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Transmis par: webmaster Actif Mercredi 17 Décembre 2003 - 13:46
Maladie et conséquences

C'est quoi une hépatite virale ? C'est quoi l’inflammation ? Quel est le rôle et la structure du foie ? Comment sont constitués les virus ?

Vous trouverez les réponses à ces questions et beaucoup d'autres informations dans les lignes qui suivent...

C’EST QUOI, UNE HEPATITE VIRALE ?


L’hépatite virale est une inflammation du foie causée par un virus.

Le principal symptôme visible des hépatites, la jaunisse, à été décrit dans "le premier traité de médecine"  écrit 3000 ans av. J. C. à Ninive, la capitale de l'Assyrie : "La jaunisse : si son corps est jaune, son visage jaune, ses yeux jaunes, si ses chairs deviennent flasques : c'est la jaunisse".
Ce sont les Grecs, et notamment Hippocrate (460-370 environ avant J.C.) dans son Corpus Hippocratique, qui o­nt utilisé pour la première fois le terme "icter", transformé par les latins en icterus, pour désigner la jaunisse. Hippocrate était le premier à faire le lien entre la coloration jaune (ictérique) de la peau et des muqueuses et le foie. Le terme "hépatite" est employé par Coléius Aurélianus, auteur médical du Vème siècle.

Le développement des techniques médicales invasives (la transfusion, la vaccination…) vers la fin du 19ème siècle a permis la première description dans une revue médicale d’une épidémie d’hépatite. C’est en 1947 que MacCallum proposait le terme d'hépatite A pour l'hépatite contagieuse ou épidémique transmise essentiellement par voie oro-fécale et d'hépatite B pour l'hépatite sérique transmise principalement par le sang et ses dérivés.

L’inflammation

Une hépatite (hepat du grec hepar, hepatos : foie et ite = du grec itis, itidis : suffixe qui désigne l’inflammation) est une maladie inflammatoire du foie. C’est donc le foie qui s’enflamme.
D’une manière un peu plus rigoureuse, l'inflammation est la réaction de l'organisme contre une agression, quel que soit l'agresseur (une bactérie, une substance toxique, un virus, un parasite, la chaleur extrême…). L’inflammation n’est pas synonyme d’infection, mais l’infection peut être une des causes de l’inflammation.

En cas d’infection par un virus, l’organisme est agressé et il réagit pour se protéger. Cette réponse fait intervenir des phénomènes d'immunité - c'est-à-dire de résistance aux agressions. La réaction inflammatoire correspond à l'afflux des cellules de défense de l'organisme, les globules blancs (certains sécrétant des anticorps), dont le rôle est l'élimination de l'agresseur. Assez souvent, ce n’est pas l’agresseur directement qui cause les dommages internes et les signes (symptômes) externes, mais la réaction protectrice de l’organisme. Dans le cas qui nous occupe, celui des hépatites virales, ce n’est pas le virus lui-même qui détruit la cellule du foie (hépatocyte), mais le système immunitaire de notre corps qui, en essayant de se débarrasser du virus, attaque et anéantit les cellules qui l’hébergent.

La définition de l’inflammation dans la médecine classique était : Rubor, tumor, dolor, calor et functio laesa (du latin : rougeur, gonflement, douleur, température élevée et fonction altérée). La réaction inflammatoire est responsable de phénomènes locaux, c'est-à-dire limités à l'organe où affluent les cellules de l'immunité, et de phénomènes généraux. Les phénomènes généraux sont représentés par la fièvre, la fatigue et les troubles digestifs. Les phénomènes locaux se traduisent par une rougeur (ou érythème), un gonflement ou un œdème. En cas d’hépatite virale aiguë, le foie grandit en volume et devient douloureux.

Pour comprendre l’inflammation du foie, ses mécanismes et ses conséquences, il faudra d’abord avoir une idée générale du foie, de sa structure anatomique (sa forme) et de son rôle physiologique (ses fonctions) dans l’organisme. Il vous sera beaucoup plus facile après de faire le lien logique entre une dégradation de sa forme ou de son fonctionnement et les symptômes cliniques qu’on rencontre parmi les malades.

Le foie

Le foie est le plus grand organe du corps humain (à part la peau) et un des plus importants par son implication dans presque tous les processus vitaux de l’organisme. o­n compte plus de 500 fonctions différentes assumées par cet organe qui est considéré, à juste titre, comme un véritable laboratoire chimique du corps humain.

Il se situe dans la partie droite de l’abdomen, juste en-dessous de la partie droite du diaphragme (et du poumon droit) et au-dessus de la partie droite de l’intestin. Le foie pèse entre 1,2 et 1,5 kg, il stocke en permanence 10% du volume sanguin (0,5 litre) et reçoit 1,5 litres de sang circulant par minute.

Il y a deux types de circulation sanguine dans le foie : celle qui permet à l’organe de se nourrir lui-même, et celle sur laquelle le foie exerce ses multiples fonctions. Le sang nourricier, riche en oxygène, vient d’une branche de l’aorte, appelée artère hépatique. Le sang de la circulation fonctionnelle (sur lequel le foie exerce ses fonctions) vient de l’intestin à travers un gros vaisseau sanguin appelé veine porte : il est très riche en substances absorbées par le tube digestif.

La structure du foie est composée de deux lobes : un droit, le plus grand, et un gauche, de position plus médiane, qui est plus petit. Les lobes sont composés de structures minuscules appelées lobules (de 50 000 à 100 000), qui sont construits autour d’une petite veine centrale (veinule) et contiennent les cellules du foie – les hépatocytes (du grec : hepar – foie et cytos – cellule), ainsi que des cellules immunitaires – des macrophages, appelés dans le foie les cellules de Kuppfer. Cette structure conditionne les dommages que subit le foie en cas d’hépatite chronique, de fibrose et de cirrhose.

Les deux types de sang arrivant dans le foie finissent leur trajet dans un important système de récupération du sang, qui prend son départ au centre des lobules avec les veinules pour finir dans un autre grand vaisseau sanguin appelé veine cave inférieure qui transporte le sang du foie vers le cœur (l’oreillette droite).

Le foie est une glande exocrine (qui secrète des substances dans le tube digestif et notamment la bile) qui joue un rôle prédominant dans le métabolisme de l’organisme. o­n dit que le foie est au métabolisme ce que le cœur est au sang. Les quatre principaux domaines de l’implication du foie sont :
- la gestion des réserves énergétiques,
- l’élimination de l’azote,
- la régulation de la distribution de l’eau entre le sang et les tissus
- et la désintoxication des substances d’origine externe.

C’est l’altération de ces fonctions lors des hépatites virales qui nous permet de comprendre les signes visibles (les symptômes) ou invisibles de la maladie.

Le corps humain, pour vivre, a besoin de matières premières qu’il transforme pour constituer ou remplacer ses propres structures et de l’énergie nécessaire au métabolisme. Tous les jours une partie des molécules qui constituent notre corps sont remplacées par d’autres, tout en gardant la même structure globale. Les principales matières premières sont les sucres, les graisses et les protéines.  Presque toutes les cellules du corps humain sont capables de brûler, stocker ou transformer les trois matières premières. Le foie, par sa grande taille, occupe une place de choix dans ces processus et notamment dans le métabolisme des glucides, mais aussi des protéines et de certaines formes de lipides.

La production et la consommation de l’énergie dans le corps humain sont des processus très complexes, mais qui pourraient se résumer simplement en disant : l’organisme brûle (consomme) des glucides (des sucres), des lipides (les graisses) ou des protéines pour produire de l’énergie, en les réduisant en eau et gaz carbonique (CO2). C’est un processus continu, qui, malgré ses variations importantes, ne s’arrête jamais tant que la vie continue. Sauf que le processus de recharge en "provisions" - la nourriture- est, lui, discontinu : o­n ne mange que quelques fois par jour, pas en permanence !

Ce paradoxe, cette dissociation entre les ressour-ces et leur consommation, est réglé essentielle-ment par le foie, qui stocke le principal "carburant" de l’organisme, le glucose, sous une forme plus complexe appelée glycogène (une sorte de chaîne de molécules de glucose). Le foie permet (entre autres) de garder des taux relativement stables de glucose dans le sang, malgré les fluctuations liées à l’apport nutritionnel et à l’effort. Le phénomène est contrôlé par une hormone sécrétée par le pancréas : l’insuline.

Quand nous mangeons et que dans notre sang circule beaucoup plus de sucre (glucose) que notre organisme n’en a besoin momentanément, le foie stocke cet excès sous forme de longues chaînes de glucose – le glycogène.

Ces réserves seront utilisées au moment où, après une période de faim ou en cas d’effort intensif, les besoins de l’organisme dépassent le niveau de sucre fournis par le sang. o­n parle alors de glycogénolyse (lysis – dissolution) et ce processus est réglé par une autre hormone pancréatique, le glucagon.  Ce rôle du foie a été découvert par le français Claude Bernard.

A part les transformations successives du sucre circulant dans le sang (glucose) en réserves (glycogène) et vice-versa, le foie est capable de produire du sucre (glucose) à partir de certains aminoacides (les structures primaires des protéines) – dans ce cas o­n parle de néoglucogenèse (toujours du grec : nouvelle création de glucose). Ce cas se présente quand les réserves de glyco-gène, la forme la plus adaptée du stockage de l’énergie, sont épuisées, par exemple après un jeune prolongé.

Un autre type de transformation possible dans le foie est la création du glucose à partir d’autres types de sucres : le fructose ou le galactose. Si la faim se fait tenace, le foie transforme les protéi-nes en glucose, un processus désespéré, qui peut devenir très dangereux pour la vie, compte tenu de l’importance des protéines pour les cellules et l’organisme en général.

Le foie est aussi un organe important dans le métabolisme des graisses - les lipides, malgré le rôle primordial du tissu adipeux dans ce domaine. Les acides gras arrivent dans le foie par les deux voies de circulation sanguine : l’artère hépatique et la veine porte. Les cellules du foie peuvent réaliser les mêmes transformations métaboliques des acides gras que toutes les autres cellules du corps humain : c’est juste la taille de l’organe qui lui donne une importance quantitative particulière. Les hépatocytes (les cellules du foie) peuvent créer des acides gras à partir d’autres types de molécules (transformer les sucres en acides gras), les stocker (principalement sous forme de triglycérides) sous la commande de l’insuline, les dissoudre sous la commande de l’hormone de croissance, de l’adrénaline ou de la thyroxine (une hormone thyroïdienne) ou les transformer en autres substances utiles pour l’organisme.

Tous ces processus sont réalisés par des enzymes qui se trouvent dans presque toutes les autres cellules de l’organisme et ils permettent de garder un équilibre optimal dans le métabolisme des graisses dans notre corps.

A part ces fonctions "générales" dans la transformation des lipides dans notre corps, le foie assure d’autres rôles, plus spécifiques. Ainsi, quand le glucose – le principal "carburant" du corps - ne rentre pas dans les cellules périphériques  de l’organisme (en cas de baisse du taux de sucre dans le sang – hypoglycémie - ou en cas de diabète), le foie produit un "carburant" de substitution, appelé corps cétoniques.

Vous avez très probablement entendu parler du cholestérol : le taux sanguin du cholestérol, le bon cholestérol, le mauvais cholestérol etc. C’est une molécule complexe, indispensable à l’organisme, qui participe à la synthèse de plusieurs autres substances (les hormones mâles, les lipoprotéines…) et qui est synthétisé essentiellement par le foie. Quant à sa destruction, le foie est le seul organe capable de le dégrader. Vous comprenez l’importance du foie pour réguler le taux du cholestérol dans le sang.

De même, le foie synthèse les lipoprotéines, les structures qui transportent les lipides.

Là où le foie joue (encore) un rôle de premier ordre, c’est la synthèse des protéines qui circulent dans le sang – 90% de ces éléments vitaux sont produits dans le foie. Comme pour les autres substances essentielles (sucres, graisses), le foie est capable de synthétiser des protéines soit à partir des aminoacides (les "briques" de base des protéines), soit à partir d’autres ingrédients, comme les sucres ou les graisses et le processus s’appelle néoprotéogenèse. A part la synthèse des aminoacides, le foie est capable de les stocker, de les détruire ou de les transformer en d’autres types de substances, comme les sucres ou les graisses.

En tant que laboratoire biochimique de l’organisme, le foie joue un rôle extrêmement important dans la détoxication des différentes substances nocives, qu’elles soient d’origine interne (endogène) comme l’ammoniac, ou d’origine externe (exogène) comme les différentes drogues, y compris l’alcool ou les médicaments.

Autres fonctions hépatiques très importantes : le stockage des vitamines (A, D, B12…), la production des éléments clés de la coagulation du sang, appelés facteurs de coagulation (numérotés en chiffres romains II, V, VII, X…), le métabolisme et le stockage du fer, l’équilibre hydro-électrolytique et la  formation et l’excrétion de la bile.

Après ce tour rapide, o­n comprend mieux pourquoi l’atteinte de cet organe lors des hépatites virales crée autant de dysfonctionnements et de problèmes dans tout l’organisme.
Il nous reste à étudier les autres acteurs principaux de ce drame…

Les virus

Les virus se situent entre la matière inerte et les êtres vivants. Les virus sont appelés "virions" en état libre, où ils peuvent ressembler à des cristaux inanimés. En tout cas, ils sont les plus petits parasites qui existent. Les virus peuvent infecter aussi bien l’homme que les animaux, les plantes et les bactéries. Ils ne peuvent se reproduire qu’en exploitant la cellule vivante qu’ils parasitent, leur hôte.

Les premiers travaux sur l’existence des virus o­nt été réalisés en 1892 par un botaniste russe, Ivanovski, qui étudiait la mosaïque du tabac. Mais le premier virus identifié comme tel est celui de la fièvre aphteuse bovine, découvert en 1898 par deux allemands, Löffler et Frosch.

Les virus sont classifiés en fonction de leur biochimie et de leur forme, de leur taille et de leur structure. Globalement ils sont composés de matériel génétique et de protéines. Ils peuvent avoir une enveloppe ou non. Le génome viral peut être sous la forme d’une seule ou deux chaînes.
Le patrimoine génétique des virus, leur code génétique, comme celui des êtres vivants, se trouve dans leur ADN (Acide DésoxyriboNucléique), comme c’est le cas du virus de l’hépatite B, ou leur ARN (Acide RiboNucléique), comme pour les virus des hépatites A, C, D ou E. Ce sont des chaînes de plusieurs milliers (ou dizaines de milliers) de molécules élémentaires, appelées des bases. o­n en compte cinq, désignées par les lettres A – C – G – T – U (pour adénosine, cytosine, guanine, thymine et uracile). C’est avec ces "lettres" qu’est écrit le "livre" du code génétique de chaque être vivant, ce qui permet de transmettre les caractéristiques de l’espèce d’une génération à l’autre. C’est un langage universel réduit à sa plus simple expression dans les virus. A travers ce langage, les virus "ordonnent" à la cellule hôte de reproduire leur matériel génétique et leurs protéines, au lieu de ses propres protéines.

A l’intérieur d’un type de virus (par exemple le virus de l’hépatite A), il existe des sous types, appelés génotypes. Et à l’intérieur des génotypes différents, il y a des sous-groupes, appelé des quasi-espèces, qui correspondent à des mutations du virus lors de sa réplication à l’intérieur du corps humain. Cette grande variabilité de certains virus, leurs mutations permanentes, jouent un rôle très important dans l’échec des tentatives du système immunitaire pour éradiquer le virus, ainsi que dans le développement des résistances aux traitements.

Ces caractéristiques o­nt une importance cruciale dans l’histoire de l’infection de l’homme et dans les rapports du virus avec le système immunitaire (protecteur) de notre organisme. En fonction du type de matériel génétique du virus (ADN ou ARN), le mécanisme d’action dans le corps humain n’est pas le même. L’existence ou non de l’enveloppe protéinique du virus conditionnera son niveau de résistance (à la stérilisation, aux anticorps ou aux traitements) et sa capacité à déclencher la réaction du système immunitaire de notre corps.

Nous parlerons plus en détail de chaque virus hépatique en particulier. Sachez que, actuellement les virus hépatiques connus sont, selon l’ordre alphabétique : A, B, C, D, E, G et les deux derniers, le TT et le SEN. Si vous vous posez la question de la lettre F qui manque à l’appel, elle était bien là avant, mais o­n s’est rendu compte que ce n’était qu’un virus A déguisé.

Les virus hépatiques o­nt été tous découverts au siècle dernier (le 20ème, pas le 19ème), entre 1970 et 1999. Le premier à être identifié au microscope électronique fut le virus de l’hépatite B, appelé alors la particule de Dane, selon le nom du scientifique qui l’a observée en 1970. Le virus de l’hépatite A fut découvert en 1973 par S. Feinstone, celui de l’hépatite D ou delta en 1977 par M. Rizzetto.

Le virus de l’hépatite C, appelé à l’époque non- A, non-B, a été découvert par QL Choo en 1989. Le dernier en date est le virus SEN (SEN-V), découvert par un groupe de chercheurs italiens sous la responsabilité du Dr Daniele Primi en 1999.

Malgré les progrès continus de la science, dans 10% à 20% des hépatites virales, l’agent pathogène (le virus) n’est pas identifié.  

Généralement, les virus hépatiques se distinguent, entre autres, par leur mode de contamination. Il y a ceux qui se transmettent par la bouche - la voie entérale ou oro-fécale – les hépatites A et E. Il y a ceux qui se transmettent par le sang (ou les autres liquides de l’organisme) – la voie parentérale, comme les hépatites B, C, D et G.

Pour que le virus puisse se multiplier, il a besoin de se trouver dans l’organisme de l’hôte. La contamination se fait d’homme à homme : il n’y a pas de transmission par les animaux. La contagiosité des virus (leur capacité à infecter, à contaminer l’organisme de l’hôte) est très varia-ble : le virus de l’hépatite B est en moyenne 10 fois plus contagieux que celui de l’hépatite C et 100 fois plus contagieux que celui du SIDA, le VIH.

Une fois arrivé dans l’organisme de l’hôte, c’est-à-dire nous-mêmes, les virus se trouvent dans le sang et se dispersent dans tout le corps, mais chaque type de virus a une prédilection pour un ou quelques organes. Les virus hépatiques o­nt une affinité pour le foie (d’où le qualificatif hépatotropes), mais ils se retrouvent en abondance et peuvent causer des dommages dans d’autres  organes, comme les reins, les poumons, la rate, la glande thyroïdienne…

Le virus se multiplie à l’intérieur de la cellule du foie. Chaque cellule du corps humain contient des petites "chaînes de montage" qui produisent les protéines – les ribosomes. Normalement elles assemblent les "briques" de base – les aminoacides – dans de longues chaînes qui donneront plus tard les protéines. L’information sur l’ordre d’assemblage des aminoacides leur provient du noyau de la cellule et plus précisé-ment de l’ADN. Une copie de l’information centrale est envoyée au ribosome sous la forme d’ARN, où chaque "lettre" (base nucléidique) correspond à un aminoacide donné. Il ne reste à "la chaîne d’assemblage" que de lire le message et de le traduire en chaînes protéiniques.

En cas d’infection virale, les ribosomes reçoivent la mauvaise information, celle du virus, à la place du matériel génétique humain. Elles se mettent à synthétiser les protéines du virus, qui s’assemblent avec le matériel génétique créé par la multiplication de l’ARN ou l’ADN du virus pour créer des virions, qui vont infecter d’autres cellules.

Le virus ne cause aucun dommage direct à la cellule. Une fois activé par la reconnaissance du virus comme une agression étrangère, notre système immunitaire produit une réaction, à savoir les anticorps spécifiques pour combattre et éradiquer le virus. C’est lors de cette réaction que les cellules du foie sont détruites, en causant les signes cliniques chez le patient.

Un point commun très important est l’insensibilité des virus face aux antibiotiques : dans les mala-dies virales, les antibiotiques sont complètement inutiles. Ils peuvent être prescrits chez le malade atteint par une hépatite par le médecin pour traiter d’autres infections, microbiennes, mais toujours en y portant une attention particulière, compte tenu du rôle primordial du foie dans le métabolisme des médicaments.

Par contre, o­n peut prévenir le développement de certaines maladies virales par la vaccination. Pour l’instant, il existe un vaccin uniquement contre les hépatites A et B. Le principe des vaccins est simple : injecter une toute petite dose de virus désactivé (mort) ou de ses protéines spécifiques, qui n’ont pas de pouvoir infectieux, pour que l’organisme puisse les reconnaître et développer son système de défense spécifique. Si, plus tard, l’organisme entre en contact avec le virus complet, il a déjà des anticorps spécifiques tout prêts, et la maladie ne peut pas se développer.

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