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19 Sujet du message: CROI 2019 Seattle  MessagePosté le: 27 Fév 2019 - 12:39
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Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) 2019



Cartographier la fin du VIH aux États-Unis

SEATTLE - Le plan visant à mettre fin au VIH d'ici 2030 aux États-Unis en ciblant les régions les plus durement touchées avec argent et soutien, annoncé par le président Donald Trump lors de son discours sur l'état de l'Union, redonne de l'espoir aux médecins.

"Nous avons l'infrastructure en place et les bases sur le terrain pour effectuer un travail de type mise en œuvre", a déclaré Michael Mugavero, MD, de l'Université de l'Alabama à Birmingham.

"Si la science peut être jumelée à des ressources et à une volonté politique, cela pourrait être le début d'une nouvelle ère" pour les soins du VIH aux États-Unis, a-t-il déclaré à Medscape Medical News.

Ce "si" est la priorité de Mugavero alors qu’il se dirige vers la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) 2019. Lui et ses collègues du Grand Sud s’attaquent au problème depuis des décennies avec peu d’appui politique ou d’argent.

Anthony Fauci, MD, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses et l’un des formulateurs du plan 2030, a déclaré lors de sa séance plénière qu’il discuterait du nouveau plan en détail, à partir de "pourquoi nous pensons que cela fonctionnera, quels sont les points finaux et les objectifs, et quelle est la base scientifique sur la façon de la mettre en œuvre. "

De la théorie à la réalité
Ceux qui suivent les sciences sur le VIH au cours des dernières années pourraient comprendre que le plan pourrait fonctionner. Une étude après étude a montré qu'un traitement suppressif empêche les personnes infectées par le VIH de transmettre le virus, comme indiqué par Medscape Medical News . Et l'association de l' emtricitabine et du ténofovir ( Truvada ), prise régulièrement à titre de prophylaxie pré-exposition (PrEP), peut empêcher une personne non infectée de contracter le virus.

Le fait que la moitié des nouveaux cas de VIH en 2016 et 2107 se soient produits dans seulement 48 des 3007 comtés des États-Unis rend évident l'augmentation du financement et des programmes pour ces comtés et zones rurales spécifiques.

"Nous avons la base scientifique qui théoriquement - et nous ne vivons pas dans un monde théorique, nous vivons dans le monde réel - mais théoriquement, cela devrait fonctionner", a déclaré Fauci à Medscape Medical News .

Traduire la théorie en pratique est le défi.

Dans un rapport récent, Heather Bradley, Ph.D., de l’École de santé publique de la Georgia State University à Atlanta, et ses collègues ont estimé que, malgré les améliorations actuelles en matière de diagnostic, de lien avec les soins et d’engagement continu dans les soins, 622 900 personnes recevront un diagnostic. VIH de 2018 à 2030 ( AIDS Behav . Publié en ligne le 22 février 2019 ).

Si 95% de ces personnes se font soigner, 290 000 nouvelles infections à VIH pourraient être évitées d'ici 2030. Mais environ 18 000 personnes seraient encore diagnostiquées séropositives en 2030.

Cependant, si les États-Unis peuvent dépasser l'objectif de l'ONUSIDA 90-90-90 et atteindre 95-95-95, 95% des personnes infectées par le VIH connaissent leur statut; 95% des personnes sous traitement; et 95% des personnes dont la charge virale est supprimée - et 20% des infections par le VIH sont prévenues avec la PrEP, d’ici 2025, le nombre de personnes qui contractent le virus pourrait être inférieur au nombre de personnes vivant avec le VIH qui décèdent de quelque cause que ce soit.

Mais cela nécessiterait une augmentation de 35% du nombre de personnes sous traitement du VIH et une multiplication par 3,3 du nombre de personnes utilisant la PrEP. Et à l'heure actuelle, l'écart dans l'utilisation de la PrEP entre les personnes éligibles des communautés noire et latino et celles éligibles dans les communautés blanches, tel que rapporté par Medscape Medical News , pourrait entraver ces progrès.

http://www.croiconference.org/

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Sujet du message: CROI 2019 Seattle  MessagePosté le: 05 Mar 2019 - 05:07
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Sujet du message:   MessagePosté le: 05 Mar 2019 - 05:19
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CROI 2019: avec une rémission supplémentaire à long terme, le nombre de traitements possibles contre le VIH double de 2 à 2

SEATTLE - Dix ans après le «patient de Berlin» Timothy Ray Brown, un deuxième patient a atteint une charge virale indétectable à long terme en l'absence de traitement antirétroviral (ART) après avoir reçu une greffe de moelle osseuse avec des cellules souches hématopoïétiques avec une version non fonctionnelle du CCR5 récepteur, une molécule de surface sur les lymphocytes T auxiliaires utilisée comme co-récepteur d'entrée par le VIH.

Une équipe de l'Université de Cambridge présente les données à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) de 2019, avec une publication en ligne concomitante dans Nature .

Le traitement que le nouveau patient a reçu était plus doux que celui de Timothy Ray Brown, qui a reçu deux greffes distinctes et une irradiation totale du corps avec chacune. Le nouveau cas n'a reçu qu'une seule greffe et n'a pas été irradié, amenant les auteurs à conclure que "la rémission de l'infection par le VIH peut être réalisée avec des schémas thérapeutiques à intensité réduite" et que "les stratégies de thérapie génique CCR5 utilisant des cellules souches pourraient être envisageables approche de la rémission. "

Depuis la greffe de Brown, plusieurs autres cas ont été signalés chez des personnes ayant eu de longues périodes de VIH indétectable après une interruption du traitement antirétroviral. Les patients de Boston, deux hommes, ont obtenu des rémissions à long terme après des greffes de moelle osseuse avec CCR5 de type sauvage. Les deux, cependant, ont finalement rebondi.

Il y a également trois rapports d'enfants qui ont été capables d'arrêter le traitement antirétroviral après une période de traitement, si l'infection à VIH était diagnostiquée et le traitement commencé dans les heures suivant la naissance. Un seul des trois, cependant - connu sous le nom de South African Boy - ne contient aucun virus détectable et est donc potentiellement guéri. Un deuxième enfant, French Girl, a un virus capable de se répliquer qui peut être détecté par des tests extrêmement sensibles, ainsi que par le biais de blips occasionnels de charge virale accrue. Le troisième enfant, le bébé du Mississippi, a rebondi après 27 mois.

Le début précoce du traitement antirétroviral permet probablement des rémissions à long terme en empêchant tout d'abord la création d'un réservoir viral, alors que chez Timothy Ray Brown, et maintenant chez le patient londonien, ces réservoirs étaient complètement établis. Le réservoir est largement considéré comme le principal obstacle à une guérison du VIH qui sera applicable plus largement. Même la procédure la plus douce utilisée chez le patient londonien ne présente pas de bénéfice en risque acceptable à l'ère du traitement antirétroviral efficace, où les patients peuvent être séropositifs mais en bonne santé clinique pendant des décennies.

Ce défi n’est pas propre aux greffes de moelle osseuse, mais à d’autres «stratégies de kick and kill», qui visent collectivement à éveiller des cellules infectées de manière latente, afin que le traitement antirétroviral, qui ne peut fonctionner que sur des cellules en division, soit efficace.

Lors d'une séance préparatoire à la CROI lundi, le barreau Katharine du Center for AIDS Research de l'Université de Pennsylvanie a donné un aperçu des données sur les stratégies de traitement qui seront présentées lors de la réunion.

Certaines de ces stratégies, telles que les inhibiteurs d'HDAC), n'ont jusqu'à présent pas été suffisamment efficaces.

Mais d'autres, tels que les inhibiteurs de point de contrôle, ont réussi à éveiller les cellules infectées de manière latente, mais se sont heurtés à des problèmes de sécurité sous la forme de problèmes auto-immuns. «La toxicité que nous sommes prêts à tolérer diffère entre une personne séropositive fondamentalement en bonne santé qui est inhibée par un traitement antirétroviral, et une personne atteinte, par exemple, d'un mélanome métastatique», a déclaré Bar.

http://www.bioworld.com/content/croi-20 ... oubles-2-0

Rémission prolongée de patient infecté par le VIH : un 2e cas avéré, un 3e possible

Un nouveau cas de rémission prolongée de patient infecté par le VIH a été présenté lors de la conférence internationale sur le sida et les maladies opportunistes que si tient actuellement à Seattle. Baptisés « patient de Londres », il est en rémission sans traitement depuis un an et demi, à la suite d'une greffe de moelle osseuse. L'annonce a été faite par des chercheurs du University College de Londres, à l'occasion de la conférence sur le sida et les maladies opportunistes (CROI) qui se tient du 4 au 7 mars, à Seattle. Le lendemain, un 3e cas possible de rémission était présenté.

La communauté scientifique se garde bien de parler de guérison. « Nous savons que le virus se réfugie dans les CD4 présents dans le poumon, le foie ou les reins, le système nerveux central où il est physiquement impossible d'aller vérifier un par un leur contamination », explique le Dr Asier Sáez-Cirión, responsable du groupe « Réservoirs et contrôle viral » à l'institut Pasteur de Paris et coresponsable de la cohorte de patients contrôleurs VISCONTI. « Nous sommes face à la même problématique que dans le cancer, on ne peut parler que de rémission prolongée », ajoute le chercheur.

Mais tout de même ! Seize mois après la greffe, le traitement antirétroviral du « patient de Londres » a été interrompu. Au bout de 18 mois supplémentaires sans traitement, le virus était toujours indétectable dans son plasma (moins d'une copie par millilitre). L'analyse des lymphocytes CD4 n'a pas non plus révélé la présence de virus latent susceptible d'être réactivé.

À l'image de Timothy Ray Brown, le « patient de Berlin » en rémission depuis 12 ans, le « patient de Londres » a bénéficié d'une greffe allogénique de cellules-souches hématopoïétiques provenant d'un donneur homozygote pour la mutation génétique rare CCR5 Δ 32. Cette dernière aboutit à l'absence de protéine CCR5 à la surface des lymphocytes T. Or il s'agit de la porte d'entrée du VIH dans le lymphocyte, ce qui rend les porteurs virtuellement résistants au VIH.

Un 3e cas prometteur a également été présenté à la CROI par le Dr Björn-Erik Jensen, de l'hôpital universitaire Heinrich Heine : le « patient de Düsseldorf ». Greffé en 2013 avec des cellules-souches hématopoïétiques, son histoire est très similaire à celle du patient de Londres. Au bout de 5 ans et demi de traitement antirétroviral, l'absence d'ADN viral dans les lymphocytes T CD4 prélevés au niveau des muqueuses rectales, de l'iléon et de la moelle osseuse a poussé les médecins à tenter d'interrompre son traitement. À ce jour, il s'est écoulé 3 mois depuis cette décision, et aucune virémie n'est détectable.

Ces deux malades ont été inclus dans le programme de recherche IciStem, auquel participe le Dr Sáez-Cirión. Ce programme entend explorer la piste des greffes de cellules-souches dans le domaine du VIH, et comprend 39 patients greffés, dont seulement 3 peuvent à ce jour se passer de traitement.

Réaction du greffon contre l'hôte

Après le cas du « patient de Berlin », de nombreuses questions perduraient : la greffe en elle-même était-elle responsable de cet état ? Quel était le rôle du traitement myéloablatif ? N'était-ce pas un simple coup de chance ? Pour le Dr Sáez-Cirión, le patient de Londres répond à ces questions et à bien d'autres.

« On sait maintenant qu'il n'est pas obligatoire de procéder à deux greffes, de soumettre le patient à un traitement myéloablatif très agressif ou d'arrêter le traitement antirétroviral immédiatement après la greffe, énumère-t-il. La particularité de ces deux patients, comparés à d'autres qui ont aussi reçu une greffe de cellules-souches hématopoïétiques CCR5 Δ 32/CCR5 Δ 32, c'est qu'ils ont subi une réaction du greffon contre l'hôte. Cela démontre l'importance de cette dernière. »

La greffe de moelle osseuse provenant d'un donneur CCR5 négatif n'est pas une stratégie de guérison viable à grande échelle, mais pour le Dr Sáez-Cirión, l'enjeu est ailleurs : « Nous savons désormais que la rémission durable n'est plus une chimère. Nous avons un but à atteindre. »

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... ble_866618

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Sujet du message:   MessagePosté le: 05 Mar 2019 - 06:43
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IST : et si la CROI était désormais leur royaume ?

La route est longue de Paris à Seattle… Heureusement Air France programmait Bohemian Rhapsody, idéal pour la mémoire collective pré-congrés, l’émotion, et pour les retardataires d’Allo Ciné. On peut prendre son temps sur le copieux programme de cette 26e CROI (la cinquième sise à Seattle en plein état de Washington1 et le retourner dans tous les sens. Un seul constat : la poussée des IST, au-delà du phénomène épidémiologique expansif indiscutable, avec ou sans Prep, est saisissant. C’est une première pour des agents infectieux non rétroviraux depuis Washington, lieu de la CROI princeps de 1993. Ni l’hépatite C, ni Ebola n’avait occupé autant de place. En atteste le thème de la première communication orale en plénière (#12) dont le titre dépasse largement les capacités littéraires, s’il en est, de google translate : “Denial, doom or destiny ? Resurgent STIs in HIV care and prevention” 2. On aura même droit à une session thématique sur “les merveilles masquées que nous ne voulons pas rencontrer = syphilis et Lympho Granulamotose Vénérienne (LGV)” [TD 05]. Et le premier thème de l’annexe féminisante qui clôture le pocket program, surlignant les abstracts d’études ayant trait à la femme, est aussi de la partie : “Incident syphilis rate and predictors in US women with HIV ” ; sans oublier la première, et rare communication orale française portée par l’ANRS et présentée par Héloïse Delagrèverie : “Expending testing stratégies in Paris : a free postal comprehensive STI test Kit” (#4neuf). Une très innovante expérience de Santé Publique France, baptisée “Mémodépistages” où l’on n’attend pas que les IST et leurs porteurs veuillent bien se présenter dans les consultations spécialisées ou dans les CeGIDD aux heures ouvrables : on va les chercher dans les boîtes aux lettres des HSH volontaires ! C’est dire si cela dépoussière les maladies vénériennes. Le VIHologue de terrain aura pu, de CROI en CROI, rechigner à devenir un tantinet cardiologue, diabétologue, rhumatologue, gériatre… il n’échappera pas aux IST. Des IST sorties pour l’occasion de la naphtaline et d’un siècle de vénérologie. Où il apparaît que la Prep VIH pourrait faire finalement plus contre les IST, que de les favoriser, et ce tant par l’offre de santé sexuelle qui est associée que par la recherche qu’elle draine (Pep IST, vaccination Méningo>gono, outils de réduction des risques (Rdr) à adapter au Chemsex…). Et n’en déplaise aux prépo-septiques dont la parole, souvent idéologique, voit se tendre nombre de micros et de plumes ces dernier temps en France. Pour autant ce n’est point la Gonocroi… cette CROI là. N’exagérons rien. Bien d’autres rendez-vous vont mobiliser l’équipe du e-journal 20193 trop heureuse de se retrouver après une CROI 2018 privée de e-journal pour d’obscures raisons administratives.

Et quitte à passer cinq jours à Seattle, autant se pencher sur la seconde ville LGBT des États-Unis et aussi sur celle qui figure dans le top 5 US pour son nombre de Homeless. Sans doute la même surprise nous attend que lors de l’AASLD dans les rues de San Francisco, il y quelques mois. L’actualité VIH de Seattle suit celle d’une grande partie de la côte Ouest. À commencer par l’augmentation catastrophique de la consommation de méthamphétamine, ainsi que celle des injecteurs d’opioïdes de synthèse, souvent détournés de la pharmacopée hospitalière4. Avec des chiffres exponentiels d’overdoses dans tous les États-Unis. Cette consommation par injection a contribué à la hausse du nombre de nouveaux cas d’infection à VIH impliquant des hétérosexuels dans le Nord de Seattle et qui sera rapportée durant cette conférence (#891). D’où aussi la résurgence des veilles pratiques profanes de RdR notamment avec le “chasser le dragon” un mode de consommation de l’héroïne héritier de la traditionnelle pipe à opium5, thème d’une communication sur la population des PLWA consommateurs d’opiacés (#63).

Mais les homeless de Seattle n’auront pas le soutien ni l’aide de la municipalité. Contrairement à San Francisco qui a imposé une taxe sur les entreprises. Amazon, le groupe dirigé par Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde (avant son divorce), qui occupe à lui seul 20 % des espaces de bureaux disponibles dans la ville et occupe pas moins de 40 bâtiments s’y est opposé. Et refuse de payer le moindre impôt sur les sociétés. Sous la pression des deux autres géants américains associés à Amazon, le conseil municipal de Seattle a rejeté en 2018 le projet d'imposition sur les heures de travail des employés, reniant ainsi son engagement dans la lutte contre la pauvreté.

Et puis il y aura tous les thèmes que l’on attend par comparaison avec la, ou les CROI précédente(s). Le sur-risque cardio-vasculaire par exemple. Avec quelques bonnes nouvelles notamment concernant le bon profil des inhibiteurs d’intégrase (#680). Le thème des traitements antirétroviraux “en couple”, que ce soit en STR ou par deux, en comprimés ou en injectable bientôt. Couples que l’on ne sait toujours pas comment les nommer : “bithérapie” trop old fashion ? “dual thérapie” trop angliciste ?, “thérapie binaire” trop minitel ? À moins que le titre de l’intervention de Laura Waters en plénière (#160) reste dans les esprits : “two drugs tango”. Et le tango c’est bien joli, et ça se danse toujours à deux, collés ou pas.

On y débattra aussi du sur-risque VIH des populations clés dont les jeunes, hétéros, HSH, transgenres… (#S-9). Cette même population de jeunes qui échappe aux États-Unis à la Prep et au dépistage, faute de couverture santé. La réforme de la santé de Barack Obama avait permis de réduire le pourcentage de non-assurés de 18 à 11 %. Il est reparti à la hausse depuis l’élection de Donald Trump, atteignant 12,2 % en 2018, soit environ 30 millions de personnes.

Le Kaposi, très présent dans cette CROI 2019, devrait tenir son scoop avec une énigmatique présentation de Thomas Schulz (#21) : “spécial présentation : two novel potential therapeutic targets in the Kaposi Sarcoma Herpes virus KSHV”. Rodophe Garaffo (Nice) sera leader d’une session attractive de discussion sur le thème du monitoring des ARV et de l’observance à la Prep (TD-03). La room 6E devrait exploser sur le thème actualisé des antirétroviraux durant la grossesse et la survenue, ou non, de “birth defect” suite à l’alerte Dolutégravir (#59) avec les résultats rassurants de la cohorte ANRS-EPF-C01-C011 (#744) et de l’essai HPTN 077 avec le cabotegravir (#34LB). On suivra aussi attention les expériences de prévention combinée dans les pays du Sud à l’instar des 50 % de baisse d’incidence VIH dans le district de Chokwe au Mozambique entre 2014 et 2017 .

Bref peu de chance d’avoir le temps d’aller constater l’avancée des travaux de la Rainier Tower haute de 260 mètres et qui doit être livrée en 2020. Mais finalement sans les salariés d'Amazon prévus sur 30 étages pour cause de conflit sus cité. De l’espace libéré pour les homeless ?

Cette année à la CROI :
2 048 abstracts soumis
1 027 acceptés
11 % d’Afrique (97)
21 % d’Europe (193)
63 % d’Amérique du Nord (584)

__________________________________________________________________________________________

1 - Le premier État avec le Colorado à avoir légalisé le cannabis récréationnel. Voir http://vih.org/20150430/letat-washingto ... ogue/70628
2 - Que l’on peut traduire ainsi (merci Tim Greacen) par : “Déni, destin tragique ou destinée : la résurgence des IST dans le champ du traitement et de la prévention VIH”.
3 - Avec l’arrivée remarquée dans l’équipe éditoriale de Charles Cazanave, de Bordeaux, venu épauler Valérie Pourcher et Laurence Morand-Joubert en l’absence de Jean-Philippe Madiou.
4 - Lire l’incroyable enquête sur un cluster de contamination par le VHC lié à une revente de Fentanyl par un technicien de bloc opératoire dans Clinical Infectious Diseases du 15 Septembre 2018 (67).
5 - Il s’agit donc d’inhaler, avec un tube, de l’héroïne brune sur une feuille de papier d’aluminium doucement chauffée par en dessous à l’aide d’un briquet. La méthode a été popularisée en Espagne dans les années 80 en réponse à la vague de sida chez les UDIV.

Pr Gilles Pialoux

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Sujet du message:   MessagePosté le: 05 Mar 2019 - 10:48
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Sida: un retard bien français

Alors que s'ouvre la plus importante conférence sur le sida à Seattle, retour sur la situation française où l'on manque cruellement de données sur les nouvelles contaminations.

C’est en ce début de semaine que se tient à Seattle, la CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections), la grande conférence scientifique sur le VIH. C’est un rendez-vous unique qui permet de faire le point sur les avancées thérapeutiques. Et cette année, l’intérêt des traitements par injection devrait se confirmer (une seule piqûre par mois est nécessaire), et avec eux une simplification très attendue par les patients. C’est aussi l’occasion de s’arrêter sur la situation française à l’heure où l’objectif est de devenir un pays sans sida.

En France, la panne des chiffres

Où sont-ils ? A force d’attendre, on ne croyait plus guère à la divulgation des chiffres de l’épidémie de VIH en France. Le bruit court néanmoins qu’à la fin du mois de mars, l’agence Santé Publique France va rendre public ces chiffres pour l’année… 2017. Soit un an et demi plus tard.

On pourrait se gausser et dénoncer la bureaucratie à la française, incapable de réagir plus vite. Et cela, alors que l’épidémie continue apparemment à un rythme soutenu, avec plus de 6 000 nouvelles contaminations par an. De fait, ce n’est pas l’administration qui est seule en cause dans cet incroyable retard. On pourrait même évoquer un mal français, avec un désintérêt persistant des acteurs pour la santé publique. Comment, en effet, ne pas évoquer une certaine légèreté de bien des professionnels, dont les médecins infectiologues, qui ne remplissent pas les formulaires de déclaration obligatoire de séropositivité ? Ou plus exactement les e-formulaires, car depuis deux ans tout est passé sur Internet.

L’histoire vaut d’être contée. En septembre 2016, non sans raison, Santé publique France a décidé de faire évoluer le dispositif des maladies à déclaration obligatoire. «Ce nouveau dispositif va reposer sur la saisie en ligne et la transmission électronique des informations concernant les infections par le VIH et le sida via l’application e-DO», communique alors l’Agence, avec une petite précision : «La connexion à l’application e-DO nécessite de disposer d’une carte de la famille CPS (carte de professionnels de santé).»

A priori, c’est simple : «L’utilisation d’une carte de la famille CPS nécessite l’installation par le service informatique d’un lecteur de carte sur le poste de travail de l’utilisateur.» Et selon l’agence, «les directions des hôpitaux ont été informées par une note de service depuis le mois de mai 2016». Qui ajoute, alors : «Ce dispositif est plus simple, plus efficient, plus réactif et sécurisé.» Et cela prend«moins de 5 minutes pour déclarer».

Ah bon… Deux ans et demi plus tard pourtant, près de la moitié des grands services hospitaliers traitant le VIH ne le font pas. En particulier à Paris et en Ile-de-France où l’on estime trouver plus de la moitié des nouveaux cas. «Nous sommes dans une situation étonnante où près de 50% des médecins concernés ne les remplissent pas», note ainsi France Lert, épidémiologiste et présidente de l’association Vers un Paris sans sida. Et ce constat est regrettable car l’absence de données empêche d’évaluer au plus près l’efficacité des politiques publiques.

Pour expliquer ce retard, plusieurs services hospitaliers mettent en cause les systèmes informatiques des hôpitaux. «On a dû faire une dizaine de demandes de lecteur de carte et attendre plus de deux ans», explique un chef de service. Un autre : «Essayez de demander un nouvel ordinateur, vous verrez le temps que cela demande.» Même des centres privés comme le 190, premier centre de santé sexuelle en France, ne fait pas les déclarations obligatoires. «On n’a pas le logiciel, et on n’a pas de système informatique, nous explique Michel Ohayon, directeur du centre 190. Et on ne nous aide jamais.»

D’où cette situation ahurissante, plus de trente-sept ans après les premiers cas de VIH en France, on n’a pas de données fiables sur les nouvelles contaminations, comme si on naviguait à vue.

L’exemple de la Prep

Ce brouillard épidémique est particulièrement dérangeant au regard des nouveaux outils de prévention et de leur efficacité. Car on a les moyens de casser l’épidémie. Reprenons : il y a quinze ans, il y a eu l’arrivée du traitement post-exposition (traiter quelqu’un après une prise à risque), puis il y a eu une politique de dépistage mieux ciblée, avec en corollaire une mise sous traitement le plus rapidement possible de toute personne découvrant sa séropositivité (1), et enfin la diffusion depuis janvier 2016 de la Prep (il s’agit de prévenir l’infection au VIH en prenant soit régulièrement, soit autour d’un moment à risque, un traitement antirétroviral). Cette palette d’outils (sans oublier bien sûr l’incontournable préservatif) a permis d’envisager une diminution drastique du nombre de nouvelles contaminations. Encore faut-il les utiliser à bon escient, et avoir une sorte de tableau de bord pour analyser aux plus près les évolutions des contaminations et s’adapter au plus vite.

Or, ce tableau de bord, on ne l’a pas. Exemple, avec la Prep. Son accès est possible depuis janvier 2016, et elle est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie. Entre janvier 2016 et juin 2018, plus de 10 000 personnes ayant des comportements à risque ont pu en bénéficier, dont plus de la moitié (près de 5 500) depuis juillet 2017. Ce nombre est en augmentation constante depuis 2016, avec près de 500 nouveaux utilisateurs par mois au premier semestre 2018. Le profil ? 98% des utilisateurs sont des hommes, âgés en moyenne de 38 ans. Et près de 50% résident en Ile-de-France. On le voit nettement, les femmes bénéficient rarement de la Prep (à peine 300 d’entre elles).

«On a ces données, poursuit France Lert. Mais en face, on n’a pas de données montrant ou pas une baisse des nouvelles contaminations. Ce serait indispensable pour s’adapter. On sait que la Prep marche à 100% quand on la prend, mais comment faire pour toucher aussi les femmes ? En banlieue également ? Et comment envisager la sortie de la Prep ? Comment cela se passe ?»

Des interrogations sans réponses, alors que ce serait nécessaire pour affiner le dispositif autour de la Prep. De même avec le dépistage qui ne progresse pas. C’est pourtant un enjeu essentiel. En France, on estime que pour les gays, il se passe en moyenne deux ans entre la contamination et la découverte de leur séropositivité contre trois ans pour les femmes, et quatre ans pour les hommes hétéros. Pendant ce délai, la personne est contaminante, mais ne le sait pas.

Bref, on a des outils, on les utilise, mais comment les gérer au mieux pour casser l’épidémie ? «On a le sentiment que la révolution dans les esprits n’a pas eu lieu. Il y a plein de structures autour du VIH, les acteurs de santé font bien leur travail, mais l’aspect santé publique reste marginal», analyse encore France Lert qui se dit «un rien fatiguée».

En tout cas, avec les nouvelles données promises fin mars, on va savoir s’il y a, ou pas, une baisse des nouvelles contaminations.

(1) Une personne séropositive, si elle suit bien son traitement, n’est plus contaminante.

https://www.liberation.fr/france/2019/0 ... is_1712911

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Sujet du message:   MessagePosté le: 05 Mar 2019 - 14:32
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Croi 2019 : un plan d’attaque !

Le premier jour compte double ! Pour le lancement de la 26e Conférence américaine sur les rétrovirus et les infections opportunistes (Croi), le nouveau plan magistral de lutte contre le VIH des États-Unis fut l’objet de toutes les attentions. Avant les premières sessions de présentations scientifiques, c’est le programme d’ampleur de Donald Trump qui est sous les microscopes des chercheurs-euses américains-es. Le président américain reste encore dans toutes les mémoires, pour la situation délicate qu’il avait créé il y a deux ans, avec sa politique de refus de visas visant plusieurs pays dans le monde, lors d’une autre conférence mondiale sur le VIH/sida.

Lorsqu’on quitte son hôtel pour se rendre au Washington convention center, haut-lieu de la recherche mondiale sur le VIH, il faut passer devant le Cour d’appel de Seattle. Il y a deux ans, le « Muslim ban », promulgué par Donald Trump, avait plongé le monde de la recherche dans une colère assez rare. De nombreux-ses participants-es furent incapables de se rendre sur le territoire étasunien. Quelques jours avant la Croi, la Cour d’appel de Seattle cassait la décision présidentielle. La capitale de l’État de Washington devenait l’épicentre de la contestation politique contre le nouveau président. Les organisateurs-trices de la Conférence avaient fait une déclaration à l’égard de Trump. Ils-elles ne seraient pas en reste, promettant d’être les vigies de la lutte contre les maladies, mais aussi contre les discriminations faites dans leur pays, jusque-là leader de la lutte mondiale. Deux ans plus tard, le climat de défiance entre la communauté scientifique et l’administration Trump demeure suffocant.

Oui, ils peuvent

Mais c’est une autre décision présidentielle qui fait la une : le plan décennal de lutte et de fin d’épidémie aux États-Unis. L’attente est énorme. D’ailleurs, cette annonce a fait l’objet d’une présentation spéciale ce lundi 4 mars, en cérémonie d’ouverture. C’est un membre éminent de l’Institut national de lutte contre les maladies infectieuses (Niad) au sein des Instituts nationaux de la santé (Nih) qui vient représenter l’action des services de santé américains. Anthony Fauci a été un des architectes de ce plan d’envergure, en co-signant l’éditorial dans le Jama (Journal of medical american association), deux jours après l’annonce officielle de la Maison Blanche, le 7 février dernier. Ce plan, conçu sur dix ans, pour mettre fin à l’épidémie aux États-Unis, « matérialise un travail concret de mise en place de ce qui est possible de faire aux États-Unis, à partir de ce que nous savons », explique Anthony Fauci. Il tient d’emblée à rassurer sur le fait que ce plan ne prend pas la place des actions de recherche (et donc des fonds) déjà en cours, pour un vaccin ou vers la guérison. Ce plan consacre l’existence de tous les outils nécessaires à la fin de l’épidémie aux États-Unis comme objectif, comme lorsque les États-Unis avaient engagé ce combat ailleurs dans le monde, avec le programme Pepfar (1). Anthony Fauci en était déjà un de ses artisans ; programme, dont la tâche, vingt ans après, n’est toujours pas terminée. Une preuve qu’entre le monde de la théorie et la réalité, il y a encore ce pont à construire. « Ce plan a pour ambition de faire se rejoindre le faisable et le futur », explique encore Anthony Fauci. Un « Yes we can ! », en d’autres termes. Alors que les nouvelles contaminations stagnent, le Tasp et la Prep mis en lien avec de nouvelles stratégies vont constituer un programme qui entend stopper l’épidémie au niveau national. Le scepticisme est permis, à la vue des précédentes décisions de Donald Trump. Mais, selon Fauci, il y a dans les instances de santé publique et au secrétariat d’État à la Santé « les bonnes personnes aux bons endroits pour la réussite, pratique de ce plan théorique ».

Actions et vérité ?

Le plan d’action veut diminuer de 75 % les nouvelles infections en cinq ans, puis de 90 % encore cinq années après, en se focalisant sur les zones les plus touchées. L’épidémie est donc géographiquement concentrée en des lieux (et des groupes) spécifiques. « Nous avons donc la synthèse de tous les travaux et les connaissances que l’on a depuis des années pour agir sur cette carte bien particulière des États-Unis. » Ce sont ces bonnes pratiques qui sont le noyau de l’action à mener. « Je ne sais pas si cela va marcher, si les ressources seront là, mais nous le devons au monde ! », a déclaré, solonnel, Anthony Fauci. D’après lui, le montant des fonds additionnels promis doit être donné par Trump d’ici la fin du mois de mars, entre l’estimation provisoire et le montant effectivement validé. Dans la salle, des inquiétudes sont exprimées sur la sécurité des données utilisées pour le plan, mais aussi la protection des personnes. Car les personnes trans et plus largement les personnes LGBTI sont déjà discriminées dans le pays, via la politique de… Donald Trump. Pourquoi serait-ce différent cette fois-ci ? Anthony Fauci assure que les instances en place pour appliquer ce plan n’ont « aucune intention » de discriminer des personnes ou des minorités. Mais renvoyant à un édito écrit en 2016, avant l’élection de Trump, ceci pose un enjeu qui dépasse les forces en présence : peu importe le président, plus une excuse n’est possible. Et si l’occasion est là, il faut la saisir.

(1) : Le programme Pepfar (President's emergency plan for aids relief) est le Plan présidentiel américain d’aide d’urgence à la lutte contre le sida dans le monde ; il a été créé en 2003 par le président George W. Bush.

Les États-Unis en chiffres
Cinquante des 3007 comtés américains concentrent 50 % des nouvelles contaminations au VIH aux États-Unis. De quoi rendre l’épidémiologie particulièrement spécifique. Plus d’un million d’Américains-es vivent avec le VIH aujourd’hui, dont 14 % qui ignorent leur séropositivité. Près de 38 000 nouvelles infections sont diagnostiquées chaque année, dont 21 % chez les jeunes de 13 à 24 ans. Ce sont les hommes gays et les Afro-américains qui portent la majorité du fardeau de l’épidémie aujourd’hui. Ces derniers sont 13 % de la population générale, mais représentent 43 % des nouveaux diagnostics VIH. Donc, géographiquement et au niveau populationnel, la situation du VIH aux États-Unis requiert une action spécifique auprès des minorités raciales et sexuelles, afin d’impacter la réalité de la dynamique des transmissions.

https://www.seronet.info/article/croi-2 ... aque-84249

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Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Mar 2019 - 03:43
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En terme de prévention médicamenteuse, il n'existe pas beaucoup d'autres études que l'essai ancillaire d'Ipergay, proposant une utilisation de la doxycycline à la demande. Celui-ci a montré un bon effet sur la limitation de l'incidence de la syphilis et des chlamydiae, mais pas sur le gonocoque. Pourrait-on positionner la doxycycline en PrEP ou en PEP ? Celle-ci s'est montré efficace dans les travaux préliminaire, on sait que son usage prolongé (dans le traitement de l'acné) est assez sur, elle est facile à administrer et la communauté HSH s'y intéresse, au point de déjà l'utiliser de cette façon. L'effet anti-inflammatoire des cycline pourrait être intéressant… mais les données restent limitées, le cout n'est pas négligeable, les effets secondaires peuvent être sévères(photosensibilisation,ulcération œsophagiennes), elle ne peut être utilisée chez la femme en âge de procréer, l'effet sur le microbiome est inconnu de même que le risque d'acquisition de résistance. Et comme pour la PrEP VIH, l'effet de "compensation de risque" doit être évalué. L'effet sur le microbiome est probablement celui qui est le moins connu et pourrait avoir des conséquences que l'on n'imagine pas aujourd'hui .












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Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Mar 2019 - 04:02
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Baisse de 55% de l'incidence du VIH chez les hommes homosexuels en Angleterre en deux ans seulement

En seulement deux ans, l'incidence des nouvelles infections à VIH chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes fréquentant les dispensaires anglais a diminué de 55%, selon les données présentées par Dana Olgaz de Public Health England lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2019). ) à Seattle aujourd'hui.

Des études de modélisation ont déjà suggéré que l'incidence avait commencé à diminuer en 2012 et les rapports de nouveaux diagnostics étaient en baisse depuis 2014. Les chiffres présentés aujourd'hui proviennent de données recueillies régulièrement auprès d'hommes homosexuels, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). même clinique de santé sexuelle deux fois ou plus la même année. Chaque année, environ un tiers des HSH utilisent la clinique. Cependant, ils peuvent ne pas être représentatifs de la population plus large des HSH.

L'incidence a été mesurée en 2012-2013, puis en 2014-2015 et à nouveau en 2016-2017. Au cours de la première année, l'incidence était de 1,9% (ce qui signifie que deux hommes sur 100 ont contracté le VIH au cours de l'année) et est restée stable à 1,8% au cours de la deuxième période. Mais deux ans plus tard, l’incidence n’était que de 0,8%.

Une tendance similaire a été observée chez les HSH qui avaient tous les deux subi un test VIH négatif et une IST bactérienne au cours de la dernière année, un groupe à risque d'infection par le VIH plus élevé. L'incidence est passée de 3,7% à 3,4%, puis à 1,6% (une baisse de 53% au cours des deux dernières années).

Au cours de cette période, le nombre de diagnostics d’infections sexuellement transmissibles a augmenté. Entre 2012 et 2017, il y a eu une augmentation de 90% du nombre de diagnostics de gonorrhée, de 80% des diagnostics de chlamydia et de 160% des diagnostics de syphilis chez les hommes homosexuels fréquentant des centres de santé sexuelle.

En 2017, 12,1% des hommes gays fréquentant des cliniques souffraient de gonorrhée (un tiers d'entre eux avaient une infection rectale), 9,0% de chlamydia (la moitié avait une infection rectale) et 2,7% avaient la syphilis.

La baisse du nombre de diagnostics de VIH coïncide avec une période au cours de laquelle un nombre croissant d'hommes ont eu accès à la PrEP, tandis que les efforts visant à améliorer les tests et le lancement rapide du traitement du VIH se poursuivaient.

Olgaz a déclaré que Public Health England avait mené l'exercice afin de fournir une base de référence pour la surveillance des infections au fur et à mesure que le pays déployait la PrEP. Elle a ajouté que, à mesure que la situation évoluerait, il faudrait examiner avec soin la contribution de la PrEP à la baisse déjà de l’incidence du VIH et à l’augmentation du nombre de diagnostics d’IST.

Référence :

Olgaz D et al. Préparation à la PrEP en Angleterre: prévalence et incidence du VIH et des IST bactériennes. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, Seattle, résumé 48, 2019.

Le test de la charge virale au point de service améliore les résultats du traitement et la rétention dans les soins

La fourniture des résultats le jour même d'un test de la charge virale au point de traitement - plutôt que d'attendre des semaines pour que les résultats de laboratoire soient collectés - s'est traduite par une amélioration de 14% de la suppression virologique et de la rétention des soins dans une clinique publique en Afrique du Sud. Il s'agit du premier essai contrôlé randomisé à tester l'impact d'un test rapide de la charge virale sur le lieu de traitement. Il a été présenté aujourd'hui à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI).

Le Dr Paul Drain de l’Université de Washington a déclaré que les retards dans l’obtention des résultats des tests de laboratoire dans des environnements aux ressources limitées posaient des problèmes pour la surveillance du traitement du VIH. Les personnes dont les résultats sont sous-optimaux doivent être rappelées pour un autre rendez-vous à la clinique, mais les patients qui trouvent que l'adhésion est difficile sont parfois aussi les patients qui ne répondent pas immédiatement à de telles demandes.

Si les résultats de la charge virale sont disponibles alors que le patient est toujours à la clinique, tous les problèmes peuvent être rapidement identifiés et des interventions de soutien peuvent être offertes immédiatement.

L’hypothèse de l’étude était que le test rapide de la charge virale du VIH, mis en place par le personnel infirmier, constitue une stratégie efficace et rentable de gestion de l’infection chronique par le VIH chez la majorité des patients, ce qui permet de consacrer davantage de ressources à la minorité de patients nécessitant davantage de soins. attention.

Cet essai contrôlé et randomisé ouvert a été mené dans une clinique publique à Durban. Les patients ont été recrutés dans l’étude six mois après le début du traitement antirétroviral - la visite à la clinique lorsque la charge virale est mesurée pour la première fois.

Dans le groupe intervention, les patients ont été soumis à un test au point de service avec le test Xpert et à un service de conseil le jour même. S'ils étaient inhibés sur le plan virologique et stables sur le plan clinique, leurs soins étaient transférés d'une infirmière professionnelle (une infirmière ayant quatre ans de formation) à une infirmière inscrite (deux ans de formation).

Les patients randomisés pour recevoir le traitement standard ont subi des tests de charge virale en laboratoire et ont été pris en charge par une infirmière professionnelle.

Tous les soins du VIH ont suivi les directives sud-africaines: visites à la clinique tous les deux mois, test de la charge virale tous les six mois, tous les douze mois, puis tous les ans. Après un an, les patients stables pourraient être transférés au programme de prestation de traitements antirétroviraux à base communautaire.

L'âge moyen des 390 participants à l'étude était de 33 ans, 60% étaient des femmes, un tiers avaient été diagnostiqués depuis plus d'un an et leur nombre médian de CD4 au moment du recrutement était de 468 cellules / mm 3 . Plus de la moitié vivaient à plus de cinq kilomètres de la clinique.

Le résultat principal de l'étude était un composite de rétention dans les soins et de suppression virale inférieure à 200 copies / ml, douze mois après le début de l'étude. Ceci a été réalisé par 89,7% (175 participants sur 195) dans le groupe intervention et 75,9% (148 participants sur 195) dans le groupe traitement standard. Cela représente une augmentation de 13,9% (p = 0,0004). Alors que l’étude visait à démontrer la non-infériorité de l’intervention, elle a en réalité démontré la supériorité.

En prenant les deux composants séparément, la rétention dans les soins a été augmentée de 7,7% et la suppression virologique de 10,3%. Ces deux différences étaient statistiquement significatives.

Alors que les résultats de la charge virale de laboratoire étaient généralement entrés dans le système de santé au bout de deux jours, leur communication au patient prenait beaucoup plus de temps - une médiane de 28 jours. Un quart des patients ont reçu leurs résultats plus de 54 jours plus tard et 18,5% ne les ont jamais reçus.

Alors qu’il faut environ deux heures pour que les résultats du point de service Xpert soient disponibles (des améliorations technologiques pourraient le faire baisser), la durée totale des visites à la clinique d’environ deux heures et demie était comparable dans les deux bras. Pour ceux dans le groupe des normes de soins, l’attente pour que le sang soit prélevé était longue.

Le coût total de chaque test (dosage, temps de travail du personnel, consommables) était en réalité inférieur pour le point de service (21,53 $) par rapport au test de laboratoire (25,98 $).

Dans le groupe intervention, les six patients présentant un échec virologique ont été remplacés par un traitement de deuxième intention, une médiane d’un jour après la prise du test. Dans le groupe traitement standard, seuls quatre des neuf patients présentant un échec virologique ont été remplacés, après une médiane de 76 jours.

Un an après le début du traitement antirétroviral, les patients stables peuvent être transférés dans un programme de prestation de traitement antirétroviral basé sur la communauté. Plus de patients l'ont fait dans le groupe d'intervention (60% contre 27%) et l'ont fait beaucoup plus tôt (médiane 168 jours après le début de l'étude contre 261 jours).

Au cours d'entretiens qualitatifs, les patients ont indiqué qu'ils aimaient recevoir des informations en temps réel sur leur observance et que leurs problèmes étaient rapidement résolus:

«C’est une bonne méthode car ils vous prélèvent du sang, vous attendez les résultats de votre charge virale et vous savez si le traitement fonctionne.»

"Ce qui est bien avec les tests POC, c'est que vous partez en sachant que vous devez résoudre ce problème, s'il y a quelque chose à réparer."

«Les tests sur site peuvent simplifier les soins de santé et améliorer les résultats pour les adultes séropositifs sous VIH recevant un traitement antirétroviral», a conclu le Dr Drain. «Un accès accru au test de la charge virale du VIH aux points de service pourrait aider à atteindre les objectifs fixés à 90-90-90.»

Référence :

Drain P et al. Le test de la charge virale au point de service améliore la suppression et la rétention des virus par le VIH. Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, Seattle, résumé 53LB, 2019.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Mar 2019 - 04:11
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Utilisation de drogues par voie intraveineuse, le VHC prédit la syphilis chez les femmes vivant avec le VIH

SEATTLE - Une analyse récente a montré que la consommation de drogues intraveineuse et l’infection par le virus de l’hépatite C étaient les meilleurs prédicteurs de la syphilis incidente chez les femmes vivant avec le VIH.

Jodie Dionne-Odom, MD, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Alabama à Birmingham, a expliqué qu’on accordait généralement plus d’attention à la syphilis chez les hommes car de nombreux cas se produisaient chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Toutefois, les études sur les femmes sont importantes, a-t-elle déclaré, car 918 cas de syphilis congénitale se sont produits en 2017, soit le double du nombre signalé 4 ans auparavant .

Dionne-Odom et ses collègues ont mené une étude rétrospective sur environ 4 500 femmes vivant avec le VIH inscrites dans une importante cohorte américaine entre 2005 et 2016. Elles ont constaté que le taux de syphilis chez les femmes vivant avec le VIH était de 760 cas pour 100 000 femmes contre 2,3 cas par 100 000 femmes dans la population générale. La consommation de drogues par voie intraveineuse (OR ajusté = 2,3; IC à 95%, 1,3 à 3,9) et le VHC (aOR = 2,1; IC à 95%, 1,3 à 3,7) étaient tous deux de puissants prédicteurs de la syphilis dans ce groupe.

Dionne-Odom a déclaré que les résultats - ainsi que les données récentes du CDC - démontraient que la consommation de drogue était à l'origine de l'épidémie de syphilis chez les femmes.

«Ces facteurs prévisionnels sont importants à comprendre pour que nous puissions proposer des interventions visant à réduire le problème», a-t-elle déclaré.

Référence :

Dionne-Odom J, et al. Résumé 47. Présenté à: Conference on Retroviruses and Infections Opportunistic; Du 4 au 7 mars 2019; Seattle.

Un programme universel de test et traitement à domicile permet de réduire de 30% l'incidence du VIH

SEATTLE - Un programme universel de tests et de traitements à domicile a entraîné une baisse de 30% des nouvelles infections à VIH dans une étude menée dans deux pays africains, selon une étude présentée à CROI.

L’intervention menée en Zambie et en Afrique du Sud comprenait le dépistage volontaire du VIH à domicile, renvoyant les personnes séropositives au traitement contre le VIH selon les directives locales et proposant des mesures de prévention du VIH aux personnes séropositives, ont expliqué les chercheurs.

«Nos résultats, combinés aux conclusions d'autres études, fournissent la preuve essentielle que la stratégie universelle de test et de traitement peut réduire l'incidence des nouvelles infections à VIH, même dans les pays connaissant des épidémies de VIH graves et généralisées, comme dans une grande partie de l'Afrique australe. et contribuer à maîtriser efficacement l’épidémie mondiale alors que nous essayons de mettre fin au sida » , a déclaré Richard J. Hayes , M.Sc., MSc, FMedSci , professeur d'épidémiologie et de santé internationale à la London School of Hygiene & Tropical Medicine. lors d'une conférence de presse.

Hayes et ses collègues ont rapporté les résultats de l’étude HPTNO7 (PopART), le plus grand essai de prévention du VIH jamais réalisé, ont-ils déclaré. Selon un communiqué de presse des NIH, ils ont inclus un échantillon aléatoire de 48 301 adultes âgés de 18 à 44 ans, soit environ 2 300 adultes de chacune des 21 communautés en Zambie et en Afrique du Sud.

L'essai randomisé dans la communauté a eu lieu de 2013 à 2018, les 21 communautés étant réparties en sept groupes de trois et assignées au hasard pour recevoir une intervention PopART complète, y compris un traitement antirétroviral universel (bras A); Intervention PopART avec ART selon les directives locales (bras B); et niveau de diligence (bras C).

L'intervention de prévention PopART comprenait des séries annuelles de tests de dépistage du VIH à domicile menés par des prestataires de soins de santé communautaires , favorables à l'établissement de liens avec les soins, à l'adhésion au traitement antirétroviral et à d'autres services liés au VIH, ont expliqué Hayes et ses collègues.

Ils ont recueilli des données auprès des participants à l'étude au départ, puis après 1 an, 2 ans et 3 ans. La charge virale a été mesurée à 2 ans.

Selon les résultats, la prévalence initiale du VIH était similaire - entre 21,1% et 22,4% - dans les trois bras de traitement. Ils ont enregistré 553 infections par le VIH sur 39 733 années-personnes entre 12 et 36 mois (soit 1,4 par 100 années-personnes).

Selon Hayes et ses collègues, les bras A et B avaient des ratios de taux d’incidence du VIH ajustés de 0,93 et ​​0,70, respectivement, par rapport au bras C. La différence entre le bras A et le bras C n’était pas statistiquement significative. Les chercheurs ont déclaré être surpris que les nouvelles infections à VIH ne diminuent pas de manière significative chez les patients à qui un traitement antirétroviral a immédiatement été offert tout au long de l’étude.

«De manière surprenante, nous avons constaté un effet plus petit et non significatif dans le bras A, où nous nous attendions à voir le plus grand effet», a déclaré Hayes. "Nous devons faire beaucoup plus d'analyse pour essayer d'expliquer cette conclusion dissonante."

Il a déclaré que la migration et la mobilité, ainsi que les comportements sexuels à risque, auraient pu être plus élevés dans le groupe A par rapport aux autres cohortes.

Les chercheurs ont indiqué que la suppression virale était atteinte par 72,1% des participants du groupe A, 67,9% du groupe B et 62,5% du groupe C.

«Les résultats de l’étude PopART suggèrent que la réalisation de tests de dépistage du VIH à domicile et à l’échelle de la population et le traitement des séropositifs pourraient aider à contrôler l’épidémie dans certains contextes», a déclaré Anthony S. Fauci , directeur du National Institute of Allergie et maladies infectieuses, a déclaré dans un communiqué de presse. «Ces résultats indiquent qu'une stratégie universelle de test et traitement pourrait être un ajout important à notre boîte à outils contenant des méthodes de prévention du VIH éprouvées.»

Référence:

Hayes RJ, et al. Résumé 92LB. Présenté à: Conference on Retroviruses and Infections Opportunistic; Du 4 au 7 mars 2019; Seattle.

Des kits d'autotest VIH améliorent les taux de test chez les partenaires sexuels

SEATTLE - Les patients séropositifs qui ont apporté à la maison des kits d'autotest pour le VIH à leurs partenaires sexuels ont considérablement accru le nombre de tests sans perturber leurs relations, selon les résultats d'un essai randomisé mené au Malawi. Cependant, l'auto-test n'a pas amélioré l'initiation du traitement antirétroviral, suggérant qu'il devrait être associé à d'autres interventions pour associer davantage de personnes aux soins.

«Dans l’épidémie de VIH, nous avons du mal à faire tester les partenaires sexuels. C’est un écart important, car les partenaires sexuels des clients séropositifs courent un risque plus élevé d’infection», Kathryn L. Dovel, PhD, MPH, professeure adjointe à L'université de Californie à Los Angeles a déclaré lors d'une conférence de presse. "En fait, c'est l'un des groupes les plus à risque de l'épidémie."

Dovel a ajouté que la plupart des partenaires sexuels des patients séropositifs au VIH en Afrique subsaharienne sont des hommes, un groupe peu susceptible de faire appel aux services de santé.

Dovel et ses collègues ont mené l'essai dans trois hôpitaux de district au Malawi entre le 28 mars et le 13 juin 2018. L'étude a inclus 365 clients atteints du VIH âgés de 15 ans ou plus et dont le statut sérologique des partenaires était inconnu. Les participants, sans antécédents de violence interpersonnelle avec leurs partenaires, ont été répartis au hasard dans un rapport 1: 2 soit ramener à la maison glisse l' orientation des partenaires standards demander à leurs partenaires sexuels de venir à l'installation et se faire tester, ou fournir une auto - orale kit de test à leurs partenaires sexuels qui pourraient être utilisés dans l'intimité de leur propre maison.

«Ce que nous avons découvert, c'est que l'auto-test du VIH fonctionne en grande partie», a déclaré Dovel.

Selon le Dovel, l'autodiagnostic du VIH a triplé le nombre de partenaires sexuels testés par rapport aux recommandations standard et il a presque doublé le nombre de partenaires sexuels nouvellement identifiés comme séropositifs.

Dovel a déclaré que les clients séropositifs et leurs partenaires sexuels étaient satisfaits de l'auto-test, et qu'il n'y avait aucune augmentation d'événements indésirables tels que la violence psychologique du partenaire intime ou les ruptures.

Cependant, bien que les tests se soient améliorés, l'initiation du traitement antirétroviral ne s'est pas améliorée, a déclaré Dovel. Par exemple, seuls 23% des partenaires sexuels identifiés par l'autodiagnostic comme ayant le VIH ont effectivement commencé un traitement antirétroviral après 6 mois, contre 75% de ceux qui font partie du groupe de traitement standard.

Dovel a déclaré que cette découverte montre que l'autodiagnostic du VIH «n'est pas une solution miracle».

«Pour impliquer les partenaires tout au long du continuum de traitement, l'auto-test doit être associé à des modèles innovants et différenciés pour la fourniture de traitements antirétroviraux», a-t-elle déclaré.

Les résultats d'une étude plus vaste menée au Malawi auprès de près de 2 400 femmes ont montré que les kits d'autotest VIH fournis par les partenaires, en plus des incitations financières, amélioraient le lien entre les services de soins et de prévention offerts aux partenaires masculins. - par John Schoen

Référence :

Dovel K et al. Résumé 93. Présenté à: Conference on Retroviruses and Infections Opportunistic; Du 4 au 7 mars 2019; Seattle.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Mar 2019 - 11:23
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Des études soutiennent l'utilisation d'inhibiteurs de l'intégrase chez les femmes enceintes atteintes du VIH

SEATTLE - Les données de l’étude présentées à la CROI soutenaient l’utilisation d’inhibiteurs de l’intégrase chez les femmes enceintes atteintes du VIH. Les deux études ont comparé les inhibiteurs d'intégrase à un traitement à base d'efavirenz.

Dans une étude ouverte, multicentrique, randomisée et de phase 4, Mark H. Mirochnick, MD, professeur de pédiatrie et chef de la division de néonatologie à l'Université de Boston, a comparé la réponse virologique au VIH, la tolérance et l'innocuité du raltégravir et de l'efavirenz. schémas thérapeutiques antirétroviraux lorsqu’ils sont initiés pendant la grossesse.

Entre septembre 2013 et février 2018, elles ont recruté 408 femmes enceintes de sites d'Amérique du Sud, d'Afrique, de Thaïlande et des États-Unis, dont 206 ont reçu du raltégravir (RAL) et 202 du efavirenz (EFV), et les ont suivies pendant 24 semaines. -livraison. Les résultats ont montré qu'une plus grande proportion de femmes du groupe RAL - principalement celles inscrites à 28 semaines de gestation ou plus tard - avaient une charge virale inférieure à 200 copies / ml à l'accouchement par rapport à celles du groupe EFV, 94% contre 84 % ( P = 0,001). De plus, une plus grande proportion de femmes du groupe RAL ont réussi à réduire rapidement et durablement leur charge virale tout en restant sur le médicament à l'étude tout au long de l'accouchement, ont indiqué les chercheurs.

«Ce que nous avons trouvé correspondait à ce que nous avons vu chez des adultes non enceintes: la charge virale en VIH a diminué plus rapidement avec le raltégravir] qu'avec l’éfavirenz et, chez les femmes inscrites plus tard, davantage de femmes avaient une charge virale inférieure délai de livraison dans le groupe [raltégravir] », a déclaré Mirochnick au cours d'une conférence de presse à CROI.

«Dans les deux groupes, nous avons eu une excellente tolérance avec 97% et plus du traitement assigné jusqu'à l'accouchement. Nous avons appris qu'il est sans danger d'utiliser un inhibiteur de l'intégrase chez les femmes enceintes et que ces médicaments réduisent la charge virale. »

Une deuxième étude de Saye Khoo , MBBS, MRCP, DTM & H, MD , professeur de pharmacologie moléculaire et clinique à l'Université de Liverpool, a révélé que le dolutégravir (DTG) est bien toléré et, par rapport à l'EFV, conduit à des réactions virologiques plus rapides. suppression avant l'accouchement à la fin de la grossesse.

Dans l'étude ouverte, DolPHIN-2, Khoo et ses collègues ont assigné au hasard 268 femmes enceintes à un inhibiteur de la DTG ou de l'EFV plus deux nucléosides de la transcriptase inverse et ont mesuré la charge virale au début, 1 semaine et 4 semaines après le début, puis à nouveau à 36 semaines. 'grossesse et accouchement, et six semaines après l'accouchement pour déterminer l'efficacité et l'occurrence de la toxicité du médicament chez la mère et le nourrisson.

Selon les résultats, une charge virale inférieure à 50 copies / ml à l'accouchement était significativement plus probable dans le groupe DTG par rapport au groupe EFV, enregistré chez 74% contre 43% des participants (RR ajusté = 1,66; IC à 95% , 1,32-2,09). Khoo et ses collègues ont indiqué que la tendance était uniforme dans les sous-groupes de charge virale initiale, de nombre de cellules CD4, de gestation à l’initiation et d’autres caractéristiques.

Selon les chercheurs, il n’ya pas eu de différence significative entre les groupes DTG et EFV en ce qui concerne l’âge gestationnel moyen à la naissance - 39,9 semaines pour les deux bras - et les naissances avant 34 semaines (4,76% contre 5,13%) ou 37 semaines (16,67% contre 15,3huit). %) gestation.

«Nous avons également pu en apprendre davantage sur les conséquences néfastes», a déclaré Khoo, notant quatre mortinaissances, huit décès infantiles (survenant dans les deux bras) et trois transmissions infantiles, tous dans le bras DTG. «Les mortinaissances liées à des infections maternelles et à des complications obstétricales. Pour les transmissions, la vitesse à laquelle les bébés ont été testés et la faible charge virale ont montré que ces transmissions étaient des transmissions in utero. »

Les chercheurs ont déduit que la présentation tardive pendant la grossesse était associée à des résultats médiocres, quel que soit le médicament.

"Nous ne pensions pas que ces mauvais résultats étaient liés aux médicaments", a déclaré Khoo. «Ils étaient liés à la population que nous voyions. Le dolutégravir doit être envisagé dans ces scénarios à haut risque.

Ces deux études ont des parallèles. Elles ont toutes deux évalué les schémas thérapeutiques des inhibiteurs de l'intégrase par rapport à la norme de traitement utilisée dans la plupart des régions du monde, à savoir un traitement à base d'efavirenz, chez les femmes commençant le traitement en fin de grossesse. Il s’agit de femmes qui présentent souvent une maladie plus avancée ou des diagnostics tardifs et il est urgent de réduire rapidement leur charge virale car nous souhaitons voir une charge virale indétectable à l’accouchement, ce qui est en corrélation avec le risque de transmission au virus. bébé. Une étude a examiné dl’olutégravir et l’un d’entre eux ont examiné le raltégravir avec des inhibiteurs de l’intégrase, dont il a été démontré qu’ils présentaient un taux de déclin viral plus rapide avec d’autres traitements similaires. Comme on pouvait s'y attendre, les inhibiteurs de l'intégrase étaient supérieurs dans les deux études par rapport au traitement standard. Nous n'avons pas fait beaucoup de recherche sur les inhibiteurs de l'intégrase pendant la grossesse. Ces études étaient donc très importantes pour nous fournir des données d'innocuité et d'efficacité pour cette classe de médicaments pendant la grossesse. Nous devons toutefois noter que les médicaments n’ont pas commencé avant le deuxième ou le troisième trimestre, de sorte que cela ne nous donne aucune information sur l’exposition au cours du premier trimestre ou de la conception.

Références:

Mironchnick M, et al. Résumé 39. Présenté à: Conference on Retroviruses and Infections Opportunistic; Du 4 au 7 mars 2019; Seattle

Essai de découverte: TAF non inférieur au TDF pour la PrEP du VIH

SEATTLE - Après plusieurs années d’étude, un schéma prophylactique pré-exposition au VIH contenant du ténofovir alafénamide s’est avéré ne pas être inférieur au schéma traditionnel du fumarate de ténofovir disoproxil.

En 2016, la FDA a approuvé l'emtricitabine et le ténofovir alafénamide (F / TAF) - commercialisés par Descovy (Gilead Sciences) - pour le traitement du VIH. Des études ont montré que le profil d'innocuité du TAF était supérieur à celui du fumarate de ténofovir disoproxil (TDF), la formulation originale du ténofovir, et qu'il peut être administré à une dose plus faible.

Charles B. Hare, MD, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de Californie à San Francisco, a présenté les résultats de l'étude de phase 3 Discover, qui portait sur plus de 5 300 hommes cisgenres ayant des relations sexuelles avec des hommes et des femmes transgenres en Amérique du Nord et en Europe. Les chercheurs ont évalué les deux médicaments en prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP). Considérés à «très haut risque» pour le VIH, les participants ont été assignés au hasard à un schéma journalier de F / TAF (200 mg / 25 mg) ou F / TDF (200 mg / 300 mg), a déclaré Hare. Les participants ont été suivis pendant 96 semaines au maximum et leur adhésion au traitement a été mesurée par le biais du nombre de pilules et de la quantité de médicament détectée dans leur sang.

Dans le bras F / TAF, sept infections à VIH ont été identifiées - un taux d’incidence de 0,16 pour 100 personnes-années. Parmi les patients du groupe F / TDF, 15 infections ont été détectées, ce qui se traduit par un rapport de taux d'incidence de 0,34 pour 100 années-personnes. Cela a conduit les chercheurs à conclure que le F / TAF n'était pas inférieur au F / TDF.

«Les deux médicaments ont en fait très bien fonctionné», a déclaré Hare.

La sécurité des deux médicaments était «comparable», selon Hare. Les taux d'abandon en raison d'événements indésirables étaient de 1,3% dans le groupe F / TAF et de 1,8% dans le groupe F / TDF. Les plus courantes d'entre elles comprenaient la chlamydia anale, la gonorrhée oropharyngée et la gonorrhée rectale.

Selon Hare, une analyse secondaire pré-spécifiée dans un sous-groupe de patients a montré une amélioration de la sécurité osseuse chez les patients prenant du FAF / TAF, et une autre analyse prédéfinie a montré des sécurité rénale.

Hare a déclaré que le taux global d'ITS était élevé dans l'étude, avec 57% des participants en ayant au moins un. Les taux élevés de gonorrhée rectale, de chlamydia et de syphilis étaient «persistants et maintenus tout au long de l’étude», ce qui suggère que ces «participants étaient les bons participants à l’enquête», at-il ajouté.

Notamment, moins de 10% de la population à l'étude était noire, une limite que Hare a reconnue.

"Cela aurait été bien de voir plus d'Afro-Américains dans l'étude", a-t-il déclaré. - par John Schoen

Référence:

Hare CB et al. Résumé 104LB. Présenté à: Conference on Retroviruses and Infections Opportunistic; Du 4 au 7 mars 2019; Seattle.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Mar 2019 - 11:32
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Guérison du VIH : l’appel de Londres ?

En ce premier vrai jour de conférence, la révélation médiatique d’un deuxième cas d’apparente guérison du VIH occupe tous les esprits. Cependant, les discussions à la Croi dépassent ce scoop dévoilé un peu trop vite au goût des organisateurs-rices. Mais au-delà du rêve du cure, les sessions de ce mardi nous ramènent vers les réalités plus tangibles et réalistes de la lutte contre l’épidémie. Récit.



The cure : un duo qui fait du bruit !

Berlin et maintenant Londres ! Timothy Ray-Brown, premier homme à avoir officiellement guéri du VIH, n’est plus seul ! Et les organisateurs-trices ont peu apprécié que cette annonce leur échappe. Mais il faut faire avec : l’information concernant le « patient de Londres » a fuité avant sa présentation à Seattle. Cet homme, qui reste anonyme, avait un lymphome non-hodgkinien et devait subir une transplantation avec un donneur qui avait une mutation anti D34-CCR5, une mutation génétique qui empêche le virus de rentrer dans le CD4.

Depuis 17 mois, l’homme est « virologiquement contrôlé », donc en charge virale indétectable. La transplantation de moelle osseuse a remplacé les cellules immunitaires par des nouvelles, réfractaires au VIH. Cette mutation génétique du donneur empêche alors le virus de la personne séropositive de se répliquer. Mais ce schéma est extrêmement rare et quasiment pas transposable dans la réalité. En effet, une greffe implique une compatibilité HLA (1) difficile à trouver, sans parler de cette mutation spécifique très rare (moins de 1 % de la population). Peut-on parler de « guérison » dans ce cas très précis ? Pour l’instant, nous devons attendre pendant une ou deux années si on voit ou pas un rebond viral en l’absence de traitement pour véritablement parler de guérison. Ce mot « guérison » demeure très puissant et a des implications émotionnelles et historiques qu’il faut comprendre et être vigilant quant à son utilisation. Au-delà de l’impact médiatique, cette information confirme que des cas exceptionnels de guérison, à la suite d’une transplantation de moelle osseuse, sont possibles, mais ce n’est pas une stratégie généralisable pour guérir les 37 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.

IST : la menace fantôme ?

Les IST augmentent le risque d’infection et de la transmission du VIH, donc il est nécessaire de s’en occuper pour éliminer le VIH. On ne peut minimiser les épidémies d’IST et leur reprise depuis le début des années 2000, même si elles n’empêchent pas la Prep d’être efficace pour réduire l’épidémie du VIH. Le travail de détection et de traitement de ces autres IST a été l’objet de la première session plénière de la Croi édition 2019.

Il y a une augmentation récente des diagnostics d’IST à travers le monde, ici aux États-Unis, comme ailleurs. Les principales concernées sont la syphilis, les gonocoques et les chlamydiae. Le nombre de cas de syphilis a augmenté de 17 % depuis 2015. Aux États-Unis, 80 % des cas sont trouvés chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, et 46 % chez des personnes séropositives au VIH. La syphilis n’est pas aussi gênante que la gonorrhée qui pose des problèmes de résistances aux antibiotiques. Cependant, beaucoup de pays ont des ruptures d’approvisionnement en pénicilline qui guérit la syphilis. En cause, des circuits d’approvisionnement très fragiles.

Pour la gonococcie, l’apparition de résistances aux antibiotiques inquiète les chercheurs-euses et oblige à s’intéresser à la recherche de nouveaux traitements. La gonococcie peut être rectale (anus), pharyngée (gorge) ou génitale (sexe). L’antibiotique de première ligne est la ceftriaxone, sinon on utilise l’azithromycine. Plusieurs pays ont rapporté plus de 5 % de souches résistantes à l’un ou l’autre de ces antibiotiques. Un protocole en cours évalue le bain de bouche quotidien, avec un antibiotique local pour prévenir la gonococcie. De nouveaux antibiotiques sont également en cours d’études (zoliflodacine, gepotidacine). La vaccination contre le gonocoque semble difficile, mais il y a des anticorps croisés avec le vaccin du méningocoque B : les personnes ayant été vaccinées contre ce méningocoque sont moins souvent atteintes par le gonocoque. Un nouveau vaccin anti-méningocoque plus adapté pourrait protéger contre la gonococcie.

Dans l’essai de Prep français Ipergay, une sous-étude de traitement post-exposition (TPE) par la doxycycline avait protégé partiellement contre la syphilis et la chlamydiae mais pas contre la gonorrhée ! Cette stratégie pose des problèmes de risque de résistances à long terme et d’effets indésirables comme la prise de poids et des atteintes de la flore microbienne. Mais quant à une éventuelle menace des IST dans la quête de la fin de l’épidémie du VIH, rien de nouveau dans l’air, en dehors d’une vigilance accrue. Car aucune des études recensées n’indique que la montée de ces autres infections peut nuire à l’efficacité des outils disponibles, comme la Prep ou le Tasp.

Cocorico : succès d'un kit de dépistage par auto-prélèvement

L’étude française « Mémo-dépistage » (ou Remind) se compose d’un kit multi-infections, envoyé à domicile, pour permettre le dépistage des IST et du VIH à des hommes gays ou hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes qui s’estiment, eux-mêmes, à risque. Elle cherche également à déterminer les préférences quant à l’annonce des résultats positifs aux personnes. L’étude a présenté les premiers résultats post-entrée des participants d’Île-de-France dans l’étude. Plus de 2 000 participants ont reçu un kit et près de 97 % ont renvoyé leurs prélèvements. La moitié d’entre eux seulement s’était auparavant dépistée au VIH dans l’année précédente ; 1,3 % ont été dépistés positifs grâce à Remind, 1,7 % pour la syphilis et 0,5 % pour le VHC. 11,7 % étaient positifs à la gonorrhée ou à la chlamydia sur, au moins, un des sites anatomiques de prélèvement. Le mode de notification préféré d’une IST était d’être appelé par téléphone ou contacté par SMS, et non par un rendez-vous médical.

Éteindre l’incendie ou (bien) vieillir avec le VIH

Au départ, l’inflammation est une réaction de l’organisme pour se protéger, se défendre des intrusions étrangères, mais peut entraîner des réponses néfastes pour l’organisme. Ce double tranchant est l’objet de la deuxième présentation plénière du mardi matin. Car les signes d’inflammation chronique dans l’organisme sont souvent associés à plus de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH et avec des comorbidités non transmissibles (diabète, maladie cardio-vasculaire, etc.). Elle pose des questions thérapeutiques également, car on ne sait pas comment la maitriser. L’inflammation accélère la progression du VIH vers le sida, en absence d’antirétroviraux. Et elle empêche une bonne restauration des cellules immunitaires CD4. Pas moins de 73 % des personnes séropositives au VIH auront plus de 50 ans en 2030 et seront confrontées à des maladies, en lien avec l’inflammation immunitaire résiduelle, malgré les traitements. Et les effets de cette inflammation seraient plus marqués chez les femmes.

Le degré d’inflammation résiduel est d’autant plus grand que le taux de CD4 au début du traitement est bas (nadir), d’où l’intérêt d’un dépistage précoce. L’inflammation peut même être bloquée chez des personnes dépistées et traitées dès la primo-infection. Le cytomégalovirus (CMV) est un virus qui pourrait expliquer l’inflammation. Un de ses inhibiteurs, le valganciclovir, pourrait la réduire, mais c’est une molécule assez toxique pour l’organisme, donc d’autres molécules sont à l’étude. Autre piste, la modification de la composition du microbiote chez les personnes vivant avec le VIH, qui pourrait être à l’origine de l’inflammation. Voici donc une idée pour de nouvelles stratégies thérapeutiques pour restaurer un microbiote tel qu’il était avant l’infection par le VIH. À l’avenir, des molécules modifiant les médiateurs (transmetteurs) de l’inflammation pourraient représenter des futures interventions thérapeutiques, mais il reste beaucoup à faire avant d’identifier les médiateurs les plus pertinents. Les statines, elles aussi, semblent avoir un intérêt pour réduire l’inflammation. Mais le champ est immense et les zones d’ombres encore nombreuses.

Point of care pour un meilleur suivi en Afrique du Sud

Un point of care est un lieu hybride, disposant de matériel de laboratoire facilement utilisable et plus facile à mettre en place que des structures hospitalières. Par exemple, une charge virale faite à l’hôpital peut être longue et difficile à obtenir, notamment dans les pays du Sud. Certaines machines type GeneXpert peuvent être déplacées dans ces plus petites structures et les tests réalisés par des infirmières. Une étude a comparé 39 personnes vivant avec le VIH réparties soit dans un suivi classique à l’hôpital, soit dans un suivi dans des structures communautaires avec point of care. L’étude a montré une supériorité du suivi en point of care évalué par la proportion de personnes avec une charge virale indétectable. En effet, on a les résultats le jour même dans un point of care, alors qu’il faut 28 jours à l’hôpital, ce qui motive les personnes. Le maintien dans le soin était également meilleur. En cas d’échec, les points of care permettent de changer de traitement beaucoup plus vite. Le coût de la charge virale est également moins élevé d’environ 15 %.

L’incitation au dépistage par l’argent ?

En Afrique du Sud et dans ses zones rurales, cela fonctionne. Dans ces lieux où l’incidence (nouvelles contaminations) reste élevée, en particulier chez les jeunes femmes, beaucoup de personnes, notamment des hommes, ne connaissent pas leur statut. Une double intervention a été lancé, fondée d’une part sur l’incitation au dépistage à domicile, avec une proposition de dédommagement pour se dépister et aussi si les personnes diagnostiquées se rendent ensuite à leur rendez-vous à l’hôpital. Elles peuvent également bénéficier d’un entretien de counseling. Près de 45 villages ont été répartis pour l’étude de l’impact d’une incitation financière et d’un counseling, ou de la seule incitation financière, ou du seul counseling, ou d’aucune de ces deux propositions. Après analyse des résultats, on observe un effet probant des incitations financières avec une hausse de 50 % du recours au dépistage, mais pas d’effet du counseling. Ces résultats doivent s’interpréter dans un contexte de zones pauvres, où la précarité des habitants est un facteur majeur.

(1) : Le HLA (pour human leukocyte antigen) est le groupe de marqueurs génétiques de la compatibilité tissulaire humaine. Il est distinct des groupes sanguins, systèmes de molécules exprimées sur les globules rouges. Le système HLA est ce qui permet au système immunitaire, c'est-à-dire aux globules blancs, de distinguer ses propres tissus de ce qu’il considère comme étranger, c'est-à-dire les virus, bactéries… Pour qu’une greffe classique prenne, et éviter le rejet entre la moelle du donneur et l’organisme du receveur, il est préférable de trouver la plus grande compatibilité HLA possible.

https://www.seronet.info/article/gueris ... dres-84259

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Sujet du message:   MessagePosté le: 06 Mar 2019 - 15:55
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Science spectacle, science politique et sciences cliniques sont toutes présentes à la CROI de Seattle

Côté politique on eut droit en plénière, dès le lundi soir 4 mars, à la traditionnelle présentation de Anthony S Fauci, chantre du NIH et immunologiste planétaire, 79 ans au compteur. Une preuve vivante que la lutte contre le VIH n’est pas un facteur de sénescence. Une présentation qui lui ressemble : policée et éclairante, ingénieuse et politicienne. Et qui fait suite à la déclaration de Donald Trump qui avait annoncé, le mardi 5 février dernier, vouloir “dompter” l'épidémie du sida aux États-Unis avant 2030. “Mon budget demandera aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l'épidémie de VIH aux États-Unis d'ici dix ans. Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà”, avait déclaré le président républicain, lors de son discours annuel sur l'état de l'Union, au Congrès. L'administration Trump a mis, de fait, toutes les agences fédérales en ordre de marche sous une seule et unique tutelle ministérielle pour appliquer le concept simple Tasp + Prep (et dépistage) = fin de l'épidémie VIH/sida. Sous la direction du secrétaire adjoint à la santé, les agences HHS, dont les NIH, les CDC, HRSA et IHS, coordonneront leurs programmes et leurs ressources pour “mettre en œuvre avec les partenaires locaux des stratégies pour diagnostiquer, traiter, prévenir et traiter rapidement”. Avec comme objectif, 75 % de réduction de l’incidence VIH à 5 ans et 90 % à 10 ans. En ciblant les populations et les régions, notamment rurales, les plus impliquées dans l'épidémie VIH. Où la poursuite du pragmatisme US, avec tous ses inégalités d’accès et des courbes de l'épidémie VIH à San Francisco ou à Washington qui sont impressionnantes de décrue. Dans l’attente d’un début d’équivalent en France, avec les chiffres attendus de la part de Santé Publique France et aussi dans le sillage de l’initiative Vers Paris sans Sida.

Côté science spectacle, les médias français ont traqué nombre d’entre nous, dans cette nuit de lundi à mardi, suite à la rupture d’embargo de Nature vis-à-vis de la CROI, dont s’est plainte Sharon L. Hiller (Pittsburgh), la Vice-Chair. L’agitation médiatique était perceptible sur le sujet, que l’on attendait pourtant dans le calme ce mardi, et les organisateurs de la Conférence ont du transporter en salle plénière la session où était présenté, par Ravindra Gupta, un nouveau candidat à la guérison dans le sillage du “patient de Berlin” qui fête ses 10 ans de “cure”. Après le “patient de Berlin”, le “patient de Londres” donc (voir brève de Laurence Morand-Joubert). Pour rappel, le patient de Berlin est ce patient VIH+ dont une leucémie a nécessité en 2007 la réalisation de 2 greffes de moelle… et pour lesquelles a été utilisés un greffon provenant d’une personne porteuse de la mutation “protectrice” delta32 du corécepteur CCR5 du VIH. Les personnes porteuses de cette mutation (moins de 1 % de la population à l’échelle mondiale) sont sensées être naturellement protégées contre la plupart des souches de VIH, qui utilisent le récepteur CCR5 pour pénétrer dans les cellules-cibles. Dans le cas du patient de Londres, anonyme à ce jour, il s’agit d’un patient VIH+ atteint par une maladie de Hodgkin résistante à plusieurs lignes de chimiothérapie et qui a dû avoir recours à une telle greffe de moelle issue d’un donneur lui aussi homozygote pour la délétion CCCR5 delta32.

Il a été lourdement immunodéprimé (anti CD 52, cyclosporine, MTX) mais après 17 mois de traitement antirétroviral (dolutégravir, 3TC, rilpivirine) celui-ci a été arrêté, sans remontée de la charge virale VIH, avec un ADN pro-viral bas et un faible taux d’anticorps. Mais une question taraude le croiiste : pourquoi autant de bruit pour de la science expérimentale non reproductible ? Aussi intéressante soit-elle notamment si par le bais de la biothérapie on arrive au même résultats sans greffe de moelle et immunosuppression à vie ? Et pourquoi ne parle-t-on pas à l’occasion des patients de Barcelone, de Utrecht, de Munich, de Santiago du Chili, de Essen, de Munster tous décédés dans le même processus de recherche ? Et quid du bébé du Mississipi redevenu positif pour le VIH ? “En parvenant à une rémission sur un deuxième patient tout en utilisant une approche similaire, nous avons montré que le ‘patient de Berlin’ n’a pas été une anomalie”, s’est félicité Ravindra Gupta, professeur à l’université de Cambridge. Près de 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seules 59 % d’entre elles bénéficient d’ARV. Ce n’est qu’un de moins à traiter, mais à quel prix ?

Côté sciences cliniques on n’a pas été déçu de l’ouverture du lundi par la session plénière sur les IST de Jeanne Marazzo (voir ci-dessous). Du grand art comme annoncé dans l’édito d’hier. Tant par la mobilisation des concepts – “les IST accroissent le risque de contamination par le VIH mais pas sous PreP” – que par l’alerte sur les niveaux de résistances observés de part le monde. Avec deux nouveaux cas de résistance de haut niveau du gonocoque à la ceftriaxone et à l’azytromycine décrits en 2019 en UK. Avec d’autres facteurs d’inquiétudes : selon elle “10 % des infections à VIH seraient attribuables aux IST Gonorrhée et Chlamydia” (voir brève de Charles Cazanave). Mais la recherche est en marche avec de nouvelles molécules contre le gonocoque (zoliflodacin, gerotidacin) ou le très intriguant “lavage buccal” anti-portage de gonocoque de l’étude OMEGA. Une étude en double insu menée dans plusieurs cliniques de santé sexuelle à Melbourne et Sydney, en Australie où au total, 504 HSH participants seront recrutés.

Et puis le monde du VIH attendait une mise au point sur les anomalies congénitales (birth defect) et leur lien éventuel avec les traitements ARV, notamment les inhibiteurs d’intégrase. La surveillance de 67 737 naissances en Ouganda (#743) de femmes âgées en médiane de 26 ans (22-30) dont 9,6 % de VIH+ ne montre pas d’impact de l’âge, du statut VIH, du traitement ARV ou de la parité sur les anomalies du tube neural. La Cohorte Périnatale Française (#744) a analysé 309 enfants exposés aux inhibiteurs d’intégrase durant la grossesse (224 sous raltégravir, 41 sous dolutégravir, 44 sous élvitégravir), que ce soit au moment de la conception ou durant la grossesse. Aucun sur-risque d’anomalie du tube neural n’est observé même si la surveillance se poursuit. La mise au point de Lynn Mofenson (Washington #60), pour brillante qu’elle était, n’a pas permis, toutes données confondues, d’infirmer ou de confirmer l’alerte sur le dolutégravir issu de l’essai Tsepamo au Botswana. Faute de données concernant l’exposition durant la conception ou au premier trimestre suffisantes pour des pathologies congénitales du tube neural, dont la prévalence reste faible.

Pr Gilles PIALOUX

Actualités virologiques et cliniques sur le Sarcome de Kaposi
Pr Anne-Geneviève Marcelin (Paris)



https://youtu.be/cnStJ7GOTJE

Stratégie élargie de dépistage des IST dont le VIH par auto-prélèvements à domicile (MémoDépistages)
Me Delphine Rahib (Etudiant



https://youtu.be/mBfFGkkHYas

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Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Mar 2019 - 09:15
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Pr Gilles Pialoux

L’un des scoop, un vrai, de cette CROI 2019 n’est pas tant le concept-spectacle du patient “cure” qui a passé le mur de Berlin pour se réfugier en la perfide Albion (notre édition d’hier), mais bien le fait qu’une session orale entière (TD-0huit), et une autre de posters (#669-679) soient consacrées a un phénomène qu’on a observé çà et là, dans nos consultations, mais dont personne, ni dans les agences de veille sanitaire, ni dans les laboratoires pharmaceutiques, ne nous a jusque là parlé : la prise de poids morbide sous ARV. Avec comme principal acteur - la relation de cause à effet n’est pas démontrée et encore moins les mécanismes, que serait la famille des inhibiteurs d’intégrase. Exclusion, peut-être, du cabotégravir, mais quand il est utilisé dans une cohorte de 199 hommes et femmes non infectés par le VIH – donc dans un contexte différent – participants à l’essai HPTN 077. Le gain de poids y était minime, et non différent entre les 2 groupes (notre édition d’hier). Un phénomène qui semble faiblement prévalent mais qui pose la question quant à sa physiopathologie. Et quant à la prise en charge des patient(e)s.

De quoi l’obésité est-elle le nom à la CROI 2019 ? Il semble comme l’a montré John R. Koethe (Nashville) (#158) que la prévalence de l’obésité (≥ 30 kg/m2) chez les personnes vivant avec le VIH, a régulièrement augmenté au cours de ces deux dernières décennies. Ce qui est cliniquement relevant vu le sur-risque métabolique et cardio-vasculaire induit. Mais pour décrypter qui fait quoi c’est le jeu de dominos. Une analyse rétrospective de plus de 14 000 patients débutants un traitement ARV a montré qu’après trois ans de traitement, 18 % des individus en surpoids sont devenus obèse. Selon cet auteur, le gain de poids sous ART est multifactoriel et peut être dû, en partie, à une réduction de l’inflammation et du catabolisme après suppression virale, à l’accès aux services d’aide sociale (assistance alimentaire, par exemple !), à la lutte contre le tabagisme, aux traitements antidépresseurs et aux effets des médicaments antirétroviraux, spécifiquement le sujet de l’année. Alors que le gain de poids semblait se produire avec tous les schémas thérapeutiques antirétroviraux, des différences entre classes ont émergé. L’étude A5257 a révélé, en effet, une incidence plus élevée de > 10 % de gain de poids chez les participants naïfs de traitement ARV après le début du traitement contenant un inhibiteur d’intégrase (INSTI). Initialement avec le raltégravir par rapport aux inhibiteurs de protéase boostés (IP), darunavir ou atazanavir. Impossible à la lecture des 10 posters sur le sujet de déterminer si le dolutégravir et le raltégravir sont plus impliqués que l’élvitégravir. Une légère augmentation de poids a été décrit aussi chez ceux qui passaient du ténofovir (TDF) au ténofovir alafénamide (TAF). En clair des données d’essais cliniques rigoureux sont nécessaires pour confirmer, ou infirmer, les résultats de cohortes observationnelles, en plus des études sur les mécanismes potentiels liant antirétroviraux et poids corporel.

On ne peut qu’évoquer au passage l’histoire de 38 ans de VIH et de son rapport au pondéral. Une maladie d’abord décrite comme la “slim disease” en Afrique dans les années 80. Puis, dans le sillage des premiers dérivés nucléosidiques, tout un segment de la recherche mobilisé autour des lipodystophies sous ces différentes formes dès les années 90 et dont nombre de patient(e)s gardent aujourd’hui tant de séquelles que la moindre modification pondérale inquiète. Et maintenant ce surpoids observé avec certaines molécules.

C’est la CROI de Seattle qui nous éclaire sur ce sujet. Ils sont étonnants les américains avec la question du poids. Ce surpoids érigé en “fat culture”. À chaque CROI on est surpris, un peu comme la surprise du bruit au pied des chutes du Niagara. Tout ce gras, cette acceptation du XXXXL qui s’étale dans la rue, dans les fast food, à Disneyland. Ici à Seattle, comme dans le reste de l’Amérique, le taux d’obèses (IMC > 30 kg/m2) est plus élevé chez les femmes (41 %) que chez les hommes (37 %). Une obésité qui se retrouve chez les femmes, plus souvent afro-américaines, avec une prévalence de 56 %. Par comparaison, mais comparaison n’est pas jugement, en France, l’obésité atteint 9,6 % des adultes et 12 % des enfants. Alors que parallèlement des chaînes de télé (cf. Canal 16) vous vendent/vantent des mouvements de 10 mn par jour qui vont faire perdre 40 pounds en une semaine, tout en sculptant vos abdominaux et en gainant le reste du musculaire, à en finir dans les catalogues Calvin Klein ou Victoria Secret. Comme quoi le poids est un sujet complexe.

DISCOVER : un essai de PrEP comparant deux formulations du ténofovir associées au FTC
D'après Charles B. Hare et al., abstr. 104LB, actualisé

DISCOVER est un essai clinique international, en double aveugle, de firme (Gilead) mené sur 92 sites aux États-Unis, au Canada et en Europe occidentale. Quatre centres français y ont participé (Saint-Louis, Tenon, Marseille et Nice). Le but de l’essai est d’évaluer si FTC/TAF (Descovy®, produit non commercialisé en France) est sans danger et efficace en tant que produit de prophylaxie pré-exposition quotidienne orale continue (PrEP). Il est comparé au FTC/TDF (Truvada® ou générique) prescrit dans le cadre de la PrEP dans le monde entier. Les participants ont été randomisés pour recevoir soit FTC/TDF plus un comprimé placebo à TAF/FTC plus un comprimé placebo, tous les participants recevant deux comprimés à prendre chaque jour en continu.

Cette étude a concerné 5 287 hommes, cisgenres et femmes transgenres (1 % seulement) ayant des rapports sexuels avec des hommes. 2 694 dans le bras TFTC/TAF et 2 693 dans le bras FTC/TDF, avec une moyenne d’âge de 36 ans (18-76) et 85 % de maintien dans l’essai. La prise de risque comme critère inclusion était le fait d’avoir eu au moins deux rapports anaux non protégés par préservatif dans les dernières 3 mois ou une IST gonocoque/chlamydia/syphilis dans les 6 mois. Le critère principal d’analyse était le nombre de contaminations par le VIH pour 100/personnes année. Comme objectifs secondaires il y avait l’analyse comparative de la fonction rénale, la tolérance osseuse, le taux d’IST incidentes dans les deux bras, et l’analyse des comportements sexuels. Le taux d’IST était élevé avec 99,5/100 personnes/année.

Il a été observé 22 contaminations soit un taux de 0,08/100 personnes/année (TAF/FTC) et 0,45/100 personnes/année (TDF/FTC), des taux bien plus faibles que celui observé dans la même population sans PrEP (tableau). Sans différence significative entre les deux groupes même si l’on a observé 7 contaminations dans le bras TAF/FTC et 15 dans le bras TDF/FTC. “À un cas de la supériorité” si on ose l’écrire !



Cette étude confirme le poids de la bonne adhérence avec un taux de contamination proportionnel à l’observance. À la semaine 40, il existait une différence significative en faveur du TAF/FTC dans la sous-étude sur la densitomètre osseuse (n = 383) et et sur les marqueurs de tolérance rénale (clairance de la créatinine, eGFRcg) et sur les marqueurs tubulaires (RBP et béta 2 microglobuline) confirmant le meilleur profil du TAF/FTC y compris dans le contexte de la PrEP.

Le FTC/TAF se présente donc comme une combinaison au meilleur profil de tolérance que le TDC/FTC pour la PrEP, tout au moins en prise continue et non à la demande. Demain seront présentés les données de la sous-étude rein de l’essai ANRS-Ipergay (#960).



Virémie résiduelle et réservoir viral sous bithérapie



https://youtu.be/EJSveQIu_ss

Nouveautés en pharmacologie des ARV



https://youtu.be/lhbhPBDsRIE

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Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Mar 2019 - 12:50
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Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Mar 2019 - 15:20
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Dépister et traiter : j’y "Croi" encore !

Au-delà des champs d’exploration et de découvertes encore à leur avantage à la Croi, les fondamentaux ne sont pas oubliés, et gardent une place de choix dans le programme à Seattle. Les confirmations de l’intérêt de la Prep comme celui du traitement, contre l’épidémie mais aussi pour la qualité de vie des personnes, résonnent comme les deux facettes d’une même pièce pour remporter le pari de la fin du sida. La fusée est lancée !

Il était une fois U = U

Avant 2008, on avait pu entrevoir de façon rétrospective l’absence de transmission au sein de couples sérodifférents. Mais cela ne garantissait pas scientifiquement un risque nul sans études prospectives. L’avis suisse a voulu lever les peurs de transmission au sein de couples sérodifférents, afin qu’ils aient une vie sexuelle normale. L’avis disait qu’on ne pouvait écarter le risque d’une contamination vu les données de l’époque, mais que l’on pouvait se permettre de considérer le risque comme « négligeable », exactement comme en 1986, lorsqu’on a pu affirmer que le baiser ne transmettait pas le virus. Il est toujours difficile en science de prouver une absence totale de risque. Mais les preuves se sont accumulées. L’essai HTPN 052 a confirmé, en 2011, l’absence de transmission dans les couples dans un essai randomisé. Certains doutaient ensuite de l’extrapolation de résultats chez les couples gays. L’étude prospective Partners a pu ensuite montrer également l’absence de risque chez ces derniers. En regroupant toutes les données des études, on estime aujourd’hui le risque à « quasi zéro » avec une très faible marge d’incertitude. Affirmer qu’il n’y a pas de risque, c’est un conte de fée qui a pris onze ans pour se métamorphoser en réalité. Sans pour autant mettre fin à l’histoire.

Il a fallu lancer une campagne pour convaincre la communauté de l’absence de risque, avec au départ une mobilisation des personnes vivant avec le VIH conscientes de l’enjeu de réduire la stigmatisation. U=U est une question de droits humains, mais aussi de réussite de l’objectif de fin de l’épidémie. La campagne a été lancée en 2016, soit sept ans après l’avis suisse et relayée dans 97 pays. Des institutions américaines et d’autres pays ont fini par reprendre le slogan et soutenu la campagne. Des journaux médicaux comme The Lancet, le Jama ont relayé le message pour que les cliniciens s’en saisissent et abordent la question avec leurs patients.

U=U est une révolution en transformant les vies des personnes vivant avec le VIH, en encourageant le dépistage et le traitement qui revêt un intérêt en termes de qualité de vie et en faisant reculer le stigma. Il est donc nécessaire que les recommandations de prise en charge prennent en compte U=U dans les pays. Il est important que U = U puisse faire changer les lois des pays qui pénalisent le risque d’exposition au virus. Il est aussi important de ne pas juger les personnes séropositives qui ne réussissent pas à obtenir une charge virale indétectable, mais de se focaliser sur les raisons sociétales de ces échecs virologiques. En attendant, la communication se doit d’être claire : ne pas dire risque presque nul, mais affirmer que c’est nul pour ne pas semer de la confusion et faire de ce message un tremplin vers la fin des contaminations.

U=U, c’est pour l’individu, mais à l’échelle de la population, on parle de Tasp ou traitement comme prévention, avec l’idée de faire baisser les nouvelles contaminations à l’échelle d’un territoire ou d’un pays. C’est une des bases du 90-90-90 (À l’horizon 2020, 90 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90 % de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable et 90 % des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée) de l’Onusida. Il existe aujourd’hui des données qui montrent que le Tasp fonctionne à l’échelle populationnelle. Certaines études ont démontré l’effet du Tasp comme l’essai PopArt, en montrant une baisse de l’incidence dans les zones qui avaient un programme de dépistage et de mise sous traitement. Pour que cela marche, il faut une bonne orientation vers le soin après dépistage. Dans les épidémies concentrées des pays développés, des études se sont intéressées à l’impact du Tasp dans les groupes les plus touchés, comme chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. En Australie, le dépistage a été considérablement renforcé entre 2012 et 2015 avec des traitements plus précoces pour les personnes dépistées positives : mais cela n’a pas conduit à une baisse de nouveaux diagnostics par le seul Tasp. C’est seulement après 2016 et l’arrivée de la Prep qu’on a observé une forte baisse du nombre de nouvelles découvertes d’infections à VIH. Au Royaume-Uni, on a observé une hausse du nombre de dépistages associée à une baisse de découvertes de tests positifs avec une plus forte proportion de personnes dépistées et traitées très tôt après l’infection. La Prep a par-dessus rajouté un effet pour réduire les nouvelles contaminations. Le Tasp est nécessaire, mais doit être combiné avec la Prep pour maximiser les chances de faire baisser l’épidémie.

Des anticorps neutralisants pour la Prep dans le futur

Deux anticorps monoclonaux à haut pouvoir neutralisant ont été identifiés par des chercheurs-euses. Ces derniers-es ont réussi à les synthétiser pour s’en servir pour prémunir d’une infection à VIH. Les premières études avaient déjà montré une protection contre l’infection à VIH par un test chez le singe, par voie rectale ou vaginale. L’étude présentée ici montre qu’une seule injection de ces anticorps apporte une protection efficace également sur le pénis du singe, pendant plusieurs semaines. Cette protection semble également performante en cas de contamination par voie intraveineuse. Une piste à développer mais prometteuse pour une Prep en long acting, sans molécule antirétrovirale.

Une capsule pour la Prep

L’idée ici est d’expérimenter des capsules vaginales ou rectales (en gros, un suppositoire ou un ovule) pour une Prep en application locale. Ces capsules doivent être discrètes et faciles à utiliser. L’étude a utilisé du TAF (le nouveau ténofovir) combiné avec un inhibiteur de l’intégrase, l’elvitégravir, sur le singe. Plusieurs types de doses ont été évalués pour rechercher la dose efficace dans le plasma et dans les tissus, ici seulement en insertion vaginale. On retrouve peu de médicament actif dans le sang (concentration) mais les médicaments sont détectés dans les tissus quatre heures après l’insertion de la capsule. Celle-ci a montré une efficacité de 92 % contre l’infection quand les animaux ont été exposés au virus, par voie vaginale, avec la dose de 20 mg pour le TAF et 16 mg pour l’elvitégravir. Les études cliniques vont devoir commencer chez l’humain.

L’essai Discover : la Prep avec le TAF/FTC

Cet essai avait pour but de comparer le pouvoir protecteur du TAF/FTC (ténofovir alafénamide et emtricitabine) versus Truvada (TDF/FTC) chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et des femmes trans, à haut risque d’infection. Il a fallu inclure 5 387 participants-es. On a constaté 22 infections, 7 dans le groupe prenant TAF/FTC, 15 dans le bras Truvada, ce qui a permis de conclure à la non-infériorité du TAF/FTC, mais pas de conclure à sa supériorité. La majorité des infections est survenue chez des personnes qui n’avaient pas de médicament détectable dans le sang, donc qui n’étaient pas suffisamment observantes à la Prep. Parmi les personnes infectées, 4 ont développé des virus résistants dans le groupe prenant Truvada. Il n’y a pas eu de différence quant aux effets indésirables, ni aux IST observées. Pas non plus de changements dans la densité osseuse dans le groupe prenant Truvada, et la variation reste faible. Il y a eu 6 arrêts pour problèmes rénaux dans le groupe prenant Truvada et juste 1 seul dans le TAF/FTC. Discover permet de confirmer l’efficacité du TAF également en usage préventif. Ce dernier pourrait aussi représenter une option pour les personnes souhaitant utiliser la Prep, mais ne le pouvant pas (pour l’instant) pour des problèmes rénaux ou osseux.

Trouver des futurs prepeurs grâce aux dossiers médicaux ?

Un outil pour identifier les personnes qui ont besoin de Prep, à partir des dossiers médicaux informatisés, c’est possible ! Un modèle statistique a été utilisé afin de mieux prédire qui aurait besoin de la Prep, au-delà du simple fait d’être un homme ayant des relations sexuelles avec un autre homme et d’avoir eu une ou plusieurs IST. À partir des dossiers médicaux informatisés, cet outil a pu classer des personnes en quatre catégories de risque, en prenant en compte 44 caractéristiques différentes : socio-démographiques, tests précédents, utilisation de médicaments, diagnostic d’IST, utilisation de préservatif, etc. Ce modèle se montre plus performant (39 % de sensibilité contre 27 %) dans sa faculté a détecté de potentiels candidats à la Prep que les seuls critères d’être un homme ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ou d’avoir eu une IST. La machine au service de l’humain, une piste concrète pour un accès plus large à la Prep.

Le maintien dans la Prep aux États-Unis

Seules 10 % des personnes ayant besoin de la Prep la prennent effectivement. Mais au-delà de son utilisation potentielle, il faut aussi que les personnes continuent à la prendre dans la durée et restent dans les dispositifs de Prep. Une étude américaine a mesuré le maintien dans la Prep chez 7 250 prepeurs ayant une assurance-santé et de 250 prepeurs inscrits dans le système de couverture maladie d’État (Medicaid). La durée moyenne de prise de Prep est de 14,5 mois pour ceux qui sont assurés dans le privé et de 7,6 mois pour ceux étant dans le système d’aide publique. Le maintien reste encore plus court chez les femmes et les plus jeunes, chez les Noirs ou les personnes vivant en zones rurales. L’étude n’a cependant pas pu étudier les raisons du non-maintien, notamment si les personnes étaient toujours exposées à des risques. Mais ces chiffres indiquent que les facteurs sociaux impactent concrètement l’utilisation ou non des outils préventif au long cours.

Impact de la Prep sur le risque de résistances à New-York

Le nombre de prepeurs a été multiplié par dix à New-York, entre 2016 et 2018. La question des résistances liées à un usage de la Prep alors qu’il y a eu contamination préalable se pose de plus en plus. Cette question provient surtout de la prescription de Prep chez des personnes en primo-infection et dont les tests VIH ressortent encore négatifs. Une étude a recueilli les données de résistances chez les personnes vivant avec le VIH infectées depuis moins d’un an, pour voir s’il y avait plus de résistances chez ceux qui avaient avait pris de la Prep. Seuls 2 % des personnes diagnostiquées depuis moins d’un an avaient pris de la Prep. Il y avait plus de mutations spécifiques à la résistance au FTC (emtricitabine) chez celles qui avaient pris de la Prep (29 % versus 2 %) mais pas de différence pour le ténofovir, autre molécule du Truvada. Sachant qu’il ne faut pas négliger un potentiel biais ; en l’espèce, le fait que les tests de résistances par génotypes sont plus souvent réalisés chez les personnes ayant pris de la Prep.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Mar 2019 - 15:26
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Incidence de la syphilis chez les femmes aux États-Unis

La syphilis est en hausse parmi elles depuis 2013. L’étude recherchait les facteurs associés à un test positif de nouvelle syphilis chez les femmes vivant avec le VIH, à partir de données rétrospectives recueillies auprès des médecins et de patientes qui remplissaient un questionnaire. L’usage de drogue, le fait d’être Noire, la co-infection avec le VHC, le fait d’être arrivée dans le soin plus récemment sont des facteurs notables d’un risque accru de syphilis. La précarité explique probablement le recours au sexe transactionnel (prostitution) chez certaines de ces femmes et le sur-risque de syphilis qui nécessite une surveillance accrue lors de leur suivi, avec une proposition régulière de test de dépistage de la syphilis.

Un nouvel appareil contraceptif intra-utérin

Les contraceptifs retard sont sous-utilisés parmi les femmes vivant avec le VIH. Les méthodes d’implants progestatifs sont contre-indiquées avec l’éfavirenz (Sustiva), traitement ARV de référence dans les pays en développement. Un nouvel appareil à base de cuivre a été expérimenté en Afrique du Sud et comparé avec les dispositifs progestatifs, pour déterminer si la charge virale vaginale restait bien indétectable, malgré les hormones. Il n’y a pas eu de différence de virémie, mais quelques femmes ont arrêté le dispositif à base de cuivre pour des raisons d’intolérance.

Implant contraceptif

Le doublement de dose d’un implant contraceptif toujours insuffisant pour une contraception efficace chez les femmes séropositives sous éfavirenz. Le Levonorgestrel, un implant hormonal qui dure cinq ans, rencontrait un problème majeur de concentration en présence d’antirétrovial. L’éfavirenz (Sustiva) diminuait, en effet, de moitié les concentrations hormonales de l’implant, ce qui pose problème pour les femmes séropositives traitées avec ce médicament. Une étude conduite en Ouganda a pu montrer que malgré un nouvel implant, deux fois plus dosé, on obtient, malgré tout, des doses hormonales encore insuffisantes chez les femmes qui reçoivent de l’éfavirenz, bien que de fortes variations selon les femmes aient été observées. Cette question demeure donc sans réponse, alors que l’éfavirenz demeure un traitement très utilisé chez les femmes en Afrique.

Syphilis aux États-Unis

En 1999, les États-Unis étaient proches de l’élimination de la syphilis, mais on a vu une hausse, d’abord parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes notamment, qui continue depuis. Cette résurgence s’est étendue aux femmes hétéros puis aux hommes hétéros, quelques années après. Il existe encore 1 000 cas par an de syphilis congénitale (transmise de la mère à l’enfant) aux États-Unis, alors que cette maladie reste totalement évitable, par un test pendant la grossesse. Plus généralement, la syphilis est concentrée chez les personnes usagères de drogues hétérosexuelles et chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les complications
de la syphilis sont en hausse et posent des questions de prise en charge, en particulier chez les personnes vivant avec le VIH.

Neurosyphilis chez des PVVIH

C’est une complication difficile à diagnostiquer. Il faut faire une ponction lombaire. Une étude au Brésil a évalué l’observance des cliniciens à cette pratique recommandée. Seuls 40 % pratiquent une ponction lombaire, et plus souvent quand la personne a des CD4 bas et des indicateurs biologiques d’anticorps anti-syphilis élevés, signe d’infection. Le traitement de la syphilis chez les personnes vivant avec le VIH a aussi été étudié. La guérison est définie par la baisse d’au moins quatre fois de suite du titre d’anticorps RPR sur les résultats d’analyses. Une étude rétrospective a montré que la plupart des personnes étaient guéries, mais que certaines ayant une syphilis tardive latente avaient moins de chance de montrer des marqueurs de guérison.

Opiacés et VIH

Il y a une crise des opioïdes en cours aux États-Unis. La raison principale demeure la prescription très répandue d’antalgiques longue durée, classés comme opiacés, et trop largement distribués dans des communautés particulièrement vulnérables, où il y a eu, au final, un mésusage. D’après les données, 21 à 29 % des personnes font du mésusage et 8 % d’entre elles deviennent dépendantes, puis 4 % finissent par consommer de l’héroïne. À cela s’ajoute le fait que des personnes consommant ces opiacés les obtiennent par leurs proches. Aujourd’hui, il y a davantage de vigilance sur la prescription et le suivi des opiacés, avec un certain déclin depuis 2011. Mais, malgré tout, un passage à l’héroïne représente 3 % des mésusages chaque année. Le passage à l’injection est rapide pour les nouveaux consommateurs d’héroïne et 93 % continuent à s’injecter dans les dix ans après la première injection. Dans certains cas, l’apparition d’épidémies de VIH se produit dans certains groupes exposés, comme en 2015 dans l’État de l’Indiana. Lors de cette épidémie, l’héroïne était coupée avec du fentanyl, un autre médicament qui favorise le fait de s’injecter et donc le risque de se contaminer par voie intraveineuse. Face à cela, la Prep peut-elle une solution ? Aux États-Unis, seulement 2 % des personnes usagères de produits déclarent la prendre. Bien insuffisant pour une prévention du VIH. Quant à la consommation, les seules solutions sont les traitements de substitution, difficiles à mettre en place aux États-Unis en raison de la stigmatisation et les oppositions locales. Les programmes d’échanges de seringues augmentent certes dans le pays, mais pas dans tous les États. Et les salles d’injection supervisées sont toujours controversées aux États-Unis.

Chemsex : implication sur la transmission

Le chemsex est la consommation de produits psychoactifs au cours d’une session sexuelle. Il faut, d’après les chercheurs-euses de ce symposium sur les comorbidités non virales, adopter une approche de santé globale (dite syndémique). Notamment chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes : il faut à la fois s’occuper de la santé sexuelle, mais aussi de la consommation des substances (de l’alcool aux drogues), et de la santé mentale. Ces trois domaines ont des intersections chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, car c’est chez eux qu’il y a le plus de consommation de substances et davantage de dépressions. Les facteurs qui conduisent à plus de consommation sont la stigmatisation et la criminalisation homophobe, le stress d’être dans une minorité, la difficulté à sortir du placard, l’homophobie perçue dans son entourage. Le chemsex est associé à l’augmentation du plaisir d’un côté, mais aussi une perte d’estime de soi. Et les produits varient selon les pays. Les applications sont un moyen de se connecter pour les chemsexeurs. Le risque vis-à-vis du VIH est augmenté par les comportements induits par les drogues mais aussi par l’inflammation des muqueuses via l’usage des produits. Le chemsex est plus fréquent chez les personnes vivant avec le VIH, et 10 % des personnes vivant avec le VIH pratiquant le chemsex s’injectent (pratique appelée slam). Le risque de contracter une IST est très élevé : 70 % de risque de rencontrer une IST contre 40 % en l’absence de chemsex. Il y a aussi une augmentation des contaminations par le VHC. Le nombre élevé de partenaires, le sexe sans préservatif, les traumatismes rectaux, la synergie entre VIH et IST, les réseaux où la prévalence du VIH est forte, expliquent les contaminations dans ce groupe. Mais c’est chez les chemsexeurs que la Prep est la mieux suivie. Reste que les obstacles sont nombreux. Il existe des cas d’interactions graves entre des médicaments de la classe des antiprotéases et les drogues utilisées dans le chemsex. Aux États-Unis, l’usage d’amphétamine est également associé à une moins bonne observance aux antirétroviraux des personnes vivant avec le VIH. On rapporte que 15 % des urgences vitales chez les hommes séropositifs seraient liées au chemsex. Quelles solutions alors ? Surtout ne pas stigmatiser ni juger et faire de la Prep une proposition systématique. Il faut envisager la réduction des risques et l’adapter, augmenter la qualité des services mis à disposition. Mais pour développer des interventions adaptées, il faut continuer à étudier et comprendre l’histoire et les implications sociales du chemsex.

Arrêtons le déni de l’alcool chez les PVVIH

À faibles doses, on rapporte des effets positifs sur la santé. L’alcool est médicalement associé à plus de 200 maladies lorsqu’il est consommé en trop grande quantité. Avec trois millions de morts par an, l’alcool représente 5,3 % des décès dans le monde et demeure la 7e cause de mortalité précoce. L’alcool pourrait-il être un vecteur de l’épidémie, en augmentant les contaminations ou en dégradant la santé des personnes vivant avec le VIH ? Une méta-analyse montre un lien entre le VIH et la consommation excessive d’alcool. Cela pourrait être dû à des problèmes de santé mentale liés à la consommation, aux comportements à risque plus élevés, liés à une socialisation facilitée. La période de séroconversion serait plus courte chez les personnes grosses consommatrices et l’alcool aggraverait les comorbidités naturelles de la maladie. L’observance est également moins bonne chez les personnes consommatrices d’alcool et il y a plus de risque d’échecs virologiques. L’alcool peut modifier la diffusion des médicaments dans le corps. Il est nécessaire de développer des interventions spécifiques pour les personnes vivant avec le VIH qui ont des consommations problématiques d’alcool.

Tabac et VIH

La prévalence du tabagisme reste élevée même si on observe une baisse depuis les années 80. Plus de 100 poisons ou produits toxiques sont présents dans les cigarettes, et les atteintes sont présentes dans tous les tissus humains. La nicotine est très addictive et l’accroche est rapide. Le tabac a plus de conséquences négatives chez les personnes vivant avec le VIH, en augmentant l’inflammation liée à l’infection elle-même. Le risque de cancers augmente également à cause de l’inflammation. Il y a plus de pneumopathies chez les fumeurs-ses séropositifs-ves que chez les non-fumeurs-ses. Il y a plus de bronchites et BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) chez eux-elles également. Le risque cardiovasculaire est très élevé chez les personnes vivant avec le VIH fumeuses mais finit par baisser un an après l’arrêt. Après un an d’arrêt, le risque régresse pour les cancers, hors celui des poumons. On estime à douze ans la perte de l’espérance de vie chez les personnes vivant avec le VIH fumeuses, contre seulement cinq pour les personnes vivant avec le VIH qui ne fument pas. L’arrêt du tabac par la seule volonté est très rare car difficile. Il faut généralement plusieurs tentatives, qui augmentent à chaque fois le taux de réussite. Les personnes vivant avec le VIH semblent avoir plus de mal à décrocher du tabac. Il faut donc combiner une aide ou thérapie comportementale (relaxation) avec un traitement ou des aides à l’arrêt (patch, gommes à mâcher). On peut utiliser la substitution nicotinique, comme avec la varénicline (Champix) ou le bupropion (Zyban), mais il y a risque d’interactions pour ce dernier avec certains antirétroviraux. Il faut diminuer la prévalence du tabac en général, en augmentant les prix (cela fonctionne partout). L’interdiction de fumer dans les lieux publics n’a, elle, pas démontré son efficacité sur l’arrêt. Les avertissements sur les paquets de cigarettes ont conduit à une abstinence à court terme, mais globalement les campagnes publiques n’ont un effet qu’à ce court terme et doivent être renouvelées.

https://www.seronet.info/article/depist ... core-84264

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Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Mar 2019 - 15:44
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Stratégie de prévention sans risque pour les nourrissons avec l'anticorps anti-VIH VRC01LS

Les doses sous-cutanées d'un anticorps monoclonal neutralisant, appelé VRC01LS, administré à la naissance et après 12 semaines ont été bien tolérées par les nourrissons exposés au VIH, selon les résultats d'une étude ouverte sur l'innocuité et la pharmacocinétique présentée à la Conférence sur les rétrovirus et les maladies opportunistes. Les infections. Les chercheurs étudient VRC01LS en association avec un traitement antirétroviral pour prévenir l’infection par le VIH chez les nouveau-nés.

Elizabeth J. McFarland, MD, directrice médicale du programme VIH de l'Hôpital pour enfants du Colorado et professeur de pédiatrie à la faculté de médecine de l'Université du Colorado, a déclaré lors d'une conférence de presse que la vaccination passive avec un anticorps monoclonal largement neutralisant avait été utilisée avec succès pour prévenir l'hépatite B et des anticorps neutralisants sont également utilisés pour prévenir l’infection par le virus respiratoire syncytial chez les nourrissons.

Dans l'étude, si les nourrissons n'étaient pas nourris au sein (n = 10), ils ont reçu une dose sous-cutanée de VRC01LS (80 mg pour un poids de naissance compris entre 2 kg et 4,5 kg) dans les 72 heures suivant la naissance. Si les nourrissons étaient nourris au sein (n = 11), la première dose était administrée par voie sous-cutanée dans les 5 jours suivant la naissance et une deuxième dose (100 mg) était administrée par voie sous-cutanée à la 12e semaine si le nourrisson était toujours allaité.

Outre VRC01LS, toutes les mères et les nourrissons inclus dans l'étude ont également reçu un traitement antirétroviral.

"La transmission du nourrisson était un cadre potentiellement très idéal pour l'utilisation d'anticorps monoclonaux, car il pouvait être administré au moment de la naissance puis périodiquement au cours de la première année de vie", a déclaré McFarland. "L' exposition à l'allaitement maternel est une période de temps définie et connue. Par conséquent, l'utilisation d'anticorps dans ce contexte pourrait être un complément potentiellement formidable au traitement antirétroviral, difficile à prendre et dont l'adhérence pose problème."

Les chercheurs ont indiqué que VRC01LS était bien toléré chez les nourrissons et qu’aucune toxicité liée au traitement n’avait été classée comme supérieure au grade 2. Des réactions locales ont été rapportées chez 50% des nourrissons sans allaitement et 82% des nourrissons allaités après la première dose. Toutes étaient de grade 1 ou 2. La plupart (95%) des réactions ont été résolues dans les 24 heures. Les réactions sont moins fréquentes après la deuxième dose (20%).

McFarland et ses collègues ont observé que l'administration sous-cutanée de l'anticorps entraînait une absorption rapide et que toutes les concentrations plasmatiques au jour 1 étaient supérieures à 100 µ g / mL.

VRC01LS est une version modifiée de l'anticorps VRC01 , qui a également fait l'objet d'une enquête. McFarland et ses collègues ont constaté que les taux plasmatiques étaient significativement plus élevés chez les nourrissons traités par VRC01LS les 28e et 56e jours par rapport à VRC01, même si une dose de bande de poids plus faible était utilisée pour VRC01LS (20 à 32 mg / kg par rapport à 40 mg / kg). Les chercheurs ont noté que le taux plasmatique médian de VRC01LS à la semaine 12 était de 39,1 µ g / mL. Tous les nourrissons avaient des concentrations plasmatiques supérieures à 20 µ g / mL.

«Cet anticorps monoclonal pourrait potentiellement être administré toutes les 12 semaines environ, ce qui serait potentiellement très faisable au cours de la première année de vie, lorsque l'exposition à l'allaitement se produit», a déclaré McFarland.

Référence :

McFarland EJ, et al. Résumé 45. Présenté à: Conference on Retroviruses and Infections Opportunistic; Du 4 au 7 mars 2019; Seattle

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Sujet du message:   MessagePosté le: 07 Mar 2019 - 16:51
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L'hépatite C baisse chez les hommes homosexuels londoniens séropositifs après l'élargissement des antiviraux à action directe

Les nouveaux cas d'infection par le virus de l'hépatite C (VHC) chez les hommes gais et bisexuels séropositifs vus dans trois cliniques à Londres ont diminué de près de 70% depuis 2015, selon une présentation hier à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2019). à Seattle.

Cette baisse est en grande partie imputable au dépistage régulier du VHC et à un effet de traitement en tant que prévention résultant d'une utilisation plus large du traitement par antiviraux à action directe (AAD), a déclaré la présentatrice Dr Lucy Garvey de l'Imperial College Healthcare NHS Trust.

"Afin d'éliminer l'hépatite C en tant que menace majeure pour la santé publique, nous devons réduire le nombre de personnes nouvellement infectées ou réinfectées par le virus", a déclaré Garvey. "Notre étude a montré qu'un meilleur accès aux nouveaux traitements, une surveillance et un dépistage plus étroits peuvent considérablement réduire les cas d'hépatite C, ce qui entraînera de meilleurs résultats pour les patients les plus à risque."

Cependant, une autre étude de la conférence laisse planer un doute sur la possibilité de nous sortir de l’épidémie de VHC. Le Dr Daniel Fierer, de la faculté de médecine Icahn du mont Sinaï à New York, a indiqué que les hommes gais et bisexuels guéris de l'hépatite C étaient en train de se réinfecter sept fois plus que le taux d'infection primaire ou initial. Il a suggéré que la prévention soit aussi importante que le traitement, mais a reconnu que nous ne savons pas vraiment comment prévenir la transmission sexuelle du VHC.

Maintenant que les AAD peuvent guérir plus de 95% des personnes atteintes du VHC en deux ou trois mois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est fixé pour objectif d'éliminer l'hépatite C en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030; L'association britannique contre le VIH a pour objectif de guérir le VHC chez toutes les personnes co-infectées par le VIH et le VHC d'ici 2021. L'élimination de la «microépidémie» dans des populations définies est un bon moyen de commencer, a déclaré Garvey.

Les hommes séropositifs ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), qui semblent principalement attraper le VHC par transmission sexuelle, ne déclarant généralement pas avoir consommé de drogues injectables. La transmission sexuelle du VHC est assez rare dans l'ensemble, mais elle survient plus souvent chez les hommes gais et bisexuels séropositifs.

Baisse de l'incidence du VHC à Londres

L'équipe de Garvey a examiné les tendances de l'incidence de l'infection aiguë par le VHC chez les HSH séropositifs entre juillet 2013 et juin 2018, couvrant la transition de l'ère de l'interféron à l'ère de la DAA. Des études de modélisation antérieures ont permis d’établir des projections concernant l’évolution de l’épidémie de VHC; le présent travail a analysé l'expérience du monde réel.

Cette étude rétrospective portait sur environ 6 000 hommes séropositifs au risque de contracter l'hépatite C dans trois cliniques du centre de Londres: Royal Free NHS Trust, Hôpital St Mary's du Imperial College NHS Trust et Mortimer Market Center, une clinique pour infections sexuellement transmissibles.

À partir de 2016, le NHS offre l'accès au traitement contre le VHC à n'importe quel stade de la maladie du foie, mais ne permet pas d'initier un traitement pour une infection aiguë au cours des six premiers mois (la fenêtre dans laquelle certaines personnes vont éliminer le virus naturellement) ou un traitement secondaire. des AAD pour ceux qui sont réinfectés. Cependant, les trois cliniques ont toutes participé à des essais cliniques portant sur un traitement sans ces restrictions.

Tous les six mois, les chercheurs collectaient des données sur le nombre de premiers diagnostics de VHC aigu et de diagnostics ultérieurs de réinfection aiguë de VHC après traitement ou élimination spontanée, ainsi que sur le nombre de personnes traitées et sur le traitement éventuel avec un AAD ou un traitement à base d'interféron.

Les chercheurs ont identifié 256 diagnostics d'infection aiguë par le VHC au cours de la période d'étude. sur ce nombre, 111 étaient les premières infections et 45 étaient des réinfections. L'âge médian au moment du diagnostic était de 43 ans. Les trois quarts avaient le génotype 1a du VHC, suivis du génotype 4 (11%), du génotype 3 (7%) et du génotype 1b (4%). Une proportion croissante d'hommes sous traitement antirétroviral (ART) avec une charge virale en VIH indétectable, atteignant 100% sous ART et 94% avec une suppression virale en 2018.

Le taux de nouvelles infections à VHC a culminé en 2015, à 17 cas pour 1 000 années-personnes. Les premières infections aiguës - à l'exclusion des réinfections - ont culminé la même année à 15 pour 1000 AP. Après cela, les taux ont diminué de manière abrupte et constante, tombant à six nouvelles infections et à trois premières infections par 1 000 AP en 2018. Cela représente une réduction globale de 68% des nouvelles infections à VHC et de 79% dans les premières infections, selon Garvey.

La baisse à Londres est similaire à la baisse du nombre d'infections aiguës par le VHC à Amsterdam, qui est passée de 11 pour mille par an en 2014 à 6 par mille en 2016, comme indiqué dans CROI 2017 . Cependant, cela ne répond toujours pas à l'objectif de réduction de 90%, soit 1,7 d'infections pour 1000 AP.

La proportion de réinfections par rapport à toutes les infections aiguës a augmenté avec le temps, passant de moins d'un dixième (9%) en 2013 à près de la moitié (47%) en 2018. La voie de traitement a également changé au cours de la période étudiée. De 2013 à 2016, une majorité de patients ont reçu ou attendaient des AAD via le programme NHS, le traitement ayant débuté en moyenne 23 mois après le diagnostic. À partir de 2016, une majorité d'entre eux ont été traités lors d'essais cliniques, avec une attente moyenne de 10 mois.

Au cours des premières années de l’étude, les patients ont différé le traitement de plus de deux ans, reflétant probablement un «entreposage» alors que les patients évitaient un traitement à base d’interféron en attendant que les AAD soient disponibles. Cette attente plus longue peut avoir augmenté la transmission en raison de la durée plus longue de l'infection active, a expliqué Garvey.

"Dans cette importante cohorte londonienne de HSH séropositifs pour le VIH, nous avons observé une nette diminution du nombre de nouveaux diagnostics de VHC aigu depuis le pic atteint fin 2015, sans changement des pratiques de dépistage", ont conclu les chercheurs.

Cependant, Garvey a averti que la réinfection par le VHC reste élevée et peut être en augmentation, soulignant la nécessité de meilleures stratégies de réduction des risques et de la détermination de politiques de dépistage appropriées pour les hommes gais et bisexuels séropositifs et séronégatifs. En outre, at-elle ajouté, la possibilité d'une "micro-élimination" risque d'être perdue si les patients ne sont pas en mesure de traiter les personnes au cours des premiers mois suivant l'infection aiguë et de traiter les réinfections.

Réinfection par le VHC à New York

Le groupe de Fierer a analysé les HSH séropositifs appartenant à une cohorte de la ville de New York et suivis depuis 2000. Environ 50 centres participant au réseau de surveillance de l'hépatite C aiguë de New York dirigent les hommes gais et bisexuels séropositifs pour le VHC vers le Mont Sinaï aux fins d'évaluation et de traitement . La mise en commun de ces cas peu communs permet aux chercheurs de voir des tendances plus larges, a déclaré Fierer.

Les chercheurs ont identifié 305 hommes présentant une réinfection par le VHC: 33 après la clairance spontanée du VHC, 106 après avoir obtenu une réponse virologique soutenue au traitement à base d'interféron et 166 après avoir été guéri avec des AAD. Cela reflète un taux d'incidence de 4,4 pour 100 AP, selon Fierer. Trente-trois hommes ont éliminé leur réinfection. Parmi ceux-ci, six ont eu une réinfection ultérieure, soit un taux de 8,6 pour 100 AP.

L'âge médian des hommes ré-infectés était de 45 ans. Environ 20% étaient noirs et sur les 80% blancs, 22% étaient latinos. Un peu plus de la moitié d'entre eux bénéficiaient d'une couverture de santé publique telle que Medicaid, tandis que les autres avaient une assurance privée. Ici aussi, la plupart suivaient un traitement antirétroviral avec une charge virale en VIH supprimée. Encore une fois, la plupart avaient le génotype 1a du VHC.

La probabilité de réinfection n’a pas différé selon que la clairance était spontanée ou qu’elle résultait d’un traitement par interféron ou par AAD. Les Latinos étaient le seul groupe racial / ethnique avec un taux de réinfection disproportionné. La plupart des réinfections sont survenues au cours des deux premières années suivant la dépollution, mais ont été observées jusqu'à 12 ans plus tard, ce qui indique qu'une surveillance à long terme est justifiée pour cette population.

Le taux de réinfection par le VHC est plus de sept fois plus élevé que le taux d’infection initiale à New York et correspond aux taux de réinfection observés en Europe, a déclaré Fierer. La grande différence entre les taux d'infection initiale et de réinfection suggère que le risque n'est pas réparti de manière égale entre les hommes gais et bisexuels séropositifs, mais se concentre plutôt dans de petits sous-groupes.

"Les réinfections ne doivent pas être stigmatisées - elles indiquent que nous traitons les personnes à risque", a déclaré Fierer, ajoutant que si nous ne traitons pas ce groupe, nous ne pourrons pas éliminer l'hépatite C.

Le taux élevé de réinfection témoigne d'un niveau insuffisant de traitement de l'hépatite C, même si les AAD sont apparemment disponibles depuis la fin de 2013, ont conclu les chercheurs. Fierer a suggéré que les obstacles à l'obtention d'une approbation pour les AAD ont un recours limité au traitement.

Selon Fierer, ces résultats montrent que "nous ne pouvons pas nous sortir de l'épidémie" sans réduire également le nombre de nouvelles infections.

http://www.croiconference.org/sessions/ ... aa-therapy

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Sujet du message:   MessagePosté le: 08 Mar 2019 - 05:35
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Premiers résultats positifs d'un essai de dépistage à domicile des infections sexuellement transmissibles

Malgré la diversité des offres, le recours au dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) reste encore insuffisant, en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). L'étude MémoDépistages, menée par Santé publique France et soutenue par l'ANRS, évalue actuellement l'intérêt d'un dépistage par autoprélèvement à domicile. Le but : déterminer si cette nouvelle offre permet d'augmenter le taux de dépistage. L'étude a été présentée lors de la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) qui se déroule du 4 au 7 mars à Seattle.

60 % ont réalisé les prélèvements

Le dispositif est testé dans quatre régions : Île-de-France, Auvergne-Rhônes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Occitanie est. Près de 7 200 HSH ayant plus de 18 ans et ayant eu au moins deux partenaires au cours de l'année écoulée ont été recrutés via les réseaux sociaux et les applications de rencontres, par le biais de bannières leur proposant de recevoir gratuitement un kit de prélèveement. « Les hommes intéressés ont été amenés à répondre à un questionnaire. S'ils répondaient aux critères d'éligibilité, l'envoi d'un kit leur était proposé », explique au « Quotidien » Nathalie Lydié, coordinatrice de l'étude (Santé publique France).

Quelle que soit la région, la moitié des hommes ayant entrepris cette démarche ont accepté de recevoir le kit à l'issue du questionnaire. Envoyé par courrier, ce kit contient des tests pour le VIH, la syphilis, les hépatites B et C et les infections à chlamydia et gonocoque.

Ils sont 60 % à avoir réalisé les prélèvements (sanguin, urinaire, oral et anal) et à les avoir envoyés au laboratoire.

En Île-de-France, région pour laquelle les premiers résultats ont été dévoilés, 1 188 hommes ont envoyé leurs prélèvements. Au total, 0,7 % d'entre eux (7 participants) se sont révélés positifs pour le VIH, et 19 % ont eu un diagnostic d'infection à chlamydia ou gonocoque. « La majorité des participants ont envoyé des prélèvements complets, ce qui témoigne de la faisabilité du dispositif », souligne Nathalie Lydié.

Dispositif d'accompagnement sur le long terme

Les participants ont pu choisir par quel moyen ils souhaitaient être informés des résultats. « 54 % des hommes ont choisi d'être informés par téléphone en cas de résultat positif », indique Nathalie Lydié. Un accompagnement adapté leur a été proposé ensuite.

« L'objectif de l'étude n'est pas seulement d'évaluer l'intérêt du kit de prélèvements, mais aussi d'évaluer un dispositif d'accompagnement qui permette de favoriser le recours au dépistage chez les HSH sur le long terme », précise Nathalie Lydié. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande en effet un dépistage tous les 3 mois pour cette population. « En pratique, les HSH n'en font pourtant qu'un par an en moyenne », déplore Nathalie Lydié.

Les premiers résultats sont encourageants : 69 % des participants franciliens ont déjà planifié leur prochain dépistage 3 mois après le premier. « Pour ce prochain dépistage, les hommes peuvent choisir entre les différentes modalités disponibles, y compris l'envoi par courrier d'un nouveau kit d'autoprélèvement ou d'un autotest VIH », note Nathalie Lydié. L'étude prévoit un suivi de 18 mois.

« Ces premiers résultats sont positifs. L'adhésion des participants au dispositif témoigne d'une réelle attente et montre que les alternatives mises en œuvre pour le rendu des résultats sont plébiscitées », s'enthousiasme Nathalie Lydié.

Les résultats définitifs sont attendus pour la fin du premier trimestre 2020. Si le dépistage à l'aide des kits de prélèvement fait ses preuves, restera la question de son financement.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... les_866688

CROI 2019 - MémoDépistages : Le dépistage des IST par auto-prélèvements envoyés à domicile par la poste.

«STIs are on the rise» comme l’a rappelé Jeanne Marrazo lors de la 1ère session plénière dédiée aux IST, stars de cette CROI 2019. En plus, de montrer que les principales IST bactériennes (Chlamydia trachomatis (Ct), gonocoque (Ng) et syphilis) augmentaient aux Etats-Unis ; elle a aussi rappelé que les infections asymptomatiques, impliquant une inflammation locale, sont favorables à la transmission du VIH, mais en l’absence de PreP . C'est ici qu'intervient «MémoDépistages».

La présentation orale de l’abstract 49, assurée par Héloïse Delagreverie (Hôpital St-Louis), avec comme 1er auteur le Délphine Rahib (Sté Publique France), est particulièrement intéressante. C’est d’ailleurs la seule communication orale française sélectionnée sur abstract (voir interview) . Il s’agit de l’étude « MémoDépistages », avec le soutien de l’ANRS, une nouvelle stratégie élargie de dépistage des IST par auto-prélèvements envoyés à domicile par la poste dans 4 régions françaises et les résultats de Paris sont présentés ce matin, soit 61 % des participants de l’étude.

L’objectif principal était d’évaluer prévalence et incidence des principales IST dont le VIH . L’autre objectif était d’évaluer l’acceptabilité et la faisabilité de cette méthode (déjà utilisée dans le passé pour Ct, études ChlamyWeb). Les critères d’inclusion étaient des HSH à haut risque, de plus de 18 ans et ne faisant pas partie d’un programme PrEP . Ils ont été recrutés essentiellement via les « applications gay ». Les personnes ayant accepté l’étude recevaient à domicile un kit complet (avec notices explicatives) pour les dépistages sanguins (VIH, VHC, Ag HBs, syphilis) et pour l’écouvillonnage multi-site pour Ct et Ng. Un bilan complet était réalisé à M0 et M6 et un dépistage VIH tous les 3 mois. Plus de 1 000 kits complets et analysables ont été reçus. Les principaux résultats sont présentés dans les Tableaux 1 et 2. Nous pouvons retenir essentiellement 7 découvertes d’infections VIH, dont une primo-infection . Ng est le principal agent d’IST bactérienne dépisté (11,7 %), essentiellement au niveau pharyngé ; Ct arrive en 2ème place (9,6 %), principalement au niveau anal. Au total, près de 1 participant sur 5 était positif pour l’une de ces 2 bactéries. Finalement, d’après les auteurs, l’acceptabilité et la faisabilité étaient très bonnes. Une méthode de dépistage à domicile à suivre.

D’après Rahib D et al., communication orale 49.

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Dernière édition par fil le 08 Mar 2019 - 05:49; édité 1 fois
 
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