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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Oct 2019 - 06:02
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Un système de capteur à ingérer pourrait être utilisé pour suivre l’observance thérapeutique chez les personnes ayant une infection à VIH

• Une étude pilote de 16 semaines montre que le système de capteur à ingérer Proteus Digital Health Feedback (PDHF) pourrait être utilisé chez les personnes ayant une infection à VIH pour le suivi en temps réel du traitement antirétroviral (TAR).
• Le système a efficacement recueilli des mesures en temps réel de la prise des comprimés et a déclenché des rappels par message texte chez 15 personnes ayant une infection à VIH présentant une mauvaise observance du TAR.
• Le message texte et le système global ont été utiles pour la majorité des participants, et le médicament co-encapsulé et la voie d’administration dermique ont été bien tolérés chez 7 participants sur 10.
Une étude pilote de 16 semaines ouvre la voie à l’utilisation du système Proteus Digital Health Feedback (PDHF), une nouvelle technologie approuvée par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration) en 2012 pour la surveillance en temps réel de l’ingestion de médicaments chez les personnes ayant une infection à VIH recevant un TAR.

Le système est déjà utilisé chez les patients présentant des affections exigeant une observance thérapeutique stricte (hypertension, troubles de la santé mentale, tuberculose et greffe). Il est composé d’un capteur à ingérer co-encapsulé avec des médicaments, qui est activé dans l’estomac et par la suite détecté par un timbre dermique de surveillance. Une micropuce envoie un message à un serveur central par signal Bluetooth. Grâce à un système de message court supplémentaire, un rappel texte personnalisé est envoyé sur l’appareil portable du patient.

Quinze personnes ayant une infection à VIH ont été recrutées dans l’étude, chacune ayant une mauvaise observance du TAR. L’âge moyen était de 48 ans. Une personne a arrêté de porter le timbre en raison d’une réaction cutanée et deux ont retiré leur consentement. Bien que de nombreux participants aient manqué plusieurs visites de l’étude, les résultats montrent que le système a recueilli efficacement des mesures en temps réel de la prise des comprimés, ce qui a déclenché l’envoi de rappels par message texte pendant l’étude de 16 semaines.

Lors de chaque visite, plus de 70 % des participants ont indiqué que le comprimé était bien toléré et au moins 75 % ont signalé que le timbre était très ou relativement confortable. Le rappel par message texte, qui n’était utilisé qu’en cas d’oubli d’une dose, n’a pas été utile pour 1 ou 2 participants par visite, tandis que le système de capteur global a été jugé utile par 85 % des participants à la semaine 4 et par 75 % à la semaine 8.

Par conséquent, selon cette étude, les capteurs tels que le PDHF pourraient être mis en place dans la population des personnes ayant une infection à VIH. Des études ultérieures sont nécessaires pour évaluer l’acceptabilité du système dans des groupes sélectionnés et le rapport coûts-avantages.

https://ascpt.onlinelibrary.wiley.com/d ... /cts.12701

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Oct 2019 - 07:23
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Le Descovy® approuvé en Prep aux Etats-Unis

La US Food and Drug Administration (FDA) a approuvé au début du mois d’octobre l’utilisation du tenofovir alafenamide/emtricitabine (Descovy®, Gilead) dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (Prep) chez les personnes fortement exposées à l’infection par le VIH.

Cette nouvelle combinaison contient une autre version du tenofovir, le tenofovir alafenamide (TAF). La concentration plasmatique de ce dernier est moindre que celle du tenofovir disoproxil fumarate utilisé pour le moment en traitement et en Prep, tout en ayant une concentration intra-cellulaire plus importante. Ce qui signifie que le TAF peut être donné à des doses moins importante, diminuant d’autant les risques d’atteintes aux reins, aux os et aux autres organes.

L’efficacité non-inférieure et le profil d’innocuité amélioré du Descovy® a été démontré par l’essai clinique international DISCOVER, mené en double aveugle sur 92 sites aux États-Unis, au Canada et en Europe occidentale. Trois centre français y ont participé (Saint-Louis, Tenon et Nice).

En France, le Descovy® est officiellement autorisé à la vente depuis 2016, mais n’est toujours pas disponible, faute d’accord sur son prix. Dans son avis de juin 2017, la commission de transparence de la Haute autorité de santé (HAS) avait estimé que le Descovy® n’apportait «pas d’amélioration du service médical rendu dans la stratégie de prise en charge des patients infectés par le VIH».

https://vih.org/20191015/le-descovy-app ... tats-unis/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 24 Oct 2019 - 11:05
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VIH : Deux recherches ANRS entrent bientôt en phase de recrutement



http://www.anrs.fr/fr/actualites/666/vi ... ecrutement

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 25 Oct 2019 - 18:37
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20e Congrès de la SFLS: Dépasser le 3×90 pour éliminer le VIH

Le 20e congrès de la Société Française de lutte contre le sida (SFLS) s’est ouvert ce jeudi 24 octobre à La Rochelle, avec pour mot d’ordre: «Innover au-delà des 3 x 90». Alors qu’une baisse significative —mais modeste au regard d’autres pays ou villes— du nombre des nouvelles contaminations est observée en France, comment aller plus loin, vers l’éradication du VIH ou au moins le contrôle de l’épidémie? Les objectifs de l’Onusida pour mettre fin à l’épidémie sont-ils suffisants dans le contexte français? Le 90-90-90 est-il un but en soi ?

Les premières séances plénières de congrès sont souvent difficiles, parce que tôtives, et parce qu’il faut mettre la machine en route. Heureusement, la présentation de Mariam Roncato-Sabéran (Centre Hospitalier de La Rochelle), co-présidente du Congrès, a réveillé les participants encore ensommeillés. Avec beaucoup d’humour et sans reprendre son souffle, à la manière de Questions pour un champion, la praticienne a remercié ses équipes et dénoncer le manque de moyens, et donné le ton d’un congrès qui a choisi d’interroger l’objectif «3 x 90» initié par l’Onusida: 90% de personnes qui connaissent leur statut sérologique, 90% bénéficiant d’un traitement, et 90% avec une charge virale indétectable, pour leur bénéfice direct et celui de l’élimination du risque de transmission. Soit 73% des personnes vivant avec le VIH (en prenant en compte l’épidémie masqué), mis sous traitement avec une charge virale indétectable.

Gwenaël Le Moal (CHU Poitiers), son co-président, a commencé par rappeler toutes les transformations que la lutte contre le VIH avait provoquées, du patient expert et la déclaration de Denvers en 1983 —«Rien sans nous pour nous»— , jusqu’à la déclaration de Doha qui déclarait la primauté du soin sur les brevets, en passant par la création de l’ANRS, agence unique au monde. Le VIH a transformé les systèmes de santé, sous l’impulsion des personnes atteintes, des activistes et des professionnels de la médecine.

Et pour la première fois en France, les chiffres produits par Santé publique France commencent —un peu— à refléter les forces investies dans ces années de luttes. Florence Lot a présenté de nouveau pour Santé publique France, les derniers chiffres de l’épidémie en France, connus depuis la conférence de reconstitution du Fonds mondial à Lyon les 9 et 10 octobre derniers.

Pour la première fois, une baisse de 7% du nombres des contaminations a été constatée entre 2017 et 2018. A Paris, cette baisse est même de 16%, portée essentiellement par les HSH nés en France (- 28 %). Le nombre de dépistage est en hausse en 2018, avec 5,8 millions de test de dépistage réalisés, soit une augmentation de 11% depuis 2013. Le nombre de sérologies positives n’augmente pas, en revanche, ce qui laisse supposer à la fois, l’élargissement du dépistage dans les populations moins exposées, et aussi, une baisse du nombre de personnes vivant avec le VIH dans les populations les plus exposées.

Une baisse notable en France, mais un enthousiasme à tempérer
La médecin de Santé publique France nuance une fois encore ces résultats: Malgré la déclaration obligatoire, les nouveaux cas découverts sont sous-déclarés, que ce soit par les biologistes des laboratoires (68% des cas déclarés en 2017) ou par les praticiens (41% déclarés); Sans que l’on sache s’il s’agit d’une lassitude, indéfendable, des biologistes et des cliniciens ou si le nouveau mode de déclaration obligatoire en ligne a accru cette sous-déclaration. En 2018, la situation devrait un peu s’améliorer, mais de peu, avec respectivement 74% et 52% des cas déclarés. Les données sont donc corrigées, fortement, et notablement sur deux variables essentielles: le mode de transmission et le pays d’origine. Beaucoup d’acteurs de la lutte contre le sida se désolent de cette faiblesse épidémiologique, alors que des chiffres précis et récents sont essentiels à la mise en place de politiques pertinentes.

Concernant les populations, la baisse la plus notable est constatée chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) et les personnes exposées par un rapport hétérosexuel, toutes nées en France. Cette amélioration est à mettre au crédit de l’effet protecteur du traitement comme prévention, et des quelques milliers de personnes sous Prep, quand bien même ce chiffre reste grandement insuffisant.

Pourtant, cette baisse est bien faible comparée à d’autres pays, comme le Royaume-Uni, ou des villes comme San Francisco (- 52%, où pour la première fois le nombre de décès est supérieur au nombre de nouveaux diagnostics) mais aussi Londres (-44 %) ou Nice (-52 %), villes ou pays qui comme la France suivent l’objectif de l’Onusida des «3 x 90» et ses 73% de personnes vivant avec le VIH avec une charge virale indétectable. Dans sa présentation, l’épidémiologiste Virginie Supervie (Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique, UMR-S 1136 INSERM & Sorbonne Université, Paris) a montré que la France a atteint cet objectif, avec 74% des personnes atteintes traitées et indétectables. Pourquoi, alors, sommes-nous encore si loin de l’élimination du VIH?

Modéliser l’élimination
Techniquement, la fin de l’épidémie est considérée atteinte sous plusieurs conditions. Rappelons que l’élimination n’est pas l’éradication, qui est elle la réduction à zéro de l’incidence, dans le monde entier, avec une interruption complète de la transmission et une extinction de l’agent causal, afin qu’il n’existe plus dans l’environnement (les mesures d’intervention ne sont plus nécessaires et il n’y a plus de nouvelles contaminations). Dans le cas des maladies infectieuses, l’élimination est la réduction de l’incidence, jusqu’à ce qu’elle soit nulle, d’une infection causée par un agent spécifique dans une zone géographique délimitée à la suite d’efforts délibérés, mais exigeant tout de même des efforts continus d’intervention.

Dans le modèle mathématique, pour le VIH, l’élimination est considérée atteinte quand l’incidence (le nombre de nouveaux cas pour une population donnée) baisse jusqu’à 1 pour 1000 par an, et que le nombre de contaminations «générées» par une personne vivant avec le VIH au cours de l’infection (donc de la vie pour les personnes non dépistées et non traitées) —aussi appelé R0— est inférieur à 1 (il est actuellement évalué entre 2 et 5), brisant ainsi les chaînes de transmission du virus.



Revenons au «3 x 90». Il n’existe pas de modèle mathématique qui prouverait l’efficacité de cette stratégie. En revanche, des modèles mathématiques concernant l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et l’Australie nous permettent d’arriver à la même conclusion: l’élimination du VIH (la baisse de 80% des nouvelles contaminations dans le cas du modèle australien) ne pourra survenir que si le délai entre l’infection et la mise sous traitement est inférieur à un an.

En France, clairement, c’est là que le bât blesse. Le délai moyen entre infection et dépistage reste beaucoup trop important : il est de plus de 3 ans en moyenne. Des progrès ont été faits pour accélérer ensuite l’accès à un traitement, et le délai entre dépistage et prise du traitement est désormais de 1 mois pour les HSH contre 10 mois auparavant.

Pour Virginie Supervie, l’élimination de la transmission du VIH ne pourra donc pas se faire sans atteindre ces objectifs spécifiques: la réduction des délais entre infection et prise d’un traitement efficace pour les personnes vivant avec le VIH actuellement sans traitement et le contrôle de la charge virale chez les personnes sous antirétroviraux.

Certains ont donc décidé de dépasser les «3 x 90». La ville de Washington souhaite ainsi atteindre les «3 fois 95 + 50», en s’imposant en outre une baisse de 50% du nombre des nouvelles contaminations.

Des connaissances mal… connues
Les nouveaux objectifs que la France devra se fixer pour dépasser les «3 x 90» seront, nous n’en doutons pas, tout aussi difficiles à atteindre. Surtout quand les perceptions liées au VIH n’ont pas progressé aussi vite que la science, comme l’a rappelé la présentation de Philippe Adam (directeur de l’Institute for Prevention and Social Research (IPSR) à Utrecht et Bangkok, Senior Research Fellow at UNSW Sydney).

Dans le cadre de l’enquête PREPARE réalisée en Australie, bientôt publiée, seul 39% des HSH savaient que les traitements efficaces prévenaient la transmission du VIH. Même chez les personnes vivant avec le VIH, le traitement est considéré comme «plutôt» efficace, alors que les études PARTNER ont montré une efficacité de 100%. Seuls 31,9% des HSH séronégatifs étaient disposés à utiliser un jour la Prep, et seuls 50% d’entre eux étaient prêts à avoir des rapports avec des personnes sous Prep. Chez les hétérosexuels, la situation est encore pire, la méconnaissance des dernières avancées concernant le VIH est abyssale.

Pour le chercheur, la mise en place de la Prep et la vulgarisation des progrès concernant le traitement comme prévention doivent s’appuyer sur des outils de sciences comportementales, au risque de rester l’apanage d’une minorité informée. Comme depuis le début de l’épidémie, la lutte contre le VIH ne saurait être que médicale, si on veut s’autoriser enfin à rêver d’un monde sans sida.

Par Charles Roncier, vih.org

https://vih.org/20191025/20e-congres-de ... dtZKNqbAPM

http://www.sfls.aei.fr/ckfinder/userfil ... 260719.pdf

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 26 Oct 2019 - 15:23
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Sida : de nouveaux médicaments pour de nouveaux besoins

Le laboratoire américain Merck-MSD lance en France un nouveau médicament contre le VIH-sida. Dans les pays développés, il faut s'adapter au vieillissement des patients atteints de cette maladie.

Depuis quelques jours, la panoplie dont disposent les médecins pour traiter le VIH-sida en France s'est enrichie d'un nouveau médicament. Le laboratoire américain Merck-MSD a lancé le Pifeltro et le Delstrigo, une trithérapie. D'autres produits de la même famille sont déjà sur le marché, notamment l'Edurant de Janssen (Johnson & Johnson). « Ce produit est particulièrement bien toléré, facile d'utilisation et moins sensible que d'autres aux résistances », se félicite Christine Katlama, spécialiste du VIH à la Pitié Salpêtrière à Paris.

En tout cas dans les essais cliniques, car « il commence seulement sa carrière maintenant, avec l'utilisation dans la vraie vie », reconnaît le médecin. Mais pour donner au Pifeltro-Delstrigo une chance de se faire vraiment une place sur un marché déjà très encombré, Merck-MSD l'a volontairement positionné à un prix nettement inférieur à celui de ses équivalents. A 470,97 euros par mois, le coût du Delstrigo est en effet inférieur de 35 à 40 % à celui des trithérapies les plus récentes, comme le Biktarvy de Gilead ou le Triumeq de ViiV, filiale de GSK, lancées l'an dernier.

En France, Clarisse Lhoste, qui dirige la filiale tricolore de Merck-MSD, espère qu'il « permettra de traiter de 20.000 à 25.000 patients », notamment ceux dont la maladie est sous contrôle, mais qui ont besoin de changer de molécule.

Nouveaux mécanismes d'action

Au plan mondial, les analystes américains estiment son potentiel et celui du Delstrigo à quelque 500 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2023. Pour Merck-MSD, c'est avant tout un moyen de continuer à exister sur le marché du VIH qui croît de 3 à 4 % par an et devrait atteindre les 30 milliards en 2023. Le groupe américain mise bien davantage sur sa prochaine molécule, l'islatravir, actuellement en phase II d'essais cliniques, qui repose sur un mécanisme d'action complètement nouveau.

Si l'infection au VIH est maintenant assez bien contrôlée chez les malades des pays développés , de nouveaux besoins apparaissent. Ils sont liés à l'augmentation de l'âge moyen des patients qui ont aujourd'hui une espérance de vie comparable à celle des personnes non infectées. « On a besoin de molécules avec de nouveaux mécanismes d'action pour élargir les choix thérapeutiques et faire face de façon individualisée aux résistances chez des patients qui ont maintenant parfois une histoire de traitement de plus de vingt ans », explique Jean-Claude Tardy, virologue à l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon.

Bithérapies

« Il faut aussi des molécules avec des durées d'action plus longues, pour permettre une meilleure adhésion au traitement », explique Michel Joly, patron de la filiale française de Gilead, dont les produits traitent la moitié des 145.000 patients français. « L'objectif serait de remplacer le comprimé quotidien par une injection sous-cutanée mensuelle, poursuit Michel Joly, en attendant peut-être, un jour, un traitement curatif auquel nous travaillons aussi ».

Et les molécules doivent aussi être bien tolérées, car les personnes de plus de 50 ans ont souvent d'autres problèmes de santé qui nécessitent des traitements. Les antirétroviraux doivent pouvoir être pris en même temps, sans interactions médicamenteuses néfastes. L'une des pistes suivies consiste à « passer à des bithérapies chez les patients bien contrôlés, pour réduire le nombre de molécules et donc d'interactions », explique Christine Katlama. C'est ViiV qui s'est engagé dans cette voie avec le Juluca et le Dovato. Reste à savoir si ces bithérapies seront assez efficaces à long terme. Même dans les pays développés, on n'en a donc pas encore fini avec le VIH.

https://www.lesechos.fr/industrie-servi ... ns-1142986

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 28 Oct 2019 - 14:42
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Combien de femmes enceintes échappent au dépistage VIH ?

• En France, 1% des femmes échapperaient au dépistage prénatal du VIH.
• Celles qui sont considérées à moindre risque ou pour lesquelles la prise en charge est partagée entre plusieurs professionnels de santé sont celles qui sont le plus à risque de ne pas en bénéficier.
Les professionnels de santé doivent systématiquement proposer aux femmes un test de dépistage du VIH au cours du premier trimestre de grossesse et au moins un autre test avant le début du troisième trimestre chez celles présentant un haut risque d’infection. L’Enquête Nationale Périnatale 2010 a montré notamment que 8,0% des femmes avaient déclaré ne pas en avoir bénéficié parce que le professionnel de santé ne le leur avait pas proposé, 4,5% parce qu’elles avaient eu un test négatif peu de temps avant la grossesse et 1,0% avaient avoir refusé le dépistage. La réactualisation des données permet de disposer d’une photographie plus contemporaine du dépistage prénatal du VIH en France.

Un taux de séropositivité de 0,15%

Cette enquête a pris place dans toutes les maternités françaises et visait à inclure durant une semaine toutes les naissances ayant eu lieu à partir de la 22 e semaine de grossesse ( ≥500 g) , soit 14.142 enfants nés de 13.894 femmes, avec un questionnaire médical disponible pour 95,3% d’entre elles. Leur analyse a montré que 96,8% de ces femmes avaient été dépistées pour le VIH, tandis que 1,0% d’entre elles ne l'avaient pas été (informations manquantes pour 2,2%). Le test a permis d’identifier une séropositivité chez 19 femmes, soit 0,15% de celles ayant bénéficié du dépistage.

Si ces chiffres illustrent l’efficacité du dispositif français, ils permettent aussi d’apporter des repères afin de l’améliorer : ainsi, l’analyse multivariée montre que le fait d’être pacsée, d’avoir un niveau d’éducation intermédiaire (1-2 années post-bac) ou être multipare était associé à de moindres chances de participation, sans doute parce que les professionnels de santé étaient moins vigilants envers ces populations jugées à risque moindre. Par ailleurs, ce risque était aussi plus élevé chez les femmes qui étaient suivies par plusieurs professionnels de santé ou par un médecin généraliste durant les premiers mois de grossesse, suggérant une perte d’information au cours de la prise en charge. Enfin, celles qui avaient eu des soins prénataux inadéquats et qui travaillaient à temps partiels avaient également moins de chance de bénéficier d’un tel dépistage.

Il est important que les femmes pour lesquelles le risque semble faible fassent l'objet d'une vigilance visant à ce qu'elles n'échappent pas au dispositif français de dépistage.

Références :

Tran TC et al Antenatal HIV screening: results from the National Perinatal Survey, France, 2016. Euro surveill. 2019 oct;24(40). doi: 10.2807/1560-7917.es.2019.24.40.1800573. PMID: 31595877

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 30 Oct 2019 - 16:50
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Nano-Vision sur l’assemblage du VIH-1

Le virus de l’Immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) utilise la cellule hôte pour créer de nouveaux virus, de la réplication de ses gènes à son enveloppe. Dans leur dernière étude soutenue par l'ANRS et parue dans Science Advances, l'équipe co-dirigée par Delphine Muriaux et Cyril Favard à l’Institut de Recherche en Infectiologie de Montpellier (IRIM, CNRS UMR 9004) a étudié la modification par le virus de cette enveloppe lipidique dans la cellule hôte. Les chercheurs ont observé sur des cellules vivantes le mouvement de lipides de la membrane cellulaire grâce à une technique de microscopie innovante permettant une résolution de l'ordre du nanomètre. Ainsi, ils ont pu montrer que la protéine d'assemblage Gag du VIH-1 interagit sélectivement avec certains lipides membranaires et les trie à son avantage.


Comme le font habituellement les virus, le VIH-1 détourne les molécules des cellules pour les utiliser. Jusqu'à présent, il était admis que la protéine d’assemblage du VIH-1 (appelée Gag) utilisait les « radeaux lipidiques », zones bien spécifiques de la membrane de la cellule, pour former son enveloppe virale.


Or, dans leur dernière étude soutenue par l'ANRS et parue dans Science Advances, le 2 Octobre 2019, les Drs Delphine Muriaux et Cyril Favard, en étroite collaboration avec le Pr. Christian Eggeling et le Dr. Jakub Chojnacki de l’équipe Nanoimmunology de l’Université d’Oxford (UK) et de l’Université de Jena (Germany), ont montré que cet assemblage se faisait différemment.


La sélection des lipides de la membrane cellulaire par la protéine Gag du VIH-1 a pu être observée en direct sur des cellules immunitaires (des lymphocytes T CD4+) vivantes grâce à une technique avancée de microscopie, à haute résolution [1].


Ainsi, ils ont pu observer que la protéine Gag interagit spécifiquement non pas avec une zone pré-définie de la membrane cellulaire, mais avec des lipides spécifiques. Gag réaliserait donc une opération de « tri » des lipides lors de la formation de l'enveloppe du VIH-1.


« Cette étude ouvre de nouvelles perspectives sur le traitement du virus HIV-1 » explique Delphine Muriaux. « En effet, cibler les lipides spécifiquement recrutés par le VIH-1 permettrait de développer de nouvelles stratégies antivirales ciblant les étapes tardives de la réplication du virus responsable du SIDA. »



[1] Scanning STED FCS (scanning STimulated Emission Depletion Fluorescence Correlation Spectroscopy): Méthode de nanoscopie qui consiste à mesurer en parallèle la fluctuation des intensités de fluorescence sur plusieurs points du même échantillon.



Source :

HIV-1 Gag specifically restricts PI(4,5)P2 and cholesterol mobility in living cells creating a nanodomain platform for virus assembly. C. Favard, J. Chojnacki, P. Merida, N. Yandrapalli, J. Mak, C. Eggeling, D. Muriaux. Science Advances, Oct 2nd, 2019. Science Advances, 02 Oct 2019: Vol. 5, no. 10,
DOI: 10.1126/sciadv.aaw8651

https://advances.sciencemag.org/content/5/10/eaaw8651

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 08 Nov 2019 - 06:23
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Un nouveau sous-virus du VIH identifié

L'identification d'un nouveau sous-virus du VIH permet à la communauté scientifique de disposer d'une longueur d'avance dans la lutte contre le Sida. Le VIH est en effet un virus en constante évolution et l'identification d'une nouvelle souche permet d'adapter les tests et les traitements.

Un nouveau sous-type du VIH vient d'être identifié par les scientifiques du laboratoire américain Abbott. Ces travaux ont été publiés le 6 novembre dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndrome (JAIDS). Ce nouveau sous-type appartient au groupe M du VIH-1, souche du virus la plus répandue et responsable de 90% des infections par le VIH au niveau mondial. C'est la première fois depuis 19 ans qu'un nouveau sous-type du VIH est ainsi identifié, ce qui devrait contribuer à mieux lutter contre la pandémie du SIDA.

Si les efforts déployés par la communauté des chercheurs et des médecins dans le monde entier laissent entrevoir aujourd'hui une fin possible de cette pandémie qui a touché depuis le début des années 80 plus de 75 millions de personnes, les chercheurs restent en permanence vigilants pour surveiller d'éventuelles nouvelles souches nécessitant d'adapter les tests et les traitements. "Pour mettre fin à la pandémie de VIH, nous devons suivre ce virus en constante évolution", explique Carole Mc Arthur, professeur à l'université du Missouri à Kansas City.

Un échantillon collecté en 2001
Pour déterminer si un virus inhabituel est en fait un sous-type du VIH, il est nécessaire que trois cas soient découverts indépendamment. Les deux premiers échantillons du sous-type qui vient d'être identifié avaient été découverts en République Démocratique du Congo dans les années 80 et 90. Mais l'identité précise du troisième, collecté en 2001, n'avait pu être établie en raison de la quantité de virus contenue dans l'échantillon et des limites de la technologie disponible à cette époque.

C'est en utilisant les technologies les plus avancées dans le séquençage du génome que l'identification de ce sous-virus est devenue possible. "Identifier de nouvelles souches comme celle-ci revient à chercher une aiguille dans une botte de foin. En utilisant la technologie de séquençage de nouvelle génération, nous disposons d'un aimant capable de retirer l'aiguille", souligne Mary Rodgers, responsable du programme de surveillance virale chez Abbott et l'un des auteurs de l'étude publiée dans JAIDS.

https://journals.lww.com/jaids/Abstract ... 96307.aspx

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 11 Nov 2019 - 17:24
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Un système de capteur à ingérer pourrait être utilisé pour suivre l’observance thérapeutique chez les personnes ayant une infection à VIH

Une étude pilote de 16 semaines montre que le système de capteur à ingérer Proteus Digital Health Feedback (PDHF) pourrait être utilisé chez les personnes ayant une infection à VIH pour le suivi en temps réel du traitement antirétroviral (TAR).
Le système a efficacement recueilli des mesures en temps réel de la prise des comprimés et a déclenché des rappels par message texte chez 15 personnes ayant une infection à VIH présentant une mauvaise observance du TAR.
Le message texte et le système global ont été utiles pour la majorité des participants, et le médicament co-encapsulé et la voie d’administration dermique ont été bien tolérés chez 7 participants sur 10.
Une étude pilote de 16 semaines ouvre la voie à l’utilisation du système Proteus Digital Health Feedback (PDHF), une nouvelle technologie approuvée par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration) en 2012 pour la surveillance en temps réel de l’ingestion de médicaments chez les personnes ayant une infection à VIH recevant un TAR.

Le système est déjà utilisé chez les patients présentant des affections exigeant une observance thérapeutique stricte (hypertension, troubles de la santé mentale, tuberculose et greffe). Il est composé d’un capteur à ingérer co-encapsulé avec des médicaments, qui est activé dans l’estomac et par la suite détecté par un timbre dermique de surveillance. Une micropuce envoie un message à un serveur central par signal Bluetooth. Grâce à un système de message court supplémentaire, un rappel texte personnalisé est envoyé sur l’appareil portable du patient.

Quinze personnes ayant une infection à VIH ont été recrutées dans l’étude, chacune ayant une mauvaise observance du TAR. L’âge moyen était de 48 ans. Une personne a arrêté de porter le timbre en raison d’une réaction cutanée et deux ont retiré leur consentement. Bien que de nombreux participants aient manqué plusieurs visites de l’étude, les résultats montrent que le système a recueilli efficacement des mesures en temps réel de la prise des comprimés, ce qui a déclenché l’envoi de rappels par message texte pendant l’étude de 16 semaines.

Lors de chaque visite, plus de 70 % des participants ont indiqué que le comprimé était bien toléré et au moins 75 % ont signalé que le timbre était très ou relativement confortable. Le rappel par message texte, qui n’était utilisé qu’en cas d’oubli d’une dose, n’a pas été utile pour 1 ou 2 participants par visite, tandis que le système de capteur global a été jugé utile par 85 % des participants à la semaine 4 et par 75 % à la semaine 8.

Par conséquent, selon cette étude, les capteurs tels que le PDHF pourraient être mis en place dans la population des personnes ayant une infection à VIH. Des études ultérieures sont nécessaires pour évaluer l’acceptabilité du système dans des groupes sélectionnés et le rapport coûts-avantages

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 15 Nov 2019 - 13:17
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Un candidat pour le développement de vaccins contre le VIH-1
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L'élaboration d'un vaccin préventif anti-VIH représente la meilleure solution pour contrôler et éradiquer l'épidémie d'infections par le VIH. La clef du développement d'un vaccin contre le VIH est l'induction d'anticorps neutralisants à large spectre (bnAb). Les classes de bnAb actuellement connues sont dirigées contre six régions fonctionnelles de la protéine d'enveloppe (gp120 + gp41) du VIH. Plusieurs bnAb puissants qui ciblent un épitope très conservé situé sur gp41 ont été identifiés. Des candidats pour le développement d'un vaccin basé sur des peptides mimant cet épitope ont été testés sans succès. Quelle est la raison de ces échecs ?

Dans cette étude, les chercheurs de l'Irig et leurs collaborateurs ont caractérisé un nouveau bnAb humain très puissant (LN01) dirigé contre l'épitope appelé "MPER gp41" du VIH. Cet épitope neutralise 92% d'un panel de 118 souches virales. En examinant les détails structuraux et moléculaires de la neutralisation du virus par l'anticorps LN01, les chercheurs ont montré que, en plus de l'épitope MPER, l'interaction de LN01 avec gp41 nécessite une partie de la région transmembranaire (TM) de gp41. En révélant que l'épitope MPER et la région transmembranaire TM forment ensemble une hélice continue en complexe avec LN01, les études structurales menées ont permis d'élucider le rôle de cette région transmembranaire TM et l'importance de l'interaction de LN01 avec les lipides pour la neutralisation du virus. (Figure). En s'appuyant également sur des études utilisant la simulation dynamique moléculaire, les chercheurs proposent un modèle d'interaction de LN01 avec son épitope inséré dans la membrane virale. Ainsi, leurs résultats indiquent que la stabilisation de l'hélice formée par MPER-TM, par exemple par des moyens chimiques, pourrait favoriser l'immunogénicité et donc la stimulation des lymphocytes B qui participent aux défenses naturelles de l'organisme contre le VIH.

Toutes ces données démontrent qu'un candidat pour le développement de vaccins doit comprendre les domaines MPER et transmembranaire de gp41 correctement insérés dans une bicouche lipidique pour induire des anticorps neutralisants à large spectre puissants.

Les six régions fonctionnelles de la glycoprotéine d'enveloppe Env englobent la boucle V2 située à l'apex de Env, le site riche en glycane V3, le site de liaison CD4, la région d'interface gp120-gp41, la face silencieuse gp120 et la région externe proximale membranaire (MPER) situé sur gp41.

Note:
Épitope: partie d'un antigène pouvant être reconnue par un anticorps spécifique qui lui correspond et qui peut stimuler la production de cet anticorps. La liaison d'un anticorps à un antigène se produit au travers d'une région spécifique. Une protéine peut souvent contenir plusieurs épitopes auxquels les anticorps peuvent s'agripper. Les antigènes sont généralement des peptides, des protéines et des polysaccharides. Des antigènes plus complexes sont parfois composés des plusieurs de ces molécules mais aussi de lipides ou ADN.

Références publication:

Pinto D, Fenwick C, Caillat C, Silacci C, Guseva S, Dehez F, Chipot C, Barbieri S, Minola A, Jarrossay D, Tomaras GD, Shen X, Riva A, Tarkowski M, Schwartz O, Bruel T, Dufloo J, Seaman MS, Montefiori DC, Lanzavecchia A, Corti D, Pantaleo G and Weissenhorn. Structural basis for broad HIV-1 neutralization by the MPER-specific human Broadly neutralizing antibody LN01. Cell Host Microbe, 2019

https://www.techno-science.net/actualit ... 18991.html

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 19 Nov 2019 - 05:10
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EACS 2019 — Pr Jürgen Rockstroh : les points forts de la 17e Conférence de l’EACS à Bâle

Président actuel de la Société européenne de recherche clinique sur le SIDA (European AIDS Clinical Society, EACS) et coprésident de la Conférence de l’EACS, Pr Jürgen Rockstroh a partagé avec nous les points forts de la 17e Conférence de l’EACS, organisée à Bâle en novembre 2019 :

« Nous ne sommes qu’à 8 semaines de l’échéance des objectifs 90-90-90 prédéfinis pour 2020 par ONUSIDA. Où en sommes-nous ? Je pense qu’il s’agit là d’un point essentiel de discussion et d’interaction. Évidemment, certains pays sont sur une très bonne voie : La Suède et le Royaume-Uni ont largement atteint les objectifs 90-90-90. La ville de Londres a même déclaré avoir atteint 95-95-95. Cependant, il est évident que d’importants défis subsistent, surtout en Europe de l’Est et en Asie centrale, et qu’ils contribuent malheureusement à ce qui est probablement l’augmentation la plus importante des nouvelles infections dans le monde. En conséquence, nous faisons face à un immense défi dans l’ensemble de la région Europe de l’OMS. Je pense que nous sommes réunis pour discuter de bons modèles de soins, afin de déterminer où les choses fonctionnent, où les patients sont pris en charge, où la poursuite des soins est efficace et où en est la mise en œuvre de la PrEP en Europe de l’Est. Est-ce qu’elle fonctionne et modifie-t-elle l’épidémiologie ? Quelles leçons pouvons-nous en tirer ? Comment pouvons-nous traduire ces résultats en mesures à mettre en œuvre dans ces régions ?

En ce qui concerne le contexte allemand, permettez-moi de le souligner, en tant que médecin pratiquant en Allemagne, que le pays est également très proche d’atteindre les objectifs 90-90-90, le deuxième et le troisième 90 sont atteints, et le premier n’est qu’à 87 %. Cependant, je pense que l’on peut dire que grâce à l’introduction de l’autotest et de la PrEP, qui depuis le 1er septembre est remboursable par les régimes d’assurance maladie nationaux, nous allons observer une augmentation du dépistage au sein des populations à risque qui devrait probablement faire évoluer la situation. Je suis donc persuadé que nous serons en mesure d’atteindre et de dépasser le dernier objectif 90, même dès cette année, puisque les chiffres sont présentés chaque année le 1er décembre.

Pour moi, il s’agit probablement de l’un des points les plus importants de la conférence. En ce sens, il est évident que les outils de prévention disponibles en Europe, en particulier en Autriche et en Allemagne, ont véritablement changé la donne. Cependant, l’augmentation des MST chez les utilisateurs de PrEP fait l’objet d’un débat controversé. Je pense donc que nous devrons essayer de déterminer de quelle manière l’immunologie globale évolue et nous allons forcément nous pencher sur les données de l’ANRS qui montrent une baisse des nouvelles infections depuis l’introduction de la PrEP en France. En dehors de l’Angleterre, il s’agit donc du second pays où le taux de réussite rapporté est supérieur à l’analyse présentée pour l’Amérique du Nord. Je pense que nous allons sûrement découvrir de nouvelles informations sur l’évolution de la PrEP et des IST puis, comme lors de chaque conférence de l’EACS, nous allons établir un nouvel ensemble de recommandations qui formera la version 10.1. Nous allons assister à un élargissement des schémas prioritaires pour le traitement de première intention, et nous partagerons de nouvelles informations importantes concernant la prise en charge des comorbidités, qui est essentielle dans le cadre de la prise en charge de la population vieillissante, sachant que la moitié des patients allemands ont plus de 50 ans. Un excellent outil pour le suivi de la MCV, de la maladie rénale et d’autres problèmes de santé sera disponible en Allemagne.

Ensuite, nous allons nous confronter aux questions qui continuent de faire débat, par exemple la prise de poids sous médicaments antirétroviraux. Toute une session parallèle est consacrée à la prise de poids, avec de nouvelles données concernant la pathogenèse et les raisons pour lesquelles ces médicaments peuvent entraîner une prise de poids. Nous avons également quelques données concernant les nouvelles voies d’administration des agents qui ont une demi-vie longue, telles que les implants, les injections, etc.

Cependant, la première priorité reste véritablement l’amélioration des traitements de référence en Europe, en augmentant l’implication de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale. Une grande session concernant les traitements de référence est organisée samedi, et les résultats d’un premier audit pilote concernant les co-infections dans différents pays seront présentés, avec notamment la participation de centres de recherche allemands.

Nous allons également évaluer le programme de l’Initiative accélérée pour les villes (Fast-Track Cities).

La conférence promet d’être passionnante et devrait permettre d’améliorer la prise en charge des patients dans toute l’Europe ! »

Références :

https://eacs-conference2019.com/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 19 Nov 2019 - 05:18
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EACS 2019 — Les défis actuels et émergents dans le domaine du VIH

• La recherche moléculaire concernant l’infection par le VIH pourrait permettre de découvrir un remède, et de nouveaux médicaments ont été développés ou recommandés.
• Des approches préventives efficaces sont en place, mais une amélioration est possible au niveau de leur mise en œuvre.
• La population vieillissante vivant avec le VIH représente un nouveau défi.
• Des efforts importants sont nécessaires pour optimiser les traitements de référence.
Pourquoi est-ce important ?

• Malgré les avancées, des défis subsistent dans de nombreux aspects de la prise en charge du VIH et de nouveaux défis émergent.


Dans le scénario actuel, qui évolue rapidement, plusieurs problèmes subsistent ou émergent et doivent être résolus. Tous ont fait l’objet de longues discussions lors de la 17e Conférence européenne sur le SIDA à Bâle.

Développement d’un traitement curatif du VIH

De nombreux chercheurs scientifiques ont participé à la conférence, ce qui a permis de mettre en lumière plusieurs nouveaux aspects cellulaires et moléculaires de l’infection par le VIH à l’occasion d’un atelier dédié. Pour atteindre l’objectif de la guérison, les chercheurs scientifiques, les chercheurs cliniques et les personnes infectées par le VIH doivent forcément travailler ensemble.

Prévention du VIH

La conférence a confirmé que la prévention est l’un des principaux facteurs décisifs de l’épidémiologie du VIH, avec plusieurs présentations axées sur le fait que la PrEP représente une approche préventive majeure. Des inquiétudes subsistent sur le terrain, par exemple en ce qui concerne les inégalités en Europe, la compensation du risque ou la fréquence des dépistages. La PrEP ne peut pas être l’alpha et l’oméga de la prévention, une approche combinée est essentielle pour la prévention efficace du VIH et nécessite des interventions personnalisées.

Nouveaux médicaments et toxicité du traitement antirétroviral

Les choses évoluent très rapidement dans ce domaine, puisque des médicaments actifs sont disponibles pour chaque étape de l’infection par le VIH. Nombre de ces nouveaux médicaments ont été développés pour leur activité à long terme et afin d’utiliser de nouvelles voies d’administration, telles que des timbres transdermiques. Ceci, associé aux nouvelles recommandations de traitement, pousse à développer des traitements plus personnalisés et à éviter certains effets indésirables, tels que la prise de poids.

Vieillir avec le VIH

Une session était consacrée aux patients vieillissants, qui représentent une proportion importante de la population infectée par le VIH et qui présentent des besoins spécifiques, principalement liés à la fragilité, aux comorbidités et à la polymédication. Les médicaments toxiques auxquels les patients ont été exposés par le passé ont également leur importance. La collaboration entre les spécialistes et la personnalisation des services sont nécessaires pour répondre à ces besoins.

Traitements de référence en Europe

La définition des traitements de référence est nécessaire pour permettre un diagnostic et un traitement rapides. La situation en Europe est très variable, et les problèmes et priorités spécifiques doivent être identifiés dans chaque région avec les diverses ressources qui y sont disponibles. C’est en cela que les traitements de référence peuvent diverger.

Références :

Rockstroh J, Wensing A, Sullivan A, Orkin C, Barber T, Vovc E. Press Conference. Friday, November 8, 2019. Presented at 17th European AIDS Conference – EACS (Basel, Switzerland).

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 21 Nov 2019 - 12:50
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1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida



A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida (1er décembre), le Pr François Dabis, directeur de l’Agence nationale de recherches sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) fait le point sur la maladie, l’état des recherches en France et au plan international et précise la position de l’Agence, établissement unique en Europe, dans les nombreux progrès obtenus par les équipes françaises.

1. Les nouvelles contaminations en France ont baissé : est-ce à dire que nous sommes arrivés à la « fin du sida » ?

François Dabis
: Parlons du cas de la France en premier lieu. Les données disponibles [au 20 novembre 2019] estiment qu’en 2018, près de 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité VIH (56% par rapports hétérosexuels, 40% lors de rapports sexuels entre hommes et 2% par usage de drogues injectables). Entre 2013 et 2018, le nombre total de découvertes de séropositivité a diminué de 7%[1]. Cette diminution récente devra être confirmée avec le recul d’une année supplémentaire, estime Santé publique France. C’est plutôt une bonne nouvelle mais en effet, les tendances ne pourront véritablement être appréciées qu’avec davantage de données d’ici un an ou deux.

Mais reconnaissons-le, on est encore loin de la « fin du VIH/Sida ». Pour cela, en France comme ailleurs dans le monde, il faudrait d’abord utiliser de manière quasi systématique les moyens déjà à notre disposition et que la recherche a mis au point depuis cinq ans : dépistage et traitement universels, prophylaxie préexposition (PrEP) ; ils sont incroyablement efficaces et encore insuffisamment utilisés par tous ceux qui en ont besoin. La recherche en sciences humaines et sociales et en santé publique peut faciliter l’identification des meilleures stratégies à adopter en fonction des populations cibles et des contextes : hommes ayant des rapport avec des hommes (HSH), migrants, personnes en détention, travailleur(se)s du sexe, consommateurs de drogues par voie injectable.

Un des rôles essentiels joué par l’Agence que je dirige est de promouvoir et soutenir des recherches pour améliorer la prévention, l’accès au dépistage et aux soins des populations vulnérables, servant ainsi d’appui à la décision en santé publique en France et à l’international.

Dans le domaine de la recherche en prévention, l’étude ANRS Prévenir est un bon exemple. Démarrée en 2017, elle évalue sur plus de 3 000 personnes séronégatives, à risque élevé de contamination et résidant en Ile-de-France l’impact de la PrEP sur le contrôle de l’épidémie. Grâce à Prévenir, il sera ainsi possible, l’année prochaine sur la base du suivi détaillé effectué pendant trois ans de ce large échantillon, d’apprécier en détail le degré d’efficacité de la PrEP sur l’évolution des contaminations et leurs déterminants. Nous intensifions actuellement dans ce cadre la recherche sur les infections sexuellement transmissibles et leur prévention par l’usage d’antibiotiques et de vaccins[2].

A l’échelle de la population française, l’ANRS a mis en place et finance des recherches qui permettent de mieux comprendre les situations des populations les plus exposées et les facteurs qui limitent leur recours au dépistage et aux soins. Car il faut rappeler qu’aujourd’hui, une personne séropositive traitée, est une personne dont la charge virale (la quantité de virus dans le sang) est contrôlée, et donc qui ne transmet plus le virus. D’où l’importance de dépister tôt. La compréhension des déterminants qui favorisent ou freinent l’accès au dépistage précoce de ces populations « cachées » (travailleurs du sexe, prisonniers, personnes qui s’injectent des drogues) doit permettre de préciser la décision en santé publique, pour, in fine viser le contrôle de l’épidémie, si possible d’ici 2025 en France. L’étude des contextes sociaux et des usages, de ces populations vulnérables est donc un axe de recherche soutenu par l’Agence. L’étude ANRS Parcours s’est intéressée aux trajectoires des migrants d’Afrique sub-saharienne et a documenté leur difficulté d’accès aux dépistages et soins sur notre territoire[3]. L’étude ANRS Makasi qui a commencé cette année s’attaque à l’amélioration de l’empowerment en santé sexuelle pour réduire les vulnérabilités sociales des immigrés africains et caribéens en IIe-de-France. Nous lancerons en 2020 l’essai randomisé national ANRS NOTIVIH pour tenter de démontrer que la notification aux partenaires après la découverte d’une séropositivité apporte des avantages en termes de réduction des risques de transmission. Cette approche, fréquemment utilisée dans les pays nordiques et anglo-saxons, nécessite en effet d’être documentée par de la recherche avant de figurer au code de la santé publique en France.

Dans le monde, la situation est très inégale selon les régions avec une flambée (le mot n’est pas trop fort) dans les pays d’Asie Centrale et d’Europe de l’Est et un relatif contrôle de l’épidémie, notamment en Afrique Australe mais aussi dans certains pays où nous travaillons depuis longtemps comme le Burkina Faso. Le projet ANRS CohMSM mené dans trois pays d’Afrique de l’Ouest vise à optimiser le « lot de services en prévention » chez les HSH africains incluant la PrEP. Le projet ANRS PRINCESSE vise quant à lui à optimiser l’offre de services en santé de la reproduction, dont la PrEP, pour les travailleuses du sexe dans deux villes de Côte d’Ivoire.

Mais, la « fin du VIH/Sida » passe aussi par des recherches en science fondamentale et en recherche translationnelle, pour se projeter à l’échelle 5-10 ans. Il est nécessaire de mieux comprendre les mécanismes biologiques, immunologiques liés aux interactions du virus et de l’organisme, et il faut commencer à étudier de nouvelles approches, notamment immunologiques, à visée de guérison ou de rémission dans une population prenant déjà des antirétroviraux. Cela se réalise au travers de modèles animaux, d’études physiopathologiques chez l’homme, de cohortes et si possible d’essais thérapeutiques. Sans oublier la recherche sur le vaccin.

2. Quels sont et où sont les défis maintenant? Quelle est l’implication de l’Agence dans ce contexte ?

F D
: Comme je viens de l’exposer, il n’y aura pas de fin à cette épidémie si d’abord nous ne facilitons pas l’accès au dépistage, au traitement et à la PrEP pour tous ceux qui en ont besoin. Ensuite, un des axes d’innovation actuel vise à simplifier encore les prises de médicaments. Les compagnies pharmaceutiques ont mis au point une première série de formulations injectables d’antirétroviraux et travaillent sur des implants. Il est de la responsabilité de l’ANRS de construire et d’évaluer des stratégies de prévention et prise en charge prenant en compte ces innovations, notamment pour les pays du Sud.

Nous devons toujours viser des solutions les plus universelles possibles, et donc éviter les inégalités de situation entre le Nord et le Sud. Au Sud, l’ANRS s’appuie sur son réseau d’expertise dans huit pays en Afrique, Asie et Amérique du Sud mais ses projets se conduisent désormais dans 25 pays au total.

J’identifie aujourd’hui trois types de défis de nature différente qui structurent les grandes priorités que j’ai retenues pour l’Agence.

î Les défis de la recherche fondamentale et translationnelle, principalement explorés en France : mieux connaître les mécanismes d’actions du virus et la réponse du système immunitaire (consortium ANRS RHIVIERA), la localisation des réservoirs (essai ANRS DOLUVOIR).

Après plusieurs années de développement grâce à des partenariats institutionnels et internationaux, le programme scientifique du Vaccine Research Institute (VRI) soutenu par l’ANRS se concrétise avec le lancement d'au moins 2 projets d’essais vaccinaux en 2020 : un essai thérapeutique de phase II, dans le cadre d’un consortium européen piloté par la France (Essai EHVA T02/ANRS VRI07), et un autre essai thérapeutique de phase II (ANRS VRI04 (DALIA 2) innovant ciblant les cellules dendritiques (immunothérapie), actuellement en cours d’évaluation auprès des autorités compétentes. En matière de vaccin préventif, la France est également présente avec des essais vaccinaux prophylactiques de phase I prévus à partir de 2020 (ANRS VRI06) et coordonne l'un des deux consortiums européens sur le sujet jusqu’en 2022

Nous avons une génération de jeunes chercheurs français brillants, nous devons leur permettre de s’installer, consolider leurs laboratoires en attirant doctorants et post-doctorants et renforcer ainsi notre dispositif de recherche qui fait que la France est toujours au 1er plan international, depuis la découverte du virus, en 1983 qui a valu le Prix Nobel de médecine à Françoise Barré Sinoussi et Luc Montagnier en 2008.

î Les défis de la recherche opérationnelle, principalement au Sud : il nous faut mieux définir les conditions du passage à l’échelle des moyens de prévention et de traitement existants pour contrôler l’épidémie. Les résultats de l’essai ANRS Namsal auxquels sont parvenus des chercheurs franco-camerounais, étaient très attendus pour valider le choix du passage au dolutégravir dans les traitements de première ligne par l’OMS[1]. Nous allons maintenant poursuivre cette étude avec le concours d’Unitaid car des questions à long terme se posent, celles relatives notamment aux prises de poids excessives et à leurs conséquences. J’ai déjà cité notre engagement à mener des recherches utiles quant à l’usage de la PrEP dans les populations les plus vulnérables en Afrique.

î Les défis de la recherche pour les personnes vivant avec le VIH

Pour les personnes qui vivent avec le VIH comme maladie chronique nécessitant un traitement quotidien à vie, toute simplification est bonne à prendre et constituera une nouvelle option. J’ai déjà cité les formes injectables d’antirétroviraux. L’essai ANRS Quatuor présenté lors de la conférence IAS 2019 a beaucoup fait parler de lui car un traitement quatre jours sur sept au lieu de 7 jours sur 7 pourrait améliorer la vie des personnes[2]. Nous attendons les résultats complets de cet essai dans l’année à venir. L’essai de simplification ANRS Altar vient de débuter[3] et avons plusieurs projets sur le vieillissement et les comorbidités. Ces sujets vont être au cœur des nouvelles recommandations nationales du groupe d’experts VIH, hépatites virales et IST que l’Agence, avec le Conseil National du Sida réunira prochainement.

3. Les moyens pour relever ces défis sont-ils suffisants?

La conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, accueillie en octobre par la France (à Lyon) l’a montré : il faut de la bonne science, comme base de décision aux financements publics et privés internationaux. Je crois qu’au plus haut niveau dans ce pays, on sait que la science doit servir à fonder la décision publique en santé et que l’investissement dans la recherche est payant. Le Ministère des Affaires Etrangères soutient toujours directement les travaux de l’ANRS au Sud au travers des postes d’assistants techniques internationaux dans les pays.

La recherche scientifique et médicale est absolument essentielle pour la riposte aux maladies et la résolution des grands problèmes de santé dont le VIH/Sida fait toujours partie. La très bonne qualité de la recherche française sur le VIH et les hépatites est un atout exceptionnel pour l'atteinte de ces objectifs internationaux. L'étude bibliométrique que nous avons menée l’an dernier (sur la période 2013-2017) montre que la France est le deuxième pays européen en nombre de publications scientifiques dans le domaine du VIH/sida et le quatrième au niveau mondial pour la part des publications figurant dans le top 1% mondial (meilleures publications) sur cette infection[1].

Enfin, il est désormais impossible de considérer la recherche et la prise en charge de l’infection à VIH sans s’intéresser à la tuberculose ou aux infections sexuellement transmissibles. En 2018-2019, nous avons par exemple sélectionné trois nouveaux projets importants sur l’optimisation de la prise en charge des formes sévères de la tuberculose. Ce sont des projets multi-pays qui seront conduits en Afrique et en Asie. Deux d’entre eux sont financés de manière conséquente par le programme européen EDCTP, le financement de l‘ANRS ayant permis un effet levier de 1 à 5.

Pour moi, il est évident que les découvertes scientifiques à venir doivent se concevoir et s’évaluer au sein de systèmes de santé et non plus en silo. De ce point de vue, les chercheurs qui travaillent sur le VIH élargissent graduellement leur champ d’investigation aux grandes questions de santé mondiale. Reste à savoir si nos moyens de les soutenir seront à la hauteur de ces nouveaux (et nombreux) enjeux.

http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... le-vihsida

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 22 Nov 2019 - 13:31
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Deux nouvelles ressources pratiques : la boîte à outils et le Guide sur l’opérationnalisation de la charge virale



Découvrez deux nouvelles ressources pratiques : la boîte à outils et le Guide sur l’opérationnalisation de la charge virale mis en place dans le cadre du projet OPP ERA, dont l'ANRS est partenaire.

La « Boîte à outils charge virale VIH-1 » est la première boîte à outils en ligne aussi complète en langue française sur la charge virale. Elle rassemble près de 100 outils indispensables à l’opérationnalisation de la charge virale. Grâce aux six années d’expérience du projet OPP-ERA, tous les outils ont été testés et utilisés avec les professionnels de santé et les institutions du Burundi, du Cameroun, de Côte d’Ivoire et de Guinée.
https://toolkit-chargevirale-oppera.solthis.org/


Le Guide pour l’opérationnalisation de la charge virale présente 60 retours d’expérience du projet OPP-ERA, avec plus de 100 recommandations pratiques et astuces de mise en œuvre autour des six thèmes clés nécessaires à la mise en œuvre de la charge virale : Stratégie d’accès à la charge virale, Laboratoire, Approvisionnement, Prise en charge des patients et Economie.

Ce guide disponible en français sur le site de capitalisation du projet sera prochainement disponible en anglais : https://chargevirale-oppera.solthis.org/


Ces ressources sont issues de 6 années de mise en œuvre sur le terrain du projet OPP-ERA par Solthis, Expertise France et Sidaction et tous les partenaires nationaux grâce à un financement d’Unitaid avec un cofinancement de l’ANRS.

https://chargevirale-oppera.solthis.org/

https://toolkit-chargevirale-oppera.sol ... -VIH-1.pdf

http://www.anrs.fr/fr/actualites/676/de ... -guide-sur

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 23 Nov 2019 - 16:47
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Le gouvernement américain attaque Gilead

Le 6 novembre dernier, le ministère de la Justice américain a engagé une action en justice contre le laboratoire pharmaceutique Gilead. Motif du désaccord ? Des brevets concernant Truvada (emtricitabine + ténofovir disoproxil), un médicament anti-VIH utilisé en Prep. Du côté du gouvernement, on estime que la recherche publique américaine (notamment des chercheurs-euses des centres américains de contrôle et de prévention des maladies, CDC) a contribué à la découverte de la Prep, notamment dans le cadre d’essais sur les animaux. Ces découvertes ont fait l’objet de brevets, dont les CDC estiment qu’ils devraient tirer des bénéfices financiers ; or, ce n’est pas le cas. Pour le moment, c’est uniquement Gilead qui tire le seul bénéficie financier des ventes de Truvada : des milliards de dollars à l’échelle mondiale.

Les CDC avancent que Gilead n’a jamais obtenu de leur part de licences d’utilisation pour quatre brevets relatifs à Truvada tirés de recherches financées par le gouvernement américain. Le laboratoire estime être propriétaire desdits brevets et ne rien devoir à personne. Il considère d’ailleurs comme « invalides » les brevets dont les CDC se prévalent. Gilead a d’ailleurs porté l’affaire devant l’Office américain des brevets et des marques (Uspto). Chez certains-es experts-es, on explique que l’affaire a pris un tour judiciaire car le gouvernement entend notamment faire pression sur le laboratoire pour faire baisser le prix du Truvada… qui n’est pas disponible en versions génériques aux États-Unis. Les autorités de santé estiment que trop peu de personnes aux États-Unis (135 000 environ) sont sous Prep aujourd’hui, au regard des besoins (1,1 million d’Américains-es devrait avoir la Prep) et que l’accès limité actuel est la conséquence du prix élevé du traitement préventif dans le pays. La bataille judiciaire engagée pourrait être longue et continuer alors que les brevets pour Truvada arrivent à échéance et tombent dans le domaine public en 2020. Mais elle pourrait aussi connaître un rebond avec Descovy, une nouvelle version de Truvada lancée par Gilead, récemment approuvé par l’Agence américaine du médicament (FDA), dont le gouvernement américain conteste également les brevets pour les mêmes motifs.

https://seronet.info/breve/le-gouvernem ... lead-86048

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 25 Nov 2019 - 12:48
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Libération du lot clinique d’un vaccin anti-VIH : une étape majeure pour le programme de développement vaccinal du Vaccine Research Institute.

Le Vaccine Research Institute (VRI) et l’ANRS sont heureux d’annoncer avec leurs partenaires Novasep et GTP Technology, la production et la libération du premier lot clinique d'un vaccin anti-VIH pour une première administration chez l'Homme.

Texte
Le partenariat établi entre le VRI, l’ANRS, Novasep et GTP Technology en septembre 2016 a permis la production et la libération du premier lot clinique d’un candidat vaccin préventif français contre le VIH-SIDA. Cette étape constitue une avancée majeure du programme de développement vaccinal de l’Institut de Recherche Vaccinale (VRI), investi dans la mise au point de vaccins innovants ciblant les cellules dendritiques, cellules sentinelles du système immunitaire.

La production et la libération de ce premier lot clinique répondant aux normes internationales (Good Manufacturing Practices), a été réalisée grâce à l’expertise des équipes scientifiques du VRI et aux savoir-faire industriels de Novasep et GTP Technology. « Ce vaccin est basé sur de nouveaux concepts fondés sur les connaissances les plus actuelles de l’immunologie humaine et cette étape valide la faisabilité technique de la fabrication d’un tel vaccin. La libération de ce lot clinique vaccinal nous ouvre de nombreux partenariats internationaux, avec la perspective des essais cliniques de phase I et II chez l’Homme en 2020-2023, où ce vaccin sera utilisé seul ou en association avec des vaccins «classiques» précise le Pr. Yves Lévy, Directeur du VRI.

« L’ANRS, membre fondateur du VRI, et financeur du programme vaccin, se félicite des perspectives qui s’ouvrent pour le VRI et la recherche vaccinale avec ce vaccin novateur », commente le Pr François Dabis, Directeur de l’ANRS.

« Nous sommes très heureux de contribuer au succès du VRI pour son projet de vaccin, en s’appuyant sur les talents complémentaires de Novasep et de son partenaire stratégique GTP. Nous sommes convaincus que cette structure partenariale dispose de l’ingéniosité et de la flexibilité nécessaire pour accompagner le VRI à long terme pour ses projets.» déclare Jérôme Bédier, Vice-président Opérations Biopharma chez Novasep.

« Nous sommes ravis d'avoir pu mettre au service de cet innovant programme de développement de vaccin anti-VIH porté par le VRI, les expertises combinées de GTP en développement de procédés de Mab complexes, et de Novasep pour la production en conditions cGMP » ajoute Eric Devic, Fondateur et DG de GTP.



Contexte du VIH et avancées à ce jour

Dans le monde, près de 38 millions de personnes sont actuellement infectées et vivent avec le virus VIH, et on déplore encore 1,7 millions de nouveaux cas par an et 770 000 décès. Six personnes sur 10 vivant avec le VIH ont accès aux traitements antirétroviraux dans le monde. En France, on estime que 170 000 personnes vivent avec le VIH dont 25 000 l’ignorent et continuent à propager l’épidémie et 6 100 nouveaux cas chaque année.

La communauté médico-scientifique s’accorde pour penser que seule une combinaison de stratégies (utilisation de préservatif, dépistage généralisé, utilisation d’antirétroviraux en prévention [PreP] et en traitement...) avec un vaccin préventif permettra de contrôler durablement et rapidement l’évolution de l’épidémie d’infection par le VIH.

Fruits de plusieurs années de recherche et de collaboration avec des équipes internationales dont celles du Baylor Institute for Immunology Research (BIIR) de Dallas, la stratégie vaccinale adoptée par le VRI a pour principe de cibler et d’activer les cellules dendritiques via des récepteurs exprimés à leur surface et ce à l’aide d’anticorps monoclonaux couplés à la protéine d’enveloppe du VIH. Ainsi, le vaccin nommé anti-CD40.GP140ENV, va avoir pour but d’induire des réponses efficaces en anticorps neutralisants et non neutralisants et ainsi avoir un impact préventif.


A propos du VRI

L'Institut de recherche vaccinale (VRI), labellisé Laboratoire d'excellence par l’Etat Français, a été établi par l’ANRS-France Recherche Nord&Sud Sida-HIV Hépatites et par l'Université Paris Est Créteil (UPEC) afin de conduire des recherches visant à accélérer le développement de vaccins efficaces contre le VIH/SIDA (Virus de l’Immunodéficience Humaine/Syndrôme d’ImmunoDéficience Acquise), le VHC (virus de l’hépatite C) et les maladies infectieuses émergentes. La structure du VRI renforce les liens entre la recherche fondamentale et la recherche translationnelle, les associations de patients et le monde socio-économique. Le VRI prolonge le programme de recherche vaccinale de l'ANRS et rassemble un réseau de scientifiques de renommée internationale et d’équipes de recherche possédant une expertise pluridisciplinaire, un réseau de centres cliniques, des plateformes mutualisées et des partenaires industriels et caritatifs. Il est basé à l'Hôpital Henri Mondor (Créteil-France).
http://vaccine-research-institute.fr
Contact presse :
Eugénie Destandau eugenie.destandau@u-bordeaux.fr 06 80 59 27 03

À propos de l’ANRS

L'ANRS est l’agence française chargée de lutter contre le VIH/sida et les hépatites. Elle est depuis 2012 une agence autonome au sein de l'Inserm. Elle a pour objectif d’acquérir de nouvelles connaissances afin d’aider, au Nord comme au Sud, à améliorer la prévention de ces infections et la prise en charge des personnes atteintes. L’ANRS fédère, autour de grandes priorités scientifiques, des chercheurs de toutes les disciplines et des médecins appartenant aux organismes de recherche (Inserm, Cnrs, Institut Pasteur, Ird) aux, universités et aux hôpitaux. Le programme de recherche vaccinale de l'Agence est conduit par le VRI (Vaccine Research Institute).
http://www.anrs.fr/
ANRS, 101, rue de Tolbiac, 75013 Paris, France
Contact presse: Séverine Ciancia Tel: + 33 (1) 53946030



A propos de Novasep

Novasep fournit des solutions économiques pour la production durable de molécules pour les sciences de la vie et la chimie fine. L’offre globale de Novasep comprend des services de développement de procédés, des équipements et des systèmes clés en main de purification, des services de fabrication sous contrat ainsi que des molécules complexes actives s’adressant aux secteurs pharmaceutique, biopharmaceutique et de la chimie fine ainsi qu’aux marchés des ingrédients alimentaires et fonctionnels, des industries de matières premières issues de fermentation et de synthèse chimique.
http://www.novasep.com

A propos de GTP

GTP Technology est un organisme de recherche et développement sous contrat, qui fournit des protéines recombinantes sur mesure et des services de développement de procédés pour accompagner les entreprises biopharmaceutiques. Forte de sa culture recherche et de son savoir-faire en bioprocédés, la société peut prendre en charge des projets depuis le stade de la preuve de concept jusqu’au transfert à la production cGMP pour les essais cliniques.
http://www.gtptech.com/

http://www.anrs.fr/sites/default/files/ ... 1-2019.pdf

http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... pe-majeure

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 27 Nov 2019 - 09:49
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Contaminations au VIH : «Il faut banaliser le test, et cela n’est toujours pas le cas»

Des données publiées ce mardi confirment un recul de l’épidémie et l’efficacité de la Prep chez les gays. Mais le dépistage dans la population globale reste encore très insuffisant.

Et voilà que cela marche. Et même très bien. A l’approche du 1er décembre, journée mondial de lutte contre le sida, l’agence Santé publique France publie une série de données sur les chiffres du sida en France, nationaux comme régionaux, et sur le dépistage, un volet devenu décisif si l’on veut éradiquer le virus.

Commençons donc par les bonnes nouvelles. Comme la situation à Nice et dans sa région, où les nouvelles contaminations chutent fortement avec le développement des nouveaux outils de prévention à l’image de la Prep (1) ou de la mise sous traitement le plus tôt possible du patient séropositif. «Entre 2015 et 2018, le nombre de nouvelles découvertes de séropositivité au VIH a chuté de 40 % dans les Alpes-Maritimes, explique le Dr Pascal Pugliese, qui préside le Corevih (coordination régionale de lutte contre le VIH) de Paca-Est. Cette tendance, de par son ampleur, est spectaculaire mais on pourrait dire attendue. Depuis 2016, nous savons comment prévenir efficacement les infections par le VIH.» Il a raison. «On est comme un petit San Francisco», poursuit avec le sourire le Dr Eric Cua, infectiologue au CHU de Nice, faisant référence à la chute impressionnante des contaminations dans la ville californienne en raison d’une politique extrêmement active de dépistage, de mise sous traitement et de diffusion de la Prep.

Il est vrai que la comparaison est tentante. A Nice et dans sa région, une petite équipe de professionnels de santé s’est montrée particulièrement active. «En même temps, restons modestes, car il y a un contexte, tempère Eric Cua. Ici, nous avons une épidémie hyperconcentrée. Les HSH [hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, ndlr] représentent 69 % des nouvelles contaminations. De plus, 90 % de la population vit en bordure de mer. Enfin, et c’est vrai, il y a un engagement de tous les acteurs, et nous avons été assez précurseurs sur la diffusion de la Prep.»

Diminution

Les résultats sont là, impressionnants, et ils suscitent un véritable espoir. Au niveau de la France entière, c’est la même tendance, même si la baisse du nombre de nouvelles contaminations est plus faible. En 2018, si près de 6 millions de tests de sérologie VIH ont été réalisés, – nombre en augmentation régulière depuis 2013 –, le taux de positivité a diminué de 13 % en cinq ans ; près de 6 200 personnes ont ainsi découvert leur séropositivité, soit encore une diminution de 7 % par rapport à 2017.

Ce n’est pas rien. Pour autant, les données sont variables. «On assiste à une baisse de 15 % en Ile-de-France, mais parallèlement à une stabilité en Seine-Saint-Denis. Avec, à l’inverse, une hausse de près de 70 % de contaminations chez les gays nés à l’étranger», détaille le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, à Paris (XXe arrondissement). «Il y a une augmentation aussi en Seine-et-Marne de 36 % de nouveaux cas. Pourquoi ? Sans parler de la région du Centre - Val-de-Loire qui, entre 2010 et 2018, fait face à un doublement de cas. A quoi cela tient ? Est-ce parce que l’on dépiste mieux Ou bien est-ce dû à d’autres facteurs ?» interroge le professeur Pialoux.

De fait, c’est le paradoxe de la situation française. D’un côté des progrès indéniables mais de l’autre un manque de visibilité sur ce qui se passe réellement. Comme s’il manquait un pilote dans l’avion pour porter une cohérence d’ensemble de toute la politique de prévention. Cela se ressent encore plus quand on s’attarde sur les chiffres du dépistage. Il y a donc près de 6 millions de tests, ce qui est beaucoup, mais avec des manques évidents. Santé publique France nous apprend que 42 % des personnes âgées de 18 à 75 ans en France n’ont jamais réalisé de test anti-VIH. Un taux énorme qui pointe l’échec d’un dépistage généralisé, comme cela avait été pourtant recommandé en… 2010. L’idée étant alors que tout le monde, au moins une fois dans sa vie, soit testé, pour mettre au jour l’étendue de l’épidémie cachée. Cela n’a pas été fait. «Il faut banaliser le test, et cela n’est toujours pas le cas», se plaint fortement Gilles Pialoux .

«Gâchis»

D’autres éléments restent inquiétants. Un nombre élevé de contaminations sont découvertes tardivement. Une étude pointe ainsi «que près du tiers des HSH et la moitié des hétérosexuels diagnostiqués pour une infection au VIH en 2018 n’avaient jamais été testés auparavant». Ils sont passés totalement à travers le dépistage. Quant aux HSH à risque, les recommandations sont claires : faire un test tous les trois mois. Dans une étude dite Eras, sur 33 660 HSH séronégatifs, seulement 20 % d’entre eux font ce test trimestriel. Faut-il rappeler qu’un séropositif traité n’est plus contaminant ? D’où l’importance de connaître au plus tôt son statut et d’être traité aussitôt.

Notre dispositif de dépistage est imposant, mais il connaît des trous béants. «C’est du gâchis», insiste Gille Pialoux. «Des villes comme Paris, Londres, San Francisco et Sydney apportent la preuve que la prévention combinée fonctionne et pourrait éliminer le VIH», conclut, dans un éditorial, Valérie Delpech, de la Public Health England. Certes… Mais pour cela, il faudrait au minimum changer de braquet, comme le montre l’exemple de Nice.

(1) La Prep (Prophylaxie pré-exposition) consiste à prendre un traitement pour se prémunir contre le risque d’une contamination. Bien pris, le taux d’efficacité n’est pas loin de 100 %.

Eric Favereau

https://www.liberation.fr/france/2019/1 ... sRn7RHuZis

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 28 Nov 2019 - 06:07
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Citation:
Le Vaccine Research Institute (VRI) et l’ANRS sont heureux d’annoncer avec leurs partenaires Novasep et GTP Technology, la production et la libération du premier lot clinique d'un vaccin anti-VIH pour une première administration chez l'Homme.


pourvu que ça marche (sans es)

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 28 Nov 2019 - 06:12
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Citation:
le gouvernement entend notamment faire pression sur le laboratoire pour faire baisser le prix du Truvada… qui n’est pas disponible en versions génériques aux États-Unis. Les autorités de santé estiment que trop peu de personnes aux États-Unis (135 000 environ) sont sous Prep aujourd’hui, au regard des besoins (1,1 million d’Américains-es devrait avoir la Prep) et que l’accès limité actuel est la conséquence du prix élevé du traitement préventif dans le pays


pas bien libéral tout ça...

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 29 Nov 2019 - 10:24
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La PrEP efficace aussi à faible fréquence

L'essai randomisé ANRS IPERGAY a démontré que la prophylaxie pré-exposition (PrEP) à la demande (au moment des rapports sexuels) par voie orale est très efficace comparativement au placebo pour prévenir l’infection à VIH chez les hommes à risque élevé de VIH ayant des relations sexuelles avec des hommes (1) . Dans une sous-étude récente de cet essai, coordonnée par Laurence Meyer directrice de l’Unité Inserm SC10-US19, « Essais thérapeutiques et maladies infectieuses », Université Paris Sud-Paris Saclay, dont les résultats sont publiés aujourd’hui dans The Lancet HIV, les chercheurs se sont intéressés aux participants de l’essai IPERGAY qui recevaient soit la PrEP soit un placebo, avec une prise de PrEP moins fréquente (moins de 15 comprimés par mois) en relation avec une fréquence moins grande de rapports sexuels (5 rapports sexuels par mois en médiane).

La question de l’efficacité de la PrEP à la demande pour des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes peu fréquents, et donc une prise de PrEP peu fréquente, est essentielle pour la prévention.
C’est pourquoi l’équipe de Laurence Meyer a analysé les données de l’essai IPERGAY en sélectionnant les phases de moindre prise de PrEP, celles correspondant à des périodes d’activité sexuelle moins fréquente durant lesquelles les participants prenaient moins de 4 comprimés par semaine, ce qui correspondait à une médiane de 5 rapports sexuels par mois.

L'étude ANRS IPERGAY s'est déroulée dans plusieurs centres cliniques hospitaliers en France et au Canada, avec la participation active de l'association AIDES en France, de l’organisme communautaire RÉZO au Canada, des services de l'ANRS, d'Unités de recherche ainsi que du SC 10 de l'Inserm. Cet essai randomisé, qui a débuté en 2012, a été mené chez 400 Hommes ayant des rapports avec des hommes (HSH) très exposés au risque d'infection par le VIH. La moitié du groupe étudié était invitée à prendre l’antirétroviral TDF/FTC au moment des rapports sexuels, l'autre moitié un placebo. L'ensemble des participants recevait des conseils personnalisés de prévention à chaque visite grâce à l’accompagnement communautaire réalisé par les militants de l’association Aides et de l’organisme montréalais RÉZO, ainsi que des préservatifs, et bénéficiaient de dépistages répétés du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles, suivis si besoin d’un traitement. La vaccination contre les hépatites B et A était systématiquement proposée aux participants et le traitement post exposition du VIH mis à disposition.



Six infections VIH sont survenues dans le groupe placebo et aucune dans le groupe recevant la PrEP active, soit une réduction très significative du risque d’infection VIH.

Les chercheurs montrent donc que la PrEP à la demande est aussi d’une très grande efficacité pour prévenir l’infection VIH chez des hommes qui ont des rapports sexuels peu fréquents avec des hommes, par exemple cinq rapports sexuels par mois, avec une adhérence élevée à la PrEP.

En conclusion, les auteurs précisent : « cette étude démontre que la PrEP à la demande est une alternative adéquate à la PrEP en continu pour les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes à haut risque, y compris pendant les périodes où les rapports sexuels sont moins fréquents ».



(1) Molina et al, On-Demand Preexposure Prophylaxis in Men at High Risk for HIV-1 Infection. The New England Journal of Medicine, Dec 1st 2015

https://www.thelancet.com/journals/lanh ... 8/fulltext

http://www.anrs.fr/fr/actualites/681/la ... -frequence

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