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19 Sujet du message: Croi 2021 : une édition virtuelle  MessagePosté le: 05 Mar 2021 - 12:04
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La Croi (Conférence sur les rétrovirus et les maladies opportunistes) c’est LE sommet américain de l’avancée des travaux scientifiques et médicaux sur l’épidémie de VIH/sida, mais aussi d’autres maladies graves pour la santé publique (virus Zika, hépatites, cancers, etc.). La conférence accueille chaque année plus de 4 000 participants-es venus-es de 75 pays différents. L’année dernière, en pleine montée de l’épidémie de Covid-19, et à la veille du lancement de la conférence, les organisateurs-rices ont dû annuler dans l’urgence les sessions en présentiel et basculer toute la conférence en mode virtuel.

Cette année, la conférence fut envisagée dans un premier temps en présentiel à Chicago, mais assez vite, les organisateurs-rices ont compris que la Covid-19 n’accorderait pas beaucoup de répit au monde et ils-elles ont préparé une conférence 100 % virtuelle qui aura lieu du 6 au 10 mars. Au programme, une grande partie des sessions live (qui auront lieu chaque jour de 16h à 20h30, heures françaises) sera accordée à la Covid-19 et, ce, dès la plénière d’ouverture, dimanche 7 mars, consacrée aux stratégies de vaccination et de traitement de la Covid-19. Certaines sessions vont se pencher sur l’impact du VIH sur la Covid-19, un sujet qui souffre à ce jour d’un manque de données consolidées, ce qui donne parfois des conclusions d’études assez contradictoires. Seronet va suivre de près les sessions consacrées aux avancées thérapeutiques sur les ARV et notamment sur les stratégies d’allègement thérapeutique, de simplification et les traitements injectables, mais aussi sur l’impact des effets indésirables avec une discussion prévue le lundi 8 mars sur la prise des poids due aux ARV. La Prep sera également au programme de plusieurs sessions et notamment les nouvelles façons de prendre ce traitement préventif (injections, implants, comprimé mensuel, etc.). Du côté français, les dernières données de l’étude ANRS-Prévenir seront présentées (étude qui évalue l’impact de la Prep sur l’épidémie du VIH en Île-de-France).

Enfin, le dernier jour, une session dédiée à une stratégie de guérison du VIH fondée sur les contrôleurs (en anglais elite controllers), c'est-à-dire les personnes infectées par le VIH, mais qui ne développent pas le sida et dont l'organisme parvient spontanément et durablement à contrôler la réplication virale sans avoir recours aux ARV. Un programme dense et riche qui accordera une part non négligeable à la Covid-19, comme c’est le cas dans la plupart des conférences consacrées au VIH/sida, depuis un an. Un signe que non seulement la pandémie s’inscrit dans la durée, mais que cette dernière prend de plus en plus de place dans des rendez-vous qui sont devenus quasiment des rituels de la communauté scientifique VIH/sida. Espérons que cette 28e édition saura trouver un équilibre pour que la place accordée à cette nouvelle épidémie ne se fasse pas au détriment de l’ « autre » épidémie… À suivre sur Seronet.

https://seronet.info/breve/croi-2021-un ... elle-89943

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Sujet du message: Croi 2021 : une édition virtuelle  MessagePosté le: 08 Mar 2021 - 10:46
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Sujet du message: Croi 2021 : une édition virtuelle  MessagePosté le: 09 Mar 2021 - 04:48
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« Tout cela pour des vieux blancs malades *»

Celles et ceux d’entre nous, fidèl(e)s ou versatiles du e-journal de la CROI **, qui pensaient « s’aérer» quelque peu les neurones vis à vis de la Pandémie COVID à la lecture du programme de la CROI 2021, plus virtuelle que jamais, n’auront rencontré que déception et désillusion de programmes en abstracts. Si le nombre d’abstracts soumis est inférieur aux années précédentes (1153) et le taux d’acceptation plus favorable (60%), la première thématique retenue est le Sars-cov-2 (61 abstracts) ! Ce n’est pas la CROI VIH et hépatites que l’on connaît, mais la Conférence de Réflexion sur l’Opportunisme de l’Infection à SARS-CoV-2. En plaçant comme base de réflexion la question centrale de savoir comment une pathologie virale qui est bénigne dans 85 % des cas est devenue la troisième pandémie de notre ère (après la grippe de 1917 et le sida) en désorganisant à ce point l’économie mondiale et l’équilibre sanitaire et politique de la planète ? Comment la COVID est devenue l’enjeu politique international des années 2020 et 2021 ? Comment dans une France qui compte désormais 67 millions de covidologues , il est difficile de faire entendre la voie scientifiques ? Comment, enfin, la COVID impacte négativement sur l’offre de soins des affections non COVID, en premier lieu desquelles figure l’infection à VIH ?

Dans l’abstract-book, l’item « sars-CoV-2 » représente 4,7 fois plus que les usagers de drogues (PWID) et 8,7 fois plus que la place dédiée aux personnes trans. A l’image de la COVID devenu broyeur social par excellence et accélérateur d’inégalités. Les organisateurs l’ont bien précisé en préambule, la COVID efface la recherche contre le VIH jusqu’à l’invisibilité mais la guerre contre la COVID tend à se nourrir de l’histoire de la lutte contre le sida : « La pandémie COVID-19 a changé le monde pour nous tous à bien des égards. Au cours de l'année écoulée, nous avons dû mettre une partie de notre recherche VIH en stand-by , appris à faire de la recherche autrement, à communiquer entre nous dans des formats virtuels et appliquer les nombreuses leçons apprises du VIH, tant dans la recherche, les soins qu’en termes de plaidoyer communautaire pour lutter contre la pandémie de COVID-19 ».

Premier constat à la lecture du programme (120 pages) : l’effacement français. L’e-journal en ses interviews devrait, cette année, friser l’exhaustivité nationale avec des intervenants hexagonaux qui ne dépassent guère les doigts d’une main. Pour autant les meilleur(e)s devraient être au rendez-vous de nos parutions par congrès : Karine Lacombe (version covid) , Clotilde Allavena (version fragilité), François Dabis (version post-ANRS), Jean-Michel Molina (version PreP et Covid), Roland Landman (version 4 à 7) et Sidonie Lambert-Niclos (version résistances). Cette sous-représentation française est à l’image de la vacuité nationale en matière de recherche fondamentale et vaccinale contre la COVID. En atteste la place laissée vacante par des Institutions dont on pouvait tant attendre à l’aune de cette nouvelle pandémie, aussi brutale qu’inattendue, en matière de thérapeutique et de vaccin : l’Institut Pasteur***et le seul Institut dédié aux Maladies Infectieuses, le désormais célèbre IHU de Marseille, qui ont accouché, respectivement, du néant et du chaos médiatique.

Second constat : la 28ème CROI s’ouvre sur un bilan. Celui des inégalités d’accès aux soins, reproduisant en cela avec la COVID-19 des années de lutte inégale contre le VIH (# 15). Une litote au regard de la déclinaison de gradients qui s’opère dans l’accès au dépistage, aux mesures barrières, au vaccin dans la crise de la COVID. Gradients de la Chine contre le reste du monde, l’Europe contre les États-Unis, le Brexit contre la CE, les pays émergents versus le G20, les pauvres contre les riches… Et puisque nous sommes virtuellement aux États-Unis - plus de 500 000 morts de la COVID - rappelons quelques données constitutives du débat : sur 100 000 personnes de chaque communauté, 89 Noirs, 56 Améridiens et 56 Hispaniques sont décédés du Covid-19, contre 37 Blancs. Les Noirs y meurent 2,4 fois plus que les Blancs selon Covid Tracking Project. En Californie, les hispaniques représentent 39% de la population mais 60% des contaminations et 48% des décès. À New York, les Noirs et Hispaniques, qui représentent respectivement 14 et 19% de la population, représentent 25 et 27% des décès. Au Texas, les Hispaniques (39% de la population) représentent 55% des décès…etc. Des inégalités sociales qui seront à rapprocher durant les différentes sessions autour du « scaling up » à celles de l’accès à la PreP qui suit une trajectoire identique.

Autre constat : l’âge est un élément déterminant de la morbidité. Du VIH au SARS-CoV-2. La prévalence de la fragilité associée au VIH telle qu’analysée dans l’étude ANRS-SEPTAVIH (#537) est faible chez les PVVIH âgés de 70 ans. Les conditions socio-économiques, les comorbidités et les fonctions cognitives plus que les facteurs liés au VIH étaient les principaux éléments favorisant la fragilité. Il en va de même pour la COVID : plusieurs études dont EPICOV ont montré qu’en dépit d’une priorisation vaccinale pour les plus âgées ce nouveau coronavirus faisait plus de ravage dans les populations socialement défavorisées et à fortiori plus âgées.

Que peut-on bien attendre de cette CROI 2021 hybride et dématérialisée ? D’habitude c’est une question que l’on se pose dans l’avion de l’aller, les jambes lourdes de deux films, juste en arrivant au-dessus du grand blanc de l’antarctique, debout dans l’entre- cabine, un verre de Chardonnay à la main. Il y aura bien certainement quelques scoops à tracker. A l’instar de l’efficacité anti-covid des très énigmatiques anticorps monoclonaux anti -spike (Bamlanivimab), objets récents d’une annonce d’ATU supersonique par l’ANSM, et dont l’efficacité préventive apparaitrait chez les infirmières à domicile (# 121). Ou plus attendu encore dans des bithérapies aux allures Trumpiennes tels que bamlanivimab + etesevimab (# 122) ainsi que casrivimab + imdevimab (#123). Des anticorps monoclonaux qui s’immiscent aussi sur le terrain de la LEMP avec le pembrolizumab (#336, #345. On attend aussi de nouveaux antiviraux anti-SARS-CoV-2 (#4huit) et de nouveaux ARV (# 47). Enfin il est des dossiers VIH dont on suit la progression de CROI en CROI comme le Cabotégravir long acting en PreP (HPTN 083 #153) ou en thérapeutique (# 401, 402), les implants d’Islatravir et les anneaux vaginaux à base de dapivirine dont l’OMS vient de recommander l’usage, la Prep chez la femme enceinte ou allaitante à risque (#707) et plus globalement l’extension de la Prep hors la population HSH.

Enfin ce message des organisateurs, entre espoir et illusion, qui figure dans le programme : « Nous espérons que nous pourrons être tous ensemble pour la CROI à Denver en 2022 ! ». Il est vrai que le président Joe Biden a récemment assuré que le pays disposerait de suffisamment de vaccins COVID pour chaque adulte d'ici à fin mai. Et, selon CNN, si les autorités sanitaires continuent à vacciner au rythme actuel, soit près de deux millions d'Américains par jour, l'immunité collective pourrait être atteinte d'ici à mi-septembre

Gilles Pialoux

RÉFÉRENCES :

*Titre polémique d’un Editorial de Eric Le Boucher dans l’Opinion le 3 Mai 2020 « interprétant » les données de Santé Publique France (25 000 morts de la COVID, âge médian du décès = 84 ans)

**Avec à la manœuvre une équipe plus que jamais soudée mais totalement dépendante de Zoom, quel que peu épuisée par la guerre au COVID : les Prs Laurence Morand-Joubert, Valérie Pourcher et l’incontournable Dr Jean-Philippe Madiou sous la bienveillance d’Edimark avec le soutien institutionnel de ViiV Healthcare.

*** en dehors de l’apport majeur et constant des équipes d’épidémiologie et de modélisation de Simon Cauchemez et Arnaud Fontanet.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 09 Mar 2021 - 04:58
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Deux épidémies pour le prix d’une !



Dimanche 7 mars 2021, 16 heures à Paris et Marseille. Nous aurions dû être à Chicago dans la ferveur et l’agitation d’un grand centre de conférences internationales mais, crise sanitaire oblige, c’est devant notre ordinateur avec un casque audio et une tasse de café, que nous avons suivi en direct la plénière d’ouverture de cette 28e édition de la Croi (Conférence sur les rétrovirus et les maladies opportunistes). Une plénière largement consacrée à la Covid-19, même si le VIH était présent dans chaque discussion et présentation, comme un écho à la fois proche et lointain du monde d’avant.

Dix fois plus de publications sur la Covid-19 :

Nous l’avons compris, le Sars-CoV-2 et ses variants vont rester longtemps dans nos vies et dans celle de la communauté scientifique qui lutte contre le VIH depuis 40 ans. C’est ce qu’a expliqué Sharon Hillier, microbiologiste de l’Université de Pittsburg (États-Unis) et co-présidente de la conférence, en ouverture de plénière : « Les États-Unis n’étaient pas préparés pour faire face à cette pandémie. La santé publique s’était détériorée au niveau de ses services au fil des années, la politisation des messages a été une catastrophe et la Covid-19 a aggravé les inégalités sociales de santé ».

Les réponses à cette nouvelle pandémie ont largement été apportées par la communauté scientifique issue de la lutte contre le VIH (chercheurs-es, cliniciens-nes, professionnels-les de santé publique, etc.) et Sharon Hillier explique que, du jour au lendemain, ces experts-es du VIH ont été mobilisés-es sur ce nouveau virus. Elle parle de leur « résilience » à continuer à travailler en parallèle sur les deux virus et de la difficulté de cette édition de la Croi pour trouver un équilibre entre les présentations consacrées aux deux virus. Elle constate que cette année il y a eu 6 600 publications scientifiques sur le VIH et 64 000 sur le Sars-CoV-2, soit dix fois plus ! Au final, les organisateurs-rices ont décidé de consacrer la moitié des discussions et un quart des abstracts au Sars-CoV-2.

Plaidoyer pour un vaccin universel :

Après cette courte introduction, la conférence s’est ouverte sur une discussion passionnante entre deux activistes de la lutte contre le VIH, Gregg Gonsalves (professeur à l’Université de Yale et ancien membre d’Act Up New-York) et Fatima Hassan (avocate, Afrique du Sud). Durant cette session intitulée : « Le nationalisme vaccinal nous tue : comment les inégalités dans la recherche et l’accès aux vaccins du Sars-CoV-2 vont faire durer la pandémie », les deux activistes ont comparé les difficultés d’accès aux antirétroviraux (ARV) dans les années 90/2000, et notamment dans les pays du Sud, avec la situation actuelle autour de l’accès aux vaccins anti-Covid-19. Les ARV ont été freinés au Sud par le déni du gouvernement Sud-Africain et l’avidité des compagnies pharmaceutiques, explique Fatima Hassan. L’histoire se répète, puisqu’aujourd’hui les politiques de santé nationales sont dans un chacun pour soi avec peu de vaccins disponibles pour les pays du Sud. « Une fois encore, ce sont les personnes les plus vulnérables qui n’ont pas accès aux vaccins et qui sont en bout de file d’attente et la recherche n’est pas partagée », déplore Fatima Hassan.

Gregg Gonsalves dénonce, lui, à la fois le nationalisme vaccinal, mais aussi les inégalités d’accès aux vaccins à l’intérieur même des pays. Des inégalités qui reproduisent ce que les États-Unis ont déjà connu avec l’épidémie de VIH/sida. « Le président Reagan a mis sept ans avant de prononcer le mot : sida », dénonce le militant. Et pour cause, l’épidémie de VIH/sida touchait principalement ce qu’on appelait à l’époque « les 4 H » (Homosexuels masculins, Hémophiles, Héroïnomanes, Haïtiens-nes). Le VIH, comme la Covid-19, ont mis en évidence les inégalités entre Blancs et Noirs aux États-Unis. Les chiffres sont, sans appel, les personnes noires et hispaniques sont moins vaccinées que les personnes blanches. Ce sont ces mêmes populations qui sont les plus touchées par le VIH aux États-Unis.

Des mécanismes de solidarité comme Covax (1) ont été mis en place, notamment grâce à la pression des scientifiques qui viennent de la lutte contre le VIH car il n y a pas eu de volonté politique de partage des vaccins Covid-19 par les « pays développés à économie de marché » (2). Cependant Covax manque de transparence et les inégalités d’accès demeurent. On estime que seules 27 %, au mieux, des populations vulnérables pourraient être vaccinées avant septembre 2021, dans les pays du Sud. Le monde se replie sur un nationalisme sanitaire notamment vaccinal. À ce rythme, il faudrait au moins trois à quatre ans avant d’arriver à contrôler la pandémie et la conséquence de ce retard, c’est le risque d’aggravation de la pandémie et l’apparition de nouveaux variants.

Pour Gregg Gonsalves, il faudrait tout recommencer à zéro maintenant pour produire des vaccins pour tous-tes à l’échelle mondiale. De nombreux-ses scientifiques estiment qu’il y a la capacité de produire beaucoup plus de vaccins, notamment pour les vaccins à ARN messager (ARNm). Pour cela, il faut remettre en cause les brevets déposés par les compagnies pharmaceutiques et exiger des gouvernements qu’ils jouent leur rôle de régulation. Ce n’est pas seulement une question morale, mais une question sanitaire mondiale, insiste Gregg Gonsalves. On ne se débarrassera pas de la Covid-19 sans une réponse mondiale que pourrait coordonner le président américain Biden, par exemple.

Pour Fatima Hassan, les compagnies pharmaceutiques « jouent à Dieu ». « Que se passera-t-il lors de la prochaine pandémie, si nous n’agissons pas maintenant ? » demande l’activiste sud-africaine avant de conclure sur une formule choc : « Pas d’apartheid vaccinal ! ».

En parallèle de cette discussion, Gregg Gonsalves a fait une proposition intéressante sur le « chat » qui permettait aux personnes inscrites à la conférence de discuter en direct : « Si vous voulez lutter contre le nationalisme vaccinal, peut-être que nous avons besoin d’une déclaration Croi 2021 comme il y a eu la déclaration de Durban pour un accès universel aux ARV en 2000 ». Proposition qui a généré des réponses enthousiastes sur le chat. À suivre donc.

L’espoir d’un vaccin « pan Covid-19 » :

La seconde présentation de cette plénière d’ouverture était signée par Pamela Bjorkman, professeure de biologie à l'Institut de technologie de Californie (États-Unis). Une présentation très technique sur la neutralisation des protéines d’enveloppes virales, durant laquelle la biochimiste a expliqué que les spicules à la surface du VIH sont plus rares qu’on pensait. De cette découverte, Pamela Bjorkman a tiré une revue des travaux de biologie structurale qui permettent une nouvelle stratégie vaccinale qui pourrait être utilisée à la fois pour le VIH et pour le Sars-CoV-2. Certains anticorps pourraient être utilisés en prévention pour un vaccin, d’autres pour un traitement. Certains anticorps ne fonctionnent plus pour les variants du Sars-CoV-2, mais une application est capable de prédire l’efficacité des anticorps et s’ils se fixent sur l’enveloppe en fonction de la séquence du variant. Il serait donc possible de générer un vaccin à base de nanoparticules pouvant neutraliser toutes les souches de Sars-CoV-2 qui pourraient passer des animaux à l’humain. Ce vaccin « pan Covid-19 » a besoin d’être évalué et testé sur l’humain, mais il constitue un espoir pour les années à venir.

Une présentation très scientifique, donc, mais avec en fond, un message presque philosophique : les nombreuses années de recherche dans le VIH nous permettent aujourd’hui d’avancer plus rapidement dans la recherche vaccinale contre le Sars-CoV-2. Une façon de plus de lier ces deux virus qui mobilisent tant la communauté scientifique.

Tirer les leçons du VIH :

A-t-on vraiment besoin de présenter Anthony Fauci, cet immunologue américain expert du VIH depuis le début des années 80, que tout le monde a vu à la télévision en train de tenter de garder son sang-froid lors des conférences de presse granguignolesques de Donald Trump sur la Covid-19 ? C’est celui qu’on surnomme la rock star de l’infectiologie qui a conclu cette plénière d’ouverture de la Croi 2021 avec une présentation passionnante sur les leçons à tirer de la lutte contre le VIH pour la pandémie de Covid-19.

Quelques chiffres d’abord pour contextualiser. En 40 ans d’épidémie, le VIH/sida a infecté plus de 76 millions de personnes dans le monde et causé plus de 32 millions de décès. En un an, le Sars-CoV-2 a infecté près de 115 millions de personnes et causé 2,5 millions de décès. Du jamais vu depuis la grippe espagnole en 1918.

On trouve beaucoup de points communs entre les deux épidémies comme le rôle déterminant des cas asymptomatiques pour la transmission. En effet, 59 % des transmissions de Sars-CoV-2 viennent de personnes asymptomatiques et nous le savons les infections à VIH aujourd’hui ont lieu principalement du fait de personnes qui ignorent leur séropositivité. Autre point commun, les deux épidémies exacerbent les inégalités et touchent davantage certains groupes que d’autres, comme les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes noires pour le VIH et pour la Covid-19, les personnes à faibles revenus ou les minorités ethniques (en particulier issues des communautés noires et hispaniques aux États-Unis).

Anthony Fauci est revenu sur l’engagement des communautés les plus touchées dans la recherche VIH grâce à la lutte activiste et l’engagement communautaire dans la recherche clinique qui, selon lui, a été reproduit dans la recherche vaccinale liée à la Covid-19 aux États-Unis. Il met également en parallèle le rôle important des interventions thérapeutiques dans le VIH avec le Tasp, la Prep et les anticorps monoclonaux efficaces en prévention du VIH. Une méthode qui s’applique à la Covid-19 avec des anticorps monoclonaux qui évitent 80 % des infections en préventif.

En ce qui concerne le vaccin, celui qui dirige depuis 1984 le centre de recherche du département américain de la santé en maladies infectieuses, admet que la mise au point d’un vaccin efficace contre le VIH demeure un défi, mais la recherche a beaucoup progressé notamment en faisant travailler différents-es chercheurs-es de façon multidisciplinaire. Ces travaux ont profité à l’ensemble de la recherche vaccinale contre différents virus, et bien sûr aux vaccins contre le Sars-CoV-2 en établissant la structure de la protéine spike aujourd’hui à la base de la majorité des vaccins anti-Covid-19.

Anthony Fauci a poursuivi sa démonstration avec le concept d’efficacité contre efficience valable pour les deux virus. Il prend l’exemple de la Prep qui est très efficace pour protéger du VIH mais peu efficiente dans la vraie vie à cause d’une sous-utilisation et des disparités d’accès entre personnes blanche et noires, par exemple. Même constat en ce qui concerne l’accès inégal aux vaccins contre la Covid-19.

Last but not least, le déni dans les deux épidémies : Anthony Fauci a évoqué les théories de Peter Duesberg dans les années 1990 qui refusait de croire que le VIH était la cause du sida (3). Des théories qu’il met en parallèle avec les discours complotistes anti-Covid et anti-masques, exacerbés par le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux et les fake news, dans une allusion directe à Donald Trump et ses théories fumeuses.

« Nous avons écouté les activistes de la lutte contre le sida. Nous avons appris d’eux et les choses se sont améliorées. Nous avons créé un nouveau paradigme autour de l’engagement communautaire qui est maintenant appliqué à la Covid-19. Espérons que les leçons apprises à la fois du VIH et de la Covid nous aideront concrètement à faire face à de nouvelles épidémies à venir, qui sont inévitables », a conclu Anthony Fauci. Nous l’espérons aussi.

(1) Covax (Covid-19 vaccines global access) est une initiative ayant pour but d'assurer un accès équitable à la vaccination contre la covid-19 dans 200 pays.
(2) : Les pays développés à économie de marché (PDEM) sont des pays où la majorité de la population accède à tous ses besoins vitaux, c'est-à-dire l'accès à un logement décent, à l'eau potable, à la santé, à l'éducation et à la nourriture.
(3) : Professeur de biologie moléculaire à Berkeley, Duesberg est notamment connu pour un livre : L’invention du virus du sida, édité en France, il y a plusieurs années.

https://seronet.info/article/deux-epide ... dune-89977

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Sujet du message:   MessagePosté le: 09 Mar 2021 - 05:39
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D'ici 2030, un quart des personnes sous traitement anti-VIH aux États-Unis auront plus de 65 ans et la plupart auront de multiples problèmes de santé



Le nombre d'Américains vivant avec le VIH et âgés de plus de 65 ans devrait augmenter rapidement au cours de la prochaine décennie et se traduira par un grand nombre de patients qui ont plusieurs comorbidités en plus du VIH, a déclaré le Dr Parastu Kasaie de l'Université Johns Hopkins au virtuel. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2021) aujourd'hui.

«Il n'est pas certain que les systèmes de santé actuels soient capables de prendre en charge les soins des populations multimorbides séropositives alors qu'elles continuent de croître au fil du temps», a déclaré Kasaie. «Cela renforce le besoin de nouveaux modèles de soins du VIH qui apportent un soutien supplémentaire pour la prévention et la gestion des comorbidités chez les personnes vieillissantes avec le VIH.»

Les chiffres proviennent de la modélisation mathématique , pour laquelle les principaux intrants comprennent les données de surveillance des CDC et l'analyse détaillée des personnes qui commencent un traitement anti-VIH, la numération des CD4, l'âge, l'abandon et l'arrêt des soins, les facteurs de risque (tabagisme, indice de masse corporelle) et l'incidence de la co -morbidités dans la collaboration nord-américaine de la cohorte sida sur la recherche et la conception (NA-ACCORD), qui comprend plus de 130 000 personnes vivant avec le VIH.

Les chercheurs ont utilisé des données sur les associations entre le tabagisme, l'indice de masse corporelle, l'hépatite C, la dépression, l'anxiété, l'hypertension, le diabète, les lipides élevés, l'insuffisance rénale chronique, le cancer, l'infarctus du myocarde et les maladies hépatiques en phase terminale afin de projeter le fardeau des autres les conditions de santé (comorbidités) jusqu'en 2030. Ils se sont penchés spécifiquement sur 15 sous-groupes, définis par leur sexe, leur appartenance ethnique et leur voie de transmission du VIH.

Les chiffres existants des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) montrent déjà que le nombre de personnes vivant avec le VIH de plus de 65 ans a doublé, passant de 53000 en 2013 à 105000 en 2018.

Le modèle prévoit que d'ici 2030, plus de 25% des personnes sous traitement anti-VIH auront plus de 65 ans. La moitié auront plus de 53 ans. Le nombre total de personnes sous traitement passera de 678 000 en 2020 à 929 000 en 2030.

On s'attend à ce que la prévalence de l'anxiété augmente de 36% à 48%, tandis que la prévalence de la dépression augmente de 47% à 49%.

Il y a des augmentations substantielles de la prévalence de l'insuffisance rénale chronique (de 16% à 26%), du diabète (15% à 24%) et de l'infarctus du myocarde (3% à 9%). Plus encourageant, les maladies du foie en phase terminale et les lipides élevés changent à peine, tandis que l'hypertension devrait diminuer (de 35% à 31%). Le cancer diminue dans la plupart des groupes démographiques, mais augmente chez les consommateurs de drogues injectables - cela pourrait être dû à des changements dans le profil d'âge de ce groupe, avec un plus grand nombre d'usagers de drogues atteignant des âges auxquels les cancers sont plus fréquents, ainsi que des facteurs de risque tels que l'hépatite C et fumer.

D'ici 2030, 36% des personnes sous TAR devraient présenter une multimorbidité - en d'autres termes au moins deux des comorbidités physiques en plus du VIH.

Alors que la prévalence de la multimorbidité restera relativement faible chez les personnes dans la trentaine (12%) et la quarantaine (25%), la prévalence augmente davantage dans les groupes d'âge les plus âgés, qui sont également les groupes dont la taille totale devrait augmenter le plus. Chez les personnes de plus de 70 ans, la prévalence de la multimorbidité devrait passer de 58% en 2020 à 69% en 2030, ce qui correspond à 71000 personnes supplémentaires vivant avec deux comorbidités physiques ou plus.

Par groupe démographique, les plus fortes augmentations du nombre absolu de personnes ayant une multimorbidité se produiront chez les hommes noirs ayant des rapports sexuels avec des hommes. En termes relatifs, les plus fortes augmentations de la multimorbidité concerneront les femmes latines et les consommateurs de drogues injectables Latinx.

Les projections de l'étude ne reflètent aucune amélioration de la prévention du VIH qui pourrait survenir au cours de la prochaine décennie. Ils ne reflètent pas non plus les impacts potentiels de la pandémie de COVID-19, y compris les interruptions des soins médicaux, moins de dépistage des comorbidités et une mortalité accrue dans les groupes d'âge les plus âgés.

Les références :

Kasaie P et coll. Multimorbidité chez les personnes séropositives utilisant un traitement antirétroviral aux États-Unis: projections jusqu'en 2030. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes 2021, résumé 102.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 09 Mar 2021 - 07:58
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CROI 2021 : les travaux sélectionnés soutenus par l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes



La CROI, la conférence internationale sur les rétrovirus et les infections opportunistes, a lieu du 6 au 10 mars 2021, sous une forme virtuelle. Sept travaux soutenus par l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes ont été retenus pour y être présentés.

Sept abstracts sélectionnés à la CROI 2021 ont été soutenus par l’ANRS, devenue depuis le 1er janvier 2021 l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes.

Pour respecter l’embargo, un court résumé de chacune des présentations orales sera ajouté à l’issue du passage à la CROI sur le site www.anrs.fr


Le 8 mars 2021 – 17 h 20 / Oral Abstract-01 : HIV/SIV host and cellular interactions : virology, immunology, and pathogenesis #78
Deciphering the host nucleus subversion by HIV-1 to replicate

Oratrice : Francesca Di Nunzio (unité de virologie moléculaire avancée et dynamique rétrovirale, Institut Pasteur)

Cette équipe de recherche a récemment montré que, dans les macrophages sous la pression d’un inhibiteur de la transcription inverse, l’ARN du VIH se rétrotranscrit en ADN dans le noyau et non dans le cytoplasme. Elle a cette fois-ci tracé les devenirs des ARN et ADN viraux au sein du noyau. Les résultats des chercheurs montrent que le VIH induit la formation d'organelles sans membrane (MLO) dans le noyau, appelées MLO du VIH, car ce sont le siège de la transcription inverse nucléaire où bourgeonne l'ADN rétrotranscrit pour s'intégrer dans les régions de chromatine active de la cellule hôte, non loin des MLO du VIH. Le VIH restructure le noyau de l’hôte pour favoriser la réplication virale.


Le 9 mars 2021 – 17 h 40 / Oral Abstract-09 : Prevention 2021 #148
Incidence of HIV-infection with daily or on demand oral PrEP with TDF/FTC in France

Orateur : Jean-Michel Molina (Chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Louis AP-HP)

(Communiqué de presse à venir le 9 mars)


Science Spotlights - H4 : Long-acting therapy: the time has come #404
Bictegravir and Cabotegravir: in vitro phenotypic susceptibility of HIV-1 non-group M

Oratrice : Charlène Martin (Normandie Université, Université de Rouen Normandie, CHU de Rouen)

Cette équipe de recherche a montré la sensibilité phénotypique des variants génétiquement distincts du VIH-1 groupe M pandémique (les groupes O, N et P), aux nouveaux inhibiteurs d’intégrase (INI) : le bictégravir et le cabotégravir. Elle a toutefois observé une sensibilité plus variable pour le cabotégravir selon la souche testée. Des observations similaires ont été obtenues avec les isolats de VIH-1 du groupe M. Les auteurs de ces travaux rapportent le besoin de surveiller le dosage de ces INI, en particulier pour le cabotégravir, et soulignent la nécessité de confirmer ces résultats par des études cliniques in vivo.


Science Spotlights – H6 : Clinical trials of antiretroviral therapy: treatment naive and switch #419
W96 Efficacy of 4/7 days maintenance ART strategy: ANRS-170 QUATUOR Trial

Orateur : Roland Landman (Institut de médecine et d’épidémiologie appliquée / fondation Léon MBa / Service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat – Claude-Bernard AP-HP)

De précédents résultats de l’essai ANRS QUATUOR avaient montré à la semaine 48 la non-infériorité d’un traitement antirétroviral de maintenance intermittent pris 4 jours par semaine en comparaison à une prise 7 jours sur 7. L’équipe de recherche a étudié le succès virologique à la semaine 96 chez deux groupes de patients, ceux ayant suivi le régime 4 jours par semaine depuis la semaine 0 et ceux qui ont bifurqué vers ce régime à la semaine 48. Dans ces deux groupes, la stratégie intermittente a montré son efficacité à la semaine 96 (92,6 % de succès thérapeutique) et un faible taux d’échec virologique (4,2 %), en particulier avec les traitements antirétroviraux comprenant un inhibiteur de l’intégrase.


Science Spotlights – I2 : New developments in transmitted and acquired drug resistance #429
Impact of M184V on the virological efficacy of switch to 3TC/DTG in real life

Oratrice : Maria M. Santoro (université de Rome Tor Vergata)

Cette étude a été menée dans des conditions de vie réelle, en France, en Italie et en Espagne, parmi 533 personnes vivant avec le VIH, sous traitement antirétroviral efficace, avec ou sans mutation M184V détectée auparavant et qui sont passées à un traitement par lamivudine (3TC) / dolutégravir (DTG). La probabilité d’échec virologique est très faible après 2 ans de traitement par 3TC/DTG. La présence d’une mutation M184V influe sur l’échec virologique seulement lorsqu’elle était détectée moins de 5 ans avant le switch vers le 3TC/DTG.


Science Spotlights – M5 : Frailty and functional status #537
Prevalence and determinants of frailty in HIV people aged 70+: ANRS SEPTAVIH Study

Oratrice : Clotilde Allavena (CHU de Nantes)

L’étude ANRS SEPTAVIH évalue la fragilité des personnes âgées de plus de 70 ans vivant avec le VIH et recevant un traitement antirétroviral. L’équipe a montré que ces personnes âgées qui ont une longue durée d’infection et sont le plus souvent en succès immuno-virologique ont une prévalence de fragilité moins élevée qu'attendue, même si 2/3 d’entre eux sont en état de « pré-fragilité ». Des conditions socio-économiques plus défavorables, la présence de comorbidités et une fonction cognitive diminuée étaient des facteurs associés à la fragilité alors que les facteurs liés au VIH ne l’étaient pas.


Science Spotlights – P1 : Maternal viral load and ART adherence: insights and interventions #570
NRTI-sparing strategy to prevent perinatal HIV transmission, ANRS 168 MONOGEST Trial

Orateur : Laurent Mandelbrot (Chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Louis-Mourier AP-HP)

Le contrôle de la charge virale du VIH permet d’éviter la transmission périnatale, mais les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) peuvent avoir des effets négatifs sur le fœtus. L’équipe de Monogest a évalué une stratégie de traitement antirétroviral sans INTI pendant la grossesse dans un essai de phase II chez 83 femmes. Des femmes au premier trimestre de grossesse ayant le VIH-1, en succès thérapeutique, ont switché vers une monothérapie de darunavir boosté par ritonavir. Les nouveau-nés recevaient une prophylaxie par névirapine. Les résultats montrent un taux de succès virologique sans réintensification de 92,8 %, et toutes les femmes avaient une charge virale < 50 copies/ml avant l’accouchement. Aucun cas de transmission périnatale n’a été observé. Cette étude pilote indique qu’une stratégie de traitement sans INTI avec une surveillance accrue de la charge virale peut maintenir la suppression virologique pendant la grossesse.

https://www.anrs.fr/fr/presse/communiqu ... s-maladies

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CROI 2021: Johnson & johnson : Étude prometteuse pour le traitement

Les sociétés pharmaceutiques Janssen, de Johnson & Johnson, ont présenté samedi 6 mars des données positives à long terme issues d'un essai mondial de phase 3b qui portait sur l'évaluation du premier schéma thérapeutique incluant deux médicaments à action prolongée, à savoir la rilpivirine (de Janssen) et le cabotégravir (de ViiV Healthcare) dans le cadre du traitement de l'infection au VIH chez les adultes.

Les résultats ont montré l'efficacité de l'administration mensuelle du dosage tout comme une administration tous les deux mois chez les adultes dont la charge virale est indétectable.

'Les données de l'étude (...) sont une preuve supplémentaire que ce régime injectable à action prolongée pourrait offrir une nouvelle option de traitement prometteuse pour les personnes vivant avec le VIH - et nous sommes extrêmement fiers des progrès scientifiques que cela représente', a déclaré Ruxandra Draghia-Akli, à la tête de la R&D en santé publique mondiale chez Janssen Research & Development, LLC.

http://www.cerclefinance.com/default.as ... art=609166

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L'implant d'islatravir reformulé doit fournir la PrEP pendant plus d'un an

Une nouvelle formulation du médicament islatravir sous la forme d'un petit implant amovible devrait fournir suffisamment de médicament pour agir comme PrEP ou faire partie d'une thérapie antirétrovirale combinée pendant plus d'un an, a déclaré hier la conférence virtuelle CROI 2021 .

L'étude est similaire à celle présentée en 2019 par le même chercheur, le Dr Randolph Matthews de Merck, la société qui développe l'islatravir. Il a déclaré qu'une deuxième étude de phase I sur le niveau de médicament et l'innocuité était nécessaire car la nouvelle formulation de l'implant est celle qui va maintenant être intégrée dans une étude de phase II: la précédente n'était qu'un pilote de validation de principe. .

La principale différence avec la nouvelle formulation est qu'elle contient une petite quantité de l'élément métallique non toxique baryum, tout comme les implants contraceptifs comme Nexplanon . Le baryum est opaque aux rayons X et est donc utilisé comme produit de contraste dans les rayons X intestinaux. Des implants tels que celui prévu peuvent parfois «migrer» loin de leur site d'origine et peuvent devoir être localisés et retirés.

La nouvelle formulation de l'implant contient un peu moins de médicament que les implants testés il y a deux ans. Dans cette étude, les implants contenaient au total 54 mg d'éther ou 62 mg de médicament. Dans la nouvelle étude, trois doses ont été utilisées, de 48 mg, 52 mg et 56 mg.

Lors de la même session de la conférence, le Dr Munjal Patel de Merck a déclaré qu'un niveau de 0,05 picomole de médicament par million de cellules immunitaires des lymphocytes T en circulation (0,05 pmol / 10 6 cellules) devrait être plus que suffisant pour prévenir l'infection par le VIH. Ce niveau a été déterminé en examinant les résultats de trois études différentes: l'une des volontaires humains traités à l'islatravir dont les lymphocytes ont été extraits puis exposés au VIH dans la boîte de laboratoire; une qui a exposé des singes à un virus VIH artificiel adapté aux singes et l'une des études initiales dans laquelle la capacité de l'islatravir à inhiber la réplication du VIH dans les cellules a été directement mesurée.

Les résultats de ces études ont indiqué respectivement que le niveau de 0,05 pmols / 10 6 cellules était respectivement cinq fois, 1,6 fois et 2,5 fois supérieur au niveau d'arrêt de l'infection par le VIH chez les personnes ayant les niveaux de médicament les plus bas.

Dans la dernière étude de phase I, 24 volontaires ont reçu des implants islatravir (huit volontaires pour chacune des trois doses) et 12 volontaires ont reçu un implant placebo ne contenant pas de médicament. Les volontaires ont gardé les implants pendant trois mois, après quoi ils ont été retirés.

Après le retrait, la demi-vie intracellulaire de l'islatravir restant dans le corps (la vitesse à laquelle il s'est arrêté) était de 198 heures, ce qui signifie qu'après 8,5 jours, il restait deux fois moins de médicament qu'au moment du retrait de l'implant, et après seulement sur un mois, il y en a eu un huitième. Cette demi-vie intracellulaire est à peu près la même que celle de l'islatravir oral.

Dans les deux doses plus faibles, les concentrations de médicament ont persisté au- dessus de 0,05 pmol / 10 6 cellules niveau de pas plus de deux semaines , mais dans la plus grande dose ils ont persisté pendant un à deux mois. Matthews a déclaré que cela ne posait pas le même type de problème de persistance dans le corps que le cabotégravir injectable pourrait entraîner une éventuelle résistance si les personnes étaient exposées au VIH pendant la période pendant laquelle les niveaux de médicament diminuaient. En fait, la demi-vie observée n'était pas plus longue que celle du ténofovir intracellulaire une fois qu'un niveau de médicament à l'état d'équilibre avait été atteint dans les cellules.

Les effets secondaires étaient courants, mais presque tous légers. Chez les volontaires ayant reçu l'implant placebo, la moitié des volontaires ont eu des effets secondaires, tandis que les deux tiers des volontaires ayant reçu des implants contenant de l'islatravir en ont eu. Celles-ci comprenaient des rougeurs, des douleurs ou des démangeaisons au site d'implantation ainsi qu'une induration ou un durcissement des tissus autour de l'implant. Il y a eu trois cas d'effets secondaires classés comme modérés plutôt que légers: deux de rougeur et un de démangeaisons. Il n'y a eu aucun effet secondaire classé comme grave et aucune interruption due à des effets secondaires.

Il est clair que cette étude ne peut pas démontrer les niveaux de médicament dans la vie réelle après l'implant dans un an, mais les projections de cette étude de trois mois prédisent qu'après un an, le niveau moyen de médicament chez les personnes qui l'utilisent serait encore 3-4 fois supérieur au 0,05 pmols / 10 6 niveaux de cellules. Il devrait être plus de 20% au-dessus de ce niveau dans tous les utilisateurs sauf 2,5%. Cependant, ce sont des modèles et une des raisons pour lesquelles une étude de phase II est nécessaire est de voir si les niveaux réels sont les mêmes que ceux prévus.

Matthews a déclaré que l'étude de phase II prévue sera très similaire à l'étude de l'islatravir administré sous forme de pilule une fois par mois dont les résultats ont été présentés lors de la conférence HIVR4P du mois dernier . Comme pour cette étude, elle sera menée auprès de personnes à faible risque de VIH, car la principale question à laquelle Merck souhaite répondre est de savoir si les niveaux creusés persisteront en fait pendant plus d'un an à des niveaux suffisamment élevés pour prévenir l'infection à VIH.

Les références :

Matthews R et coll. Les implants islatravir de nouvelle génération devraient fournir une prophylaxie annuelle contre le VIH. Conférence virtuelle CROI 2021, résumé 88.

Patel M et coll. Seuils de pharmacocinétique de l'islatravir et sélection de la dose pour la PrEP VIH-1 orale mensuelle. Conférence virtuelle CROI 2021, résumé 87.

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Un grand nombre maintenant sur Descovy PrEP aux États-Unis

Dans l'année qui a suivi l'approbation américaine de l'emtricitabine / TAF (Descovy) comme PrEP en octobre 2019, 29% des utilisateurs existants de PrEP sont passés à la nouvelle formulation et 36% des nouveaux utilisateurs de PrEP l'ont commencé. Le Dr Karen Hoover des Centers for Disease Control and Prevention a présenté ces données, basées sur une grande base de données de pharmacies, à la conférence virtuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2021) cette semaine.

Deux types de comprimés sont approuvés comme PrEP aux États-Unis. Une combinaison d'emtricitabine et de fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) a été approuvée pour la première fois en 2012. Il est souvent commercialisé sous le nom de Truvada , mais il est maintenant disponible auprès de fabricants de génériques aux États-Unis, comme dans la plupart des autres pays. La nouvelle formulation combine l'emtricitabine et le ténofovir alafénamide (TAF), n'est disponible que sous la marque Descovy et a été approuvée par la Food and Drug Administration des États-Unis en octobre 2019.

Comme le montrent ces données, la PrEP à base de TAF a été un succès commercial aux États-Unis, mais n'a pas encore été approuvée par d'autres agences de réglementation telles que l'Agence européenne des médicaments et l'Organisation mondiale de la santé. À l'heure actuelle, les seules données d'efficacité proviennent d'hommes homosexuels cisgenres et d'un petit nombre de femmes transgenres, et d'autres régulateurs sont susceptibles d'attendre les résultats des études sur son utilisation par les femmes cisgenres. De plus, étant donné que l'emtricitabine / TDF est désormais largement disponible en tant que générique à faible coût, les systèmes de santé qui sont attentifs aux questions de rentabilité sont susceptibles de considérer Descovy comme une option de niche pour les personnes qui ont des problèmes rénaux ou d'autres problèmes spécifiques, plutôt que le défaut.

Les données de la pharmacie de janvier 2014 à septembre 2020 n'ont montré aucune preuve de prescription hors AMM de PrEP à base de TAF avant son approbation réglementaire. Au dernier trimestre de 2019, il y a eu une adoption immédiate de la PrEP à base de TAF, qui reflétait une baisse du produit à base de TDF.

Les personnes qui sont passées à la PrEP à base de TAF avaient tendance à être plus âgées et de sexe masculin. Le changement était également plus courant chez les personnes Latinx et les personnes vivant dans le sud du pays. La région avec le moins de permutation était le nord-est.

Les références :

Hoover KW et coll. Tendances des prescriptions de Truvada et Descovy pour la PrEP aux États-Unis, 2014-2020. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 696, mars 2021.

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Une étude africaine confirme le dolutégravir comme traitement de deuxième intention et soutient le recyclage du ténofovir



Le dolutégravir ou le darunavir / ritonavir sont également efficaces dans le traitement de deuxième intention, même en présence d'une résistance de haut niveau aux INTI inclus dans le schéma, a révélé une vaste étude randomisée menée dans trois pays africains.

De plus, le ténofovir et la lamivudine peuvent être recyclés en traitement de deuxième ligne même chez les personnes présentant une résistance de haut niveau aux médicaments, sans nuire au contrôle viral lors de la prise de dolutégravir ou de darunavir / ritonavir, a montré l'étude.

Les résultats de l'étude Nucleosides and Darunavir / Dolutegravir in Africa (NADIA) ont été présentés à la Conférence virtuelle 2021 sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) par le professeur Nicholas Paton de l'Université nationale de Singapour.

L'Organisation mondiale de la santé recommande (OMS) que les personnes qui subissent un rebond viral sur un régime de première intention contenant de l'éfavirenz ou un inhibiteur de protéase boosté puissent passer au dolutégravir et à deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI). L'OMS recommande d'inclure un nouvel INTI dans le schéma thérapeutique. La plupart des personnes sous traitement de première intention prenant désormais du ténofovir, cela signifie passer à la zidovudine, qui est moins bien tolérée que le ténofovir.

Cependant, ces recommandations sont basées sur de minces preuves. En particulier, on ne sait pas si le passage au dolutégravir sans choisir les INTI de deuxième intention par des tests de résistance expose les personnes à un risque plus élevé d'échec du traitement et de résistance au dolutégravir.

De plus, il n'existe aucune preuve issue d'études randomisées indiquant que la stratégie de modification des INTI est supérieure au recyclage du ténofovir dans le traitement de deuxième intention, ou que le dolutégravir est équivalent au darunavir boosté dans le traitement de deuxième ligne.

L'étude NADIA a été conçue pour répondre à ces questions.

L'étude :

Les chercheurs ont recruté des personnes avec des charges virales supérieures à 1000 copies / ml sur un régime de première ligne en échec à base d'INNTI qui contenait du ténofovir et de la lamivudine (comme l'éfavirenz / ténofovir / lamivudine). Ils ont d'abord été randomisés pour passer au dolutégravir ou au darunavir / ritonavir (800/100 mg), puis dans une seconde randomisation, soit pour conserver le ténofovir, soit pour passer à la zidovudine. Tout le monde a pris de la lamivudine. Cette conception d'étude a permis de comparer quatre stratégies de commutation.

L'étude a recruté 464 personnes vivant avec le VIH sur sept sites au Kenya, en Ouganda et au Zimbabwe. L'un des chercheurs de l'étude était le professeur James Hakim de l'Université du Zimbabwe, l'un des principaux chercheurs africains sur le VIH, décédé du COVID-19 en janvier 2021.

La population étudiée était de 61% de femmes et la moitié avait une infection à VIH avancée (51% avaient un compte de CD4 inférieur à 200 et le compte médian de CD4 dans la population de l'étude était de 194 cellules). Vingt-sept pour cent avaient des charges virales supérieures à 100 000 copies / ml, ce qui indique un échec avancé du traitement anti-VIH et la probabilité d'une pharmacorésistance de haut niveau. En effet, 92% avaient une résistance à la lamivudine, 58,5% avaient une résistance de niveau intermédiaire ou élevé au ténofovir et 18% avaient une résistance de niveau intermédiaire ou élevé à la zidovudine.

La résistance de haut niveau au ténofovir est plus courante en Afrique subsaharienne que dans d'autres régions du monde; l' étude de Tenores a révélé que 57% des personnes en échec d'un traitement de première ligne dans les cohortes de traitement en Afrique de l' Est a tenofovir résistance, et une proportion similaire en Afrique australe. On ignore si la rétention du ténofovir après un échec du traitement de première intention contribue à la suppression virale.

Le résultat principal de l'étude était la proportion de personnes dont la charge virale était supprimée en dessous de 400 copies / ml à la semaine 48. Il n'y avait pas de différence significative dans le résultat principal entre les deux bras de l'étude à la semaine 48; 90,2% du bras dolutégravir et 91,7% du bras darunavir avaient une charge virale inférieure à 400 copies / ml.

L'absence d'INTI actifs dans le schéma posologique n'a pas entraîné de différences de réponse entre les bras dolutégravir et darunavir.

Il n'y avait pas de différence significative dans le résultat virologique selon la randomisation des INTI; 92,3% dans le groupe ténofovir et 89,6% dans le groupe zidovudine avaient une charge virale inférieure à 400 copies / ml, et il n'y avait aucune différence dans le taux de rebond virologique au-dessus de 1000 copies / ml (4,7% vs 6,9%).

La résistance de haut niveau au ténofovir au départ n'a pas compromis la réponse au traitement de deuxième intention chez les participants randomisés pour recevoir du ténofovir; 94,7% des patients du bras ténofovir présentant une résistance de niveau intermédiaire ou élevé au ténofovir avaient une charge virale inférieure à 400 copies / ml à la semaine 48, contre 93,2% dans le bras zidovudine. De plus, les personnes ayant une résistance faible ou nulle au ténofovir n'ont pas fait mieux que celles ayant une plus grande résistance au ténofovir; 88,5% assignés au ténofovir et 83,5% assignés à la zidovudine avaient une charge virale inférieure à 400 copies / ml à la semaine 48.

En ce qui concerne la résistance au dolutégravir, bien qu'il n'y ait pas eu de différence dans le taux de rebond viral au-dessus de 1000 copies / ml après le changement (6% dans le bras dolutégravir et 5,7% dans le bras darunavir), quatre personnes du bras dolutégravir ont développé une résistance au médicament. (trois cas de haut niveau et un cas de niveau intermédiaire). Il n'y a pas eu de résistance au darunavir chez les personnes ayant subi un rebond dans le bras darunavir.

Une résistance au dolutégravir est également apparue chez trois personnes du groupe zidovudine qui ont connu un rebond par rapport à une personne du groupe ténofovir.

Les événements indésirables graves étaient peu fréquents et il n'y avait pas de différence significative dans la fréquence des événements indésirables graves liés au médicament selon le bras de l'étude.

Conclusions :

Les investigateurs de l'étude ont conclu que les résultats de 48 semaines de l'étude NADIA étayent la recommandation de l'OMS de passer au dolutégravir dans le traitement de deuxième ligne, même si les INTI de deuxième ligne n'ont aucune activité prévue. Ils ont également conclu que le darunavir / ritonavir est une alternative robuste au dolutégravir dans le traitement de deuxième ligne en Afrique subsaharienne, donnant une excellente suppression virale.

«La résistance de haut niveau au dolutégravir est une préoccupation, nous avons donc besoin de plus de données sur ce risque dans une utilisation à long terme», a déclaré Paton. «Je ne pense pas qu'à ce niveau de résistance, cela devrait affecter la façon dont nous mettons en œuvre ce régime», a-t-il déclaré lors d'une séance de questions et réponses après sa présentation. Dans cette étude, les quatre patients qui ont développé une résistance au dolutégravir avaient des antécédents de difficultés d'observance.

L'étude a également montré que le ténofovir et la lamivudine peuvent être recyclés dans le traitement de deuxième intention, même chez les personnes présentant des mutations de résistance aux médicaments, ce qui simplifie le processus de changement de traitement pour les programmes de traitement. Paton a reconnu que cette constatation est en contradiction avec la pratique normale dans le traitement des maladies infectieuses, où l'échec du traitement conduit généralement au changement de plusieurs médicaments, mais a suggéré que les prédictions de la résistance aux INTI par des algorithmes pourraient devoir être révisées.

Lorsqu'on lui a demandé si les résultats de l'étude devaient changer les recommandations de l'OMS, il a déclaré: «Dans le cadre d'une approche de santé publique, je ne sais pas pourquoi vous recommanderiez de passer à la zidovudine avec les données que nous avons vues.»

Les références :

Paton N et coll. Essais sur les nucléosides et le darunavir / dolutégravir en Afrique (NADIA): résultat principal de 48 semaines . Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 94, 2021.

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L'alendronate peut prévenir la perte osseuse chez les personnes qui commencent un traitement anti-VIH



L'alendronate pris pendant deux semaines avant le début du traitement antirétroviral à base de ténofovir peut aider à prévenir la perte osseuse, selon une étude présentée hier lors de la conférence virtuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2021).

La perte osseuse - l'ostéopénie et sa forme la plus grave, l'ostéoporose - est une complication métabolique courante chez les personnes séropositives, en particulier les personnes âgées. La perte osseuse est aggravée par une inflammation chronique et est associée à certains antirétroviraux, en particulier le fumarate de ténofovir disoproxil (TDF). Des études antérieures ont montré une perte osseuse de l'ordre de 2 à 6% au cours de la première année de traitement antirétroviral (TAR). Une faible densité minérale osseuse (DMO) contribue à la fragilité et peut entraîner des chutes et des fractures.

Le Dr Tara McGinty de l'University College Dublin et ses collègues ont conçu l'étude APART pour évaluer si l'utilisation à court terme d'une formulation générique du bisphosphonate alendronate oral (de marque Fosamax ) pouvait prévenir la perte osseuse chez les personnes commençant un traitement anti-VIH.

Le médicament, qui est approuvé pour le traitement de l'ostéoporose chez les personnes séronégatives, agit en ralentissant la réabsorption osseuse par des cellules appelées ostéoclastes. Normalement, l'activité de ces cellules destructrices d'os et de ces cellules productrices d'os appelées ostéoblastes est en équilibre, mais le VIH ou son traitement peut entraîner un niveau plus élevé de remodelage osseux et semble déplacer l'équilibre vers la perte osseuse plutôt que vers la formation osseuse.

Cet essai multicentrique de phase 4 a recruté 50 personnes séropositives non traitées auparavant qui commençaient des traitements antirétroviraux contenant du TDF, de l'emtricitabine et un troisième médicament. Presque tous (94%) utilisaient des inhiteurs d'intégrase.

Les participants ont été randomisés pour recevoir 70 mg d'alendronate oral ou un placebo, une fois par semaine, en commençant deux semaines avant le début du TAR jusqu'à la semaine 14. Des suppléments quotidiens de calcium et de vitamine D3 ont été fournis aux deux groupes. La DMO a été mesurée au niveau de la colonne lombaire et de la hanche au départ et aux semaines 14, 26 et 50.

La plupart des participants (86%) étaient des hommes et l'âge médian était de 35 ans (de 32 à 40 ans). Dans l'ensemble, environ la moitié étaient blancs, un tiers étaient africains et 20% étaient sud-américains, bien que les proportions différaient entre les groupes alendronate et placebo. Alors que la population était ethniquement diversifiée, le jeune âge et le petit nombre de femmes sont préoccupants, car les personnes âgées - en particulier les femmes ménopausées - courent un risque élevé de perte osseuse.

La plupart des participants ont été classés comme ayant un poids normal. La densité osseuse initiale était similaire dans les deux groupes. Bien que ce soit censé être un critère d'exclusion, les personnes du bras alendronate étaient trois fois plus susceptibles que celles du groupe placebo d'avoir eu des fractures antérieures (33% vs 8%). À l'inverse, moins de receveurs d'alendronate étaient des fumeurs actuels ou anciens, un facteur de risque connu de perte osseuse. Le nombre médian de CD4 était un peu plus faible dans le groupe alendronate que dans le groupe placebo (348 vs 428).

À 14 semaines, une différence entre les deux groupes était déjà apparente. Les personnes affectées à l'alendronate présentaient une augmentation médiane de + 1,88% de la DMO totale de la hanche par rapport à une diminution de -0,65% dans le groupe placebo, une différence statistiquement significative (p = 0,03). La DMO a diminué lentement et régulièrement dans les deux groupes, aboutissant à une augmentation de + 0,50% dans le groupe alendronate versus une diminution de -2,70% dans le groupe placebo à la semaine 50, qui est restée significative (p = 0,02).

Le groupe alendronate a connu une augmentation médiane de + 1,24% de la DMO au niveau du rachis lombaire à 14 semaines comparé à une diminution de -0,96% dans le groupe placebo, une différence significative (p = 0,01). Encore une fois, la densité osseuse a diminué dans les deux groupes au fil du temps. À 24 semaines, il y avait toujours une augmentation de + 0,50% dans le groupe alendronate versus une diminution de -2,50% dans le groupe placebo. Mais à la semaine 50, cela est tombé à une diminution de -1,40% et une diminution de -3,70% dans les deux groupes, respectivement, et la différence n'était plus significative.

L'alendronate était sûr et généralement bien toléré. Environ la moitié des receveurs d'alendronate (52%) et 39% des receveurs du placebo ont présenté des événements indésirables liés au traitement, le plus souvent des symptômes gastro-intestinaux. Il n'y a eu aucun événement indésirable grave dans l'un ou l'autre des groupes, et aucune personne prenant de l'alendronate ne s'est retirée de l'étude en raison d'événements indésirables (bien que trois receveurs du placebo l'aient fait).

Une courte cure d'alendronate à l'initiation des antirétroviraux "a empêché la perte osseuse associée au TAR sur 48 semaines au niveau de la hanche totale", tandis que "un effet protecteur a également été observé au niveau de la colonne lombaire mais s'est limité aux 24 premières semaines", ont conclu les chercheurs.

Étant donné que le médicament est peu coûteux, facilement disponible et bien toléré, ont-ils ajouté, ces données soutiennent l'utilisation d'alendronate générique de courte durée pour préserver la DMO chez les personnes séropositives qui commencent un traitement antirétroviral, y compris dans des contextes à ressources limitées.

Les références :

McGinty T et coll. Alendronate de courte durée pour la prévention de la perte osseuse associée à l'art . Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 96, 2021.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 09 Mar 2021 - 19:06
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Des disparités raciales prononcées en matière de VIH persistent aux États-Unis, avec quelques signes d'amélioration lente



Le professeur James Hildreth a fortement plaidé en faveur de la prise en compte des déterminants sociaux de la santé afin de remédier aux disparités de santé prononcées dans les pandémies de VIH et de COVID-19 aux États-Unis, lors d'une session plénière à la Conférence virtuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes 2021 hier . Hildreth est président du Meharry College of Medicine au Tennessee et membre du groupe de travail sur l'équité en santé COVID-19 du président Biden.

Les Noirs vivant aux États-Unis continuent d'être touchés de manière disproportionnée par le VIH. En 2018, alors qu'ils ne représentaient que 13% de la population américaine, ils représentaient 43% de tous les nouveaux diagnostics de VIH, tandis que les hommes noirs ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) représentaient à eux seuls un quart de tous les nouveaux diagnostics de VIH. Alors que les infections chez les HARSAH blancs ont diminué ces dernières années, les infections chez les HARSAH noirs et latinos sont restées stables ou ont augmenté - par exemple, il y a eu une augmentation significative des nouveaux diagnostics chez les HARSAH noirs âgés de 25 à 34 ans de 2014 à 2018.

Hildreth a souligné que le nombre de Noirs présentant le SIDA (stade 3, ou un taux de CD4 inférieur à 200) a continué d'augmenter même lorsque la thérapie antirétrovirale (TAR) est devenue plus largement disponible au milieu des années 1990 - à un moment où les diagnostics de SIDA pour les Blancs les gens étaient en forte baisse. Aujourd'hui, le sida reste beaucoup plus répandu dans les communautés noires. Il a déclaré qu'il y avait un `` gouffre '' dans l'état de santé entre les Blancs et ceux des autres races aux États-Unis, ce qui a une fois de plus été mis en évidence par les fortes disparités raciales du COVID-19.

Le manque d'accès aux informations sur la santé, les soins médicaux retardés, les maladies chroniques mal gérées, l'incarcération de masse et l'instabilité économique sont quelques-uns des facteurs qui agissent comme des déterminants sociaux de la santé, a-t-il déclaré.

De nouvelles données présentées à la conférence ont indiqué que si les différences raciales ont continué de diminuer de 2012 à 2018, les Noirs vivant avec le VIH sont encore beaucoup moins susceptibles que leurs homologues blancs de recevoir un TAR dans un délai d'un mois après leur prise en charge. Une deuxième étude menée dans trois États du Sud profond a indiqué que, bien que les tendances générales de suppression virale s'améliorent, les jeunes hommes noirs continuent de prendre plus de temps pour parvenir à la suppression virale que les autres groupes. Fait intéressant, le délai de suppression virale était plus long pour les hommes hétérosexuels que pour les HSH. Une troisième étude a démontré comment l'augmentation du financement dans certaines juridictions a permis de corriger certaines de ces disparités.

Disparités dans la réception du TAR :

Le Dr Jun Li des Centers for Disease Prevention and Control (CDC) et ses collègues se sont penchés sur la probabilité de recevoir une prescription de TAR dans un délai d'un mois après la prise en charge du VIH (`` TAR en temps opportun '') entre 2012 et 2018, en utilisant des données provenant du grand Nord. American AIDS Cohort Collaboration on Research and Design (NA-ACCORD, qui recueille des indicateurs liés au VIH dans la plupart des États américains). Les personnes étaient considérées comme «nouvellement» en soins si elles n'avaient pas reçu de traitement antirétroviral dans le passé, avaient une charge virale supérieure à 500 copies / ml et n'avaient pas de diagnostic de SIDA de longue date.

Parmi 11853 adultes admissibles qui ont assisté à au moins deux visites à la clinique dans l'année suivant leur entrée en soins, près de la moitié étaient des HARSAH et des Noirs (respectivement 48% et 45%), la plupart avaient moins de 50 ans (77%) et un peu plus de la moitié vivaient. dans le Sud (51%). Alors qu'un quart de toutes les personnes ont présenté un diagnostic de santé mentale, 11% avaient des antécédents de toxicomanie ou de dépendance et un petit pourcentage avait un diagnostic récent de sida (5%). Au cours de la période de 2012 à 2018, 6688 personnes recevant des soins ont reçu un TAR en temps opportun, une médiane de neuf jours après leur entrée en soins.

Dans l'ensemble, la réception d'un TAR en temps opportun s'est considérablement améliorée entre 2012 et 2018, passant de 42% à 82%. Alors que les Noirs vivant avec le VIH avaient un taux de traitement ARV en temps opportun plus faible que les Blancs entre 2012 et 2016, cette différence n'était plus apparente pour la seconde moitié de la période menant à 2018. Cependant, lors de l'analyse des données de l'ensemble période, les Noirs, ceux qui vivent dans le Sud et ceux qui ont des antécédents de toxicomanie ou de dépendance couraient un risque significativement plus élevé de ne pas recevoir de traitement antirétroviral en temps opportun, indépendamment de facteurs tels que la maladie mentale ou l'année de prise en charge. Comme prévu, les personnes ayant une charge virale plus élevée et un nombre de CD4 plus faible à l'entrée en soins étaient plus susceptibles de recevoir un TAR en temps opportun.

Bien que Li ait reconnu que cette étude n'était pas en mesure d'expliquer pourquoi une personne pouvait ne pas avoir reçu de TAR en temps opportun (par exemple, que ce soit en raison de facteurs cliniques ou du choix du patient), elle indique qu'il y a eu des améliorations substantielles depuis 2012, lorsque les directives de traitement ont été modifiées pour recommander que toutes les personnes vivant avec le VIH reçoivent un traitement antirétroviral. Elle coïncide également avec une période de mise en œuvre de la loi sur les soins abordables, sous forme d'expansion de Medicaid (assurance maladie pour les personnes à faibles revenus). Bien que l'écart en termes de TAR en temps opportun continue de se réduire, il a déclaré qu'il était important de continuer à suivre les progrès pour des sous-populations spécifiques et de prioriser les interventions, comme pour les personnes qui consomment des drogues et dans le Sud.

Disparités dans la suppression virale :

Le Sud profond a les taux les plus élevés de nouveaux diagnostics de VIH, le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH et les taux de suppression virale les plus bas du pays.

Le Dr Aadia Rana de l'Université de l'Alabama à Birmingham a présenté des données sur le temps de suppression virale en Alabama, en Louisiane et au Mississippi. Elle a expliqué que le délai de suppression virale est l'un des meilleurs indicateurs de l'efficacité des activités combinées du continuum VIH et de l'intégration des services, allant des soins cliniques aux efforts de santé publique et à ceux fournis par les organisations communautaires. Elle a également souligné la grande quantité de variations observées dans le Grand Sud - même entre les États voisins - et la nécessité de comprendre pourquoi ces différences existent.

Rana et ses collègues ont mené des analyses pour examiner le temps nécessaire pour parvenir à la suppression virale chez les personnes nouvellement diagnostiquées séropositives entre 2012 et 2019. Sur une cohorte de 16818 personnes (49% en Louisiane, 30% en Alabama et le reste dans le Mississippi), la majorité étaient des hommes noirs (environ 75%), environ la moitié étaient âgés de 25 à 44 ans, la moitié étaient des HARSAH et environ un quart avaient un diagnostic de stade 3 du SIDA.

Le délai de suppression virale était plus court en 2016-2019 qu'en 2012-2015 dans les trois États. Un âge plus jeune (13 à 24 ans), le sexe masculin à la naissance, une race non blanche et le fait de ne pas être HARSAH étaient associés à un délai plus long de suppression virale. De plus, la présentation d'une maladie avancée (et probablement symptomatique) au moment du diagnostic était associée à un délai plus court de suppression virale.

Cependant, le Mississippi était à la traîne des deux autres États, avec moins de 40% des personnes supprimées viralement d'ici 2019, tandis que la Louisiane et l'Alabama ont atteint une suppression virale de plus de 60% d'ici 2019. La Louisiane a vu un grand bond en avant pour les personnes diagnostiquées après 2016. Pour tous Dans trois États, le délai médian de suppression virale s'est considérablement amélioré entre 2012 et 2019 - passant d'environ 271 jours ou plus à 91-180 jours dans la plupart des domaines de santé publique. Cela indique la variation observée entre et au sein des États, la plupart des régions montrant des améliorations drastiques en réduisant le temps de suppression virale (par exemple, toutes les régions de l'Alabama) tandis que celles des zones mal desservies avec un accès inéquitable aux soins (comme dans le delta du nord-ouest du Mississippi région) a continué à prendre plus de temps pour atteindre la suppression virale.

Rana a conclu en soulignant que les tendances générales dans le temps de suppression virale montrent des améliorations dans le Sud profond, et que cela pourrait être lié aux directives universelles de test et de traitement également citées par Li. De plus, les succès de la Louisiane peuvent être liés à l'augmentation de la couverture sanitaire sous la forme de l'expansion de Medicaid en 2016 ainsi qu'à des interventions locales, telles que les programmes de TAR à démarrage rapide.

Travailler à corriger les disparités :

En ce qui concerne les interventions visant à réduire les disparités et leurs résultats négatifs associés, le Dr Kashif Iqbal du CDC a présenté les résultats du projet de démonstration de cinq ans THRIVE. Cela a permis d'augmenter le financement des juridictions comptant un grand nombre d'hommes noirs ou latinos vivant avec le VIH, en particulier pour permettre aux services de santé de développer des services communautaires complets de prévention et de soins du VIH en tandem avec les prestataires de soins de santé, de santé comportementale et de services sociaux.

Diverses activités ont été menées afin de soutenir la mise en œuvre de la PrEP, allant de l'augmentation du dépistage du VIH, au soutien des organisations communautaires pour fournir des services tels que le dépistage et le conseil PrEP, des campagnes sur les réseaux sociaux, la formation des prestataires de soins de santé et l'évaluation continue pour améliorer la qualité des services.

Iqbal et ses collègues ont analysé le nombre de nouveaux diagnostics de VIH parmi les HSH noirs et latinos âgés de 13 ans et plus entre 2014 et 2018 dans sept juridictions éligibles à THRIVE qui ont reçu un financement pour cette période (y compris Baltimore, Philadelphie, Washington DC, La Nouvelle-Orléans et d'autres). Une comparaison a été faite avec douze juridictions éligibles à THRIVE qui n'ont pas reçu ce financement (telles que Dallas, Atlanta, Orlando et autres). Depuis 2015, THRIVE a fourni des services de prévention du VIH à 9 494 HSH noirs et 3 528 HSH latinos.

En termes de nouveaux diagnostics de VIH chez les HSH noirs, il y a eu une réduction estimée de 4,2% par rapport à 2014 pour 2018 dans les juridictions financées par THRIVE, tandis que ceux qui ne reçoivent pas de financement ont vu un nombre constant de nouveaux diagnostics sans changement de pourcentage. Le projet a eu le plus grand impact dans la tranche d'âge des 25 à 34 ans.

Dans l'ensemble, pour les HSH latino-américains, il y a eu une augmentation de 1,7% dans les villes qui ne reçoivent pas de financement, comparativement à une réduction de 2,7% dans celles qui l'ont fait. Les meilleurs résultats ont été observés chez les hommes âgés de 35 à 44 ans.

Alors qu'Iqbal a conclu en avertissant que la causalité ne peut être devinée à partir de cette étude, et qu'il peut y avoir d'autres facteurs importants en jeu (tels que les taux de suppression virale au fil du temps), ce type de modèle collaboratif qui rend plus de fonds disponibles pour le ministère de la santé- les interventions menées avec des organisations communautaires sont prometteuses.

«L'objectif devrait être que chaque personne atteigne son meilleur niveau de santé et de bien-être», a conclu Hildreth à la fin de la plénière. «Pour atteindre l'équité en santé, il faut reconnaître et répondre aux besoins individuels et communautaires - on ne peut supposer que la même approche fonctionne pour tous.»

Les références :

Hildreth J et coll. Disparités en matière de santé: du VIH au COVID-19 et au-delà . Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 15, 2021.

Li J et coll. Disparités dans la réception en temps opportun de la prescription de TAR dans les soins du VIH aux États-Unis, 2012-2018. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 104, 2021.

Rana A et coll. Différences géographiques dans le temps de suppression virale dans le Grand Sud, 2012-2019. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 105, 2021.

Iqbal K et coll. Diminution des diagnostics de VIH chez les HARSAH de couleur dans les juridictions financées par THRIVE, 2014-2018. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 106, 2021.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 09 Mar 2021 - 20:21
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VIH et Covid-19 : pas tous-tes égaux-les !
Selon une projection annoncée à la Croi, d’ici 2030, un quart des personnes vivant avec le VIH aux États-Unis auront plus de 65 ans et devront faire face à plusieurs comorbidités. Nous le savons : les personnes vivant avec le VIH ne sont pas toutes égales face au virus. Il en est de même pour la Covid-19. Le genre, l’âge, l’origine sociale et ethnique et les comorbidités sont autant de facteurs qui ont une influence sur les formes sévères et la mortalité liées à la Covid-19 et sur les complications liées au vieillissement avec le VIH. C’est ce qu’ont démontré plusieurs présentations lors de cette seconde journée de la Croi 2021, en édition virtuelle.



Deux virus, mêmes inégalités :

En plénière de cette seconde journée de la Croi, le Dr James Hildreth (Nashville, États-Unis) est revenu sur les ressemblances frappantes dans les inégalités en santé pour les minorités ethniques face au VIH et à la Covid-19 aux États-Unis. Dans sa présentation, l’éminent immunologiste a rappelé qu’au tout début des années 1980, le VIH/sida était identifié comme une « maladie gay » avec tous les stigmates, l’homophobie et le déni du gouvernement républicain de l’époque (les années Reagan) qui allaient avec. En 1987, année où le président Reagan a prononcé le mot « sida » pour la première fois, il y avait 60 000 personnes infectées par le VIH aux États-Unis et on comptait déjà 28 000 morts. Entre 1985 et 1995, les diagnostics en stade sida ont augmenté de façon constante dans les communautés afro-américaines et hispaniques tandis qu’ils ont diminué chez les personnes blanches. Le dépistage trop tardif du VIH et un accès inégal à la santé peuvent expliquer cette disparité. Près de 40 ans après les premiers cas de sida identifiés (juin 1981), les minorités ethniques sont toujours touchées par le VIH de façon disproportionnée. Elles représentent aujourd’hui 55 % des nouvelles infections aux États-Unis en particulier chez les hommes gays et bisexuels noirs et latinos.

Pour la Covid-19, le déni politicien a été très similaire avec le président Trump (républicain, lui aussi) qui affirmait : « Tout est sous contrôle », au moment où le nombre de cas explosait aux États-Unis. En Chine, 70 % des personnes décédées des suites de la Covid-19 avaient une comorbidité, ce qui explique une mortalité plus élevée dans les minorités ethniques américaines où la prévalence des comorbidités est plus élevée (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, etc.), explique James Hildreth. Par ailleurs, les différences interethniques de mortalité liées à la Covid-19 sont importantes dans les États les plus pauvres des États-Unis avec, par exemple, dix fois plus de décès chez les Noirs-es comparés aux Blancs-hes dans le Michigan. « Ce n’est pas une exagération d’affirmer que la Covid-19 a été dévastatrice pour les personnes de couleur », déplore le Dr James Hildreth.

Pour lui, les facteurs clés de ces inégalités résident dans les déterminants sociaux de la santé : l’accès à l’éducation, aux soins de qualité, à un environnement de vie stable ou encore à des contacts sociaux et un statut économique. Il prend pour exemple les familles vivant dans des foyers multi générationnels avec des grands-parents qui vivent avec leurs enfants et petits-enfants dans des espaces exigus et qui sont très exposés à une forme sévère de la Covid-19 ou encore la surpopulation en prison où le taux de personnes noires et hispaniques incarcérées est largement supérieur.

L’immunologue poursuit sa présentation sur la sous-représentation des médecins noirs (5 % aujourd’hui alors que les personnes noires représentent 13 % de la population américaine) et la sous-dotation des médecins noirs dans les quartiers avec une forte densité de la communauté afro-américaine. « Il est nécessaire d’atteindre une équité dans l’accès aux soins en adaptant le système en faveur de ceux qui en ont le plus besoin », conclue le Dr James Hildreth. Ces deux épidémies doivent servir de plaidoyer pour combler le fossé entre les différentes populations afin que chacun-e puisse être traité-e en fonction de ses besoins. Pour cela, il faut une coordination entre les différentes institutions publiques.

(Mieux) vieillir avec le VIH :

Alors que l’allègement thérapeutique et les antirétroviraux (ARV) à longue durée d’action viennent révolutionner la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, se pose la question du vieillissement : quels sont les effets des traitements anti-VIH sur le long terme et comment prévenir certaines comorbidités ? C’était tout l’enjeu d’une série de présentations lors du deuxième jour de la Croi.

Les personnes vivant avec le VIH ont un risque plus élevé de perte osseuse et de fracture, en particulier après initiation des ARV où la perte de masse osseuse se situe entre 2 et 6 %, au niveau des hanches ou des vertèbres. Certaines cytokines (1) pourraient être responsables de cet effet indésirable, déclenché par les ARV. L’alendronate (2) (prescrit chez les femmes à la ménopause) pourrait empêcher l’action des cytokines. Dans l’essai, on a administré pendant 14 semaines 70 mg d’alendronate à 26 personnes en comparant avec 24 personnes qui avaient un placebo au moment où l’on initiait les ARV. Après 50 semaines, il y a eu 2,7 % de perte osseuse mesurée sur les hanches chez les personnes ayant le placebo contre un gain de 0,5 % chez celles ayant pris l’alendronate. Une petite perte osseuse a été observée au niveau des vertèbres, mais moins qu’avec le placebo. Il n y a pas eu d’effets indésirables particuliers sauf pour une seule personne. Cet essai est encourageant, mais nécessite d’être testé chez un plus grand nombre de personnes et à plus long terme.

Autre comorbidité, le risque cardiovasculaire est plus important chez les personnes vivant avec le VIH sans qu’on en comprenne totalement bien les mécanismes. Une étude a recherché des biomarqueurs de l’inflammation afin de caractériser les réponses immunitaires T pour décrire différents profils de marqueurs selon les individus. Trois profils ont été identifiés. Deux profils sont plus représentés chez les personnes vivant avec le VIH, en lien avec une présence plus marquée de plaques d’athérome (plaques graisseuses fixées sur la paroi des vaisseaux sanguins) et l’autre en lien avec la décalcification artérielle. Une autre étude a évalué si les comorbidités cardiovasculaires étaient bien diagnostiquées et prises en charge. Des index de bonne prise en charge ont été utilisés pour plusieurs comorbidités. La comparaison s’est faite sur des groupes de personnes séropositives et séronégatives. Dans ces groupes, il y a une proportion équivalente de comorbidités cardiovasculaires. En revanche, les comorbidités semblent moins bien prises en charge chez les personnes vivant avec le VIH, mais à prise en charge égales, les risques cardiovasculaires entre personnes séronégatives et séropositives semblent similaires.

Autre étude intéressante qui concerne le déclin cognitif chez les personnes vivant avec le VIH. Jusqu’à présent ce phénomène a été décrit, mais peu expliqué. Après douze ans d’observation dans différents groupes, les facteurs identifiés les plus associés au déclin cognitif sont le diabète, les maladies pulmonaires chroniques, la dépression chronique, l’utilisation de cannabis toute la vie et l’hypertension (non traitée).

Enfin, nouvelle intéressante : de nouvelles protéines plasmatiques ont été identifiées comme capables de prédire la mortalité chez les personnes vivant avec le VIH due aux comorbidités. Les chercheurs-ses ont identifié ces protéines à partir d’un groupe de personnes vieillissant avec le VIH nommé « la cohorte des vétérans ». Il est possible de développer des scores prédictifs de mortalité à partir des dosages de ces protéines.

(1) Les cytokines sont un ensemble hétérogène de protéines ou de glycoprotéines solubles. Elles jouent le rôle de signaux permettant aux cellules d'agir à distance sur d'autres cellules pour en réguler l'activité et la fonction.
(2) L'acide alendronique ou l'alendronate de sodium, vendu sous le nom de Fosamax par Merck est un bisphosphonate (nouvelle classe de médicaments de plus en plus utilisée dans le monde contre l'ostéoporose et d'autres maladies osseuses telles que la maladie de Paget).



Traçage des contacts dans la Covid-19 :

Le rôle du traçage des contacts est de casser les transmissions de Sars-CoV-2 et de retrouver les personnes en contact avec le virus dans les deux jours précédant le diagnostic, à moins de deux mètres de distance et pendant une durée de quinze minutes minimum. Les personnes doivent être certaines du diagnostic, vérifier les symptômes et les besoins globaux du cas index, mais également identifier les contacts et permettre l’isolement du cas index. Le contact tracing est facilité par la gratuité des prestations et l’informatisation des procédures ainsi que la protection des personnes qui notifient. Il faut aussi une formation sur la communication avec les personnes index. La peur de la stigmatisation est une barrière à un bon contact tracing. Pour une bonne efficacité, Il faut des moyens, y compris pour aider les personnes matériellement et psychologiquement.



Notification des partenaires pour le VIH et les IST :

Ici l’objectif est que les professionnels-les de santé aident les personnes à notifier leurs partenaires sexuels-les lors d’un diagnostic VIH et/ou IST. Des données montrent qu’une aide active est efficace, même si, au final, seuls 5 % des cas de VIH et 10 % des IST sont diagnostiqués. Dans les pays à revenus faibles, les expérimentations de notifications aux partenaires sont limitées à de petits effectifs et il est plus compliqué de passer à une plus grande échelle, mais la notification reste un outil pertinent. Elle peut notamment permettre d’orienter une personne testée séronégative au VIH vers la Prep.

https://seronet.info/article/vih-et-cov ... -les-89983

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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Mar 2021 - 01:11
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On l’attendait cette confrontation. Elle était annoncée dans le programme. Celle qui oppose et unit la lutte contre le sida et la lutte contre la COVID-19. Une confrontation hors du temps de deux pandémies de dimension et de soudaineté différentes mais de violence conjuguée. En une convergence où la dimension socio-économique est un facteur déterminant de toute pathologie émergente pandémique et potentiellement grave. Dès 10h35, heure locale, James Hildreth (Nashville, TN, USA) a très largement ouvert les hostilités et le débat avec deux diapositives qui feront figurer à la fois dans l’Histoire de la lutte contre le sida comme dans celle de la pandémie à SRAS-Cov 2 (voir figure). Les deux syndémies puisent leurs facteurs de sur-risques dans les déterminants socio-démographiques. Et l’une des pathologies peut influencer l’autre. James Hildreth a rappelé que « Le sida a été découvert en 1981. Et que le Président Ronald Reagan ne mentionna pas cette maladie publiquement jusqu’en octobre 1987 ! ». L’auteur rappelant au passage que, durant cette période de silence présidentielle, « il y a eu aux Etats-Unis 60 000 cas de sida et 28 000 décès ». En miroir de cet élément historique les déclarations tonitruantes et parfois délirantes de Donald Trump, sous-titré « Kung Flu » : « même après 5 millions de cas et des dizaines de milliers de décès Trump a encore fait sciemment de fausses déclarations sur la gravité d’une véritable crise de santé publique nationale ». L’auteur a au passage enfoncé le clou de la disparité et de l’impact des comorbidités selon les origines sociales et ethniques aux Etats-Unis. Pour ne retenir que deux points de mesure : 43% des femmes hispaniques et 56.7% des femmes afro-américaines sont obèses, quant au diabète de type II il est présent chez 13.2% des afro-américains, 12.8% des hispaniques, 9% des asiatiques et 7.6% des blancs…

Fort de cette introduction sociale et sanitaire, le symposium 04 drivé par un binôme de talent, Francois Dabis (Bordeaux) et Wafaa M. El-Sadr (Columbia university) a tenté de dresser l’impact réciproque du VIH et de la COVID sans qu’on puisse d’ailleurs précisément trancher sur ces interactions réciproques. Sauf sur un point, l’impact de la COVID sera désastreux pour la lutte contre le VIH à l’échelle mondiale. Comme l’a rappelé Andrew Kandugu (# 32 ; Kampala Ouganda) les modélisations prévoient +10% de décès sur 5 ans à l’échelle mondiale liés au VIH comparé au scénario sans COVID. Premier facteur de risques de cette mortalité et de morbidité accrue : l’interruption de traitement ARV. De la thérapeutique à la prévention. Dans le même mouvement Helen Bygrave ( #31, IAS, Londres) a montré comment la couverture vaccinale des enfants sous le poids du COVID laisserait 80 millions d’enfants à risque sans vaccin contre diphtérie, tétanos, polio mais aussi – en cette journée internationale de la femme - 1.5 million de femmes subissant des avortements clandestins faute d’accès aux soins, 900 000 grossesses non désirées et 3 100 décès maternelles supplémentaires… Des chiffres à passer probablement dans les émissions de télé continue à contenu complotiste qui ne cessent de distiller des messages prétendument « rassuristes » dans une vision égocentrée et hexagonale dont il serait temps après un an de pandémie COVID de sortir.

L’incertitude a plané autour de deux intervenantes, Helen Bygrave (#33) et Julia del Amo (# 31 ; Ministère de la Santé, Madrid) sur les interrelations entre VIH et SRAS-Cov-2 sous nos latitudes. Cette dernière s’est même avérée assez péremptoire dans son questions/réponses de conclusions :

Les PVVIH sont-ils plus à risque de subir le dépistage du SRAS-CoV-2 ?

Oui, à condition que l'accès soit égal.

Les PVVIH sont-ils plus à risque d'infection par le SRAS-CoV-2 ?

Ils sont dans la plupart des analyses non ajustées, aucune preuve d'effet indépendant une fois ajusté sur les caractéristiques socio-économiques

Les PVVIH sont-ils plus à risque de résultats sévères du COVID-19 ?

Il s’agit dans la plupart des cas d’analyses non ajustées, mais plus de preuves sont nécessaires pour identifier un effet indépendant non médié par le diabète, l'hypertension et d'autres comorbidités.

La question de ces interrelations VIH/SARS-CoV-2 peut néanmoins être éclairée d’autres données récentes telle que l’étude du groupe Epipharm (ANSM/CNAM). Entre février et juin 2020 l’analyse d’une base de données de la caisse d’assurance maladie (CNAM) de 146 204 personnes vivant avec le VIH a vu sur cette période 575 hospitalisations et 64 décès liés à la COVID. Pour l’hospitalisation, avec ajustement sur l’âge et le sexe, le risque relative est de 2.74 pour une PVIH [2.53-2.98] … Et après ajustements sur les autres variables individuelles disponibles on est encore avec des ratios à 1.88 [1.73-2.04]. Pour les seules personnes vivant avec le VIH de moins de 80 ans : 1.87 [1.72-2.04]. Pour les décès, les chiffres sont respectivement de 2.7 [2.11-3.46] et 1.93 [1.5-2.4]. Certes c’est sur peu de cas mais le sur-risque est clairement significatif. A méditer à l’heure où la politique vaccinale française n’a de cesse de patiner, de louvoyer, de s’adapter à l’opinion publique sans que l’on voit malgré les démarches pro-actives du TrT-5 et de la SFLS** poindre la moindre priorisation vaccinale pour les personnes vivant avec le VIH.

Gilles Pialoux


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Implants d’islatravir : bientôt une protection annuelle ?
D’après Matthews RP et al. Abstract 88LB, actualisé

La prophylaxie pré-exposition (PrEP) par antirétroviraux a démontré son efficacité pour réduire les nouvelles infections par le VIH, bien que l'efficacité soit étroitement liée à une bonne observance, en particulier chez les femmes. L'islatravir (MK-8591) est un inhibiteur de la translocation de la transcriptase inverse des nucléosides, très puissant et à longue demi-vie, actuellement en développement pour la PrEP sous forme de comprimé oral mensuel. Par ailleurs, des prototypes d'implants d'islatravir (contenant uniquement un polymère et de l'islatravir) ont démontré le potentiel d'une administration annuelle pour la PrEP. Des implants radio-opaques à élution d'islatravir de nouvelle génération ont fait l'objet d'études précliniques pour établir la tolérance générale et évaluer la pharmacocinétique (PK) de l'islatravir parent et de l'islatravir-TP (triphosphate) actif. Ces données, ainsi que celles d'une étude de provocation par le SIV et d'essais de phase 1 antérieurs, ont servi de base pour établir une concentration seuil d'islatravir-TP de 0,05 pmol/million de cellules dans les PBMC. Dans cet essai multicentrique de phase 1 en double aveugle contrôlé par placebo, un seul implant à élution d'islatravir (48 mg, 52 mg ou 56 mg) ou placebo a été placé chez des participants à faible risque d'infection par le VIH pendant 12 semaines. La sécurité et la tolérance, ainsi que la pharmacocinétique du parent islatravir et de l'islatravir-TP du plasma et des PBMC, ont été recueillies tout au long du placement et pendant 8 semaines après le retrait. Les résultats montrent que ces implants ont été généralement bien tolérés et il n'y a pas eu de différence nette en fonction de la dose dans les effets indésirables liés aux implants. Les taux d'islatravir-TP actif étaient supérieurs à la cible pour les implants tout au long de leur mise en place avec les deux dosages les plus élevés (figure).



Les données de cet essai et des évaluations in vitro des implants ISL suggèrent que des implants contenant une dose ≥ 52 mg permettraient d'atteindre des concentrations moyennes ISL-TP supérieures au seuil PK à 52 semaines. En conclusion, ces implants de nouvelle génération à élution d'islatravir permettent une libération de médicament qui devrait être suffisante pour la prophylaxie du VIH pendant au moins un an. Ils semblent être bien tolérés, et les résultats de cet essai permettront de poursuivre l'étude de ces implants dans le cadre d'un essai de phase 2. A quand une « vaccination » annuelle pour la PrEP … Tout en sachant qu’il faudra assurer l’observance annuelle pour un changement à an et entre temps l’offre global de santé sexuelle (vaccinations, dépistage et traitement des IST, prise ne charge des addictions...) qui à notre connaissance ne sont pas inclus dans le dispositif préventif sous cutané.

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Efficacité virologique maintenue à S96 par un traitement intermittent 4 jours sur 7 (Essai Quatuor, ANRS-170)
D’après Landman R et al. Abstract 419, actualisé

Pour rappel, l’essai de phase III ouvert, multicentrique, prospectif, randomisé (ANRS 170 QUATUOR) comparait chez des patients bien contrôlés virologiquement depuis au moins 12 mois sous un traitement comprenant un InSTI, un INNTI, ou un IP, un traitement intermittent par trithérapie 4 jours sur 7 par rapport à un traitement continu par trithérapie. La non-infériorité d’une trithérapie 4/7 jours vs une trithérapie de 7/7 jours chez 636 patients a été démontré à S48 avec une efficacité respective de 95,6% vs 97,2%. D’autre part, il n’y avait aucune différence significative entre les 2 bras sur l’évolution de l’ADN total du VIH, de la virémie résiduelle plasmatique et de l’ARN viral dans le sperme entre J0 et S48.

Pour rappel, l’essai de phase III ouvert, multicentrique, prospectif, randomisé (ANRS 170 QUATUOR) comparait chez des patients bien contrôlés virologiquement depuis au moins 12 mois sous un traitement comprenant un InSTI, un INNTI, ou un IP, un traitement intermittent par trithérapie 4 jours sur 7 par rapport à un traitement continu par trithérapie. La non-infériorité d’une trithérapie 4/7 jours vs une trithérapie de 7/7 jours chez 636 patients a été démontré à S48 avec une efficacité respective de 95,6% vs 97,2%. D’autre part, il n’y avait aucune différence significative entre les 2 bras sur l’évolution de l’ADN total du VIH, de la virémie résiduelle plasmatique et de l’ARN viral dans le sperme entre J0 et S48.



A S48, les patients du bras « traitement continu » recevaient la stratégie du traitement intermittent 4 jours sur 7. L’analyse présentée porte sur la proportion de patients avec un maintien du succès virologique à S96 sous la stratégie du traitement intermittent depuis J0 (n=318) ou depuis S48 (n= 303). Les 621 patients étaient traités par InSTI pour 48,3%, par INNTI pour 46,1% et par IP pour 5,6%).

A S96, sous la stratégie 4 jours sur 7, le succès thérapeutique était de 92,7 % [IC à 95 % IC 90,2-95,2]. Le taux d’échec virologique (défini par 2 CV consécutives ≥50 copies/mL) était de 4,2 % [2,2-6,2] globalement, de 5,3% [1,9-8,6] sous INNTI et de 2,4% [0,6-4,1] sous InSTI.



Sur les 318 pts en 4 jours sur 7 depuis J0, il y a eu 6 échecs virologiques avant S48 et 13 échecs virologiques après S48. Sur les 19 échecs virologiques, la sélection de mutations de résistance était observée chez 7 patients en échec avec une résistance au 3TC/FTC isolée chez 2 patients, une résistance au 3TC/FTC associée à une résistance aux INNTI chez 3 patients, une résistance au 3TC/FTC associée à une résistance aux InSTI (raltégravir) chez 1 patient, une résistance aux INTI et aux INNTI chez 1 patient (cf Tableau).



Sous la stratégie de 4/7 jours, aucun événement indésirable n’a été observé, ni de variation biologique délétère notamment dans le niveau des marqueurs pro-inflammatoires. Entre J0 et S96 Il y avait une évolution favorable de la clairance glomérulaire avec un gain de plus de 4 ml/min (IQR -2;+6) en DFGe, p<0,001)

En conclusion, l’efficacité virologique de la stratégie de 4/7 jours a été maintenue jusqu’à S96 avec un faible taux d’échec virologique notamment sous inhibiteur d’intégrase et représente une réelle alternative thérapeutique dans les stratégies de maintenance.

Étude nadia : DTG/DRV/R + INIT en deuxième ligne
D’après Paton N et al., abstr. 94LB, actualisé













Multimorbidité chez les PVVIH sous ART aux USA : projections d'ici 2030
D’après Kasaie P et al. Abstract 102, actualisé

Cette étude “ProjEcting Age, MultimoRbidity, and PoLypharmacy (PEARL)” est

une simulation basée sur les comorbidités observées chez les PVVIH recevant des ART aux États-Unis (2009–2030). PEARL évalue 9 comorbidités mentales ou physiques majeures, y compris la dépression et l'anxiété, l'hypertension traitée, le diabète, l'hyperlipidémie, la maladie rénale chronique (MRC), le cancer, l'infarctus du myocarde (IM) et la maladie du foie en phase évoluée (ESLD). Ceux-ci sont modélisés en présence/absence de trois facteurs de risque sous-jacents, dont le tabagisme, l'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) et la variation de l'indice de masse corporelle (IMC) 2 ans après la mise sous ART. L'incidence à venir de la comorbidité est estimée au niveau individuel à partir de la North American AIDS Cohort Collaboration on Research and Design (NA-ACCORD).

L’objectif était de projeter le poids de la multimorbidité (>2 comorbidités physiques) parmi 15 populations clés aux États-Unis définies par la race/l'origine ethnique (blanche, noire et hispanique), le sexe (homme, femme) et le groupe à risque d'acquisition (HSH, usagers de drogues injectables [UDI] et hétérosexuels) jusqu'en 2030.

Accompagnant une augmentation de l'âge médian des PVVIH (50 à 53 ans) avec 25% de patients de plus de 65 ans sous ART, la prévalence projetée de la multimorbidité va augmenter de 2020 à 2030 essentiellement chez les plus de 50 ans et parmi les 15 populations clés (figure).



Cela touche particulièrement les plus de 75 ans avec 58% de multimorbidité en 2020 versus 69% en 2030. Ces données montrent une augmentation attendue de la prévalence de l’anxiété, de la maladie rénale chronique, de la dépression, du diabète et de l’infarctus du myocarde, augmentation prévue de la prévalence des dyslipidémies et de l’hypertension, une augmentation prévue du cancer chez les patients de sexe masculin usagers de drogues. La population avec au moins 2 comorbidités en plus du VIH passent de 30% en 2020 à 36% en 2030.

Les disparités raciales s’aggravent avec le temps, sous le poids des multimorbidités chez les femmes noires UDI et les HSH hispaniques en 2030. Les femmes hétérosexuelles hispaniques ont quant à elles connu la plus forte augmentation du poids de la multimorbidité tandis celui-ci a légèrement diminué chez les hommes hétérosexuels blancs et noirs.

La prévalence de la multimorbidité chez les PVVIH devrait augmenter au cours de la prochaine décennie. Les comorbidités les plus fréquentes, en particulier l'anxiété, la dépression, l'hypertension, l'IRC et le diabète, diffèrent selon la race / l'origine ethnique, le sexe et la catégorie de transmission

Accès au génotypage de résistance chez les patients en échec virologique de 1ère ligne en Afrique du Sud
D’après Siedner M et al. Abstract 95, actualisé

Le génotypage de résistance aux ARV très largement utilisé dans les pays du nord, à ressources élevées est recommandé lors d’un échec virologique pour guider le choix du traitement anti-rétroviral. Dans les pays du Sud, en l’absence de génotypage, l’efficacité thérapeutique se base au mieux sur le suivi de la charge virale et le renforcement de l’adhérence. L’essai REVAMP, randomisé, consiste de façon pragmatique à analyser l’efficacité et le coût bénéfice du test de résistance lors d’un échec virologique de première ligne de traitement en comparant un groupe avec le suivi standard (charge virale) (n=423) et un groupe avec le test de résistance (n=417)(figure 1).



Cinq centres (Ouganda et Afrique du sud) ont inclus 840 patients, en première ligne de traitement, avec une charge virale supérieure à 1000 cp/ml sur les 3 derniers mois, sans exposition à la classe des IP et sans résistance connue. Le critère primaire d’évaluation était l’obtention d’une CV inférieure à 200 cp/ml à 9 mois après l’inclusion dans l’étude. Les critères secondaires étaient la suppression virologique en dessous du seuil de détection, le contrôle virologique malgré la poursuite de la première ligne de traitement, le maintien dans le système de soin, la mortalité et la sélection de résistance à la fin de l’étude. L’âge médian était de 37 ans, Le taux de CD4 de 300/mm3. La durée médiane de traitement était de 3 ans avec 75% de patients sous TDF/3TC ou FTC/EFV. Il n’y avait pas de différence entre les 2 groupes sur la proportion de patients avec une CV à moins de 200 cp/ml à 9 mois 61% vs 63%, OR 1.11, 95%CI 0.83-1.49, P=0.46, ni sur la proportion de patients avec une CV en dessous du seuil de détection, ni sur le contrôle virologique malgré la poursuite de la première ligne de traitement (figure 2).



En revanche, à 9 mois de l’inclusion, les patients toujours en échec virologique du groupe standard présentaient plus de résistance que ceux bénéficiant d’un génotypage de résistance (figure 3).



Il n’y avait pas de différence sur la mortalité ou sur le maintien dans le système de soin.

Ce résultat peut s’expliquer par la durée courte d’observation suite au test de résistance au cours d’une première ligne de traitement. L’enjeu est de changer rapidement les patients en échec virologique d’EFV vers le DTG, la charge virale suffisant à cette décision.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Mar 2021 - 02:56
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Études SWORD-1 et 2 : pas d’augmentation des marqueurs de l’inflammation ou d’athérosclérose après switch pour 2DR
D’après Llibre J et al. Abstract 489, actualisé

Pour rappel, les études SWORD -1 et 2 sont des études de switch ayant évalué l’efficacité de la bithérapie DTG + RPV, comparativement à la poursuite d’une tri ou d’une quadrithérapie (CAR). 1024 patients ont été inclus dans SWORD (513 dans le bras « bithérapie » et 511 dans le bras « trithérapie »), avec un taux de succès virologique (CV <50 copies/ml) de 95 % dans les deux groupes en ITT, et moins de 1 % d’échec virologique dans les deux bras à S48 Cette analyse complémentaire présentée à la CROI s’est intéressée à l’évolution de différents biomarqueurs de l’inflammation et de l’athérosclérose entre l’inclusion et S48 pour DTG + RPV vs CAR, puis de façon non-comparative pour DTG + RPV post-switch jusqu’à S148. Ils ont distingué ainsi deux groupes : switch précoce – ES (DTG + RPV dès l’inclusion) ou switch retardé – LS (patients en succès du bras CAR à S48 switchés pour DTG + RPV à S52). Les résultats sur l’inflammation montrent une augmentation significative (p< 0,0001) du CD14 soluble entre l’inclusion et S48 dans le groupe CAR vs DTG + RPV (figure 1). Pas de variation significative de la CRP entre l’inclusion et S48 dans les groupes ES et LS.



Une augmentation du CD14 soluble a été observée dans le groupe ES à S48 et S100 et une diminution dans le groupe LS à S100 mais, dans les deux groupes, une diminution significative (p< 0,0001) du CD14 soluble a été constatée à S148. L’évolution des taux d’IL-6 et de CD163 soluble est comparable dans les groupes ES et LS, avec une augmentation significative (p< 0,001) du CD163 soluble à S148 dans les deux groupes (figure 2).



Concernant les marqueurs de l’athérosclérose, des diminutions prolongées et significatives (p< 0,001) post-switch ont été observées pour les taux de FABP-2 (fatty acid binding protein-2) et VCAM-1 soluble pour les groupes ES et LS, excepté une réduction non significative du VCAM-1 soluble dans le groupe ES à S48. Une augmentation significative du taux de D-dimères a été observée entre l’inclusion et S148 (p< 0,001) a été constatée pour les deux groupes ES et LS dans les deux études SWORD-1 et -2 (figure 3).



En conclusion, cette analyse ne montre pas d’augmentation post-switch des marqueurs de l’inflammation ou de l’athérosclérose, excepté une diminution à S48 du CD14 soluble en faveur de DTG+RPV et des réductions de FABP-2 et du VCAM-1 soluble en post-switch.

PVVIH et/ou greffés d’organes solides : quel risque d’hospitalisation lié au Covid-19 ?
D’après Sun J et al. Abstract 103, actualisé

Le but de cette étude est de comparer les patients infectés par le VIH (PVVIH) aux patients transplantés d'organes solides (TOS) sur le risque d'hospitalisation lié au Covid-19 avec 2 hypothèses : l'immunodépression pourrait réduire le contrôle de la virémie mais pourrait aussi atténuer les réponses immunitaires sévères au virus.

Les patients inclus devaient avoir > 18 ans avec une infection à Sars-Cov2 prouvée entre 1/1/2020 et 6/2/2021. En utilisant des données des patients provenant de 39 sites de la US National COVID Cohort Collaborative (N3C), les auteurs ont comparé le risque d'hospitalisation lié au COVID-19 dans 4 groupes de patients : PVVIH-/TOS-, PVVIH+, TOS+, PVVIH+/TOS+. La COVID-19 + a été défini par RT-PCR (99%) ou test antigéniques. L'infection par le VIH, la TOS et les comorbidités ont été définis par des codes de diagnostic dans les 2 ans précédant la COVID-19 +. Les odds ratios d'hospitalisation ont été estimés à l'aide de modèles de régression logistique multivariée ajustant les données démographiques, le site d'étude et les comorbidités (hépatopathie sévère, diabète, cancer, maladie rénale et comorbidités totales).

Les caractéristiques des patients sont les suivantes :



Dans les analyses brutes avec VIH- / TOS- comme groupe de référence (tableau), les résultats sont détaillés si dessous.



Après ajustement pour les données démographiques, les comorbidités et le site, le risque a été atténué mais est resté statistiquement significatif.

Par rapport aux patient PVVIH-/TOS-, les PVVIH+, les TOS+, et les PVVIH+/TOS+ ont un risque majoré d'hospitalisation de respectivement 21%, 55% et 67%. Les PVVIH aux antécédents cardio-pulmonaires et rénaux ont un risque d'hospitalisation majoré. La probabilité de survie après hospitalisation est représentée dans la figure suivante.



Les PVVIH+/TOS+ sont plus susceptibles d'être hospitalisés avec COVID-19 indépendamment de la démographie. Cependant, ce risque accru d'hospitalisation était principalement attribuable au fardeau élevé des comorbidités dans les deux groupes.

Seuls les patients TOS avaient un risque d'hospitalisation indépendant après ajustement pour les comorbidités.

Rifapentine +/- moxifloxacine pour traiter la tuberculose des PVVIH
D’après Petit A et al. Abstract 130, actualisé

Les régimes avec la rifapentine (RPT) et la moxifloxacine (MOX) ont une puissante activité antimicrobienne qui peut permettre de raccourcir le traitement de la tuberculose pulmonaire (TB) sensible aux médicaments.

Le TB Trials Consortium Study 31/ACTG A5349 est un essai international, randomisé, ouvert, de phase 3 de non-infériorité comparant deux schémas RPT de 4 mois avec le schéma standard de 6 mois (marge de non-infériorité 6,6%) de traitement de la tuberculose pulmonaire. Un régime de 4 mois a remplacé la rifampicine par RPT 1200 mg (régime RPT); l'autre a remplacé la rifampicine par RPT 1200 mg et l'éthambutol par MOX 400 mg (régime RPT-MOX).



Les critères d'évaluation principaux étaient la survie sans tuberculose 12 mois après la randomisation pour l'efficacité et les événements indésirables graves (EI) de grade 3 ou plus liés au traitement. La randomisation a été stratifiée en fonction de la tuberculose (cavitaire ou on) et du statut VIH. Les patients VIH devaient avoir des CD4>100/mm3 et un traitement à base d’efavirenz uniquement.

2343 participants de 13 pays d'Afrique subsaharienne, d'Asie et des Amériques ont été inclus dont 194 PVVIH (71 dans le bras standard et dans le bras RPT et 72 dans le bras RPT-MOX). Leurs caractéristiques sont les suivantes :




L’efficacité a été évalué selon 3 méthodes d’analyse :

- Microbiologiquement éligible (primaire): participants dont la culture est confirmée sensible

- Évaluable (primaire) : éligible sur le plan microbiologique, à l'exclusion des perdus de vue avec leur dernière culture négative, arrêt du traitement pour grossesse, décès après la fin du traitement antituberculeux ou suite à la violence/accident sous traitement antituberculeux ou réinfection

- Per protocole 95 (secondaire) : participants évaluables qui ont terminé au moins 95% du traitement assigné :



Dans l'ensemble, l'efficacité du régime RPT-MOX était non inférieure au contrôle après ajustement pour le statut VIH et la cavitation dans les populations microbiologiquement éligibles et évaluables. Les résultats détaillés sont les suivant :



Moins d'EI sévères ou graves ont été signalés dans les schémas expérimentaux que dans le schéma standard et les effets secondaires sont plus fréquents chez les patients infectés par le VIH.

Chez les participants séropositifs, l'efficacité du bras rifapentine-moxifloxacine à 4 mois est non inférieure à celle du bras témoin à 6 mois. Le bras rifapentine à 4 mois ne répondait pas aux critères de non-infériorité d'efficacité. Le régime Rifapentine-Moxifloxacine représente une étape importante dans la recherche de schémas thérapeutiques plus courts contre la tuberculose pour les PVVIH.

Comment accompagner les PVVIH âgés en période de pandémie COVID-19 …
D’après Berko J et al. Abstract 110 actualisé

Les « séniors » (ici ≥ 50 ans) vivant avec le VIH (PVVIH) peuvent connaître des niveaux élevés de dépression, d'anxiété et de solitude. L'objectif de cet essai contrôlé randomisé était de déterminer l'efficacité d’une intervention psychologique en ligne (de type « pleine conscience ») sur l’amélioration des sentiments de dépression, d'anxiété et de solitude chez des PVVIH « âgés ». L'étude a été réalisée entre mai et août 2020. Les personnes déclarant un sentiment de solitude étaient éligibles pour y participer. Les critères d’évaluation étaient les suivants : dépression, mesurée à l'aide de l'échelle de dépression du Center for Epidemiologic Studies (CES-D-10), anxiété mesurée à l'aide du trouble d'anxiété généralisée (GAD-7) et la solitude mesurée à l'aide de l'échelle de solitude à trois éléments (3IL) et d'un journal quotidien qui demandait "A quel point vous sentez-vous seul aujourd'hui » ? Sur les 214 participants randomisés, l'âge moyen (ET) était de 60,4 (5,9) ans, 89% étaient de sexe masculin, 69% étaient caucasiens et 74% gays ou lesbiennes. À la fin de la période d’'intervention de 25 jours, le groupe d'intervention a montré des niveaux réduits de dépression (amélioration de 2,6 points ; p<0,01), et des niveaux réduits d'anxiété (amélioration de 1,5 point ; p=0,03) par rapport au groupe de contrôle (tableau).



Parmi le sous-ensemble de participants présentant des scores de dépression élevés au départ (CES-D-10 ≥ huit), l'amélioration des scores de dépression entre les groupes était plus importante (4,2 points d'amélioration ; p<0,01). De même, parmi le sous-ensemble de participants ayant des scores d'anxiété élevés au départ (GAD-7 ≥ 5), l'amélioration des scores d'anxiété entre les groupes était également plus importante (amélioration de 2,4 points ; p<0,01). La solitude s'est améliorée de manière significative, comme l'indique l'agenda quotidien, pour ceux dont la solitude était au moins modérée au départ (amélioration de 0,7 point ; p<0,01).

Cet essai contrôlé randomisé est le premier à montrer qu'une intervention psychologique en ligne sur la pleine conscience améliore les résultats en matière de santé mentale chez les personnes qui déclarent souffrir d'un certain degré de solitude. Pour de nombreux patients, ce type d’intervention peut offrir un soulagement émotionnel, notamment en ce qui concerne la dépression et l'anxiété, en particulier face à la pandémie de COVID-19.

L’analyse en NGS confirme la très faible sélection de résistance dans l’essai PrEP DISCOVER
D’après Cox S et al. Abstract 428, actualisé

Pour rappel, l’essai DISCOVER, randomisé, en double aveugle a évalué l’efficacité de la PrEP par TAF/FTC ou par TDF/FTC en une prise quotidienne. Sur les 5335 participants randomisées, 27 (0,5%) ont présenté une infection au cours du suivi jusqu’à S144 : 11 dans le bras TAF/FTC et 16 dans le bras TDF/FTC. L’infection était diagnostiquée à l’inclusion pour 5 d’entre eux dont 4 dans le bras TDF/FTC. La mutation M184V était détectée par séquençage classique chez ces 4 participants associée à la M184I pour 2 d’entre eux. L’analyse par NGS a pu être réalisée chez 25 des 27 participants infectés. Pour les 4 participants du bras TDF/FTC, l’analyse NGS montrait la présence de la M184I et de la M184V, la M184I étant minoritaire chez 2 participants (6% et 10%). Dans le bras TAF/FTC, la M184V était détectée à 2% en NGS. D’autre part, une résistance transmise était mise en évidence chez 10 participants infectés avec des mutations de résistance aux INI (T66A, E92G, Y143C, Q148R, N155H), des mutations de résistance aux INNTI (V90I, V106I, K103N, Y188L) et une mutation de résistance aux IP (M46I). Sur les 13 participants avec une résistance, 10 montraient un contrôle virologique et 3 étaient perdus de vue.


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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Mar 2021 - 03:34
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Les tests de résistance n'améliorent pas la suppression virale après un échec de première ligne en Afrique du Sud et en Ouganda



Les tests de résistance pour déclencher le passage à un schéma thérapeutique de deuxième intention contre le VIH n'ont pas amélioré la suppression virologique neuf mois plus tard dans une vaste étude randomisée réalisée en Afrique du Sud et en Ouganda, a rapporté le Dr Mark Siedner du Massachusetts General Hospital à la conférence virtuelle 2021 sur les rétrovirus et Infections opportunistes (CROI) lundi.

Les résultats de l'étude suggèrent que la mise en œuvre de tests de résistance dans des contextes à ressources limitées au sein des algorithmes actuels pour passer au traitement de deuxième ligne est peu susceptible d'améliorer la suppression virale et qu'un accent continu sur le test de la charge virale et l'intensification de l'observance reste essentiel dans la gestion du traitement de première ligne. échec.

Dans les pays à ressources limitées, les décisions sur le moment de passer d'un régime de première intention défaillant sont prises à l'aide des résultats des tests de charge virale. Un changement de traitement est recommandé si la charge virale reste au-dessus de 1000 copies / ml lors d'un deuxième test de charge virale après un conseil d'observance. Mais des périodes prolongées de charge virale non supprimée peuvent conduire à une résistance aux médicaments, même lorsque la charge virale reste inférieure à 1000 copies / ml.

Les tests de résistance peuvent être utilisés pour rechercher des mutations de résistance aux médicaments. En cas de résistance aux médicaments, un algorithme peut prédire quels médicaments sont susceptibles d'être actifs contre le VIH d'une personne.

Alors que les tests de résistance sont couramment utilisés de cette manière dans les contextes à revenu élevé, le coût et la logistique de la réalisation de tests de résistance génotypique qui recherchent des mutations de résistance aux médicaments spécifiques signifient que l'utilisation de ces tests est limitée aux études de recherche dans les pays à faible revenu. Mais à mesure que le coût des tests de résistance diminue, les tests peuvent être un moyen rentable de s'assurer que les médicaments coûteux de deuxième ligne sont utilisés efficacement.

Un test de résistance qui ne montre aucune mutation de résistance aux médicaments peut également être une incitation utile pour intensifier le conseil d'observance, montrant que l'amélioration de l'observance peut conduire à la suppression virale et à la préservation du traitement de première intention.

Siedner a déclaré que ces utilisations des tests de résistance ont conduit les enquêteurs à se demander: «Pourquoi ne pas passer à un test de résistance immédiat et basculer sur la base de ce résultat?» Ils ont conçu une étude pour déterminer si la réalisation de tests de résistance dans le cadre actuel des lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé pour passer au traitement de deuxième intention a abouti à de meilleurs résultats.

REVAMP était une étude randomisée des tests de résistance ou de la prise en charge standard chez les personnes sous traitement de première intention en échec avec une charge virale supérieure à 1000 copies / ml. L'étude a été menée en Afrique du Sud et en Ouganda, recrutant 840 personnes sans résistance aux médicaments préalablement documentée.

Les participants ont été randomisés soit pour subir un test de résistance au départ, avec une décision ultérieure sur l'opportunité de changer de traitement faite par le personnel formé de la clinique un à deux mois après l'inscription, ou pour recevoir une gestion standard du conseil d'observance, suivie d'un test de charge virale deux à trois. mois plus tard pour déterminer si la charge virale est restée supérieure à 1000 copies / ml. Les personnes dont la charge virale était supérieure à 1 000 copies / ml après le deuxième test de charge virale étaient passées au traitement de deuxième ligne, tandis que celles dont la charge virale était inférieure à ce niveau continuaient le traitement de première ligne.

Les participants étaient passés à l'atazanavir / ritonavir ou au lopinavir / ritonavir et à deux INTI, soit en recyclant le ténofovir et la lamivudine, soit en passant du ténofovir à la zidovudine.

La population de l'étude était uniformément équilibrée selon le sexe, avait un âge médian de 37 ans et avait suivi un traitement antirétroviral pendant une médiane de trois ans, dans la plupart des cas un régime à base d'éfavirenz (75% dans le bras de soins standard et 71 % dans le bras de test de résistance).

Le principal résultat de l'étude était la proportion de participants dans chaque bras avec une charge virale inférieure à 200 copies / ml neuf mois après la randomisation. L'étude n'a trouvé aucune différence significative dans ce résultat entre les bras de l'étude: 61% dans le bras de soins standard et 63% dans le bras de test de résistance avaient une charge virale inférieure à 200 copies / ml.

Il n'y avait pas non plus de différence dans les proportions avec une charge virale inférieure à 50 copies / ml, ni dans la proportion ayant obtenu une suppression virale avec leur régime de première ligne existant.

L'analyse des sous-groupes n'a révélé aucune différence significative dans le résultat principal selon le pays, l'observance de base, le sexe ou le nombre de CD4 de base.

Cependant, la prise en charge standard s'est traduite par une fréquence plus élevée de résistance aux médicaments chez les personnes dont la charge virale était supérieure à 1000 copies / ml au mois 9. Soixante-quinze pour cent de celles du bras de gestion standard avec une charge virale supérieure au seuil de commutation potentiel de 1000 copies / ml présentaient une résistance aux médicaments, contre 56% dans le bras test de résistance.

Après le conseil d'observance, 38% des patients du bras standard de soins dont la charge virale de recrutement était supérieure à 1000 copies / ml ont eu un deuxième résultat de charge virale inférieur à 1000 copies / ml et sont restés sous leur régime actuel. Cinquante-cinq pour cent avaient encore une charge virale supérieure à 1 000 copies / ml et il était recommandé de changer.

Dans le bras des tests de résistance, 66% avaient une résistance au départ et il a été recommandé de changer de régime.

Les chercheurs de l'étude ont conclu que les tests de résistance n'amélioraient pas le taux de suppression à 9 mois dans cette étude et que des interventions visant à améliorer la gestion de l'échec virologique sont toujours nécessaires de toute urgence.

Les références :

Siedner M et coll. Essai randomisé de tests de résistance pour l'échec virologique en Afrique subsaharienne. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, résumé 95, 2021.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Mar 2021 - 03:39
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Une dose unique de vaccin à ARNm peut suffire pour les personnes expérimentées avec COVID-19


Avec l'introduction de nombreux vaccins, y compris l'adénovirus à injection unique de Janssen, de nombreuses discussions ont porté sur la question de savoir si ceux qui avaient déjà eu une infection par COVID-19 ont besoin des deux doses de vaccins à ARNm. Comprendre pleinement cette question est une priorité de santé publique, car davantage de doses pourraient être distribuées à d'autres si certains ne nécessitent qu'une seule dose.

Une étude récente menée par des chercheurs de l'équipe d'étude de NYU sur les maladies infectieuses ayant une importance pour la santé publique (IDPHI) a cherché à mesurer les réponses immunitaires avant et après le vaccin à ARNm chez des personnes avec ou sans antécédents de COVID-19. Les données ont été présentées lors des sessions virtuelles de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) 2021 .

Les enquêteurs à l'origine de l'étude ont collecté des échantillons provenant de participants avant et 6 à 14 jours après les deux doses. Les tests humoraux comprenaient un test d'immunosorbant lié à une enzyme Ig spécifique à la S1 (ELISA), ainsi qu'un test de microneutralisation de virus vivants (MN) par rapport à la souche originale SARS-CoV-2 USA-WA1 / 2020. Les tests ELISpot (enzyme-linked immunospot) et l'analyse spectrale de 36 couleurs par cytométrie en flux ont évalué les réponses des lymphocytes B et T.

L'étude a inclus 33 participants dont 32 ont reçu le vaccin Pfizer BioNTech et 1 a reçu le vaccin Moderna. 14 des participants avaient des antécédents de COVID-19 et 19 étaient naïfs de SRAS-CoV-2.

Les résultats de l'étude ont montré que les IgG / A / M ASC spécifiques de S1 étaient facilement détectés par ELISpot 6 à 14 jours après la première dose et étaient plus élevés chez les personnes ayant des antécédents de COVID-19. Cependant, après la dose 2, l'inverse a été observé. Des IgG spécifiques de S1 étaient présentes au départ chez les sujets expérimentés, ont atteint un pic 6 à 14 jours après la dose 1, et aucun rappel n'a été observé après la dose 2. Chez les participants naïfs, les IgG spécifiques de S1 n'étaient pas présentes à 14, plus élevée au jour 21, et a été augmentée par la deuxième dose.

Des résultats supplémentaires ont montré que 6 à 14 jours après la dose 2, les sujets expérimentés et naïfs avaient des titres d'IgG spécifiques de S1 similaires.

«Les personnes ayant des antécédents d'infection par le SRAS-CoV-2 qui ont reçu une dose unique de vaccin à ARNm ont produit des titres d'anticorps de liaison et de neutralisation à 6-14 jours qui étaient similaires ou supérieurs à ceux des personnes naïves au SRAS-CoV-2 qui avait reçu 2 doses », ont écrit les auteurs. «Leurs titres n'ont pas été augmentés par une deuxième dose. Ces résultats soutiennent l'hypothèse selon laquelle les personnes expérimentées par le SRAS-CoV-2 pourraient ne nécessiter qu'une seule dose de vaccin à ARNm.

https://www.contagionlive.com/view/sing ... ced-people

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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Mar 2021 - 03:47
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Les données de Johns Hopkins suggèrent que les hommes sont hospitalisés plus fréquemment en raison d'une infection et font face à des issues plus graves.

COVID-19
Les femmes atteintes d'une infection par le SRAS-CoV-2 sont moins susceptibles d'être admises à l'hôpital que les hommes et, lorsqu'elles sont admises, elles présentent des paramètres moyens inférieurs de charge respiratoire et inflammatoire dus au COVID-19, selon une nouvelle recherche.

Dans les données présentées lors des sessions virtuelles de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) 2021 cette semaine, une équipe d'enquêteurs de l'Université Johns Hopkins a signalé des différences discernables dans le COVID-19 sévère chez les hommes et les femmes, et à des âges variés.

Les résultats pourraient indiquer les moyens par lesquels les cliniciens peuvent être en mesure de surveiller une suspicion de SRAS-CoV-2 et le risque d'un individu de progression sévère de la maladie.

Comme l'auteur Eileen P. Scully, MD, PhD, l'a dit dans sa présentation, les premières données de pandémie suggéraient un biais dans le risque de mortalité masculine. Jusqu'en février 2021, les hommes représentaient moins de la moitié (49%) de tous les diagnostics de SRAS-CoV-2, mais représentaient 57% de tous les décès, d'après les données de 132 pays.

On ne sait toujours pas si cela est entièrement ou partiellement dû à des facteurs tels que les tendances de recherche de soins différenciées selon le sexe, l'état de santé, la présentation de la maladie, les comorbidités ou les réponses au traitement à 12 mois de la pandémie.

«Les mécanismes de cet effet n'ont pas encore été définis et peuvent potentiellement offrir des cibles thérapeutiques pour l'intervention», a déclaré Scully.

Scully et ses collègues ont évalué les données du système hospitalier Johns Hopkins Medicine (JHM) cinq pour la positivité du test SARS-CoV-2 et les taux d'admission de mars à octobre 2020. Ils ont utilisé le registre JHM COVID-19, JH-CROWN, pour extraire le patient détaillé -données au niveau, qui ont été analysées pour les différences hommes-femmes au moyen de statistiques descriptives.

Sur les 213 175 tests observés, 57% ont été menés chez des femmes; ils ont rapporté un taux de positivité du SRAS-CoV-2 similaire (8,2%) à celui des hommes (8,9%). Cependant, les hommes étaient plus susceptibles d'être hospitalisés après la confirmation du SRAS-CoV-2 (33% contre 28%).

Parmi les 2608 patients hospitalisés atteints du SRAS-CoV-2, plus d'hommes ont signalé de la fièvre; les femmes ont signalé plus fréquemment des maux de tête, une perte d'odorat et des vomissements ( P <0,05).

En ce qui concerne les paramètres respiratoires, les femmes avaient en moyenne des profils plus favorables, avec des fréquences respiratoires plus faibles et des ratios SpO2: FiO2 plus élevés que les hommes ( P <.001).

Les femmes ont signalé des taux d'IL-6, de ferritine, de CRP inférieurs, un nombre absolu de lymphocytes plus élevé et des ratios neutrophiles: lymphocytes plus faibles chez les femmes à l'admission et les valeurs maximales en laboratoire.

Le fardeau de la comorbidité, selon les scores de Charlson, était similaire d'un sexe à l'autre, mais spécifiquement différent: les femmes avaient des taux d'obésité et d'asthme plus élevés ( P <0,001). Les maladies cardiaques ( P = 0,06), l'hypertension compliquée ( P <0,01), les maladies rénales chroniques, le tabagisme et la consommation d'alcool ( P <0,001) étaient tous plus élevés chez les hommes.

Les médicaments prescrits pour lutter contre le SRAS-CoV-2 étaient également fréquents chez les hommes et les femmes, bien que le tocilizumab ait été prescrit plus fréquemment aux hommes.

Dans l'ensemble, les hommes avaient une incidence plus élevée de maladies graves et de décès dans tous les groupes d'âge observés (36%) que les femmes (36%; P <0,001). La différence de résultat selon le sexe était la plus significative chez les patients du groupe des 18 à 49 ans, où elle était plus du double chez les hommes (25% vs 11%; P <0,001).

Malgré des taux d'obésité et d'asthme plus élevés chez les patients hospitalisés avec le SRAS-CoV-2, les femmes étaient moins souvent hospitalisées en raison du virus que les hommes, et avaient des issues graves moins fréquentes et présentaient des paramètres respiratoires et inflammatoires moins sévères.

Les résultats mettent en évidence les caractéristiques des différences de risque sévères du SRAS-CoV-2 chez les hommes et les femmes, et fournissent des orientations plus proches de la réduction du risque individualisé.

Malgré un excès d'obésité, les femmes avaient une gravité plus faible des paramètres respiratoires et des marqueurs inflammatoires inférieurs à la présentation et avaient une fréquence plus faible de résultats graves de l'infection par le SRAS-CoV-2. Les interactions entre le sexe et l'âge avec une maladie grave mettent en évidence des caractéristiques de risque critiques propres aux hommes et aux femmes.

«Prises ensemble, ces données suggèrent que les différences entre les sexes dans la réponse inflammatoire à l'infection par le SRAS-CoV-2 et les présentations cliniques ultérieures sont les médiateurs des différences que nous constatons dans les résultats chez les hommes et les femmes, et suggèrent que nous devrions concentrer notre attention sur le système immunitaire. réponse après que nous ayons rencontré ce virus. »

https://www.contagionlive.com/view/men- ... than-women

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