HEPATITES

Hépatite C - autres sujets - Contamination sexuelle LA VERITE

esperante - 20 Sep 2005 - 18:09
Sujet du message: Contamination sexuelle LA VERITE
Réponse des auteurs de l'étude déformée par la presse :

Notre article a en effet été mal interprété et déformé. Voici en pieces jointes l'article en question et un petit texte explicatif reprenant les principaux messages que vous pouvez diffuser sur le site si vous le jugez necessaire.
Bien cordialement,
ML Chaix
M Leruez-Ville
J. Ghosn

Nous avons publié dans la Presse Médicale (27 Août 2005) un article de mise au point sur le sujet de la transmission sexuelle du VHC. Les conclusions de cet article qui ont été bien résumées dans le Quotidien du Médecin ont été malheureusement mal interprétées et déformées dans les rubriques médicales de la presse grand public. C’est pourquoi nous souhaitons repréciser les messages de cet article.

Nous mentionnons la possibilité d’une transmission sexuelle du VHC sur la base de plusieurs arguments scientifiques. En effet des cas de transmission sexuelle du VHC ont été bien documentés. Notamment, une enquête récente de l’Institut National de Veille Sanitaire a révélé l’incidence inhabituelle d’hépatites virales aigues C chez les hommes homosexuels séropositifs pour le VIH. Ces hommes avaient comme seul facteur de risque des rapports sexuels à haut risque non protégés et présentaient de façon concomitante une autre infection sexuellement transmissible. Dans ces cas, la transmission sexuelle du VHC a été probablement facilitée par des pratiques sexuelles à haut risque entraînant des lésions muqueuses sanglantes.

Cependant, notre revue souligne que le risque de transmission sexuelle du VHC reste très bas et semble beaucoup plus faible que celui d’autres virus comme le VHB ou le VIH. La faible quantité de virus VHC dans les sécrétions génitales expliquerait cette rare transmission sexuelle, notamment au sein des couples stables protégés, ne justifiant pas de recommandations spécifiques concernant les rapports sexuels pour ces couples. En revanche, au vu des derniers cas de transmission sexuelle rapportée chez des homosexuels masculins séropositifs pour le VIH et ayant des comportements sexuels à risques, un dépistage ciblé et des recommandations spécifiques (nécessité de port de préservatifs) serait nécessaire dans cette population particulière.
Tourment - 22 Sep 2005 - 09:58
Sujet du message: L'article
Merci Esperante Very Happy . Le voici plus ou moins bien reproduit. Il est long mais intéressant. Courage ! Doigt

1034 - La Presse Médicale
Transmission sexuelle du virus
de l’hépatite C
© 2005, Masson, Paris Presse Med 2005; 34: 1034-8
Jade Ghosn1,2
Marianne Leruez-Ville1
Marie-Laure Chaix1
Maladies infectieuses
M I S E A U P O I N T
27 août 2005 • tome 34 • n°14
J. Ghosn, M. Leruez-Ville, M.-L. Chaix
Presse Med 2005; 34: 1034-8 © 2005, Masson, Paris
Points essentiels
• Le virus de l’hépatite C (VHC) est classiquement transmis par voie parentérale. Cependant, aucun facteur de risque n’est observé chez 20% des patients et la transmission sexuelle pourrait en expliquer une partie, notamment en cas de comportements sexuels très à risques.
• Chez les personnes n’ayant jamais utilisé de drogue intraveineuse, les facteurs prédictifs d’une séropositivité pour l’hépatite C sont: le nombre de partenaires sexuels, les pratiques sexuelles potentiellement traumatiques pour les muqueuses, une séropositivité pour le VIH, et la présence concomitante ou un antécédent d’infection sexuellement transmissible.
• Les partenaires hétérosexuels stables, au sein d’un couple sérodifférent pour le VHC, ont moins de risque d’acquérir ce virus (0 à 0,6% par an) que les personnes ayant des partenaires multiples avec comportement sexuel à risque (0,4 à 1,8 % par an).
• Le VHC est détectable dans les sécrétions génitales féminines et masculines. S’il est vrai que la présence de VHC détectable dans le liquide séminal est un argument en faveur d’une possible transmission sexuelle de ce virus, aucune donnée ne permet d’affirmer l’infectiosité des souches isolées dans le sperme.
• La transmission sexuelle du VHC existe, mais cette voie est moins
efficace que pour le VIH ou le VHB.

L’OMS a estimé qu'en 1999, 170 millions de personnes vivaient avec une infection chronique causée par le virus de l’hépatite C (VHC) dans le monde, la prévalence globale variant de 0,4 % en Océanie à 5,3 % en Afrique1. Cependant ces prévalences globales cachent des disparités,notamment en fonction des différentes régions ou des différents groupes à risque.En France, considérée comme une région d’endémicité moyenne,la prévalence de l'infection dans la population
générale est de l’ordre de 1 %: 500000 à 600000 personnes seraient infectées2.
-Le mode de transmission prépondérant du VHC est la voie parentérale. Jusqu’à l’apparition des tests de détection des anticorps spécifiques au début des années 1990, la transfusion de sang et de produits dérivés, ainsi que la toxicomanie par voie veineuse, étaient les 2 principales voies de transmission du virus. La transfusion ne doit plus être considérée comme un mode d’acquisition prédominant du virus puisque, depuis que la recherche de l’ARN VHC chez les donneurs de sang (diagnostic
génomique viral) est associée au dépistage sérologique, le risque résiduel depuis 2001 est estimé à 1/6 650000 dons3. Le risque lié à la toxicomanie n’a pas diminué malgré les campagnes de prévention. La toxicomanie reste sans doute responsable d’au moins 2/3 des 5000 à
6000 nouveaux cas annuels.
- La contamination peut également être d’origine nosocomiale à la suite d’actes médico-chirurgicaux invasifs, d'hospitalisations en unités d’hémodialyse, etc. La transmission lors de soins dentaires, lors de tatouages ou de piercing a également été incriminée. L’incidence de la transmission mère-enfant est de l’ordre de 5 % chez les femmes mono-infectées par le VHC et peut atteindre 20 % chez les femmes co-infectées par le VIH et le VHC4.
Une transmission intrafamiliale du virus peut aussi survenir par le partage d’objets contondants (ciseaux, rasoirs, etc.) contaminés par le sang d’un membre de la famille infecté. La transmission sexuelle est habituellement considérée comme improbable en dehors de rapports
traumatiques ou survenant pendant les règles.Aucun facteur de risque n’est observé chez 10 à 20 % des patients et la transmission sexuelle peut en expliquer une partie.
L’Institut de veille sanitaire a été alerté en septembre 2004 du fait de la survenue inhabituelle d’hépatites virales C aiguës chez des hommes séropositifs pour le VIH, homosexuels, et ayant comme seul facteur de risque des pratiques sexuelles non protégées,cette constatation conduisant à l’hypothèse d’une transmission sexuelle du virus de
l’hépatite C. Des cas de transmission du virus de l’hépatite C5-8 chez des sujets ayant des pratiques sexuelles à risque en dehors de tout autre facteur de risque classique d’infection par le VHC ont été observés.
- Cette transmission sexuelle de l’hépatite C s’appuie sur plusieurs arguments:
• comportementaux, de type comportement sexuel à risque, absence d’autres facteurs de risque;
• cliniques, à savoir présence concomitante d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) avec lésions érosives dans plus de 2/3 des cas;
• biologiques, tels qu’une séroconversion VHC suite à des rapports sexuels non protégés avec un partenaire infecté de façon chronique par le VHC, génotype identique chez les 2 partenaires;
• phylogénétiques, avec homologie des séquences génomiques entre la souche du patient source et celle du patient index.
- Malgré ces éléments, la transmission sexuelle du virus de l’hépatite C reste controversée. Des enquêtes épidémiologiques rapportant la prévalence de séroconversion au sein des couples sérodifférents, et l’étude du VHC dans le compartiment génital ne permettent pas toujours de trancher clairement le débat.
Enquêtes épidémiologiques
- Les principales enquêtes épidémiologiques sont en faveur d’une contribution de la voie sexuelle dans la transmission du virus de l’hépatite C.Alter et al.9,sur un échantillon aléatoire de 40000 personnes représentatives de la population générale aux États-Unis entre 1988 et 1994, ont montré que la prévalence de l’hépatite C était significativement corrélée à l’activité sexuelle. Chez des personnes n’ayant aucun facteur de risque classique d’infection par le VHC,la prévalence de ce virus était corrélée à l’âge du premier rapport sexuel (< 18 ans), au nombre total de partenaires sexuels (> 10), à la présence d’une infection chronique par HSV-2.
- Une étude faite à New Delhi, chez 3905 donneurs de sang, a montré que la prévalence de l’hépatite C était faible (1,56 %), mais que la fréquence de la positivité de la sérologie tréponémique et de la sérologie VIH était significativement plus élevée chez les sujets séropositifs pour
l’hépatite C, suggérant fortement la transmission sexuelle de l’hépatite C chez des sujets ayant des pratiques sexuelles à risque10. Une autre étude,dans le Sud de l’Inde, à Chennai,chez 1623 personnes11 sans antécédent d’utilisation de drogue intraveineuse a montré que 2 % des
hommes et 3 % des femmes étaient séropositifs pour l’hépatite C. Pour les femmes,un antécédent d’ulcération génitale était significativement corrélé à une sérologie VHC positive. Concernant les hommes, la consommation d’alcool, les rapports homosexuels,un antécédent d’ulcération génitale et une infection par HSV-2 étaient fortement corrélés
à la séropositivité pour l’hépatite C.
- En Russie, la prévalence de l’hépatite C chez les adolescents et les jeunes adultes (14 à 29 ans) a doublé entre 1992 et 1999.12. Parallèlement, les autorités sanitaires ont noté une augmentation exponentielle de la syphilis et de la gonococcie. L’infection VHC était d’origine sexuelle dans plus de 40 % des cas, surtout chez les adolescents de moins de 16 ans pour lesquels la présence du VHC était
beaucoup plus fréquente chez ceux qui avaient une activité sexuelle par rapport à ceux qui n’avaient pas de rapports sexuels.
- Les études sur des patients consultant dans un centre d’infections sexuellement transmissibles ont montré que la prévalence de l’hépatite C était associée à une conduite sexuelle à risque chez ces patients n’ayant pas d’antécédents d’utilisation de drogue par voie intraveineuse13-16. Aux États-Unis, la prévalence de l’hépatite C atteint en médiane 6 % chez les prostituées,4 % chez les homosexuels masculins et 4 % chez les personnes consultant dans un centre de maladies sexuellement transmissibles. Pour ces dernières,et en se limitant aux personnes n’ayant jamais eu d’antécédent d’utilisation de drogue intraveineuse, les facteurs prédictifs d’une séropositivité pour l’hépatite C étaient: le nombre total de partenaires sexuels, les pratiques sexuelles potentiellement traumatiques pour les muqueuses (rapport anal), une séropositivité pour le VIH,la présence concomitante ou un antécédent
d’IST. Les IST associées se traduisent par des lésions érosives des muqueuses (HSV-2, chancre syphilitique, etc.), ce qui pourrait favoriser la transmission sexuelle de l’hépatite C à l’instar du VIH.
- Des études plaident peu en faveur de la transmission sexuelle du VHC. Une étude américaine s’est intéressée aux facteurs de risque chez 2316 donneurs de sang séropositifs pour l’hépatite C17.Contrairement aux études précédentes, Murphy et al. ont montré que plus de 90 % des
donneurs de sang séropositifs pour l’hépatite C avaient au moins un facteur de risque classique d’infection par le VHC, résultat peu en faveur de la voie sexuelle comme mode de transmission du virus. Ces résultats sont corroborés par une étude australienne menée chez 1038 homosexuels masculins18, pour lesquels un antécédent de toxicocomanie intraveineuse était le principal facteur de risque retrouvé, les pratiques sexuelles à risque étant aussi fréquentes chez les séropositifs pour le VHC que chez les séronégatifs.
Couples sérodifférents pour le VHC
- Deux cas de transmission sexuelle du virus formellement démontrée au sein de couples sérodifférents ont été rapportés7,8. Pour l’un des deux couples,la femme séronégative pour le VHC avait été infectée par le même virus que son partenaire chroniquement infecté par le VHC,
après un rapport sexuel oral, anal et vaginal non protégé7.
- La meilleure méthode pour définir le risque de transmission
sexuelle de l’hépatite C est de surveiller les nouvelles
infections par le VHC au sein de couples stables dont l’un des partenaires est atteint d’hépatite C chronique.Ces études sont difficiles à mener et nous devons nous contenter d’études évaluant la prévalence plutôt que l’incidence.
Les études menées en Asie du Sud-Est, en Europe et aux États-Unis ont conclu à une prévalence de couples où les 2 partenaires sont infectés parmi les couples hétérosexuels monogames chiffrée entre 8,8 et 27 %,0 et 5 %,et 2 et 4,8 % respectivement19. Cependant,la plupart de ces études n’ont pas effectué de tests virologiques spécifiques (tels que le
génotypage du virus ou l’étude phylogénétique des séquences virales) pour affirmer la transmission du virus du partenaire infecté au partenaire séronégatif. Dans certaines études,le génotypage du virus est utilisé comme marqueur, mais ce marqueur reste sous-optimal pour déterminer si le sujet source a été infecté par le virus de son partenaire. Le
génotype peut être identique mais la source de l’infection peut être différente; ce n’est donc pas une indication assez précise pour affirmer l’identité des souches virales. L’importance de l’étude de la séquence nucléotidique et de l’analyse phylogénétique du virus a été montrée dans une étude française20: 12 des 24 couples hétérosexuels avaient un génotype VHC identique. L’analyse de la séquence de la région hypervariable E2, effectuée pour 7 de ces 12 couples, a montré qu’une transmission au sein du couple pouvait être évoquée uniquement chez 3 couples hétérosexuels avec des séquences virales homologues. De plus,ces 3 couples avaient au moins un facteur de risque classique pour une infection par le VHC (partage de rasoirs,de brosse à dents, de matériel personnel potentiellement infecté). Ainsi, la transmission sexuelle serait surestimée dans les études fondées uniquement sur un événement de séroconversion au sein d’un couple sérodifférent.
- En se fondant sur les études de qualité utilisant le génotype et/ou l’étude de la séquence nucléotidique, menées en Asie du Sud-Est, en Europe occidentale et aux États-Unis, l’estimation du taux de couples où les 2 partenaires sont infectés par le VHC au sein de couples hétérosexuels stables serait de 2,8 à 11 % en Asie du Sud-Est21,22, 0 à 6,3 % en Europe occidentale 23,24, 2,7 % aux États-Unis19.
- En Italie, Vandelli et al. ont surveillé 895 personnes hétérosexuelles en couple stable avec un partenaire séropositif pour le VHC, sur une période de 10 ans. Trois nouvelles infections ont été diagnostiquées durant cette
période de suivi (10 ans), correspondant à une incidence de 0,37/1000 personnes/année25. L’étude génotypique et phénotypique des souches virales provenant du sujet source et du partenaire index n’ont pas permis de conclure à une transmission sexuelle pour ces 3 couples25.
La transmission sexuelle de l’hépatite C au sein de couples stables sérodifférents semble faible et il est souvent difficile d’exclure tout autre facteur de risque, en particulier les facteurs environnementaux. Les partenaires hétérosexuels stables, au sein d’un couple sérodifférent
pour le VHC, sont beaucoup moins à risque d’acquérir ce virus (0 à 0,6 % par an), que les personnes ayant des partenaires multiples avec comportement sexuel à risque (0,4 à 1,8 % par an).
Présence du VHC dans le compartimentgénital. Shush
COMPARTIMENT GÉNITAL FÉMININ
Bien que le virus soit détectable dans ces sécrétions26, la transmission du VHC de la mère à l’enfant semble plutôt liée aux échanges sanguins entre la mère et le foetus. Un transfert passif de particules virales sanguines et le passage dans la circulation foetale de cellules sanguines
mononucléées maternelles infectées par le VHC sont les modes de transmission27. La césarienne programmée permettrait de réduire le risque de transmission verticale du VHC, par rapport à l’accouchement par voie basse ou à la césarienne en urgence28. En France, la césarienne programmée n’est pas recommandée chez les femmes monoinfectées par le virus de l’hépatite C; elle est envisagée en
fonction de l’état général et de la charge virale plasmatique VHC maternels.
COMPARTIMENT GÉNITAL MASCULIN
Sad Violin - La présence du VHC dans le tractus génital, à l’origine d’une transmission sexuelle, a été controversée. Liou et al.29 et Fiore et al.30 ont observé chez des patients chroniquement infectés de l’ARN VHC dans le sperme de 4 sujets sur 17 et 1 sujet sur 11 respectivement. Deux
études sur 90 et 25 hommes avec une hépatite C chronique ont observé l’absence d’ARN VHC dans les échantillons séminaux31,32. Depuis ces résultats contradictoires, l’amélioration des conditions techniques d’analyse a permis de confirmer la présence d’ARN VHC dans le sperme:
la proportion de liquides séminaux positifs varie selon les études et est de 20 à 30 % chez les sujets co-infectés VHC/VIH et de 5 à 15 % chez les sujets mono-infectés VHC33-35. La présence d’ARN VHC détectable dans le liquide séminal est un argument en faveur d’une possible transmission sexuelle de ce virus. Aucune étude de culture virale à partir de virus isolés dans le compartiment génital, ni de modèles animaux ne sont disponibles pour affirmer l’infectiosité de ces virus isolés dans le sperme.
- L’absence du VHC observée dans certaines études31,32 peut s’expliquer par des obstacles à la détection du virus dans le liquide séminal.Ces obstacles ont été recensés par Ackerman et al.36:
• la présence d’inhibiteurs de PCR rendant ininterprétables les résultats dans un certain nombre de cas.Pour s’affranchir de ces inhibiteurs, des conditions d’extraction particulières à ce type de prélèvements ont été proposées33,35;
• la présence d’enzymes séminales pouvant dégrader l’ARN du VHC pendant la conservation de l’échantillon;
• la quantité de virus généralement faible rendant la détection fortement dépendante de la sensibilité de la méthode utilisée.
Ainsi,Pekler et al.37 ont étudié les échantillons de sperme de 80 sujets ARN VHC positifs dans le sang et ont comparé 2 méthodes de détection: une technique qualitative de TMA (Transcription Mediated Amplification) et une technique quantitative bDNA, de seuils de sensibilité respectifs de 5 et 615 UI/mL. Les taux de liquides séminaux positifs étaient de 36 % (29/80) pour la TMA versus 7,5 % (6/80) pour la technique bDNA. Parmi les 29 liquides séminaux positifs en TMA, 23 avaient une charge virale faible (< 615 UI/mL); 6 échantillons avaient une charge virale supérieure à 615 UI/mL,dont 3 étaient > 5000 UI/mL.
- L’origine du VHC présent dans le sperme n’est pas complètement élucidée. Une corrélation positive entre la présence d’ARN VHC dans le sperme et une valeur élevée de charge virale VHC sanguine a été observée par Bourlet et al.34 et Pekler et al.37. Ceci fait évoquer un passage passif des particules virales du compartiment sanguin vers le
compartiment génital. Cependant, cette association n’est pas observée systématiquement35.L’existence d’une réplication virale locale n’a jamais été étudiée et n’est pas exclue. Les PBMC (cellules mononuclées du sang) ont été identifiés comme site de réplication extra-hépatique38-40
et, dans le sperme, on trouve des leucocytes (monocytes/
macrophages et polynucléaires neutrophiles principalement) dans la fraction dite des “cellules rondes”.Pekler et al.37 ont analysé la corrélation entre le nombre de leucocytes et la présence de VHC dans le sperme; ils n’ont pas observé d’association statistiquement significative
entre ces 2 paramètres, la présence d’ARN VHC dans le liquide séminal n’étant pas associée de manière systématique à un nombre élevé de leucocytes. Il est probable que plusieurs facteurs s’associent pour entraîner la présence de particules virales dans le compartiment génital masculin. L’origine du VHC dans le sperme reste inconnue.
- La mise en évidence d’une charge virale séminale élevée chez certains hommes renforce la notion de risque de transmission par les sécrétions génitales. Elle amène à s’interroger sur le problème de conduite à tenir en matière de protection sexuelle des couples sérodifférents et du
risque de transmission lors des actes d’Assistance médicale à la procréation (AMP).
- Lesourd et al.41 ont observé 2 cas de transmission nosocomiale du VHC chez des femmes en cours d’AMP. La présence de VHC dans le sperme et les sécrétions génitales féminines impose donc une prise en charge spécifique des prélèvements de sujets infectés par le VHC au laboratoire de biologie de la reproduction. Depuis le 10 mai 2001, un
nouvel arrêté ministériel encadre de façon spécifique l’AMP pour les couples ayant des problèmes de fertilité et dont l’un des partenaires a une infection réplicative par le VHC. Ces couples doivent être pris en charge dans un centre d’AMP agréé;les prélèvements de gamètes potentiellement contaminés (spermes et liquides folliculaires) doivent être
techniqués dans un laboratoire disposant d’un circuit adapté à la gestion du risque viral. De plus,pour les couples dont l’homme est séropositif pour le VHC, la charge virale doit être évaluée sur le plasma séminal. Si la recherche est négative, aucune autre analyse ne sera effectuée; si la
recherche est positive, une recherche de l’ARN VHC doit être réalisée sur la fraction intermédiaire ou finale des spermatozoïdes. Dans le cas où la fraction de spermatozoïdes serait positive,la loi n’autorise pas son utilisation pour l’AMP.
Conclusion
- La transmission sexuelle du virus de l’hépatite C existe. La voie sexuelle semble beaucoup moins efficace pour le VHC que pour d’autres virus comme le VIH ou le virus de l’hépatite B. La faible quantité de virus présente dans les sécrétions génitales peut expliquer la faible transmission du VHC par cette voie. L’absence de cellules cibles du VHC dans la muqueuse du tractus génital pourrait limiter la transmission sexuelle. Ceci pourrait expliquer la fréquente association, dans les cas de transmission sexuelle, du VHC avec d’autres IST responsables de lésions érosives des muqueuses génitales, ces lésions facilitant sa transmission.
Certains types de rapports sexuels (rapport anal, rapports
traumatiques) pourraient entraîner des lésions des muqueuses, lesquelles pourraient secondairement favoriser la transmission sexuelle du virus de l’hépatite C.
- Il n’existe pas de recommandations spécifiques concernant les rapports sexuels au sein des couples hétérosexuels stables et sérodifférents pour le VHC, et les études récentes sur l’incidence du VHC au sein des couples stables hétérosexuels ne justifient pas d’en instaurer, en dehors du non-partage du petit matériel de toilette et d’objets tranchants. En revanche,au vu des derniers cas de transmission sexuelle rapportés chez des homosexuels masculins séropositifs pour le VIH et ayant des
comportements sexuels à risque,un dépistage ciblé et des
recommandations spécifiques (nécessité de port du préservatif et/ou gants) seraient nécessaires pour cette population particulière.
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Références

Clap Hands Band
esperante - 22 Sep 2005 - 13:46
Sujet du message: L
En Italie, Vandelli et al. ont surveillé 895 personnes hétérosexuelles en couple stable avec un partenaire séropositif pour le VHC, sur une période de 10 ans. Trois nouvelles infections ont été diagnostiquées durant cette
période de suivi (10 ans), correspondant à une incidence de 0,37/1000 personnes/année25. L’étude génotypique et phénotypique des souches virales provenant du sujet source et du partenaire index n’ont pas permis de conclure à une transmission sexuelle pour ces 3 couples25.


En fait cette étude contrairement aux autres ne part pas des hypothèses scientifiques, mais de la réalité.
895 couples pendant 10 ans et aucune contamination prouvée comme étant liée à la sexualité.

Je pense que pour rassurer tous ceux qui doutent ou se sentent rejetés ou sont rejetés ça c'est du lourd, de la réalité vécue.
esperante - 23 Sep 2005 - 10:50
Sujet du message: L
Pour ceux qui veulent récupérer l'étude au format PDF, écrire à l'e mail suivant :

hepetco_online@hotmail.fr

Flo vous enverra cette étude par retour

Amitiés à tous
Espéranre
Tourment - 26 Sep 2005 - 13:41
Sujet du message: Beaucoup d'agitation
Mad comme quoi une histoire journalistique peut flamber en peu de temps et retomber. Etoiles On se méfiera un peu plus avant de pêter un cable après la diffusion incontrollée d'infos tronquées donc fausses. Birthday Boy et d'avaler n'importe quoi... Down A Pint Grâce à ce site, on devient moins Bombe et plus Pêcher
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