La mesure qualitative et quantitative de l'ARN du VHC est nécessaire.  La recherche du génotype du virus est effectuée.
 
Des analyses biologiques doivent évaluer le fonctionnement du foie, la fonction rénale, le taux de sucre dans le sang, la fonction thyroïdienne et la présence d'anticorps anti-thyroïde. L'évaluation cardiaque doit être effectuée puisque l'interféron est un médicament qui influence le rythme cardiaque. Un test de grossesse est obligatoire pour les patientes en âge de procréer. L'évaluation psychiatrique est
effectuée avant de commencer le traitement en raison de la tendance de certains désordres psychiatriques d'empirer avec le traitement.
 
Une fois que le traitement est commencé une surveillance régulière est exigée. L'analyse complète du sang (NFS) se fait toutes les 2 semaines jusqu'à la 6ème semaine et après, toutes les 4 semaines pour le reste de la période de traitement.
 
La fonction thyroïdienne est évaluée tous les 3-6 mois. L'évaluation psychiatrique est répétée si la psychose se développe. La contraception est soulignée et surveillée jusqu'à 6 mois après l'arrêt du traitement.
 
 
 
Le traitement des patients naïfs
 
Les buts du traitement pour les patients naïfs sont l'éradication du virus, la prévention / régression de la fibrose du foie et la prévention du carcinome hépatocellulaire. L'éradication du virus est le résultat idéal en ce qui concerne les objectifs du traitement. La réponse virale soutenue (SVR) est le meilleur indicateur pour évaluer le succès ou l'échec du traitement. La réponse virale soutenue
signifie l'absence de la virémie de VHC pendant 6 mois après l'arrêt du traitement. La réponse virale soutenue (SVR) est analogue à la guérison. Il doit être noté que la virémie de VHC dans le sang est fortement corrélée à la détection de VHC par PCR dans les hépatocytes (cellules du foie).
 
La réponse au traitement dépend de beaucoup de facteurs. Les résultats du traitement (comme la SVR) dépendent de l'interaction entre ces facteurs. Être répondeur au traitement signifie n'avoir aucune virémie détectable même après 24 semaines après l'arrêt du traitement. Les non répondeurs sont ceux qui n'ont jamais répondu au traitement.  La rechute précoce implique une réponse initiale au traitement suivie d'un retour de la virémie pendant le traitement. La rechute (tout court) signifie la réapparition du virus après l'arrêt du traitement. 
 
 
 
Les facteurs influençant les résultats du traitement
 
Les patients de moins de 40 ans montrent une meilleure réponse au traitement par rapport aux personnes âgées. Les jeunes femmes o­nt plus de chances avec le traitement.  Des niveaux élevés de la virémie sont associés aux résultats faibles. Les génotypes 2 ou 3, montrent une bonne réponse au traitement. Les génotypes 1 et 4 présentent plus de non répondeurs ou de rechuteurs au traitement standard. L'utilisation de l'interféron pégylé et ribavirine donne des bien meilleurs résultats pour les génotypes 1 et 4 (un taux de SVR d'environ 60%.)
 
Le génotype 1, particulièrement le 1b, a les moins bons résultats. La voie de la transmission détermine également la réponse finale au traitement. Les cas reliés à la transfusion sanguine tendent à avoir une affection hépatique histologiquement plus active. Les infections associées et le statut immunologique du patient jouent également un rôle dans la progression de la maladie. Le déficit immunitaire, la
consommation excessive d'alcool et les co-infections comme le VIH ou le VHB influencent défavorablement le résultat final.
 
De même, le niveau de la virémie avant le traitement détermine également la réponse. Dans une méta-analyse, la valeur prédictive du bas niveau d'ARN du VHC pour une réponse soutenue était de 51% avec une exactitude de 68%. Ainsi le niveau de la virémie avant le traitement est une variable importante dans la prévision de la réponse. 
 
Le virus semble être raciste. Les Noirs o­nt de plus mauvais résultats de la virémie du VHC. La prévisibilité de la réponse dépend également de la cinétique du dégagement viral précoce. La réponse virale précoce (EVR), définie comme la diminution d'au moins 2 logs de la charge virale pendant les 12 à 24 premières semaines de traitement, a été identifiée en tant que bon prédictif de la réponse définitive. Les patients qui ne réalisent pas une réponse virale précoce (EVR) o­nt rarement répondu même après une année de traitement.
 
Par convention il est recommandé de vérifier la virémie de l'hépatite C à 12 semaines dans le but de décider s'il faut continuer le traitement ou l'arrêter à partir de cette première réponse. o­n a supposé que si à 12 semaines il n'y avait aucune réponse, une SVR ultérieure n'était pas possible. Cependant, plus de 50% des répondeurs sont des répondeurs tardifs. o­n recommande que le traitement soit
continué jusqu'à 24 semaines avant le PCR pour le VHC. Si un patient n'a pas répondu même pendant ces 6 mois de traitement, alors seulement il doit être considéré comme non répondeur.
 
La stratégie de traitement des patients atteints par le VHC a évolué graduellement. La FDA (l'Agence Américaine du Médicament) a approuvé l'interféron alfa-2b en 1991 pour le traitement de l'hépatite non-A, non-B associée à un taux anormal des ALAT. Le dosage standard était de 3 millions d'unités internationales d'interféron alfa-2b trois fois par semaine pendant 6 mois. Il a commencé par la monothérapie d'interféron qui a donné une SVR autour
de 8% avec 6 mois de traitement, mais la SVR a grimpé jusqu'à 12% quand l'interféron alfa-2b 3 MIU a été administré trois fois par semaine pour 12 mois. Par conséquent, en 1997, un panel de consensus a décidé que le traitement standard serait l'interféron en monothérapie pendant 12 mois.
 
Plus tard d'autres études o­nt montré l'avantage de la thérapie combinée avec la ribavirine qui s'est avérée très supérieure à la monothérapie. L'impact de ces dernières études a eu comme conséquence la combinaison de l'interféron avec la ribavirine comme traitement de référence, donné en 3 millions d'unités d'interféron trois fois par semaine et de 800-1200 mg par jour de ribavirine. Plusieurs études importantes o­nt prouvé que la réalisation de la SVR dépend du génotype du virus.
 
Le génotype I exige le traitement du patient pendant 48 semaines pour réaliser une SVR dans 29% des cas.  Pour les génotypes 2 et 3, la durée maximum du traitement est de 24 semaines seulement, pour une SVR de 66%. La SVR reste la même lorsque le traitement est prolongé pendant 48 semaines. Cependant, des points d'histologie o­nt été améliorés même pour les génotypes 2 et 3 quand le traitement a été prolongé à 48 semaines.
 
L'anémie hémolytique associée à la ribavirine se développe après les 4 premières semaines de traitement et est dépendante de la dose. La baisse moyenne de l'hémoglobine est de 2,9 mg/L. La diminution de
l'hémoglobine à moins de 10 mg/L exige une réduction de la dose. 
 
Maintenant la thérapie combinée interféron pégylé et ribavirine est bien plus efficace que le traitement standard d'interféron et de ribavirine. Cette combinaison réalise une SVR dans 76-82% des cas pour les génotypes 2 et 3 et dans 41% -56% pour le génotype 1. Il s'avère que 24 semaines de traitement même avec une dose inférieure de
ribavirine est aussi efficace pour les génotypes 2 ou 3.
 
 
 
La régression de la fibrose/ la prévention du carcinome hépatocellulaire
 
Le deuxième plus grand objectif de la thérapie est d'empêcher le développement du carcinome hépatocellulaire et de la progression de la fibrose. Par conséquent, même si le patient se présente à l'étape de la cirrhose compensée, o­n doit le traiter dans le but précis de faire régresser la fibrose et d'empêcher l'apparition du carcinome hépatocellulaire.
 
Les données partielles existent sur le rôle du traitement chez les patients présentant la cirrhose décompensée du foie. Dans une étude faite parmi les patients ayant une cirrhose décompensée du foie, en attente d'une greffe, le taux de réponse virale a été de 33% seulement. Des effets toxiques comme la thrombocytopénie o­nt été notés dans 53% des cas, la neutropénie dans 26% et l'encéphalopathie hépatique chez 20% des patients. 
 
Compte tenu de cette contre-productivité thérapeutique, le consensus est de ne pas traiter des patients à ce stade (avec la cirrhose décompensée) excepté dans le contexte d'un essai clinique.
 
 
Le traitement des non répondeurs
 
Les non répondeurs sont les patients qui à aucune étape n'ont montré quelque réduction de la virémie ni sa disparition. De tels non répondeurs absolus ne montrent ni une réponse virale précoce, ni à la fin du traitement, donc il n'est pas question d'une réponse soutenue (SVR).
 
Quelques patients sont des répondeurs partiels - ils diminuent la charge virale, mais ne se débarrassent pas tout à fait de la virémie. Le traitement des non répondeurs est une situation difficile. Les résultats du retraitement des non répondeurs o­nt été décevants jusqu'ici.
 
La conduite à tenir avec les non répondeurs dépend du génotype du virus et de l'histologie du foie.  Ainsi, comme prévu, un nouveau traitement est plus utile pour les génotypes 2 ou 3. La ligne de conduite logique est d'augmenter la dose d'interféron/ribavirine selon le poids ou d'augmenter la durée du traitement.
 
À ce stade, l'utilisation du peginterferon avec de la ribavirine
semble la meilleure option pour des rechuteurs aussi bien que pour des non répondeurs. Une tri-thérapie comprenant l'interféron, la ribavirine et l'amantadine peut être essayée.
 
Le résultat d'une étude en Italie a suggéré qu'une telle thérapie combinée d'amantadine, de ribavirine et d'interféron alpha chez les non répondeurs a eu comme résultat la réponse virale soutenue pour près de 60% des patients. 
 
La combinaison seule de l'amantadine avec l'interféron alfa sans ribavirine n'a pas montré d'effet bénéfique aussi bien pour les patients naïfs que pour des non répondeurs. Cependant ces résultats prometteurs, présentés comme supérieurs à la tri-thérapie pour le cas des non-répondeurs, exigent une meilleure évaluation par des études bien planifiées.
 
La prise quotidienne de l'interféron contre les 3 prises par semaine a été évalué chez les non répondeurs. Bien que de telles études aient montré la réduction significative et plus rapide des niveaux d'ARN du VHC, ce haut dosage quotidien de l'interféron n'a eu aucun effet significatif sur les résultats à long terme ni pour les patients naïfs ni pour les non répondeurs. 
 
En conclusion, il n'y a aucun consensus aujourd'hui sur le traitement des non répondeurs sauf que la combinaison de l'interféron peg et de la ribavirine est susceptible d'augmenter le pourcentage de SVR.
 
 
 
Evolution de l'hépatite chronique compensée
 
Il existe une forte variabilité dans la progression de la maladie. Il s'étend de 13 à 42 ans avec une durée moyenne de 30 ans de l'infection initiale avec VHC jusqu'au développement de la cirrhose.
 
Cependant, il est difficile de prévoir lesquels des patients développeront finalement la cirrhose. Seulement 2% des femmes atteintes du virus d'hépatite C contaminées par des immunoglobulines o­nt développé la cirrhose en 17 ans après inoculation.
 
Les facteurs prédictifs de la progression de l'hépatite C chronique vers la cirrhose incluent le niveau élevé de la virémie, le sexe masculin, l'âge supérieur à 40 ans au moment de l'infection, la co-infection avec le VIH ou le VHB, la consommation élevée d'alcool et surtout le génotype du virus impliqué.
 
Le mode de contamination est également assez important : les cas reliés à la transfusion sanguine tendent à avoir une affection hépatique histologiquement plus active.
 
L'intervalle de temps entre la cirrhose compensée et la première manifestation de dé-compensation, que ce soit l'ascite, l'hémorragie des varices oesophagiennes ou l'encéphalopathie hépatique, va jusqu'à 5 ans dans 18% des cas. Sur le suivi périodique, la diminution du niveau de l'albumine, l'augmentation du temps de prothrombine ou la bilirubine élevée dans le sérum annoncent la décompensation. 
 
Dans la gestion de la cirrhose compensée secondaire à l'hépatite chronique, devrait être visés les réponses biochimique et virologique, la prévention des complications et le dépistage d'un éventuel carcinome hépatocellulaire par le suivi des niveaux de l'alpha-feto protéine et les ultrasons (l'échographie du foie.) 
 
La monothérapie d'interféron a rarement augmenté la SVR. Bien que les études initiales aient montré une réponse plus faible à la monothérapie d'interféron dans les patients cirrhotiques par rapport aux non-cirrhotiques, les études récentes montrent une SVR de 29% (24 semaines) et de 36% (48 semaines) avec la combinaison de l'interféron et de la ribavirine.
 
 
 

Les blessures par une aiguille infectée par le VHC
 
Le risque de développer l'hépatite C à la suite d'une piqûre
accidentelle est de 5%. Les blessures par une aiguille infectée au VHC chez les professionnels de la santé expliquent moins de 10% de tous les cas aigus d'hépatite C. L'hépatite aiguë, due aux blessures par une aiguille, est impossible à distinguer d'une autre hépatite aiguë sauf par la démonstration de la virémie.
 
Typiquement l'ARN du VHC peut être trouvé dans le sang juste 2 semaines après l'exposition. Il est intéressant de noter que tandis que les ALAT s'élèvent de 4 à 8 semaines après, les symptômes n'apparaissent que de 6 à 8 semaines après l'accident.
 
Les anticorps anti-VHC deviennent positifs de 6 à 8 semaines après l'exposition. Par conséquent l'ARN du VHC est le meilleur indicateur pour la détection précoce de l'infection aiguë du VHC.
 
L'apparition d'anticorps anti-VHC après 8 semaines d'exposition est la façon la plus avantageuse de dépister les nouveaux cas d'hépatite C aiguë. Dans l'hépatite C aiguë, le traitement est très fortement conseillé. Toutes les études montrent la diminution du taux de développement de l'infection chronique avec un traitement précoce.
 
Les patients qui o­nt été traités avec l'interféron alfa pendant la phase aiguë de l'infection, c'est-à-dire 1 à 4 mois après avoir noté les ALAT élevées ou des symptômes, semblent mieux répondre. Jachel et ses collègues o­nt présenté une grande étude allemande multicentrique prouvant que 97% des patients traités étaient des répondeurs virologiques, tandis que seulement 30% se sont débarrassés du virus sans aucun traitement.
 
Une autre question intéressante est l'utilisation immédiate de l'interféron après l'exposition. Jusqu'ici les données publiées sur cette question ne sont pas favorables à une telle approche agressive. Cependant, une fois que l'ARN du VHC devient détectable dans le sang, le déclenchement de la thérapie est justifié.
 
 
Le traitement quand les ALAT sont normales
 
Ceci est encore une situation discutable où des risques, le coût et les effets secondaires doivent être pesés un peu plus soigneusement. Le groupe d'étude français pour l'hépatite C chronique avec ALAT normales a entrepris une étude randomisée pour évaluer l'efficacité de la monothérapie d'interféron alfa-2b. Seulement 18% des patients o­nt montré une amélioration histologique, 71% sont restés sans aucun changement. Les points de fibrose se sont améliorés seulement dans 15% des cas. Des résultats identiques o­nt été obtenus même quand aucun traitement n'a été donné. Ainsi la conclusion est très évidente. Des patients avec des ALAT constamment normales ne devraient pas être traités avec une monothérapie d'interféron alfa. Aucune thérapie antivirale n'est nécessaire pour de tels patients jusqu'à ce que d'autres données soient disponibles. D'autres études effectuées jusqu'ici mènent à la même conclusion.
 
Le rôle de la biopsie du foie
 
Le traitement contre l'hépatite C est non seulement cher mais aussi potentiellement dangereux. De même, le traitement actuel ne garantit pas la guérison de tous les patients. Choisir les patients appropriés pour le traitement est d'une importance primordiale.
 
La décision au sujet du traitement devrait être prise seulement après la biopsie du foie. Les aspects histologiques peuvent classifier la maladie comme légère, modérée et sévère.
 
Le meilleur groupe à choisir pour le traitement est celui avec la maladie modérée, car le développement de la cirrhose peut être empêché. Avec la cirrhose compensée établie, le but du traitement est d'empêcher le développement du carcinome hépatocellulaire.
 
Dans une telle étude, 7 ans de suivi o­nt montré l'occurrence du CHC chez seulement 4% des cirrhotiques traités par rapport à 38% chez les patients référés (non traités). Dans deux autres études, le développement du CHC a été empêché chez les patients traités avec IFN, avec un effet fort chez ces quelques patients qui pourraient obtenir une réponse biochimique et virale soutenue.
 
La maladie légère présente un scénario différent et des options de traitement. Ces patients sont potentiellement infectieux et peuvent souffrir des conséquences à long terme sous forme de cirrhose. D'autre part pour les patients qui se portent très bien, le traitement, avec des médicaments chers et des effets secondaires potentiellement graves, peut ne pas sembler approprié. Ces patients peuvent bénéficier d'un suivi actif avec une biopsie tous les 3 ans pour évaluer la progression de la maladie.
 
Si la maladie progresse pendant le suivi, alors le traitement doit être commencé. Autrement le patient peut être rassuré par le médecin.
 
La biopsie du foie est non seulement essentielle avant de débuter le traitement mais nous permet également de fixer un objectif réaliste pour le traitement de chaque patient individuellement.
 
 

Nouveaux horizons
 
Antiviraux et agents d'adjonction :
 
Les inhibiteurs viraux visent les protéines virales et l'ARN du virus. Les inhibiteurs de la protéase du VHC, de l'hélicase du VHC et de la polymérase d'ARN du VHC sont en train d'être étudiées. La ribozyme cible l'ARN du VHC par fusion avec des fragments spécifiques de l'ARN. Des oligonucléotides anti-sens spécifiques du VHC interférent avec l'ordre spécifique de l'ARN du virus et par conséquent la traduction de cette information en protéines virales est empêchée. Dans les études entreprises jusqu'ici, le traitement avec des oligonucléotides anti-sens a eu comme conséquence une diminution supérieure à 1 log de l'ARN viral. Cependant, il est noté une élévation asymptomatique des transaminases.
 
Une autre piste intéressante est l'utilisation de la levovirine au lieu de la ribavirine. La levovirine est l'isomère de la ribavirine mais produit moins d'hémolyse. La thymosine alpha-I est un immuno-modulateur qui se montre prometteur dans le traitement des patients dont les traitements précédents o­nt échoué. Ce nouvel agent, combiné avec l'interféron, peut être utile.
 
Agents antifibrotiques : 
 
Si le virus n'a pas disparu, alors des efforts sont faits pour
empêcher ou retarder la fibrose du foie. Bien que nous ne connaissions pas toujours leur point exact dans la prise en charge, le rôle des agents antifibrotiques est en train d'être évalué dans deux grandes études à long terme qui sont en cours, c.-à-d., l'étude HALT (Hepatitis-C Antiviral Long-term Treatment) et l'étude COPILOT (Colchicin Peg-Intron Long-Term-Therapy). De même, l'Institut National (américain) de la Santé entreprend une autre étude pour voir les effets de la monothérapie orale de ribavirine sur la réduction de la fibrose du foie. 
 
 
 
Conclusion
 
Une prise en charge bien définie doit être planifiée pour traiter l'hépatite C chronique. La consultation et la surveillance appropriées du patient sont essentielles. La biopsie du foie est la seule manière de pouvoir évaluer complètement l'état du patient. Il est essentiel de connaître le génotype du virus pour décider de la durée du traitement.
 
Pour les génotypes 2 et 3 du VHC, seulement 24 semaines de traitement sont suffisantes, car elles donnent 64% de SVR (réponse virale soutenue) tandis que pour d'autres génotypes, le traitement exigerait un durée allant jusqu'à un an.

Reference
M. Igbal. An update o­n the management of hepatitis C. Journal of the College of Physicians and Surgeons Pakistan 13(8): August 2003

Selon l'excellent site HIVandHepatitis.com (et avec les coorections de lib)

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