Hépatites et Co-Infections
Partage et entraide
Aux nouveaux inscrits...




Favoris
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Voir le sujet précédent Version imprimable Se connecter pour vérifier ses messages privés Voir le sujet suivant
Auteur Message
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 08 Avr 2019 - 11:15
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Est-ce cela une vie normale avec le VIH ? (7/4/19 Mediapart Blog Florence Thune)

Nous avons beaucoup progressé dans la lutte contre le virus du sida mais le chemin qui nous attend est encore parsemé d’embûches. Des embûches d’autant plus grandes que nous progressons dans un monde où l’on nous renvoie à chaque instant le fait que le VIH n’est plus une cause prioritaire et que l’on vit plutôt bien avec finalement….

Aujourd’hui, une personne qui apprend sa séropositivité, peu de temps après son infection, a une espérance de vie aussi longue qu’une personne séronégative, et peut, grâce aux traitements, lorsqu’elle peut y avoir accès, rester en bonne santé et mener une vie « quasi normale ». Je dis bien « quasi normale » et pas « normale », car je refuse de considérer que prendre des traitements chaque jour en vue de contrôler une maladie qui reste mortelle relève de la normalité…

Quoi de plus normal, par ailleurs, que d’être encore interdit de séjour dans plusieurs pays du monde quand on est séropositif ? Sommes nous aussi dans la normalité lorsqu’on vous demande si vous êtes clean, laissant entendre que l’on est sale si on vit avec le VIH…

Quoi de plus normal que de devoir taire sa séropositivité pour ne pas être jugé, mis à l’écart, pour ne pas se voir refuser certains soins, ou, pour que l’on ne vous dise pas, comme ce fut mon cas récemment, « on vous fait passer au bloc opératoire en dernier parce qu’avec le VIH, vous savez…. »

Quoi de plus normal que les termes sida, voire même sidaïque, soient encore utilisés, sur les réseaux sociaux et ailleurs, comme l’insulte suprême, celle qui marque le dégoût et le rejet ?

Quoi de plus normal, finalement, que cette maladie représente encore la première cause de mortalité chez les femmes dans le monde, et que ¾ des contaminations chez les 15-19 ans en Afrique Sub-saharienne soient des filles ? Quoi de plus normal que ce virus touche, de manière disproportionnée, certaines catégories de populations ?

Dans le monde, le risque de contracter le VIH est 27 fois plus élevé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et 13 fois plus élevé pour les femmes transgenres ou pour les professionnelles du sexe…. En France, les personnes migrantes sont elles aussi plus durement touchées, près de la moitié d’entre elles se contaminant après leur arrivée dans notre pays… Quelle que soit la population concernée, aujourd’hui en 2019, nous savons plus que jamais que ce qui fait le lit de cette épidémie c’est le rejet de l’autre et sa stigmatisation, la grande précarité, la violence des situations auxquelles de trop nombreuses personnes sont confrontées partout dans le monde.

Mais c’est aussi l’oubli et ceci pour toute la population…. Jeunes et moins jeunes, homos ou hétéros, hommes ou femmes…. Comment expliquer sinon, ici, en France, ce regain de l’épidémie chez les plus de 50 ans, qui constituent 28% des nouveaux diagnostics de séropositivité ? Et lorsque les personnes sont contaminées par le VIH, pour beaucoup trop d’entre elles, cette violence, parfois institutionnelle, persiste et aggrave leur situation…

Je pense ainsi à Erika, dont Mediapart a retracé récemment l’histoire, une histoire qui n’intéresse personne hélas… Erika est séropositive depuis 19 ans. Elle vit en France depuis 2009 et avait obtenu une carte de séjour pour soin, lui permettant, progressivement de reprendre pied, dans une vie bien malmenée. Mais en novembre dernier, Erika a reçu une obligation de quitter le territoire français. Depuis, elle dit qu’elle se sent « comme une poubelle ». On la renvoie vers une situation de précarité et de fragilité dans son pays d’origine…

Ainsi, en France, au sein même de nos administrations, le VIH est finalement devenu une telle normalité qu’on peut maintenant expulser celles et ceux qui en sont atteints sans même se préoccuper des conséquences que cela aura sur leur vie….

Nous sommes aussi frappés, chaque jour, de voir à quel point la situation sociale et économique de nombreuses personnes vivant avec le VIH se dégrade. Les associations que nous finançons grâce aux dons du grand public voient les personnes qu’elles accompagnent s’enfoncer dans la précarité, se retrouver à la rue, parfois avec des enfants… De plus en plus de personnes vieillissent avec le VIH, on peut que sans réjouir, mais dans quelles conditions pour certaines d’entre elles ? Isolées socialement, cumulant d’autres graves pathologies, et survivant avec le minimum vieillesse…

Est-ce cela une vie normale avec le VIH ?

Face à cela, ce que nous constatons aussi, c’est la précarité à laquelle font face certains de nos donateurs…. Des personnes âgées, avec de très faibles revenus, continuent de nous faire des dons, malgré les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne. Mais beaucoup aussi, depuis l’année dernière, nous appellent pour nous dire que leur situation ne leur permet plus de donner, qu’ils doivent baisser leurs dons, voire les arrêter…

Cette situation a un grand impact sur de nombreuses associations, dont Sidaction, et pour toutes ces raisons, nous rappelons cette année qu’il ne faut pas oublier. Ne pas oublier que le VIH est toujours là, et ne pas oublier de donner, car sans ces dons, nous n’avancerons pas, et nous nous reprendrons de plein fouet cette épidémie….

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Avr 2019 - 10:11
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Bientôt un nouveau médicament pour la PrEP ?
Tétu.com

Un essai mené par Gilead auprès de plusieurs pays européens et américains a permis de démontrer que le Truvada n’était pas le seul médicament efficace pour la PrEP. Mais est-ce une réelle avancée scientifique ou une simple opération financière ?
Un nouveau médicament pour la PrEP (traitement préventif contre le VIH) pourrait bientôt faire son arrivée sur le marché français : le Descovy. Présenté comme une alternative au Truvada par le laboratoire pharmaceutique Gilead, son efficacité a été testée auprès de 5.287 personnes dans 92 sites (Etats-Unis, Canada et Europe) dans le cadre de l’essai DISCOVER.

Les résultats publiées dans La lettre de l’infectiologue ont démontré qu’elle était au moins aussi efficace que le Truvada. Mais est-ce vraiment une bonne option ? Que se cache-t-il vraiment derrière le Descovy ? Dans un avis rendu en juin 2017, la Haute autorité de santé avait estimé que le Descovy n’apportait « pas d’amélioration du service médical rendu dans la stratégie de prise en charge des patients infectés par le VIH ».

Pour mieux comprendre le sujet, nous avons interrogé Bruno Spire, directeur de recherche à l’Inserm et président honoraire d’Aides.

TÊTU : Aujourd’hui, la PrEP (prophylaxie pré-exposition) fonctionne avec le Truvada, mais on parle de plus en plus d’une nouvelle molécule : la Descovy. Quelle est la différence ?

Bruno Spire : Il n’y en a pas beaucoup. Le Descovy (emtricitabine et ténofovir alafenamide/TAF) s’administre en plus petite quantité et est moins toxique que le Truvada (emtricitabine et ténofovir disoproxil fumarate/TDF), sachant que la toxicité de ce dernier est déjà très faible. Pour moi, il s’agit davantage d’une opération financière que d’intérêt général étant donné que le Truvada est désormais disponible dans une version générique, trois fois moins chère que la marque.

Gilead cherche simplement une stratégie pour continuer à garder le monopole sur ce traitement et se gaver pendant 20 ans de plus (durée d’un brevet et laps de temps durant lequel on ne peut pas créer de générique). Du coup ils se sont dit : ‘On va modifier un peu le Truvada pour faire passer le Descovy comme la référence’. Mais nous ne sommes pas dupes.

Peut-on imaginer l’arrivée du Descovy prochainement en France ?

Je ne peux pas vous répondre précisément. Pour l’instant, le Descovy n’a pas été jugé très innovant par les autorités en comparaison au Truvada. La France estime que l’amélioration du service rendu est insuffisante par rapport au prix auquel serait vendu le Descovy (environ 400 euros la boîte, contre 160 euros pour la version générique du Truvada).

Ne pensez-vous pas que la multiplication des traitements permettrait de rendre la PrEP plus accessible ?

Non. Que ce soit Truvada ou Descovy, ça ne changera rien pour les gens, à part ceux qui ont des problèmes rénaux et qui représentent moins de 1% des ‘prepeurs’. Le Descovy pourrait fonctionner pour eux, mais pas la peine de le donner à tout le monde. C’est la même molécule dosée de façon différente, mais il faudra toujours prendre un comprimé. Je ne crois pas que ça soit une révolution. Une meilleure accessibilité passe par les stratégies : faire comprendre que tous les hommes gays sont à risque et qu’il n’y a pas d’un côté les méchants gays – les ‘salopes’ – et les bons – ceux qui ont peu de rapports sexuels. Il faut arrêter de penser que la PrEP est réservée à ceux qui auraient de soi-disant « mauvais comportements ».

« Des recherches sont en cours sur la PrEP injectable et les patchs. »

Où en est la recherche sur les nouveaux traitements préventifs contre le VIH ?

Des recherches sont en cours sur la PrEP injectable. Il s’agirait de réaliser une injection tous les deux mois à l’hôpital. Mais ça n’est pas sans contraintes, car lorsqu’une personne arrête le traitement, le médicament reste dans son sang pendant environ un an. Conséquence : si vous êtes infecté par le VIH pendant ce laps de temps, le virus risque de devenir résistant en raison de la présence de médicaments à dose insuffisante. Un débat scientifique est en cours sur le sujet. Mais une chose est certaine : ces injections vont arriver en France d’ici deux à trois ans pour les personnes séropositives.

Rien n’est encore sûr donc… Est-ce la seule option ?

On travaille aussi sur des patchs qui fonctionneraient comme des timbres contraceptifs qu’on glisse sous la peau. Ils ont l’avantage d’être petits et invisibles. Et, si on les utilise pour la PrEP, il n’y aurait pas l’inconvénient des injections. Mais ça n’est pas pour demain.

https://tetu.com/2019/04/17/bientot-un- ... r-la-prep/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
benji
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 18 Avr 2019 - 14:37
Potô du site


Inscrit le: 16 Jn 2005
Messages: 2660

merci Fil pour l'info, mais ça n'avance pas vite quand même
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 19 Avr 2019 - 09:45
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Un anticorps monoclonal démontre une suppression virologique «sans précédent» dans une étude sur le VIH

L'anticorps monoclonal UB-421 «a démontré une suppression virologique sans précédent et durable en l'absence de traitement antirétroviral chez les personnes séropositives au cours d'une étude clinique de phase 2 non randomisée et ouverte, selon les conclusions publiées aujourd'hui par le New England Journal of Medicine .

UB-421 bloque le site de liaison du virus sur les cellules CD4 +, Chang-Yi Wang, PhD , cofondateur et directeur scientifique de United Biomedical - qui développe le traitement - et leurs collègues ont expliqué.

Dans leur étude, Wang et ses collègues ont administré aux participants huit perfusions intraveineuses d'UB-421 à la suite d'une interruption du traitement analytique (ATI) de leur traitement antirétroviral.

«Comme nous le savons tous, un diagnostic de VIH n'est pas la sentence de mort qu'il a déjà été. Les traitements actuels nécessitent un cocktail quotidien de médicaments antirétroviraux pour maîtriser l'infection », a déclaré Wang à Infectious Disease News . «Afin de minimiser la propagation du VIH, les patients doivent prendre un schéma thérapeutique combiné parmi six classes différentes de médicaments anti-VIH. Par conséquent, le plus grand combat des patients est de lutter contre le régime quotidien de pilules, une toxicité à long terme non appréciée et la stigmatisation . Celles-ci peuvent avoir une incidence sur la qualité de vie d'un patient. "

Wang a déclaré que les médicaments à base d'anticorps présentaient plusieurs avantages.

«Premièrement, les anticorps ont de longues demi-vies et peuvent être administrés avec un schéma posologique moins fréquent, tel que… hebdomadaire, bimensuel ou même mensuel», a déclaré Wang. «Deux médicaments à base de protéines biologiques ont des toxicités plus faibles pour le foie, les reins, etc. Et troisièmement, certains médicaments à base d'anticorps, tels que l'UB-421, peuvent présenter des effets immunomodulateurs bénéfiques qui ne peuvent être obtenus avec des médicaments à petites molécules.»

L'année dernière, des chercheurs de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses ont découvert qu'une ATI à court terme n'augmentait pas la taille du réservoir du VIH ni ne causait de dommages irréversibles au système immunitaire, ce qui soutenait son utilisation pour déterminer l'efficacité de nouveaux traitements sans antirétroviraux sur des virus virologiques. suppression.

L’étude UB-421 a recruté 29 adultes infectés par le VIH à Taiwan, tous avec une charge virale indétectable (moins de 20 copies / ml) lors du dépistage, et les a séparés en deux cohortes. La première cohorte comprenait 14 participants recevant une dose de 10 mg / kg de poids corporel chaque semaine pendant 8 semaines, tandis que les 15 participants de la deuxième cohorte recevaient une dose de 25 mg / kg de poids corporel toutes les 2 semaines pendant 16 semaines. Le résultat principal était le temps nécessaire au rebond viral.

Selon les résultats de l'étude, tous les patients des deux cohortes ont maintenu la suppression virologique au cours de l'ATI. Wang et ses collègues ont observé ce qu’ils appelaient des «blips viraux intermittents» chez 28% des participants, bien que ceux-ci «n’aient abouti à aucun traitement supplémentaire». Aucun participant n’a eu un rebond viral supérieur à 400 copies / ml, le nombre de CD4 + est resté stable et il diminution du nombre de lymphocytes T régulateurs CD4 + au cours de la monothérapie par UB-421, ont-ils rapporté.

L'événement indésirable le plus fréquent était une éruption cutanée: 52% de tous les participants ont présenté une éruption cutanée transitoire légère. Quelque 41% ont signalé une éruption cutanée de 1re année et 10%, une éruption cutanée de 2 e année, ce qui a contribué à l'abandon de l'étude par un participant.

"Lorsque l'UB-421 était utilisé en monothérapie, notre anticorps réduisait les niveaux d'ARN plasmatique du VIH à des niveaux indétectables dans le système du patient, les mêmes niveaux que le traitement antirétroviral", a déclaré Wang. «Au cours du traitement de 2 à 4 mois, la maladie a été supprimée chez tous les patients sans génération de VIH muté résistant au traitement. Nous avons démontré une suppression sans précédent et durable du virus chez tous les patients et avons atteint un taux de réussite de 100% dans cette étude. »

La perspective :

Au cours des dernières années, le domaine du VIH a suscité un vif enthousiasme face aux anticorps neutralisants au sens large qui ciblent le virus. Cependant, lorsqu'un seul anticorps contre le virus est administré, le VIH subit souvent une mutation ou des modifications pour devenir résistant. Pour cette raison, des combinaisons d'anticorps contre le VIH sont à l'étude. Une approche alternative consiste à cibler le récepteur humain pour le virus, CD4. C'est précisément ce que fait l'anticorps ibalizumab: en ciblant les CD4, l'ibalizumab empêche le VIH de pénétrer dans les cellules. Ibalizumab a récemment été approuvé pour le traitement du VIH résistant à d'autres médicaments. Maintenant, les résultats d'une étude d'un nouvel anticorps, UB-421, ont été publiés.

UB-421 cible également CD4, comme l'ibalizumab, mais vise une partie différente de CD4. Au lieu de le tester contre le VIH multirésistant, les chercheurs de cette étude ont fait quelque chose d'intéressant. Ils se sont concentrés sur la substitution de l'anticorps au traitement oral standard contre le VIH.

Ils ont recruté 29 personnes traitées par le VIH par voie orale et leur ont administré l'anticorps par perfusion intraveineuse, puis arrêté le traitement antirétroviral par voie orale une semaine après l'administration de la première perfusion. Cela a été suivi par des doses multiples de l'anticorps pendant 8 ou 16 semaines.

Ce que je pense être intéressant et passionnant à propos de l’étude, c’est que pratiquement tous les participants ont maintenu la suppression virale pendant 8 à 16 semaines avec des perfusions d’anticorps. La raison pour laquelle cet anticorps unique fonctionne est probablement parce qu’il cible le récepteur CD4 humain, qui ne change ni ne mute comme le virus.

Maintenant, quelques notes de mise en garde à mentionner. Environ la moitié des participants avaient une légère éruption cutanée, et elle était transitoire. Mais une personne a dû arrêter l'anticorps à cause de l'éruption cutanée. Environ le quart des participants avaient un faible taux de VIH détectable, mais celui-ci n’a pas dépassé le seuil des 200 copies. Donc, c'est prometteur, mais c'est une chose à surveiller.

Ce que j’ai retenu de cette étude est que si vous donnez un anticorps dirigé contre le CD4, il peut maintenir la suppression virologique, au moins à court terme. Maintenant, il faut voir si l'anticorps agit chez un plus grand nombre de personnes et pour une plus longue période. Cet essai devrait entraîner des études plus importantes et plus longues.

Comment cet anticorps pourrait-il être utilisé si des études de plus grande envergure et plus longues montrent qu'il est sûr et efficace? Cela reste à déterminer. Serait-il utilisé chez les personnes dont le virus est devenu résistant aux traitements de première et de deuxième intention et qui ont maintenant besoin d'une troisième ligne - comme l'ibalizumab? L'anticorps serait-il utilisé pour remplacer le traitement quotidien par voie orale? UB-421 est administré par voie intraveineuse. Il est donc moins pratique que le traitement par voie orale car le patient doit se rendre au bureau pour recevoir une perfusion intraveineuse au lieu de prendre une pilule. Il existe également de nouveaux antirétroviraux expérimentaux, le cabotegravir plus la rilpivirine, administrés par injection dans un muscle, ce qui peut être plus simple qu’une IV. Ces nouvelles drogues injectables seront probablement soumises à la FDA cette année; nous verrons ce que dit la FDA mais, si elles sont approuvées, ces injections pourraient constituer une autre option plutôt que des pilules quotidiennes pour certaines personnes.

Il y a d'autres possibilités avec UB-421. Si les anticorps ont un effet sur le système immunitaire et le réservoir de VIH, ce serait excitant. Et s’ils pouvaient fabriquer l’anticorps, ou un autre, qui ne pourrait durer pas une semaine, pas deux semaines, mais pendant plusieurs mois, ce serait une avancée majeure. Nous n'y sommes pas encore mais c'est un domaine à explorer pour l'avenir.

Ce qui me passionne en général, c'est que, même après des décennies de progrès dans le traitement antirétroviral, nous continuons à développer de nouvelles approches et de nouveaux médicaments. Ce n’est pas comme si le domaine du VIH reposait sur ses lauriers. Tandis que nous continuons à progresser, n'oublions pas cependant: nous devons nous assurer que toutes les personnes séropositives ont accès aux médicaments vitaux dont nous disposons actuellement.

Wang CY et al. New Engl J Med . 2019; doi: 10.1056 / NEJMoa1802264.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 19 Avr 2019 - 09:48
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
LA PERSONNE LA PLUS ÂGÉE VIVANT AVEC LE VIH FÊTE SES 100 ANS

Célébrer son 100ème anniversaire est une étape importante pour tout un chacun. Mais lorsque Miguel, également connu sous le nom de « Patient de Lisbonne », a célébré son centenaire ce printemps, ce fut également un événement marquant pour la communauté mondiale des séropositifs. Miguel est en effet la plus vieille personne documentée vivant avec le VIH. De plus, sa charge virale est indétectable, il est en excellente santé gériatrique, il vit toujours à la maison et prend soin de lui-même.

Face à la stigmatisation persistante liée au VIH, Miguel et sa famille ont demandé aux médias de ne pas publier leurs visages ni de donner leur nom complet. Garant de cette confidentialité, les chercheurs qui étudient Miguel (un pseudonyme) le surnomment « le patient de Lisbonne » lorsqu’ils en parlent dans leurs études de cas et leurs rapports.

“Je me sens heureux”, a déclaré le senior à la voix douce à la chaîne de télévision canadienne CTV News, par le biais d’un interprète dans un hôpital portugais. “J’ai passé toutes ces années sans difficultés et sans problèmes.”

Selon CTV News, Miguel a reçu un diagnostic de VIH au stade 3 (SIDA) en 2004, lorsqu’il est arrivé dans un hôpital près de Lisbonne avec des formes rares de colite et de lymphome, et un faible nombre de CD4. Il avait alors 84 ans et ne savait pas qu’il était séropositif ni comment et quand il avait contracté le virus.

Après avoir appris l’existence de la maladie, Miguel a dit à son médecin qu’il voulait se battre. Le docteur Henrique Santos, médecin principal de Miguel, a raconté avoir eu des inquiétudes et confié à CTV : « Quand ce patient est venu me voir à cet âge, j’avais quelques doutes sur le fait qu’il devrait être traité. » Mais Santos est allé de l’avant et a lancé Miguel dans un traitement agressif par chimiothérapie. « Tout s’est bien passé, mais cela aurait pu mal tourner », a-t-il déclaré. « Il aurait pu y avoir des signes de toxicité. Il aurait pu ne pas pouvoir supporter le traitement. Il aurait pu manquer le traitement. Nous devions envisager ces scénarios. »

Quinze ans plus tard, il est clair que Miguel et son équipe médicale ont pris la bonne décision.

Inês Pintassilgo, médecin résidente qui fait partie de l’équipe de traitement de Miguel depuis trois ans, a déclaré que sa santé et sa longévité pouvaient être attribuées au fait qu’il a mené une vie saine et active et que, depuis son diagnostic, il prend quotidiennement ses médicaments anti-VIH.

“Je pense que Miguel nous enseigne qu’il est possible de vivre avec le VIH aussi longtemps que l’on contrôle tous les antécédents, le style de vie et les comorbidités”, a déclaré Pintassilgo à CTV News. “Je dirais, bien sûr, que le VIH joue peut-être un petit rôle dans tout cela, mais s’il est bien géré et contrôlé, ce ne sera pas un si gros problème.”

Giovanni Guaraldi, spécialiste du VIH et travaillant à l’Université de Modène en Italie, a déclaré: « Je pense que le patient de Lisbonne est un signe d’espoir pour les personnes vivant avec le VIH. Ca permet d’affirmer que vous avez encore la capacité de vivre plus longtemps, mais également de vivre en bonne santé. De vivre âgé en bonne santé…. C’est la preuve pour nous, chercheurs et médecins, que nous pouvons fournir de meilleurs soins aux personnes. »

https://www.sida-info-service.org/la-pe ... s-100-ans/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 25 Avr 2019 - 10:06
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Un composé pour aider le système immunitaire à éliminer les cellules infectées par le VIH

Si le système immunitaire est capable de reconnaître de manière spécifique les cellules tumorales ou infectées grâce aux lymphocytes T, il faut que ceux-ci soient activés afin d’éliminer leurs cibles efficacement. C'est une des étapes qui pose actuellement problème dans l'élaboration d'un vaccin contre le VIH. L'équipe de Victor Appay (Sorbonne Université, Inserm, Centre d’Immunologie et des Maladies Infectieuses (CIMI-Paris), Paris et International Research Center of Medical Sciences (IRCMS), Kumamoto) soutenue par l'ANRS montre dans une étude publiée dans JCI Insight le 4 avril 2019 l'efficacité d'un composé, le cGAMP, pour augmenter l'activation des lymphocytes T CD8. Ce travail s'inscrit dans le cadre d'une collaboration avec l'équipe de Masafumi Takiguchi (Center for AIDS Research, University of Kumamoto, Japon) dans leur étude publiée dans eBiomedecine le 5 avril 2019 qui met en évidence que le cGAMP aide les lymphocytes T à éliminer les cellules infectées par le VIH. Ces résultats sont déterminants dans l'élaboration d'un vaccin et à ce jour l'une des difficultés à surmonter.

Texte
Les lymphocytes T CD8 sont les cellules immunitaires dont la fonction est de reconnaître et d’éliminer les cellules étrangères ou infectées par des pathogènes. Afin de différencier les lymphocytes en cellules capables de détruire leurs cibles, ils ont besoin d'entrer en contact avec un élément spécifique à reconnaître, appelé antigène. Les lymphocytes passent alors de l'état dit "naïf" à activés. Cette activation passe notamment par la voie de l'interféron de type I, un composé utilisé par les cellules du système immunitaire pour communiquer entre elles.

L'équipe de Victor Appay (Sorbonne Université, Inserm, Centre d’Immunologie et des Maladies Infectieuses (CIMI-Paris), Paris et International Research Center of Medical Sciences (IRCMS), Kumamoto) montre dans une étude soutenue par l'ANRS qu'un composé connu pour induire la production d'interférons de type I, le cGAMP, facilite l'activation spécifique des lymphocytes T CD8 naïfs et leur différenciation en cellules particulièrement efficaces. Ainsi, lorsque celui-ci est ajouté lors de la mise en contact in vitro de lymphocytes T CD8 humains avec un antigène, une plus grande proportion de ces cellules immunitaires est activée spécifiquement en comparaison avec l’ajout d’autres composés ou adjuvants.

Ces résultats ont été confirmés in vivo en vaccinant des souris contre un type de cellules cancéreuses ou contre un virus. Dans les deux cas, l'utilisation de cGAMP comme adjuvant (c'est-à-dire en tant que composé non actif seul mais augmentant l'efficacité du vaccin) a permis de mieux réguler la tumeur ou l'infection respectivement. Cette réponse immunitaire améliorée prouve une augmentation de l’efficacité des lymphocytes T CD8.

L'une des perspectives de cette étude a été explorée lors d'une collaboration franco-japonaise entre l'équipe de M. Appay et celle de Masafumi Takiguchi (Center for AIDS Research, University of Kumamoto, Japon), qui s’intéressent au contrôle du VIH et à l’élimination de ses réservoirs par les lymphocytes T CD8. L'équipe de M. Takiguchi, en utilisant cGAMP comme adjuvant avec un antigène du VIH-1, a réussi in vitro à activer des lymphocytes T CD8 naïfs en cellules effectrices capables de reconnaître et d’éliminer des cellules infectées par VIH-1, et ce de manière plus efficace qu'en absence de cGAMP (figure 1)



http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... s-cellules

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 25 Avr 2019 - 12:32
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Effet de l’anticorps anti-CD4 UB-421 sur le rebond du VIH-1 après une interruption du traitement

L’administration d’un seul anticorps neutralisant à large spectre spécifique du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) aux personnes infectées par le VIH conduit au développement d’un virus résistant à l’anticorps en l’absence d’un traitement antirétroviral (TAR). Il est possible qu’une monothérapie par UB-421, un anticorps qui bloque le site de liaison du virus sur les lymphocytes T CD4+ humains, induise une suppression virologique soutenue sans induire de résistance chez les personnes infectées par le VIH après une interruption de traitement analytique.

MÉTHODES :

Nous avons mené une étude clinique de phase II, non randomisée en ouvert visant à évaluer la sécurité d’emploi, la pharmacocinétique et l’activité antivirale de la monothérapie par UB-421 chez des personnes infectées par le VIH faisant l’objet d’une interruption de traitement analytique. Tous les participants présentaient une virémie plasmatique indétectable (moins de 20 copies de l’ARN du VIH par millilitre) à la visite de sélection. Après une interruption du TAR, les participants ont reçu 8 perfusions intraveineuses d’UB-421, à une dose de 10 mg par kilogramme de poids corporel toutes les semaines (cohorte 1) ou de 25 mg par kilogramme de poids corporel toutes les 2 semaines (cohorte 2). Le critère d’évaluation principal était le délai avant la survenue du rebond viral (400 copies ou plus par millilitre).

RÉSULTATS :

Un total de 29 participants ont été inclus : 14 dans la cohorte 1 et 15 dans la cohorte 2. L’administration de l’UB-421 a maintenu la suppression virologique (moins de 20 copies par millilitre) chez tous les participants (dans 94,5 % des mesures effectuées aux visites de l’étude 2 à 9) durant l’interruption de traitement analytique, avec des blips viraux intermittents (intervalle : 21 à 142 copies par millilitre) qui ont été observés chez 8 participants (28 %). Aucun participant à l’étude n’a présenté de rebond viral plasmatique supérieur à 400 copies par millilitre. Les numérations de lymphocytes T CD4+ sont restées stables tout au long de la durée de l’étude. Les éruptions cutanées, principalement de grade 1, ont constitué un événement indésirable fréquent et transitoire ; un participant a arrêté le médicament à l’étude en raison d’une éruption cutanée. Une diminution de la population de lymphocytes T CD4+ a été observée durant la monothérapie par UB-421.

CONCLUSIONS :

L’UB-421 a maintenu la suppression virologique (durant les 8 à 16 semaines de l’étude) chez les participants en l’absence de TAR. Un participant a arrêté le traitement en raison d’une éruption cutanée. (Étude financée par United Biomedical, entre autres ; référence sur ClinicalTrials.gov : NCT02369146.)

Effect of Anti-CD4 Antibody UB-421 on HIV-1 Rebound after Treatment Interruption

N Engl J Med 2019;380:1535-45. | DOI: 10.1056/NEJMoa1802264

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 04 Mai 2019 - 07:47
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Elévation des enzymes hépatiques chez les femmes enceintes séropositives VIH traitées : quand et pourquoi ?

L'enquête Périnatale Française de l’ANRS a permis d’étudier les données de 5.748 femmes enceintes infectées par le VIH
plus de quatre femmes sur cinq présentant une élévation des enzymes hépatiques sous traitement ne présentent pas de cause médicale identifiée.
Le risque d’élévation inexpliquée des enzymes est inférieur chez les personnes sous analogues non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) par rapport à celles sous inhibiteurs de protéase (IP).

Selon les données de la cohorte nationale ANRS EPF-CO1, près de 17% des femmes infectées par le VIH et traitées par antirétroviraux présentent une élévation du taux sanguin des enzymes hépatiques, indépendamment du moment d’instauration du traitement (avant ou durant la grossesse, ou du trimestre d’initiation). Parmi ces évènements, 82,2% étaient non expliqués médicalement (pré-éclampsie, cholestase hépatique…, les femmes présentant une hépatite virale ayant été exclues de l’analyse).

Par rapport à celles traitées par IP, les femmes ayant initié les antirétroviraux avant la conception par INNTI présentaient moins souvent une élévation des enzymes hépatiques (6 pour 100 personnes-années), tandis que cette situation était plus fréquemment rencontrée parmi celles combinant les deux classes thérapeutiques (35 cas pour 100 personnes-années). La seule différence observée entre molécules était un risque inférieur sous névirapine versus lopinavir. Chez les femmes ayant initié les antirétroviraux lors de la grossesse, une tendance non significative a été observée entre les différents IP prescrits. Seule la différence observée entre les personnes sous lopinavir, versus nelfinavir, s’est montrée significative. Cette observation semble cohérente avec les données déjà disponibles hors grossesse.

Cette nouvelle analyse apporte plusieurs enseignements importants pour la pratique clinique : au total, 6% des cas ont nécessité une hospitalisation et 2% ont imposé de provoquer la naissance. Elle permet aussi de poser deux hypothèses sous-jacentes au phénomène : la première concerne la modification de la concentration et de la distribution des médicaments durant la grossesse, et la seconde concerne la possibilité d’une interaction entre les hormones de la grossesse métabolisées par le foie, comme la progestérone, et les médicaments. De nouveaux travaux concernant les mécanismes impliqués dans l’élévation des enzymes hépatiques seraient utiles.

Références :

Sibiude J et al. Liver Enzyme Elevation in Pregnant Women Receiving Antiretroviral Therapy in the ANRS-French Perinatal Cohort. J Acquir Immune Defic Syndr. 2019 May 1;81(1):83-94. doi: 10.1097/QAI.0000000000001963. PMID: 30702449

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 07 Mai 2019 - 05:16
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
VIH: La Cour de cassation reconnaît l’efficacité du traitement comme prévention

Une personne séropositive traitée ne peut pas transmettre le VIH . Les médecins et les associations le savent, la justice en tient désormais compte: Aucune poursuite n’a été requise contre un homme à la charge virale indétectable qui n’avait pas informé sa partenaire qu’il vivait avec le virus.

La Cour de Cassation, juridiction la plus élevée de l'ordre judiciaire français, a rejeté le pourvoi d’une femme qui avait eu des rapports sexuels non protégés par un préservatif avec un homme vivant avec le VIH . La plaignante, qui n’a pas été infectée, poursuivait son ex-partenaire sous le chef d’administration de substances nuisibles.

L’homme était sous traitement antirétroviral et il avait une charge virale durablement indétectable au moment des faits, la Cour a donc jugé qu’il ne pouvait pas exposer ses partenaires au VIH.

Confirmation de l’ordonnance de non-lieu
Dans cette affaire, un juge d’instruction avait déjà rendu une ordonnance de non-lieu, dont la plaignante avait fait appel devant la chambre de l’instruction. L’arrêt de cette dernière avait confirmé la décision du juge d’instruction. La femme s’était alors pourvue en cassation, qui, dans son arrêt daté du 5 mars 2019, a rejeté ce pourvoi en validant une nouvelle fois les arguments de la chambre de l’instruction.

Pour justifier sa décision, la Cour de cassation a considéré que la charge virale du partenaire séropositif avait été «constamment indétectable», pendant 15 ans (de septembre 2001 à mars 2016) et que cette indétectabilité constituait une «preuve suffisante — par la durée du contrôle (même en l’absence d’analyse trimestrielle comme médicalement préconisé)— de compliance stricte et permanente au traitement».

Précédemment, la cour d’appel avait estimé que «la séropositivité n’est plus, en l’espèce et de longue date, que potentielle mais non actuelle» et que «les fluides corporels [de la personne poursuivie] ne sauraient être tenus pour nuisibles à la date des agissements qui lui sont reprochés». Pour le cour d’appel encore, «l’élément matériel de l’infraction [d’administration de substance nuisible] fait défaut». La Cour de cassation a repris cet argumentaire pour appuyer sa décision.

La défense de la plaignante avait mis en avant une jurisprudence proche, concernant un autre cas de non-divulgation de statut sérologique entre deux partenaires. La Cour a estimé que ce cas précédent concernait une charge virale non contrôlée et élevée, contrairement à celle de son ancien partenaire, et qu’on ne pouvait donc rapprocher les deux cas.

http://vih.org/20190506/vih-cour-cassat ... ion/141844

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 09 Mai 2019 - 09:32
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Pour un repérage systématique de la fragilité des personnes vivant avec le VIH

Grâce à l’amélioration de l’efficacité et de l’accès aux traitements, l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) vieillissantes est aujourd’hui voisine de celles des personnes non infectées. Pour autant, la prévalence de la fragilité chez les PVVIH serait a minima de 5% à 50 ans, alors que ce chiffre est habituellement retrouvé à l’âge de 65 ans dans une population non infectée.

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement vient de publier un article rappelant les concepts et enjeux liés à la question de la fragilité et spécifiques aux PVVIH. Celui-ci rappelle les deux principaux modèles retenus : vieillissement accéléré par accumulation de déficits (modèle de Rockwood) ou syndrome médical relatif à un phénotype spécifique (modèle de Fried) qui est prédictible à partir de la présence de 3 de 5 marqueurs (force, endurance, activité physique, vitesse de marche, évolution pondérale). Sur cette base, les PVVIH entreraient dans la fragilité plus précocement que le reste de la population, avec 5% de fragilité et 50% de pré-fragilité à l’âge de 50 ans.

De nombreuses études se sont penchées sur les associations existant entre l’infection VIH et la fragilité, et sont rappelées dans l’article : ancienneté de l’infection, taux de CD4, durée du traitement antirétroviral, mais aussi présence de certaines comorbidités comme la co-infection VHC ou la dépression, ou encore variation de l’IMC ou statut socio-économique. Dans des cohortes aux larges effectifs, l’association à la présence de douleur ou de marqueurs pro-inflammatoires a aussi été décrite.

In fine , si l’exposition des PVVIH au risque de fragilité précoce semble incontestable, les études décrivant sa prévention restent rares. Des travaux ont par exemple décrit l’intérêt d’un programme régulier d’exercices physiques supervisés sur l’amélioration de la composition corporelle, mais aucun n’a permis de montrer pour l’heure que certaines interventions permettaient de retarder plus globalement l’apparition des marqueurs de fragilité. Ce déficit d’information est sans doute actuellement le principal frein à l’intégration du repérage systématique du risque de fragilité parmi les PVVIH.

Références :

Retornaz F et al. Frailty phenotype in older people living with HIV : concepts, prevention and issues. Geriatr psychol neuropsychiatr vieil 2019 apr 23. Doi: 10.1684/pnv.2019.0795. [epub ahead of print]

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 09 Mai 2019 - 09:35
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Aucun risque de transmission sexuelle du VIH chez les couples homosexuels sous traitement antirétroviral suppressif

Le risque de transmission du VIH chez les hommes homosexuels couples homosexuels sans condom est égal à zéro lorsque le partenaire séropositif sous traitement antirétroviral (ART) présente une charge virale en VIH inférieure à 200 copies par mL.
Aucune nouvelle infection par le VIH n'a été liée phylogénétiquement aux transmissions au sein du couple au cours des 8 années de suivi.
Les résultats soutiennent la campagne U = U (indétectable est égal à non transmissible) et les avantages du dépistage précoce et du traitement du VIH.
La première phase de l’étude d’observation prospective PARTNER a révélé que le risque de transmission du VIH lors de relations sexuelles sans préservatif dans le contexte d’un traitement antirétroviral suppressif viral est nul pour les couples hétérosexuels. PARTNER2 visait à fournir des estimations précises du risque de transmission dans les partenariats homosexuels sérodifférents.

L'étude PARTNER a recruté des couples sérodifférents hétérosexuels et homosexuels (sur 75 sites, 14 pays européens) de septembre 2010 à mai 2014. PARTNER2 a prolongé le nombre d'inscriptions de couples homosexuels jusqu'en juillet 2017. Le suivi s'est terminé en avril 2018.

Critères d’inclusion pour le couple-années de suivi (CYFU): rapports sexuels sans condom, aucune prophylaxie pré / post-exposition chez le partenaire VIH négatif, partenaire VIH-positif supprimé viralement (ARN VIH-1 plasmatique <200 copies par mL) à la visite la plus récente (au cours des 12 derniers mois).

La collecte de données (au début et à chaque visite) comprenait des questionnaires sur le comportement sexuel, le test du VIH (partenaire VIH-négatif) et le test de la charge virale du VIH-1 (partenaire VIH-positif). Si un partenaire séronégatif devenait séropositif, une analyse phylogénétique était réalisée pour comparer les séquences pol et env du VIH-1 et identifier les transmissions liées.

Analyse primaire: taux d'incidence de la transmission du VIH calculé en divisant le nombre d'infections par le VIH liées au phylogénétiquement survenues au cours de la CYFU éligible divisé par le nombre de CYFU éligibles.

782 couples homosexuels (âge médian de 38 ans [intervalle interquartile IQR 31-45] et 40 ans [IQR 33-46] pour les participants VIH-positifs et positifs, respectivement) ont fourni 1,593 CYFU éligible et ont signalé des rapports sexuels sans condom pour une médiane d'un an (IQR 0,4-2,9). Suivi médian: 2 ans (IQR 1,1-3,5).

Total des relations sexuelles anales sans condom au cours de CYFU éligible: 76,088.

37% (288/777) des hommes séronégatifs pour le VIH ont déclaré avoir des relations sexuelles sans préservatif avec d'autres partenaires.

Quinze des partenaires initialement séronégatifs sont devenus séropositifs. Il n'y avait pas de transmission phylogénétiquement liée au sein du couple, donc le taux estimé de transmission du VIH était de zéro (IC supérieur à 95%: 0,23 pour 100 CYFU).

Les résultats soutiennent le message de la campagne U = U: le risque de transmission du VIH dans le contexte d'un traitement antirétroviral suppressif viral est nul. Cette campagne peut être appliquée lorsque les personnes séropositives ont accès à un test de dépistage, à un traitement efficace, à une surveillance de la charge virale et à un soutien complet pour maintenir un niveau élevé d'observance.

Limites: il n’a pas été possible de déterminer le risque de transmission du VIH dans de très nouveaux partenariats; la plupart des partenaires séropositifs suivent un traitement antirétroviral depuis plusieurs années.

Références :

Alison J Rodger, Valentina Cambiano et al. Risk of HIV transmission through condomless sex in serodifferent gay couples with the HIV-positive partner taking suppressive antiretroviral therapy (PARTNER): final results of a multicentre, prospective, observational study. The Lancet, May 02, 2019 DOI:https://doi.org/10.1016/S0140-6736(19)30418-0

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 09 Mai 2019 - 15:22
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Activer les réservoirs du VIH pour mieux les cibler

Si le VIH persiste dans l’organisme malgré les traitements, c'est que le virus reste présent mais inactif dans une très faible fraction des cellules immunitaires qu'il infecte, en particulier les lymphocytes T CD4. Il échappe ainsi à la surveillance du système immunitaire et aux traitements antirétroviraux qui n’agissent que sur un virus qui se multiplie. C'est à ce problème que s'intéresse Georges Bismuth et Marianne Mangeney de l’Institut Cochin (Inserm UMR U1016, CNRS UMR8104, Université Paris Descartes) dans un travail paru le premier mai 2019 dans Plos Pathogens et soutenu par l'ANRS. Dans cette étude, ils montrent que l’inhibition pharmacologique d'un régulateur de l'expression de nombreux gènes dans les lymphocytes T (appelé FOXO1) est capable de réactiver le VIH dans ces cellules, avec l’espoir de disposer ainsi d’une nouvelle stratégie thérapeutique, dite de "shock and kill", visant à éradiquer le virus.

Lors d'une infection par le VIH, celui-ci se multiplie dans les cellules immunitaires, notamment les lymphocytes T CD4, entrainant le plus souvent leur destruction. Mais, dans un très faible pourcentage de cellules infectées, le virus reste dormant, intégré dans le génome de la cellule hôte. Ces cellules infectées par le virus dit "en latence" sont mal reconnues par le système immunitaire et constituent un réservoir de virus inaccessible aux traitements anti-rétroviraux. Elles sont responsables du rebond de la maladie dès que l’on stoppe le traitement, ce qui fait de leur élimination un enjeu majeur de la recherche.

Dans une étude parue le premier mai 2019 dans Plos Pathogens, soutenue par l'ANRS et menée à l'initiative de Marianne Mangeney et Georges Bismuth de l’Institut Cochin (Inserm UMR U1016, CNRS UMR8104, Université Paris Descartes), il a été montré in vitro qu’un régulateur clé des lymphocytes T appelé FOXO1 (un facteur de transcription, c'est à dire un composant cellulaire qui active l'expression de gènes) contrôle cet état de latence et que l'inhibition de ce régulateur par un composé pharmacologique spécifique réactive le VIH-1 dans ces réservoirs. Ces résultats ont été confirmés ex vivo dans des lymphocytes T de macaques infectés par le SIV (l'équivalent simien du VIH) sous traitement antirétroviral (issus de la cohorte ANRS SIVART). L’emploi de cette molécule, utilisée seule ou en association avec d'autres agents pharmacologiques dans le contexte d'une stratégie dite de "shock and kill" consistant à "réveiller" le virus afin de l’éradiquer, ouvre ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques pour l’élimination des réservoirs du VIH-1.

Source :

FOXO1 transcription factor plays a key role in T cell – HIV-1 interaction, Roux A., Bismuth G., Mangeney M. et al., Plos Pathogens.

https://doi.org/10.1371/journal.ppat.1007669

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 16 Mai 2019 - 05:57
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Une analyse combinée montre la sécurité rénale du ténofovir alafénamide

Les données combinées de 26 études cliniques portant sur des patients n’ayant jamais été traités ou ayant changé de traitement antirétroviral ont démontré la sécurité rénale du ténofovir alafénamide (TAF) par rapport au fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) chez les enfants et les adultes infectés par le VIH.
Aucun cas de tubulopathie rénale proximale (TRP) n’a été observé. Les abandons dus à des événements indésirables (EI) rénaux étaient significativement moins nombreux dans le groupe sous TAF que dans le groupe sous TDF.
Les patients recevant des schémas à base de TAF affichaient des variations favorables des biomarqueurs rénaux comparativement aux patients recevant le TDF.
Le TDF est très efficace et généralement bien toléré, mais il peut provoquer des EI rénaux. À l’inverse, le TAF a été associé à une amélioration des marqueurs de la dysfonction rénale, bien que de faibles taux d’EI rénaux aient été relevés dans certains essais. Pour comparer les différences des résultats rénaux cliniquement significatifs entre les schémas à base de TAF et de TDF, les auteurs ont réalisé une analyse intégrée de grande envergure.

L’analyse concernait 26 essais cliniques de phase II et III multicentriques et internationaux portant sur des schémas à base de TAF chez des personnes infectées par le VIH (adultes et enfants âgés de ≥ 6 ans) qui n’avaient jamais été traités ou avaient obtenu une suppression virologique avec un traitement antirétroviral stable à base de TDF.

Les principaux résultats de sécurité rénale ont été mesurés en tant qu’incidence d’événements de TRP et d’abandon du médicament à l’étude pour des motifs rénaux.

Les résultats secondaires (d’après 7 études randomisées de grande envergure : 2 sur des patients n’ayant jamais été traités et 5 sur des patients ayant changé d’ART) étaient l’incidence d’EI rénaux, la protéinurie apparue sous traitement, les variations de la créatinine sérique (CrS), de la clairance de la créatinine (ClCr) et des rapports des biomarqueurs urinaires (albumine, bêta-2-microglobuline et protéine fixant le rétinol) à la créatinine (AU:cr, β2M:Cr et PFR:Cr).

Les données combinées comprenaient l’exposition de 12 519 personnes-années au TAF et de 5 947 personnes-années au TDF.

Les participants (n=9 322, âge médian de 42 ans, 21 % de femmes, 27 % de personnes noires) avaient commencé un schéma à base de TAF ou étaient passés à un schéma à base de TAF (n=6 360) ou avaient commencé ou continué un schéma à base de TDF (n=2 962).

Aucun cas de TRP ou de syndrome de Fanconi n’a été observé chez les participants recevant le TAF, contre 10 cas chez les patients recevant le TDF (p<0,001).

0,05 % de personnes sous TAF (3/6 360) et 0,47 % sous TDF (14/2 962) (p<0,001) ont abandonné le médicament à l’étude en raison d’EI rénaux.

Les participants ayant commencé un schéma à base de TAF présentaient des variations plus favorables des biomarqueurs rénaux pendant les 96 semaines de traitement par rapport aux schémas à base de TDF. Des variations favorables de la ClCr et de la fonction tubulaire proximale (β2M:Cr et PFR:Cr) ont été observées, ainsi qu’une plus faible incidence de protéinurie apparue sous traitement chez les participants recevant les schémas à base de TAF.

Limites : le nombre de cas de TRP était probablement sous-estimé ; les participants pourraient avoir été en meilleure santé que l’ensemble des patients infectés par le VIH ; les données individuelles sur la durée du traitement par TDF antérieur n’étaient pas disponibles.

Références :

Gupta SK, Post FA et al. Renal safety of tenofovir alafenamide vs tenofovir disoproxil fumarate: A pooled analysis of 26 clinical trials. AIDS. 2019 Mar 29. doi: 10.1097/QAD.0000000000002223.

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 23 Mai 2019 - 09:34
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Les personnes vivant avec le VIH accepteront-elles un futur vaccin thérapeutique ?

• Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont en moyenne 92% à accepter l’idée d’être traitées par un vaccin thérapeutique et évaluent leur acceptabilité à 8,4 points sur une échelle de 10.
• Elles ont une attente forte vis-à-vis de l’efficacité “à vie” du traitement.
Selon une étude multicentrique française, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) accepteraient dans leur grande majorité (92%) d’être traitées par un futur vaccin thérapeutique contre le virus, notamment s’il devait être efficace à vie. Il est intéressant de noter que ce résultat est indépendant du profil socio-démographique du patient, du mode ou de l’ancienneté de sa contamination et qu’il est étroitement corrélé à la confiance que le patient a envers son médecin traitant, alors même qu’ils sont près de 35% à penser que les médecins ne disent pas tous la vérité au sujet des vaccins.

Une efficacité déterminante

Si ce déclaratif reste théorique et ne permet pas d’affirmer que les patients se vaccineront lorsqu’un vaccin thérapeutique sera effectivement disponible, les auteurs soulignent l’ampleur de l’adhésion, en comparaison de l’acceptabilité générale des vaccins dans la population générale française. La couverture vaccinale de la cohorte recrutée était d’ailleurs assez bonne (73% à jour pour le DTpolio, 75% à jour pour le VHB, mais seulement 21% et 15% pour le pneumocoque et la grippe).

Sur une seconde échelle EVA scorée entre 0 (‘ quelle que soit ma situation, je n’accepterai jamais de recevoir un vaccin thérapeutique ’ ) et 10 (’ je ne vois aucun problème à utiliser un vaccin thérapeutique dès qu’il sera disponible ’ ), ces participants déclaraient un score moyen de 8,9. Pourtant, ceux qui se disaient prêts à être vaccinés étaient 71% à craindre d’éventuels effets secondaires et 74% à se dire prêts à participer à un essai clinique dédié (seuls 9% étaient contre cette idée). Parmi leurs motivations figuraient principalement la perspective de ne plus risquer de transmettre le virus à leur partenaire ou enfant (84%) et celle de d’arrêter la prise quotidienne d’un traitement (93%), envisageable selon le déclaratif dès lors que le vaccin aurait une efficacité sur la charge virale comprise entre 85 et 100%.

Cette étude est la première à décrire l’acceptabilité d’un vaccin thérapeutique contre le VIH au sein d’un pays occidental. Elle décrit ici un certain nombre de leviers d’actions quant aux paramètres influençant l’opinion des sujets concernés...

Références :

Dimi S et al. Patients’ high acceptability of a future therapeutic hiv vaccine in france: a french paradox? BMC Infect Dis. 2019 May 9;19(1):401. doi: 10.1186/s12879-019-4056-6. https://bmcinfectdis.biomedcentral.com/ ... 019-4056-6 PMID: 31072394

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 27 Mai 2019 - 09:08
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
La prévention du VIH du futur



http://www.webconfaei.com/hivonair.asp

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 29 Mai 2019 - 12:00
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Enquête sur les visites de contrôle pour les PVVIH

L'EATG (European action treatment group) lance une enquête dans le cadre de l'enquête EmERGE, un projet financé par l'Union européenne sur la santé et les potentielles (solutions de santé mobiles ou service de santé amélioré par une plateforme mobile). En amont, les activistes européens veulent comprendre à quelle fréquence et pour quelle raison les personnes vivant avec le VIH dans l'Union européenne se rendent dans leur hôpital ou clinique pour le suivi et le contrôle du VIH. Les résultats de cette enquête doivent « aider à cartographier la diversité des services de santé en Europe. » Vous pouvez remplir ce questionnaire si vous êtes séropositif-ve sous traitement antirétroviral avec une charge virale indétectable depuis six mois et si vous vivez dans un pays appartenant à l'Union européenne (le Royaume-Uni reste inclus). Le formulaire en ligne prendra environ cinq minutes à remplir. L'enquête est strictement anonyme et les données seront traitées de manière à préserver la confidentialité des répondants-es.

NB : Dans le cadre de cette enquête, « clinique VIH » signifie l’établissement de soins de santé où vous recevez la prescription de votre traitement anti-VIH.

l'enquête EmERGE :

https://www.emergeproject.eu/

Le formulaire en ligne :

https://www.1ka.si/a/218310

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 30 Mai 2019 - 08:06
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
Sida : les femmes sont plus touchées, mais moins présentes dans les essais cliniques

Alors qu’elles représentent un peu plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH dans le monde, les femmes sont encore largement absentes des essais cliniques. Ce qui pourrait compromettre les chances de trouver un remède qui soit aussi efficace pour elles que pour les hommes.

Aujourd’hui, les femmes représentent plus de la moitié (54%) des 35 millions de personnes séropositives dans le monde. En France, le nombre de femmes vivant avec le VIH est estimé à 40 000. Un tiers des nouvelles infections VIH découvertes chaque année concernent les femmes, dont la majorité sont originaires d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du Sud ou du Sud des États-Unis.

Mais, signe que les inégalités de genre persistent encore dans le domaine de la recherche médicale, les femmes sont encore largement exclues des essais cliniques portant sur de potentiels traitements, vaccins ou remèdes contre le virus du sida. Cet étonnant paradoxe est mis en lumière dans un article du New York Times publié cette semaine : comment lutter contre une maladie pandémique sans prendre en considération la spécificité de la moitié des personnes porteuses de son virus ?

Deux systèmes immunitaires spécifiques

D’après le quotidien américain, les chercheurs ont aujourd’hui davantage conscience de ce biais dans leurs essais, qui continuent cependant de dépendre encore fortement de la participation de volontaires gays. Prendre en compte ce problème est d’autant plus important que les femmes et les hommes réagissent souvent différemment à l’infection par le VIH car leurs systèmes immunitaires divergent.

"Il y a toutes sortes de différences entre les hommes et les femmes, probablement dues en partie à des effets hormonaux", explique au New York Times le Dr Monica Gandhi, professeure de médecine à l'Université de Californie, à San Francisco. Ainsi, l'hormone féminine œstrogène semble "endormir" le virus dans l’organisme. Or, un virus dormant est plus difficile à éliminer, que ce soit par le système immunitaire que par un traitement médicamenteux.

Des réactions différentes aux traitements

En 2016, une étude menée par l’amfAR (American Foundation for AIDS Research), l’une des plus importantes fondations américaines du monde pour le financement de la prévention et de la recherche médicale contre le sida, a montré que les femmes représentaient une médiane de 11 % dans les essais de guérison. Elles ne sont que 19% à participer aux essais portant sur des médicaments antirétroviraux et 38% dans les études sur les vaccins.

"Si nous voulons trouver un remède, il est important que nous trouvions un remède qui fonctionne vraiment pour tout le monde", a déclaré Rowena Johnston, directrice de la recherche à l’amfAR.

Cette différence sexuée dans l’accès aux essais cliniques est d’autant plus dommageable que femmes et hommes ne réagissent pas non plus de la même manière aux traitements contre le VIH. Par exemple, un antiviral systémique appelé dolutegravir peut augmenter le risque d'anomalies du tube neural chez les enfants nés de mères qui prennent ce médicament. L’antirétroviral appelé névirapine est quant à lui plus susceptible de causer une éruption cutanée grave chez les femmes que chez les hommes. Pourtant, il a été testé sur 85% d’hommes.

Cette absence de mixité dans les essais cliniques est d’autant plus flagrante lorsque l’on ne s’intéresse qu’aux femmes noires. Pour Ublanca Adams, une Californienne de 60 ans avec le VIH, cet obstacle supplémentaire qu’ont les femmes de couleur tient en grande partie de la méfiance due à la "longue histoire d’exploitation par les chercheurs médicaux". "Il y a encore beaucoup de stigmatisation dans notre communauté auteur de la recherche", explique-t-elle, déplorant une information autour des différents traitements qui n’est "ni inclusive, ni invitante".

Une lente évolution

Mais pourquoi les essais cliniques reposent-ils avant tout sur des cohortes majoritairement masculines ? Parce qu'il s'agit d'une "solution de facilité", estime le New York Times. En effet, les études portant sur des sujets féminins font l’objet d’un examen plus approfondi de la Food and Drug Administration (FDA) car l’agence de santé américaine applique des règles très strictes pour inclure les femmes en âge de procréer.

Les chercheurs préfèrent donc recruter des hommes et se contentent de recueillir des données auprès des femmes une fois que le médicament a reçu son autorisation de mise sur le marché.

Heureusement, les choses évoluent peu à peu. Deux essais récents de médicaments antirétroviraux à longue durée d'action - qui peuvent être injectés tous les mois au lieu d'être pris par voie orale tous les jours - ont réussi à attirer un nombre important de femmes : 33 % des participantes à une étude et 23 % à l'autre.

Un autre essai se concentre quant à lui uniquement sur les femmes, et porte sur un médicament qui bloque l'œstrogène afin de vérifier s’il facilite l'élimination du V.I.H. Ses auteurs ont cependant dû faire quelques concessions et recruté des femmes ménopausées pour contourner les restrictions de la FDA. Or ces participantes ont des niveaux inférieurs d'œstrogènes, ce qui peut fausser les résultats. Pourtant, l’auteure principale est optimiste. "Nous avons été l’un des essais les plus rapides à recruter. Les femmes sont prêtes à participer", se réjouit le Dr Eileen Scully, professeure adjointe de médecine à l'Université Johns Hopkins.

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... -cliniques

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 02 Jn 2019 - 08:35
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
VIH: un traitement dans les premiers jours de l’infection rend le système immunitaire plus efficace (Le Figaro 31/5/19)

Des chercheurs américains ont montré que se faire diagnostiquer puis traiter dès les premiers jours de l’infection par VIH améliore la réponse immunitaire contre le virus.

Pour le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), le plus vite est le mieux. Des chercheurs du Ragon Institute (Cambridge, États-Unis) se sont penchés sur l’impact d’une thérapie précoce sur la réponse immunitaire. Leurs travaux, publiés en mai 2019 dans la revue Science Translational Medicine , montrent que, non contente de réduire la quantité de virus dans le sang, traiter au plus tôt cette infection virale améliore la qualité de la réponse immunitaire. Le système immunitaire est un élément clé de cette infection et il est primordial de le protéger.

Une fois dans l’organisme, le VIH s’attaque notamment à certaines cellules de l’immunité - les lymphocytes T CD4 - pour s’y reproduire. Dans les premiers temps de l’infection, ces lymphocytes T CD4 sont chassés par d’autres cellules immunitaires, les lymphocytes T CD8 (ou cytotoxiques), mais ces derniers s’épuisent. «La réponse immunitaire n’est pas faite pour durer. C’est toute la problématique des infections chroniques, le système immunitaire permet de contrôler mais pas d’éradiquer. Et dans le cadre du VIH qui l’attaque, il est dépassé et en vient à faire n’importe quoi.» explique le Pr Jean-Daniel Lelievre, responsable de la recherche clinique au sein du Vaccine Research Institute (Ile-de-France). Au bout d’un certain temps, débute le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA): le système immunitaire est si faible qu’il n’arrive plus à contrer la moindre infection.

Du simple vaccin à l’arsenal de défense

Heureusement, les traitements actuels (trithérapie) annulent le risque de transmission à autrui et ils limitent le développement du virus, au point que l’espérance de vie d’un patient séropositif est aujourd’hui quasiment similaire à celle d’une personne en bonne santé. Mais ces médicaments, dont la toxicité s’accumule au fil du temps, provoquent des troubles cardiovasculaires et respiratoires. D’où l’intérêt de chercher des solutions qui permettraient de se passer de traitements.

Si certaines études travaillent sur des vaccins préventifs, une grande partie d’entre elles mise sur le vaccin thérapeutique, qui soigne après l’infection au lieu de l’empêcher de s’établir. Des études cliniques sont en cours et y associent deux autres stratégies: réduire les «cellules réservoir» dans lesquelles le virus se protège du système immunitaire et des médicaments (c’est la raison pour laquelle les personnes séropositives doivent prendre un traitement à vie) et améliorer la réponse immunitaire des lymphocytes CD8.

Les scientifiques du Ragon Institute ont repris cette dernière piste afin d’observer les effets du traitement très précoce sur ces cellules immunitaires. Pendant un an, ils ont suivi 46 femmes Sud-Africaines séropositives, réparties en 3 groupes: celles traitées dès 10 à 20 jours après l’infection par le VIH, les femmes traitées 20 à 30 jours après le premier contact avec le virus, et celles qui ont eu un traitement bien plus tardif.

Cellules immunitaires: moins nombreuses mais plus efficaces

Résultat? Chez les femmes traitées très précocement, les auteurs ont constaté que la réponse des lymphocytes T CD8 était fortement réduite: ils étaient moins nombreux. Et contrairement aux apparences, c’est une très bonne chose. «Avant on pensait que traiter tôt empêchait la réponse immunitaire de s’installer car le virus ne pouvait pas stimuler les cellules. Cette étude montre que ce n’est pas le cas et que traiter très précocement est bénéfique pour l’immunité» commente le Pr Lelievre. En effet, il y avait moins de ces cellules chez les patientes des premiers groupes mais la qualité de la réponse était bien meilleure. De plus, ils ont observé que l’infection non traitée rendait les lymphocytes T CD8 plus susceptibles de mourir. Le traitement précoce augmentait la survie et la longévité des cellules. Finalement, les chercheurs américains ont aussi observé que les lymphocytes T CD4, normalement assiégés et tués par les virus, devenaient aussi acteurs de leur propre défense si les traitements étaient précoces.

«Ce type d’immunité fonctionnelle au VIH est le genre d’immunité dont on aurait besoin pour un vaccin. Comprendre ce qui constitue une «bonne» réponse immune face au virus nous donne des informations sur la structure du vaccin. Il nous faut maintenant voir si ces réponses contrôlent le VIH en l’absence de traitement, ou s’il existe un moyen pour encore augmenter l’immunité», a déclaré Bruce Walker, un auteur de l’étude, dans un communiqué. Les auteurs admettent cependant ne pas avoir pu réaliser tous les tests chez l’ensemble des femmes observées.

Bien que le nombre de participantes soit faible, les résultats sont similaires à ceux obtenus dans d’autres études. Les hypothèses se confirment. «Ce sont des études descriptives, assez éloignés de l’application pratique mais qui permettent de découvrir des mécanismes précis, importants pour la recherche» note le Pr Lelievre. D’ailleurs, plusieurs études avaient déjà montré que les patients pris en charge tôt contrôlent mieux le virus car celui-ci n’a pas le temps de développer ses stratégies habituelles de résistance aux médicaments. Le chercheur continue: «La cohorte de patients VISCONTI a montré que lorsqu’on traitait tôt, les personnes contrôlaient leur infection même après l’arrêt du traitement.» Tout cela démontre encore une fois l’importance d’un dépistage précoce après une relation à risque pour entamer rapidement une thérapie.

http://sante.lefigaro.fr/article/vih-un ... -efficace/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 12 Jn 2019 - 09:17
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères


Site à destination des professionnels de santé
Aide à la prévention, au dépistage, au diagnostic et au suivi des patients VIH en ville

https://vihclic.fr/

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
fil
Sujet du message: Re: VIH : Publications  MessagePosté le: 13 Jn 2019 - 06:28
Potô du site


Inscrit le: 23 Jl 2005
Messages: 23931
Localisation: Hyères
L’inobservance favorise le vieillissement des capacités immunitaires liées au VIH chez l’enfant

La cohorte COVERTE CO19 montre que les jeunes adultes infectés par le VIH à la naissance ou durant l’enfance présentent un nombre réduit de progéniteurs hématopoïétiques CD34+ et de lymphocytes matures.
La sénescence de l’immunité de ces patients serait liée à une réplication virale non contrôlée.
L’observance semble un élément crucial pour le devenir immunitaire du patient pédiatrique et du jeune adulte.
L’inobservance au traitement antirétroviral des jeunes adultes infectés par le VIH à la naissance ou durant l’enfance favoriserait le vieillissement prématuré de l’immunité selon une étude française parue dans le journal AIDS . Celle-ci s’est en effet intéressée à différents marqueurs et effecteurs immunitaires mesurés chez de jeunes adultes de 18-25 ans infectés par le VIH par voie verticale ou pendant l’enfance regroupés dans la cohorte multicentrique ANRS COVERTE CO19. Ces données ont été comparées à celles issues de sujets infectés à l’âge adulte (25-55 ans) ou à une population plus âgée mais non infectée (65-70 ans).

Une réserve immunitaire diminuée

Ce travail montre ainsi que les adultes infectés durant l’enfance présentent un nombre réduit de progéniteurs hématopoïétiques CD34+ et de lymphocytes matures. Ils présentent aussi un rapport CD4/CD8 et un nombre de lymphocytes B (CD21+) et NK (CD56+CD3-) d’autant plus diminué que le taux de LT CD4 est faible. Cette observation est le signe d'une lymphopénie générale comparable à celle observée chez des adultes infectés plus tardivement, ou à l’immunosénescence observée dans une population âgée non infectée.

L’observance déterminante chez les jeunes

On sait que chez les sujets infectés par le VIH, la diminution du nombre de lymphocytes CD4+ n’est pas le seul évènement immunitaire délétère. En effet, on note aussi un épuisement progressif de la lymphopoïèse. Préserver cette dernière pourrait limiter le vieillissement immunitaire prématuré que l’on observe chez les patients VIH. Chez l’enfant, on pourrait donc s’attendre à ce qu’un traitement antirétroviral efficace et rapidement mis en place puisse contrecarrer l’impact du virus sur les ‘réserves’ immunitaires, le nombre et la capacité de régénération des précurseurs des lymphocytes étant élevés dans l’enfance. Or, dans ce travail, il apparaît que l’infection VIH non contrôlée par un traitement incorrectement suivi influence différents éléments immunitaires d’intérêt pour le maintien de la lymphopoïèse à long terme. L’observance est donc, a fortiori chez l’enfant et le jeune adulte, un élément déterminant à optimiser.

Références :

Fastenackels S et al HIV mediated immune aging in young adults infected perinatally or during childhood. AIDS. 2019 May 29. doi: 10.1097/QAD.0000000000002275. [Epub ahead of print] PMID: 31149945

https://journals.lww.com/aidsonline/Pag ... nttoc.aspx

_________________
VIH , diabètique DID
Plusieurs tts dans les dents, entretien ou non, je compte plus, (5 ou 6)
Génotype 1A (Bocéprévien) , traitement terminé début Mai 2013 , RVS12 , 5 ans post-tt OK.
 
 Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un message  
Répondre en citant Revenir en haut
Montrer les messages depuis:     
Sauter vers:  
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
Voir le sujet précédent Version imprimable Se connecter pour vérifier ses messages privés Voir le sujet suivant
PNphpBB2 © 2003-2007 
Traduction par : phpBB-fr.com
Page created in 1,2404401302338 seconds.