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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 26 Jn 2020 - 06:58
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La recherche malade du Covid

La médecine et le soin ont été les stars incontestées de la crise sanitaire: les médecins de tous genres ont occupé un temps d’antenne impressionnant, sensibilisant les Français aux notions de coronavirus, de tests PCR ou sanguins, d’orage cytokinique, de RO, d’essai en double aveugle contre placebo, etc. Les Français ont cru devenir des experts ès maladies infectieuses, avant de plonger dans une grande perplexité quand ils ont découvert qu’un fait donné comme sûr ou probable un jour, devenait caduque quelques jours après. À titre d’exemple : les enfants auraient été plus contaminants que les autres, l’hydroxychloroquine serait efficace en traitement préventif, la nicotine serait un facteur protecteur, etc.

Ironie d’une science piégée par la vitesse du siècle ? Méconnaissance par les profanes de la réalité de la recherche scientifique ? Comme l’écrivent Michel Callon, professeur de sociologie et Pierre Lascoumes, directeur de recherche émérite au CNRS, «en sciences, il convient toujours de commencer par douter, pour ensuite confronter et discuter impitoyablement les hypothèses et les résultats obtenus, afin d’avoir quelque chance de parvenir à un consensus.»

Vertige de la science
À la fin du mois de mai, près de 1 700 essais cliniques sur le Covid ont été recensés par la plateforme d’intelligence artificielle Clinical Research Navigator (CRN) qui agrège des contenus tels que les essais cliniques, les publications scientifiques, les profils d’experts et les articles publiés dans le monde entier. Selon ce décompte, les États-Unis sont à l’origine du plus grand nombre d’essais cliniques (19%). La France représente 16% des essais, menés notamment par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Suivent l’Espagne (9%), le Royaume-Uni et la Chine (6%). De quoi donner le tournis aux profanes.

Mais derrière les chiffres ne se cachent pas forcément des rapports de force scientifique. Quand la Grande-Bretagne a choisi de privilégier deux grand essais dont Recovery, la France s’est dispersée dans près de 160 essais dont Discovery, essai européen qui finalement restera franco-français (voir notre article). Et Recovery n’en finit pas de livrer des résultats alors que Discovery est en panne faute d’inclusions au-delà de l’Hexagone.

À Vih.org, nous avons assisté comme d’autres à ce tourbillon médiatico-scientifico-politique, qui nous a donné le tournis. D’autant que plusieurs membres de la rédaction et du comité éditorial s’y sont trouver plongés. Comme l’explique Gilles Pialoux, «le point commun des “VIHologues”, c’est une passion pour l’émergence. Nous avons probablement une plasticité, une capacité à nous adapter et puis, la recherche épidémio, l’analyse des données scientifiques, on a fait ça toute notre vie…» Pas de surprise, donc, à replonger tête baissée pour ceux qui ont vécu l’épidémie du sida, dans l’énigme du Sars-CoV-2.

Mais l’époque est très différente comme Jean-François Delfraissy aime à l’expliquer: «il a fallu 15 ans pour trouver les antirétroviraux contre le VIH, 8 ans pour un traitement pour le VHC, 6 mois pour un vaccin contre Ebola, et là tout le monde souhaiterait trouver un traitement du Covid-19 en 3 mois ?» Pour l’heure, seule la Dexaméthasone (un corticoïde bien connu) semble avoir donné des chiffres indiscutés à ce jour (dans l’essai Recovery) sur la mortalité. Aujourd’hui, chacun derrière son écran peut accéder aux bases de données de la recherche internationale en train de se faire : le portail d’archives ouvertes HAL donne accès direct à toutes ses publications traitant du Covid-19, l’OMS appelle à la collaboration et au partage des données en matière de recherche.

Tentative de coordination et mobilisation des spécialistes du VIH
En France, un conseil scientifique présidé par Jean-François Delfraissy, ancien directeur de l’ANRS, a été créé le 11 mars. Y siègent notamment les infectiologues Yazdan Yazpandanah (AP-HP) et Denis Malvy (CHU de Bordeaux). Son président a estimé sur l’antenne de BFM que le conseil scientifique n’avait pas vocation à perdurer au-delà de la période d’urgence et que les agences sanitaires devaient revenir au premier plan.

Le 24 mars, c’est un Comité analyse, recherche et expertise (CARE) qui est mis en place. Composé de douze chercheurs et médecins, présidé par Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine pour sa découverte du virus du sida, cet organe indépendant remplit une fonction d’expertise scientifique rapide, à la demande du Gouvernement, auquel il adresse des avis. Il surveille spécifiquement les «innovations scientifiques, thérapeutiques et technologiques proposées par la communauté scientifique pour lutter contre le Covid-19 (développement et déploiement de traitements de tests et d’essais, avec un accent particulier sur les expériences conduites à l’étranger)». Cette vigie est médiatiquement muette, mais le site donne un aperçu des recherches en cours dans les laboratoires.

Au niveau européen, c’est Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida de 1995 à 2008, qui a été nommé conseiller de la présidente de la Commission européenne pour la recherche sur le Covid-19… Encore un médecin qui a longuement fréquenté le VIH (et co-découvreur d’Ebola) appelé à la rescousse dans la lutte contre le Covid (qu’il a par ailleurs contracté) . La Commission a également mis en ligne une plateforme de données sur le Covid 19, pour permettre aux chercheurs d’accéder et de partager les informations sur le virus. Mais l’échec relatif de l’essai Discovery laisse à penser que la coordination européenne n’est pas au point. De fait, l’essai coordonné par l’Inserm dans le cadre du consortium REACTing dédié aux maladies infectieuses émergentes, devait inclure 3 200 patients européens dont 800 en France. Or, par complexité et insuffisance de collaboration européenne, par l’articulation complexe avec l’essai de l’OMS Solidarity, les inclusions n’ont même pas atteint le chiffre de 800 pour la France. Ce qui faisait dire à Yazdan Yazdanpanah, interrogé par le Monde le 1er mai : «Sur les essais cliniques, l’Europe est un échec!».

Par Christelle Destombes, vih.org, Swaps

https://vih.org/dossier/la-recherche-malade-du-covid/

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 29 Jn 2020 - 09:40
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COVID-19 : quels sont les 4 tests de détection des anticorps à avoir la sensibilité et la spécificité les plus élevées, et à quel moment ?

• Une étude de la sérologie des IgG montre une spécificité globale de 98,0–99,6 % et une sensibilité de 88,1–98,8 % à partir d’échantillons prélevés plus de 14 jours après la détection de la maladie pour 4 tests sérologiques à haut débit de détection des anticorps au coronavirus 2 du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) : Abbott, Epitope Diagnostics, EUROIMMUN et Ortho Clinical Diagnostics.
• Selon une étude distincte publiée dans la même revue, en cas de tests diagnostiques moléculaires positifs répétés, ces résultats peuvent être considérés comme des vrais positifs pour l’infection au SARS-CoV-2.
Pourquoi est-ce important ?

• Les tests sérologiques produisent les résultats les plus précis après 14 jours suivant l’apparition des symptômes/le diagnostic par test de la réaction en chaîne par polymérase [Polymerase Chain Reaction, PCR]).
• Les tests moléculaires doivent être répétés 2 jours au maximum après un résultat négatif chez les patients dont les symptômes justifient une forte suspicion clinique de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).
Principaux résultats

• Étude IgG :

• Spécificité globale/Valeurs prédictives positives par test, en supposant une prévalence de 5 %, plus de 14 jours après l’apparition des symptômes :
• Abbott : 99,6 %/92,8 %.
• Epitope Diagnostics : 99,6 %/90,6 %.
• EUROIMMUN : 98,0 %/71,2 %.
• Ortho Clinical Diagnostics : 99,6 %/92,5 %.
• Tous les tests sauf 1 (Abbott) ont atteint une sensibilité globale de 100 % à partir d’échantillons prélevés plus de 14 jours après l’apparition des symptômes.

• Étude Diagnostics :

• Sur 3 432 patients, 2 630 avaient des résultats initiaux négatifs, invalides ou indéterminés, et 802 avaient des résultats initiaux positifs.
• Taux global de résultats positifs au test : 39,9 % avec une répétition du test, contre 49,0 % avec 1 seul test (P < 0,001).
• Sur les 2 413 patients ayant d’abord été négatifs, 18,6 % sont devenus positifs lorsque le test a été répété dans les jours qui ont suivi.
• Valeur prédictive négative : 81,3 % (IC à 95 % : 79,7–82,8 %).
• La répétition du test intervenant le même jour chez les patients ayant des résultats invalides, négatifs ou indéterminés a conduit à un total de 17,0 % de résultats positifs n’ayant pas été détectés initialement.
• La probabilité de conversion d’un résultat positif à un résultat négatif était minime 15 à 20 jours après le test initial, et de 50 % après 28 jours (IC à 95 % : 27–29).
Protocole de l’étude
- Étude IgG : les tests de détection des IgG ont été évalués à partir de 224 échantillons sériques prélevés en série (auprès de 56 patients dont le COVID-19 était confirmé).
- Étude Diagnostics : les tests moléculaires de détection du SARS-CoV-2 ont été évalués à partir d’un ensemble de données portant sur des patients à New York.
- Financement : aucun financement n’a été communiqué.
Limites :

- Étude IgG : faible nombre de patients.
- Étude Diagnostics : le test n’a été répété que chez 15 % des patients.

https://jcm.asm.org/content/early/2020/ ... 95-20.long

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 01 Jl 2020 - 05:17
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La transmission au sein du foyer, élément déterminant de la propagation du SARS-CoV-2

L’analyse de 349 cas index de COVID-19 et de plus de 1.900 personnes contacts à risque suggère que c’est au sein de la famille (habitant ou non dans le même foyer) que la transmission du virus est la plus élevée durant la période présymptomatique, les 60 ans ou plus ayant davantage de risque que les autres. L'isolement des cas primaires et le placement en quarantaine des contacts à risque au sein de la famille seraient déterminants pour contrôler efficacement l’épidémie.
La transmission du SARS-CoV-2 au sein des foyers est mal évaluée mais est primordiale pour apprécier le taux d’attaque secondaire lié à un premier patient infecté. Une équipe du CDC de Guangzhou (Centre de contrôle et de prévention des maladies) a évalué statistiquement le taux de transmission du virus au sein de la famille (parents du premier degré quelle que soit l’adresse, ou parents habitant à la même adresse), ou parmi des personnes n’appartenant pas à la famille (collègues, professionnels de santé, contacts à risque sans protection…) au cours des 2 jours précédant l’apparition des symptômes d’un cas primaire, à savoir une personne sans source d'exposition connue ou supposée avoir été infectée en dehors de la ville. Les personnes contacts avaient été identifiées puis isolées 14 jours et avaient bénéficié d’une recherche RT-PCR du virus.

L’analyse, menée sur la période du 7 janvier au 18 février 2020, a porté sur 215 cas index de COVID-19, 134 cas secondaires/tertiaires et 1.964 contacts à risque. Au total, 67% des cas primaires étaient âgés de 20 à 59 ans (même nombre d’hommes que de femmes) et 73% de ces cas étaient importés depuis une autre ville.

En prenant une période d'incubation moyenne de 5 jours et une période infectieuse maximale de 13 jours (dont jusqu'à 5 jours avant le début de la maladie), les chercheurs ont établi à 2,4% la probabilité de transmission secondaire à des personnes hors foyer, tandis que le taux d'attaque était de 12,4% parmi les membres de la famille et même de 17,1% pour ceux vivant à la même adresse que le cas index. Ce chiffre variait de 11,4 à 18,0% et de 7,5 à 12,2% parmi les membres de la famille et non familiaux selon la valeur de durée d’incubation et de période infectieuse considérée.

Au sein du foyer, les taux d'attaques secondaires étaient plus faibles parmi les plus jeunes que parmi les plus âgés (5,2% [2,4-9,7] pour les moins de 20 ans vs 14,8% [11,7-18,4] et 18,4% [12,5-25,6%] pour les 20-59 ans et ≥60 ans, p significatifs). Les différences entre groupes d'âge n'étaient pas statistiquement significatives parmi les cas secondaires hors foyer.

En modélisant les données par rapport à la période de contact avec le cas index, les auteurs estiment que le risque pour les membres de la famille d’être infecté était plus faible de 39% après l'apparition des symptômes que pendant la période d'incubation.

Ces résultats suggèrent que l’infectiosité du virus est relativement haute et impose que le traçage et l’isolement des personnes contacts asymptomatiques soient efficaces pour contenir l’épidémie.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32511590/

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 01 Jl 2020 - 05:20
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COVID-19 : ne pas passer à côté de certains symptômes inhabituels

Entre les patients asymptomatiques et la longue liste de symptômes possibles en cas de COVID-19, le diagnostic clinique n’est pas toujours aisé… Si la fièvre ou les signes respiratoires sont les principaux symptômes, différents organes peuvent être touchés avec apparition de troubles digestifs, d’embolies pulmonaires ou artérielles périphériques ou d’autres tableaux inauguraux moins typiques. Dans un communiqué, l’Académie de médecine fait le point sur certaines présentations cliniques moins fréquentes du COVID-19 qui ne doivent pas être méconnues :

• D’un point de vue neurologique, outre l’agueusie et l’anosmie désormais bien connues, d’autres manifestations plus exceptionnelles peuvent être liées au COVID-19, comme une ophtalmoplégie ou un syndrome de Guillain-Barré. Un syndrome confusionnel, des troubles mnésiques ont également été rapportés en particulier chez les sujets âgés ainsi que des AVC ischémiques liés à l’activité thrombogène du SARS-CoV-2. Par ailleurs, l’apparition de douleurs constrictives, erratiques et durables peuvent être d’origine neurologique.

• Au niveau cutané, des pseudo-engelures ont été décrites, notamment chez l’enfant et l’adulte jeune, et peuvent être douloureuses. Leur évolution est habituellement favorable en une semaine mais une récidive est possible. La dyshidrose, des vésicules, une urticaire, un exanthème, des pétéchies et un livedo sont plus rares.
Concernant les tableaux cliniques évocateurs de la maladie de Kawasaki, ils ont été décrits chez l’enfant avec des signes digestifs initiaux, dont de fortes douleurs abdominales, puis un choc cardiogénique avec une fraction d’éjection effondrée. Au niveau cutané on peut observer un érythème puis une desquamation. Les enfants touchés sont plus âgés (9 à 17 ans) que dans la forme habituelle de la maladie de Kawasaki : on parle alors de syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS).

• Au niveau endocrinien et métabolique, les atteintes sont probablement liées au fait que l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ACE2), qui est le récepteur d’entrée dans la cellule du SARS-CoV-2, est présente sur de nombreux organes : testicules, ovaires, hypothalamus, hypophyse, thyroïde et pancréas. On peut par exemple observer un déficit de la production de testostérone qui pourrait contribuer à l’état de profonde fatigue et est corrélé à la sévérité de la maladie. L’hypokaliémie fréquemment rapportée pourrait résulter de la fixation du virus sur l’ACE2 et de la synthèse accrue d’aldostérone. La lymphopénie observée dans certaines formes graves ne permet pas d’exclure des situations d’hypocortisolisme, qui avaient déjà été observées avec le SARS. Des cas de thyroïdite subaiguë ont été rapportés. Une hypocalcémie peut être observée, de même qu’une hyperglycémie favorisée par la majoration de l’insulinorésistance et une atteinte directe de la glande pancréatique avec une élévation des taux d’amylase et de lipase.
L’Académie de médecine rappelle qu’un test de dépistage du COVID-19 doit être prescrit au moindre doute.

http://www.academie-medecine.fr/wp-cont ... piques.pdf

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 01 Jl 2020 - 10:39
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Les combinaisons de médicaments contre le VIH ne présentent aucun avantage pour les patients sous COVID-19 dans un essai britannique

ne combinaison de médicaments antiviraux couramment utilisés pour traiter le VIH n’a montré aucun effet bénéfique chez les patients hospitalisés avec COVID-19 dans un essai randomisé à grande échelle, ont constaté des scientifiques au Royaume-Uni.

Les résultats “excluent de manière convaincante tout avantage significatif en termes de mortalité du lopinavir-ritonavir chez les patients hospitalisés de l’étude COVID-19”, ont déclaré lundi les scientifiques qui dirigent l’essai RECOVERY à l’Université d’Oxford.

En mars, l’essai RECOVERY a été établi comme un essai clinique randomisé pour tester une gamme de traitements potentiels pour COVID-19, y compris le lopinavir-ritonavir, un traitement antiviral couramment utilisé pour traiter le VIH.

Plus de 11 800 patients ont été recrutés dans 176 hôpitaux du NHS au Royaume-Uni pour cet essai.

Lundi, le comité directeur de l’essai a conclu que le lopinavir-ritonavir n’avait aucun effet bénéfique chez les patients hospitalisés avec COVID-19.

Un total de 1 596 patients ont été randomisés pour le lopinavir-ritonavir et comparés à 3 376 patients randomisés pour les soins habituels uniquement, selon la déclaration.

Parmi ces patients, quatre pour cent ont eu besoin d’une ventilation mécanique invasive lorsqu’ils sont entrés dans l’essai, 70 % ont eu besoin d’oxygène seul, et 26 % n’ont pas eu besoin d’intervention respiratoire, a-t-il dit.

Il n’y avait pas de différence significative dans la mortalité pour le lopinavir-ritonavir par rapport aux soins habituels, et les résultats étaient cohérents dans les différents sous-groupes de patients, ont déclaré les scientifiques.

Il n’y a pas non plus de preuves d’effets bénéfiques sur le risque de progression vers la ventilation mécanique ou la durée d’hospitalisation, ont-ils déclaré.

“Ces résultats préliminaires montrent que pour les patients hospitalisés avec COVID-19 et non sous respirateur, le lopinavir-ritonavir n’est pas un traitement efficace. En 100 jours, l’essai RECOVERY a fourni des résultats permettant de changer trois fois la pratique mondiale”, a déclaré Peter Horby, professeur à l’Université d’Oxford et chercheur principal de l’essai.

Les chercheurs ont déclaré qu’ils n’étaient pas en mesure d’étudier un grand nombre de patients sous ventilation mécanique invasive en raison de la difficulté à administrer le médicament aux patients sous respirateur.

Ils ne peuvent donc pas tirer de conclusions sur l’efficacité chez les patients sous ventilation mécanique, ont déclaré les chercheurs, ajoutant que les résultats complets seront disponibles dès que possible.

“Ce sont des résultats clairs qui soulignent une fois de plus la valeur des grands essais cliniques randomisés pour différencier les médicaments que nous espérons efficaces des traitements dont nous savons qu’ils le sont”, a déclaré Martin Landray, professeur de médecine et d’épidémiologie à l’université d’Oxford.

“Dans de nombreux pays, les directives actuelles recommandent le lopinavir-ritonavir comme traitement pour COVID-19”, a déclaré M. Landray, l’enquêteur en chef adjoint de l’essai.

Les résultats de cet essai, ainsi que ceux d’autres grands essais randomisés, devraient permettre de réviser ces directives et de modifier la manière dont les patients sont traités, ont déclaré les chercheurs.

https://yourtopia.fr/international/les- ... que-63697/

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 03 Jl 2020 - 07:54
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COVID-19 : tour d'horizon de la semaine du 3 juillet

En raison de l'évolution rapide de la pandémie COVID-19, Univadis souhaite partager avec vous l'actualité couverte par nos équipes éditoriales au niveau européen. Retrouvez ci-dessous une sélection des articles.

Certains de ces articles ne sont publiés uniquement dans leur langue originale, précision entre parenthèses. Nous avons extrait pour vous quelques points clés de ces articles. Un lien vers la source originale de l’article permettra à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin.

Ce tour d’horizon européen apporte un aperçu de pratiques cliniques, recommandations, découvertes émergentes au cours de cette pandémie. De manière générale, toutes les informations concernant COVID-19 sont susceptibles de subir une actualisation avec l’avancée des connaissances. Les dates de publication des articles sont plus que jamais importantes. Certaines des informations ci-dessous peuvent également ne pas être en adéquation avec les directives des autorités sanitaires françaises. Veuillez les considérer uniquement comme étant indicatives des pratiques européennes.

Par ailleurs, sachez que vous pouvez retrouver toute l’actualité que nous publions sur l’épidémie sur le site internet Univadis ou l'application pour smartphone. Une rubrique spéciale "COVID-19" a été créée dans le menu de gauche, sous l’ensemble des spécialités. Vous trouverez également une carte interactive COVID-19 pour suivre l'évolution de l'épidémie par pays et par région, en cliquant sur l'onglet correspondant dans le bandeau en haut de votre page.

Nous espérons que ces informations vous intéresseront, et vous aideront dans la prise en charge de vos patients directement concernés par COVID-19 ou non.

1. Les travaux de deux groupes européens [Allemand] ayant évalué 40 études internationales ont conclu que si les tests de détection des anticorps au SARS-CoV-2 peuvent permettre d’identifier une infection passée, ils ne sont pas encore assez précis pour démontrer l'immunité ou la non-infectivité.
2. L'Institut fédéral d'évaluation des risques allemand (BfR) a fait état d'un taux d'utilisation élevé de l'application nationale "BfR-Corona-Monitors" [allemande]. 28% des plus de 14 ans déclarent l'utiliser, ainsi que 40% des moins de 40 ans. Le taux d'utilisation chez les personnes âgées (>60 ans), qui sont plus exposées, est en revanche plus faible, soit 19 %.
3. Un nouveau rapport italien paru dans Nature [Anglais] présente une nouvelle évaluation de la dynamique de la transmission précoce dans la municipalité de Vo'. Un chercheuravait initialement suspecté une transmission asymptomatique, et donc plus répandue de la maladie, contrairement aux évaluations initiales de l'OMS.
4. L'Académie française de médecine alerte sur les symptômes moins courants du COVID-19, notamment les troubles neurologiques, cutanés, gastro-intestinaux et métaboliques. L'Académie rappelle aux services de santé qu'ils doivent prescrire des tests en cas de moindre suspicion de COVID-19.
5. Le ministre espagnol des sciences et de l'innovation, Pedro Duque, a fait une présentation sur les 12 vaccins différents, actuellement en cours de développement dans le pays et sur les collaborations entre les groupes de recherche pour mener à bien ces travaux. Les essais sur l'homme de ces vaccins devraient commencer en décembre.
6. Le NICE du Royaume-Uni a mené une revue rapide des données probantes [Anglais] concluant que la vitamine D n'est pas efficace pour prévenir ou réduire la gravité du COVID-19. L'évaluation porte sur 5 études observationnelles. D'autres analyses incluant plus de données sont en cours.

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 07 Jl 2020 - 13:49
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Coronavirus : 239 scientifiques alertent l'OMS sur une possible transmission dans l'air du Covid-19

"La transmission par l'air de SARS-CoV-2 n'est pas universellement acceptée; mais notre opinion collective est qu'il existe bien assez d'éléments probants pour appliquer le principe de précaution", plaident ces scientifiques.

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, la question de sa transmission par voie aérienne interroge. Lundi 6 juillet, un groupe de 239 scientifiques internationaux a appelé dans une lettre adressée aux autorités de santé, à commencer par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), à reconnaître la capacité du virus à se propager dans l'air bien au-delà de deux mètres. Ils souhaitent que ces dernières recommandent une ventilation vigoureuse des espaces publics intérieurs, afin d'enrayer l'épidémie, responsable de la mort de plus de 500 000 personnes dans le monde en six mois.

"Nous appelons la communauté médicale et les organismes nationaux et internationaux compétents à reconnaître le potentiel de transmission aérienne du Covid-19", écrivent dans la revue Clinical Infectious Diseases (lien en anglais) d'Oxford deux scientifiques, Lidia Morawska de l'université de Queensland (Australie) et Donald Milton de l'université du Maryland, dans un article signé par 237 autres experts. "Il existe un potentiel important de risque d'inhalation de virus contenus dans des gouttelettes respiratoires microscopiques [microgouttelettes] à des distances courtes et moyennes [jusqu'à plusieurs mètres, de l'ordre de l'échelle d'une pièce], et nous prônons le recours à des mesures préventives pour empêcher cette voie de transmission aérienne", poursuivent-ils.

Pas de consensus scientifique, mais une mise en garde
L'OMS et d'autres organismes sanitaires estiment que le coronavirus est principalement transmis par des gouttelettes projetées par la toux, l'éternuement et la parole directement sur le visage de personnes à proximité, et possiblement par des surfaces où ces postillons atterrissent et sont ensuite récupérés par les mains de personnes saines. Ces gouttelettes, lourdes, tombent dans un périmètre d'environ un mètre. Mais des études portant sur SARS-CoV-2 et d'autres virus respiratoires ont mis en évidence que des particules virales étaient aussi présentes dans des gouttelettes microscopiques dans l'air expiré par une personne infectée : plus légères, elle peuvent rester en suspension en intérieur, potentiellement des heures, et être inspirées par d'autres personnes. Il n'a jamais été prouvé que ces particules de coronavirus étaient viables et pouvaient provoquer des infections.

S'il n'y a pas de consensus scientifique que cette voie aérienne joue un rôle dans les contagions, Julian Tang, l'un des signataires, rétorque pour l'AFP que l'OMS n'a pas prouvé l'inverse : "L'absence de preuve n'est pas une preuve d'absence", abonde le scientifique de l'université de Leicester, en Angleterre. "La transmission par l'air de SARS-CoV-2 n'est pas universellement acceptée; mais notre opinion collective est qu'il existe bien assez d'éléments probants pour appliquer le principe de précaution", plaident ces scientifiques.

Ils conseillent de mieux ventiler lieux de travail, écoles, hôpitaux et maisons de retraite, et d'installer des outils de lutte contre les infections tels que des filtres à air sophistiqués et des rayons ultraviolets spéciaux qui tuent les microbes dans les conduits d'aération. Ainsi, la climatisation est pointée du doigt : en Chine, à Canton, une personne sans symptôme avait contaminé des clients de deux tables voisines, sans contact. Le climatiseur a vraisemblablement fait voler le virus d'une table à une autre. D'autres cas de super-contagions, dans un autocar chinois et dans une chorale américaine, accréditent aussi la piste aérienne.

https://www.francetvinfo.fr/sante/malad ... 37051.html

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Le sofosbuvir et le daclatasvir sont prometteurs comme traitement potentiel contre le COVID-19

L'utilisation de médicaments contre l'hépatite C, le sofosbuvir et le daclatasvir en combinaison avec des soins standard pour traiter les patients atteints de COVID-19, a entraîné de meilleurs taux de récupération de 14 jours et un séjour à l'hôpital plus court, selon les données présentées à AIDS 2020.

« Des études de laboratoire ont montré que Daclatasvir a une activité antivirale contre SAR-CoV-2 et pénètre bien dans les poumons où l' infection Covid-19 peut être concentré, alors que SOFOSBUVIR n'a qu'une activité antivirale marginale, » Andrew Hill, MD , P h D, supérieur chercheur invité au département de pharmacologie de l'Université de Liverpool, a déclaré jeudi lors d'une session. «Si ce traitement s'avère efficace, il pourrait être mis à disposition dans le monde entier en tant que traitement générique bon marché coûtant environ 7 $ par cure de 14 jours.»

Selon Hill, «il y a déjà suffisamment de masse générique produite pour traiter des millions de personnes» si le traitement s'avère efficace dans des essais plus importants.

Pour évaluer l'efficacité de la combinaison de médicaments pour le COVID-19 modéré ou sévère, Hill et ses collègues ont recueilli des données sur les patients atteints de COVID-19 dans quatre hôpitaux universitaires iraniens qui ont reçu le traitement pendant la première vague de l'épidémie. Les patients ont été assignés au hasard à des soins standard (hydroxychloroquine ± lopinavir / ritonavir) avec ou sans sofosbuvir et daclatasvir.

Sur 66 patients évalués dans l'étude, 33 ont reçu du sofosbuvir et du daclatasvir; les autres ont reçu la norme de soins. Les caractéristiques initiales étaient similaires entre les groupes de traitement.

Les résultats ont montré qu'après 14 jours, 29 patients (88%) dans le groupe sofosbuvir et daclatasvir ont atteint une récupération clinique contre 22 (67%) dans le groupe témoin ( P = 0,076). Les patients du groupe sofosbuvir et daclatasvir ont connu une durée d'hospitalisation et un délai médian de sortie plus courts par rapport au groupe témoin (6 vs 8 jours et 6 vs 11 jours, respectivement).

Trois patients du groupe sofosbuvir et daclatasvir sont décédés, contre cinq dans le groupe témoin. Aucun événement indésirable grave n'a été signalé.

"[Malgré] ces résultats encourageants, nous pensons qu'il est trop tôt pour rendre un verdict sur ce traitement", a déclaré Hill. «Nous avons besoin d'études plus vastes et bien conçues pour confirmer nos résultats.»

Selon Hill, les chercheurs ont déjà mis en place un réseau d'essais randomisés pour tester la combinaison de sofosbuvir et de daclatasvir chez plus de 2000 patients atteints de COVID-19 au Brésil. Egypte, Afrique du Sud et Iran. Plus de 2 000 personnes devraient également être inscrites à des essais de prévention testant la même combinaison de médicaments.

Le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony S. Fauci , MD, qui a pris la parole au cours de la session, a déclaré que les résultats de Hill et de ses collègues sont «vraiment intéressants et provocateurs».

"Les informations préliminaires sont vraiment intéressantes, car nous avons désespérément besoin d'un antiviral qui peut être administré tôt dans le cours de la maladie pour empêcher les individus de continuer à nécessiter une hospitalisation", a déclaré Fauci. «J'encouragerais, comme le Dr Hill l'a fait très clairement lui-même, de poursuivre les études à ce sujet pour clouer ce point dans un essai témoin randomisé.»

https://www.healio.com/news/infectious- ... -treatment

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Sujet du message: Pression sur les hôpitaux  MessagePosté le: 11 Jl 2020 - 06:15
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Recherche clinique et COVID-19 : quoi de neuf au 10 juillet 2020?

Si le ralentissement de la dynamique épidémique est constatée dans certains pays d’Europe, nombre de pays présentent encore une multiplication inquiétante des cas. La recherche d’options thérapeutiques efficaces reste un enjeu crucial, mais long, qui contraste nettement avec l’urgence sanitaire….

Vaccination : les essais de phase 2 se multiplient, les premières études de phase 3 démarrent

Après la multiplication des communications au cours des tous premiers mois de l’épidémie, on assiste désormais à un tassement de la fréquence des annonces. Aucun nouvel article concernant les données d’études cliniques n’a été publié concernant les vaccins expérimentaux depuis la fin mai, à une exception près : la pré-publication sur MedRxiv des données de phase 1/2 relatives au vaccin à l’ARNm BNT162 (Pfizer et BioNTech) codant pour le domaine de liaison au récepteur de la protéine S virale.

Dans cette étude, 12 patients ont reçu différents schémas d’administration (1 ou 2 injections à 3 semaines d’intervalles, deux dosages) ou un placebo. Aucun évènement indésirable grave n’a été observé, la plupart ayant rapporté des douleurs au point d'injection. Les autres évènements notifiés étaient des maux de tête, la fatigue ou la fièvre, notamment après la seconde injection. Sur le plan immunologique, les anticorps neutralisants ont été détectés 21 jours après la première dose, et augmentaient après la seconde administration, les taux atteints étant très significativement supérieurs à ceux mesurés dans le sérum de patients convalescents contrôles.

Pour autant, selon Soumya Swa minathan, la scientifique en chef de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le ChAdO x1 nCoV-19 (désormais appelé AZD-1222) développé par l’université d’Oxford et depuis sous la houlette d’AstraZeneca, est le vaccin le plus avancé en termes de développement clinique, tout juste devant le vaccin mRNA-123 de la firme américaine Moderna. Pour mémoire, le premier est un vaccin par adénovirus recombinant comportant le gène de la glycoprotéine S du SARS-CoV-2 et le second un ARN messager codant pour la protéine S. En effet, tous deux sont déjà évalués dans une étude de phase 2, et le premier vient d’atteindre les études de phase 3 avec l’initiation fin juin d’études de phase 3 au Brésil et en Afrique du Sud. Celles relatives à l’ARNm-123 devraient débuter dans le courant du mois de juillet. Pour mémoire, aucune publication n’est pour l’heure disponible concernant ce dernier. Enfin, le vaccin de la firme chinoise Sinovac, fondé sur l’utilisation du virus inactivé, a lui aussi récemment atteint les études de phase 3.

Ensuite, le vaccin développé par la firme chinoise CanSino, un autre vaccin adénoviral est toujours évalué dans le cadre d’études de phase 2, dont les données devraient être prochainement publiées. Au cours du dernier mois, 14 autres candidats vaccins poursuivaient ou ont atteint le stade de l’évaluation clinique. Rappelons que dans leur sillage, 132 autres sont actuellement en phase de développement préclinique.

Recovery plaide pour la dexaméthasone

Alors que l’essai français Discovery est à la peine, lesté par une coopération européenne insuffisante, l’étude britannique Recovery a fait, elle, l’objet de plusieurs communications depuis son lancement en mars dernier. Pour mémoire, cette étude randomisée ouverte de grande envergure vise à inclure 11.000 patients hospitalisés dans 176 établissements britanniques et à évaluer l’efficacité du lopinavir-ritonavir, de l’hydroxychloroquine, de la dexaméthasone, de l’azithromycine, du tocilizumab et du plasma convalescent en termes de réduction de la mortalité chez les patients atteints de COVID-19.

Le 29 juin, les investigateurs de l’étude ont annoncé l’absence de bénéfice clinique de l’association lopinavir-ritonavir. Dans cette étude, 1.596 patients ont été inclus dans ce bras de traitement et leur pronostic comparé à 3.376 patients ayant reçu les soins standards. Aucune différence significative n'a été observée concernant le critère principal d'évaluation avec une mortalité à 28 jours de 22,1% contre 21,3% respectivement (risque relatif 1,04 [0,91-1,18], p=0,5huit), sans différence selon la sévérité de la maladie. Il n'y avait pas non plus de différence en termes de risque de progression vers la ventilation mécanique ou sur la durée d'hospitalisation.

Quinze jours auparavant, les investigateurs de l’étude avaient annoncé à l’inverse des résultats probants obtenus avec la dexaméthasone (6 mg/j, 10 jours maximum) chez les sujets COVID-19 les plus sévèrement atteints, en évoquant une mortalité moindre chez les patients placés sous ventilation artificielle. Ces données ont été publiées le 29 juin dernier sur MedRxiv et offrent des données plus exhaustives concernant cette cohorte. Il s’agit néanmoins d’un rapport préliminaire étant donné l’envergure initiale de l’étude randomisée (176 établissements britanniques) qui se poursuit encore aujourd’hui et qui vise à comparer plusieurs bras de traitement, dont l’hydroxychloroquine (HCQ), le tocilizumab ou le plasma convalescent. Ainsi, cette publication est relative à 2.104 patients sous dexaméthasone, et comparés à 4.321 patients contrôles, sous soins standards. Le suivi a montré que les premiers avaient un risque de décès de 21,6% à J28, contre 24,6% pour les autres (p<0,001), le bénéfice sur le critère de décès étant supérieur sous le corticoïde que les patients aient nécessité une ventilation non invasive (21,5 vs 25,0%, RR 0,80, p=0,002) ou invasive (29,0% vs 40,7%, RR 0,65 , p<0,001). Parallèlement, la dexaméthasone offrait également une augmentation de la probabilité de sortie de l’hôpital dans les 28 jours suivant l’admission, et une baisse du taux de patients risquant d’évoluer vers une ventilation mécanique ou un décès.

Hydroxychloroquine encore et toujours...

Les premiers résultats de Recovery avaient concerné l’HCQ début juin : les investigateurs avaient rendus publics leurs conclusions sur la molécule, peu de temps après la parution puis la rétractation de l’étude polémique dans The Lancet. Recovery concluait à une absence d’efficacité , comme d’autres études avant elles.

Depuis, l’équipe de l’IHU du Pr Raoult a publié les données rétrospectives de son étude, menée en ouvert, auprès de patients majeurs dépistés pour le SARS-CoV-2. Ce travail suggère que l’association HCQ-azithromycine peut réduire la sévérité de la maladie et le risque d'admission en réanimation ou de décès lorsqu’elle est donnée de façon précoce dans l’histoire de la maladie. Les données concernent 3.737 sujets infectés, et montrent que 18% d’entre eux ont dû été hospitalisés, soit 5,3% plus de 10 jours, et 1,8% ont dû être admis en réanimation, le taux de décès étant de 0,9%. Si l’HCQ était associée à une durée d'hospitalisation plus courte que les autres traitements (7,3 jours vs 9,2 jours), et un taux de décès ou de transfert en réanimation moins élevé (HR 0,49 [0,25-0,97]), il reste toujours difficile de conclure à partir de cette étude non randomisée sans groupe contrôle, dans laquelle la population traitée, majoritairement jeune (âge moyen 45 ans, 88% de moins de 65 ans) et féminine (54,4%), avait bénéficié de durée de traitement disparate.

Par ailleurs, une étude randomisée nord-américaine randomisée contrôlée versus placebo, n’a pas permis de montrer qu’un traitement prophylactique par HCQ permettait de prévenir le développement de l’infection à SARS-CoV-2 par rapport à un placebo chez des sujets ayant été exposés dans les 3 jours précédents à un risque d’infection par le SARS-CoV-2.

Rappelons que le remdesivir a lui aussi apporté des résultats contrastés. Alors que les États-Unis ont parié sur la molécule, et cherchent à acquérir la majeure partie de sa production, le laboratoire fabricant a soumis une demande d'AMM conditionnelle le 5 juin dernier auprès de l’Agence Européenne du Médicament sur la base des données de l’étude américaine NIAID-ACTT-11 du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) menée chez plus de 1.000 patients hospitalisés pour Covid-19 et qui a montré que l’antiviral offre un délai de récupération plus court (12 vs 18 jours sous placebo chez les patients sévères), sans signes pour l’heure de bénéfice en termes de réduction des décès. Les données de mortalité à 28 jours sont cependant attendues d’ici la rentrée. Dans le délai, le CHMP qui a évalué le médicament s’est prononcé le 26 juin en faveur d’une AMM conditionnelle dans la pour le traitement des patients présentant une infection sévère à Sras-CoV-2, qui a été accordée le 3 juillet…

Contre l’orage cytokinique

L’actualité n’est pas plus paisible quand on s’intéresse aux molécules visant à limiter l’impact de l’orage cytokinique déclenché par le SARS-CoV-2 : la polémique concernant l’annonce prometteuse de l’AP-HP relative au tocilizumab a flambé sur les réseaux sociaux, mais a été suivie par les données d’une étude rétrospective italienne assez large (n=544) dans laquelle la comparaison de sujets atteints de formes graves de COVID-19 ont tiré un bénéfice de l’anti-IL6 : dans cette étude, le risque d’évolution vers le recours à une ventilation mécanique invasive ou au décès était réduit dans le groupe de patients ayant reçu le tocilizumab par rapport à ceux n’ayant reçu que les soins standards (rapport de risque ajusté 0,61 [0,40-0,92], p=0,020), l’effet semblant plus volontiers centré sur le risque de décès. Ces données rétrospectives observationnelles doivent cependant être confirmées par une étude randomisée.

Notons que les essais relatifs au sarilumab, autre anti-IL6, ont été stoppés par le laboratoire face à l’absence de bénéfice dans les analyses préliminaires des études de phase 3.

Quant aux complications cardiaques relatives survenant au décours de l’infection, une études grecque récente a décrit un bénéfice de la colchicine, qui devra être confirmé...

Exceptionnellement durant cette période de crise sanitaire, certaines publications mentionnées sont encore en prépublication et non relues par des pairs au moment de la rédaction. Nous attirons votre attention pour apporter la plus grande prudence quant aux résultats apportés.

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