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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 21 Fév 2022 - 16:56
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CROI 2022



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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 01 Mar 2022 - 13:20
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CROI 2022 : les trois points à retenir en matière de rémission et de guérison du VIH avec Michaela Müller-Trutwin

Michaela Müller-Trutwin est responsable de l’unité « VIH, inflammation et persistance » à l’Institut Pasteur. Le 14 février 2022, elle a présenté une conférence intitulée « HIV Nonhuman primate models for studies of virus pathogenesis, persistence, and cure » lors d’une session plénière de la CROI. Voici les trois points qu’elle retient de cette édition de la CROI en matière de rémission et de guérison du VIH.


Un nouvel exemple de guérison : la patiente de New York :


L’une des présentations qui ont fait le plus de bruit à la CROI est le cas de la 3e patiente guérie du VIH après une transplantation de moelle osseuse pour traiter sa leucémie myéloïde aiguë. « Après le patient de Berlin et le patient de Londres, le cas de cette patiente donne de nouvelles informations pour comprendre les mécanismes qui permettent l’éradication du virus », indique Michaela Müller-Trutwin.

La patiente a pu bénéficier d’une greffe de moelle osseuse portant la mutation homozygote delta 32 du récepteur CCR5. Cette mutation empêche le VIH de pénétrer dans les cellules et rend donc les personnes qui en sont porteuses naturellement résistantes à l’infection. Elle est plus fréquente chez les Européens, en particulier du Nord, que dans le reste de la population mondiale. Or, la patiente, étant d’origine métissée, avait peu de chance de trouver un donneur compatible possédant la mutation delta 32. Les médecins ont alors utilisé une technique innovante : ils ont procédé à une greffe de moelle osseuse provenant à la fois d’un membre de sa famille compatible et à la fois de sang de cordon porteur de la mutation homozygote delta 32.

Trois mois après la transplantation, ils ont constaté que la greffe des cellules de cordon a bien pris et que les autres cellules ont été éliminées. 37 mois plus tard, la patiente a pu arrêter son traitement antirétroviral et il n’y a pas eu de rebond viral. Elle ne prend plus de traitement et est sous contrôle depuis 14 mois. Après avoir analysé 75 millions de ses cellules, les chercheurs n’ont pas trouvé d’ADN viral.

Pour Michaela Müller-Trutwin, « ce qui est intéressant, c’est qu’il semble que le point crucial dans le cas présent est de posséder la mutation delta 32 à l’état homozygote. En effet, la patiente ne semble pas avoir une meilleure réponse immunitaire, elle n’a pas fait de rejet de greffe, n’a pas développé de réponses T et a perdu ses anticorps. » Les chercheurs se sont non seulement aperçus que la patiente avait une résistance aux virus nécessitant le récepteur CCR5 fonctionnel, mais aussi à ceux qui utilisent le récepteur CXCR4. « C’est une surprise encore inexpliquée. Selon moi, cela indique que le donneur du sang de cordon avait d’autres facteurs de résistance à l’infection au VIH, en plus de la mutation delta 32 » estime-t-elle. Cette méthode de transplantation donne un espoir aux quelques très rares personnes qui vivent avec le VIH, qui ont une leucémie mortelle et qui sont d’origine non européenne. Il est important à constater que ce n’est en aucun cas un modèle de thérapie de guérison du VIH, les greffes de moelle osseuse sont extrêmement dangereuses : les médecins n’y ont recours que pour traiter les cancers mortels. Mais cela permet de mieux comprendre ce qui est nécessaire à la guérison. »


Immunothérapies et thérapies géniques :


De nombreuses présentations portaient sur des essais de rémission ayant recours en particulier aux immunothérapies ou aux thérapies géniques, avec par exemple la présentation des résultats de travaux sur l’amélioration de la réponse des lymphocytes T CD8 afin qu’elles reconnaissent mieux les cellules infectées par le VIH. C’est le cas, par exemple, du travail financé par l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes de Federico Perdomo-Celis (Institut Pasteur). Il a montré que la reprogrammation des lymphocytes T CD8 de patients ayant le VIH, grâce à un inhibiteur, leur confère une augmentation de leur capacité antivirale comparable à celles des patients contrôleurs du VIH. « Si ces travaux sont réalisés in vitro pour l’instant, c’est une preuve de concept », se réjouit Michaela Müller-Truwin.

Par ailleurs, une session a été consacrée aux CAR, les cellules génétiquement modifiées in vitro pour porter un récepteur chimérique, avec des présentations sur le développement de cellules T-CAR pour éradiquer ou contrôler le VIH, sur la stimulation de CAR via des vaccins à ARNm et des nouveautés sur le développement de CAR-NK dans le traitement de lymphomes.

D’ailleurs, plusieurs autres travaux ont porté sur les cellules tueuses naturelles (natural killer ou NK). « J’ai présenté des données qui montrent que, dans le modèle animal, les cellules NK sont capables de contrôler en phase chronique des réservoirs tissulaires, ainsi que le nouveau concept selon lequel l’amélioration de la maturation des cellules NK permet l’induction de NK adaptatives capables de réduire les réservoirs ganglionnaires, d’après les résultats obtenus dans une étude pré-clinique récente », indique la chercheuse. L’équipe de Marcus Alfeld, du DZIF, partenaire du consortium RHIVIERA coordonné par Asier Sáez-Cirión, a présenté un poster sur le mécanisme entre un récepteur des cellules NK et un ligand exprimé sur les cellules infectées. Pour Michaela Müller-Trutwin, « l’objectif est de mieux comprendre comment activer les cellules NK ou en jouant sur le blocage de molécules inhibitrices des cellules NK ».


Combinaisons d’approches pour réduire les réservoirs :

« Ce qui ressort de la CROI, cette année, est également le passage au stade supérieur avec des essais de combinaison entre plusieurs approches permettant à la fois de contrôler la réplication du virus et de réduire les réservoirs », rapporte la chercheuse. Des combinaisons utilisant à la fois des anticorps neutralisants à large spectre (ou bNAbs), qui contrôlent la réplication du virus, avec des agents permettant de réactiver les réservoirs pourraient être utiles dans les stratégies visant une rémission. Un tel essai clinique chez l’homme a été présenté sur une combinaison d’un bNAb avec la romidepsine. Une personne se trouve en rémission depuis 3,7 ans. Il n’est pas clair s’il s’agit d’un cas isolé. Des nouvelles combinaisons testées en pré-clinique, tel que le blocage simultané de PD1 et IL-10, seront présentées au symposium dédié au réservoirs.

Des triples combinaisons sont même envisagées, avec l’apport de vaccins. « L’idée est de sélectionner grâce aux tests chez les modèles animaux les combinaisons les plus efficaces avant de passer aux essais cliniques. Il y a beaucoup de financements aux Etats-Unis pour ce type de combinaisons en ce moment », conclut Michaela Müller-Trutwin.

https://www.anrs.fr/fr/actualites/1011/ ... son-du-vih

CROI 2022 : les trois points à retenir sur la prévention du VIH et les traitements long-acting avec Jean-Michel Molina

Entre le renforcement de la vigilance, l’amélioration de la prévention et la mise à disposition de nouveaux outils thérapeutiques, le Pr Jean-Michel Molina, chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Louis et de l’hôpital Lariboisière à l’AP-HP et professeur à l’Université de Paris Cité, résume en trois point l’essentiel à retenir de l’édition 2022 de la CROI en matière de prévention et de traitements long-acting.


Traitements long acting : des données encourageantes qui enjoignent toutefois à la prudence :

De nouvelles données ont été apportées sur les traitements long acting, notamment sur les traitements associant les molécules de cabotégravir et de rilpivirine, commercialisés depuis quelques semaines en France pour le traitement de l’infection par le VIH chez les patients bien contrôlés sous trithérapie depuis plus d’un an. A trois ans, avec une administration tous les deux mois, le taux cumulé d’échec virologique était de 2,7 % : « ce n’est pas négligeable, rapporte Jean-Michel Molina, ces échecs sont associés à des mutations de résistance, c’est pourquoi il faut être vigilant sur l’utilisation de ces traitements long acting, bien qu’ils soient très appréciés des patients et bien tolérés ».

Il rappelle qu’un certain nombre de critères sont à prendre en compte avant de recourir à ces produits :

Le VIH doit être parfaitement contrôlée chez les patients depuis au moins un an ;
Il ne faut pas utiliser ce traitement avec certains sous-types de VIH, pour lesquels la combinaison marche moins bien ;
Ce traitement ne concerne également que les patients qui n’ont pas de mutations de résistance aux molécules utilisées, qui n’ont jamais été en échec virologique et qui n’ont pas de co-infection par le virus de l’hépatite B ;
Il faut également être vigilant chez les patients qui ont un indice de masse corporelle trop important (IMC > 30).

Choix des molécules de deuxième ligne et de troisième ligne dans les pays du Sud :


Nicholas Paton a présenté l’étude NADIA qui évalue en Afrique les traitements de deuxième ligne en comparant le dolutegravir aux inhibiteurs de protéase (darunavir). Cette étude rapporte quelques rares échecs avec le dolutégravir, mais avec sélection de mutations de résistance, ce qui n’était pas le cas avec le darunavir. « Ce dernier semble avoir la barrière génétique la plus élevée parmi les molécules à notre disposition », indique le Pr Molina.

Toutefois des études évaluant le choix des molécules en deuxième ou en troisième ligne dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont montré que les nouvelles anti-intégrases, comme le dolutégravir ou le bictégravir, garantissent sur le long terme une très bonne efficacité, même en cas de résistance aux analogues nucléosidiques.


Des innovations prometteuses en PrEP :

De nombreuses présentations ont porté sur la PrEP, notamment sur la PrEP injectable puisque la FDA a approuvé aux Etats-Unis l’usage du cabotégravir en PrEP il y a quelques mois. « Il s’agit en fait d'une molécule déjà utilisée en traitement qui est, dans ce cas précis, utilisée en monothérapie avec une injection tous les deux mois », précise le Pr Molina. Cette année, des essais cliniques en ouvert ont été présentées à la CROI. « On remarque que l’incidence du VIH reste inférieure chez les personnes traitées avec le cabotégravir par rapport à celles qui prenaient la PrEP par voie orale, rapporte le clinicien, cependant, y compris chez les patients qui recevaient correctement l’injection, il a été décelé des échecs associés à l’apparition de mutations, dont le diagnostic était retardé, c’est pourquoi il a été nécessaire de revoir les recommandations de suivi des patients prenant la PrEP avec le cabotégravir et de passer des tests sérologiques à des tests ARN, ce qui va être compliqué à mettre place dans les pays à revenu faible et intermédiaire. » En France, une étude visant à évaluer l’utilisation du cabotégravir en PrEP va bientôt démarrer, avec l’aide de l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes, qui pourrait montrer l’intérêt de ce mode d’administration pour les personnes lassées de prendre des comprimés.

Plusieurs innovations concernant la PrEP ont été présentées, notamment avec le développement de produits pouvant combiner des molécules pour la prévention du VIH et des contraceptifs, ou des produits de longues durée d’action comme les anneaux vaginaux, validés par l’OMS récemment.

Certains posters ont également présenté des molécules à longue durée d’action évaluées en implant comme le lénacapavir, qui a aussi montré, dans le modèle macaque, qu’il protégeait de l’inoculation du virus par voie intraveineuse, ce qui pourrait être très intéressant pour la prévention du VIH chez les toxicomanes.

Il y a eu également beaucoup d’études présentées sur l’utilisation des génériques dans la PrEP et l’utilisation de la PrEP à la demande aux Etats-Unis, recommandée il y a quelques semaines par le CDC.

« Le champ de produits de longue durée en PrEP se développe de plus en plus, je pense qu’on aura dans quelques années un choix assez large d’options pour les patients, conclut Jean-Michel Molina. Beaucoup d’études sur l’utilisation de mono ou de trithérapies d’anticorps neutralisants contre le VIH ont également été présentées et s’annoncent prometteuses. Nous allons donc avoir de plus en plus d’options de prévention du VIH et nous espérons qu’elles permettront d’agir de manière plus importante sur l’épidémie. Il faudra toutefois continuer d’y associer les campagnes de dépistage, la mise en route de traitements précoces, les traitements post-exposition, car c’est l’ensemble de ces actions qui nous permettra de mieux contrôler cette épidémie qui, malheureusement, est toujours active. Ce constat est inquiétant, d’autant plus qu’une publication récente relate l’existence de nouvelles souches de VIH qui seraient plus virulentes et qui pourraient poser des problèmes si on ne reste pas vigilants. »

https://www.anrs.fr/fr/actualites/1015/ ... ments-long

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Mar 2022 - 09:04
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VIH : lancement de l’essai de phase I pour 3 vaccins à ARNm de Moderna

La société de biotechnologie Moderna a démarré un nouvel essai de phase I chez l'Homme pour tester trois formulations différentes de vaccin à ARNm contre le VIH. C'est le deuxième essai du genre lancé par Moderna depuis le début de l'année 2022.

Moderna est avec Pfizer l'une des deux firmes pharmaceutiques ayant réussi le développement d'un vaccin à ARNm. Il s'agit bien entendu du vaccin contre le SARS-CoV-2. Ce vaccin a démontré une excellente efficacité, tout du moins contre la souche originelle du virus qui était en circulation au moment de son lancement. Avec un nombre d'injections important en un temps record, le profil de sécurité du produit est maîtrisé. Fort de ce succès, la société a lancé un programme de plusieurs vaccins contre le VIH basés sur la même technologie

Un vaccin ciblant une protéine de surface :

L'essai qui vient de démarrer va inclure 100 personnes adultes saines. L'objectif est d'établir le profil de sécurité et la qualité de la réponse immunitaire de trois formulations de vaccin différentes. Chaque participant va recevoir trois doses de vaccin sur une période de six mois.

Comme le vaccin contre le SARS-CoV-2 cible la protéine de surface Spike pour empêcher le virus de pénétrer dans la cellule, le vaccin contre le VIH cible une protéine de surface du virus. Celle-ci est bien plus complexe que la protéine Spike.

Cet essai est différent de celui lancé par la même société au mois de janvier, bien que les deux soient des vaccins contre le VIH basés sur la technologie ARNm. L'autre essai en cours de Moderna vise à stimuler les lymphocytes B.

https://www.futura-sciences.com/sante/a ... rna-97412/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 22 Mar 2022 - 10:38
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Débutée en Mars dernier, la cohorte ANRS COV-POPART permet d’étudier la réponse à la vaccination Covid-19 et sa persistance chez des personnes atteintes de troubles immunitaires. Les premiers résultats commencent tout juste à tomber. Première communication concernant les patients vivant avec le VIH à l’occasion de la CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections). L’étude a permis de montrer une bonne réponse à la vaccination COVID-19, proche des groupes contrôles.

Zoom sur les patients séropositifs au VIH : une réponse positive à la vaccination :

Parmi les populations étudiées dans la cohorte COV-POPART, les patients atteints du VIH peuvent être sujets à des pathologies infectieuses variées car le VIH attaque, infecte et tue certaines cellules immunitaires.

L’étude COV-POPART a relevé, un mois après la seconde injection des vaccins, la réponse vaccinale (présence d’anticorps totaux et neutralisants) et les taux d’anticorps neutralisants chez 732 patients atteints du VIH mais sous traitement pour les comparer à 720 patients sains sans comorbidités particulières. Les résultats sont très positifs puisque 95% des patients vivant avec le VIH développent des anticorps neutralisants, un pourcentage proche du groupe témoin (99%).

« Parmi toutes les pathologies étudiées dans la cohorte, les patients VIH sortent particulièrement du lot. Un nombre très important de patients vivant avec le VIH sont répondeurs à la vaccination. Les pourcentages sont quasiment équivalents à ceux de la population générale.»

Dr Paul Loubet (CHU de Nîmes), en charge de la cohorte avec la Prof. Odile Launay (Hôpital Cochin AP-HP) et la Dr Linda Wittkop (CHU Bordeaux).
Seulement 22 patients n’ont pas répondu à la vaccination. Mais d’après la Dr Linda Wittkop, cela s’explique par la gravité de leur pathologie. « La majeure partie d’entre eux sont à un stade avancé du SIDA, avec leur système immunitaire très affaibli, ou vivent avec des comorbidités comme l’obésité ou le diabète. »

Intensité de la réponse vaccinale : plus de précautions sur le long terme :

Les chercheurs ont par ailleurs mesuré l’intensité de la réponse immunitaire et classé les groupes étudiés entre faiblement, modérément et fortement répondeurs en fonction du taux d’anticorps produit.

« Quantitativement, les anticorps neutralisants dirigés contre le coronavirus sont en moyenne moins nombreux chez les patients séropositifs VIH que dans le groupe témoin, même si la proportion de personnes fortement répondantes est plus élevée que dans certaines autres cohortes » complète le Dr Loubet. Les données à 6 mois qui commencent à arriver seront donc plus particulièrement analysées. La persistance plus ou moins longue de la réponse immunitaire selon les populations est un élément clé pour la stratégie future sur les rappels.

https://www.covireivac.fr/actualites/re ... reloaded=1



Débutée en Mai 2021, la cohorte CovPopart vise à mieux caractériser la réponse immunitaire et sa persistance à la suite de la vaccination chez des populations particulières atteintes de troubles qui affectent l’immunité, comme un cancer, certaines maladies auto-immune, ou même l’obésité. Il s’agit notamment de mieux comprendre l’efficacité des vaccins en fonction de la maladie, des traitements ou des conditions pathologiques.

Depuis quelques mois, en plus des adultes, les adolescents et enfants sont également concernés. COVIREIVAC a collaboré avec PEDSTART, le réseau national de recherche clinique pédiatrique pluri thématique, pour créer la plateforme « COVIREIVAC Enfant ».

Un enfant n’est pas un petit adulte. C’est un être en maturation y compris au niveau du système immunitaire.

explique Sophie Guilmin-Crépon, l’une des chercheuses, coordinatrice dans la cohorte pédiatrique.
Comme chez l’adulte, des enfants et adolescents avec des pathologies qui touchent au système immunitaire sont invités à participer à l’étude CovPopart mais aussi une centaine d’enfants et adolescents sans pathologies, pour un groupe contrôle.

Sophie précise :

On a besoin de comparer chaque population d’enfants ayant une pathologie particulière à une population témoin. Sans volontaires sains, on n’a pas de référence pour comparer aux autres populations. Toute l’étude dépend de ces témoins.

Au total, l’étude prévoit d’inclure 800 enfants, dont 100 pour le groupe témoin.

Pour inscrire un enfant à l’étude, il suffit de se diriger vers la page dédiée. Seul un parent pourra réaliser cette inscription, et il n’y aura aucune donnée identifiante, ni donnée de santé recueillie pour les mineurs selon la réglementation française.

Pourquoi faire participer votre enfant à un essai vaccinal pédiatrique ? Quels sont les risques et les enjeux ? Vous avez des questions sur l’importance des essais vaccinaux chez l’enfant ? N’hésitez pas à visiter notre page dédiée.

Vous pouvez également trouver plus d’informations sur le déroulement des essais vaccinaux anti-Covid pédiatriques en vous dirigeant vers la page « COVIREIVAC Enfant ».

Pour en savoir plus sur la cohorte CovPopart adulte et son avancement : cliquez ici

https://www.covireivac.fr/actualites/ac ... x-enfants/



Sanofi Pasteur et GSK ont annoncé dans un communiqué du 23 février les premiers résultats de deux essais : un essai de phase III lancé fin juillet aux Etats-Unis portant sur la primo-vaccination, et un essai de phase II lancé en septembre dans plusieurs pays sur l’utilisation du vaccin en rappel, auquel participe Covireivac. Sur la base de ces résultats, les sociétés ont l’intention de déposer un dossier auprès des autorités réglementaires en vue de l’autorisation de leur vaccin, tant pour une vaccination initiale qu’un rappel.

Etude du vaccin de Sanofi en rappel :

L’essai de phase II VAT002, auquel participe COVIREIVAC, visait à évaluer la réponse immunitaire générée par le vaccin à protéine recombinante de Sanofi et GSK en dose de rappel chez des adultes de 18 ans et plus, en respectant les standards habituels de la recherche (essai randomisé en double aveugle).

En France, 2 cohortes ont été implémentées dans 10 centres hospitaliers :

dans la première, débutée le 3 septembre, les participants ont reçu une dose de rappel avec une première formulation du vaccin basé sur la souche « historique » du SARS-CoV-2.
Dans une deuxième cohorte, débutée en octobre, les participants ont reçu la même formulation ou deux autres versions du vaccin dont une calqué sur le variant Beta, apparu pour la première fois en Afrique du Sud.
Les résultats annoncés aujourd’hui concernent la cohorte 1.

Un vaccin de rappel universel :

Quelque soit le vaccin utilisé pour la vaccination initiale, Sanofi se réjouit dans son communiqué de l’augmentation significative des anticorps neutralisants dans toutes les tranches d’âge à la suite d’une dose de rappel avec le vaccin Sanofi-GSK.

Une vaccination de boost avec un vaccin Sanofi/ GSK chez les 18-55 ans a engendré en moyenne une augmentation des anticorps:

• de 23 fois après une primovaccination avec le vaccin de Pfizer
• de 9 fois après une primovaccination avec le vaccin de Moderna
• de 34 fois après une primovaccination avec le vaccin de Janssen
• de 25 fois après une primovaccination avec le vaccin d’Astrazeneca
Pour les plus de 55 ans, la vaccination de boost avec le vaccin Sanofi/ GSK a engendré en moyenne une augmentation des anticorps:

• de 23 fois après une primovaccination avec le vaccin de Pfizer
• de 11 fois après une primovaccination avec le vaccin de Moderna
• de 25 fois après une primovaccination avec le vaccin de Janssen
• de 27 fois après une primovaccination avec le vaccin d’Astrazeneca
A noter que l’essai VAT002 ne portait pas sur la comparaison d’un rappel par le vaccin Sanofi-GSK avec un rappel par un autre vaccin. L’essai COVIBOOST en cours au sein de Covireivac apportera ces informations complémentaires.

De résultats aussi en primovaccination :

En même temps, Sanofi-GSK ont annoncé des résultats d’efficacité sur leur vaccin en primovaccination : il permet d’éviter systématiquement les hospitalisations et les formes sévères du Covid, il est efficace à 75% contre les formes modérées de la maladie et à 57,9% contre toutes les formes symptomatiques.

Pour mémoire, les études d’efficacité des vaccins déjà autorisés ont été conduites dans des contextes différents où les variants delta et omicron ne circulaient pas encore. La société remarque donc que les données d’efficacité réunies sont comparables aux données cliniques récentes obtenues avec des vaccins déjà autorisés.

https://www.covireivac.fr/actualites/re ... ur-vaccin/

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 09 Avr 2022 - 06:15
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Antiprotéases et Covid-19

Les premiers résultats d’une étude française suggèrent un effet protecteur des traitements antirétroviraux (ARV) à base d’antiprotéases dans l’infection à Sars-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19 chez les personnes vivant avec le VIH. L’étude publiée sur le site Eurekalert sera présentée lors du Congrès européen des maladies infectieuses qui aura lieu du 23 au 26 avril à Lisbonne (Portugal). Elle est menée par le Dr Steve Nguala et ses collègues du Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) et du Centre hospitalier de Melun (Seine-et-Marne). L’antiprotéase est une molécule antivirale qui agit en inhibant la protéase du virus (enzyme qui participe à la reconstruction des protéines virales à l'intérieur de la cellule). Lorsque celle-ci est bloquée, les nouveaux virus produits sont défectueux et ne peuvent plus infecter de nouvelles cellules. Le Dr Steve Nguala et ses collègues ont analysé l’incidence au Sars-CoV-2 (et ses variants) chez 500 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) suivies dans six hôpitaux en Île-de-France, entre le 1er mai 2020 et le 31 mai 2021. Les chercheurs-ses ont choisi 169 personnes sous ARV à base d’antiprotéases et 338 personnes sous ARV sans antiprotéases.

Aucune des personnes n’avait contracté la Covid-19 avant d’être incluse dans cette étude. La moyenne d’âge des participants-es était de 50 ans, 52 % étaient des hommes et 48 % des femmes. Après un an de suivi et après ajustements des facteurs de sur-risque de contracter la Covid-19 (âge, genre, nombre de CD4, comorbidités etc.), les chercheurs-ses ont trouvé que les personnes sous ARV à base d’antiprotéases avaient 70 % moins de risques de contracter la Covid-19 que les personnes sous ARV sans antiprotéases. « Les molécules d’antiprotéases ont une longue histoire d’utilisation, un profile sécurisé et une bonne tolérance générale. En attaquant le virus avant qu’il ait une chance de se multiplier, elles peuvent potentiellement offrir une chance d’empêcher les infections de se développer et la mutation du futurs variants », explique le Dr Nguala. Le chercheur ajoute qu’il faut enquêter de plus près sur l’éventuel effet préventif des ARV à base d’antiprotéases : « Nous avons besoin de plus d’études avec un plus grand nombre de patients et en les comparant avec des groupes de personnes séronégatives pour confirmer ces résultats préliminaires ».

https://www.eurekalert.org/news-releases/947587

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Avr 2022 - 14:44
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VIH – LES ANTICORPS DES « CONTRÔLEURS POST-TRAITEMENT »

De rares individus porteurs du VIH-1, appelés « contrôleurs post-traitement » ou PTC, sont capables de contrôler l’infection après l’interruption de tout traitement antirétroviral.

Comprendre les mécanismes fondamentaux qui gouvernent la réponse immunitaire chez ces personnes contrôleuses est primordial afin de développer des vaccins contre le VIH-1 et/ou de nouvelles stratégies thérapeutiques qui visent la rémission de l’infection.

Une étude récente a étudié la réponse immunitaire humorale – c’est-à-dire médiée par des anticorps spécifiques – chez certains PTC chez qui des épisodes transitoires d’activité du virus ont été observés. Les chercheurs ont montré que leur réponse immunitaire humorale était à la fois efficace et robuste, ce qui pourrait contribuer au contrôle de l’infection en l’absence de traitement.

Les résultats de cette étude, menée en collaboration par des équipes de l'Institut Pasteur, de l'Inserm et de l’AP-HP et soutenue par l’ANRS | Maladies infectieuses émergentes et le NIH, sont parus dans Nature Communications le 11 avril 2022.

De rares individus porteurs du VIH-1 et ayant bénéficié d’un traitement précoce maintenu pendant plusieurs années ont la capacité, à l’arrêt de leur traitement, de contrôler le virus sur le long terme. Cependant, les mécanismes de ce contrôle ne sont pas entièrement élucidés.

L’équipe de chercheurs, menée par le Dr Hugo Mouquet, directeur du laboratoire d’Immunologie humorale à l’Institut Pasteur (organisme de recherche partenaire d’Université Paris Cité), a mené une étude exhaustive chez les individus PTC afin de caractériser leur réponse humorale (c’est-à-dire leur production de lymphocytes B et d’anticorps spécifiques), en comparaison aux individus non contrôleurs.

Les scientifiques ont montré qu’il existe une hétérogénéité de profils de la réponse immunitaire humorale, selon l’activité du virus observée chez les sujets.

Chez les PTC qui connaissent de courts épisodes pendant lesquels le virus reprend une faible activité après l’interruption de leur traitement, l’exposition transitoire aux antigènes viraux induit :

- une réponse humorale anti-VIH-1 forte, impliquant l’intervention plus fréquente de cellules B mémoires spécifiques des antigènes d’enveloppe du VIH-1 ;

- la production d’anticorps ayant une activité neutralisante croisée et qui possèdent des activités antivirales dites « effectrices », impliquant la reconnaissance des cellules infectées liées aux anticorps par les cellules de l’immunité innée, qui induisent alors leur élimination ;

- l’augmentation dans le sang de lymphocytes B mémoires atypiques et de sous-populations de lymphocytes T auxiliaires activées.

Cette réponse humorale spécifique, polyfonctionnelle et robuste pourrait contribuer au contrôle de leur infection en l’absence de traitement.

En revanche, d’autres PTC chez qui le virus reste indétectable en permanence après l’interruption du traitement ne développent pas de réponse humorale forte. Les mécanismes de contrôle chez ces patients continuent à être investigués dans le cadre de l’étude VISCONTI.

La découverte de ces deux types de réponse immunitaire humorale, dépendant du profil des PTC, apportent un nouvel éclairage sur le phénomène de contrôle du VIH. Pour Hugo Mouquet, chercheur à l’Institut Pasteur et investigateur principal de l’étude, « ces résultats montrent que la mise en place d’un traitement antirétroviral précoce peut faciliter le développement optimal de réponses immunitaires humorales, permettant dans certains cas de contrer le rebond viral après interruption du traitement ». L’exemple de la réponse immunitaire des PTC ayant des épisodes courts de « réveil » du virus pourrait même inspirer de nouvelles stratégies thérapeutiques ou vaccinales.

ANRS VISCONTI : mieux comprendre les mécanismes liés au contrôle du VIH chez les individus « contrôleurs post-traitement »

Les individus « contrôleurs post-traitement » dont les prélèvements ont été utilisés pour cette étude font partie de l'étude VISCONTI (pour Viro-Immunological Sustained COntrol after Treatment Interruption), coordonnée par le Dr Asier Sáez-Cirión (Institut Pasteur) et le Dr Laurent Hocqueloux (CHR Orleans) et soutenue par l'ANRS depuis plusieurs années. Il s’agit de la plus grande cohorte de « contrôleurs post-traitement » à long terme.

Elle compte 30 patients ayant bénéficié d’un traitement précoce, maintenu pendant plusieurs années. À l’interruption de leur traitement antirétroviral, ces patients sont capables de contrôler leur virémie pendant une période dépassant dans certains cas les 20 ans. L’étude VISCONTI a ainsi apporté la preuve du concept d’un état de rémission possible et durable des patients infectés par le VIH-1. Elle a ouvert la voie au développement de nouvelles thérapies qui visent, sinon l’éradication, une rémission de l’infection. L’objectif est de permettre aux personnes vivant avec le VIH-1 d'arrêter durablement leur traitement antirétroviral, tout en maintenant la virémie à un niveau le plus bas et éviter le risque de transmission du virus.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse ... anguage=fr

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 19 Avr 2022 - 15:05
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Altération de la réponse des anticorps à la vaccination contre le Covid-19 en cas d'infection VIH à un stade avancé
D’après Hassold N et al. AIDS 2022;36(4):F1-F5, actualisé

Cette étude s’est intéressée aux taux de séroconversion et aux titres d'anticorps anti-Spike après une vaccination à 2 doses chez les PVVIH dont le taux de cellules T CD4+ est diminué. Les auteurs ont collecté les résultats rétrospectifs de sérologie SARS-CoV-2 après vaccination, disponibles dans un hôpital universitaire, pour des PVVIH vaccinés entre mars et septembre 2021 et qui ont été testés pour les anticorps anti-Spike de 8 à 150 jours après la 2e dose. Les titres d'anticorps ont été comparés chez les PVVIH dont le taux de cellules T CD4+ était inférieur à 200 cellules/mm3, compris entre 200 et 500 cellules/mm3, et supérieur à 500 cellules/mm3 au moment de la vaccination. Au total, 105 PVVIH ont été inclus : 54 avec des CD4 < 500 cellules/mm3, dont 18 < 200/mm3, et 36 compris entre 200 et 500. Ces patients ont reçu 2 doses de BNT162b2 (75 %), d’ARNm-1273 (8,5 %) ou de ChAdOx1 nCoV-19 (16,5 %). Le délai médian entre la 2e dose de vaccin et la sérologie était constant dans tous les groupes (73 jours, IQR : [29-97], p = 0,14).

Les taux de séroconversion étaient de 100 % dans le groupe avec un taux de CD4 supérieur à 500 cellules/mm3, mais de 89 % pour celui avec un taux de CD4 inférieur à 500 cellules/mm3 (22 et 5,5 % de séronégatifs dans les groupes ayant un taux < 200 cellules/mm3 ou compris entre 200 et 500 cellules/mm3, respectivement). Les titres médians d'anticorps étaient de 623,8 BAU/mL [262,2-2288] dans le groupe CD4+ supérieur à 500 cellules/mm3 versus 334,3 BAU/mL [69,9-933,9] dans le groupe CD4+ inférieur à 500 cellules/mm3 (p = 0,003). Ils étaient les plus faibles dans le groupe CD4 inférieur à 200 cellules/mm3 : 247,9 BAU/mL [5,88-434,9] (p = 0,0017), 44 % seulement ayant obtenu des titres d'anticorps supérieurs au seuil potentiel de protection de 260 BAU/mL. Au total, les PVVIH avec un taux de CD4 inférieur à 500 cellules/mm3 et notamment inférieur à 200 cellules/mm3 présentaient des taux de séroconversion et des titres d'anticorps anti-Spike significativement plus faibles que les PVVIH non immunodéprimés, ce qui justifie d'envisager des stratégies vaccinales ciblées dans cette population plus fragile.

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 16 Jn 2022 - 09:31
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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 17 Jn 2022 - 16:07
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Une seule injection pour guérir le VIH ? Ce nouveau traitement suscite un immense espoir (Gentinside 17/6/22)

Une nouvelle étude menée par des chercheurs israéliens et américains suscite un grand espoir dans la lutte contre le VIH. Le nouveau traitement permettrait de se débarrasser définitivement du virus... en une seule injection.

Il s'agit d'une nouvelle avancée potentiellement décisive dans la lutte contre le VIH. Dans une étude publiée dans la revue Nature le 9 juin 2022, une équipe de l'Université de Tel Aviv annonce avoir ouvert la voie à un traitement unique pour les patients atteints du virus, grâce à une nouvelle technologie consistant à modifier génétiquement les cellules immunitaires directement dans l'organisme.

Les scientifiques sont ainsi parvenus à fabriquer in vivo des lymphocytes de type B, produisant des immunoglobulines (protéines dont le rôle est de détruire les molécules reconnues comme étrangères à l'organisme, tels que les virus, bactéries et autres parasites), afin que les sujets atteints puissent développer des anticorps contre le VIH.

Des chercheurs parviennent à "désactiver" le VIH :

Les lymphocytes B sont des globules blancs synthétisés au cœur de la moelle osseuse et, une fois à maturité, circulent dans le système sanguin et lymphatique pour participer aux défenses naturelles de l'organisme.

Et si de précédents travaux ont montré la possibilité de transplanter des globules blancs modifiés pour neutraliser spécifiquement le VIH, ce nouveau traitement serait en mesure de créer directement ces lymphocytes B au cœur de l'organisme du receveur sans se soucier d'un éventuel problème de compatibilité, grâce à la technologie génétique CRISPR-Cas9.

Mise au point en 2012 par les chercheurs Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, lauréats du prix Nobel de chimie en 2020, cette technologie permet en résumé d'effectuer une "découpe" de l'ADN à des endroits précis, dans n'importe quelle cellule, et de les rendre inopérantes. Dans ce cas précis, le Cas9, une protéine d’origine bactérienne aux propriétés antivirales, est utilisé pour couper l'ADN du virus et ainsi le "désactiver".

"Jusqu'à présent, seuls quelques scientifiques avaient été capables de concevoir des cellules B à l'extérieur du corps, et dans cette étude, nous avons été les premiers à le faire dans le corps tout en faisant en sorte que ces cellules génèrent les anticorps souhaités", détaille le Dr Adi Barzel, co-auteur principal de l'étude, dans un communiqué.

"Vaincre le virus avec une injection unique":

Testé sur des souris à raison d'une seule injection intraveineuse par individu, le traitement a montré des résultats probants, les cobayes développant une excellente réponse immunitaire et affichant dans leur sang de grandes quantités d'anticorps anti-VIH. Un succès qui ouvre sans doute un éventail de nouvelles possibilités pour traiter le virus.

"Nous avons développé un traitement innovant qui peut vaincre le virus avec une injection unique, avec le potentiel d'apporter une amélioration considérable de l'état des patients. Lorsque les cellules B modifiées rencontrent le virus, le virus les stimule et les encourage à se diviser, nous utilisons donc la cause même de la maladie pour la combattre", s'enthousiasme le Dr Adi Barzel.

Mieux encore : "Si le virus change, les cellules B changeront également en conséquence afin de le combattre, nous avons donc créé le premier médicament qui puisse évoluer dans le corps et vaincre les virus dans la 'course aux armements'".

Et cette avancée pourrait trouver bien d'autres utilités que la lutte contre le VIH, selon le chercheur : "Sur la base de cette étude, nous pouvons nous attendre à ce que, dans les années à venir, nous soyons en mesure de produire un médicament contre le Sida, et aussi pour d'autres maladies infectieuses et pour certains types de cancer causés par un virus, comme le cancer du col de l'utérus, le cancer de la tête et du cou."

https://www.nature.com/articles/s41587-022-01328-9

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 30 Jn 2022 - 15:39
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Un best of des posters en VIH-Covid 19





https://www.youtube.com/watch?v=Pi25jWuu29g

Nouveaux traitements antirétroviraux d’aujourd’hui… et de demain



https://www.youtube.com/watch?v=xCmRopvOERE

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 28 Jl 2022 - 11:39
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Aids 2022: Guérison du VIH : des cas isolés, mais pas de solution miracle (Le Parisien 27/7/22)

A peine quatre ou cinq personnes ont eu la chance de guérir d’une infection au VIH. Des cas très particuliers, qui donnent de l’espoir, mais pas encore de traitement à grande échelle.

La médecine permet aujourd’hui de vivre avec le VIH. Mais ils sont une poignée de patients à avoir eu une chance extraordinaire : guérir d’une infection au VIH, à l’origine du sida. Mais ces cas sont extrêmement isolés et ne permettent pas encore d’élaborer des traitements qui aboutiraient à éliminer totalement le virus. « Je n’aurais jamais imaginé vivre assez longtemps pour ne plus avoir le VIH », résume l’un de ces patients, dont la guérison a été annoncée mercredi, peu avant la Conférence internationale sur le sida, un rendez-vous important qui se tiendra cette année à Montréal.

Ce patient, qui souhaite garder l’anonymat mais s’est exprimé dans le cadre d’un communiqué de l’hôpital californien où il a été soigné, est le quatrième ou cinquième à être guéri du VIH, selon différents décomptes. Ces cas sont donc très rares. Il faut les distinguer des millions de patients infectés par le VIH mais qui peuvent compter sur une espérance de vie normale grâce à l’existence de traitements efficaces. Ces traitements, dits anti-rétroviraux, bloquent la reproduction du VIH dans l’organisme, mais ils ne l’éliminent pas complètement. Or, dans les quelques cas de guérison avérée, on parle bien d’une disparition du virus.

Des situations très particulières :

Le premier d’entre eux, dit de Berlin, remonte à 2008. L’avant-dernier, annoncé quelques mois avant la conférence de Montréal, concernait une patiente soignée à New York. Mais ces patients ont tous en commun une situation bien particulière. Ils étaient atteints de cancers du sang et ont bénéficié d’une greffe de cellules souches qui a renouvelé en profondeur leur système immunitaire. Les patients guéris ont eu de la chance: leur donneur présentait une mutation rare d’un gène dit CCR5. Elle rend le système immunitaire résistant aux principales souches du VIH.


Dans le dernier cas de guérison annoncé en date, le patient californien a ainsi reçu en 2019 une greffe de moelle osseuse. Deux ans plus tard, il cessait de prendre ses antirétroviraux, le VIH étant devenu indétectable dans son organisme. Ce cas est d’autant plus intéressant que l’homme, âgé de 66 ans et infecté depuis plus de trente ans au VIH, est le plus vieux patient à avoir été guéri. Cela montre donc qu’une guérison par greffe de cellules souches peut bénéficier à une personne relativement âgée.
Mais cette observation reste largement théorique car il est inconcevable de généraliser un tel traitement au-delà de patients atteints de certains cancers. « Pour la plupart des personnes infectées au VIH, ça n’est pas une option », a admis l’infectiologue Jana Dickter, qui a soigné ce patient et présente son cas à Montréal, en attendant que ce travail soit relu de manière indépendante et publié dans une revue scientifique.

Des « pistes intéressantes »

La greffe de cellules souches, le plus souvent par moelle osseuse, est, en effet une procédure lourde aux effets secondaires importants. « Le premier effet d’une greffe de moelle osseuse, c’est de détruire provisoirement votre propre système immunitaire », souligne le chercheur Steven Deeks, un spécialiste du VIH qui n’a pas participé à ce travail. Un tel risque est « hors de question chez quelqu’un qui n’a pas le cancer », ajoute-t-il.

Steven Deeks, qui présente lui-même à Montréal des avancées importantes quant à la manière d’identifier une cellule infectée par le VIH, juge pour autant que le patient californien, comme ses prédécesseurs, donne des pistes intéressantes pour trouver un jour un traitement qui permettrait une guérison intégrale.

Un tel traitement, avance-t-il, pourrait se baser sur la technologie CRISPR, une méthode de manipulation génétique qui constitue l’une des grandes avancées scientifiques des dernières années. L’idée serait de modifier directement les gênes CCR5 des patients infectés pour rendre leur organisme résistant au VIH. « Théoriquement, c’est possible », conclut-il. « Mais, pour le moment, c’est de la science-fiction. »

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 29 Jl 2022 - 11:19
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VIH/Sida : le générique d’un remède préventif injectable sera déployé dans 90 pays (Unitaid)

Un nouvel accord permettra la production générique d’un traitement préventif injectable à longue durée d’action contre le virus du SIDA dans 90 pays où surviennent la majorité des nouvelles infections, a annoncé jeudi l’Agence sanitaire internationale, Unitaid.

Il s’agit d’un générique du « cabotégravir », qui offre deux mois de protection contre le VIH. L’accord de licence volontaire concernant les brevets relatifs au « cabotégravir » à action prolongée, permettra aux pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne d’accéder à des génériques du traitement. Le générique est destiné à 90 pays ayant enregistré plus de 70 % du nombre total de nouvelles infections par le VIH en 2020.

Unitaid explique que cette version injectable de la prophylaxie préexposition (PrEP) – également appelée cabotégravir à action prolongée – est la dernière innovation en matière de prévention du VIH. Ce traitement s’avère 70 à 90 % plus efficace que la PrEP à prise orale quotidienne pour réduire le risque d’infection par le VIH et nécessite seulement six injections par an, selon l’organisation, qui collecte des financements contre les maladies.

« Il permet également d’atténuer les craintes d’une possible confusion des comprimés avec un traitement contre le VIH, qui exposerait la personne à des risques de stigmatisation », a expliqué Herve Verhoosel, porte-parole d’Unitaid.

Cette annonce survient à peine sept mois après la première approbation réglementaire du cabotégravir à action prolongée en PrEP dans le monde.


« Nous espérons qu’un tel accord favorisera la mise à disposition à grande échelle de produits génériques plus abordables en un temps record », a ajouté M. Verhoosel.

Une incidence importante sur les groupes à risque :

Chaque année, environ 1,5 million de personnes sont infectées par le VIH dans le monde. Au total, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait à plus de 37 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH à la fin de 2020, dont plus des deux tiers (25 millions) en Afrique subsaharienne.

Les initiatives d’amélioration de l’accès au cabotégravir à action prolongée en PrEP auront une incidence particulièrement importante pour les groupes qui affichent les taux d’infection les plus élevés, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, les femmes transgenres, les travailleurs du sexe, les adolescentes et les jeunes femmes.

Pour l’UNITAID, l’accès à une méthode efficace de prévention à longue durée pour le VIH pourrait ainsi contribuer grandement à la réalisation de l’objectif consistant à enrayer la transmission du VIH et à juguler l’épidémie d’ici 2030.

A noter que cet accord découle d’un appel lancé par Unitaid en mars 2022, invitant ViiV à développer une politique d’accès transparente pour le cabotégravir à action prolongée et à élargir cet accès au moyen de formules génériques. Il constitue le premier résultat d’une coalition plus large, également présentée ce jour, qui vise à accélérer la mise à disposition abordable et équitable de la PrEP à action prolongée dans les pays en développement.

https://news.un.org/fr/story/2022/07/1124562

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 29 Jl 2022 - 11:54
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Chaque été, tous les deux ans, a lieu la conférence mondiale sur le VIH, organisée par l’IAS. Aids 2022 se déroule, cette année, à Montréal (Canada) du 29 juillet au 2 août. Une 24e édition qui revient au format présentiel, après deux années en virtuel. Seronet sera sur place avec une couverture des moments forts. Mais avant le grand départ, petit tour d’horizon des enjeux de cette conférence.



Quelle place pour la lutte contre le VIH ?

Quatre ans. Cela fait quatre ans que la plus grande conférence mondiale sur le VIH n’avait pas eu lieu en présentiel. La dernière édition s’était déroulée à Amsterdam en juillet 2018. En quatre ans, le monde et par écho la lutte contre le sida ont subi de grands bouleversements et de nombreuses crises : une crise sanitaire avec une pandémie mondiale (toujours en cours n’en déplaise aux « rassuristes ») ; une crise écologique avec de nombreuses catastrophes causées par le réchauffement climatique ; une crise économique avec la guerre en Ukraine ou encore la récente et inquiétante épidémie de Monkeypox.

La place de la lutte contre le VIH/sida dans ce contexte mondial saturé est un des enjeux de la conférence Aids 2022 et notamment de la plénière d’ouverture qui annonce la couleur : « Plus de 40 ans après le premier cas rapporté de sida, nous vivons dans un monde où le VIH est l’épidémie oubliée. Concernée par le manque d’intérêt et le rythme lent des progrès effectués dans la réponse au VIH, l’IAS appelle le monde à se remobiliser et suivre la science : follow the science, mantra de l’IAS. Plus qu’une conférence parmi d’autres, Aids 2022 est un moment de rencontres et de partages avec des scientifiques et activistes venus-es de toute la planète. Le lieu en lui-même est gigantesque, une ville dans la ville où, au total, 30 000 personnes sont attendues. Le programme, qui fait plus de 50 pages, donne le tournis. Cinq jours de conférence, 3 000 posters, plus de 100 sessions (plénières, ateliers, symposiums, présentations orales, etc.) mais aussi des actions militantes au Village associatif et même des événements culturels : un show de drag queens et le spectacle d’une compagnie de théâtre.

Des activistes privés de visas ?

Certains-es activistes VIH, notamment issus-es du continent africain, vont-ils-elles être empêchés-es de participer à Aids 2022, pour des raisons administratives ? La question se pose depuis des semaines et agite le monde de la lutte contre le VIH/sida. À deux semaines du début de la conférence, des centaines de participants-es qui espéraient y assister étaient toujours dans l’incertitude quant à leurs projets de déplacement. « Beaucoup d’autres, principalement d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, ont déjà vu leur demande de visa rejetée, y compris certains qui ont reçu des bourses en partie financées par le gouvernement fédéral [canadien, ndlr] pour y assister », expliquait récemment La Presse canadienne. Interpellé en diverses occasions, le gouvernement fédéral affirme qu’il accorde désormais la priorité aux visas de visiteurs-ses temporaires pour les personnes qui souhaitent assister à la Conférence internationale sur le sida.

Dès juin, près de 250 ONG et organismes internationaux se sont manifestés auprès du gouvernement pour que cessent les refus de visas concernant certains-es de leurs membres. La lettre prévenait qu’il existait un risque réel que les voix des personnes vivant dans les pays les plus touchés par le sida soient absentes de cette conférence ; ce qui n’est pas du tout le souhait des organisateurs-rices. Il y a trois semaines, plus de 400 participants-es attendaient encore leur visa. « Dans l’état actuel des choses, la prochaine conférence à Montréal va réunir des médecins, des scientifiques et des défenseurs des droits des pays à revenu élevé, tandis que de nombreuses personnes vivant avec le VIH/sida dans les communautés les plus touchées, ainsi que des travailleurs de la santé expérimentés de premières lignes, devront soit participer virtuellement, soit pas du tout », expliquait la lettre adressée au ministre, et dirigée par la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (Cocq-sida).

Dans un communiqué publié le 13 juillet sur Twitter, l’IAS a réagi aux nombreuses réactions d’indignation d’activistes de la lutte contre le sida : « L’IAS déplore le nombre élevé de visas refusés ou en attente de réponse qui empêchent de nombreuses personnes inscrites à la conférence d’entrer au Canada pour assister à Aids 2022 à Montréal. Nous faisons tout notre possible afin de pousser les autorités canadiennes à accélérer et approuver les demandes de visa », assurent les organisateurs-rices. Et de poursuivre : « Les refus et délais d’obtention de visa sont une préoccupation urgente et affectent notre capacité à tenir une conférence qui soit réellement inclusive et représentative des communautés les plus affectées par le VIH ». Affaire à suivre…

Le monde ne peut pas regarder ailleurs :

Aids 2022 va se tenir en amont de la 7e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui aura lieu du 19 au 21 septembre à New York, aux États-Unis. C’est donc un moment stratégique pour les activistes du monde entier qui vont profiter de cette fenêtre médiatique pour « faire du bruit » et appeler les États à augmenter leurs contributions respectives au Fonds mondial. En France, le plaidoyer a commencé depuis plusieurs mois. En avril dernier, les militants-tes de AIDES et Coalition PLUS se sont rassemblés-es sur le Vieux Port à Marseille (profitant de la conférence Afravih) pour se faire entendre. « Pendant la minute de silence que nous venons d’observer, trois personnes se sont infectées au VIH et une personne est morte. On peut arrêter cette hécatombe, il suffit de mettre les moyens », expliquait alors Camille Spire, présidente de AIDES.

Plus récemment, le 18 juillet, une tribune était publiée dans le JDD. Près de 200 personnalités internationales, dont la présidente du Sidaction Françoise Barré-Sinoussi, Camille Spire ou encore l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, directrice pour la France de l'ONG ONE, appellent les États « à augmenter considérablement leurs contributions » pour éradiquer ces maladies. « Dans son argumentaire d’investissement publié le 23 février dernier, le Fonds mondial indique avoir besoin d’au moins 18 milliards de dollars pour que l’horizon de 2030 reste atteignable pour venir à bout des épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme, et de renforcer les systèmes de santé publics et communautaires des États, afin de les préparer aux futures pandémies », soulignent les signataires de la tribune. « C’est pourquoi nous, personnes vivant avec le VIH, affectées par la tuberculose et le paludisme, populations vulnérables, associations, parlementaires, élus locaux, travailleurs communautaires, soignants, personnalités publiques des pays francophones d’Afrique, d’Amérique et d’Europe, unissons nos voix à l’approche de la tenue de la 7e Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial pour inciter la Commission européenne, les États francophones, et particulièrement la France et le Canada, en tant qu’hôtes des deux précédentes conférences, ainsi que la Suisse et la Belgique, à augmenter considérablement leurs contributions. La cible de 18 milliards de dollars est un seuil, non un plafond. Un échec aurait des conséquences irrémédiables », préviennent les signataires. Et la tribune de conclure : « Au moment où des millions de vies sont en jeu, le monde ne peut pas regarder ailleurs ».

Qu’est-ce que l’IAS ?

L'International AIDS Society (IAS), parfois appelée en français Société internationale sur le sida, est une association de professionnels-les de la lutte contre le VIH/sida, fondée en 1988 et basée à Genève. Indépendante, elle compte 16 000 membres, issus-es de 170 pays, travaillant à tous les niveaux de la lutte contre le sida : chercheurs-ses, cliniciens-nes, personnels-es hospitaliers-ères, éducateurs-rices, activistes, avocats-es, politiques, patients-es, etc. Les conférences internationales qu'organise l'IAS, sont les plus fréquentées au monde sur le VIH/sida. Ces conférences ont commencé en 1985 à Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis. Elles furent annuelles jusqu'en 1994, ensuite bisannuelles.

https://seronet.info/article/aids-2022- ... jeux-92931

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 01 Août 2022 - 09:57
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« Injuste et raciste »

Les masques sont toujours là, mais la joie de se retrouver est palpable. Les activistes et scientifiques du monde entier se retrouvent enfin quatre ans après la conférence d’Amsterdam en 2018. Certains-es se prennent dans les bras ; d’autres font des selfies. Une ambiance un peu électrique règne dans les immenses couloirs du palais des congrès de Montréal. La grande métropole insulaire et portuaire du fleuve Saint-Laurent accueille la conférence mondiale sur le VIH pour la deuxième fois (1989 et 2022). Mais une fois passée la joie des retrouvailles, un sujet de discussion revient sur toutes les lèvres. Des centaines de participants-es, principalement originaires d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, ont vu leurs demandes de visas rejetées, y compris certains-es qui avaient pourtant reçu des bourses en partie financées par le gouvernement fédéral canadien pour y assister. Dans un tweet daté du 26 juillet et très relayé, Winnie Byanyima, la directrice exécutive de l'Onusida, partageait son émoi après avoir failli rater son avion pour Montréal. « Tous les documents ont été scrutés encore et encore, des appels ont été effectués et j'ai pu embarquer en dernier. C’est injuste et raciste ! » Dans la foulée, Coalition PLUS tweetait « des centaines de militants-tes du Sud n'ont pas pu obtenir de visas pour assister à la conférence sur le sida à Montréal. La délégation de Coalition PLUS sera donc amputée de 15 % de ses membres ».

Vendredi 29 juillet, 9 heures du matin, la cérémonie d’ouverture s’ouvre avec une prière des Indigenous Knowledge Keepers (Gardiens-nes du savoir autochtone). Les gardiens-nes du savoir autochtones aident les nations autochtones à honorer leur responsabilité culturelle de veiller sur les terres et les eaux. Ils-elles sont les « yeux et les oreilles » des communautés sur le territoire. « Aimez-vous, honorez-vous et respectez-vous les uns les autres », prêche Sedalia Fazio. Cette membre active et respectée de la nation mohawk fait également référence à la planète qu'on tue et aux bébés autochtones enterrés par l'église catholique au Canada avant d’entonner un chant tribal et mystique. Une introduction un peu déroutante mais inspirante.

Sans transition c’est au tour d’Omar Sharif Jr, un mannequin et acteur canado-égyptien, petit-fils de l'acteur Omar Sharif de prendre la parole. C’est l’instant people de la conférence qui a vu défiler dans le passé des stars engagées comme Elton John ou Charlize Theron. Le mannequin, ouvertement gay, rend hommage à la Fondation contre le sida Elizabeth Taylor et en profite pour faire passer le message qu'il cherche un mari (« Messieurs, mes messages privés sont ouverts ! » annonce-t-il à la salle avec humour). Plus sérieusement, Omar Sharif Jr s'excuse au nom de la population canadienne pour toutes les personnes qui n'ont pas pu venir à la conférence pour des problèmes de visas et termine son discours par une formule toujours efficace : « On aura mis fin au sida quand on aura mis fin à toutes les inégalités ».

L’intervention qui suit est celle de la présidente de l’IAS, Adeeba Kamarulzaman, professeure en maladies infectieuses à l’Université de Kuala Lumpur en Malaisie. En prenant cette fonction de présidente en 2020, Adeeba Kamarulzaman s’était présentée, elle-même, comme la « première femme asiatique présidente, la première femme musulmane présidente », et l’une des rares femmes à prendre cette fonction, très importante. Devant les 15 000 personnes présentes à cette cérémonie, Adeeba Kamarulzaman admet être « très contrariée » par l’absence de centaines d’activistes des pays du Sud. « Ceux qui sont le plus affectés par le VIH doivent exprimer leurs points de vue et prendre part à la discussion », souligne la professeure.

À chaque minute, une nouvelle mort !

La rumeur courait depuis la veille : les activistes vont interrompre la cérémonie d’ouverture pour protester du scandale des visas refusés, mais aussi de l’absence très remarquée de Justin Trudeau. Le Premier ministre du Canada depuis 2015 n’a pas daigné se déplacer à la plus grande conférence mondiale sur le VIH organisée dans son pays et n’a même pas envoyé un-e membre de son gouvernement. « À chaque minute, une nouvelle mort ! Le sida est toujours là ! » scandent des activistes qui ont pris possession de la scène. « C'est NOTRE conférence ! Laissez nous prendre la scène, c'est notre épidémie ! Les gens meurent ! » crie une militante. « Je suis désolée, je ne vais pas célébrer ViiV [le laboratoire pharmaceutique qui commercialise la Prep injectable, ndlr], il faut que la Prep soit accessible à tous de partout ! », ajoute t-elle. Un homme prend la parole et dénonce le fait que les conférences sur le VIH/sida soient organisées dans « des pays racistes ». Et l’activiste d’ajouter : « Il faut aborder la question du privilège et le privilège existe dans cette salle ». Un moment fort.

En danger :

Winnie Byanyima, la directrice exécutive de l'Onusida, arrive sur la scène en commençant par saluer l’action des activistes : « Tous les progrès dans la lutte contre le VIH se sont faits à travers la protestation. Je vous ai entendus », assure la femme politique et diplomate ougandaise. Winnie Byanyima enchaine sur l’actualisation du rapport mondial 2022 de l’Onusida sur le VIH dans le monde, rendu public le 27 juillet, à la veille de la conférence. Le rapport intitulé « En danger » alerte sur les conséquences de la pandémie de Covid-19 sur les progrès faits dans la lutte contre le sida. Si les nouvelles infections au VIH dans le monde ont continué de baisser l'année dernière (de 3,6 % comparé à 2020), il s'agissait de la plus petite réduction depuis 2016. Le nombre de personnes vivant avec le VIH ayant accès à un traitement a bien continué d'augmenter en 2021, mais seulement de 1,47 million, comparé à 2 millions les années précédentes. C'est la plus petite augmentation depuis 2009. Environ 1,5 million de nouvelles infections au VIH ont été comptabilisées en 2021, soit plus de 4 000 personnes par jour et 650 000 personnes sont décédées d’une maladie liée au sida. Les jeunes femmes et adolescentes sont particulièrement touchées. « Toutes les deux minutes, une jeune femme contracte le VIH, trop souvent après une agression sexuelle », déplore la directrice de l’Onusida. Autre donnée inquiétante, les enfants représentaient 4 % de la population vivant avec le VIH en 2021, mais 15% des décès liés au virus, ajoute Winnie Byanyima. Et l’activiste de conclure : « Ce rapport n'est pas une admission d'échec. C'est un appel à l'action. Aujourd’hui, nous avons tous les outils pour mettre fin à la crise du sida en quelques années, seulement si les dirigeants mondiaux agissent avec courage et vision ».

Le Manifeste de Montréal mis à jour :

Tim McCaskell, activiste LGBT+ et VIH depuis plus de 40 ans est le prochain à prendre la parole pour présenter la mise à jour du Manifeste de Montréal. C’est en juin 1989, à Montréal, lors de la 5ème conférence internationale sur le sida que le manifeste de Montréal a vu le jour. À travers le fameux slogan : « Rien pour nous, sans nous », les militants-tes de l’époque avaient exigé leur inclusion pleine et entière dans les conférences scientifiques, au même titre que les experts-tes scientifiques. Une révolution ! Trente-trois ans après ce coup d’éclat, qui a durablement influencé la lutte contre le sida, la Cocq-sida a lancé, en mai 2022, une large consultation auprès des organisations communautaires dans le monde entier afin d’actualiser le manifeste de 1989. Comme la version originale, la consultation a été écrite en trois langues : français, anglais et espagnol. L'organisation a reçu une centaine de réponses ; les résultats ont pu être affinés après une réunion consultative organisée en juin. La Cocq-sida a sélectionné plusieurs écrivains-nes et poètes pour écrire la nouvelle version du manifeste. L’un-e d’entre eux-elles n’avait que quelques mois quand le manifeste de 1989 a été déposé !

Sida, où est la France ?

Le gouvernement canadien n’est pas le seul dont l’absence a été remarquée. Jamais dans l’histoire des conférences IAS, le gouvernement français n’avait autant brillé par… son absence ! Ni le président Emmanuel Macron, ni François Braun, le ministre de la Santé et de la Prévention pas même un-e secrétaire d’État n’ont fait le déplacement à la conférence. Seule Stéphanie Seydoux, ambassadrice de la santé mondiale, était présente comme représentante officielle de la France. Des dizaines d’activistes de AIDES, Sidaction et Act Up-Paris ont décidé de réagir et ont marché jusqu’au stand officiel du ministère de la Santé français en scandant : « Sida, où est la France ? » ou encore « Sida, on meurt ! La France regarde ailleurs ! ». Sur Twitter, AIDES a commenté cette absence « que nous interprétons comme de l'indifférence, voire du mépris, face aux enjeux de la lutte contre le VIH/sida, alors même que les indicateurs clés, tout juste publiés par l’Onusida, alertent sur un risque important de reprise de l’épidémie. De son côté, Florence Thune, la directrice générale de Sidaction, présente à l'action a pris la parole : « La société civile est en colère. L’absence du ministre, c’est plus qu’un symbole, cela montre le désengagement politique de la France alors que les indicateurs sont mauvais ».

Un nouveau cas de « guérison » à nuancer :

C’est désormais devenu un marronnier, presque un passage obligé. À chaque nouvelle conférence internationale sur le VIH, l’annonce d’un nouveau cas de « guérison » du VIH. Et la conférence Aids 2022 n’y a pas coupé avec, dès le mercredi 27 juillet, un communiqué envoyé à toutes les agences de presse sur un nouveau cas de « guérison ». Il s’agit du cinquième cas de « guérison » du VIH documenté par la science après Timothy Ray Brown (en 2008), Adam Castillejo (en 2019), le patient de Düsseldorf (2019) et la patiente de New York (en février 2022). Celui que l’on surnommait déjà le patient de City of Hope (du nom du centre de cancérologie californien où il est traité) est un homme gay, séropositif et atteint d’un cancer du sang. Comme les autres cas, ce patient a bénéficié d’une greffe de cellules souches qui a renouvelé en profondeur son système immunitaire. Les patients-es guéris-es ont tous-tes un point commun : leur donneur-se présentait une mutation rare d’un gène dit CCR5. Elle rend le système immunitaire résistant aux principales souches du VIH. Le patient de City of Hope a ainsi reçu en 2019 une greffe de moelle osseuse. Deux ans plus tard, il cessait de prendre ses antirétroviraux, le VIH étant devenu indétectable dans son organisme. Ce cas est intéressant dans le sens où ce patient, âgé de 66 ans, vit avec le VIH depuis plus de trente ans. Il est, à ce jour, le patient le plus âgé à avoir été « guéri » et cela montre donc qu’une guérison par greffe de cellules souches peut bénéficier à une personne relativement âgée. Attention tout de même au terme « guérison », les experts-es parlent plutôt d’un cas de rémission virale. Par ailleurs, cette nouvelle annonce, certes intéressante, mérite d’être nuancée. Les experts-es estiment qu'un traitement curatif fondé sur une greffe de cellules souches, le plus souvent par moelle osseuse, n’est pas transposable aux millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde. C'est une procédure complexe et risquée (potentiellement mortelle) car tout le système immunitaire est essentiellement détruit, puis remplacé. Il est donc contraire à l’éthique d’utiliser ce traitement sur toute personne séropositive qui ne serait pas en stade avancé d’un cancer en raison de l’ampleur des risques associés. Prudence donc, comment souvent avec ce genre d’annonces très médiatisées qui peuvent donner de faux espoirs à des millions de personnes vivant avec le VIH.

Réformer le droit contre la criminalisation :

Bien qu’il n’existe pas d’infraction spécifique au VIH dans le Code criminel canadien, plus de 220 cas de poursuites judiciaires pour non-divulgation de sa séropositivité à un-e partenaire sexuel-le sont advenus entre 1989 et 2021 au Canada. L'accusation la plus fréquemment utilisée dans ces poursuites est celle d’agression sexuelle aggravée. Ainsi, la Cour suprême considère que s'il existe une « possibilité réaliste de transmission du VIH », la non-divulgation de sa séropositivité invalide le consentement du/de la partenaire sexuel-le. Or, les interprétations de ce critère juridique par les tribunaux ne sont pas en adéquation avec les réalités scientifiques actuelles de la transmission du VIH. Elles perpétuent la stigmatisation envers les PVVIH et ne respectent pas les recommandations internationales, notamment celles de la déclaration de consensus d’experts-es sur la connaissance scientifique relative au VIH dans le contexte du droit pénal, publiée lors de la conférence 2018 de l’IAS. De plus, les ONG locales soulignent un impact disproportionné de ces poursuites sur les communautés noires, indigènes, et gays. Depuis 2017, la Coalition canadienne soutenue par 174 organisations plaide auprès du Parlement, pour mettre fin aux poursuites pour agression sexuelle dans les cas de non-divulgation du VIH. La Coalition vient de publier sa nouvelle déclaration de consensus communautaire, qui présente des recommandations législatives détaillées pour limiter la criminalisation du VIH au Canada. L’objectif est que les poursuites judiciaires se limitent aux cas de transmission intentionnelle et effective. Le plaidoyer semble porter ses fruits puisque le Parlement a annoncé une consultation nationale qui devrait débuter dès cet automne. La Coalition indique qu’elle restera attentive à ce que la réforme à venir du Code criminel tienne compte de ses recommandations.

U = U m’a sauvé la vie !


On le sait depuis longtemps maintenant, et il n’y a plus aucun doute : une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH. U = U en anglais ou I = I en français, Indétectable = Intransmissible, c’est un fait, largement documenté par la communauté scientifique. Cette information, désormais bien connue et assimilée par la plupart des personnes vivant avec le VIH, peine encore à frayer son chemin vers le grand public. Au Royaume-Uni, informer sur le U = U est un axe fort de l’action de l’association Terrence Higgins Trust, via son programme « Can’t pass it on ». Une étude de cette association a montré que l’information était connue de une personne sur dix seulement en 2017 au Royaume-Uni avant la campagne, contre une personne sur trois en 2021, ce qui reste néanmoins très insuffisant. La campagne possède également un volet à destination des professionnels-les de santé, dont certains-es ignorent aujourd’hui encore le U = U, conduisant à de la discrimination et de la stigmatisation dans l’accès au soin des personnes vivant avec le VIH. À cet effet, une plateforme gratuite de formation en ligne a été développée et mise à disposition de tous-tes gratuitement.

Une table ronde constituée de profils très divers de personnes vivant avec le VIH s’est tenue en ce premier jour de conférence. Quels que soient leur parcours, leurs origines, leur identité de genre, leur sexualité, les participants-es s’accordent pour dire que U = U a changé leur vie. Parmi eux-elles, particulièrement ému, l’activiste américain Brady Etzkorn-Morris s’est confié sur son parcours : « Après ma contamination en 2009, je suis entré dans une spirale de drogue, d’alcool et de dépression. J’ai essayé de mettre fin à mes jours plusieurs fois. Aux États-Unis, la loi vous oblige à révéler votre statut sérologique avant un rapport sexuel. Je pensais alors que je ne pourrais plus jamais avoir de relation, amoureuse ou sexuelle. En 2016, lorsque j’ai entendu parler de U = U pour la première fois, j’ai ressenti une immense libération. J’ai compris que je pourrais avoir une vie normale, malgré le virus. U = U m’a sauvé la vie ».

Fred Lebreton, Cynthia Lacoux, Célia Bancillon, Alicia Maria, Paul Rey et Léo Deniau


https://seronet.info/article/aids-2022- ... s-la-92979

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 01 Août 2022 - 15:45
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Aids 2022 : Opioïdes, l’autre épidémie



Une activiste autochtone vivant avec le VIH :

La plénière d’ouverture de cette seconde journée s’est ouverte avec Doris Peltier, activiste autochtone très investie dans le mouvement autochtone de lutte contre le VIH au Canada et dans la recherche en santé communautaire autochtone depuis plus de dix ans. Cette mère, grand-mère et arrière-grand-mère vivant avec VIH, semble très émue en prenant la parole. Les populations autochtones ont connu discriminations, violations de leurs droits humains et sont affectées par le VIH de façon disproportionnée. « 95, 95, 95… Est-ce qu’on va atteindre cette cible en tant que peuple indigène ? », s’interroge Doris Peltier ? « Je ne pense pas et je vais vous dire pourquoi ». Et l’activiste d’énumérer les freins qui empêchent de mettre fin à l’épidémie de VIH dans la communauté autochtone. Il y a une forte sérophobie dans la communauté, mais aussi une forte réticence à aborder les sujets du VIH et de la sexualité en particulier dans les zones rurales les plus éloignées. « Je parle de ma séropositivité publiquement pour briser ce tabou », explique Doris Peltier. La militante insiste aussi sur la nécessité d’inclure la population indigène comme « population clé » dans la réponse globale du VIH avec des engagements pris auprès de ces peuples où qu’ils soient dans le monde.

27 000 décès en 5 ans :

Doris Peltier enchaine sur le thème principal de cette plénière : l’épidémie d’opioïdes très présente en Amérique du Nord et qui touche de façon disproportionnée les communautés autochtones. ​Les opioïdes sont une catégorie de médicaments puissants qui sont généralement prescrits pour soulager les douleurs graves. Les opioïdes peuvent aussi causer de fortes addictions et, dans certains cas, être associés à une surdose mortelle. Au total, de janvier 2016 à septembre 2021, le Canada a recensé près de 27 000 décès et plus de 29 000 hospitalisations pour des overdoses liées aux opiacés, selon des chiffres du gouvernement. Doris Peltier explique que les surdoses d'opioïdes ont fortement augmenté pendant la pandémie de Covid-19 chez les Autochtones. Les décès liés aux opioïdes chez les membres des Premières Nations de la province ont augmenté de 132 % et dans cette communauté, on a cinq fois plus de risques de décéder d’une overdose que dans la population générale. Pour la militante, les confinements successifs pendant la pandémie ont beaucoup affecté les populations indigènes et il faut se concentrer davantage sur leur santé mentale.

L’activiste aborde aussi le sujet de la transphobie et révèle au public de la conférence que plusieurs de ses petits enfants ont transitionné. Dans sa culture, l’être aux deux esprits (two spirit people en anglais) est un terme utilisé par certains autochtones nord-américains pour décrire les personnes de leurs communautés qui remplissent un rôle cérémoniel et social traditionnel de troisième genre (ou d'une autre variante de genre) dans leurs cultures. Une entrée en matière puissante et inspirante.

L’industrie pharmaceutique responsable :

Pour succéder à Doris Peltier, Julie Bruneau. Cette professeure chercheuse du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) expérimente de nouvelles approches pour mieux intervenir auprès des personnes aux prises avec des enjeux d’addictions à la drogue. Dans sa présentation, Julie Bruneau dénonce le marketing agressif de l’industrie pharmaceutique en Amérique du Nord, les abus de prescriptions médicamenteuses et l’absence de politiques de réductions des risques. Pour la professeure, la crise des opioïdes au Canada est similaire avec celle des États-Unis et derrière les statistiques, il y a des êtres humains en souffrance. « L'industrie pharmaceutique a joué un rôle nuisible et a enflammé la crise des opioïdes. Nous ne pouvons pas laisser ce scénario horrible se dérouler de nouveau où que ce soit dans le monde », déplore Julie Bruneau. La professeure délivre un vibrant plaidoyer pour la dépénalisation des drogues : « Dire publiquement qu’on est consommateur de drogue est dangereux, où que l’on soit dans le monde. Cela doit cesser. Les lois qui criminalisent les personnes qui consomment de la drogue vont à l'encontre de la science, à l'encontre des droits humains et cela doit cesser ». Et Julie Bruneau d’ajouter : « La guerre en Ukraine nous rappelle douloureusement à quel point les progrès dans la réduction des risques et l’accès aux traitements sont fragiles pour des millions de personnes qui sont déplacées et qui n’ont plus accès à des services de prises en charge du VIH et de l’hépatite C ».

Village mondial : tous-tes ensemble !

Un des avantages de retrouver une conférence en présentiel, c’est bien sûr les rencontres humaines. Et quel meilleur endroit pour cela que le « village mondial » de la conférence. Immense salle où a été installé un grand village associatif. En déambulant de stand en stand, on peut observer la richesse et la diversité de la communauté de la lutte contre le sida de par le monde. Des stands de communautés africaines avec des ventes d’objets qui vont servir à financer des programmes de prévention sur place. Un stand LGBT+ où un jeune homme queer, très maquillé, fait un selfie avec une jeune femme africaine. Un stand de personnes trans ; un autre pour soutenir une association ukrainienne, etc. Un peu plus loin sur la scène centrale, deux activistes qui vivent avec le VIH depuis près de 40 ans témoignent. Un est un homme gay, blanc, canadien et sénior diagnostiqué séropositif en 1983, il porte un t-shirt avec le message « HIV+ long term survivor » (séropositif survivant à long terme). L’autre est une jeune femme hétérosexuelle africaine qui est née avec le VIH en 1983. Il et elle plaident tous les deux pour des mesures concrètes pour la prise en charge des personnes qui vivent et vieillissent avec le VIH depuis 30, 35 ans, voire plus et qui ont développé des comorbidités. C’est la rencontre improbable entre deux personnes venues de différents continents qui n’auraient jamais dû se croiser. La puissance de ces communautés de destins de personnes vivant avec le VIH qui se croisent, se soutiennent et se comprennent dans ce drôle de village qui représente, le temps d’une conférence, une sorte de version miniature de la communauté VIH mondiale.

Recherche communautaire : une démarche « win-win »

L’ANRS | Maladies infectieuses émergentes a organisé un symposium sur la recherche communautaire, qui consiste à faire avec les personnes et non pas pour les personnes. C’est une approche ascendante, fondée sur les connaissances et l’expertise des personnes concernées, et qui vise à la transformation sociale. Les personnes concernées ont donc un rôle majeur sur la conception et l’implémentation des projets. Différentes avancées sont dues à des projets de recherche communautaire : la légalisation des tests VIH communautaire (projet ANRS-Com’test), l’éducation à l’injection pour les usagers-es de drogues (ANRS-Aerli), ou encore la preuve de l’efficacité de la Prep (ANRS-Ipergay). Divers-es intervenants-es ont ensuite montré que la recherche communautaire avait des bénéfices à la fois pour les chercheurs-ses et les communautés. Pour les équipes de recherche, cela permet d’accéder à des populations marginalisées car stigmatisées, de définir une question de recherche pertinente selon le besoin des populations, d’apprendre à s’adapter au terrain, et de créer du lien avec les communautés. Pour ces dernières, cela renforce l’expertise, la mobilisation, l’empowerment et permet une validation académique et publique de leur travail. On peut résumer ce symposium par une phrase d’une intervenante, Perrine Roux (Inserm) : « La recherche, ce n’est pas que la qualité, c’est aussi l’équité, l’éthique et l’humanité ».

Repenser le « vieillir avec »

Grâce aux innovations thérapeutiques et au renforcement continu de l’accès aux traitements, les personnes vivant avec le VIH ont une espérance de vie similaires à celle de la population générale. Aux États-Unis, plus de la moitié des PVVIH ont plus de 50 ans. Si ce chiffre est, en soi, une victoire, il invite également les organisations et les chercheurs-ses à s’interroger sur l’accompagnement de ces personnes dans leur vieillissement. À Palm Springs, en Californie, une étude a été construite et menée conjointement par un groupe de chercheurs-ses et une association communautaire sur les enjeux liés au « vieillir avec ». La Covid-19 et les contraintes d’isolements répétées ont joué un rôle d’accélérateur dans ces recherches. Annie Nguyen, chercheuse à l’Université de Californie, explique que les personnes de plus de 50 ans, vivant avec le VIH peuvent être plus sujet à l’isolement, au manque de relations sociales et aux états dépressifs. Face à ce risque, a émergé la volonté de créer un « Village virtuel », permettant ainsi aux personnes concernées de se retrouver en ligne, d’échanger, de se connecter les uns-es aux autres et de se soutenir. Une enquête préalable a été menée auprès d’un échantillon de personnes, afin de déterminer les contours et les critères à prendre en considération dans la construction de l’outil. Parmi les principaux freins évoqués, demeure la question de l’accès et de la maîtrise aux technologies et à l’informatique.

Santé mentale : il est temps d’agir !

La relation entre santé mentale et VIH est extrêmement forte, et va dans les deux sens. D’une part, les personnes souffrant de troubles mentaux sont plus facilement exposées à l’infection à VIH, car plus vulnérables et plus difficilement atteignables par les stratégies de prévention et de réduction des risques. D’autre part, les personnes vivant avec le VIH sont plus susceptibles de développer des troubles mentaux que le reste de la population, le VIH menant trop souvent à l’isolement, la dépression, l’anxiété et au trouble post-traumatique. Au Canada, par exemple, 42 % des personnes vivant avec le VIH sont atteintes de troubles de la santé mentale, contre 22 % dans la population générale, d’après Carolyn Bennett, ministre de la Santé mentale et des Dépendances. Don Operario est chercheur à l’université de Brown (US). Il nous invite à ne pas considérer la santé mentale et le VIH en silos, mais bien comme deux éléments largement interconnectés : « Ce sont deux épidémies qui interagissent entre elles, simultanément, et dont chacune exacerbe les effets de l’autre ; ainsi, la santé mentale doit nécessairement être partie intégrante de tout programme de prévention ou d’accompagnement des personnes vivant avec le VIH ». Lucie Cluver est chercheuse aux universités d’Oxford (Royaume-Uni) et de Cape Town (Afrique du Sud). Elle abonde : « Le lien entre santé mentale et VIH est avéré. C’est un fait. On pourrait citer plusieurs dizaines d’études sur le sujet. On connait ce qui marche pour s’attaquer au sujet de la santé mentale, on sait ce qu’il faut faire : les pairs aidant, l’intégration dans le parcours de santé primaire, la pyramide du care, la prise en charge centrée sur la personne... L’heure n’est plus à la théorie. L’heure est à l’action. Nous ne sommes plus dans le quoi, nous sommes dans le comment. Comment fait-on pour mettre en pratique ? Avec quels moyens ? » Marijke Wijnroks est Chief of Staff du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Lucide, elle reconnait : « Investissons-nous dans le champ de la santé mentale dans le cadre de la lutte contre le VIH ? Oui. En faisons-nous assez ? Clairement pas », avant de pointer le manque d’outils et la complexité des sujets. Elle relève toutefois un point positif : « La pandémie de Covid-19 aura au moins permis une chose : parler de santé mentale n’est plus un tabou aujourd’hui. Il y a eu une prise de conscience générale que la prise en compte de la santé mentale est une composante à part entière de la réponse à la situation sanitaire ». Finalement, tout le monde semble d’accord : il est temps de se donner les moyens et d’agir !

Pas de visa, pas de voix !

14h30 au Global Village : des dizaines de militants-es se rassemblent au Youth Pavillon. « My name is Edwin. I’m from Kenya. I could not be here because my visa was denied » (Je m’appelle Edwin, je suis kenyan. Je ne suis pas présent car mon visa a été refusé), « Nothing for us whitout us ! » (Rien pour nous sans nous !), « Migration policies block acces to health care » (Les politiques migratoires entravent l’accès à la santé), les nombreuses pancartes ne laissent pas de doute sur ce qui se prépare. Il s’agit d’une manifestation en réaction aux refus de visa par les autorités canadiennes. Ces derniers ont, de fait, empêché de nombreuses personnes de participer à la conférence Aids 2022. À titre d’exemple, 15 % des militants-es des associations membres de Coalition PLUS sont concernés-es. Dès le départ de la marche, les slogans résonnent dans le Palais des congrès de Montréal et attirent l’attention des autres participants-es à la conférence : « What do we want ? Justice ! » (Qu’est-ce qu’on veut ? Justice !), « End racism ! » (Stop au racisme !). À l’initiative de AIDS Youth Forces, la manifestation a pour mot d’ordre « No Visa No Voice » (pas de visa, pas de voix) et dénonce le racisme systémique sur lequel repose la politique des visas. En effet, si les citoyens-nes de la plupart des pays du Nord peuvent se rendre au Canada sans visa, ce n’est pas le cas de celles et ceux des pays du Sud, notamment des pays d’Amérique Latine et d’Afrique. Les refus de visa créent ainsi une double injustice car ce sont les populations les plus impactées par l’épidémie de VIH/sida qui sont empêchées de participer à la conférence. L’IAS indique d’ailleurs tirer toutes les leçons de cette situation afin que les futures conférences soient réellement accessibles à l’ensemble des communautés touchées par le VIH. Arrivés-es devant le stand du Canada, plusieurs dizaines de manifestants-es entonnent avec colère « Shame ! Shame ! Shame ! » (« Honte ! Honte ! Honte ! »). Les représentants-es du Canada n’ont pas daigné se montrer…

Fred Lebreton, Cynthia Lacoux, Célia Bancillon, Alicia Maria, Paul Rey et Léo Deniau


Prep injectable en générique :

Le sens du timing. À la veille du lancement de la conférence, le laboratoire Viiv Healthcare a annoncé avoir conclu un accord avec le Medicines Patent Pool (MPP) pour permettre l’accès à la formulation générique du cabotégravir à action prolongée en Prep injectable tous les deux mois dans 90 pays à revenu faible et intermédiaire. Le Medicines Patent Pool a été lancé en 2010 dans le but de négocier avec les laboratoires pharmaceutiques des licences volontaires (négociées) afin de favoriser la recherche et l’accès aux traitements génériques. « L’Onusida salue cette décision de la ViiV et félicite le Medicines Patent Pool pour avoir obtenu cet accord. Soutenir la production de CAB-LA génériques abordables pourrait protéger des millions de personnes du VIH ». Le programme commun des Nations unies sur le VIH/sida souhaite que l’accord aille plus loin : « Tout d’abord, il est primordial que la licence soit étendue à plus de 90 pays (…) Beaucoup de personnes ne sont pas incluses dans cette licence malgré le besoin considérable de nouvelles technologies de santé abordables » déplore l’Onusida. « Deuxièmement, comme la mise en ligne de la production de génériques prendra plusieurs années, il est crucial que ViiV s’engage à vendre CAB-LA dans les pays à revenu faible et intermédiaire à un prix aussi proche que possible du coût actuel de la Prep orale, actuellement environ 60 $. Cela permettrait à ViiV d’éviter des millions de nouvelles infections à VIH » souligne l’agence onusienne.



Le Botswana atteint 95/95/95 :

Bonne nouvelle ! Le Botswana est devenu le deuxième pays au monde à atteindre les objectifs fixés par l'Onusida en vue d'éradiquer la pandémie de VIH/sida. Ce pays d'Afrique australe de 2,3 millions d'habitants a atteint les objectifs 95/95/95. C'est-à-dire que d'ici 2025, 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 95 % des personnes qui savent qu'elles sont séropositives au VIH ont accès à un traitement et 95 % des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable. « Le Botswana réalise de nouveaux progrès historiques dans la lutte contre le VIH », a déclaré Sharon Lewin, présidente de la Société internationale sur le sida (IAS). L'étude conclut que le Botswana est « bien placé pour mettre fin à son épidémie de VIH d'ici 2030. Pour le dire simplement, ce sont des résultats vraiment exceptionnels ». Un autre pays d'Afrique australe, le petit royaume enclavé d'Eswatini, était devenu en 2020 le premier pays à atteindre les objectifs 95/95/95 selon l'Onusida.



L’hygiène menstruelle pour tous-tes :

Lorsque Freda Mensah prend la parole sur l’hygiène menstruelle, le premier réflexe est de penser que ce sont des acquis pour toutes les personnes présentes dans la salle. Puis le discours se poursuit, sont évoqués les mythes qui traversent le Ghana sur les menstruations : ne pas toucher les plantes ou les vaches, ne pas se regarder dans un miroir, ni se laver. Tout cela semble loin, et puis la captation d’une causerie éducative est diffusée. Des adolescentes et des femmes sont réunies autour d’une animatrice leur présentant les serviettes hygiéniques, démonstration à l’appui. Il est rappelé l’importance pour chacune d’avoir accès au matériel nécessaire à l’hygiène menstruelle, à des sanitaires, à des protections adaptées et en nombre suffisant pour pouvoir les changer régulièrement. La vidéo s’arrête et les participantes sont invitées à intervenir, poser des questions. Monique vient du Kenya, elle travaille pour Days For Girls. Sur l’estrade, elle présente leurs produits : des serviettes hygiéniques en tissu, réutilisables, lavables et surtout, pratiques, loin des langes de nos grands-mères. Ici c’est peut être évident, mais les témoignages des prochaines femmes à se lever montreront que c’est surtout révolutionnaire. Elles se succèdent au micro. Elles viennent de Namibie, d’Argentine, du Mali et elles portent le même discours : enfant, elles n’avaient pas accès au nécessaire pour assurer leur hygiène menstruelle, et elles voient encore des adolescentes ne pas aller à l’école lorsqu’elles ont leurs règles. Témoigner, échanger, s’inspirer mutuellement, se remercier, c’est aussi cela la santé communautaire.



Entendu à Aids 2022 :

« Les lois qui criminalisent les personnes qui consomment de la drogue vont à l'encontre de la science, à l'encontre des droits humains et cela doit cesser » Julie Bruneau, professeure chercheure au Centre hospitalier de l'Université de Montréal
« Les personnes qui s’injectent des drogues ont cinq fois plus de risques de contracter le VIH. Décriminaliser les drogues, c’est la clé ! La science devrait prévaloir sur la politique et l’idéologie » Dr. Andriy Klepikov, directeur de l’ONG ukrainienne Alliance for Public Health)
« Nous, en tant que peuple indigène, avons toujours su la chose suivante : si on ne prend pas soin de mère nature, elle ne prendra pas soin de nous » Elton Naswood, activiste autochtone

https://seronet.info/article/aids-2022- ... emie-92980

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 02 Août 2022 - 15:29
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Aids 2022 : Fiers-ères dealers de RDR



Drogues, VIH et santé communautaire :

Il est 8 heures du matin, mais les militants-es de Coalition PLUS sont nombreux-ses dans la salle, arborant fièrement un tee-shirt avec le slogan « Proud harm reduction dealers » (Fier-ères dealers de réduction des risques) de face et au dos « Support community health » (Soutenez la santé communautaire). Modéré par Camille Spire (présidente de AIDES), le symposium de Coalition PLUS porte sur le thème « Drogues, VIH et implication communautaire : une vision à 360 degrés sur comment approcher les pratiques et politiques de réduction des risques ». Vaste programme dont l’importance est rappelée par Camille Spire : « Les personnes usagères de drogue sont 35 fois plus exposées au VIH que n’importe quel autre groupe ». Elle prend également l’exemple du ballroom (concours de danse et de performances LGBT+) organisé la veille, dont une des catégories était « consommation de drogue » et montrait, avec des costumes utilisant métaphoriquement des outils de RDR, comment il est possible d’aborder la question avec innovation.

Pour illustrer les lacunes du financement de la RDR (seulement 13 % du financement nécessaire est investi) et l’importance primordiale que le plaidoyer se construise sur les résultats de la recherche communautaire, trois présentations ont témoigné des innovations de la recherche menée avec et pour les communautés.

Daniela Rojas Castro, directrice de la recherche communautaire de Coalition PLUS, a présenté les résultats de l’enquête Epic sur l’impact de la Covid-19 dans l’accès aux soins des personnes vulnérables et en particulier des personnes usagères de drogue. Au total, dix enquêtes quantitatives ont été menées et ont montré notamment que 59 % des répondants-es ne reportent pas de changement dans leur accès aux aiguilles et seringues stériles. Tanguy Hedrich, coordonnateur de la recherche à la Cocq-sida a appuyé ces observations et expliqué comment le recrutement des communautaires associés-es de recherche a permis d’autonomiser ces populations clés. Cela ne demande qu’une courte formation et améliore la qualité des données reçues. Enfin, Anushiya Karunanithy, responsable des relations internationales et initiatives spéciales à Mac en Malaisie, a rappelé le fardeau de l’hépatite C via une étude financée par Unitaid. Cette enquête auprès des communautés révèle que pour la prise en charge des personnes vivant avec une hépatite C, la sensibilisation est trop faible, tout comme l’échelle et la qualité de la prise en charge ainsi que le besoin d’une simplification des soins dans un système qui refuse la sur-centralisation.

Un panel a succédé à ces présentations. On retiendra surtout l’intervention d’Annie Madden, représentante de l’International Network of People Who Use Drugs (Inpud) et de Harm Reduction Australia. Elle a demandé à ce que les politiques de décriminalisation ne concernent pas que les incarcérations et que les sanctions financières soient discutées : les personnes les plus susceptibles de recevoir une amende pour consommation de drogue étant également les moins susceptibles d’avoir les moyens de la payer. Sa conclusion a été reprise dans le mot de clôture par Ken Monteith, directeur de la Cocq-sida, sur la nécessité d’avoir les personnes concernées à la table des négociations : le danger des politiques criminalisantes et marginalisantes n’est plus à prouver.

Présente dans la salle, Florence Thune, la directrice de Sidaction, en profite pour interpeler Gérald Darmanin sur twitter : « Bonjour @GDarmanin, très intéressante session organisée par @CoalitionPLUS à Montréal sur la réduction des risques, l’approche communautaire et l’apport de la recherche. Regardez-la en replay, vous apprendrez beaucoup de choses plus efficaces que votre guerre aux drogues ». Pas de réponse du ministre de l'Intérieur…

Vaccin et guérison VIH : quelles synergies ?

En plénière d’ouverture de cette troisième journée, une présentation passionnante et complexe sur les défis auxquels les scientifiques font face pour développer un vaccin VIH efficace et les synergies entre la recherche vaccinale et la recherche pour la guérison (cure). Glenda Gray, professeure sud-africaine spécialisée en pédiatrie et VIH, a listé les barrières parmi lesquelles la diversité virale du virus en lui-même qui mute en permanence et le virus qui se niche très rapidement dans les réservoirs. En 40 ans de recherche, la plupart des essais cliniques ont été décevants. Un vaccin recombinant en Thaïlande a donné 30 % d’efficacité, mais ce taux n’a pas pu être reproduit lors d’un essai similaire en Afrique. Des vaccins de ce type améliorés avec d’autres souches efficaces ont montré le rôle important de l’immunité cellulaire lors de tests sur le macaque, mais produits chez l’homme, le taux efficacité est tombé à 29 %. À côté des vaccins, une autre stratégie consiste à utiliser des anticorps monoclonaux neutralisants (bnAbs), mais ils sont spécifiques de chaque souche, et des études ont montré qu’il faut 50 à 100 fois plus de bnAbs pour combattre le VIH qu’il en faut contre le Sars-CoV-2. Autre stratégie évoquée, l’Université McGill (Canada) s’est récemment associée à la compagnie pharmaceutique Moderna afin de transposer la technologie de l’ARN messager — qui a montré son intérêt face à la Covid-19 — à la production de vaccins contre le VIH. La technologie ARN messager a été utilisée pour la première fois à grande échelle dans les vaccins anti-Covid. Des études concernant cette technique sont toutefois conduites depuis des décennies. Elle a été étudiée contre la grippe, la rage et le virus Zika. Moderna a lancé un vaste programme de recherches s’appuyant sur cette technologie, dont un volet concerne le VIH. Cette piste est prometteuse, mais la route vers un vaccin ne sera ni facile, ni rapide prévient la professeure.

Glenda Gray poursuit sa présentation en parlant des synergies possibles entre la recherche vaccinale et la recherche du cure notamment la compréhension des mécanismes de contrôle de l’infection chez les personnes contrôleuses. En effet, une très faible proportion des personnes vivant avec le VIH (moins de 0,5 %) sont capables de contrôler le virus sans avoir besoin d’un traitement antirétroviral. Et ce, malgré la présence de réservoirs cellulaires où se cachent des virus « dormants ». Leur profil immunologique est une « mine d’or » pour les chercheurs-ses. En conclusion de cette présentation, le sentiment que les choses avancent, mais que le chemin est encore long. Une vingtaine d’essais vaccinaux sont en cours dans le monde. Concernant la « guérison », les experts-es préfèrent parler de rémission plus probable qu’une totale éradication du VIH en raison notamment du virus qui se niche dans les réservoirs.

Le VIH face aux lois : Unscientific = Unnecessary :

Lors d’une session de plénière, Shereen El Feki de l’Onusida est revenue sur les lois qui, si elles peuvent créer un environnement sécuritaire et garantir les droits humains fondamentaux, sont également capables d’aggraver les inégalités quand elles sont punitives. En 2022 dans le monde, 93 pays ont des lois criminalisant le VIH. Ces lois peuvent être directement à l’encontre des personnes vivant avec le VIH en condamnant des actes comme la transmission au VIH ou la non-divulgation du statut, et elles peuvent également être indirectes en s’attaquant aux populations clés comme les travailleurs-ses du sexe, les usagers-ères de drogue, les personnes détenues, etc. Tout le monde n’est pas égal face à la loi et les femmes, les jeunes, les personnes marginalisées, en seront plus impactées. « Loin d’être efficaces, ces lois sont extrêmement puissantes pour ruiner des vies et saboter les efforts globaux de réponse au VIH », annonce Shereen El Feki. Elle reprend la fameuse équation U = U pour clamer que si une loi n’est pas scientifique (Unscientific), elle n’est pas nécessaire (Unnecessary). Comment défaire ces lois ? Shereen El Feki parle de l’importance du travail d’identification des pays avec des législations criminalisantes qui a été effectué ces dernières années, pour savoir où sont les problèmes. Elle ajoute que la collecte de données sur les effets de ces lois est essentielle et que l’on peut aujourd’hui avoir des preuves de l’effet délétère de ces dernières sur la prévention et les traitements : les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont, en Afrique, cinq fois plus à risque d’exposition au VIH lorsqu’il y a des lois oppressives. Discuter avec les partis religieux qui participent à ces lois est également essentiel pour les abolir. Des avancées récentes sont à noter en 2022, avec, par exemple, la décriminalisation la transmission du VIH au Zimbabwe et la dépénalisation du travail du sexe en Belgique.

Madame, vous masturbez-vous ?

Voici une question que pourrait poser un-e professionnel-le de santé à sa patiente, en toute bienveillance et avec le souci d’une approche centrée sur la personne, qui aurait suivi les recommandations de l’Anac (Association of Nurses in Aids care). Mitchell Wharton, Melanie Steilen et Jeffrey Kwong font partie du board de l’Anac et ont animé un atelier intitulé : « Rester sexy dans la soixantaine et au-delà : Santé sexuelle et bien-être des personnes vieillissant avec le VIH ». Leur constat, confirmé par les participants-es à l’atelier, est sans appel : la grande majorité des professionnels-les de santé n’abordent jamais les questions de sexualité avec leurs patients-es, a fortiori avec leurs patients-es les plus âgés-es. Pourtant, martèle l’association, le sexe et la santé sexuelle font partie intégrante du vieillissement et du bien-être. En cause, de nombreuses raisons très variées et non justifiées : le postulat – erroné – que les personnes âgées n’ont a priori plus de sexualité, le manque de formation et de connaissances sur le sujet, les barrières culturelles ou morales, la crainte d’aborder un sujet tabou ou d’embarrasser la personne en face. Autre constat, à partir d’un certain âge, il n’est pas toujours facile entre partenaires d’aborder le sujet de la sexualité de manière totalement ouverte et transparente, encore moins dans le cas de personnes vivant avec une affection telle que le VIH, porteuse de fort stigmas. Dans le cas de la relation entre praticien-ne et patient-e, il est important d’établir un dialogue sur les questions du sexe et des relations amoureuses, sur la baisse du désir, sur la dysfonction sexuelle. Parler des IST, tant de leur prévention que de leur traitement, est important également car elles ne concernent pas que les jeunes ! Enfin, une vigilance relative aux abus est capitale, ceux-ci pouvant prendre beaucoup de formes : maltraitance physique et/ou morale, ascendant psychologique, financier, mental, etc. Mitchell Wharton conseille : « Bien sûr, il est important que le-la praticien-ne soit à l’initiative de ces discussions. Malheureusement, il est rare que cela soit le cas. Aussi, je conseille toujours aux personnes que je rencontre de ne jamais hésiter à poser ces questions, à aborder ces sujets, même si le-la praticien-ne ne le fait pas d’emblée ».

Entre partenaires maintenant, chacun doit s’interroger sur ses propres envies, ses propres limites, et les exprimer à l’autre partenaire. Il arrive souvent que nos désirs profonds nous soient tout simplement inaccessibles car masqués par des injonctions ou des habitudes prises, notamment en raison de représentations très normatives de la sexualité. Par exemple : l’érection est une condition d’un rapport intime réussi, ou encore un rapport s’organise en préliminaires puis pénétration puis éjaculation, etc. La discussion entre partenaires doit permettre aussi d’aborder la question du plaisir sexuel, de l’abstinence, de la possibilité de l’amour sans le sexe ou du sexe sans l’amour, de s’assurer systématiquement du consentement du partenaire, le tout dans l’écoute bienveillante et sans jugement.

Égalité de genre et VIH :

Symposium du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme intitulé : « Se battre pour ce qui compte : l’égalité de genre dans la réponse au VIH ». Maelle Ba, la modératrice, a inauguré la discussion en rappelant la résilience et l’agilité des communautés et du Fonds mondial en période de crise sanitaire, avant de laisser la parole au directeur exécutif du Fonds, Peter Sands. En milieu de salle des personnes ont des pancartes sur leurs genoux. Ce qui ressemble à une action activiste qui interromprait le déroulement du symposium est en réalité l’équipe du Fonds mondial elle-même. En début de conférence, des messages demandant une reconstitution ambitieuse et une annonce forte de la part du Canada (1,2 milliard de dollars canadiens) sont brandis. La seule structure à s’auto-zapper ?

Peter Sands annonce notamment que bien que l’argent soit la priorité numéro une du Fonds mondial, en ce moment, il ne sert à rien de récolter des fonds si les programmes ne sont pas efficaces et pertinents ; et souligne donc l’importance de combattre les inégalités de genre. Quasiment la seule fois que l’égalité de genre, pourtant objet du titre du symposium sera abordée. Les prises de parole s’enchaînent avec des panélistes prestigieux-ses : Stéphanie Seydoux, ambassadrice française pour la santé mondiale, rappelle diplomatiquement les succès du Fonds mondial et l’engagement de la France à ses côtés. Joe Phaahla, ministre de la Santé en Afrique du Sud, Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida et Angeli Achrekar, coordinatrice adjointe de Pepfar (Plan d’urgence présidentiel américain de lutte contre le VIH/sida) répètent des éléments de langage sur l’importance de financer le Fonds mondial et sur les obstacles à surmonter.

Au milieu de ces discours institutionnels, un représentant du gouvernement canadien monte sur scène et présente ses excuses officielles à Farida Tiemtoré (Les Héroïnes du Faso et représentante du programme Voix Essentielles), panéliste burkinabè absente pour cause de visa. Cette dernière est la seule à vraiment aborder le sujet du symposium, en appelant les décideurs-ses et bailleurs à « écouter celles et ceux qui sont sur le terrain, se battent pour ce qui compte [...] et amènent les femmes et jeunes filles à assumer leur sexualité ». Une demande confirmée par la jeune activiste du Malawi, Grace Ngulube : « aucune d’entre nous n’est libre tant que nous ne sommes pas toutes libres ».

Décriminalisation du travail du sexe Australie :

Jules Kim de la fédération Scarlet Alliance, association australienne de travailleurs-ses du sexe, a présenté une vue d'ensemble des processus de décriminalisation du travail du sexe dans les différents États d’Australie. Le passage de la criminalisation à la dépénalisation (par exemple, en Nouvelle-Galles du Sud) a été très différent de celui de la légalisation à la dépénalisation (par exemple, dans l'État de Victoria). Ce dernier est, en effet, plus complexe car il nécessite la modification de nombreuses lois, et non leur simple abrogation. Dans chaque État, les associations membres de Scarlet Alliance ont mené des campagnes d’envergure pour une dépénalisation complète du travail du sexe : sensibilisation du public, lobbying et diffusion d’informations auprès des décideurs-ses politiques, des ministères et des alliés. Ces campagnes ont permis que la voix des personnes concernées soit au premier plan des débats et ont garanti que, dans chaque État australien, les travailleurs-ses du sexe locales soient impliqués-es à tous les stades du processus de réforme législative. Jules Kim rappelle que les politiques répressives surexposent les travailleurs-ses du sexe aux risques de contracter le VIH et les hépatites et produisent des conséquences néfastes sur leur santé. L’activiste explique ensuite pourquoi la décriminalisation est le modèle optimal pour la législation sur le travail du sexe. Un cadre légal dépénalisant le travail du sexe supprime la police en tant que régulateur de l'industrie du sexe, évitant la corruption. Il abroge les lois pénales spécifiques aux travailleur-ses du sexe et réglemente ainsi les entreprises de l’industrie du sexe par le droit commun. En conséquence, la décriminalisation du travail du sexe supprime les obstacles à la prévention du VIH, multiplie les possibilités de promotion de la santé et renforce les capacités d'éducation par les pairs.

Fred Lebreton, Cynthia Lacoux, Célia Bancillon, Alicia Maria, Paul Rey et Léo Deniau



DoxyPEP, un TPE pour les IST :

La prise d'un antibiotique après un rapport sexuel non protégé par un préservatif peut drastiquement réduire le risque de contracter certaines infections sexuellement transmissibles (IST) d'origine bactérienne auprès de personnes à haut risque, selon une étude clinique révélée lors de la conférence. Cette méthode de prévention est appelée une PEP en anglais (Post-exposure prophylaxis) et en français un TPE (traitement post-exposition). La prise de doxycycline a permis de réduire de plus de 60 % les taux d'infection de type gonorrhée et chlamydia parmi des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH), et a aussi semblé hautement efficace contre la syphilis — mais il n'y a pas eu assez de cas pour que ces derniers résultats soient significatifs d'un point de vue statistique. Cette étude a été conduite auprès d'environ 500 personnes, principalement des HSH, à San Francisco et Seattle. Les participants étaient répartis en deux groupes : personnes sous Prep (prépeurs) et personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Au sein de chacun de ces deux groupes, environ deux-tiers des participants recevaient la doxycycline tandis que les autres n'en prenaient pas. Un suivi était assuré en collectant les résultats tous les trois mois. Le traitement était donné dans les trois jours après l'exposition et aussi longtemps que nécessaire en fonction de la fréquence des rapports sexuels. La prise de l'antibiotique a permis de réduire l'incidence de ces IST de 62 % auprès des PVVIH, et de 66 % auprès des prépeurs. Le traitement était tellement efficace que les chercheurs-ses ont arrêté les essais cliniques plus tôt que prévu. « Nous avons désormais deux études qui appuient l'usage de doxycycline comme PEP auprès des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes », a salué l'autrice principale Annie Luetkemeyer, de l'université UCSF. La prophylaxie par la doxycycline (un antibiotique) appelée DoxyPEP n’est pas approuvée en France, mais fait partie de plusieurs études en cours notamment Doxyvax ANRS174 et une sous étude de l’essai Prevenir.



U = U = allaitement possible :

Grâce aux traitements ARV, une personne ayant une charge virale indétectable peut allaiter, et le risque de transmission VIH mère-enfant est inférieur à 1 %. Cependant, l’accompagnement des familles dans ce choix est insuffisant. À l’échelle internationale, il n’existe pas de recommandations officielles de la part de l’Organisation mondiale de la santé sur cette question. Nyasha Chingore, membre du Aids Rights Alliance for Southern Africa (Arasa) explique également qu’au Zimbabwe, mais aussi dans de nombreux pays, les lois de criminalisation du VIH affectent également celles qui souhaitent allaiter. Pourtant, dans une grande majorité de ces pays, allaiter est le seul moyen de nourrir de façon sécurisée son enfant (manque d’eau potable, difficulté pour se procurer des aliments adaptés, etc.). La stigmatisation est extrêmement forte, et les personnes concernées se sentent exclues des décisions les concernant. En confiant sa propre expérience, Lucy Njenga, jeune femme séropositive kenyane, et membre de Positive Young Women Voices, rapporte que « vivre avec le VIH ne doit pas m’empêcher de prendre des décisions pour mon corps et pour mon enfant ». En Australie, il a fallu attendre 2021 pour avoir des recommandations nationales officielles, après plusieurs années de concertation et de travail collectif. Seul le Canada et le Royaume-Uni sont également dotés de recommandations. Les témoignages et questions des personnes vivant avec le VIH qui ont voulu ou voudraient allaiter montrent à quel point les femmes et minorités de genre se retrouvent une fois encore, à l’intersection de nombreuses discriminations. La science et les collectifs médicaux et scientifiques en charge de l’élaboration des recommandations, n’en font pas une priorité (lire le reportage sur VIH et allaitement).



Entendu à Aids 2022 :

« Les travailleurs-ses du sexe doivent être impliqués-es à tous les stades de réflexion et de construction de la loi pour décriminaliser le travail du sexe » Julie Kim, Scarlet Alliance, Association australienne de TDS
« Les personnes usagères de drogues ont 35 fois plus de risques de contracter le VIH que la population générale. C'est le résultat de l'échec de la guerre aux drogues ! » Camille Spire, présidente de AIDES
« Dans beaucoup de pays, la décriminalisation consiste à substituer des amendes aux sanctions criminelles. Dans les faits, les personnes usagères de drogues restent donc criminalisées et maltraitées lorsqu'elles ne peuvent pas payer » Annie Madden, activiste australienne
« Les personnes usagères de drogues représentent 39 % des nouvelles infections au VHC » Anu Karunanithy, activiste malaysienne
« La plupart des études à ce jour ont testé des méthodes dans le cadre de suppression virale à long terme avec les ARV. Aujourd’hui, la recherche se penche sur la stratégie de s’en prendre aux réservoirs dès l’initiation des ARV » Thomas Aagaard Rasmussen, chercheur australien
« Le profil génétique très étroit du VIH transmis par allaitement signifie que un ou deux anticorps monoclonaux neutralisants permettraient d’éliminer la transmission par le lait maternel » Glenda Gray, professeure sud-africaine

https://seronet.info/article/aids-2022- ... -rdr-92983

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Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 03 Août 2022 - 06:12
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Un nouveau cas de rémission prolongée, 42 mois après l’allogreffe et 17 mois après l’interruption du traitement antirétroviral
D’après Dickter J et al., abstr. OALBB01, actualisé

Un 4e cas de rémission (City of hope patient) a été rapporté à cette conférence mondiale, après le patient de Berlin, le patient de Londres et la patiente de l’étude observationnelle IMPACT P1107.

Le patient décrit est infecté depuis 1988, avec un nadir de CD4 inférieur à 100/mm3. En 2018, à 63 ans, il a développé une LAM, traitée par chimiothérapie suivie d’une allogreffe d’un donneur homozygote CCR5-delta32 non apparenté HLA. Il a été traité de nombreuses années avec un contrôle de la charge virale. Toutefois, en 1999, un génotype de résistance a montré une résistance certaine à l’AZT, ABC, NVP, EFV et une résistance intermédiaire au TDF/TAF. Le traitement choisi pour réduire les interactions avant l’allogreffe était l’association TAF/FTC + DTG, poursuivie ensuite pendant 25 mois. Avant l’allogreffe, l’ADN viral était à 80 cp/million de cellules mononucléées sanguines (figure) et le virus présentait un tropisme R5 de façon majoritaire (taux de faux positifs de 10 %). Après l’allogreffe, 14 mois après l’interruption du traitement, le chimérisme était de 100 %. L’ARN viral plasmatique et l’ADN viral cellulaire restaient indétectables. Sur le plan de la réponse immunologique, il y avait une baisse modérée de la réponse humorale au VIH avec toujours présence de la réactivité p24, p40, p51/p55, gp120, gp160 sur le Western-Blot, mais sans réponse immunitaire cellulaire spécifique. Aucune infection n’était détectée en culture après déplétion des CD8. Un an après l’interruption du traitement antirétroviral, il y avait une forte réponse CD4 et CD8 à une stimulation antigénique par le CMV. En revanche, il n’y avait aucune réponse spécifique aux antigènes du VIH.

En conclusion, ce nouveau cas de rémission prolongée après une allogreffe d’un donneur homozygote CCR5-delta32 est à suivre avant de parler de guérison complète en raison du faible recul de 17 mois après l’interruption du traitement antirétroviral.


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