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Sujet du message:   MessagePosté le: 10 Oct 2018 - 08:17
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Vitamine D : pas d'effet sur les fractures, les chutes et la minéralisation osseuse

Auckland, Nouvelle Zélande Une nouvelle méta-analyse, la plus importante publiée sur le sujet à ce jour, reposant sur des données de 81 essais cliniques randomisés, vient éclairer le débat sur l'opportunité d'une supplémentation en vitamine D chez l'adulte. Sa conclusion : aucun bénéfice à attendre concernant la prévention des fractures et des chutes, ni même du côté de l'amélioration de la densité osseuse. Les détails de l'étude viennent d'être publiés dans The Lancet Diabetes & Endocrinology[1].

La supplémentation en vitamine D est recommandée pour les personnes âgées afin de traiter ou prévenir l'ostéoporose. Mais, des revues de la littérature ont conclu à une absence de bénéfice d'une telle supplémentation sur la densité osseuse, les chutes et les fractures. Les auteurs de la présente étude ont décidé d'actualiser les connaissances à ce sujet.

« Depuis la dernière grande revue de la littérature de 2014, plus de trente essais randomisés sur la vitamine D et la santé osseuse ont été publiés, doublant presque la base de données sur le sujet. Notre méta-analyse met en évidence que la vitamine D ne prévient pas les fractures, les chutes et n'améliore pas la densité osseuse, et ce, que la dose soit faible ou élevée », indique le Dr Mark J Bolland de l'université d'Auckland, auteur principal de l'étude, qui poursuit « les recommandations cliniques devraient évoluer en prenant en compte nos résultats. Sur la base des preuves existantes, nous pensons qu'il n'est pas justifié d'entreprendre d'autres essais sur la vitamine D et ses potentiels effets musculosquelettiques ».

Ceci dit, les auteurs indiquent qu'étant donné le faible nombre d'essais réalisé avec des populations carencées (n=831), c'est-à-dire présentant taux sanguin de 25-hydroxyvitamine D inférieur à 25 nmol/l, des recherches supplémentaires devraient être conduites dans ce sous-groupe de personnes.

La plus grande méta-analyse jamais publiée

Le Dr Mark J Bolland et ses collègues ont analysé 81 essais randomisés publiés. Sur 53 537 volontaires, la majorité était est femmes de plus de 65 ans (77% des essais) vivant à domicile et recevant une dose journalière supérieure à 800 UI (68% des essais). Dans la majorité des études, la vitamine D était administrée en monothérapie, sans prescription d'une supplémentation calcique, pendant une année ou moins.

Plus de la moitié des essais a été menée avec des volontaires présentant un taux sanguin de 25-hydroxyvitamine D (25OHD) inférieur à 50 nmol/l, une limite considérée comme un bas taux. Seulement 6% des études ont été réalisés avec des populations carencées (taux de 25OHD <25 nmol/l). Dans 91 % des essais, les volontaires sont parvenus à un taux de 25OHD supérieur ou égal à 50 nmol/l et la moitié à un taux supérieur ou égal à 75 nmol/l.

L'analyse des données a révélé qu'une supplémentation en vitamine D n'avait pas d'effet sur les fractures en général (36 essais, n= 44 790, risque relatif 1,00, IC 95% : [0,93–1,07] ), sur les fractures de la hanche (20 essais, n=36 665, RR 1,11, IC 95% : [0,97–1,26], et sur les chutes (37 essais, n=34 144, RR 0,97, IC 95% : [0,93–1,02 ]). Les résultats étaient similaires dans les essais en comparant faibles doses de vitamine D versus hautes doses de vitamine D.

Concernant la densité osseuse, aucune différence cliniquement pertinente n'a été observée entre le groupe avec supplémentation et celui sans (-0,16% à 0,76 % sur une durée d'un à cinq ans).

Est-ce vraiment le dernier mot ?

Dans un commentaire accompagnant l'article [2], le Pr J. Chris Gallagher (Creighton University Medical Centre, Omaha, Etats-Unis) explique :

« Le contexte de cette analyse repose sur le fait que beaucoup de patients (et de médecins) sont convaincus par différentes études et les médias sociaux que la vitamine D est un remède à tout. Ce type de croyance est une réminiscence de la ferveur qui a accompagné il y a des années le recours massif à la supplémentation en vitamines A, C et E ». Mais, les essais conduits sur ces vitamines ont finalement conclu à une absence d'effet positif, fait-il remarquer.

« Restent des questions sans réponse. 70 % des groupes traités quotidiennement l'étaient à des doses inférieures ou égales à 1000 UI par jour. Il se peut que les taux sériques 25OHD n'aient alors pas atteint la zone d'intérêt... », nuance-t-il.

Le Pr Gallagher considère que les auteurs méritent des compliments pour leur importante actualisation. « Mais j'entends déjà les fervents supporteurs : que dire des autres bénéfices de la vitamine D ? D'ici trois ans, nous devrions avoir la réponse dans la mesure où environ 100 000 participants sont actuellement inclus dans des essais randomisés et contrôlés qui évaluent la supplémentation en vitamine D contre placebo. Je suis impatient que ces études nous fournissent le dernier mot sur la vitamine D » conclut-il.

https://francais.medscape.com/voirarticle/3604470

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Sujet du message:   MessagePosté le: 11 Oct 2018 - 01:41
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Des voies pour assurer un accès universel et abordable au traitement de l'hépatite C

Les antiviraux à action directe (AAD) ont radicalement changé le paysage du traitement et de la prévention de l’hépatite C. L’Organisation mondiale de la santé a appelé à l’élimination de l’hépatite C en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030. Cependant, l’écart entre les prix du DAA dans les pays à revenu faible, intermédiaire et élevé est considérable, allant de moins de 100 dollars US à environ US $ 40 000 par cours, représentant ainsi un obstacle majeur à l’élargissement du traitement et à son élimination. Cet article décrit les prix des DAA et les voies d'accès à un traitement abordable, en fournissant des études de cas en Australie, en Égypte et au Portugal.

Les voies d'accès aux AAD comprennent l'élaboration de plans complets pour l'hépatite virale afin de faciliter les négociations de prix, les licences volontaires et obligatoires, les oppositions de brevets, les achats en commun et les systèmes d'importation personnelle. Tandis que plusieurs facteurs influent sur le prix des AAD, la capacité et la volonté d'un pays de négocier avec les sociétés pharmaceutiques sont un facteur déterminant. Si les négociations n'aboutissent pas à un prix raisonnable, les gouvernements ont la possibilité d'utiliser les éléments de flexibilité décrits dans l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Un accès abordable aux AAD repose sur une collaboration entre le gouvernement, la société civile, des organisations mondiales et des sociétés pharmaceutiques, qui permet à tous les patients d’avoir accès au traitement. Promouvoir ces voies est essentiel pour influencer les politiques, améliorer l'accès à des AAD abordables et parvenir à l'élimination de l'hépatite C. les gouvernements ont la possibilité d'utiliser les éléments de flexibilité décrits dans l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Un accès abordable aux AAD repose sur une collaboration entre le gouvernement, la société civile, des organisations mondiales et des sociétés pharmaceutiques, qui permet à tous les patients d’avoir accès au traitement.

La suite ici :

https://bmcmedicine.biomedcentral.com/a ... 018-1162-z

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Sujet du message:   MessagePosté le: 11 Oct 2018 - 08:36
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GILEAD : BREVET SUSPENDU AU BRÉSIL


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Sujet du message:   MessagePosté le: 11 Oct 2018 - 15:47
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Un traitement par antiviraux d’action directe pour les toxicomanes aussi !

Le non-respect des rendez-vous médicaux et la poursuite de la prise de drogues sont les obstacles les plus fréquents à l’instauration du traitement par antiviraux à action directe (AAD) contre l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) chez les patients toxicomanes.

Bien que ces derniers soient concernés par 23 % de toutes les nouvelles infections à VHC dans le monde, les directives nationales recommandaient souvent de contrôler « l’usage abusif de substances illicites » avant d’instaurer un traitement anti-VHC. Cette attitude laissait cependant persister un important réservoir de virus chez ces patients souvent en situation de précarité. L’évolution de la prise en charge médico-sociale a progressivement permis de les traiter et il est intéressant de faire le point sur l’efficacité du traitement anti-viral C dans cette population particulière.

Une réponse virologique soutenue à 12 mois dans plus de 87 % des cas

Une méta-analyse de 38 études a regroupé 3 634 patients utilisateurs récents de drogues ou recevant un traitement de substitution aux opiacés (1). Le critère d’évaluation principal de l’efficacité était le taux de réponse virologique soutenue 12 semaines après le traitement (RVS12) dans la population en intention de traiter.

Vingt et une études concernent 1 408 patients consommateurs récents de drogues : le taux d’achèvement du traitement est de 97,5 %, le taux de RVS12 de 87,7 %. Trente-six études concernent 2 987 patients sous traitement substitutif : le taux d’achèvement du traitement est de 97,4 % et le taux de RVS12 est de 90,7 %. Enfin 8 études concernent 670 toxicomanes s’injectant des drogues : le taux d’achèvement du traitement est de 96,9 % et le taux de RVS12 est de 87,4 %.

Ces résultats confortent ceux de l’étude ouverte à bras unique SIMPLIFY, publiée en début d’année 2018 dans le Lancet (2) faisant état d’un bon résultat de l’association sofosbuvir/velpatasvir pour les génotypes 1 et 3, difficiles à traiter. Leur délivrance était cependant réalisée par un pilulier hebdomadaire électronique afin de contrôler l’observance.

Des modalités de suivi spécifique doivent donc être proposées aux toxicomanes suivis en Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Leurs pratiques à risque de transmission virale et de consommation d'alcool justifient une surveillance prolongée addictologique, virologique et hépatologique. Les bons résultats de cette éradication virale C sont favorisés par l’éducation thérapeutique et l’accompagnement des patients qui encouragent une meilleure observance du traitement lequel est donc aussi efficace que dans la population générale.

Dr Sylvain Beorchia
JIM.fr

RÉFÉRENCES :

1 - Hajarizadeh B et coll. : Direct-acting antiviral treatment for hepatitis C among people who use or inject drugs:asystematicreview and meta-analysis. Lancet Gastroenterol Hepatol., 2018 ; publication avancée en ligne le 20 septembre. doi: 10.1016/S2468-1253(18)30304-2.

2 - Grebely J et coll. SIMPLIFY Study Group : Sofosbuvir and velpatasvir for hepatitis C virus infection in people with recent injection drug use (SIMPLIFY): an open-label, single-arm, phase 4, multicentre trial. Lancet GastroenterolHepatol. 2018; 3: 153-161. doi: 10.1016/S2468-1253(17)30404-1.

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Sujet du message:   MessagePosté le: 12 Oct 2018 - 05:45
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Le gouvernement du Canada prend des mesures pour contrer les taux élevés de VIH et d'hépatite C chez les personnes qui partagent de l'équipement pour la consommation de drogues

OTTAWA, le 11 oct. 2018 /CNW/ - Les infections transmissibles sexuellement et par le sang, y compris l'hépatite C et le VIH, sont en grande partie évitables. Cependant, il y a des communautés au Canada qui connaissent des taux élevés d'infection. Il s'agit là d'un grave problème de santé publique. Dans cette optique, le gouvernement du Canada prend des mesures pour prévenir la transmission de ces infections, ce qui protégera la santé des Canadiens.

L'honorable Ginette Petitpas Taylor, ministre de la Santé, a annoncé aujourd'hui un soutien financier pour 28 projets partout au pays dont le but est de réduire le risque d'infections transmissibles par le sang chez les personnes qui partagent de l'équipement pour la consommation de drogues, comme des aiguilles et des pipes. La réduction des méfaits est un pilier central de la stratégie globale canadienne en matière de drogues, fondée sur des données probantes.

Les projets qui obtiendront des fonds sont ceux dans les communautés où les taux d'hépatite C et de VIH sont élevés. Le financement appuiera des interventions de première ligne et des activités de renforcement des capacités dans les communautés, y compris des ressources éducatives pour les personnes qui utilisent des drogues, des services de proximité par les pairs et une formation pour les fournisseurs de soins.

https://www.newswire.ca/fr/news-release ... 85431.html

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Sujet du message:   MessagePosté le: 12 Oct 2018 - 06:42
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6 OCTOBRE : JOURNÉE NATIONALE DE LA DISANCE

Souvenez-vous. En septembre 2011, une soixantaine de femmes séropositives se sont réunies à Angers, pendant quatre jours de rencontres. Elles ont échangé, partagé, construit et en sont arrivé à une conclusion : "On a beau dire... Dévoiler sa séropositivité ne sert à rien si celle-ci n'est pas comprise." Parce que l'ignorance est responsable de la médisance, parce qu'il serait bon que les personnes séronégatives prennent le temps de comprendre les séropositifs-ves, parce que les témoignages ne suffisent pas pour changer le regard de la société... Elles ont décidé de faire "craquer le vernis" avec une vidéo choc intitulée La Piscine et un mot d'ordre : "Disance !"

https://www.aides.org/Disance

MÉDECIN ET SÉROPOSITIVE, "JE N'AI PLUS PEUR MAIS JE ME MÉFIE"

Depuis 2012, AIDES organise le 6 octobre la Journée de la Disance. L’idée : parler de sa séropositivité pour en finir avec les préjugés. L'année dernière, 8 personnes avaient accepté de témoigner, à la suite de notre appel. Cette année, c'est spontanément que cette médecin a décidé de se livrer, pour la première fois.

Pour la première fois, je décide de franchir ce pas et témoigner.

Un témoignage en demi teinte car je ne le ferai pas à visage découvert et je ne donnerai pas mon nom.

Je suis séropositive depuis l'âge de 25 ans et j'en ai 48. Cela fait donc 23 ans que je vis avec ce virus.

Je suis médecin. J’exerce à Paris, dans mon cabinet médical.

En 23 ans, je n'ai pas eu le moindre problème de santé et je n'ai pas pris ne serait ce qu'un jour d'arrêt maladie.

Pas la moindre rupture dans ma vie professionnelle en dehors d'un congé maternité rétréci du fait de mon statut de libéral.

Ma fille a 20 ans. Elle n'a pas été contaminée, évidemment. Elle va bien.

Mais, mais elle a vécu toute son enfance sous le poids écrasant du secret qu'était ma séropositivité.

Pendant 15 ans, j'ai vécu avec la terreur du regard des autres.

Je suis guérie de cette terreur.

Je suis guérie de cette terreur depuis le jour où j’ai dit à ma fille que je suis séropositive, depuis le jour où le monde ne s’est pas écroulé.

Je n’ai plus peur mais je me méfie, je reste prudente et je continue de cacher ma séropositivité.

Je choisis minutieusement ceux à qui je le confie, toujours après mûre réflexion.

La parole libre et spontanée, ce n’est pas pour moi.

Car, et cela se vérifie à chaque fois, c'est toujours un choc pour l'autre de l'apprendre.

Personne ne s'y attend.

Avec les années, les personnes au courant de ma situation ne se comptent plus sur les doigts d'une main mais de deux mains voir deux mains et un pied. Cela reste donc presque anecdotique par rapport au nombre de personnes que je côtoie chaque jour, amis, connaissances, famille, collègues, patients.

Comme tout médecin généraliste je reçois de nombreuses personnes en consultation chaque jour.

Aucun n'est en mesure de deviner ou soupçonner ma séropositivité.

Ce n'est pas écrit sur mon visage, ce n'est écrit nulle part.

Je ne porte aucun stigmate physique, je suis médecin, je suis une femme, une femme blanche et on me considère sûrement comme une privilégiée.

Dans mon cabinet, j'entends régulièrement de la part de patients des paroles sur le VIH qui me heurtent et me font froid dans le dos.

Je serre les dents et je me tais.

Car ils ne savent pas, ils ne sauront jamais que leur médecin, celle qui est assise de ce coté là du bureau, est séropositive.

Si je ne témoigne pas à visage découvert, c'est parce que je refuse de subir les conséquences attendues d'une exposition publique.

Car, c'est cruel mais c'est ainsi, je n'imagine pas un instant que les gens accepteraient d'être suivis, de faire suivre leurs enfants, par un médecin qu'ils savent séropositif, que ce soit par ignorance par bêtise ou les deux.

Pourtant, c'est bien ce que je fais et depuis 23 ans.

M'occuper des autres. M'occuper de l'autre, l'autre que je ne crois pourtant pas capable de m'accepter telle que je suis.

Je continue mais je suis fatiguée. Je suis fatiguée constamment, quotidiennement.

Ca se lit sur mon visage, je le sais, on me le dit souvent.

Je botte en touche.

Je souris peu, et de moins en moins, on me l'a déjà reproché.

Non, ce n'est pas le virus qui me fatigue, ce n'est même pas mon traitement.

Ce qui me fatigue, je le sens, c'est autre chose.

Ce qui me fatigue, ce qui m'empêche de sourire, alors que je devrais sourire chaque jour d’être non seulement encore en vie mais en pleine santé, c'est l'énergie qu'il faut déployer jour après jour pour cacher, pour ne pas laisser deviner que je vis et depuis si longtemps avec le VIH.

Avec ce virus qui est encore associé dans l'inconscient collectif avec l'idée de la mort, de la faute, voire de la dépravation.

Ce qui me fatigue, c’est de devoir serrer les mâchoires pour contenir, taire la réalité de ma situation, dans toutes les situations du quotidien.

Le prix à payer pour pouvoir vivre comme je l’entends, sans que la société, les autres, choisissent pour moi.

Ce qui me fatigue, c’est de manière générale, cette impossibilité d'être en société tel que l'on est, dans son entièreté.

Ce qui me fatigue, c’est de devoir enfiler chaque jour le masque de l’impassibilité, que l’on prend parfois pour de la froideur ou de l’indifférence, alors que c’est juste un écran derrière lequel je me protège.

Ce qui me désespère, c'est que bien que depuis 1996, date d'arrivée des trithérapies, la donne ait radicalement changé d'un point de vue médical, le vécu des personnes séropositives reste toujours aussi difficile et solitaire.

Ce qui me fatigue, c’est de constater le décalage entre le discours et la réalité.

C’est le temps que mettent les autorités, les médias, les médecins, à délivrer les informations, et surtout les bonnes nouvelles:

Entre le moment où l’on a constaté qu’une personne bien contrôlée par le traitement n’est pas contaminante et le moment où on l’a dit, d’abord du bout des lèvres puis enfin un peu plus ouvertement, beaucoup beaucoup d’années se sont écoulées.

Combien de temps perdu, gâché, pour ceux qui auraient eu ce poids en moins à porter.

Combien de temps perdu, pour ceux que cela aurait incité à se faire dépister et traiter.

Ce qui me fatigue, ce qui me met en colère, c'est que la politique de prévention a toujours reposé sur le maintien, l’entretien de la peur autour du VIH. Et j’entends d’ici les protestations.

Encore aujourd’hui, concernant le traitement du VIH, le seul discours audible, c'est celui ci: le traitement permet aux séropositifs de vivre, on ne peut pas le nier, mais il est lourd de conséquences, d'effets secondaires etc etc etc.

Oui, c’était vrai pour les premiers traitements.

Ça l’est de moins en moins. Et ça je ne l’entends jamais, ou si peu.

Je suis séropositive depuis 23 ans, je me porte parfaitement bien, je suis sous traitement depuis 8 ans sans aucun effet secondaire mais je sais que je n'ai pas le droit de le dire trop fort. Je pourrais me faire lyncher.

Pourtant, si les gens entendaient plus souvent cela, ils auraient moins peur de se faire dépister. J'en suis convaincue.

Ce qui me fatigue, c’est ce dilemme qui se repose à moi chaque jour: parler, témoigner et faire avancer la cause, la cause de tous ceux et toutes celles qui se cachent, mais prendre le risque d’en subir les conséquences. Ou continuer de me taire, de vivre dans cette fausse tranquillité qui est la mienne et laisser les autres parler à ma place, surtout ceux qui ne savent pas de quoi ils parlent.

Comment se reconnaître en l'autre si personne ne témoigne, car personne ne veut témoigner.

Comment rassurer, si les gens comme moi continuent de se terrer.

Témoigner à visage découvert serait un vrai acte militant, courageux.

Mais je ne veux pas le faire.

Je ne veux pas prendre ce risque pour moi même, mon avenir, ma tranquillité.

Je ne veux pas être définitivement étiquetée.

Je ne veux pas m’exposer à la violence symbolique que ce serait pour moi de voir la grande majorité des patients me tourner le dos, s'ils savaient ma situation, quand bien même je leur ai consacré mon temps et mon énergie.

Car c’est ce qui se passerait. Je ne me fais aucune illusion.

Alors voila, je fais ce pas, un tout petit pas que j'aurai mis 23 ans à franchir.

Je m'exprime là, et je le fais essentiellement pour dire à ceux qui liront, à ceux qui ne se pensent pas concernés: sachez bien, et je le dis car je l’entends dans mon cabinet et ailleurs, sachez bien qu'il y a ou qu'il y a eu peut être autour de vous quelqu'un, votre père, votre mère, votre enfant, votre ami, votre belle mère, votre soeur, votre cousin, qui est séropositif depuis 1 an,10 ans, 20 ans ou même 30 ans et qui n'a jamais osé vous le dire.

Par peur d'être rejeté par vous, par peur de vous inquiéter, pour vous protéger de cette inquiétude, par honte injustifiée, par sentiment de culpabilité injustifié, pour toutes ces raisons.

Je témoigne pour dire que vivre avec le VIH, être séropositif aujourd’hui, c’est, grâce aux traitements, pouvoir vivre aussi longtemps que ceux qui ne le sont pas, c'est sous contrôle du traitement ne plus être contaminant pour l'autre, mais c'est devoir vivre pour l'écrasante majorité des gens dans l'ombre et le secret, encore aujourd'hui, en 2018.

Et ça, c'est intolérable.

Même lorsque tout compte fait on aime vivre à l'ombre, comme moi, même quand cela est un choix, c'est avant tout un choix imposé.

Je ne veux pas m'exposer à la lumière comme l'a fait mon amie Anne Bouferguene et pourtant je ne la remercierai jamais assez de l'avoir fait. Mais j’entends encore de telles horreurs, de telles conneries sur le VIH, le sida, que c’est un devoir de prendre la parole.

Car se taire, cela revient de fait, à capituler et à laisser perdurer l’ignorance, les fantasmes et les préjugés.

Tout le monde devrait savoir que:

Sans traitement, le VIH reste mortel.

Sans traitement, le VIH peut se transmettre par voie sanguine, par voie sexuelle et par voie materno-foetale, un point c’est tout.

Grâce aux traitements, les personnes séropositives bien contrôlées et qui ont une charge virale indétectable ne transmettent plus le virus à leur partenaire sexuel.

Grâce aux traitements, les personnes séropositives ont la même espérance de vie que tout un chacun.

Les traitements se sont améliorés d’année en année, ils sont mieux tolérés, moins toxiques, mais ils sont à prendre à vie.

Tout le monde devrait savoir que:

Le VIH continue de tuer ceux qui n’ont pas accès aux traitements.

Le VIH continue de se transmettre par ceux qui n’ont pas accès aux traitements.

Le VIH continue de se transmettre par ceux qui ont peur de se faire dépister.

Ceux qui ont peur de se faire dépister ont de bonnes raisons d’avoir peur.

C’est la société toute entière qui est responsable de cela.

C’est le regard malveillant, c’est le jugement moral, c’est la mise à l’écart, c’est la discrimination, c’est la stigmatisation.

Le grand public est très mal informé. Le grand public est indifférent car le VIH, le sida c’est l’autre, ce n’est pas soi, car le VIH n’a plus de visage.

Le VIH n’a plus de visage car les gens séropositifs se font discrets, ils ne parlent pas de leur séropositivité. Ils se protègent du regard potentiellement malveillant de la société.

C’est un cercle vicieux.

Mais si les gens sont si mal informés ce n’est pas uniquement du fait de leur indifférence.

C’est aussi parce que les informations ne sont pas diffusées au public avec suffisamment de force, de courage, de clarté, de rapidité et de détermination.

Les responsabilités sont totalement partagées.

Le VIH concerne tout le monde.

Je dédie ce texte à ceux qui ont nourri ma colère en prononçant des paroles inacceptables auxquelles je ne pouvais pas répondre.

Je dédie ce texte à ceux qui ont le pouvoir de prendre la parole et qui ne le font pas.

Surtout, je dédie ce témoignage à ceux qui pourront s’identifier, à mon alter ego.

https://www.aides.org/actualite/medecin ... e-me-mefie

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Sujet du message:   MessagePosté le: 12 Oct 2018 - 14:35
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LE PARADOXE DE L’HÉPATITE B




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Sujet du message:   MessagePosté le: 12 Oct 2018 - 15:53
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Vers l'élimination du virus de l'hépatite C: expérience égyptienne, réalisations et limites

Dans le monde, plus d'un million de personnes meurent chaque année de maladies liées au virus de l'hépatite C (VHC) et plus de 300 millions de personnes sont infectées de manière chronique par l'hépatite B ou C. L'Egypte se trouvait autrefois au sommet des pays fortement touchés par le VHC. Certains pays progressent dans l'élimination du VHC, mais de nombreux facteurs empêchent le progrès; reste pour la majorité. Ces facteurs incluent le manque de sources de financement mondiales pour le traitement, un diagnostic tardif, des données médiocres et un dépistage inadéquat. Le traitement du VHC en Égypte est devenu l'une des principales priorités nationales depuis 2007. L'Égypte a lancé un programme national de traitement visant à fournir un traitement curatif aux patients égyptiens infectés par le VHC. Le programme de traitement de masse du VHC avait commencé à utiliser l'interféron et la ribavirine pégylés entre 2007 et 2014.

Pourtant, Avec le développement d'antiviraux à action directe (AAD) très efficaces contre le VHC, l'élimination de l'hépatite virale est devenue une possibilité réelle. Le Comité national égyptien pour le contrôle de l'hépatite virale a fait de son mieux pour fournir aux patients égyptiens atteints du VHC des AAD. L'Égypte a adopté une stratégie qui représente un modèle de soins qui pourrait aider d'autres pays à fort taux de prévalence du VHC dans leur lutte contre le VHC. Cette revue couvre les effets de la gestion du VHC dans des contextes réels de la vie égyptienne et les résultats de différents protocoles de traitement. En outre, il traite des stratégies actuelles et futures de prévention et de dépistage du VHC, ainsi que des défis à relever pour l'élimination du VHC et des perspectives d'éradication future du VHC.



La suite ici :

https://www.wjgnet.com/1007-9327/full/v24/i38/4330.htm

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Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Oct 2018 - 13:57
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Sujet du message:   MessagePosté le: 15 Oct 2018 - 14:35
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MORTS CONVENTION AERAS ET DROIT À L’OUBLI ?



LE GOUVERNEMENT SOUHAITE-T-IL UNE MORT PROGRAMMÉE DE LA CONVENTION AERAS ET DU DROIT À L’OUBLI ! ?

Le budget 2019 prévoit la suppression de l’exonération de la TSCA (taxe sur les conventions d’assurances) sur la garantie décès des contrats d’assurance emprunteur, et les nouvelles recettes ainsi créées seront affectées à la société Action Logement Services.

Cette mesure n’est en rien anecdotique car elle marquerait, si elle était mise en œuvre, l’effondrement de tant d’années d’effort et de travail des associations de patients et d’usagers pour améliorer l’assurabilité des personnes à risque aggravé de santé, dans le cadre d’une collaboration étroite avec les pouvoirs publics qui a progressivement permis de créer un cadre propice à l’évolution des pratiques des banques et des assureurs dans la prise en compte de ces risques spécifiques.

Aujourd’hui la Convention AERAS permet à certains malades d’être assurés dans des conditions standard. Mais la grande majorité d’entre eux paie, pour cela, une surprime qui peut être très élevée. L’application de la TSCA sur ces surprimes, ce serait la double peine ! Plus vous êtes considéré comme « à risque de santé », plus votre surprime est élevée et plus elle va être taxée !!

À quoi sert d’annoncer des progrès pour l’assurabilité des malades grâce à la grille de référence du droit à l’oubli si l’Etat reprend, de l’autre main, ce que les acteurs de la Convention ont instauré ?

Il est essentiel d’exonérer de la TSCA les primes d’assurance emprunteur pour les contrats entrant dans le cadre de la convention AERAS.

Contact presse : Marc Paris – 06 18 13 66 95 – communication@france-assos-sante.org

Pdf :

http://www.soshepatites.org/wp-content/ ... nAeras.pdf

http://www.soshepatites.org/mort-la-con ... -a-loubli/

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Sujet du message:   MessagePosté le: 16 Oct 2018 - 13:58
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DU BRUIT ET DES ÉCHOS…



http://www.soshepatites.org/du-bruit-et-des-echos/

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