HEPATITES

Publications scientifiques - VIH : Publications

fil - 02 Nov 2016 - 09:57
Sujet du message: VIH : Publications
Theratechnologies procède à une mise à jour en marge de la tenue d'une rencontre avec les analystes financiers du secteur de la santé


MONTRÉAL, CANADA--(Marketwired - 1 nov. 2016) Theratechnologies Inc. (Theratechnologies) (TSX:TH) a annoncé aujourd'hui qu'elle a été l'hôte, à Toronto, d'une présentation faite à des analystes financiers du secteur de la santé. Le but de cette rencontre était de fournir, à la communauté des analystes affectés au secteur de la santé, un sommaire des développements des dernières années au sujet de notre entreprise, des activités récentes touchant EGRIFTAMD (tésamoréline pour injection) et de procéder à une revue complète de l'ibalizumab, un antirétroviral biologique à action prolongée présentement sous étude clinique.

Theratechnologies a discuté des données cliniques de l'ibalizumab présentées la semaine dernière au prestigieux congrès scientifique IDWeek 2016MC. Ces données, récemment dévoilées à ce congrès, ont été revues en détail, de même que les résultats d'études de marché pour l'ibalizumab aux États-Unis. Celles-ci ont été réalisées par notre équipe à l'interne et aussi par des conseillers indépendants externes se spécialisant dans ce genre de recherches auprès des médecins et des payeurs.

La principale conclusion de cette analyse est que, présentement, il y a approximativement 20 000 à 25 000 patients aux États-Unis qui sont, à l'heure actuelle, infectés par un VIH-1 pluri-résistant aux médicaments (PRM) disponibles (défini comme étant résistant à au moins un médicament dans au moins trois classes de thérapies antirétrovirales (TAR)). Ces chiffres sont significativement plus élevés que ce qui avait été avancé par la Compagnie jusqu'à présent. Bien que la science médicale ait fait d'importants progrès depuis les 35 dernières années, les patients PRM demeurent très difficiles à traiter, et nos recherches démontrent que 50 à 56% de ces patients éprouvent une défaillance virologique à l'intérieur d'une période de 48 semaines de traitement qui requiert que leur médecin modifie leur thérapie.

L'ibalizumab a obtenu la désignation de « percée thérapeutique » de la U.S. Food and Drug Administration (FDA) qui lui a aussi attribué le titre de « médicament orphelin » en plus de lui accorder une évaluation prioritaire. Les résultats pour le paramètre primaire de l'étude de phase III de l'ibalizumab ont été mis en avant-plan lors d'une présentation orale de dernière minute à IDWeek 2016MC le 29 octobre 2016 et ont aussi été sélectionnés par le comité scientifique d'IDWeek 2016MC pour être présentés lors d'une conférence de presse tenue le 28 octobre 2016. Ces résultats ont également été diffusés dans un communiqué de presse que nous avons émis le 28 octobre 2016.

« Nous avons constaté, au cours des derniers jours, que la communauté scientifique s'intéresse grandement à l'ibalizumab et nous sommes heureux que les données d'ibalizumab aient été partagées avec la communauté médicale au cours de la dernière fin de semaine et avec les analystes financiers aujourd'hui, » a déclaré Luc Tanguay, président et chef de la direction de Theratechnologies. « Les informations supplémentaires transmises aux analystes aujourd'hui démontrent qu'un nombre important de personnes infectées par le VIH-1 PRM pourrait tirer des bénéfices de l'ibalizumab, s'il est approuvé, » a-t-il ajouté.

Notre recherche auprès des payeurs américains a aussi permis de constater que les programmes privés et publics d'assurance reconnaissent le besoin médical non satisfait pour les patients infectés par le VIH-1 PRM et ils ont exprimé des points de vue favorables par rapport à un produit qui pourrait offrir un profil d'innocuité avantageux et une efficacité clinique pour ces patients difficilement traitables.

Notre partenaire, TaiMed Biologics, Inc., a récemment annoncé la conclusion de la portion de traitement de l'étude pivot de phase III et nous sommes impatients de pouvoir présenter les premiers résultats sur l'innocuité et les paramètres secondaires d'efficacité sur une période de 24 semaines d'ici quelques semaines. Nous continuons à travailler diligemment à la préparation du lancement commercial potentiel d'ibalizumab aux États-Unis dans les meilleurs délais.

L'information présentée aujourd'hui est basée sur l'analyse d'un certain nombre de recherches publiquement disponibles en plus d'études de marché effectuées, pour notre compte, par nos conseillers externes indépendants. Les données publiques sont notamment issues du North American AIDS Cohort Collaboration on Research and Design (NA-ACCORD), du NCHHSTP Atlas (Center for Disease Control and Prevention's National Center for HIV/AIDS, Viral Hepatitis, STD, and TB Prevention), du Stanford University HIV Drug Resistance Database et du Swiss HIV Cohort Study.

À propos de l'ibalizumab

L'ibalizumab est un anticorps monoclonal humanisé présentement en développement pour le traitement potentiel de l'infection au VIH-1. Contrairement aux autres médicaments antirétroviraux, l'ibalizumab se lie principalement au deuxième domaine extracellulaire du récepteur CD4, qui est éloigné des sites de liaison au complexe majeur d'histocompatibilité de classe II (CMH II). L'ibalizumab prévient potentiellement l'infection des cellules immunitaires CD4 par le VIH-1 tout en préservant la fonction immunitaire normale. L'ibalizumab est actif contre le VIH-1 résistant à tous les médicaments antirétroviraux approuvés. L'ibalizumab a été testé en phase I et II du programme de recherche clinique et la phase III est la dernière étude clinique pivot requise par la FDA afin de compléter le Biologic Licence Application (BLA) à être soumis à la FDA.
fil - 02 Nov 2016 - 10:02
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Israël: un nouveau médicament pourrait révolutionner le traitement du SIDA

L'ingrédient actif du nouveau médicament est un peptide - une version réduite d'une protéine
Des scientifiques israéliens ont mis au point un nouveau médicament qui pourrait constituer une percée dans le traitement du VIH et du sida, a rapporté lundi le site d'information israélien Mako.

Le médicament, développé à l'Université hébraïque de Jérusalem et testé à Rehovot, a été injecté dans des tubes à essai contenant le sang de dix porteurs du VIH souffrant du sida. Selon le rapport, après huit jours, la présence du virus dans les flacons a diminué jusqu'à 97 pour cent.

Les médicaments anti-VIH existants peuvent retarder la reproduction du virus dans le corps, mais ne peuvent pas le détruire complètement.

L'ingrédient actif du nouveau médicament est un peptide - une version plus petite qu'une protéine - qui conduit à de nombreuses copies de l'ADN du virus pour entrer dans une cellule, ce qui active l'autodestruction de cette dernière, explique le Times of Israel.

Abraham Loyter, l'un des deux scientifiques qui ont développé le médicament, a déclaré à Mako qu'il pourrait être révolutionnaire.

"Dans notre approche, nous détruisons les cellules, il n'y a donc aucune chance que le virus se réveille un jour", a-t-il affirmé.

http://www.europe-israel.org/2016/11/is ... t-du-sida/
fil - 02 Nov 2016 - 10:05
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nega a écrit:
et le vaccin anti hiv dont on a parlé voici quelque temps ? marche pas ?


fil a écrit:
lequel ? parce que la plusieurs essais en cours nega , ça se saurait de toute façon .

fil - 02 Nov 2016 - 12:07
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Comment une simple étiquette mal lue a créé le mythe du «patient zéro» du VIH aux États-Unis

http://www.slate.fr/story/127127/gaetan ... t-zero-vih
fil - 04 Nov 2016 - 04:55
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VIH : 5 000 personnes testent un vaccin en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud entre en guerre contre le VIH. Ce 3 novembre, un essai clinique est lancé. Il teste un vaccin destiné à prévenir les infections dès le départ.

La première injection a eu lieu ce 3 novembre à Soweto. Dans ce grand township d’Afrique du Sud se tient un essai clinique d’ampleur, comme ailleurs dans le pays. Une quinzaine de centres médicaux expérimentent un vaccin préventif contre le VIH. La perspective a visiblement rencontré un réel succès : plus 5 000 Sud-africains se sont portés volontaires, annonce la chaîne nationale eNCA. Les résultats sont prévus pour la fin de l’année 2020.

Cet essai clinique, enregistré sous le code HVTN 702, est très attendu depuis 2009. A cette date, un premier vaccin a été évalué en Thaïlande. Il a permis une réduction de 30 % du nombre de contaminations sur 3 ans et demi. Insuffisant pour une mise sur le marché, mais assez concluant pour poursuivre les travaux.
Une composition légèrement différente sera testée en Afrique du Sud. Elle cible le sous-type C du VIH, qui circule majoritairement dans le pays. « C’est un jalon important dans le domaine de la prévention du VIH, dans le monde entier », s’est félicitée sur eNCA Linda-Gail Bekker, directrice adjointe de la fondation Desmond-Tutu contre le VIH. L’organisme participe de manière active aux travaux.

330 000 infections par an

Entre la première et la dernière injection, un intervalle d’un an sera nécessaire. Au total, les volontaires recevront 5 doses. Suivra une période de trois ans durant laquelle les participants seront étroitement surveillés. Cela permettra d’évaluer l’efficacité du vaccin, qui suit la stratégie « prime boost ». Elle consiste à administrer une molécule qui réveille le VIH, puis un second produit qui booste la réponse immunitaire face à celui-ci. Une approche qui peut s’avérer précieuse lors d’une contamination, alors que le virus n’a pas infecté un grand nombre de cellules hôtes.

Cette preuve ne saurait être obtenue sans comparaison. C’est pourquoi les chercheurs vont séparer les patients en deux groupes. Le premier recevra le vaccin complet, le second un placebo. Les centres investigateurs ne seront pas informés de cette répartition.

Au cours du suivi, les volontaires seront invités à respecter les règles habituelles de prévention. Mais le port du préservatif est tout sauf un réflexe en Afrique du Sud. Chaque année, 330 000 nouvelles infections sont dénombrées dans le pays. « Un vaccin contre le VIH sûr et efficace pourrait aider à une fin durable de la pandémie de VIH et de Sida, confirme Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) qui finance en partie l’étude. Il est particulièrement nécessaire en Afrique du Sud, où le VIH est omniprésent plus qu’ailleurs dans le monde. »

https://www.enca.com/south-africa/hiv-v ... s-underway
fil - 04 Nov 2016 - 06:39
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http://www.biosantech.org/

Vaccin contre le Sida : une avancée qui demande confirmation

Deux ans après avoir reçu des injections d'un candidat-vaccin, des patients infectés par le VIH ne présenteraient plus de traces d’ADN viral dans leur sang.

GARDE DU CORPS. De nombreux essais vaccinaux contre le VIH sont actuellement en cours dans le monde avec chacun une stratégie bien définie pour tenter d’éliminer le rétrovirus de l’organisme des malades. Celle adoptée par l’équipe d’Erwann Loret (CNRS/Aix-Marseille université) ne vise pas directement le VIH mais une protéine appelée Tat Oyi qui est sécrétée par les cellules infectées et qui agit comme une toxine sur les cellules immunitaires. « Cette protéine sert de garde du corps pour le VIH en formant un écran de protection pour les cellules infectées. Elle empêche leur destruction par le système immunitaire », explique le médecin. L’objectif du vaccin est de faire produire par l’organisme des anticorps qui neutralisent la protéine Tat et de permettre ainsi l'élimination des cellules infectées par le VIH par les cellules tueuses du système immunitaires.

Atteindre la rétro-séroconversion

En 2013, un essai de phase IIa impliquant une cinquantaine de volontaires a eu lieu au Centre d'Investigation Clinique (CIC) de l’Hôpital de la Conception conduit par Isabelle Ravaux des hôpitaux de Marseille et financé par la start-up Biosantech qui est maintenant propriétaire des brevets concernant ce vaccin. Les résultats de cet essai s'avèrent encourageants selon la société. Reste qu'à ce jour ils ne font l'objet d'aucune publication scientifique validée, même si Biosantech promet qu'ils seront publiés prochainement dans la revue Retrovirology.

Les volontaires ont été divisés en quatre groupes : un groupe de contrôle a reçu un placébo et trois autres le vaccin à des doses différentes (11, 33 et 99 microgrammes). « Tous les participants étaient séropositifs et sous traitement depuis de nombreuses années et étaient de bon contrôleurs du virus. Suite aux injections, ils ont arrêté pendant deux mois la prise des trithérapies et notre objectif était de voir si le vaccin permettait de réduire le rebond virémique consécutif à l’arrêt du traitement », explique Jean de Mareuil, directeur scientifique de Biosantech. Les séropositifs qui interrompent leur traitement présentent effectivement quinze jours à trois semaines après l’arrêt, une augmentation brutale de la quantité de VIH dans leur sang, c’est ce que les médecins appellent le rebond virémique. Selon les données présentées (mercredi 16 mars 2016) par Biosantech dans le groupe qui a testé la dose à 33 microgrammes, 60% des volontaires ont eu un rebond virémique très atténué. Un résultat très favorable donc. Et plus important encore, au moins trois patients (1) n’ont toujours pas d’ADN viral détectable dans leur sang deux ans après la vaccination, ce qui signifie que le vaccin élimine aussi les cellules réservoirs du VIH (des cellules infectées dans lequel le virus est latent et qui peuvent le relâcher dans l’organisme). Aucun traitement n’est actuellement capable d’éradiquer le VIH de l’organisme et de détruire totalement ces cellules réservoirs. C’est là que réside la véritable promesse de ce vaccin qui représente « une avancée majeure dans la cure anti-VIH » estime Isabelle Ravaux. Une promesse toutefois jugée sans réel fondement par le directeur de l'Agence nationale de recherches sur le Sida, Jean-François Delfraissy, furieux de cet effet d'annonce.

PRUDENCE.

Peut-on considérer ces trois volontaires comme guéris ? « Non », répond sans hésitation Erwann Loret. L'absence d’ADN viral dans leur sang ne signifie pas que toutes les cellules réservoirs ont été détruites. Il reste une incertitude liée à la finesse des analyses de laboratoire. « Le vrai signe de guérison sera la rétro-séroconversion, on n’y est pas encore mais c’est notre but », précise-t-il. Ce terme de rétro-séroconversion signifie que l’organisme n’ayant plus de virus contre lesquels lutter « abaisse la garde » et réduit son taux d’anticorps anti-VIH. Un seul patient au monde a connu une rétro-séroconversion médicalement documentée et peut donc être considéré comme guéri : il s’agit de Timothy Brown, surnommé le patient de Berlin, qui a reçu une greffe de moelle osseuse (pour traiter une leucémie dont il souffrait aussi) d’une personne naturellement immunisée contre le VIH en raison d’une très rare mutation génétique. Prudence donc quant aux espoirs que pourraient susciter cette annonce. D’autant, et c’est regrettable, qu’elle a été faite en amont de la publication scientifique qui elle seule pourrait permettre aux spécialistes d’évaluer le protocole de l’étude et la validité des résultats. Biosantech promet toutefois « une publication dans les prochaines heures ou les prochains jours ». Un reproche qui avait déjà touché Biosantech lors d'une première annonce en octobre dernier.

Plusieurs étapes doivent encore être franchies avant d’aboutir à un vaccin thérapeutique à l’efficacité prouvée. Elles devraient d’ailleurs se succéder rapidement et Biosantech a commencé les démarches pour entamer le plus rapidement possible un essai multi-centrique portant sur un plus grand nombre de patients et à divers degré de l’évolution de l’infection. S’il s’avère positif, le vaccin pourrait bénéficier, avec l’accord des autorités sanitaires, d’une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) et être disponible pour les médecins hospitaliers, en complément de la prise des trithérapies, d’ici deux à cinq ans.

(1) Ils sont neuf mais la publication porte sur trois cas dont les résultats définitifs sont disponibles.

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/va ... ille_30112
fil - 04 Nov 2016 - 18:48
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Tabagisme et VIH = Espérance de vie plus courte

Parmi les gens qui sont atteints du VIH et qui sont des fumeurs, le tabagisme raccourcit leur espérance de vie plus que le VIH selon une nouvelle étude de modélisation.

L‘étude sera publiée dans The Journal of Infectious Diseases. Avec des taux de tabagisme qui sont le double parmi les personnes atteintes du VIH chez la population adulte aux États-Unis, l’étude suggère que le sevrage du tabagisme est une priorité afin de rallonger leur espérance de vie qui est déjà menacée par le VIH.
Selon Krishna P. Reddy du Massachusetts General Hospital et principal auteur de l’étude, maintenant que les traitements contre le VIH sont de plus en plus efficaces, on doit se concentrer sur les autres priorités pour rallonger la vie des patients. Le tabagisme est particulièrement dangereux pour les personnes atteintes du VIH puisque cela augmente les risques de maladies cardiaques, de cancer et de plusieurs maladies de poumon.

Dans leur étude, les chercheurs ont utilisé une simulation informatique de la maladie du VIH et du traitement pour prédire l’espérance de vie des personnes selon leur tabagisme. Pour les hommes et les femmes avec le VIH qui supportent les traitements, l’étude a révélé que le tabagisme réduit l’espérance de vie de moitié par rapport au VIH. Contrairement à d’autres études européennes qui n’ont pas pris en compte l’incompatibilité des patients face aux traitements, cette nouvelle étude suggère que pour les hommes avec le VIH, la réduction de l’espérance de vie est similaire à celle du VIH.

En termes clairs, cela signifie que même si une personne souffre du VIH, alors elle mourra plus probablement à cause d’une maladie liée au tabagisme plutôt que les conséquences du VIH. Les hommes et les femmes, qui suivent les traitements contre le VIH à partir de 40 ans, mais qui continuent de fumer, perdent de 6,7 à 6,3 années dans leur espérance de vie. S’ils quittent le tabagisme à 40 ans, alors ils gagnent de 5,7 à 4,6 ans dans leur espérance de vie. Nous montrons que même les personnes qui fument jusqu’à 60 ans, mais qui quittent le tabagisme à cet âge bénéficient d’une augmentation de l’espérance de vie selon le Dr Reddy.

Les résultats suggèrent que le sevrage du tabagisme doit être la priorité pour le personnel de santé qui s’occupe des patients du VIH, car tous les efforts seront réduits à néant par la cigarette. Il faudra d’autres études pour déterminer les impacts économiques sur le sevrage chez les patients.

https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/s3.h ... entary.pdf
fil - 07 Nov 2016 - 06:03
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Les chiffres de « l'épidémie cachée » du VIH sont inquiétants

Une nouvelle cartographie régionale incluant les personnes non diagnostiquées permet de dresser un bilan plus global de l'épidémie de VIH en France.

Il y a la face émergée de l'iceberg : environ 128.000 personnes vivaient avec le VIH en France en 2013. Parmi ces personnes, un tiers étaient des HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, donc gays, bis, etc.) Parmi elles, les personnes qui font des dépistages sont rapidement mises sous traitement et pour la plupart, aujourd'hui, deviennent indétectables : le virus est alors intransmissible.

Mais il y a aussi la partie immergée : c'est « l'épidémie cachée », les personnes ni dépistées, ni traitées, qui s'exposent à transmettre le virus. Et donc qui empêchent la baisse des infections. Une récente étude statistique alerte sur les trous d'air de la lutte contre le sida en France. Et renseigne donc sur les marges d'action. L'équipe de l'INSERM (UMR S 1136) a estimé que :

• environ 25.000 personnes sont non-diagnostiquées au VIH, dont 40% de HSH, dont la moitié d'origine étrangère
• la moitié de cet iceberg se concentre dans des « pôles de contamination » : en Ile-de-France, en PACA et en Rhône-Alpes. Mais en proportion du nombre d'habitants, c'est dans les DOM-TOM que la situation est plus préoccupante, comme en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique où la prévalence est la plus forte.

Les conclusions de Virgine Supervie, la chercheuse responsable de la recherche, sont assez préoccupantes :

Malgré les moyens mis en place, l'épidémie reste très active. En Ile-de-France, les HSH et les personnes hétérosexuels nées à l'étranger représentent près de 90% qui ignorent leur séropositivité, en PACA, ce sont les HSH qui sont majoritaires. Une étude a montré que le parcours migratoire peut rendre vulnérable au VIH. Paris accueille le plus grand nombre d'établissements gay ou gay-friendly et en PACA peut-être que c'est aussiun milieu plus festif, où on fait plus de rencontres. En Outre-mer, le VIH touche majoritairement des personnes venant d'Haïti et d'Amérique latine.

Cette cartographie précise fait craindre que les moyens soient adaptés ou diminués ça et là, alors que toutes les régions sont affectées. Mais objectivement, si l'on intensifie les moyens à Paris - où passent beaucoup de gens - cela aurait une incidence concrète sur le territoire.

En métropole, au sein du groupe qui ignore sa séropositivité, les «HSH» sont les plus touchés

Le nombre de contaminations sur la période 2004-2013 chez les gays ne baisse pas, voire remonte chez certains sous-groupes (15/24 ans notamment). En PACA, l'augmentation de nouvelles infections est même plus importante qu'en Ile-de-France... Sauf en cas de dépistage massif ou de large utilisation de la Prep (non encore établie), peu de changements sont probables pour 2016. Ces chiffres sont donc valables pour aujourd'hui également. Le réel problème est qu'aucune baisse par rapport aux chiffres de 2010 ne se fait sentir.

Les bonnes... et les mauvaises nouvelles

Les chercheurs ont également établi une « photo » des différentes étapes vécues par les personnes nouvellement séropositives en 2013, du dépistage à l'indétectabilité du virus.
Infection diagnostic := entre 3 et 4 ans selon les personnes ! Ca reste trèèèèès long, ça ne change pas mais concerne quand même 84% des personnes infectées
Diagnostic mise sous traitement: réduit à un mois. 90% des personnes diagnostiquées - ce qui correspond aux objectifs de l'ONUSIDA pour mettre fin au SIDA d'ici 2030
Mise sous traitement indétectabilité = quelques mois. 90% des personnes sous traitement

Depuis 2010, on traite plus tôt (de dix mois d'attente en 2010 on est passé à un mois en moyenne en 2013) et plus de personnes. Depuis 2013 on traite dès l'entrée dans le soin, il ne faut plus attendre. Les médicaments sont plus efficaces aussi. Mais malgré les recommandations de se faire dépister tous les ans, tous lesHSH ne lefont pas, et c'est un frein vers la chute du nombre de contaminations : le délai moyen entre l'infection et le diagnostic de séropositivité au VIH reste de trois ans pour les hommes gays et les femmes hétérosexuelles, quatre ans pour les hommes hétéros, autant que les usagers de drogues. Pire encore, le délai entre l'infection et le début du traitement est trop tardif pour tous les groupes vulnérables : près de quatre ans chez les HSH et les femmes hétéros, huit ans chez les personnes usagères de drogues !

Virgine Supervie : Aujourd'hui on a encore peur du dépistage alors que les traitements sont efficaces et beaucoup mieux tolérés, que l'espérance de vie est la même qu'une personne séronegative quand on est bien (et vite) traité, que l'on peut devenir non-transmisssible...

C'est tout le « parcours » qui reste à perfectionner pour mettre fin à l'épidémie, mais l'urgence est, d'abord et avant tout, de comprendre et d'agir sur l'accès au dépistage autant que sur la prévention.
fil - 07 Nov 2016 - 13:45
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140 MILLIONS D’EUROS MANQUANT À LA LUTTE CONTRE LE SIDA, LA TUBERCULOSE ET LE PALUDISME

Les malades menacés par le budget 2017

De récents documents du projet de loi de finances[1] pour 2017, actuellement examiné par le Parlement, indiquent que la France ne tiendra pas ses engagements financiers auprès du Fonds mondial et d’UNITAID. Au total, entre 2014 et les prévisions pour 2017, la France réduit de près de 140 millions d’euros sa contribution à la lutte mondiale contre les grandes pandémies. Il est encore temps de revenir sur ce dernier budget du quinquennat de François Hollande pour que la France tienne ses promesses vis-à-vis des malades.

60 millions d’euros en moins pour UNITAID

Dans le détail, les documents budgétaires soumis au Parlement par le gouvernement indiquent une coupe de 30 millions d’euros en 2016 et 30 millions en 2017 contre UNITAID[2]. Soit, en rythme annuel, une amputation de 27% de la dotation française à cette institution internationale créée par la France, qui agit pour faire baisser le prix des traitements et diagnostics contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et l’hépatite C.

Aurélien Beaucamp, président de AIDES et administrateur de Coalition PLUS, déplore : « Si la France, créatrice d’UNITAID, lui coupe de 27% sa contribution, c’est l’existence même de l’institution qui est mise en danger. Surtout, ce sont des millions de personnes pour qui l’espoir d’un traitement ou d’une guérison s’évanouit. »

Pierre Bergé, président de Sidaction, ajoute : « A l’heure où des politiques efficaces se déploient et apportent des réponses concrètes à des millions de personnes vivant avec le VIH, 140 millions d’euros en moins, c’est mettre directement en danger la vie de ces personnes. »

80 millions d’euros en moins pour le Fonds mondial

Du côté du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, auquel le gouvernement avait promis une contribution de 1,08 milliard d’euros sur la période 2014-2016, il manque 80 millions d’euros. Le Secrétaire d’Etat chargé du développement, André Vallini, a démenti cette coupe devant les députés le 2 novembre dernier, expliquant que les 80 millions manquants seraient payés en 2017. Le mois dernier, il avait déjà « fermement démenti »[4] les rumeurs de coupes à UNITAID, pourtant confirmées dans les documents budgétaires actuels. Cette promesse de rattrapage doit donc se concrétiser au plus vite, en étant inclue dans les documents budgétaires, ce qui n’est pas encore le cas.

Friederike Röder, directrice France de ONE, alerte : « Si la France fait défaut sur ses engagements envers le Fonds mondial, ce serait une première, et un bien triste bilan pour François Hollande. Tous les Etats doivent respecter leurs promesses pour enfin arriver à bout de ces maladies évitables ».

Bruno Rivalan, directeur France d’Action Santé Mondiale, précise : « Les associations sont prêtes à mener un dialogue constructif avec le Président et le gouvernement, mais nous avons besoin de clarté. Nous demandons que les engagements pris par la France envers les deux institutions soient bien honorés d’ici au 31 décembre 2016 ».

Les associations demandent que le Président rectifie le tir et qu’il clarifie la manière dont la France compte tenir ses promesses vis-à-vis des malades du sida, de la tuberculose et du paludisme.

http://www.coalitionplus.org/140-millio ... paludisme/
fil - 07 Nov 2016 - 14:07
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Virus du sida : des enfants auraient été contaminés par le régime de Kadhafi

La contamination de 232 enfants de l’hôpital de Benghazi en 1998 serait le fait volontaire du régime de Kadhafi, révèlent des notes relayées par Médiapart.

C’est un terrible secret que révèlent les carnets posthumes du Premier ministre de Kadhafi. Ces notes, désormais entre les mains de la justice françaises, Mediapart a pu les consulter. Elles reviennent sur le cas des infirmières bulgares, affaire au retentissement mondial, à laquelle elles apportent une nouvelle information.

Les faits remontent à 1998 ; à l’hôpital de Benghazi, 232 enfants sont infectés par le VIH. Le régime de Mouammar Kadhafi accuse une équipe d’infirmières bulgares et un médecin palestinien de l’hôpital d’être à l’origine d’une contamination volontaire. Tous sont envoyés dans les prisons libyennes, où ils resteront huit ans pendant que dehors, les négociations entre l’Union Européenne et la Libye piétinent.

Détourner l'attention

Jusqu’à l’intervention française. Les images sont diffusées partout : Cécilia Sarkozy ramenant dans son avion ces professionnels de santé libérés, après un accord conclu entre le président la République français et son homologue libyen.

L’affaire avait ému le monde et en était restée là, avec un succès diplomatique pour la France et beaucoup d’interrogations sur ce qu’avait bien pu promettre Nicolas Sarkozy. Quant à la contamination des enfants, dont la plupart moururent, elle fut mise sur le compte de mauvaises conditions sanitaires à l’hôpital et d’un accident lors d’une transfusion sanguine.

Les écrits de Choukri Ghanem relayés par Mediapart livrent une toute autre version. L’ancien ministre de Kadhafi rapporte que deux hauts responsables du renseignement libyen auraient inoculé le virus du sida à ces enfants. Ils se seraient procuré ces « fioles de virus contagieux » et auraient empoisonné les enfants de l’hôpital afin de fabriquer un drame sanitaire, humanitaire et diplomatique, et d’en imputer la responsabilité à l’Occident.

A l’époque, le régime est poursuivi pour deux affaires de terrorisme - l'attentat contre le DC10 d'UTA qui a fait 171 victimes, dont 54 Français, le 19 septembre 1989, et l'attentat de Lockerbie en 1988. Il s’agit pour la Libye de Kadhafi de détourner l’attention et de se faire passer pour une victime. Selon ces notes, le chef d’Etat aurait également voulu se venger de Benghazi, ville rebelle au régime.

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/ ... de-Kadhafi
fil - 08 Nov 2016 - 09:36
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Senior avec le VIH : des besoins médicaux complexes
Le 7 novembre 2016

Grace à l’amélioration des traitements et de la prise en charge, la plupart des personnes séropositives vivant dans les pays riches ont une espérance de vie normale ou quasi-normale. Mais beaucoup vivent avec des problèmes de santé chronique.

Deux études ont montré la complexité des besoins médicaux

Des chercheurs en Suisse ont constaté que les morbidités chez les personnes séropositives ont tendance à se regrouper. Par exemple, il existe un chevauchement entre le VIH, la dépression et l’absence d’adhésion au traitement ; le VIH, l’hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires.

Une recherche française a également révélé le fardeau considérable de la maladie auquel sont confrontés de nombreuses personnes séropositives d’âges moyens ou plus âgés.

Les médecins ont analysé le profil médical de plus de 2000 personnes en 2004, et de nouveau en 2014. Les marqueurs associés au VIH, tels que la charge virale et le taux de cellules CD4 se sont améliorés au fil de ces 10 ans.

Un individu sur 5 avec un risque de crise cardiaque

Cependant, il y a eu une augmentation significative du pourcentage de personnes souffrant de conditions liées à l’âge telles que des fractures, des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension artérielle et du diabète. Un pourcentage significatif de personnes prenait des médicaments pour contrôler ces conditions. Un cinquième des individus avaient été évalués comme courant un risque élevé de crise cardiaque dans les 5 prochaines années et 50% avaient un score élevé de risques de maladie rénale.

Dans l’ensemble, ces résultats montrent qu’une approche pluridisciplinaire est nécessaire pour la prise en charge des personnes séropositives et que les risques de morbidités doivent être pris en compte lors du choix d’un traitement antirétroviral.

(source : aidsmap)
http://www.aidsmap.com/page/3094557/

Vieillissement et évolution des comorbidités, cohorte EUROSIDA
D'après Lopes S et al. Abstract P154

Les ARV ont permis d’allonger l’espérance de vie des patients VIH mais la prévalence des comorbidités est plus importante dans cette population que dans la population générale. L’objectif de cette étude était de préciser l’évolution au cours du temps de la prévalence de ces comorbidités et de leurs facteurs de risque en particulier concernant les évènements cardiovasculaires (CVD), les fractures osseuses et l’insuffisance rénale (CKD) après standardisation et stratification par âge.

Deux analyses transversales ont été réalisées sur la cohorte Euro SIDA en 2006 et 2014. L’atteinte rénale était définie par une clairance < 60 ml/mn en CKD EPI avec deux mesures à 3 mois d’intervalle ou une baisse confirmée de 25 % de la clairance de la créatinine après une première mesure < 60 ml/mn. Les facteurs de risque étudiés étaient l’hypertension artérielle (pression systolique ≥ 14 et/ou diastolique ≥ 9 et/ou traitement antihypertenseur), les dyslipidémies (cholestérol total ≥ 6,2 mmol/L HDL <0> 10 %) montait de 9,5 à 15,3 %, là encore essentiellement chez les patients de plus de 50 ans. Selon le score de Framingham, le pourcentage de patients à haut risque cardiovasculaire (score > 20 %) était passé de 18,3 % à 24,9 %.

En 2006, l’étude a porté sur 9 554 patients, en 2014 sur 11 504 avec respectivement 73,6 et 71,9 % d’hommes. La proportion de patients âgés de plus de 50 ans ou plus est passée de 25,2 % en 2006 à 44 % en 2014 et celle de patients recevant un traitement à visée cardiovasculaire de 17,6 % à 26,8 %. Entre 2006 et 2014, mis à part le tabagisme, la prévalence de toutes les comorbidités et des facteurs de risque a augmenté pour l’ensemble de la population, en particulier l’hypertension qui est passée de 25,8 à 40,6 %. La prévalence des fractures s’est majorée, de 2 à 5,1 %, les dyslipidémies de 69,4 à 72,3 % et le diabète de 5,9 à 6,8 % (à l’exception du sous-groupe des patients de plus de 50 ans au sein duquel il a diminué - de seulement 0,9 %). Dans cette même population on constatait une augmentation des atteintes rénales passant de 4,2 % à 5,3 %, ainsi que du tabagisme de 3,7 % (figures 1 et 2).





Selon le score DAD CKD, le pourcentage de patients à haut risque (score ≥ 5) augmentait de 5 %, avec une augmentation là encore plus marquée chez les plus de 50 ans (de 24,3 % à 39,9 %), le taux de patient à haut et très haut risque cardiovasculaire selon le score DAD CVD (5-10 % et > 10 %) montait de 9,5 à 15,3 %, là encore essentiellement chez les patients de plus de 50 ans. Selon le score de Framingham, le pourcentage de patients à haut risque cardiovasculaire (score > 20 %) était passé de 18,3 % à 24,9 %.

En conclusion, avec le vieillissement des personnes vivant avec le VIH on observe une augmentation des comorbidités, plus marquée encore chez les patients de plus de 50 ans. Certains paramètres peuvent être modifiés tels l’hygiène de vie ou le choix des antirétroviraux, mais il importe également à l’avenir d’adapter la prise en charge des patients par une approche multidisciplinaire de ces comorbidités.

http://www.hepatites.net/index.php?name ... mp;t=24332

Cohorte Aquitaine : comment mieux suivre nos patients aujourd'hui
Pr Charles Cazanave (Bordeaux)
Par Sophie FARBOS


https://youtu.be/gKygpBOg7lA

http://www.hepatites.net/index.php?name ... mp;t=24332
fil - 08 Nov 2016 - 18:54
Sujet du message: VIH : Publications
Allègement de traitement : une bithérapie très efficace
le 8 Novembre 2016

Des études menées à la fois dans les pays riches et dans les pays aux ressources limitées ont montré les avantages potentiels de la bithérapie.

Des patients italiens qui avaient obtenu une suppression virale durable avec une association traditionnelle de trois médicaments ont été randomisés pour prendre soit un traitement simplifié d’atazanavir/ritonavir avec de la lamivudine, soit un traitement d’atazanavir/ritonavir avec deux inhibiteurs nucléosidiques de transcriptase inverse (INTIs). Après deux ans, les individus qui prenaient la bithérapie avaient un taux significativement plus faible d’échec de traitement par rapport aux personnes qui étaient traitées avec une association de trois médicaments ; les personnes qui suivaient une bithérapie étaient moins susceptibles de voir leur charge virale rebondir de façon durable (1 vs 7%). La fonction virale était légèrement meilleure chez les personnes qui prenaient un traitement simplifié.

Une autre étude similaire a démontré l’efficacité d’un traitement à base de lamivudine et d’inhibiteur de protéase potentialisé. Les individus suivant un traitement stable de deuxième ligne ont été randomisés pour prendre un inhibiteur de protéase potentialisé au ritonavir avec de la lamivudine, ou une monothérapie à base d’inhibiteur de protéase potentialisé. Les résultats ont clairement favorisé la bithérapie. Après 48 semaines, 3% des personnes sous bithérapie avaient connu un échec virologique, par rapport à près d’un quart des personnes sous monothérapie. L’augmentation du taux de cellules CD4 a également favorisé la bithérapie.

Une troisième étude a montré que la simplification du traitement vers une association de darunavir/ritonavir et de lamivudine, était tout aussi efficace pour maintenir le traitement qu’une trithérapie a base de darunavir/ritonavir et de deux nucléosides. Le darunavir/ritonavir est le seul inhibiteur de protéase potentialisé recommandé comme étant la meilleure option aux Etats-Unis et recommandé par les directives de la société européennes du SIDA.

Après 48 semaines, 89% des personnes randomisées pour prendre la bithérapie avaient une charge virale inférieure à 50 copies/ml, par rapport à 93% dans le groupe de la trithérapie. Il n’y a pas eu de différence significative entre les deux bras de l’étude en ce qui concerne les effets indésirables.

D’autres recherches montrent l’efficacité d’une association utilisant un inhibiteur expérimental de fusion et un inhibiteur de protéase potentialisé.

L’inhibiteur de fusion, l’abuvirtide est actuellement en cours de développement en Chine et il se prend par perfusion hebdomadaire. Les participants à l’étude ont été randomisés pour prendre le médicament expérimental en association avec un inhibiteur de protéase potentialisé, ou pour prendre un traitement traditionnel à base de trois médicaments. Après 48 semaines, 80% des personnes prenant l’inhibiteur de fusion avaient une charge virale indétectable par rapport à deux-tiers des personnes sous trithérapie.

L’Albuvirtide a été bien toléré avec des effets secondaires bénins. L’Albuvirtide est développé en option de traitement supplémentaire bon marché pour le traitement de deuxième ou troisième ligne en Chine. Le laboratoire fabriquant, Frontier Biotechnologie, a déclaré travailler sur une formulation injectable sous-cutanée et vouloir travailler avec d’autres entreprises fabricantes de produits antirétroviraux injectables pour tester une association de produits injectables.

http://www.aidsmap.com/page/3094385/
fil - 09 Nov 2016 - 10:26
Sujet du message: VIH : Publications
VIH : engouement autour de travaux israéliens

Depuis plus de 30 ans, développer un traitement, voire un vaccin, contre le VIH est un des Graal de la médecine. Chaque nouvelle recherche dont les résultats semblent aller dans le bon sens se retrouve de fait rapidement médiatisée : trop rapidement ? C’est la question que l’on peut se poser face à la nouvelle qui a été reprise, depuis quelques jours, par de nombreux médias. Certains titres, comme celui du point.fr, n’hésitent pas à parler d’ « espoir de guérison » !

http://www.lepoint.fr/sante/israel-deux ... 714_40.php

Quelle molécule, quelle technique, quelle découverte peut provoquer un tel engouement ? Les travaux dont il est question sont menés par deux chercheurs israéliens de l’université hébraïque de Jérusalem, nous apprend Danièle Kriegel, correspondante du Point sur place. Selon la journaliste, l’idée d’Abraham Loyter et Assaf Friedler est d’utiliser une peptide qui favoriserait l’entrée dans les cellules de nombreuses copies du VIH. Cette invasion massive pousserait la cellule à « s’apercevoir qu’elle est malade », puis à se suicider. Une mort cellulaire programmée, connue sous le nom d’apoptose.

Sans aucun doute, la méthode est innovante. Mais est-on vraiment en droit d’en attendre des espoirs de guérison ? Sur la base de quoi les chercheurs estiment-ils l’efficacité de l’approche ? Un essai clinique ? Des tests sur des modèles animaux ? Ou in vitro, des cellules humaines, peut-être ? Non, ils ont « simplement » ajouté le peptide en question dans des tubes de sang humain ! Après huit jours, le nombre de copies du virus dans les tubes avait baissé de 97 %, expliquent-ils. Des données certes enthousiasmantes pour des scientifiques face à des résultats préliminaires. Sûrement moins pour les patients !

Le chemin de la recherche biomédicale est long et tortueux. Il y a loin du tube à essai au patient. Combien de molécules prometteuses in vitro se sont révélées toxiques une fois injectées à des animaux ? Combien de traitements qui avaient montré des résultats prometteurs chez l'animal n'ont pas montré d'efficacité chez l'homme ? Le temps de la recherche est long, trop, bien évidemment, face à l'attente de patients. Mais par respect pour ces derniers, il est nécessaire de savoir raison garder, et de soutenir les efforts des milliers de scientifiques qui consacrent leurs travaux à la lutte contre le VIH, tout en respectant les espoirs des patients.
fil - 10 Nov 2016 - 18:00
Sujet du message: VIH : Publications
Sida : déloger le virus pour le tuer

Des macaques rhésus ont combattu efficacement le VIH grâce à une combinaison d’un vaccin et d’un stimulant immunitaire.

Le VIH donne du fil à retordre à la recherche. Depuis sa découverte, en 1981, le virus trouve de nouvelles manières d’échapper aux traitements. Cette ère est peut-être finie. Une équipe du Centre Médical Beth Israel Deaconess (Boston, Etats-Unis) a développé une approche efficace. Elle publie ses résultats concluants chez le singe dans la revue Nature (1).

http://www.nature.com/nature/journal/va ... 20583.html

36 macaques rhésus ont été infectés par le SIV, équivalent simiesque du VIH. Ces animaux ont ensuite reçu, pendant 6 mois, le traitement antirétroviral qui est habituellement prescrit pour combattre l’infection. « Les médicaments actuels, bien qu’ils permettent de survivre, ne guérissent pas du VIH. Ils le contrôlent », modère Dan Barouch, auteur de ces travaux. En effet, ils ne parviennent pas à atteindre les réservoirs viraux. Un traitement à vie est donc nécessaire.

"Kick and kill"

« L’objectif de l’étude était d’identifier un traitement curatif fonctionnel du VIH – pas d’éradiquer le virus mais de le contrôler sans avoir à recourir aux antirétroviraux », ajoute Dan Barouch. Objectif atteint, au moins en partie. Les singes ont été répartis en quatre groupes : ceux qui ont reçu deux vaccins expérimentaux, ceux qui ont pris un stimulant immunitaire (TLR-7). Le troisième groupe a testé une combinaison des deux approches. Le dernier a servi de contrôle.

La combinaison suit la stratégie « déloger et tuer » (kick and kill). Elle apporte un complément par rapport aux antirétroviraux. En effet, le vaccin apprend au corps comment se débarrasser du virus, en provoquant une réponse immunitaire spécifique. Or, le VIH a la capacité d’attaquer les cellules produites et d’en détruire une partie. Il reste dormant dans les autres. C’est ce qu’on appelle les réservoirs, qui ne sont pas atteints par les antirétroviraux. Le stimulant immunitaire résout ce problème : il réveille les copies dormantes du virus.

Le virus cède

Ce régime a été administré aux singes toutes les deux semaines pendant une durée de 10 semaines. Le traitement antirétroviral a ensuite été retiré. Les chercheurs ont observé l’évolution des animaux sur une période de deux ans. Les macaques traités avec la combinaison ont présenté une réaction marquée. En terme de nombre de cellules immunitaires générées et de localisations virales ciblées, l’impact est le plus fort. Non seulement la charge virale est réduite, mais en plus les réservoirs sont efficacement touchés.

Résultat : les singes n’ont pas connu de rebond immédiatement après l’arrêt des médicaments. Pour un tiers d’entre eux, la charge virale est restée indétectable. « Si la charge virale de l’ensemble des animaux avait été indétectable, ç’aurait été un home run, concède Dan Barouch. Mais le fait que tous les animaux aient présenté une réduction de la charge virale, et qu’elle soit indétectable dans un cas sur trois, fournit une première base solide. » Reste maintenant à reproduire ces résultats chez l’être humain. Si trois équipes sont dans les starting blocks, la course est loin d’être gagnée.

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/ ... on-durable
fil - 21 Nov 2016 - 19:33
Sujet du message: VIH : Publications
Sida : des succès en demi-teinte contre la pandémie


Le rapport annuel d’Onusida souligne une forte réduction des nouvelles infections par le VIH chez les enfants, mais aussi la vulnérabilité des jeunes femmes.

C’est un bilan en demi-teinte de la lutte contre la pandémie de VIH-sida que livre le rapport annuel d’Onusida, rendu public lundi 21 novembre, à Windhoek (Namibie). Le nombre de personnes ayant accès aux traitements antirétroviraux salvateurs a progressé d’un million au cours des six premiers mois de 2016, pour atteindre 18,2 millions d’individus, dont près d’un million d’enfants.
De même, le nombre de nouvelles infections annuelles chez les moins de 15 ans a chuté à 150 000, soit 51 % de moins qu’en 2010, grâce à une augmentation de l’accès aux traitements prévenant la transmission de la mère à l’enfant : 77 % des femmes enceintes en ont bénéficié en 2015 contre 50 % en 2010.
Cependant, certains constats demeurent alarmants. A commencer par le nombre de nouvelles infections chez les adultes qui ne décline plus depuis 2010 et stagne autour de 2 millions (2,1 millions en 2015 contre 1,9 million en 2010). Rien d’étonnant donc à ce qu’en présentant le rapport, le directeur exécutif d’Onusida, Michel Sidibé, ait déclaré :



« Le monde laisse tomber les jeunes femmes »


En entrant davantage dans le détail, le rapport souligne les inégalités dans l’accès aux progrès constatées. Un nombre record de personnes de plus de 50 ans vit désormais avec le VIH, ce qui reflète l’effet des traitements : elles sont 5,8 millions dans le monde. Si l’objectif d’atteindre 30 millions de patients séropositifs traités est atteint en 2020, ce chiffre serait porté à 8,5 millions.
Mais surtout, l’Onusida souligne une période de très grande vulnérabilité dans la tranche d’âge dite de « transition de jeunes filles à femmes », en particulier en Afrique subsaharienne. « Les jeunes femmes sont exposées à une triple menace, commente Michel Sidibé. Elles ont un risque élevé d’infection par le VIH, un taux de pratique de test VIH bas et un mauvais suivi du traitement. Le monde laisse tomber les jeunes femmes et il est urgent que nous en fassions davantage. »
Si en 2015 le rapport population féminine-population masculine est identique (50 %-50 %) au niveau mondial et en Afrique subsaharienne, le taux de nouvelles infections par le VIH est déséquilibré puisque les femmes d’Afrique subsaharienne représentent 56 % des contaminations quand, au niveau mondial, leur part s’élève à 47 % des nouveaux cas.

Résistance aux médicaments anti-VIH

Le rapport d’Onusida aborde aussi d’autres problèmes plus généraux : celui de l’accroissement des résistances aux médicaments anti-VIH. L’Onusida insiste sur la nécessité de faire diminuer le coût des antirétroviraux destinés à prendre le relais de ceux avec lesquels le traitement a été mis en place et contre lesquels des résistances sont apparues.
De plus, l’organisme onusien appelle à une plus grande coordination dans les programmes de lutte contre la tuberculose, le papillomavirus humain (qui favorise le cancer du col utérin) et l’hépatite C. Le rapport rappelle qu’en 2015, sur les 1,1 million de décès constatés chez des personnes vivant avec le VIH, 400 000 d’entre eux ont été dus à la tuberculose, dont 40 000 chez des enfants.
Les objectifs fixés pour 2020 demeurent ambitieux. Outre 30 millions de patients sous antirétroviraux, les Nations unies visent à passer en dessous de la barre des 500 000 nouvelles infections par an (avec moins de 50 000 nouvelles infections chez les enfants) et moins de 500 000 morts liées au VIH. Elle ne sera atteinte que si la mobilisation de ressources humaines et financières continue de s’accroître et si les obstacles sont levés dans la lutte contre les discriminations et les législations stigmatisantes à l’égard des femmes, des homosexuels, des usagers de drogues… Certaines nouvelles, comme les coupes dans la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et à Unitaid, sont de mauvais augure.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html
fil - 22 Nov 2016 - 09:28
Sujet du message: VIH : Publications
Trois nouveaux cas de sida chaque jour de 2015 Belgique

Un cas sur trois est détecté tardivement, ce qui contribue à propager l’épidémie. 15.000 malades reçoivent un traitement permanent.

Le nombre de nouveaux diagnostics de VIH chez les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes) est en hausse en 2015, tandis que la légère diminution des nouveaux diagnostics chez les hétérosexuels se poursuit. Pour l’Institut scientifique de Santé publique (ISP), qui publie ces résultats ce lundi, « la poursuite de cette décrue doit toutefois être interprétée avec vigilance car une diminution du nombre de nouveaux cas diagnostiqués ne rime pas nécessairement avec une diminution du nombre de personnes contaminées ».

En 2015, le nombre de nouveaux diagnostics de VIH a globalement diminué (-4,7%). Le nombre de nouveaux cas diagnostiqués reste néanmoins élevé en Belgique : 1001 nouveaux cas ont été rapportés, ce qui correspond à 2,7 diagnostics de VIH par jour en moyenne. La baisse observée ne concerne toutefois qu’un des deux principaux groupes à risque au sein de la population, à savoir les personnes contaminées par contacts hétérosexuels, plus particulièrement celles originaires de pays d’Afrique subsaharienne.

Les diagnostics tardifs

Le nombre de tests de dépistage pour le VIH a légèrement diminué (-0,7%). En 2015, 62 tests de dépistage VIH par 1000 habitants ont été réalisés et la proportion de nouveaux diagnostics est de 1,45 par 1000 tests.
35% des infections au VIH ont été diagnostiquées tardivement. Les diagnostics tardifs restent plus fréquents chez les hétérosexuels (42%) que chez les HSH (27%), même si chez ces derniers la proportion de diagnostics tardifs augmente depuis sept ans.
Sur fond de rebond du nombre de nouveaux diagnostics, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) sont redevenus le groupe à risque le plus touché par l’épidémie au sein de la population.
La transmission lors de l’utilisation de drogues par voie intraveineuse est restée marginale. En Belgique, la prise en charge médicale adaptée reste élevée, puisque plus de 15 000 personnes sont médicalement suivies). L’efficacité du traitement par antirétroviraux rend leur charge virale (quasi-)indétectable, ce qui contribue à réduire considérablement le risque pour leurs partenaires et in fine, la transmission du VIH.

Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH)

Le nombre de nouvelles infections diagnostiquées chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) a augmenté de 5% par rapport à 2014. Un chiffre en hausse depuis plus de 15 ans. Les diagnostics chez les HSH représentent actuellement 50% des nouvelles infections enregistrées. Ces diagnostics concernent principalement des personnes de nationalité belge (66%), les autres nationalités européennes représentant 18% des diagnostics. Il s’agit en l’occurrence principalement de Français, Néerlandais et Espagnols. L’augmentation des nouveaux diagnostics est observée tant chez les personnes de nationalité belge (+3%) que chez les personnes d’autres nationalités européennes (+7%).

Les hétérosexuels

Les nouveaux diagnostics d’infection contractée lors de rapports hétérosexuels ont diminué entre 2012 et 2015, (-16 % entre 2012 et 2013, -6 % entre 2013 et 2014 et -11% entre 2014 et 2015 ). En 2015, ils représentent 45% des nouveaux diagnostics pour lesquelles le mode de contamination est connu. Parmi les personnes hétérosexuelles diagnostiquées en 2015, 45% ont la nationalité d’un pays d’Afrique subsaharienne et 32% sont Belges.
La population des patients en suivi médical vieillit : en 2015, 34% d’entre eux étaient âgés de 50 ans et plus, contre 19% seulement en 2006. Les patients en suivi médical sont majoritairement des hommes (64%). 64% d’entre eux ont déclaré avoir été infectés au cours d’une relation homosexuelle, contre 31% au cours d’une relation hétérosexuelle. Parmi les femmes, 92% ont été infectées par contacts hétérosexuels. Plus de la moitié (54 %) des patients en suivi sont Belges et 80% d’entre eux sont des hommes.
Parmi les patients suivis dans un centre de référence du sida en 2015, 94% recevaient un traitement antirétroviral avec des taux élevés de succès virologique: 96% avaient une charge virale contrôlée, soit moins de 200 copies du virus par ml de sang.
fil - 22 Nov 2016 - 09:32
Sujet du message: VIH : Publications
Autotests VIH : près de 140 000 ventes en un an

Près de 140 000 autotests VIH ont été vendus au cours des 12 derniers mois dans les pharmacies françaises. Ils touchent une population qui ne se serait pas dépistée autrement.

Le 15 septembre 2015, le premier autotest de dépistage du VIH, fabriqué par la société française AAZ et distribué par le laboratoire Mylan, était mis à disposition du grand public dans les officines françaises. Sans prescription médicale. Un an après, quel bilan peut-on en faire ?

Dans un communiqué commun, les deux entreprises écrivent que près de 140 000 autotests (1) ont été vendus par plus de 11 200 pharmacies au cours des 12 derniers mois. Cela fait près de 2 000 autotests qui y sont achetés en moyenne chaque semaine. Et dans ce satisfecit général, le pharmacien est mis à l'honneur.

80 % des pharmaciens formés

Selon une enquête de la Société Française de Lutte contre le Sida (2), plus de 80 % des pharmaciens ont en effet suivi une formation aux autotests. A ce jour, il y aurait même plus de 4 000 officines disposant d'un kit de sensibilisation au dépistage du VIH dans leur officine. Il faut rappeler que celui-ci contient un guide d’informations destiné à toute l’équipe officinale, ainsi que des outils de communication en vitrine et au comptoir pour sensibiliser le grand public au dépistage.

Pour expliquer l'intérêt grandissant des Français pour cet outil, les deux sociétés louent les actions de communication du ministère de la Santé (3) (annonce de la mise à disposition d’autotest VIH en pharmacie) et la campagne d’incitation au dépistage de l’INPES (4) de décembre 2015. Elles estiment qu'elles ont « facilité l’accès à l’information et ont permis d’intégrer autotest VIH parmi les moyens déjà disponibles de dépistage ».
En chiffres, cet engouement donne aussi plus de 22 000 visionnages des vidéos de démonstration de l’autotest, et plus de 3 000 demandes d’informations sur l’autotest ont été enregistrées sur le numéro vert de Sida Info Service (5).

Le profil des utilisateurs

Enfin, une enquête récente menée par IllicoPharma (6) montre que l’autotest touche une population qui ne se serait pas dépistée autrement. En effet, pour 40 % des utilisateurs, il s’agissait d’un premier dépistage du VIH. Parmi eux, 55 % déclarent qu’ils ne seraient pas allés dans un centre de dépistage si l’autotest n’avait pas été disponible en pharmacie. Mieux encore, lors de l’achat sur internet, 25 % d’entre eux achètent 2 autotests ou plus pour se re-tester eux-mêmes ou pour leur partenaire.

Le but de ce outil, à terme, est bien évidemment de réduire le nombre de séropositivités inconnues. Cela « sera quantifiable dès l’année prochaine puisque la déclaration obligatoire de l’infection au VIH et du SIDA qui est renseignée par le professionnel de santé inclut désormais l’autotest parmi les moyens de dépistage(...) Néanmoins, de nombreux centres de dépistage et services de maladies infectieuses ont déjà rapporté avoir pris en charge des patients s’étant présentés suite à un autotest VIH présentant un résultat positif », conclut le communiqué. C'est déjà une bien belle nouvelle.


(1) Données internes Mylan au 30/09/2016

(2) SFLS - Enquête sur la dispensation des autotests VIH en France (septembre 2015-avril 2016), publiée en juillet 2016

(3) http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/140 ... ts_vih.pdf

(4) http://inpes.santepubliquefrance.fr/300 ... e_sida.asp

(5) Données internes Sida info service au 31 août 2016

(6) Illicopharma – Pharmacie en ligne - Enquête menée sur 2 057 autotests vendus du 15 septembre 2015 au 30 septembre 2016 (7) Source interne AAZ
fil - 25 Nov 2016 - 07:54
Sujet du message: VIH : Publications
VIH CHAR­LOTTE VALAN­DREY : «JE SUIS SÉRO-INOF­FEN­SIVE»

La comé­dienne, qui avait ému l’opi­nion en 2005 en révé­lant sa séro­po­si­ti­vité, mène une vie presque normale où l’amour a retrouvé sa place. Rencontre avant la Jour­née mondiale du sida, le 1er décembre.

Elle ne court plus, la mala­die d’amour. Plus comme autre­fois, du moins. Les progrès réali­sés en matière de recherche ont lente­ment mais sûre­ment adouci la douleur de vivre avec le « virus de l’im­mu­no­dé­fi­cience humaine » (VIH). Char­lotte Valan­drey est de ceux qui peuvent le dire et le vivent désor­mais au quoti­dien. L’ar­ri­vée il y a vingt ans des premiers anti­ré­tro­vi­raux, utili­sés sous forme de trithé­ra­pie, permet aujourd’­hui à la comé­dienne de mener une vie quasi­ment normale en gardant le contrôle de l’in­fec­tion. Ainsi que l’a exprimé récem­ment Bruno Spire, direc­teur de recherche à l’In­serm, le sida est vécu à présent « telle une mala­die chro­nique comme le diabète ou l’hy­per­ten­sion, et non plus comme une mala­die mortelle ». Pour­tant, il y a trente ans, alors qu’une carrière s’ou­vrait au cinéma pour Char­lotte, le temps d’un premier film (Rouge baiser), la décla­ra­tion cruelle du mal lui coupait les ailes. Elle allait avoir 18 ans, une grande partie du métier lui tour­nait bruta­le­ment le dos. En 2005, elle mettait fin aux rumeurs avec un livre-confes­sion, L’Amour dans le sang, que près de 300 000 lecteurs ont dévoré. Onze ans ont passé. Elle publie aujourd’­hui son premier roman, Bombay, mon amour (Le Cherche-Midi éd.). L’his­toire d’une femme marquée elle aussi par un destin simi­laire au sien qui, le temps d’un voyage inat­tendu en Inde, dans le sillage d’une ex-première dame de France incon­so­lable, trou­vera la force de croire de nouveau en l’amour.

VSD. Le voyage de votre héroïne en Inde vous a été inspiré par celui fait avec Valé­rie Trier­wei­ler, en 2014, pour une orga­ni­sa­tion huma­ni­taire.
Char­lotte Valan­drey.
Oui, son couple venait de voler en éclats après les révé­la­tions d’une certaine presse. Nous avions fait connais­sance un an plus tôt, lors d’un dîner orga­nisé par Action contre la faim. Elle venait de faire un très joli papier sur mon livre, N’ou­blie pas de m’ai­mer. Elle subis­sait déjà des attaques de toutes parts. Je les trou­vais injustes car moi j’ai trouvé cette femme touchante. Elle m’a tendu la main et nous avons commencé à nous voir lors de moments privi­lé­giés. […]

C’est le portrait d’une femme trom­pée ?

Le portrait d’une femme amou­reuse, humi­liée par des révé­la­tions qui la dépassent. J’ai été moi aussi dans cette situa­tion : après ma greffe de cœur, un homme en parti­cu­lier m’a « repris les clés » sans aucune expli­ca­tion. J’ai mis beau­coup de temps à m’en remettre.

Dans votre livre, cette femme rêvait d’un mariage dans les règles. Comme Valé­rie Trier­wei­ler ?

J’ima­gine sans mal qu’une femme qui a vécu mari­ta­le­ment pendant des années ait eu envie d’of­fi­cia­li­ser un jour. Pour autant, je n’ai pas profité de ce livre pour dévoi­ler ce que Valé­rie Trier­wei­ler m’a dit ou pas. C’est une œuvre de fiction. Et si j’en ai fait une héroïne qui de loin lui ressemble, c’est qu’elle méri­tait qu’on fasse atten­tion à elle.

Votre narra­trice vous ressemble. Elle a aussi été frap­pée par un virus, que vous avez rebap­tisé.

Ce virus, c’est le Viva. Je n’en peux plus du mot sida. Dans Viva il y a « vie », mais dans sida il n’y a rien d’autre que de la peur et des préju­gés qui ne traduisent pas ce qu’est ma vie aujourd’­hui. Oui, j’ai été conta­mi­née par ce virus, mais depuis plus de vingt ans je suis trai­tée et ça fonc­tionne : aujourd’­hui, il est même indé­tec­table. Surtout, j’ai cessé d’être conta­gieuse.

En évoquant les hommes que votre héroïne effraie encore, vous employez une jolie formule : « Le seul risque qu’ils encourent est de prendre goût à mes baisers ».

Et c’est la vérité. (Rires.) Je peux aujourd’­hui avoir des rela­tions amou­reuses norma­li­sées, mais en respec­tant bien sûr, comme n’im­porte qui, les règles élémen­taires de prudence. Et en avalant les quatre cachets quoti­diens qu’in­duit la trithé­ra­pie.

Vous n’êtes donc plus séro­po­si­tive, mais pour autant vous ne pouvez pas vous dire séro­né­ga­tive.

Oui. Du coup, j’ai cher­ché une formule qui pour­rait traduire ce stade nouveau : je suis « séro-inof­fen­sive ». En dépit de quoi beau­coup d’hommes restent méfiants, marqués par ce qu’on assu­rait au début de l’épi­dé­mie.

« La science avance. Je verrai crever le Viva », écri­vez-vous.

j’en suis certaine. « Viva la vie ! » Je mour­rai de quelque chose, mais pas de ça, j’en ai l’in­time convic­tion.

Le 1er décembre aura lieu la Jour­née mondiale de la lutte contre le sida. Y parti­ci­pe­rez-vous ?

Je vais vous confier quelque chose d’in­com­pré­hen­sible : depuis que Sidac­tion existe, ils ne m’ont pas solli­ci­tée une seule fois. Je crois pour­tant être porteuse d’un message d’es­poir. Qu’il soit dit que je suis à leur dispo­si­tion.

http://www.vsd.fr/les-indiscrets/vih-ch ... sive-18412
coquelicot - 25 Nov 2016 - 09:24
Sujet du message: Re: VIH : Publications
fil a écrit:
VIH CHAR­LOTTE VALAN­DREY : «JE SUIS SÉRO-INOF­FEN­SIVE»


Je suis admirative devant le courage dont elle a fait preuve.

Divulguer au grand public sa séropositivité (surtout en 2005) et prendre en pleine poire toutes les réactions négatives qui ont du s'ensuivre !! Confused


Moi aujourd'hui encore je n'en ai pas la force. Sad
fil - 26 Nov 2016 - 12:14
Sujet du message: Re: VIH : Publications
LE VRI, L’ANRS ET LA SOCIÉTÉ NOVASEP SIGNENT UN ACCORD DE PARTENARIAT POUR LA FABRICATION CGMP DE DEUX VACCINS EXPÉRIMENTAUX POUR LA PRÉVENTION ET LE TRAITEMENT DU VIH-1/SIDA

Le VRI, l’ANRS et Novasep annoncent la signature d’un accord de partenariat pour la production de deux candidats vaccins contre le VIH, développés par les équipes du VRI. Cette fabrication sera réalisée selon les conditions conformes aux bonnes pratiques de fabrication (cGMP) par Novasep et GTP Technology, les 2 industriels sélectionnés pour cette étape décisive dans la mise au point des vaccins.
Dans le monde, plus de 35 millions de personnes sont actuellement infectées par le virus VIH, et on déplore 2,3 millions de nouveaux cas par an. Moins de la moitié seulement des personnes vivant avec le VIH ont accès aux traitements antirétroviraux. En France, on dénombre 150 000 personnes contaminées - dont près de 30 000 l’ignorent et continuent à propager l’épidémie - et 6 100 nouveaux cas chaque année. La communauté médico-scientifique s’accorde pour penser que seule une combinaison de stratégies (utilisation de préservatif, PreP : utilisation d’antirétroviraux en prophylaxie…) avec un vaccin préventif permettra de contrôler l’évolution de l’épidémie d’infection par le VIH.

De plus, les traitements antirétroviraux parviennent à contrôler la réplication du VIH et ainsi à améliorer la qualité et l’espérance de vie des sujets infectés, mais pas à les guérir. Par ailleurs chez l’immense majorité des patients traités l’arrêt du traitement antirétroviral s’accompagne d’un rebond rapide de la charge virale avec un effet secondaire néfaste sur le système immunitaire. La mise au point d’un vaccin thérapeutique poursuit deux finalités : (i) obtenir une rémission de la maladie sans traitement, (ii) obtenir une éradication du virus.
Fruits de plusieurs années de recherche et de collaboration avec des équipes internationales dont celles du Baylor Institute for Immunology Research (BIIR) de Dallas, ces deux candidats vaccins ont pour principe de cibler et d’activer les cellules dendritiques à l’aide d’anticorps monoclonaux couplés à des antigènes du VIH. Selon l’antigène du VIH couplé à l’anticorps monoclonal, le vaccin va avoir pour but d’induire des réponses efficaces en anticorps neutralisants et non neutralisants et des réponses cellulaires T, et ainsi avoir un impact préventif ou thérapeutique.

L’objectif des chercheurs est désormais de poursuivre le développement de ces deux candidats médicaments en vue de leur utilisation dans de futurs essais cliniques chez l’Homme. Ils ont fait appel à Novasep allié à GTP Technology qui ensemble disposent d’une forte expertise et du savoir-faire industriels nécessaires pour fabriquer et mettre à disposition les lots cGMP qui permettront d’envisager les essais cliniques de phase I et II.
« Ces deux vaccins seront utilisés seuls ou en association avec des vaccins « classiques » actuellement en développement au niveau international avec le VRI. Ils nous permettent d’apporter de nouveaux concepts fondés sur les connaissances les plus actuelles de l’induction et la modulation de la réponse immunitaire. » précise le Pr. Yves Lévy, Directeur du VRI.
« Les candidats vaccins développés dans le cadre du programme vaccinal du VRI et de l'ANRS nous permettent de franchir une étape importante. La fabrication de lots injectables va en effet permettre le démarrage d'essais cliniques chez l'Homme à l’horizon 2019 » annonce le Pr. Jean-François Delfraissy, Directeur de l’ANRS.
« Novasep, avec le support de notre partenaire GTP Technology, sera en charge du développement de procédé et la fabrication des lots cliniques des anticorps monoclonaux. Ce contrat matérialise le succès rapide du partenariat annoncé en début d’année entre nos deux compagnies. » indique Alain Lamproye, Président de la Business Unit Biopharma de Novasep. « L’équipe est très fière et très enthousiaste de participer à ce projet qui ouvre de nouvelles perspectives dans le ralentissement de la propagation du VIH/SIDA. »

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Vaccin/Actu ... VIH-1-sida
fil - 28 Nov 2016 - 09:18
Sujet du message: Re: VIH : Publications
BELGIQUE : UN TRAITEMENT ARV DIRECTEMENT APRÈS LE DIAGNOSTIC

Evidemment, vu du côté français, cela peut surprendre que cette mesure soit mise en œuvre si tardivement, d’autant que les recommandations internationales préconisent depuis longtemps la mise sous traitement antirétroviral dès le diagnostic. Du côté belge, c’est une avancée majeure. La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, a annoncé récemment que les personnes infectées par le VIH recevront un traitement ARV directement après le diagnostic à partir de l'année prochaine.

C’est ce qu’ont rapporté le 10 novembre dernier deux quotidiens belges "De Standaard" et "Het Nieuwsblad". Comme le précisent les journaux, le remboursement est actuellement limité aux personnes avec un système immunitaire très faible. Cette condition ne sera plus en vigueur à partir du 1er janvier 2017. Selon les chiffres les plus récents, plus d'un millier de personnes sont infectées par le VIH chaque année en Belgique.
fil - 28 Nov 2016 - 09:20
Sujet du message: Re: VIH : Publications
CAMPAGNE CENSURÉE : AIDES ET LE CNS RÉAGISSENT

Dès les débuts de la censure de la campagne sur le VIH de Santé publique France par certains maires de droite, AIDES a réagi, estimant que cette campagne comportait un "message de santé publique" essentiel quand "50 % des nouvelles contaminations" touchent les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Ces derniers "sont 200 fois plus fragiles que les personnes hétérosexuelles face à l'épidémie du sida et au risque de transmission", a souligné Aurélien Beaucamp, président de AIDES, interrogé par l'AFP. Les campagnes précédentes de prévention du sida étaient soit des campagnes grand public "très généralistes, qui ne donnent pas une idée de la réalité de l'épidémie en France", soit des campagnes ciblées sur les homosexuels dans les lieux communautaires comme les bars gays et dans la presse spécialisée, a rappelé Aurélien Beaucamp. Mais "tous les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes ne lisent pas forcément la presse spécialisée ni ne sortent dans ces lieux identifiés", a-t-il souligné, défendant la décision du ministère de la Santé de donner une diffusion large à cette campagne. "L'idée, c'est de taper un grand coup et de réduire les nouvelles contaminations. C'est vraiment un message de santé publique fort", a-t-il encore ajouté. Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) a également réagi (24 novembre). "Près d’une personne sur deux qui s’infecte aujourd’hui en France par le VIH est un homme qui a des relations sexuelles avec des hommes (HSH), et les jeunes HSH sont particulièrement exposés à cette infection grave.

Informer largement cette population sur la palette des outils efficaces de prévention du VIH aujourd’hui disponibles est donc essentiel, car ces outils sont loin d’être connus de tous. Une campagne d’affichage consacrée à la prévention du VIH chez les HSH est donc pertinente, mais pour être efficace, elle ne peut se limiter à des lieux et des sites communautaires, que tous les HSH ne fréquentent pas", explique le professeur Patrick Yéni, président du CNS. Et celui-ci d’expliquer : "Elle doit être accompagnée d’un volet "grand public", tel qu’il est actuellement déployé sur le territoire par Santé Publique France, à l’approche de la journée mondiale de lutte contre le sida". "L’épidémie VIH reste aujourd’hui mal contrôlée, et le Conseil national du sida et des hépatites virales est inquiet des actions qui pourraient entraver la diffusion des mesures de prévention contribuant à enrayer sa progression", conclut son président.
fil - 29 Nov 2016 - 16:25
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH: AMÉLIORER L'ACCÈS AU DIAGNOSTIC

Pour l’Organisation mondiale de la Santé, les autotests de dépistage du VIH et la notification des partenaires sont essentiels pour améliorer l’accès au diagnostic du VIH. Ces deux outils permettraient d’atteindre les personnes infectées par le VIH mais non encore diagnostiquées et contribueraient ainsi à réaliser le premier objectif fixé par les Nations Unies : 90% des personnes infectées par le VIH connaissent leur statut d’ici 2020. L'ANRS en a fait une priorité de recherche.
Seulement 80% des personnes infectées auraient connaissance de leur séropositivité. Environ 30 000 personnes seraient infectées en France sans le savoir.
Les conséquences de cette épidémie cachée ? Une perte de chances thérapeutiques considérables au plan individuel et contribuer à au moins la moitié des nouvelles infections.
Faciliter l’accès au dépistage, de façon répétée pour les populations les plus à risque, est une priorité de santé publique en France. Pour atteindre cet objectif il faut diversifier au maximum l'offre de dépistage pour que chacun puisse trouver celui qui lui convient à chaque moment de sa vie. Les autotests de dépistage du VIH et la notification des partenaires pourraient élargir cette offre diversifiée. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de les mettre en place. L’ANRS en a fait une priorité de recherche.

UN TOURNANT DANS LA RECHERCHE SUR LE VIH

En 2008, alors que la prise en charge des personnes séropositives pour le VIH s’améliore (traitements plus efficaces et mieux tolérés), l’ANRS est à l’origine du changement de paradigme considérant que les priorités de recherche doivent maintenant prendre en compte le dépistage et la prévention.
Parmi les recherches sur le dépistage que soutient l’ANRS figure l’étude ANRS-Com’Test. Menée en étroite collaboration par l’équipe du Pr Yazdanpanah (IAME, UMR 1137, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité et INSERM ; AP-HP, Hôpital Bichat-Claude Bernard, Service de Maladies Infectieuses et Tropicales,Paris) et l’association AIDES, cette étude évalue une offre de dépistage du VIH non médicalisé via des tests à résultat rapide (TROD). Ce dépistage est réalisé auprès d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) par des membres d’associations habilitées à cette pratique.
Les résultats montrent que ce type de dépistage est réalisable et bien accepté à la fois par les personnes testées et par les acteurs associatifs. Ces résultats ont contribué à l’autorisation fin 2010 en France du dépistage communautaire avec des TROD. Ce type de dépistage réalisé sur le terrain, dans des lieux de consommation sexuelle ou au cœur des communautés, permet de toucher des populations très exposées et vulnérables.
Le dépistage communautaire s’est aujourd’hui développé et démontre son efficacité.

UN NOUVEL OUTIL DE DÉPISTAGE DU VIH : L’AUTOTEST

Dès 2009, l’ANRS a soutenu la recherche sur un autre outil de dépistage, les autotests, alors qu'ils n'étaient pas autorisés en France. L’étude Webtest, dirigée par Tim Greacen (Laboratoire de recherche, EPS Maison Blanche, Paris), a montré que ces tests intéressaient particulièrement les HSH, notamment lorsqu’ils vivaient leur sexualité dans le secret absolu.
Depuis, la même équipe a accompagné la mise sur le marché de ce nouvel outil en identifiant des recommandations de bonne pratique en population générale et pour les groupes les plus exposés au risque de VIH.
Les chercheurs évaluent à présent son usage parmi ses utilisateurs. Cette recherche, nommée VIH : Teste-Toi Toi-même (ANRS V3T), vise à répondre à plusieurs questions : qui est intéressé et qui a eu recours à l’autotest VIH maintenant qu’il est disponible dans les pharmacies ? Quelles sont les barrières à son utilisation ? Quelles sont les difficultés rencontrées lors de sa manipulation ? Dans quel contexte est-il utilisé ? Quel est le recours aux soins des participants ayant un test positif ?
Il s’agit d’une enquête par internet qui vise particulièrement les HSH et les personnes originaires d’Afrique sub-saharienne, les deux groupes les plus concernés par le VIH en France. L’étude est disponible sur le site www.testetoi.fr jusqu’à fin décembre 2016, 9000 répondants sont attendus. Des résultats seront disponibles à partir du second trimestre 2017.

LA NOTIFICATION AUX PARTENAIRES

Différentes stratégies de dépistage sont donc étudiées afin de tester un maximum de personnes qui ignorent leur statut sérologique, de cibler au mieux les populations vulnérables et de favoriser le dépistage répété des populations les plus exposées.
Une autre stratégie évaluée par l’ANRS est la notification aux partenaires. Il s’agit d’aider les personnes nouvellement diagnostiquées pour le VIH à prévenir leurs partenaires sexuels et/ou de consommation de drogues qu’ils ont été exposés au VIH ou à une infection sexuellement transmissible et à les inciter à réaliser un dépistage. Il s’agit d’un dépistage particulièrement ciblé puisqu’il s’adresse à des personnes dont on est sûr qu’elles ont été exposées.
La notification aux partenaires a montré son efficacité dans d’autres pays où elle fait partie de la prise en charge d’un diagnostic de VIH comme en Angleterre, aux Pays-Bas ou aux États-Unis. Toutefois elle doit être réalisée le plus éthiquement possible et assurer la confidentialité du patient nouvellement diagnostiqué et de ses partenaires. Sa faisabilité et son acceptabilité est évaluée en France par l'ANRS. L’étude, menée par Karen Champenois (Laboratoire de recherche, EPS Maison Blanche, Paris ; IAME, UMR 1137, Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité et INSERM, Paris), est en préparation et devrait donner des premiers résultats fin 2017.

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Sante-publi ... diagnostic
fil - 07 Déc 2016 - 17:04
Sujet du message: Re: VIH : Publications
A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le Sida, Charlie Sheen a accordé une interview au "DailyMail" et il va bien. Il vient de subir un traitement expérimental efficace, selon ses dires.

En novembre 2015, Charlie Sheen annonçait qu'il était séropositif, après avoir été victime d'extorsion de fonds, de la part de personnes qui le menaçait de faire fuiter l'information en échange de très fortes sommes d'argent. Il expliquait également qu'il était séropositif depuis quatre ans et qu'il allait bien. Sous traitement, il expliquait que sa charge virale était quasiment indétectable.

Un an après cette révélation, l'acteur a accordé une interview au DailyMail dans laquelle, il donne de ses nouvelles et explique qu'il fait partie d'un panel de malades volontaires pour tester un traitement avec le PRO 140, qu'il dit être "révolutionnaire" et pour lequel il se dit véritablement très "optimiste".

Cet essai clinique, encore expérimental se compose d'injections hebdomadaires qui remplace la prise quotidienne de médicaments. "Lorsque je repense à comment je me sentais avant et comment je me sens maintenant... wow. On peut parler d'une transformation", explique Sheen. "L'espace d'une seconde, vous êtes sur la voie de la perdition et celle d'après, vous êtes sur celle de la providence. Je pensais réellement que j'allais être dans ce tourbillon, indéfiniment", dit-il.

Selon Charlie Sheen, ce traitement expérimental sans effet secondaire, a rendu le VIH indétectable dans son organisme et qu'il n'est ainsi, pas contaminant. L'acteur est donc en bonne santé mais n'est pour autant guéri. C'est donc un essai encourageant pour les porteurs du virus et qui a, à en croire "Mon oncle Charlie", changé sa vie au point qu'il en fasse, d'une certaine manière, la publicité dans de nombreux médias.

Récemment, c'est dans le Hollywood Reporter qu'il évoquait ce nouveau traitement estimant qu'il s'agissait de ce qui se rapprochait le plus d'une guérison. Des déclarations à prendre avec précaution car selon les revues spécialisées, ce traitement n'en est encore à l'état de test et nécessiterait des essais sur le long terme et à plus grande échelle, pour que les preuves soient réellement concluantes.

http://www.lci.fr/people/charlie-sheen- ... 15545.html

PRO 140 pour le traitement des patients infectés par le VIH

Le PRO 140 (une forme humanisée de l'anticorps PA14, un anticorps monoclonal CCR5) est un anticorps de laboratoire qui bloque le récepteur CCR5 présent sur les cellules CD4. En bloquant le CCR5, le PRO 140 prévient l'infection des cellules saines par le VIH. Le PRO 140 pourrait constituer un nouveau traitement efficace en comblant potentiellement les lacunes des traitements actuellement disponibles pour les patients infectés par le VIH. Le PRO 140 est un nouveau traitement important qui est entré en phase de test.

Nous avons examiné l'efficacité et l'innocuité du PRO 140 ainsi que ses effets sur la progression clinique de la maladie et sur les marqueurs immunologique (numération/pourcentage des CD4) et virologique (charge virale plasmatique d'ARN du VIH) chez les patients infectés par le VIH. Nous avons inclus trois essais contrôlés randomisés (ECR) dans cette revue. Les preuves sont à jour jusqu'à avril 2014. Le risque de biais était imprécis dans ces trois ECR, car les détails de la méthodologie n'y étaient pas dûment déclarés. Tous les patients dans ces trois études étaient des adultes infectés par le VIH, et le PRO 140 était administré par perfusion sous-cutanée ou intraveineuse à différentes doses. Ces trois études examinaient les marqueurs immunologique (numération/pourcentage des CD4) et virologique (charge virale plasmatique d'ARN du VIH). Il peut y avoir des conflits d'intérêts potentiels dans toutes les études, car certains des auteurs sont des employés actuels ou passés de Progenics Pharmaceuticals, le fabricant de PRO 140.

Notre revue systématique a montré que le PRO 140 pourrait permettre à court terme une suppression dose-dépendante significative de l'ARN du VIH-1 avec des effets secondaires tolérables. Le PRO 140 à 2 mg/kg, 5 mg/kg, 10 mg/kg, 162 mg hebdomadaires, 324 mg bi-hebdomadaires et 324 mg hebdomadaires pourrait réduire les niveaux d'ARN du VIH-1 et démontrer une réponse antivirale. Le PRO 140 à 5 mg/kg était également associé à un changement supérieur de la numération des cellules CD4+ à huit jours. Les maux de tête, la lymphadénopathie, la diarrhée, la fatigue, l'hypertension, la congestion nasale et le prurit étaient les événements indésirables les plus fréquemment rapportés. Bien que les preuves disponibles issues de ces trois essais suggèrent que le PRO 140 pourrait être efficace, l'effectif de ces trois études était très limité et les résultats pourraient être affectés par des biais potentiels. Ainsi, la qualité des preuves issues des ECR disponibles était faible.

Le PRO 140 a fait l'objet d'un processus d'approbation rapide par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, mais son efficacité doit encore être démontrée dans le cadre d'ECR de haute qualité, à grande échelle et à long terme. Les trois études examinées ici évaluaient uniquement son efficacité à court terme (58 ou 59 jours). L'efficacité à long terme n'était pas évaluée et les données relatives aux événements indésirables n'étaient pas correctement documentées pour chaque groupe. Par conséquent, aucune recommandation ne peut encore être faite en application de ces preuves. L'éventuelle utilisation du PRO 140 dans la pratique clinique en traitement de première intention des patients infectés par le VIH dépendra des résultats des futurs ECR de haute qualité.

http://www.cochrane.org/fr/CD008439/pro ... par-le-vih
fil - 15 Déc 2016 - 18:48
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Comorbidités : Réorganisation de la prise en charge

http://www.actions-traitements.org/reor ... en-charge/
fil - 19 Déc 2016 - 11:17
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Vers une génération sans sida ?

Malgré des statistiques de contamination et de mortalité qui restent effrayantes, il est aujourd'hui réaliste d'envisager la fin de l'épidémie du sida. Les outils sont disponibles, aux Etats de faire l'effort nécessaire.

L'épidémie mondiale du sida a coûté la vie à près de 36 millions de personnes entre 1981 et 2016, sachant par ailleurs qu'un nombre similaire d'individus sont actuellement porteurs du VIH à travers le monde. Près de 1,2 million de personnes ont succombé au sida l'an dernier, pour 1,8 million d'individus nouvellement infectés. Malgré ces statistiques effrayantes, une bonne nouvelle s'annonce, à travers l'objectif désormais réaliste d'une génération débarrassée du sida. Les mesures politiques nécessaires pourraient être adoptées peu après l'accession au pouvoir de l'administration du président américain élu Donald Trump.

La principale raison pour laquelle il est aujourd'hui envisageable d'éradiquer l'épidémie réside dans une découverte scientifique de 2011, qui a révélé que les personnes séropositives bénéficiant d'un traitement antirétroviral (ARV) voyaient disparaître de leur sang toute trace du VIH, de sorte qu'il devenait très peu probable que ces personnes puissent transmettre le virus à autrui, via un rapport sexuel ou l'utilisation de seringues échangées. Cette découverte est venue confirmer le concept de « traitement en tant que prévention ». Si une proportion suffisamment élevée de personnes séropositives se voient administrer un traitement ARV, il sera non seulement possible de leur sauver la vie, mais également de rompre la transmission du virus lui-même, et par conséquent de mettre fin à l'épidémie.

Sur la base de cet espoir, les spécialistes du sida ont élaboré deux démarches cruciales : d'une part les objectifs dits « 90-90-90 » et d'autre part le concept d'une « cascade de traitements du VIH ». Le programme 90-90-90 vise à faire en sorte que, d'ici à 2020, 90 % des personnes séropositives aient connaissance de leur infection (première cible des trois piliers), que 90 % des personnes ayant connaissance de leur infection se voient administrer un traitement ARV (deuxième cible), et que 90 % des individus bénéficiant d'un traitement ARV voient totalement disparaître de leur sang le VIH (troisième cible). Quant au concept d'une cascade de traitements, il consiste à considérer que si chacune des trois cibles 90-90-90 est atteinte, la proportion de personnes séropositives voyant disparaître le virus de leur sang sera égale à 90 % × 90 % × 90 %, c'est-à-dire égale à 72 %.

Si 72 % des personnes aujourd'hui infectées ne risquent plus d'infecter d'autres individus, l'épidémie de VIH/sida sera alors endiguée. En effet, si l'objectif 90-90-90 de 2020 pouvait devenir un objectif 95-95-95 en 2030, la proportion de personnes séropositives ne pouvant plus infecter autrui passerait alors à 86 %. L'épidémie actuelle connaîtrait alors un coup d'arrêt. Un certain nombre de cas persisteraient, mais le fléau du sida toucherait à sa fin.

Ces objectifs réalistes exigent néanmoins que les Etats oeuvrent sur cette voie. La Suède a récemment annoncé qu'elle avait atteint l'objectif 90-90-90. De nombreux autres pays à revenu élevé s'en approchent. A condition d'une aide internationale et d'efforts à l'échelle des Etats, l'objectif 90-90-90 peut être atteint non seulement dans les pays à revenu élevé, mais également dans les pays en voie de développement.

Pour la plupart des pays de la planète, le plus grand défi consiste à atteindre d'ici à 2020 le premier des trois « 90 », à savoir le stade auquel au moins 90 % des personnes séropositives sont dépistées et prennent connaissance de leur infection. Pour que cet objectif puisse être atteint, il est essentiel que les personnes présentant des symptômes ou particulièrement exposées à un risque d'infection puissent être orientées vers le système de santé à des fins de dépistage.

Dès lors qu'une personne infectée par le VIH fait l'objet d'un test qui se révèle positif, la possibilité d'atteindre la deuxième cible des 90 % (traitement ARV) dépend principalement des financements et des effectifs. A condition que le budget de la santé soit suffisant, des médicaments peuvent être mis à la disposition de toutes les personnes infectées.

L'accomplissement du troisième objectif des 90 % (suppression de la charge virale) dépend principalement de la possibilité pour les patients traités par ARV de respecter leur calendrier de médication. Cela peut nécessiter l'existence d'un soutien social permettant d'encourager les patients à poursuivre leur prise de médicaments même lorsqu'ils se sentent en bonne santé, ainsi que de veiller à un approvisionnement en médicaments qui soit abordable et effectué dans les temps.

Les cibles 90-90-90 peuvent être atteintes au sein même de populations pauvres, dans les zones les plus reculées, grâce à une nouvelle et puissante démarche de santé publique : le déploiement d'agents de santé communautaire (ASC), appuyés par la technologie des smartphones. Les ASC sont des résidents des communautés locales, d'un niveau d'études au minimum secondaire, qui suivent une formation de plusieurs mois autour de la gestion de plusieurs défis spécifiques, tels que l'identification des individus potentiellement infectés par le VIH, l'accompagnement de ces personnes jusqu'en clinique à des fins de dépistage, ainsi que le soutien permettant aux malades d'adhérer à leur protocole médical. De nouvelles applications sur smartphone facilitent par ailleurs le travail des ASC.

Et pourtant, malgré cet espoir d'éradication de l'épidémie du sida, la lutte mondiale contre le sida n'est devenue qu'une démarche en demi-teinte. En cette année 2016, seule la moitié environ des personnes séropositives bénéficient d'un traitement ARV, bien loin de l'objectif des 90 %.

Il appartient à l'administration entrante de Donald Trump de saisir cette opportunité historique, en contribuant à mettre un terme au fléau du sida, via une contribution relativement modeste de la part des gouvernements et autres donateurs.

Jeffrey D. Sachs

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cer ... 050693.php
fil - 20 Déc 2016 - 07:27
Sujet du message: Re: VIH : Publications
LE CHARME MAUDIT DE L'HÉTÉROGÉNÉITÉ

L'Iwhod (International workshop on HIV observational databases) est un ovni, un moment à part dans le monde de la recherche scientifique sur le VIH, un lieu fermé où durant trois jours, près de deux cents scientifiques (médecins, méthodologistes, statisticiens, etc.), d’un peu partout dans le monde, confrontent leurs idées, pour améliorer l'analyse des données dites "de vraie vie". La 20e édition s’est déroulée du 7 au 9 avril dernier à Budapest.

Reprenons au début : dans un essai clinique, les personnes incluses sont "triées sur le volet", de façon à avoir des caractéristiques de départ les plus homogènes possibles. Ainsi, par exemple, si on analyse deux groupes, l'un prenant un traitement A, l'autre un traitement B, seul le facteur "traitement" différera ; tous les autres paramètres étant similaires dans les deux groupes. On pourra donc analyser plus aisément la différence entre A et B (efficacité, effet indésirables, etc.). Dans "la vraie vie", rien de tel... Toutes ces différences qui font le charme de notre monde, font s'arracher leurs cheveux aux méthodologistes !

Quelques exemples pour mieux comprendre

Des données récentes, issues d'observations dans le monde réel (analyse de cohortes de patients) montrent que l'espérance de vie des personnes vivant avec le VIH a sensiblement augmenté depuis quinze ans, mais demeure inférieure à celle de la population générale. Mais que veut dire "population générale ?" Comment interpréter ces résultats, sachant qu'outre le VIH, les personnes séropositives, fument globalement davantage, consomment davantage d'alcool, ont plus de relations sexuelles et d'infections sexuellement transmissibles (notamment les gays) ? Ainsi, comment savoir si cette espérance de vie qui demeure légèrement moindre que "dans la population générale" est liée au VIH ou bien à un ensemble d’autres facteurs ? Bonnes questions !

Autre casse-tête pour nos amis méthodologistes

Les recommandations d'experts encouragent à traiter toutes les personnes diagnostiquées séropositives pour le VIH, quel que soit le nombre de CD4/mm3. Sachant, qu'une fois efficacement traité, on ne transmet plus le virus, l'idée est de casser l'épidémie en empêchant de nouvelles transmissions. Quasi parallèlement, se met en place la PrEP (traitement préexposition), dont l'objectif est aussi d’agir sur l'épidémie en empêchant de nouvelles infections. Mais alors comment savoir, dans le cas où l'épidémie diminuerait dans les années à venir (ce qui reste à démontrer...), laquelle de ces deux approches, lequel de ces deux facteurs, y contribue le plus ? Mazette, pas simple !

Un dernier exemple pour bien comprendre

Le suivi de personnes traitées par médicaments anti-VIH dans la vie réelle a montré une augmentation des cas de diabète. Faut-il y voir une responsabilité des traitements ? Pas sûr... Car lorsqu’on est traité et qu'on va mieux, on mange plus, on grossit, et la prise de poids est directement corrélée à une augmentation des risques de diabète ! Là encore, l'interprétation n'est pas aisée... Facteurs confondants et biais en tout genre, le monde de la méthodologie scientifique méritait son congrès. Bienvenue à l'Iwhod 2016 ! C'est ici que les scientifiques peuvent soumettre leurs travaux à leurs pairs, en comité restreint et avant présentation dans un grand congrès ou une revue médicale de renom. C'est ici aussi que se prennent certaines décisions majeures. Ainsi, après des années d'analyses de cohortes infructueuses, les experts ont compris que celles-ci ne permettraient jamais de statuer sur "le bon timing" pour commencer un traitement anti-VIH. L'essai clinique Start était né. Il démontrera, lui, de façon formelle, que le bon timing" c'est le plus tôt possible ! C'est ici, enfin, que l'on peut assister, en avant-première, aux grandes annonces de demain. Impossible pour nous de déroger à la règle de cette réunion : les données présentées doivent rester confidentielles à ce stade. On ne peut vous dire qu'une chose : nos chercheurs travaillent dur et l'avenir sera riche de jolies révélations ! Teasing, teasing...

Regards de chercheurs

Interview croisée des docteurs Marina Klein (1), KarineLacombe (2) et Anders Boyd (3) qui ont participé àl’édition 2016 de l'Iwhod.


fil - 22 Déc 2016 - 15:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
InnaVirVax et la société finlandaise FIT Biotech font alliance dans le VIH
le21 Décembre 2016



InnaVirVax, la biotech française spécialisée dans les maladies infectieuses et la société finlandaise FIT Biotech ont annoncé aujourd’hui la signature d’un accord de collaboration dans le VIH consistant à combiner leur immunothérapies respectives, VAC-3S et FIT-06.
Ces deux vaccins dotés de mécanismes d’action différents et complémentaires visent à stimuler et restaurer le système immunitaire des patients atteints par le VIH dans une perspective de guérison fonctionnelle ou rémission. La guérison fonctionnelle est un nouveau paradigme thérapeutique pour le traitement des infections par le VIH. Elle vise à se substituer aux antirétroviraux permettant aux patients de ne plus être confrontés aux complications liées à la prise des antirétroviraux et à diminuer les coûts de traitement.
Le vaccin d’InnaVirVax offre une restauration du système immunitaire (augmentation des T CD4, diminution des T CD8 et augmentation du ratio CD4/CD8) et permet une réduction du marqueur du réservoir viral alors que le vaccin développé par FIT Biotech, FIT-06, dispose d’une propriété unique qui conduit à une réduction de la charge virale et à une augmentation des cellules lymphocytes T CD4. En visant la rémission fonctionnelle, la combinaison des candidats d’InnaVirVax et de FIT Biotech représente une approche directe sur le système immunitaire et le contrôle de la maladie sur des patients en vacances de traitement antirétroviral.
Dans le cadre de cette alliance, InnaVirVax et FIT Biotech initieront un essai clinique de phase II en 2017 afin d’évaluer la sécurité, la tolérance, l’immunogénicité et l’efficacité clinique de cette combinaison vaccinale. InnaVirVax conduira cet essai en étroite collaboration avec les équipes de FIT Biotech et les résultats seront co-détenus par les deux sociétés.
Sur la base de résultats positifs, les deux parties prévoient des développements cliniques ultérieurs conjoints dans le domaine de la guérison fonctionnelle et cette association thérapeutique sera licenciée à un partenaire pharmaceutique pour conduire les dernières étapes de développement avant commercialisation.
«Les principaux leaders d’opinion du VIH s’accordent aujourd’hui sur le fait que la guérison fonctionnelle, un besoin médical fort pour les patients vivant avec la maladie, passe par la combinaison d’approches thérapeutiques permettant l’arrêt ponctuel des traitements de référence. Cet accord avec FIT Biotech s’inscrit pleinement dans cette stratégie et nous sommes très fiers d’avancer ensemble vers cet objectif de rémission », a ajouté le Dr. Joël Crouzet, PDG d’InnaVirVax.
Le Dr. James Kuo, président de FIT Biotech, a déclaré : « Nous sommes enthousiastes à l’idée de combiner avec InnaVirVax deux approches thérapeutiques complémentaires visant à stimuler le système immunitaire contre les complications du VIH. Nous avons bon espoir que l’association de nos immunothérapies présentera un grand bénéfice aux patients atteints par ce virus ».

Source : InnaVirVax

http://www.innavirvax.fr/
fil - 26 Déc 2016 - 16:15
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Colloque HIV & Your Body « Cancer et VIH, état des lieux et prévention ? »



HIV & Your Body est une journée d’information destinée à ceux qui accompagnent les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Ce colloque a pour but de les aider à mieux comprendre l’incidence de la maladie et de leurs traitements sur la vie quotidienne des personnes touchées par la maladie, et de leur livrer des outils pour les aider à accompagner au quotidien les PVVIH.

Sujet de préoccupation majeur, le cancer représente en effet, selon l’enquête mortalité 2010, pas moins de 36 % des causes de décès des PVVIH (soit 1 décès sur 3 dans la population séropositive), supérieur d’un facteur 2 à 3 à celle de la population générale. Comme l’indique le rapport d’experts (Morlat, 2013), « les données épidémiologiques confirment, l’augmentation du risque de cancer non classant Sida chez les PVVIH, dont la maladie de Hodgkin, les cancers du poumon, du canal anal, du foie, et les cancers cutanés ». Partant de ce constat, notre colloque a d’abord une visée positive avec pour ambition d’aider les acteurs associatifs à mettre en place des stratégies de prévention.

Cette journée de réflexion s’articulera autour de sessions plénières et d’ateliers interactifs. Les sessions plénières auront pour objet de faire le bilan des connaissances scientifiques sur les cancers et le VIH et d’informer au mieux sur les dépistage et la prévention. En contrepoint, les ateliers interactifs, animés par des binômes composés d’un patient expert et d’un spécialiste, seront l’occasion d’appliquer à quatre cas cliniques les connaissances acquises.

http://public.weconext.eu/actions-trait ... index.html
fil - 02 Jan 2017 - 08:13
Sujet du message: Re: VIH : Publications
2016, une année charnière dans la lutte contre le sida



2015 s'était terminée sur plusieurs grandes annonces : la PrEP venait d'être autorisée et prise en charge par la Sécurité sociale et grâce à AIDES certaines discriminations subies par les personnes séropositives furent abrogées. 2016 allait devoir confirmer et pérenniser ces avancées... défis remportés !

la suite ici ......

http://www.aides.org/actu/2016-une-anne ... -sida-3601
fil - 09 Jan 2017 - 10:30
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : Des scientifiques crackent l’intasome du virus

Ces scientifiques du Salk Institutes « craquent » la machinerie du VIH en identifiant la structure atomique d'une pièce maîtresse qui permet au virus de s'intégrer dans l'ADN de l'hôte humain puis de se reproduire dans le corps. La compréhension de ce mécanisme, un mécanisme clé de la résistance du VIH, connu sous le nom de « intasome » et révélé dans la revue Science, constitue une étape cruciale dans le développement de médicaments permettant de contrer l’évasion virale.

Le VIH est un virus intelligent et a appris à se soustraire même aux meilleurs médicaments, rappellent en préambule, les chercheurs du Salk, Dmitry Lyumkis and Dario Passos. À l'heure actuelle, une classe de médicaments antirétroviraux, les inhibiteurs de l'intégrase, approuvés en Europe et aux Etats-Unis, ciblent déjà l'intasome. Cependant leur mécanisme d'action précis reste encore mal connu tout comme la résistance du virus à ces médicaments. L'intasome du VIH reste extrêmement complexe à étudier au niveau atomique.

L'intasome du VIH est pièce clé de ma « machinerie » du virus : c’est via l’intasome que le VIH insère une copie d'ADN de son génome d'ARN dans l'ADN de l'hôte. L'intasome coupe et colle l'ADN viral en utilisant des enzymes appelées intégrases.

La cryo-ME révèle des spécificités enzymatiques: Ici, les scientifiques ont utilisé une technique d'imagerie de pointe appelée La cryo-microscopie électronique (cryo-ME) qui permet de visualiser de grandes molécules complexes et dynamiques. L'équipe a attaché une protéine spécifique pour améliorer la capacité de l'intasome à se dissoudre dans le glycérol, et ajouté du sodium pour l'empêcher de s’agglomérer. Par cryo-EM, les chercheurs identifient des spécificités dans les composantes enzymatiques qui effectuent la fonction d'intégration du virus. Des variations mineures mais qui peuvent expliquer les mécanismes de la résistance aux médicaments.

Ainsi, les intasomes du VIH apparaissent bien plus complexes que ceux d'autres rétrovirus. Ces travaux constatent que les intasomes du VIH ont beaucoup plus d'unités que ceux de rétrovirus plus simples. Cette complexité contribue d’ailleurs à expliquer comment l’évolution a façonné le VIH à partir de rétrovirus plus simples, qui sont considérablement plus petits mais utilisent en fait les mêmes agents enzymatiques. Les chercheurs suggèrent que l'introsome du VIH est ainsi capable de choisir entre plusieurs méthodes ou voies pour parvenir à l’intégration chez l’hôte.

Les recherches se poursuivent pour mieux identifier les structures clés et leur évolution jusqu’à l’intégration dans le génome de l'hôte et pouvoir suivre cette même évolution en réponse aux médicaments.

Source :

http://science.sciencemag.org/content/3 ... ticle-info
coquelicot - 09 Jan 2017 - 11:59
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Shocked et ben ! encore une découverte !
Me parait bien bien complexe ce VIH ! Confused

Enfin, les recherches se poursuivent et ça c'est important.
coquelicot - 09 Jan 2017 - 12:10
Sujet du message: Re: VIH : Publications
et aussi au passage....

Merci Fil pour avoir ouvert ce post et pour toutes les informations que tu apportes. Yes
fil - 13 Jan 2017 - 09:59
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Patients séroposifs en Ehpad : êtes-vous prêts à les accueillir ?
12 janvier 2017 | Caroline Guignot , ActuSoins Magazine, COREVIH, EHPAD, infirmière, SIDA, Soignants, VIH

Parmi les 150 000 français vivant avec le VIH, plus de 40 % ont plus de 50 ans, et plus de 10 000 plus de 60 ans. La question de leur accueil en EHPAD est de plus en plus vive mais le défaut de formation des équipes et les réticences liées au virus compliquent la donne.

« Lorsque nous avons reçu sa demande d'accueil, il était à l'hôpital depuis deux ans parce qu’aucune structure n'avait jusqu'à présent accepté de l'accueillir » : Maryse Lierre raconte comment le statut VIH a compliqué le parcours de vie d'Yves*, résident de l'Ehpad Tiers Temps d'Ivry-sur-Seine où elle est infirmière coordinatrice.
Le témoignage de Jacques Gasnault, praticien dans un établissement de Soins de suite et de réadaptation (SSR) accueillant des patients séropositifs souffrant d'atteintes neurologiques, ne dit pas autre chose : « nous avons de vraies difficultés à trouver des structures pour prendre le relais de notre prise en charge. Les Maisons d’accueil spécialisée (MAS) ou les Foyers d’accueil médicalisé (FAM), qui sont par nature spécialisées, sont souvent plus aptes à les accueillir. Mais les Ehpad et les unités de soin longue durée (USLD) sont encore très réticentes, même si elles ne le disent pas toujours explicitement ».
En 2016, le statut sérologique de personnes infectées par le VIH favoriserait donc encore les attitudes discriminatoires, alors que la population atteinte du VIH vieillit et nécessite une prise en charge adaptée.

Un vieillissement précoce

Au début de l'épidémie de VIH, dans les années 1980, le sida était synonyme de décès prématuré. Mais dans le courant des années 1990, l'avènement de la trithérapie a changé la donne : le VIH est devenu une maladie chronique. Depuis, les personnes contaminées vieillissent avec le virus. Et dans son sillage, le virus entraîne un risque accru de comorbidités : affections cardiovasculaires, troubles métaboliques, affections neurologiques…
Les personnes infectées présentent en effet un état inflammatoire chronique qui favorise le vieillissement précoce, de l’ordre d’une dizaine d’années, selon les spécialistes. En clair, un sujet âgé de soixante ans contaminé présente l'état de santé d'un sujet âgé non infecté de dix ans son aîné.
Jacques Gasnault précise : « les personnes qui ont été contaminées il y a longtemps n'ont généralement pas le même profil clinique que celles diagnostiquées plus récemment. En effet, elles n'ont pas bénéficié tout de suite des traitements antirétroviraux efficaces et ont souvent plus de problèmes de santé et d'autonomie ».
A cette réalité médicale, s'ajoute la situation sociale : du fait de leur histoire de vie, les patients VIH sont souvent plus isolés et plus vulnérables. Tout concorde à rendre l'institutionnalisation plus précoce. Les demandes de prise en charge et d'hébergement de ces patients devraient donc prochainement se multiplier.
De plus en plus, le VIH est donc une maladie du sujet âgé, d’autant que la proportion des plus de 50 ans (17 %) parmi les nouveaux diagnostics est supérieure à celle des moins de 25 ans (13 %) et elle augmente régulièrement depuis 10 ans [1]. Par ailleurs, aujourd'hui, plus d'une nouvelle contamination sur deux survient après des rapports hétérosexuels. L'image longtemps accolée au VIH est ainsi fausse. « Il est d’ailleurs probable que certains Ehpad accueillent des personnes séropositives, sans qu'elles soient diagnostiquées », suggère Elisabeth Baer, cadre de santé à l'Ehpad Tiers Temps. Les professionnels impliqués dans ces différentes structures doivent en être conscients.

Réticence et préjugés

Plusieurs enquêtes régionales [2] ont interrogé les Ehpad sur la question de l'accueil d'une personne infectée. Parmi les répondants, beaucoup ont déclaré que le « VIH constitue un frein à l'admission ». Motif : le manque de préparation des équipes.
« Quand le VIH est apparu dans les années 1980, nous étions tous largement informés. Mais ce niveau d'information a progressivement diminué. Chez les soignants qui ne travaillent pas directement auprès de ces patients, le niveau de connaissance sur les voies de contamination ou sur les progrès thérapeutiques est parfois faible », souligne Sylvie Davidian, pharmacienne hygiéniste au CH de Chalon-sur-Saône. « Quand nous consacrons des sessions au VIH, nous sommes toujours étonnées de la nature des questions, notamment sur les modes de contamination », ajoute cette pharmacienne qui encadre une équipe mobile d'infirmières hygiénistes et assure des formations dans les établissements médico-sociaux du département. Des questions sur les risques à toucher ou embrasser une personne sur la joue ne sont pas rares…, relate-t-elle.
Il est étonnant de constater à quel point le VIH concentre de telles craintes : « il fait bien plus peur que le virus de l'hépatite B alors qu'il est beaucoup moins contaminant, a fortiori si la charge virale du patient est contrôlée par le traitement », explique Isabelle Ravaux, vice-présidente du COREVIH (Comité de coordination régionale de la lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine) PACA Sud-Ouest Corse.
Mais la crainte d'une contamination accidentelle au sein de la structure n'est pas la seule qui soit exprimée. La façon dont les autres résidents ou leur famille pourraient recevoir l'information si elle était ébruitée est souvent évoquée… « Nos interventions doivent donc aborder aussi l'importance du secret médical. Dans certaines Ehpad, la demande d'admission d'un patient VIH fait parfois vite le tour de l'établissement et s'ébruite bien au-delà des professionnels chargés du soin », remarque ce médecin .

Former pour éviter les refus

« On a vingt-cinq ans de retard », martèle Isabelle Ravaux qui regrette le manque de sollicitations des COREVIH pour former les équipes. « On se rend compte que tout ceci repose sur une représentation fantasmagorique de la maladie, comme celle qui pouvait avoir cours au début de l'épidémie. La connotation de la sexualité et du comportement des personnes qui se sont infectées entrent aussi en ligne de compte ». Nathalie Levasseur, cadre supérieur de santé de l'Ehpad de Bourg Achard dans l’Eure, complète : « lorsque nous avons eu une formation dédiée avec d'autres établissements, les discussions qui ont été engagées ont montré que certains se sentaient peu concernés par la maladie qui, pour eux, ne touche pas le milieu rural ».
La formation des équipes dans les établissements apparaît indispensable pour faire évoluer les connaissances et les mentalités. Elle est d'ailleurs l'une des recommandations du rapport de la Direction Générale de la Santé (DGS) de 2013, dédié à la question du vieillissement des personnes VIH [3]. Maryse Lierre confirme : « avant d'accueillir Yves*, nous avions prévu plusieurs sessions sur le sujet dans le programme de formation du personnel soignant et non soignant. Je pense que cela a clairement permis de dédramatiser et de préparer le terrain pour son accueil car, lorsque nous avons discuté de son admission avec les équipes, toutes les craintes avaient été dissipées ».
L'Ehpad accueille aussi une patiente VIH depuis plusieurs années. « C'est lorsque nous avons présenté son dossier lors d'une réunion d'équipe que les questions ont fusé, raconte Elisabeth Baer. Cela concernait surtout la question de la prévention des contaminations. Epaulé par notre médecin coordonnateur, nous leur avons délivré une formation sur le VIH. Mais il a aussi fallu rappeler que les bonnes pratiques autour des déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI) et de la prévention des accidents d'exposition au sang suffisent à répondre à ce type de risque ». L'infirmière ne cache pas que quelques soignants ont beaucoup recouru aux gants pour assurer leurs actes durant les toutes premières semaines,...

Une pathologie coûteuse pour les Ehpad

La stigmatisation que crée le VIH est une réalité, mais elle ne constitue pas le seul argument. Dans son rapport, la DGS avance d'autres explications comme le coût du traitement. Le VIH peut être considéré comme une pathologie onéreuse avec un coût mensuel du traitement antirétroviral compris entre 600 et 900 euros. Les établissements ayant opté pour le forfait soins peuvent être amené à écarter la demande d'admissions si elles n'ont pas le moyen de basculer le surcoût sur le patient ou si elles n'ont pas une enveloppe exceptionnelle de prise en charge en sus pour ces médicaments.
Autre frein : le dossier médical. Les établissements sont autonomes et choisissent l'admissibilité d'une personne selon leurs capacités propres et selon l'adéquation entre le profil du patient, les résidents déjà hébergés et le projet d'établissement. Le décalage peut être réel. Dans tous les cas, l'accueil en Ehpad d'un patient VIH se prépare, comme le souligne le rapport de la DGS, au travers d’une sensibilisation, d’une information et de réflexions en interne.
Caroline Guignot
*Le prénom a été changé
[1] Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire 9-10, 24 mars 2015. Consultable sur invs.sante.fr
[2] COREVIH Bourgogne Franche Comté, Lyon Vallée du Rhône, Ile de France Nord
[3] DGS. Etude sur la prise en charge des personnes vieillissantes vivant avec le VIH/SIDA. Mars 2013.
fil - 17 Jan 2017 - 10:26
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIEILLISSEMENT ET VIH, LE SUJET INTÉRESSE L’ONUSIDA

Vieillissement et VIH. C’est le sujet qu’a traité le 8 décembre dernier la 39e réunion du Conseil de coordination du programme (CCP) de l’Onusida. Une occasion de revenir sur quelques chiffres et quelques enjeux. Sur les 36,7 millions de personnes qui vivaient avec le VIH en 2015 : 5,8 millions étaient âgées de 50 ans ou plus. Pour les participants à la réunion : "Une riposte au sida couronnée de succès doit permettre d’"étendre l’accès équitable au traitement en proposant des services de santé intégrés centrés sur les individus et adaptés à leur âge".

"Les personnes de plus de 50 ans doivent bénéficier d’un accès identique à la protection sociale, à l’emploi et à l’intégration sociale", a avancé le CCP. Les participants ont abordé la question sous deux angles principaux : les enjeux pour les personnes vivant avec le VIH et les enjeux pour celles qui sont séronégatives. Concernant ces dernières, le CCP a insisté sur la "vulnérabilité au VIH des personnes de plus de 50 ans et l’importance des programmes de prévention, de dépistage et d’orientation vers les soins qui soient adaptés à l’âge. "Les personnes de plus de 50 ans ont les mêmes besoins que les plus jeunes en termes de prévention", explique un communiqué de l’Onusida qui mentionne les "besoins spécifiques des seniors qui consomment des drogues et exercent en tant que professionnel(le)s du sexe, ainsi que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les personnes trans".

L’attention apportée aux personnes vivant avec le VIH de plus de 50 ans a porté sur "les leçons à tirer" de leurs expériences et "les manières d’appliquer les leçons acquises pour une riposte au sida efficace. Pour les participants, l’un des enjeux concernant les personnes séropositives qui avancent en âge est la mise en place d’une "approche tout au long de la vie" et celle d’un "système bien équipé pour la santé qui anticipe et réponde aux besoins des personnes vivant avec le VIH et exposées au risque à mesure qu’elles avancent en âge".

http://www.unaids.org/fr/resources/pres ... and-ageing
fil - 21 Jan 2017 - 12:15
Sujet du message: Re: VIH : Publications
EXCLUSIF. Suite à notre enquête, le faux médicament Immunorex a été suspendu en Afrique

Suite à notre enquête sur le faux médicament Immunorex, l'OMS et l'Onusida ont alerté les pays africains sur ce produit présenté comme efficace dans le traitement du sida. La RDC, premier pays à lui avoir accordé une autorisation de mise sur le marché le 1er décembre 2016, vient tout juste de suspendre sa commercialisation.

OMS. Le 1er décembre 2016, nous révélions sur notre site l’existence du trafic d’un faux médicament anti-VIH entre la France et l’Afrique. Ce médicament, appelé Immunorex DM28, venait tout juste d’être mis sur le marché en République démocratique du Congo (RDC), et ce avec le soutien de deux scientifiques de renommée internationale : le Francais Jean-Claude Chermann, codécouvreur du VIH et le Canadien Mark Wainberg, découvreur de la 3TC, l’une des molécules les plus utilisées par l’industrie pharmaceutique pour l’élaboration des trithérapies.

“Immunorex n’est pas un médicament recommandé pour le traitement du VIH par l’OMS”

Nous venons d’apprendre que le ministère de la santé de la RDC a décidé le 19 janvier, de suspendre temporairement l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit Immunorex sur son territoire, et ce le temps qu’une enquête vérifie les allégations avancées par ses promoteurs. Cette suspension est consécutive aux nombreuses alertes émises, notamment par l’Onusida (le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida), l’Organisation mondiale de la santé et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à la suite de nos révélations du 1er décembre. Dans un message commun, reçu ce 19 janvier, l’OMS et l’Onusida nous ont confié un avis clair et simple sur ce produit que nous dénoncions : “Immunorex n’est pas un médicament recommandé pour le traitement du VIH par l’OMS.” Un message précisant que l’OMS comptait prendre des mesures de suivi sur cette affaire.

COMITÉ SCIENTIFIQUE. Immunorex est un produit à base de DHEA, inventé par le professeur Donatien Mavoungou, originaire du Gabon et soutenu par l’IIDSRSI, un obscur institut français créé et présidé par Michel-Paul Correa. En 2011, ce dernier rencontre Jean-Claude Chermann pour lui présenter Immunorex. Le virologue lui conseille alors de créer un comité scientifique dont il prend la présidence. La vice-présidence revient à Mark Wainberg, une vieille connaissance du professeur Donatien Mavoungou. Ce comité scientifique est en fait un leurre qui n’a pour seule vocation que de cautionner avec des noms prestigieux un produit qui n’a jamais fait la preuve de son efficacité dans le traitement du sida. Pire, quelques mois seulement avant la constitution du comité scientifique, Immunorex avait été interdit au Gabon, son pays d’origine. À l’époque, il ne s’appelait pas Immunorex DM28 mais Immunor IM28. "Nous avons été appelés à donner notre avis sur ce sujet en 2010 et 2011 et avons conclu que l’IM28 de Donatien Mavoungou n’était pas un médicament contre le sida et qu’il ne pouvait être vendu. Nous avons présenté toute l’argumentation au Conseil scientifique national, qui avait fort heureusement décidé du retrait de ce produit alors vendu, de façon aussi incroyable qu’invraisemblable, dans une pharmacie de Libreville. Ladite pharmacie avait d’ailleurs été fermée le temps de l’enquête par l’Inspection générale de la Santé", nous avait confié lors de notre enquête le professeur Franck Idiata, commissaire général du Cenarest, le centre national de la recherche scientifique du Gabon.

Si aujourd’hui Immunorex est suspendu en RDC après avoir été interdit au Gabon, rien ne dit qu’il ne réapparaitra pas dans un autre pays, sous un autre nom. Lors de nos échanges, Michel-Paul Correa, le président de l'IIDSRSI, nous avait indiqué avoir fait des demandes d’AMM pour la République du Congo, le Cameroun, la Côte-d'Ivoire, le Sénégal, l'Angola, le Nigeria, le Togo, la Tunisie, le Bénin et même le Kazakhstan. De son côté, l’Onusida nous a assurés qu’elle avait alerté ces pays sur l’éventuel lancement de ce produit.

Dans le daté mars de notre magazine (n°841), nous reviendrons en détails sur Immunorex et sur les nombreuses fraudes et escroqueries qui entourent cette affaire.

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/ex ... que_109932

SIDA : Des scientifiques renommés impliqués dans un trafic de faux médicament entre la France et l'Afrique

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/si ... que_108543
fil - 21 Jan 2017 - 17:08
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Tout ce que vous voulez savoir sur Immunorex (ou presque) c’est ici, avec le professeur D. Mavoungou

http://www.comitedesfamilles.net/nos-em ... savoir-sur
fil - 31 Jan 2017 - 05:29
Sujet du message:
Prise en charge du VIH – Recommandations du groupe d’experts
le 30 janvier 2017



http://cns.sante.fr/actualites/prise-en ... -dexperts/
fil - 01 Fév 2017 - 11:16
Sujet du message:
Sida : les séropositifs ont davantage de risques de développer un diabète (étude)

Les personnes séropositives sont davantage susceptibles de développer un diabète, y compris en l'absence de facteurs de risque comme l'obésité, selon une étude publiée mardi.

Sur un échantillon représentatif de 8.600 personnes traitées aux États-Unis pour le VIH en 2009 et 2010, 10,3% étaient atteintes de diabète, montre cette étude, publiée dans la revue médicale britannique BMJ Open Diabetes Research and Care.

Il s'agissait de diabète de type 2, le plus courant, pour plus de la moitié (52%) d'entre eux, de type 1 pour 4% et de type non déterminé pour 44%.

Dans la population adulte des États-Unis en général, la proportion de diabétiques n'est que de 8,3%, ajoute l'étude, à partir de l'analyse d'un autre groupe représentatif.

Parmi le groupe de séropositifs, la fréquence du diabète augmentait avec l'âge, l'obésité, et l'ancienneté du diagnostic de VIH, soulignent les chercheurs, basés à Atlanta (Sud des États-Unis).

Mais même en écartant ces facteurs, ainsi que d'autres possibles facteurs de confusion (sexe, appartenance ethnique, niveau d'éducation et de revenu ou encore taux d'infection par l'hépatite C), la proportion de diabétiques est 3,8% plus élevée dans le groupe de séropositifs analysés que dans la population générale, ajoutent-ils.

Depuis l'apparition de traitements efficaces contre le VIH, les personnes infectées vivent suffisamment longtemps pour être touchées par d'autres maladies telles que les affections cardiovasculaires et le diabète.

Le lien entre VIH et diabète a déjà été évoqué mais reste très contesté, rappelle l'étude, qui n'avance pas d'explication pour cette fréquence plus élevée du diabète chez les séropositifs.

Des recherches supplémentaires permettront de décider si l'infection par le VIH doit désormais figurer parmi les facteurs de risque du diabète et d'adapter en conséquence le suivi de cette population, concluent les chercheurs.

Une enquête menée en France en 2015 par l'Observatoire Santé Info Solidarité avait mis en évidence un "vieillissement accéléré" des personnes séropositives, touchées plus fréquemment et plus tôt par des maladies chroniques telles que le diabète, l'hypertension et les maladies cardiovasculaires.

"Cette sénescence accélérée est liée à plusieurs facteurs: traitements qui avaient été administrés, un effet probablement direct du virus lui-même et surtout une inflammation chronique délétère pour les cellules et qui entraîne un vieillissement du cerveau, des reins, du foie", avait alors évoqué le Pr Gilles Pialloux, spécialiste du Sida (Hôpital Tenon, Paris).

http://www.notretemps.com/sante/sida-le ... ge,i133543
fil - 06 Fév 2017 - 17:26
Sujet du message:
Effet de l’anticorps neutralisant VRC01 sur le rebond de la charge virale après interruption thérapeutique

L’utilisation d’anticorps monoclonaux neutralisants vis à vis du VIH est une stratégie possible dans un objectif préventif ou thérapeutique. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’effet de l’administration du VRC01 sur le rebond virologique après interruption du traitement antirétroviral chez les patients infectés par le VIH. Le VRC01 est un anticorps neutralisant à large spectre ciblant le site de liaison CD4. Les auteurs rapportent les résultats de deux essais ouverts (A5340 et NIH 15-I-0140) menés chez des patients traités par antirétroviraux et en suppression virologique, évaluant l’efficacité antivirale, la tolérance et le profil pharmacocinétique du VRC01. Les patients n’ont pas été pré-sélectionnés sur la sensibilité virale vis à vis de la neutralisation par le VRC01.

Les patients recevaient des perfusions IV de VRC01 pendant 3 semaines. Après la première semaine de traitement, le traitement antirétroviral était arrêté et les patients suivis chaque semaine pour évaluer une baisse éventuelle des CD4 (<350> 200 copies/ml confirmé soit par une mesure supérieure à 1000 copies/ml soit 3 mesures consécutives supérieure à 200 copies/ml).24 patients ont été inclus dans les deux essais. L’administration de VRC01 n’a pas permis de suppression virologique durable. La durée médiane du rebond était de 4 semaines dans l’essai A5340 et 5,6 semaines dans l’essai NIH. Comparés à des contrôles historiques les participants avaient un taux de suppression virologique plus important à la semaine 4 (S4) mais sans différence signification à S8. L’analyse des populations virales avant traitement antirétroviral ainsi qu’avant et après l’interruption du traitement montre que les anticorps neutralisants exercent une pression de sélection aboutissant à la sélection de souches préexistantes et à l’émergence de virus résistants à l’effet neutralisant.

Les auteurs concluent que le VRC01 retarde modérément le rebond virologique après interruption de traitement antirétroviral, mais ne permet pas le maintien d’une suppression virologique à S8. Ces résultats confirment que la stratégie d’immunisation passive nécessite l’utilisation d’anticorps neutralisants ne ciblant pas qu’un seul site de la glycoprotéine d’enveloppe du VIH et peut être d’autres sites.

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1608243
fil - 09 Fév 2017 - 18:43
Sujet du message:
Revue systématique et méta-analyse des différentes interventions permettant d’améliorer l’observance aux traitements antirétroviraux.

L’objectif de cette méta-analyse était d’évaluer l’efficacité des interventions favorisant l’observance thérapeutique afin d’aider l’OMS dans ses recommandations de prise en charge. Les auteurs ont réalisé une étude systématique de la littérature (Cochrane, Embase, Medline) jusqu’en juillet 2015 et une méta-analyse à partir des études sélectionnées, prenant en compte les caractéristiques des patients, les interventions et le devenir des patients. Ils ont utilisé une méthode de méta-analyse en réseau permettant des comparaisons directes au sein d’essais contrôlés randomisés et de comparaisons indirectes entre les essais sur la base de comparateurs communs. Ils ont ainsi regroupé les interventions : standard of care (SOC) (information donnée à l’instauration du traitement sur les conditions de prises médicamenteuses et l’importance de l’observance), standard of care optimisé (eSOC) (entretien motivationnel et conseils sur l’observance), support par appel téléphonique, par SMS, formation comportementale, interventions de soutiens (soutiens par les pairs, visites à domicile…), incitations, interventions de rappel.

85 essais ont été retenus pour l’analyse, regroupant ainsi 16271 patients. L’utilisation de SMS était supérieure aux SOC pour améliorer l’observance, en analyse globale (odds ratio [OR] 1.48, IC 95% 1.00-2.16) et dans l’analyse sur les seuls pays à revenus bas ou limités (OR 1·49, 1·04-2·09). Par un effet additif, les interventions multiples favorisent une meilleure observance lorsqu’elles sont comparées aux interventions uniques. Concernant l’effet sur la suppression virologique, seules les thérapies cognitivo-comportementales (1·46, 1·05-2·12) et les interventions de soutien (1·28, 1·01-1·71) étaient supérieures au SOC de manière globale. Aucune des interventions mises en place n’a amélioré l’état virologique dans les pays à revenus bas ou limités. De même, les analyses complémentaires suggèrent que les effets positifs des différentes interventions diminuent avec le temps. Les auteurs concluent que plusieurs interventions peuvent permettre d’améliorer l’observance et d’avoir un impact sur le statut virologique des patients, mais leurs résultats s’avèrent modestes et s’atténuent avec le temps. Ces résultats doivent aussi permettre d’orienter la recherche pour optimiser les stratégies visant à favoriser l’observance : toujours mieux cibler les patients à risque et pouvant bénéficier d’interventions adaptés, et plus particulièrement les enfants et les adolescents. Mieux comprendre le rôle de la diminution des effets secondaires et adapter ainsi les stratégies dans le temps. Il apparaît enfin nécessaire de normaliser les interventions en matière d’observance, pour permettre d’améliorer la comparabilité des études et de mieux formuler les futures recommandations. Objectifs difficiles à concilier si le plus efficace était la personnalisation des stratégies !!

Lancet HIV. | Lancet HIV. janv 2017;4(1):e31 40.
Kanters S, Park JJH, Chan K, Socias ME, Ford N, Forrest JI, et al
fil - 16 Fév 2017 - 18:10
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ABX464 : la molécule montpelliéraine qui va alléger le traitement des malades du Sida

En matière de recherche anti-VIH,Montpellier pourrait bien apporter sa pierre à l’édifice. Chez Abivax, on fonde en tout cas de grands espoirs sur ABX464, une molécule qui pourrait changer le quotidien des personnes porteuses du virus.

Cette société de biotechnologie, dont les travaux de recherche et de développement sont implantés dans la capitale héraultaise, a uni ses efforts en septembre dernier, avec le CNRS et l’université de Montpellier, pour booster la découverte de nouveaux traitements. Et question Sida, ça avance, si l’on en croit les responsables de l’entreprise.

« On n’élimine pas le virus, on parvient à le contrôler »

ABX464, la molécule qui fait l’objet de toutes les attentions au sein d’Abivax, déploierait, une fois administrée au patient, un mécanisme qui entraînerait une baisse de la charge virale. « Une personne atteinte par le VIH est obligée de prendre son traitement tous les jours, explique Didier Scherrer, le vice-président de la société, qui emploie 35 salariés. Si le traitement est arrêté, le virus se multiplie, et reprend de plus belle. »
Or, une expérience pratiquée sur des souris porteuses du virus a permis de démontrer dernièrement qu’une fois la molécule administrée, le « rebond » du VIH est beaucoup, beaucoup moins important une fois la trithérapie arrêtée. « Cela ne signifie pas que l’on élimine le virus dans l’organisme, mais on arrive à le contrôler », reprend Didier Scherrer

Une étude sur des patients livrée en avril

ABX464 pourrait ainsi, si son efficacité est prouvée dans les prochaines années, simplifier le quotidien des personnes atteintes par le virus du Sida, dont le traitement est lourd : la fréquence d’administration et la durée du traitement avec cette nouvelle molécule pourraient être bien inférieures à celles des traitements actuels contre le VIH.
« Une étude sur 28 personnes porteuses du VIH, qui respectent leur trithérapie, et qui reçoivent en même temps la molécule ABX464 vient d’être menée, souligne le professeur Jamal Tazi. Les résultats seront connus à la fin du moins d’avril. » Si les résultats s’avèrent concluants, Abivax espère une mise sur le marché d’ici 2020.

http://www.20minutes.fr/montpellier/201 ... ontre-sida

ABX464

http://www.abivax.com/fr/produit-en-dev ... bx464.html
fil - 17 Fév 2017 - 12:09
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Pourquoi les porteurs du VIH sont-ils si peu vaccinés contre la grippe ?

Les guidelines internationaux préconisent le vaccin contre la grippe pour les patients porteurs du VIH. Une recommandation qui ne semble pas très bien suivie, si l’on en croit une enquête réalisée dans le service des consultations externes pour patients séropositifs de l’hôpital de Vienne. Au total, 455 patients ont répondu à

l’enquête (359 hommes et 96 femmes) et il s’avère que seulement 11,9 % d’entre eux avaient été vaccinés contre la grippe au cours de la saison précédente.
Ce faible taux interpelle, d’autant que des études menées dans d’autres pays européens montre des taux de couverture vaccinale, certes supérieurs à celui retrouvé ici, mais quand même loin des objectifs et nettement inférieurs à celui des USA. En France par exemple, deux enquêtes révélaient, l’une un taux de 21 %, l’autre de 31 %. Les auteurs ont donc cherché à repérer quelles raisons poussaient les patients à refuser le vaccin et au contraire les circonstances qui favorisaient la vaccination.

Pour les premières, la crainte des effets indésirables est l’argument le plus souvent avancé par 39 % des patients. Vient ensuite le fait de considérer que la grippe n’est pas une maladie grave (36 %) et que cela ne mérite pas de risquer de compromettre l’évolution de l’infection par le VIH par un déséquilibre du système immunitaire que pourrait entraîner la vaccination (17 %). Enfin, 16 % des patients pensent que la vaccination ne sera pas efficace, du fait de l’atteinte de leur système immunitaire.

Les media semblent jouer un rôle crucial dans l’élaboration de ces arguments. En effet, 21 % et 15 % des patients accusent les articles ou les reportages émettant des idées négatives vis à vis de la vaccination d’être à l’origine de leur refus de la vaccination. En revanche, les auteurs ont identifié une circonstance qui a un impact considérable sur la décision de se faire vacciner. Il s’agit du conseil par le médecin traitant ou par le spécialiste VIH : la probabilité de la vaccination est 13 fois supérieure parmi les patients à qui elle a été recommandée par ces professionnels au cours d’une consultation.

Notons que les craintes de voir le cours de la maladie bousculé par le vaccin ne sont pas complètement infondées. Les travaux ont en effet montré une augmentation transitoire de l’ARN viral après la vaccination. Les taux reviennent toutefois rapidement à leur valeur initiale et n’ont pas d’incidence clinique. Plusieurs travaux ont aussi montré que la réponse au vaccin n’était pas toujours d’aussi bonne qualité, notamment chez les personnes dont le taux de CD4 est bas. Pour autant, il existe suffisamment de preuves pour dire que la vaccination contre la grippe est une mesure sûre et efficace dans ce groupe de patients.

RÉFÉRENCES
Harrison N et coll. : Predictors for and coverage of influenza vaccination among HIV‐positive patients: a cross‐sectional survey.
HIV Medicine 2016 ; AOP: 10.1111/hiv.12483
fil - 17 Fév 2017 - 12:14
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Espagne : vers une détection du VIH une semaine après contamination

Grâce à un nouveau biocapteur, les premiers résultats pourraient même être connus le jour même du test.

Le Conseil supérieur des recherches scientifiques (CSIC) en Espagne a breveté une nouvelle technologie permettant de détecter le virus de l'immunodéficience humaine (VIH-1) «seulement une semaine après l'infection». Actuellement, quand une personne a pris un risque, il faut attendre plusieurs semaines pour que la contamination soit détectable.

«Une équipe du CSIC a développé un biocapteur qui peut détecter le VIH de type 1 pendant la première semaine après l'infection», a annoncé dans un communiqué la plus importante institution publique dédiée à la recherche en Espagne. Les expériences - réalisées avec du sérum humain, le liquide sanguin débarrassé de ses cellules et des protéines de la coagulation - détectent une protéine présente dans le virus de type VIH-1, l'antigène p24, par un dispositif particulier.

Améliorer l'efficacité des traitements


«Il permet en quelque sorte de «prendre en sandwich le p24 entre des nanoparticules d'or et des structures micromécaniques de silicium», explique le chercheur Javier Tamayo, 46 ans, de l'Institut de microélectronique de Madrid, selon lequel les signaux mécaniques et optiques qui sont produits permettent de détecter l'antigène. «Cette nouvelle technologie est capable de détecter l'antigène p24 dans des concentrations 100 000 fois inférieures» à celles des systèmes actuels, assure une autre chercheuse du CSIC, Priscila Kosaka, 37 ans, de l'Institut de microélectronique de Madrid, dans le communiqué.

Cela réduit la période de temps où le virus est indétectable, après l'infection à «seulement une semaine», dit-elle. Or, souligne l'institution, la détection précoce est un facteur clef pour améliorer l'efficacité des antirétroviraux et empêcher la propagation de la maladie. Avec les tests actuels de quatrième génération, la détection de l'antigène P24 ne peut se faire que trois ou quatre semaines après l'infection, selon le CSIC.

Des résultats le jour même du test


Le dispositif permettrait par ailleurs d'obtenir des résultats cliniques en moins de cinq heures, soit le jour même du test, vante Javier Tamayo. Il utilise ausi «des structures qui se fabriquent avec des technologies bien établies en microélectronique, ce qui permet sa production à grande échelle et à faible coût», assure-t-il.

Deux millions et demi de personnes sont encore infectées chaque année dans le monde par VIH, responsable du Syndrome d'immunodéficience acquise (sida). En 2015, 36,7 millions de personnes dans le monde vivaient avec le virus. Plusieurs vaccins prometteurs sont aujourd'hui en phase de test.
leparisien.fr
fil - 25 Fév 2017 - 15:35
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Humanité 1, VIH 0! Un vaccin a supprimé le virus du sida chez cinq patients, et tout ça sans médicaments quotidiens

Le virus du sida peut commencer à trembler! Les médecins ont réalisé une avancée majeure pour l'éradication du virus qui a fait tant de victimes dans le monde. Ils ont mis au point un traitement combinant un vaccin contre le VIH et un médicament utilisé contre le cancer. L'avantage de ce traitement? Les patients ne sont pas obligés de prendre des médicaments tous les jours.
En août 2016, Médecins Sans Frontières estimait le nombre de personnes infectées par le virus du sida à environ 33 millions. Le virus est toujours aussi meurtrier, surtout en Afrique. Mais cette découverte de médecins anglais redonne de l'espoir à l'Humanité. En effet, lors d'essais cliniques sur 24 patients, cinq d'entre eux ont complètement été débarrassés du virus. Parmi ces cinq chanceux, un individu n'a pris aucun médicament pendant sept mois, explique le New Scientist!

Pour ce faire, les chercheurs ont combiné un vaccin contre le VIH et un médicament généralement utilisé pour combattre la cancer. Le virus du sida a cessé de se propager chez cinq patients. La chercheuse à la tête du test, Beatriz Mothe, explique qu'elle et son équipe "sont sur le bonne voie pour offrir une alternative à la trithérapie".

Un vaccin non-préventif

Généralement, les vaccins sont préventifs: on les prend pour éviter de choper une maladie. C'est le cas avec le vaccin contre le tétanos, les oreillons ou la rougeole. Mais ici, le vaccin se prend alors que l'on a déjà contracté le virus. Mitchell Warren a expliqué à l'Independant: "Un vaccin thérapeutique qui pourrait offrir un contrôle continu du virus sans avoir à prendre des pilules tous les jours est une avancée énorme dans le combat contre le sida."

Comment ça s'est pratiquement passé? Les chercheurs ont donné à des patients ayant récemment contracté le virus du sida deux vaccins qui boost la production de globules blancs. Ces globules blancs peuvent reconnaitre et détruire les cellules infectées par le virus du sida.

Un traitement pas encore efficace à 100%

Pendant trois ans, ces patients ont continué à prendre leur trithérapie tandis que les chercheurs contrôlaient les réponses de leur système immunitaire. Ensuite, 15 patients ont reçu une dose de rappel des vaccins. Ils ont également ajouté un médicament généralement utilisé contre le cancer appelé romidepsin. Ce médicament est capable de débusquer le VIH, même si celui-ci n'est pas actif.

Parmi les patients, le virus du sida a repris du poil de la bête et a continué à se répandre chez dix d'entre eux. Ceux-la on dû continuer leur trithérapie. Par contre, cinq patients se sont retrouvés libre du virus, tout simplement! Mieux, ils ont pu se passer de leur trithérapie pendant plusieurs semaines. Un d'entre eux n'a pas touché à ses pilules pendant sept mois!

Tu l'as compris, le traitement est loin d'être encore efficace à 100% mais tout de même, il est déjà assez rare d'éradiquer le virus même chez quelques patients isolés. Cela donne de l'espoir pour l'avenir: si ce traitement est amélioré, les résultats pourraient être encore plus significatifs. On a peut-être trouvé la solution pour mettre fin à l'une des guerres les plus longues et difficiles de l'Humanité.

http://fr.newsmonkey.be/article/16231

New Scientist

https://www.newscientist.com/article/mg ... HIVTHERAPY
fil - 28 Fév 2017 - 19:25
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Vaccin contre le Sida: A Sophia Antipolis, «on n’a jamais été si proche du but, mais aujourd’hui les recherches sont coupées»

http://www.20minutes.fr/nice/2022039-20 ... b11c40440d
fil - 03 Mar 2017 - 12:47
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« VACCIN CONTRE LE SIDA, » ATTENTION AUX EFFETS D’ANNONCE !

Mardi 28 février, le laboratoire Biosantech a déclaré être à la veille de proposer un vaccin contre le virus du sida et se trouver bloqué par le retrait d’un financement. Chez AIDES, on dénonce un énième effet d’annonce qui risque de donner de faux espoirs aux personnes vivant avec le VIH et banaliser le virus.

« Si le sujet n’était pas aussi grave, on pourrait presque parler d’un marronnier : chaque année ou presque depuis 1999, le Dr Erwan Loret annonce la mise au point d’un vaccin miracle contre le VIH. Curieusement, ces découvertes miraculeuses du Dr Loret et du laboratoire Biosantech arrivent toujours à la veille du Sidaction ou de la journée mondiale de lutte contre le sida, et s’accompagnent presque systématiquement d’une levée de fonds du laboratoire. Sauf que 17 ans après, on ne voit toujours rien venir » explique Christian Andreo, directeur général adjoint de AIDES. « Ces recherches n’ont généré à ce jour qu’une seule publication scientifique, elle-même fortement contestée par de nombreux experts en virologie. Le candidat-vaccin en question n’a rien de miraculeux, d’autant qu’il s’agit (dans l’hypothèse où la recherche aboutirait un jour) d’un vaccin thérapeutique destiné à des personnes déjà infectées et dont l’intérêt se limiterait à contrôler l’infection et non à guérir les personnes touchées » précise-t-il.

Pour Christian Andreo, « ces annonces successives, évoquant sans rougir une « mise sur le marché imminente », relèvent à tout le moins d’une forme de malhonnêteté intellectuelle. Cette recherche récurrente du buzz à laquelle le Pr. Loret nous a habitués-es est problématique à plus d’un titre : elle fait naître de faux espoirs parmi les personnes touchées et contribue à banaliser l’infection à VIH dans le grand public en laissant entendre, annonce après annonce, qu’il sera bientôt possible d’en guérir. »

Loin de se positionner contre la recherche médicale, il explique « toute avancée scientifique doit être saluée et va dans le bon sens. C’est justement parce que nous sommes du côté de la science que nous ne pouvons accepter de telles méthodes. Des annonces de vaccin miracle, émanant de scientifiques en mal de notoriété ou de laboratoires en quête de mécènes, nous en avons a minima 3 ou 4 par an depuis 30 ans. Aucun n’a, à ce jour, été suivi de réels effets. On ne le dira jamais assez : les résultats scientifiques doivent être maniés avec la plus grande prudence. Les personnes touchées méritent au moins ça. » Prudence donc quant aux effets d’annonce !

Plus d'infos sur Les Inrocks et L'Express

http://www.aides.org/actualite/vaccin-c ... s-dannonce
fil - 07 Mar 2017 - 11:27
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«Le sida a fait progresser le respect dû au malade»

Interne au début des années 80, le Pr Gilles Pialoux raconte comment le VIH est devenu, en trois décennies, une maladie «comme les autres», tout en alertant sur les actuels ratés dans le dépistage.

Hôpital Tenon, à Paris, le 21 février. Rendez-vous est pris avec Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales, spécialiste du sida et chroniqueur santé à Libé dans les années 80 sous le pseudo de «Gilles Pial». Je suis d’origine afghane et diplômé en microbiologie de l’université Azad de la ville de Jahrom, en Iran. Dans le cadre de mon activité en laboratoire, j’ai fait des recherches sur les maladies infectieuses comme l’hépatite et le sida. Où en est l’épidémie en France ? Comment les malades sont-ils pris en charge ? En Iran et en Afghanistan, les porteurs du HIV sont considérés comme des délinquants sexuels, jugés coupables de relations «illégitimes» telles que l’adultère ou l’homosexualité. Ils sont exclus. Cela pousse les malades à ne pas se soigner, au risque de contaminer d’autres personnes.

«Ségrégation».

«Ici, nous suivons 3 000 patients infectés par le virus. En France, 150 000 personnes vivent avec le sida. La moitié d’entre elles habitent à Paris. Nous faisons partie des gros centres de soins», explique le Pr Pialoux, qui qualifie cette maladie de «singulière» : «C’est d’abord une pathologie nouvelle. Sa visibilité a seulement trente-cinq ans. Nous, les médecins qui avons des cheveux blancs, on s’en souvient. Je suis arrivé ici en 1983, comme interne. J’ai vu mon premier patient du sida au moment où on découvrait le virus. J’ai connu les années noires d’avant la trithérapie, en 1996. Il y avait un décès tous les trois jours, environ 120 morts par an. Actuellement, il y a douze décès annuels, c’est dix fois moins. Aujourd’hui, pour les infirmières qui n’ont pas vécu les années sombres, le sida est une maladie comme les autres. » Mais, explique-t-il, cette maladie est spécifique, car «à la fois publique et très privée. Le premier mode de contamination restant la voie sexuelle». Enfin, «même si cela s’est beaucoup amélioré, le sida reste synonyme de ségrégation. Etre séropositif dans certains pays peut vous valoir d’être discriminé, voire mis en prison. Vous êtes mieux placé que moi pour le savoir !»

En Iran, une loi interdit l’humiliation et l’insulte envers les malades, mais elle n’est pas respectée. Le malade doit être déclaré à la police, pour une mise sous surveillance souvent très néfaste car il subit des pressions psychologiques, un isolement et une mise en quarantaine. Des conditions qui aggravent son état, voire peuvent précipiter son décès.

En France des problèmes subsistent. Le Pr Pialoux : «Le plus compliqué est l’aspect individuel et social : il reste une ségrégation au travail, des assurances plus chères, des emprunts refusés. Et même si les trithérapies sont efficaces, il y a toujours la peur de contaminer.» Son service compte une psychiatre et deux psychologues, dont une qui connaît bien les gays et les migrants. Des associations de malades sont aussi présentes : «Et nous dispensons une "éducation thérapeutique" avec des pharmaciens et des infirmières qui aident le patient à adapter son traitement à sa vie, et non l’inverse. Au fond, je crois que le sida a fait progresser le respect dû au malade.»

«Stratégies».

Dans l’Hexagone, les malades du sida sont pris en charge à 100 %. En Afghanistan ou en Iran, c’est très compliqué, même si, selon la règle de l’OMS, tous les malades du sida doivent bénéficier de soins gratuits. La France est-elle un exemple ? «Nous sommes dans un système de santé très privilégié. Si on regarde le nombre de séropositifs, combien sont dépistés et combien ont accès à un traitement qui jugule le virus, nous arrivons à 56 %. Aux Etats-Unis, avant Trump - je dis bien avant Trump et la fin de l’Obamacare -, c’était 30 %. Et puis la recherche française a toujours été en avance. On est deuxième ou troisième derrière les Etats-Unis. On a donc eu tôt les médicaments, les bonnes stratégies pour les délivrer, etc.»

Mais le Pr Pialoux ne le cache pas : l’épidémie continue, au même niveau depuis quelques années, voire progresse légèrement chez les gays. «Le deuxième point noir, c’est que sur 150 000 personnes infectées, quelque 30 000 non dépistées peuvent contaminer les autres. On devrait dépister tout le monde. Profiter d’un renouvellement de contraceptif ou d’un bilan de cholestérol pour proposer un test.» Faut-il pour autant rendre le dépistage obligatoire ? «Non, bien sûr. Mais en le rendant "banal", ce sera plus simple.»

Environ 16 000 malades du sida ont été recensés en Iran, dont 15 150 hommes. Et l’on estime que 70 000 personnes infectées ne sont pas identifiées et ne reçoivent aucun traitement. Comme en Afghanistan, la transmission a commencé avec le partage de seringues contaminées entre toxicomanes et s’est poursuivie via les relations sexuelles, y compris chez les gays.

Traduit du persan par Bahman Banafsheh Afshan

http://www.liberation.fr/france/2017/03 ... de_1553714
fil - 16 Mar 2017 - 05:11
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Découverte d’un marqueur du réservoir du VIH : une nouvelle piste pour éliminer le virus






http://web-engage.augure.com/pub/attach ... id=1904730

La découverte fondamentale de chercheurs français qui ouvre la porte à un traitement définitif contre le sida

Voilà plus de trente ans que les scientifiques cherchent un moyen de venir à bout du Sida. Si les trithérapies ont réussi à contenir l'action du VIH, il est pour le moment impossible d'éradiquer totalement le virus.

Mais les choses pourraient bien changer dans les années à venir grâce à une importante découverte réalisée par des chercheurs français, dont les travaux sont publiés ce mercredi 15 mars dans la revue Nature.

Si les traitements actuels ne peuvent éradiquer définitivement le VIH (et nécessitent la prise, à vie, de médicaments), c'est à cause des "cellules réservoirs". Appelées T CD4+, ces cellules immunitaires peuvent héberger une version dormante du VIH. Un peu comme des porteurs sains. Si la trithérapie est arrêtée chez un patient, le virus contenu dans ces cellules peut se réveiller, se multiplier et se répandre dans l'organisme.

Logiquement, une des pistes consiste à tuer ces cellules réservoirs. Mais autant chercher une aiguille dans une gigantesque botte de foin: il n'y a qu'un porteur sain pour un million de cellules T CD4+. La prouesse de l'équipe française est d'avoir trouvé un moyen pour identifier facilement ces réservoirs.

Un drapeau pour repérer les cellules infectées

"Nous avons mis en place un modèle de laboratoire qui récapitule les caractéristiques de la cellule réservoir", explique au HuffPost Monsef Benkirane, chercheur au CNRS de l'université de Montpellier, co-auteur de l'étude. Pour faire simple, ils ont réussi, in vitro, à infecter des cellules saines pour qu'elles deviennent des porteurs sains du virus. "Cela a été possible grâce à nos précédents travaux de 2011", précise-t-il.

Ils ont ensuite réussi à isoler 103 gènes qui sont actifs uniquement quand la cellule est contaminée par le VIH. Ces gènes servent notamment à créer une protéine bien spécifique, qui se trouve à la surface de la cellule et donc facilement identifiable, appelée CD32a.

Or, cette protéine n'est jamais présente sur une cellule saine, mais elle l'est sur la moitié des cellules réservoirs. Bref, une sorte de drapeau rendant visibles les réservoirs au milieu de la masse de cellules T CD4+.

"De plus, si l'on regarde les cellules contenant un virus compétent, qui peut infecter l'organisme, soit une sur dix, la protéine est présente dans 80% des cas", précise Monsef Benkirane. Ces résultats ont été obtenus à partir d'échantillons sanguins de douze patients atteints du VIH.

D'autres marqueurs d'ici un an ou deux?

Si l'on est encore loin d'un traitement définitif contre le VIH, il y a tout de même des raisons d'être optimiste. "La porte était fermée, elle est maintenant ouverte", lance Monsef Benkirane, qui met tout de même en garde: "Le VIH nous a beaucoup surpris, il faut rester prudent, on n'en est pas encore là".

Justement, quelles sont les perspectives? Il va dans un premier temps falloir préciser cette découverte: quel est vraiment le rôle de cette protéine, savoir combien de cellules réservoirs sont touchées et est-ce que celles qui ne sont pas présentes dans le sang disposent aussi de cette protéine.

Mais aussi vérifier si la centaine de gènes spécifiques découverts ne permet pas de trouver d'autres marqueurs pour cibler encore plus efficacement les cellules dormantes. Cela pourrait aller assez vite. "D'ici un an ou deux, on aura une cartographie complète", estime le chercheur.

"Un traitement pourrait arriver dans quelques années"

Si jamais tout se passait au mieux, "un traitement pourrait arriver dans quelques années", espère Monsef Benkirane, qui précise que beaucoup de chercheurs vont partir de cette découverte pour cibler les cellules réservoirs.

Ces travaux ont été réalisés via une collaboration entre le CNRS, l'Université de Montpellier, l'Inserm, l'Institut Pasteur, l'Institut de recherche vaccinale et plusieurs hôpitaux. Le CNRS a justement déposé un brevet sur l'utilisation de ce détecteur de cellules réservoirs.

Il faudrait pour autant de longues années pour qu'un hypothétique traitement soit ensuite vérifié et autorisé sur le marché. Il faut comme toujours rester prudent, en attendant de découvrir le chemin qui se dessine maintenant que cette porte est ouverte.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/15 ... _21895483/

Nature

http://www.nature.com/nature/journal/va ... 21710.html
fil - 22 Mar 2017 - 06:22
Sujet du message:
VIH : LES CELLULES RÉSERVOIRS AU CŒUR DU CURE

La question des réservoirs et de la guérison virologique représentent les pistes de recherche parmi les plus importantes dans le combat thérapeutique contre le VIH depuis 1996. Il y a un consensus dans la communauté scientifique sur le fait que la guérison du VIH passera par le ciblage et la destruction des cellules réservoirs. Ces cellules sont celles qui abritent le virus dans l’organisme d’une personne même lorsqu’elle prend un traitement anti-VIH efficace et qu’elle a une charge virale indétectable. Le 14 mars dernier, plusieurs organismes de recherche français (1) ont publié un communiqué annonçant la découverte d’un marqueur des réservoirs du VIH : une découverte qui constitue donc une nouvelle piste pour éliminer le virus.

De quoi s’agit-il ?

Une équipe de chercheurs français a réussi à mettre en évidence un marqueur spécifique qui permet de différencier les cellules dormantes (cellules quiescentes ou latentes) infectées par le VIH, des cellules saines. Ce nouveau marqueur permettra d’isoler et d’analyser ces cellules réservoirs qui, alors qu’elles hébergent silencieusement le virus, sont responsables de la persistance du virus chez des personnes sous traitements ayant une charge virale indétectable. Comme l’expliquent les chercheurs, le VIH peut se cacher dans des réservoirs pendant plusieurs dizaines d’années. Il échappe à la réponse immunitaire ainsi qu’aux traitements anti-VIH. Il "dort" dans des cellules, ne se manifeste que sporadiquement, et reste présent très longtemps. Mais si les traitements sont arrêtés, à l'occasion d'un réveil de ces cellules réservoirs, le virus se multipliera alors de nouveau massivement. C’est la raison pour laquelle les personnes vivant avec le VIH sont contraintes de prendre un traitement anti-VIH à vie. Les chercheurs ont compris au milieu des années 90 que la guérison serait possible en coordonnant plusieurs actions : on vide les réservoirs cellulaires et on s’assure d’une bonne pénétration des antirétroviraux dans tous les compartiments anatomiques notamment ceux où les traitements peinent à se rendre (cerveau, muqueuse intestinale…) pour qu’ils ne contribuent plus, eux aussi, à alimenter des réservoirs cellulaires. La stratégie cure (guérison) repose sur plusieurs piliers : purge des réservoirs infectés, pénétration des ARV dans les compartiments, immunité acquise...

Les réservoirs : comment faire ?

Différentes stratégies ont été explorées. Par exemple, on traite dès la primo-infection pour éviter la constitution des réservoirs ou, du moins, en limiter la taille. On traite massivement pour essayer d’atteindre tous les réservoirs. Les réservoirs sont constitués de CD4 (lymphocytes T CD4) infectés où le virus est latent, présents dans le sang et des tissus (intestin, foie, poumons, cerveau, appareils génitaux…). Une stratégie est celle du "shock and kill". Cela consiste à stimuler la réplication du virus latent dans les cellules réservoirs (le "shock"). Ces cellules réservoirs sont alors visibles par le système immunitaire qui peut faire son boulot et par les antirétroviraux qui font le leur… Ces cellules infectées sont alors détruites par cette action conjuguée (le "kill"). Autrement dit, on réveille les cellules réservoirs dormantes. On les fait sortir du bois et on les détruit. Cette stratégie n’est, à ce jour, pas suffisante pour purger définitivement les réservoirs avec les molécules essayées jusqu’ici pour "réveiller" le virus.

Une nouvelle stratégie ?

Cette nouvelle piste essaie une autre tactique. Cette fois, on ne réveille pas les cellules réservoirs. On cherche à les repérer. Il s’agit donc de distinguer les cellules réservoirs, celles qui sont infectées par le VIH, des autres cellules saines. Ce n’est pas facile parce qu’elles sont très ressemblantes. C’est là que la découverte des chercheurs est importante. Ils ont identifié un marqueur, un élément qui permet de distinguer les unes des autres ; en l’occurrence une protéine, "CD32a", présente uniquement à la surface des cellules infectées. Les chercheurs ont pensé que le VIH pouvait sans doute laisser une trace de son passage lorsqu’il infectait une cellule, une marque distinctive. Et ils l’ont trouvée.

Quelle est la suite ?

Cette découverte est une bonne nouvelle. Elle a deux conséquences : l’une immédiate, une seconde à plus long terme. Elle permet une meilleure connaissance fondamentale de ce que sont les réservoirs viraux. Ces derniers peuvent désormais être isolés facilement et analysés directement, expliquent les chercheurs. A plus long terme, cette capacité à différencier les cellules réservoirs des cellules saines permettra de déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l’organisme le virus latent. Autrement dit, il faut trouver les armes à utiliser maintenant qu’on sait identifier directement les cibles. C’est cela qui sera réalisé dans les prochaines années. Ce n’est donc pas pour tout de suite.

Remerciements à Franck Barbier et Vincent Leclercq

(1) : CNRS, Inserm, AP-HP, Université de Montpellier, Institut pasteur et agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales.
● Cette découverte a donné lieu à une publication dans la célèbre revue scientifique "Nature" (15 mars 2017) : "CD32a is a marker of CD4 T cell HIV reservoir harboring replication-competent provirus. Benjamin Descours, Gaël Petitjean, José-Luis López-Zaragoza, Timothée Bruel, Raoul Raffel, Christina Psomas, Jacques Reynes, Christine Lacabaratz, Yves Levy, Olivier Schwartz, Jean Daniel Lelievre & Monsef Benkirane. Nature, 15 mars 2017. DOI : 10.1038/nature21710".
● Si vous voulez en savoir plus sur la guérison (cure), vous pouvez consulter le site de IAS society.

https://www.iasociety.org/hivcure
fil - 24 Mar 2017 - 11:07
Sujet du message:
A l'occasion du Sidaction, les 24, 25 et 26 mars.



En 1959, le premier cas humain est recensé à Kinshasa au Congo Belge. De 1980 à nos jours, 25 millions de personnes sont mortes du sida sur la planète. En 2013, plus de 35 millions de personnes vivent avec le VIH dont 25 millions en Afrique. En 10 ans dans le monde, on compte 30% de décès en moins grâce à la trithérapie développée depuis les années 1990. Aujourd'hui, le sida est devenu une maladie chronique qu'on accompagne avec un arsenal d'antirétroviraux. Mais toujours pas de vaccin...
La série Grandes tueuses s'attache à décrire l'histoire, la géographie, le mode d'action, les soins actuels ou en devenir de chacune de ces pathologies.

http://www.universcience.tv/video-le-si ... ign=buffer
coquelicot - 24 Mar 2017 - 11:59
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fil a écrit:
VIH : LES CELLULES RÉSERVOIRS AU CŒUR DU CURE


Biiien Très interressant cet article !

fil a écrit:
Cela consiste à stimuler la réplication du virus latent dans les cellules réservoirs (le "shock"). Ces cellules réservoirs sont alors visibles par le système immunitaire qui peut faire son boulot et par les antirétroviraux qui font le leur… Ces cellules infectées sont alors détruites par cette action conjuguée (le "kill"). Autrement dit, on réveille les cellules réservoirs dormantes. On les fait sortir du bois et on les détruit. Cette stratégie n’est, à ce jour, pas suffisante pour purger définitivement les réservoirs avec les molécules essayées jusqu’ici pour "réveiller" le virus.
Une nouvelle stratégie ?
Cette nouvelle piste essaie une autre tactique. Cette fois, on ne réveille pas les cellules réservoirs. On cherche à les repérer. Il s’agit donc de distinguer les cellules réservoirs, celles qui sont infectées par le VIH, des autres cellules saines. Ce n’est pas facile parce qu’elles sont très ressemblantes. C’est là que la découverte des chercheurs est importante. Ils ont identifié un marqueur, un élément qui permet de distinguer les unes des autres ; en l’occurrence une protéine, "CD32a", présente uniquement à la surface des cellules infectées. Les chercheurs ont pensé que le VIH pouvait sans doute laisser une trace de son passage lorsqu’il infectait une cellule, une marque distinctive. Et ils l’ont trouvée.


Alors autant miser sur la nouvelle stratégie parce que " réveiller les cellules réservoirs " " stimuler la réplication du virus " ça fait un peu peur non ?! Rougir
fil - 08 Avr 2017 - 15:29
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ANRS 170 - Quatuor



Essai multicentrique, en ouvert, randomisé en 2 groupes parallèles, évaluant la non-infériorité d’un traitement de maintenance à 4 jours consécutifs sur 7 versus la poursuite du traitement antirétroviral en continu, chez des personnes en succès thérapeutique sous ARV.
Objectifs de l’essai

Actuellement les traitements antirétroviraux ne permettent pas de guérir l’infection par le VIH. Une charge virale indétectable est un critère d’efficacité de ces traitements. Ceux-ci ne peuvent être stoppés car la multiplication du virus et l’évolution de la maladie risquent de reprendre aussitôt. Devant cette perspective de traitements prolongés, disposer de traitements efficaces, moins contraignants, moins lourds et induisant moins d’effets indésirables semble indispensable. Quatuor a pour objectif de comparer chez les personnes ayant un traitement efficace depuis au moins 4 mois, une prise de traitement 4 jours consécutifs par semaine versus la prise de traitement 7 jours sur 7 actuellement recommandée.

Schéma de l’essai

2 groupes de 640 participants répartis par tirage au sort :

Groupe 1, traitement 4j/7 traitements pris 4jours consécutifs sur 7 jusqu’à la visite S98.
Groupe 2, traitement 7j/7 traitements pris 7j/7 jusqu’à la visite S50 où ils passent dans le groupe 1 si leur charge virale est indétectable.
Dans le groupe 1 le choix des 4 jours consécutifs sera choisi avec le médecin. Les jours choisis seront fixes et devront être respectés pendant toute la durée de l’essai. Dans le groupe 2 ce choix s’effectuera lors de la visite S50.

Les traitements de l’essai

Ce sont des antiviraux utilisés en association, les trithérapies antirétrovirales avec anti-intégrases. Seules seront admises pour QUATUOR les trithérapies standards, les plus souvent prescrites. Ces traitements devront pendant tout l’essai être les mêmes que ceux pris avant l’inclusion. Seule la fréquence des prises sera modifiée. En cas de prise d’autres médicaments il sera important d’en informer le médecin traitant.

Le suivi médical de l’essai

Il sera plus important que votre suivi habituel : plus de consultations (10), prélèvements sanguins à chaque visite (constitution d’une biothèque et d’une sérothèque ou DNAthèque), dosage des médicaments, et questionnaire d’observance et de qualité de vie. Une sous-étude « sperme » sera proposée aux participants masculins dans certains centres.

A la fin de l’essai ?

Si l’efficacité de la stratégie de 4 jours/7 jours est démontrée par l’essai (98 semaines) la poursuite du traitement au long court sera confortée et sera proposée. Si au contraire elle n’est pas démontrée, un retour à la stratégie en continu 7 jours sur 7 sera recommandé. L’efficacité de la stratégie intermittente a été testée dans l’essai ANRS 162 -4D. 100 participants ont été inclus, 96% suivaient toujours la stratégie de 4 jours/7 avec une charge virale indétectable à S48.

Infos pratiques

Investigateur Coordonnateur : Dr Pierre de TRUCHIS, Département de médecine aiguë spécialisée CHU Raymond Poincaré (92380 GARCHES), promoteur de l’essai Inserm ANRS.

Notre Avis

Les résultats de l’essai ANRS 162-4D ont été présentés ici. Cet essai a montré l’importance de la stratégie d’optimisation de traitement reposant sur la prise d’ARV en discontinu de 4 jours sur 7. Ces résultats doivent être confirmés par l’essai QUATUOR qui doit débuter en juillet 2017. Cet essai est nécessaire et les enjeux importants. Les personnes vivant avec le VIH et les associations, les équipes médicales et les scientifiques en attendent une réponse claire.

ESSAI ANRS 162-4D - allègement thérapeutique

http://www.actupparis.org/spip.php?article5573

http://www.actupparis.org/spip.php?article5610
fil - 12 Avr 2017 - 12:09
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Des cellules modifiées résistantes au VIH

Des chercheurs américains ont trouvé le moyen d'attacher des anticorps contre le VIH à des cellules immunitaires, créant par le fait même une population de cellules résistantes au virus.

Pour le moment, les expériences du Pr Richard Lerner et de ses collègues du Scripps Research Institute ont été menées en laboratoire, mais elles montrent que ces cellules résistantes peuvent rapidement remplacer les cellules infectées, et potentiellement guérir une personne porteuse du VIH.

« La protection serait à long terme », explique Jia Xie, l’un des auteurs de l’étude dont les résultats sont publiés dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.

Les chercheurs se sont associés avec un centre de thérapie génique (City of Hope's Center) pour évaluer l’efficacité et la sécurité de la nouvelle thérapie avant de commencer des tests sur les humains, comme l’exigent les lois fédérales américaines.

La nouvelle technique offrirait un avantage important par rapport aux thérapies actuelles qui font en sorte que des anticorps flottent librement dans le sang à une concentration relativement faible. Au lieu de cela, les anticorps s'accrocheraient à la surface des cellules, empêcheraient le VIH d'accéder à un récepteur cellulaire central et arrêteraient la propagation de l'infection.

Jia Xie parle d’un « effet de voisinage ». Selon lui, un anticorps fixé est plus efficace que de nombreux anticorps flottant à travers le courant sanguin. « Vous n'avez pas besoin d'avoir autant de molécules sur une cellule pour être efficace », explique-t-il.

Pour infecter une personne, toutes les souches du VIH doivent se lier avec un récepteur de surface cellulaire appelé CD4. Dans ses travaux, l’équipe américaine a testé des anticorps qui pourraient protéger ce récepteur sur les cellules immunitaires normalement détruites par le VIH.

Les chercheurs ont ainsi obtenu une population résistante au VIH : les anticorps ont reconnu le site de liaison CD4, empêchant le VIH d'accéder au récepteur et par le fait même d'infecter la cellule.

Le saviez-vous? Une petite proportion de cellules du système immunitaire, des globules blancs lymphocytes T CD4, abritent le virus « dormant » et lui permettent de ressurgir et de proliférer après l'arrêt du traitement. Ce sont ces cellules que les chercheurs ont étudiées. L'infection par le VIH entraîne une réduction progressive du nombre des cellules T CD4 dans le sang, en l'absence de traitement. Leur nombre est utilisé par les médecins pour vérifier l'efficacité des traitements.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/102 ... tes-au-vih
fil - 13 Avr 2017 - 11:11
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Sida : des réservoirs du virus démasqués

Jusqu’alors indétectables, des cellules porteuses silencieuses du virus ont été repérées à l’aide d’une protéine présente à leur surface.

Un patient infecté par le virus du sida doit prendre un traitement à vie. Pour quelle raison ? Les thérapies antirétrovirales empêchent la réplication du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) dans ses cibles, les cellules du système immunitaire appelées lymphocytes T CD4. Cependant, les antirétroviraux ne débusquent pas les réservoirs de ce virus – certains lymphocytes T CD4 qui hébergent son génome sans le traduire en molécules virales. Or, en cas d’arrêt du traitement, ces « cellules dormantes » (de l’ordre de une pour un million de lymphocytes T CD4 infectés), qui peuvent rester silencieuses pendant des années, finissent par se réveiller et relâcher de nouveaux virus dans l’organisme.

Jusqu’à ce jour, ces cellules dormantes étaient indétectables et échappaient à tout traitement. Cependant, avec leurs collègues, Benjamin Descours et Gaël Petitjean, de l’Institut de génétique humaine de l’université de Montpellier (UMR 9002, CNRS), ont découvert un marqueur qui permet de repérer ces réservoirs et qui apporte donc de nouveaux espoirs dans la lutte contre le virus.

Pour détecter ces cellules dormantes, les biologistes ont posé l’hypothèse que leur métabolisme devait présenter des différences. Ils ont donc construit un dérivé génétique du VIH qui produit une protéine fluorescente. Ils ont ensuite infecté avec ce virus fluorescent des lymphocytes T CD4 qui ne répliquaient pas l’ADN viral de façon active, afin de les marquer.

En utilisant une technique de séquençage à haut débit de l’ARN, les chercheurs ont alors regardé si certains gènes étaient davantage exprimés dans les cellules marquées par la protéine fluorescente que dans les autres. Ils ont trouvé que 103 gènes étaient plus exprimés, dont 16 codant des protéines transmembranaires, de bonnes candidates pour identifier et trier les cellules. Parmi ces 16 gènes, le plus exprimé codait une protéine nommée CD32a.

En temps normal, cette protéine est détectée à la surface de diverses cellules du système immunitaire, où elle active plusieurs mécanismes de défense contre des agents pathogènes. Néanmoins, elle n’est jamais produite par les lymphocytes T. Or Benjamin Descours et ses collègues ont découvert que CD32a est présente sur la membrane externe d’environ 50 % des lymphocytes T CD4 dormants infectés, mais pas sur les cellules T non infectées, ni sur celles où le VIH se réplique. À l’aide d’un anticorps commercialisé qui reconnaît la protéine CD32a, les auteurs de l’étude ont même pu isoler les cellules T CD4 qui la produisent des autres.

Des expériences effectuées sur des échantillons sanguins de patients vivant avec le VIH et sous traitement l’ont confirmé : les cellules porteuses du marqueur CD32a contenaient presque toutes le VIH. Et in vitro, l’activation de ces cellules a induit une production de virus capables d’infecter des cellules saines. À l’inverse, leur élimination a provoqué un retard de la production virale.

Ce marqueur spécifique pourrait aider les chercheurs à étudier les lymphocytes T CD4 dormants infectés : il offre un moyen de les purifier et, ainsi, d’obtenir des suspensions de ces réservoirs, indispensables à de nombreuses études.

La découverte du marqueur CD32a soulève toutefois de nouvelles questions : CD32a n’est présente que sur environ 50 % des cellules réservoir du virus. Comment détecter les autres ? La centaine d’autres gènes exprimés par les cellules dormantes coderait-elle d’autres protéines susceptibles de constituer des marqueurs encore plus efficaces ?

Par ailleurs, détruire les cellules exprimant CD32a pourrait être dommageable pour celles qui l’expriment en temps normal, sans être infectées. De plus, les auteurs de l’étude se sont intéressés uniquement aux lymphocytes T CD4 du sang, qui ne représentent que 2 % tout au plus des cellules T CD4 infectées dans tout l’organisme. Reste à savoir si ce marqueur est aussi présent sur les lymphocytes infectés latents présents notamment dans les ganglions et le tissu digestif.

Néanmoins, pour Christine Rouzioux, du Laboratoire de virologie de l’hôpital Necker, à Paris, et de l’université Paris-Descartes, « cette étude est très intéressante, c’est un joli modèle. On ne sait pas encore grand-chose sur la protéine CD32a, mais cela devrait être un bon outil pour avancer ». De nombreuses études sont encore nécessaires avant de pouvoir crier victoire face au virus responsable du sida, mais ces travaux ouvrent une nouvelle voie particulièrement encourageante.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a ... Kxf9MqK.99
fil - 14 Avr 2017 - 10:10
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L'OMS et l'ONUSIDA condamnent le faux médicament Immunorex

Dans un communiqué de presse commun, l'OMS et l'ONUSIDA affirment clairement qu'Immunorex n'est pas un traitement recommandé contre le SIDA. Cette prise de position fait suite à notre enquête dénonçant la mise sur le marché de ce faux médicament en Afrique.



DHEA. L'OMS et l'Onusida ont diffusé le 12 avril un communiqué de presse précisant que l'Immunorex DM28 n'est pas un médicament recommandé pour le traitement du SIDA : “Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) est fortement opposé à la commercialisation et à la promotion de produits qui n'ont pas été soumis à un essai clinique et dont l'efficacité n'a pas été prouvée par l'OMS.”

Ce communiqué fait suite à une série d’articles parus récemment dans la presse africaine mettant en cause l’enquête que Sciences et Avenir a mené sur ce produit à base de DHEA, inventé par un chercheur gabonais, le Pr Donatien Mavoungou. En effet, le 1er décembre 2016, nous révélions que l’Immunorex venait d’obtenir une autorisation de mise sur le marché en République Démocratique du Congo (RDC), alors qu’il n’avait jamais fait l’objet d'un essai clinique et donc fait la preuve de son efficacité. Cette commercialisation était pilotée par un obscur institut français (IIDSRSI), fondé et dirigé par Michel Paul Correa. Ce 1er décembre, des scientifiques de renom, dont le Français Jean-Claude Chermann, co-découvreur du virus du SIDA et proche de l’IIDSRSI, s’étaient rendus à Kinshasa, capitale de la RDC, pour soutenir le lancement officiel de ce produit. A la suite de la publication de notre enquête et à une première alerte lancée dans la foulée par l’OMS et l’Onusida, la RDC, décidait le 19 janvier, de suspendre la commercialisation d’Immunorex sur son territoire. Malgré cette suspension, nous avions pu cependant établir quelques semaines plus tard que le produit était toujours vendu en RDC et au Congo-Brazzaville via Facebook.

Immunorex représente une grave menace pour les malades

Si les deux organisations internationales ont décidé de réagir à nouveau, c’est - comme l’indique leur communiqué - que la prise d'Immunorex met en danger la vie des malades infectés par le VIH : “Selon les directives de l’OMS, seule une observance correcte et ininterrompue du traitement antirétroviral avec des médicaments de qualité permet aux personnes vivant avec le VIH de mener une vie normale avec une espérance de vie similaire à celle d'une personne non infectée”, peut-on lire.

FATAL. En effet, comme nous l’avions indiqué lors de notre enquête, le SIDA reste dans beaucoup de pays une maladie honteuse. Or, il s'avère difficile pour les malades astreints à suivre une prescription à base d’antirétroviraux, de cacher l'existence de leur maladie à leur entourage. Les spécialistes du VIH craignent donc que ceux-ci stoppent la prise d'antirétroviraux au profit exclusif de l’Immunorex dont la composition à base de DHEA permet d'expliquer sa prise par d'autres motifs que la maladie : bien-être, lutte contre une déprime passagère, performances sportives, etc. Or l'arrêt des antirétroviraux risque d’être fatal : “Toute interruption du traitement peut conduire à une résistance aux médicaments de première ligne avec pour conséquences un risque d’apparition de résistances à ces médicaments et de décès”, précise le communiqué de l’Onusida et de l’OMS.

Les deux institutions internationales rappellent quelques chiffres sur la situation dramatique de la lutte contre le SIDA : “Toutes les personnes vivant avec le VIH ont besoin d'accéder immédiatement à un traitement antirétroviral efficace. En 2015, le nombre estimé de personnes vivant avec le VIH était de 36,7 millions. En 2016, environ 18,2 millions de personnes avaient accès à des médicaments pouvant sauver la vie.” L’organisation s’est fixée comme objectif de faire en sorte que “30 millions de personnes aient accès à des services de qualité et à un traitement antirétroviral efficace d'ici 2020”. Des objectifs qu'Immunorex, comme d’autres faux médicaments, peuvent compromettre.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/l ... rex_112192
fil - 22 Avr 2017 - 17:14
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Le rein, l’HTA et le VIH

Une néphropathie infraclinique est volontiers associée à l’installation d’une hypertension artérielle au sein de la population générale. Elle peut être la cause ou plus souvent la conséquence de l’HTA, mais il est évident que son rôle varie d’un contexte clinique à l’autre, notamment quand il existe une pathologie ou une maladie intercurrente. A cet égard, le problème posé par les infections par le VIH demeure entier ou presque. La prévalence de l’HTA et d’autres facteurs de risque est élevée ou s’élève au cours de ces dernières, mais les incertitudes pathogéniques sont réelles.

L’étude de cohorte multicentrique et prospective dite Women's Interagency HIV Study, menée aux Etats-Unis permet de répondre au moins partiellement aux questions actuelles. L’objectif était de rechercher une association entre la fonction et les lésions du rein, d’une part, la survenue d’une HTA d’autre part chez 823 femmes atteintes d’une infection par le VIH. Parallèlement, 267 femmes indemnes de cette maladie ont été incluses pour constituer un groupe témoin. A l’état basal, le débit de filtration glomérulaire estimé (DFG) a été mesuré à partir des concentrations sériques de la cystatine C. Par ailleurs, ont été dosés les biomarqueurs urinaires suivants censés indiquer l’existence de lésions rénales infracliniques notamment tubulaires : rapport albumine/créatinine, α-1-microglobuline, interleukine-18, KIM-1 (kidney injury molecule-1), NGAL (neutrophil gelatinase-associated lipocalin), LFABP (liver fatty acid-binding protein, N-AG (N-acetyl-β-d-glucosaminidase) et α1-acid-glycoprotein. Une analyse multivariée par régression du type Poisson a été utilisée pour déceler une association éventuelle entre les biomarqueurs rénaux précédemment listés et la survenue d’une HTA, diagnostiquée lors de deux consultations consécutives alors qu’un traitement antihypertenseur avait été instauré, ceci dans le groupe des cas et celui des témoins.

Une association entre survenue d’une HTA et le rapport albumine/créatinine ainsi que le DFGe en cas d’infection VIH

Au terme d’un suivi d’une durée médiane de 9,6 années, 288 femmes infectées par le VIH (35 %) ont développé une HTA. Chez ces dernières, le rapport albumine/créatinine urinaire a été associé à la survenue de l’HTA, indépendamment des autres variables. Le risque relatif (RR) correspondant à un doublement du dit rapport a été estimé à 1,13 (intervalle de confiance à 95 %, intervalle de confiance à 95 % [IC], 1,07-1,20). Une association significative a également impliqué le DFGe : chaque baisse de 10 ml/mn/1,73 m2 de ce dernier a correspondu à une majoration du risque d’HTA de 10 % (RR, 1,10 ; IC, 1,04-1,17). En revanche, les autres biomarqueurs urinaires, notamment ceux témoignant d’une atteinte tubulaire, n’ont été en aucun cas associés à la survenue d’une HTA, indépendamment des autres variables, dans le groupe des femmes infectées par le VIH. Dans le groupe témoin, le rapport albumine/créatinine urinaire n’a pas été associé à la survenue d’une HTA, à la différence des taux de trois biomarqueurs tubulaires, en l’occurrence l’interleukine-18, l’α1-acid-glycoprotein et la N-acetyl-β-d-glucosaminidase.

Ces résultats suggèrent que l’HTA des patients atteints d’une infection par le VIH pourrait être au moins en partie liée à des lésions glomérulaires précoces et à un dysfonctionnement rénal infraclinique peut-être concomitant ou tout au moins associé. Cette hypothèse pathogénique mérite d’être confirmée et approfondie à la lueur d’autres études longitudinales portant sur des sujets des deux sexes, avec un suivi encore plus prolongé. Sur un autre registre, le rôle des marqueurs tubulaires associés à l’HTA dans le groupe témoin mérite également des éclaircissements.

Dr Philippe Tellier

RÉFÉRENCE
Ascher SB et coll. : Association of Kidney Function and Early Kidney Injury With Incident Hypertension in HIV-Infected Women. Hypertension 2017; 69: 304-313.
coquelicot - 23 Avr 2017 - 23:19
Sujet du message:
fil a écrit:
ANRS 170 - Quatuor
Si l’efficacité de la stratégie de 4 jours/7 jours est démontrée par l’essai (98 semaines) la poursuite du traitement au long court sera confortée et sera proposée. Si au contraire elle n’est pas démontrée, un retour à la stratégie en continu 7 jours sur 7 sera recommandé.

J 'espère que l'essai sera concluant.
Quel bénéfice moral ce serait d'avoir la possibilte de souffler 3 jrs sans ttt ainsi que physique avec moins d'apport  chimique dans l'organisme.

Pourquoi ne pas avoir testé cette stratégie avant ?
maintenir une charge virale indétectable sur du long terme .......faisable depuis un bout d'temps  déjà ! 
fil - 24 Avr 2017 - 07:31
Sujet du message:
Faut confirmer coquelicot , avant de ........

L'étude ICCARRE, menée par le Pr Jacques Leibowitch (Service d'Infectiologie, Hôpital de Garches, AP-HP) a donné des résultats encourageants chez des patients suivis à Garches dont le traitement avait été réduit à 5 puis 4 jours par semaine, voire moins pour certains d’entre eux. (FASEB Journal, 2015).
Pour confirmer ces observations, l’ANRS a lancé en 2014 l’essai ANRS 162-4D. Cet essai prospectif non randomisé (tous les patients reçoivent le même schéma de traitement et ont été suivis 48 semaines), a été mené sous la responsabilité du Pr Christian Perronne (Hôpital de Garches, AP-HP). L'essai était multicentrique (mené dans plusieurs centres cliniques) et visait à évaluer l’efficacité du traitement antirétroviral pris 4 jours consécutifs sur 7 à maintenir, chez des patients VIH+ en succès thérapeutique, une charge virale inférieure à 50 copies/mL.
Les 100 patients inclus étaient traités par antirétroviraux en trithérapie depuis en moyenne cinq ans, et avaient une charge virale indétectable depuis quatre ans. Leurs combinaisons thérapeutiques comprenaient deux analogues nucléosidiques associés soit à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse soit à une anti-protéase.
Les résultats présentés à Durban sont encourageants. Après 48 semaines, en effet, 96% des patients suivaient toujours le schéma 4/7 jours, avec une charge virale inférieure à 50 copies. Seuls trois patients présentaient une charge virale de nouveau détectable à la 4e semaine de l'étude (S4), à S12 et S40 (respectivement 785 cp/mL, 124 cp/mL et 969 cp/mL). Chez ces patients, la charge virale est redescendue sous le seuil de détection avec le retour à un schéma de traitement 7/7jours et cela sans apparition de résistances. Un patient a abandonné l’étude de sa propre initiative à S4.
Ces données sont complétées par une analyse concomitante de l’observance thérapeutique basée sur des auto-questionnaires, sur des dosages sanguins des médicaments, et sur le comptage des prises grâce à des piluliers électroniques dans un sous-groupe de patients. « L’analyse des études d’observance a montré que le programme 4/7 jours a été très bien suivi et accepté par les patients. Dans plus de 90% des cas, la prise est conforme à la prescription », commente le Dr Pierre de Truchis.
Cette stratégie innovante doit être maintenant validée dans un essai randomisé où deux groupes de patients vont pouvoir être comparés. C'est l'objet de l’essai ANRS QUATUOR qui va être mené chez un plus grand nombre de patients, sur une plus longue période et avec des antirétroviraux plus récents comme la classe des anti-intégrases qui occupe désormais une place prépondérante dans l’arsenal thérapeutique. 640 patients devraient être recrutés dans plusieurs centres hospitaliers, dont la moitié recevra pendant 48 semaines un traitement 4/7 jours et l'autre moitié 7/7 jours. Si des résultats similaires étaient observés dans les deux groupes, tous les patients de l’essai passeraient au traitement 4/7 jours pendant 48 semaines supplémentaires. L'essai cherchera à démontrer que la stratégie 4/7 jours est non-inférieure à la stratégie continue, en d'autres termes qu'à efficacité égale, les patients du groupe "Allègement" retireront des bénéfices secondaires de ce protocole (moins d'effets secondaires, meilleure observance …).
Selon le Pr Jean-François Delfraissy, Directeur de l'ANRS « Ces résultats nous encouragent à poursuivre nos objectifs d'améliorer la qualité de vie sous traitement et à répondre à une demande forte de certains patients de subir une moindre pression médicamenteuse ». Faut-il aujourd'hui recommander 4/7 jours en pratique courante ? « Seul un essai randomisé permettra d'approuver cette stratégie », ajoute-t-il. Rappelons que les actuelles recommandations internationales sont d'initier un traitement le plus tôt possible après la découverte de la séropositivité, quel que soit le niveau des lymphocytes CD4, et ce, de manière continue.

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Clinique/Ac ... -progresse

L'essai cherchera à éclaircir un autre point important : démontrer que les bénéfices pour les patients du groupe "allégé" sont réels (moins d'effets secondaires, meilleure observance…), et que leur qualité de vie se trouve améliorée.
coquelicot - 25 Avr 2017 - 07:14
Sujet du message:
Oui esperons une confirmation positive.

Le résultat de l'essai après 48S est encourageant : 96% des patients restent indétectables !
fil - 27 Avr 2017 - 11:25
Sujet du message:
Ces signes qui doivent nous redonner espoir dans la lutte contre le VIH/Sida (Huffpost, 26/4/17)

Pour la première fois, la fin de l'épidémie est à notre portée. Ne baissons pas les bras.

Le VIH/Sida recule. Grâce aux progrès en matière d'accès au traitement antirétroviral, les personnes séropositives vivent aujourd'hui plus longtemps, et elles vivent surtout en meilleure santé. En juin 2016, ce sont ainsi plus de 18 millions de personnes de par le monde qui avaient accès au traitement, parmi lesquelles 910 000 enfants.

Parallèlement, l'accès aux médicaments permettant de prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant est en augmentation constante. De 50% en 2010, il est passé à 77% en 2015. Plus d'un million de femmes enceintes séropositives bénéficiaient ainsi de traitements antirétroviraux. Grâce à ces efforts, les nouvelles infections du VIH chez les enfants ont été divisées par deux depuis 2010.

L'objectif des Nations Unies est de vaincre l'épidémie à l'horizon 2030 et d'éviter, d'ici cette date, 28 millions de nouvelles infections par le VIH et 21 millions de morts liés au sida. Nous pouvons y arriver. Mais cela suppose de ne pas relâcher nos efforts.

Deux millions de contaminations par an, c'est toujours trop

Le sida recule, oui, mais il reste tant à faire. En 2015, 36,7 millions de personnes vivaient encore avec le VIH, selon l'Onusida. Une majorité d'entre-elles se trouvaient en Afrique centrale et de l'Ouest (6,5 millions) et en Afrique de l'Est et du Sud (19 millions). Cette année là, plus de 2 millions de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH et 1,1 million de personnes sont décédées de maladies liées au sida.

De nouvelles statistiques émises par le réseau Global Burden of Diseases (GBD) et publiées la veille de la 21e conférence internationale sur le sida, qui se tenait à Durban en juillet 2016, ont présenté des résultats plus sombres que les données officielles de l'Onusida. En comparaison de la décennie précédente, le nombre de nouvelles infections ne décroit que lentement depuis 2005. Ces chiffres montrent que l'épidémie du sida n'est pas terminée et qu'elle reste une des plus grandes menaces de santé publique de notre temps. Deux millions de nouvelles infections par an, c'est toujours trop!

La question du financement est bien-sûr centrale. Après le pic de 2014, avec 11,2 milliards de dollars alloués, le financement annuel mondial est retombé à 10,8 milliards en 2015. Or l'ONU estime qu'il faudrait débourser 29 milliards d'euros par an entre 2015 et 2020 (soit 150 milliards d'euros) pour espérer éradiquer l'épidémie d'ici à 2030. De l'argent, il en faut donc toujours. Mais il faut aussi des volontés, par milliers, afin de contribuer concrètement à faire reculer la maladie.

ONG et gouvernements se battent sur le terrain

On sait désormais "que toute personne infectée par le VIH devrait commencer le traitement antirétroviral le plus tôt possible après le diagnostic", d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Il faut donc tout mettre en œuvre afin de rendre les traitements disponibles pour les personnes qui en ont le plus besoin, et ce dès la détection de l'infection. C'est ce que s'est engagé à faire le gouvernement du Sénégal d'ici à la fin de l'année 2017.

En Côte d'Ivoire, où vivent 460.000 personnes séropositives, dont plus de 250.000 femmes, le gouvernement a été l'un des premiers à initier une stratégie de prévention de la transmission mère-enfant (PTME). En effet, 90% des contaminations de l'enfant sont liées à ce mode de transmission, qui peut être diminué de moitié par l'utilisation de traitements antirétroviraux associés à une politique d'alimentation adéquate de l'enfant.

La fondation Children of Africa, que j'ai l'honneur de présider depuis sa création en 1998, a fait de la santé de la mère et de l'enfant un axe majeur de sa stratégie. C'est pourquoi la fondation a lancé le projet de l'hôpital mère-enfant (HME) de Bingerville, dans le district d'Abidjan, un projet médical innovant et porteur d'espoir. L'HME vise à contribuer à la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles, néonatales, infantiles et juvéniles, en améliorant l'offre de soins de santé pour le couple mère-enfant.

Saluons également l'engagement de l'ONG International Rescue Comitee (IRC) qui, avec son projet CARA (Commmunity Assistance for Responding To Aids) a pendant sept années permis de sensibiliser plus de 100 000 Ivoiriens aux problématiques liées au VIH/Sida. En Côte d'Ivoire, l'ONG a réalisé plus de 25.000 dépistages, distribué plus de 3.000 préservatifs et soutenu plus de 23.000 orphelins et enfants vulnérables.

Je tiens enfin à souligner la contribution importante de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), qui a annoncé le 5 avril dernier qu'elle dégagerait 39 millions de dollars afin de renforcer la chaîne d'approvisionnement des produits de santé en Côte d'Ivoire. Ce projet, initié dans le cadre du Plan d'urgence du président des Etats-Unis pour la lutte contre le sida, permettra d'assurer que des médicaments de qualité atteignent les personnes vivant avec le VIH/Sida.

Si le virus du sida fait moins de morts et que moins de nouveaux cas sont enregistrés –en cinq ans, le nombre de nouvelles personnes infectées à diminué de près de 15% en Afrique de l'Est et du Sud et de 8% en Afrique de l'Ouest–, 26 millions de personnes sont toujours atteintes du VIH en Afrique subsaharienne. Pour la première fois, la fin de l'épidémie est à notre portée. Ne baissons pas les bras.
fil - 06 Mai 2017 - 09:19
Sujet du message:
CRISPR a retiré le VIH d’un animal vivant.

Deux équipes de chercheurs de l’Université Temple et l’Université de Pittsburgh ont réussi à retirer l’ADN du virus VIH du génome d’un animal vivant grâce à la technologie CRISPR.

Imaginez une biotechnologie capable de manipuler un gène pour le renforcer, ou lui retirer tous ses défauts. Imaginez que l’on puisse stopper une mutation génétique héréditaire qui fait qu’une personne pourrait mourrir à 30 ans. C’est précisément ce qu’est capable de faire CRISPR.

Ici, l’étude menée par que les chercheurs démontre que la reproduction du VIH-1 peut être stoppée et le virus éliminé des cellules infectées d’un animal. Un étude similaire avait déjà été menée, mais « notre nouvelle étude est plus compréhensive, » a précisé son co-auteur Wenhui Hu. « Nous avons confirmé les données de nos précédents travaux et avons amélioré l’efficacité de notre stratégie d’édition de gène. Cette stratégie est efficace sur deux nouvelles versions de souris, l’une ayant une infection aiguë dans ses cellules de souris et l’autre une infection chronique ou latente dans des cellules humaines.

S’il ne s’agit là que de souris, mais les résultats de l’étude sont très encourageants. Comme le précise le médecin dans son compte-rendu, la prochaine étape « serait de répéter l’étude sur des primates. Un animal plus adapté où les infections VIH impliquent des maladies, dans le but de démontrer l’élimination du virus. Notre but final éventuel serait un test clinique sur des patients humains. »

Plus les mois passent, et plus CRISPR montre ses réelles capacités à éradiquer les maux de notre ère. Bien des maladies génétiques ou des infections pourraient être de l’histoire ancienne. Néanmoins, les tests et études vont prendre du temps et de premières applications sur l’Homme ne sont pas prévues dans un futur proche.

http://www.genengnews.com/gen-news-high ... s/81254287
fil - 11 Mai 2017 - 14:39
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Sida : les trithérapies ont augmenté l’espérance de vie de dix ans en Europe et en Amérique du Nord



Elle atteint 73 ans chez les hommes et 76 chez les femmes pour un patient de 20 ans qui a commencé son traitement à partir de 2008, selon une étude publiée dans « The Lancet HIV ».

L’espérance de vie des patients infectés par le virus du sida en Europe et en Amérique du Nord a augmenté d’environ dix ans depuis l’introduction des trithérapies en 1996, selon une étude publiée jeudi 11 mai dans la revue britannique The Lancet HIV.
73 ans chez les hommes et 76 chez les femmes : c’est l’espérance de vie d’un patient de 20 ans qui a commencé son traitement à partir de 2008 et n’est pas décédé durant la première année, selon cette étude. Soit presque autant que la population générale (78 ans en moyenne, hommes et femmes confondus). Cela correspond à une augmentation de dix ans chez les hommes et neuf ans chez les femmes.
« Les combinaisons d’antirétroviraux sont utilisées dans le traitement du sida depuis vingt ans, mais les médicaments récents ont moins d’effets secondaires, obligent à prendre un nombre moins élevé de cachets, empêchent davantage le virus de se reproduire et de résister au traitement », a expliqué l’un des auteurs de l’étude, Adam Trickey, de l’université de Bristol.
« Les traitements modernes sont très efficaces, ce n’est donc vraisemblablement pas l’amélioration des médicaments qui réduira davantage la mortalité des patients infectés par le virus du sida », a-t-il estimé. « Nous devons maintenant nous focaliser sur les questions liées au bon suivi des traitements, au diagnostic tardif de l’infection au VIH ainsi qu’au diagnostic et au traitement des affections associées », a-t-il plaidé.

Données de 88 504 patients


Les combinaisons d’antirétroviraux, ou trithérapies, ont commencé à être utilisées en 1996. Elles associent trois substances ou davantage pour empêcher le virus VIH de se reproduire et stopper les dommages qu’il cause au système immunitaire.
Cette étude se base sur les données de 88 504 patients de dix-huit pays d’Europe et d’Amérique du Nord qui ont commencé un traitement par antirétroviraux entre 1996 et 2010.


La comparaison de ces données montre que le nombre de morts durant les trois premières années du traitement est moins élevé chez les patients qui l’ont commencé entre 2008 et 2010 que chez ceux qui l’ont fait entre 1996 et 2007. L’étude souligne que ces améliorations sont moins visibles chez les patients qui ont été infectés à la suite d’une injection de drogue.
L’une des réserves de l’étude tient dans le fait que ses résultats ont pu être affectés par des changements de comportements au fil du temps, notamment parce que les patients qui ont commencé leur traitement ces dernières années sont moins nombreux à avoir été infectés à la suite d’une injection.
En outre, « les estimations sur l’espérance de vie sont basées sur des taux de mortalité et il y a peu de données disponibles pour les patients les plus âgés », relève l’étude.

http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html

http://www.thelancet.com/journals/lanhi ... 8/fulltext
fil - 25 Mai 2017 - 09:15
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Un million de bananes contaminées par le VIH? Complètement faux !

DESINTOX

Non, ces fruits n’ont pas été contaminés par le virus…

• Une rumeur prétend, photos à l'appui, que le VIH aurait été injecté dans des bananes.
• Le VIH ne se transmet pas par ingestion de nourriture, selon l'OMS.

C’est une intox qui circule régulièrement sur internet. Et ce, depuis des années. Un million de bananes auraient été contaminées avec le VIH suite à une injection. Le Mexique, le Canada, les États-Unis, l’Argentine et le Brésil seraient les pays les plus à risque « en raison des grandes quantités qu’ils achètent régulièrement. »

Cette intox n’a aucun fondement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui aurait prétendument alerté sur le sujet, n’a jamais publié une telle nouvelle.
Quid de la transmission du virus par une banane ? Selon l’OMS, « le VIH peut se transmettre par le contact étroit et non protégé avec les liquides organiques d’un sujet infecté : sang, lait maternel, sperme et sécrétions vaginales. On ne contracte pas l’infection lors des gestes courants de la vie quotidienne : baisers, étreintes, poignées de mains, partage d’objets personnels, ingestion d’eau ou de nourriture. »
L’association Sida Info Service précise que « le virus vit à l’intérieur de certaines cellules du corps, qui sont présentes dans le sang et les secrétions sexuelles (sperme, sécrétions vaginales…). C’est un virus qui ne peut se transmettre que d’un être humain à un autre être humain. » Même si le VIH était injecté dans des bananes, il lui serait donc impossible d’y survivre.
Bref, n’ayez plus peur quand vous croiserez une corbeille de fruits…
20 Minutes est partenaire de Facebook pour lutter contre les fake news. Grâce à ce dispositif, les utilisateurs du réseau social peuvent signaler une information qui leur paraît fausse.
fil - 29 Mai 2017 - 12:58
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4 j / 7, l’allègement 100 % efficace

A partir de janvier 2018, tous les hôpitaux où l’on peut se faire soigner pour le VIH vont proposer à moins de 10 de leurs patients l’allègement à 4 jours sur 7.

Si vous n’êtes pas dans cette étude « quatuor » et que ceci vous intéresses, n’hésitez pas à en parler à votre infectiologue.

Rappelons que le 4 jours sur 7 a déjà été testé sur un échantillon de population lors de l’étude « 4D ». Les résultats obtenus ont été de 100 % de réussite mais comme le 100 % ne peut pas exister, il a fallut trouver des échecs pour afficher 96 % de réussite.

Les faux échecs trouvé ont été :

• 1 personne qui a arrêté son traitement en cours d’étude. Ceci a été considéré comme un échec alors que ce n’est pas un échec.
• Trois personnes n’ont pas respecté le plan mis en place ce qui a fait remontée la virémie, là aussi ça été considéré comme un échec, mais ça ne l’était pas.

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Clinique/Ac ... -progresse

Ainsi, l’on peut déjà affirmer par avance que l’étude quatuor réalisé sur un plus grand échantillon pendant 2 années sera un nouveau succès. Mais il faut savoir que même en cas de succès. Il faudra plusieurs années avant de mettre ceci en place sur la population française générale touchée par le VIH. Alors que depuis 2003, les travaux menés ont prouvées que le 4j/7 était suffisant, il ne faut pas s’attendre à une généralisation du 4j/7 avant au moins 2020 voir 2025 soit environ 20 ans après les premiers travaux menés par le Dr Leibowitch notamment.

Quel temps de perdu ! Combien de souffrances pendant tout ce temps là ? De personnes touchées par des insuffisances rénales, une forte diminution de la masse osseuse, l’osthéoporose et j’en passe…. Des choses que l’on aurait pû éviter avec un traitement plus adapté…

Sources : seronet.info
fil - 30 Mai 2017 - 09:11
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VACCIN anti-VIH : Développement d'un immunogène contre le sous-type C



C'est à nouveau cette équipe d'experts dans la conception de vaccins du Scripps Research Institute (La Jolla) qui franchissent un pas ici dans la conception du vaccin contre le VIH. Un développement qui fait suite à de précédentes recherches de la même équipe qui identifiait la structure d'une protéine présente à la surface du VIH, une glycoprotéine d'enveloppe du VIH de sous-type A. Les scientifiques conçoivent ici une protéine virale – « like » d'un sous-type de VIH différent, le sous-type C, responsable d'une grande partie des infections dans le monde (voir visuel ci-contre). Ce nouvel agent immunogène, décrypté dans la revue Immunity, pourrait être combiné dans un vaccin "universel" efficace contre de nombreuses souches du VIH.

L’équipe du Scripps Research Institute travaille à trouver des combinaisons d'immunogènes permettant de protéger les personnes contre l'infection par le VIH, explique le Professeur Ian Wilson, Professeur de biologie à l’Institut. Leurs travaux sont accompagnés d’une autre étude présentée dans la même revue, Immunity et menée par des scientifiques de l'Institut Karolinska qui démontre que le nouveau vaccin candidat développé peut entraîner une réponse par anticorps neutralisants chez des primates non humains.

On connaît la « difficulté » à lutter contre le VIH, en raison de sa capacité à muter rapidement ; il existe ainsi de très nombreuses souches de VIH qui circulent dans le monde et parmi ces souches, les plus courantes, appelées clades A, B et C. Un vaccin contre le VIH efficace doit donc être capable de protéger contre de multiples souches et doit donc comprendre un ensemble d'immunogènes qui peuvent être administrés séquentiellement ou en cocktail afin que le système immunitaire puisse se préparer quelle que soit la souche spécifique rencontrée.

C’était déjà fait pour le VIH de sous-type A : en 2013, l’équipe du Scripps était parvenue à déterminer la structure d'une glycoprotéine d'enveloppe de type clade A, qui reconnaît les cellules hôtes et contient les mécanismes utilisés par le VIH pour fusionner avec les cellules. Parce que c'est la seule cible à la surface du VIH, un vaccin efficace contre le VIH doit induire le système immunitaire à produire des anticorps pour neutraliser le virus en bloquant ce processus. Aujourd’hui, les scientifiques décryptent la structure de la glycoprotéine du clade C et permettent ainsi au système immunitaire de lutter contre les virus du clade C.

Un grand pas franchi contre le VIH de sous-type C : Alors que le clade C, est le sous-type le plus courant du VIH en Afrique subsaharienne (voir visuel ci-dessus) et en Inde, que la glycoprotéine de l'enveloppe du virus de clade C est notoirement instable, ces travaux marquent une étape importante dans la conception du vaccin anti-VIH.

Dans une étude complémentaire, une équipe à l'Institut Karolinska teste un immunogène basé sur ces résultats. L'immunogène est porté à la surface d’un liposome, le tout formant une sorte d'imitation virale, qui incite en effet le système immunitaire à produire des anticorps capables de neutraliser, chez des primates, la souche de clade C.

Source: Immunity 16 May, 2017 DOI: 10.1016/j.immuni.2017.04.014 Glycine substitution at helix-to-coil transitions facilitates the structural determination of a stabilized subtype C HIV envelope glycoprotein (Schéma BioAfrica)

http://www.cell.com/immunity/abstract/S ... 17)30179-6
coquelicot - 30 Mai 2017 - 20:52
Sujet du message:
fil a écrit:
4 j / 7, l’allègement 100 % efficace

A partir de janvier 2018, tous les hôpitaux où l’on peut se faire soigner pour le VIH vont proposer à moins de 10 de leurs patients l’allègement à 4 jours sur 7.

Si vous n’êtes pas dans cette étude « quatuor » et que ceci vous intéresses, n’hésitez pas à en parler à votre infectiologue.

Très bonne nouvelle.

Seulement n'est pas admis qui veut dans l'étude Quatuor encore faut il répondre à tous les  critères de sélection.

Pour moi c'est niet  - 2 points éliminatoires :
Plaquettes 》100000  ( seulement   71000 )
Tri thérapie /2 INTI.    ( bi thérapie)

En contrepartie ma virologue m'a proposé de passer à  5/7jrs avec contrôle plus rapproché.

C'est parti.
Merci Fil pour ces infos.Biiien

fil a écrit:
[b]Quel temps de perdu ! Combien de souffrances pendant tout ce temps là ? De personnes touchées par des insuffisances rénales, une forte diminution de la masse osseuse, l’osthéoporose et j’en passe…. Des choses que l’on aurait pû éviter avec un traitement plus adapté…
Sad Sad Sad
fil - 01 Jn 2017 - 16:33
Sujet du message:
VIH : un test sanguin repère 70 fois plus de virus dormants

Des chercheurs américains ont développé un test sanguin capable de repérer bien plus de copies dormantes du VIH que les dispositifs actuels.

Traquer le VIH jusque dans ses moindres recoins, l’objectif est ambitieux. Les tests actuels n’y parviennent pas. Seule une petite partie des réservoirs du virus est identifiée. Cette étape pourrait être franchie grâce à une équipe de l’université de Pittsburgh (Etats-Unis). Dans Nature Medicine, elle détaille le fonctionnement d’un nouveau test sanguin.

Grâce aux traitements disponibles, le VIH est réduit à des niveaux indétectables dans l’organisme des patients. Sans toutefois atteindre les réservoirs du virus. Les candidats-médicaments et candidats-vaccins ciblent donc ces copies dormantes. Le test TZA, mis au point par les Américains, permet d’identifier celles-ci.

UN TIERS MOINS CHER

Lorsque le VIH infecte un organisme hôte, il peut transmettre un ADN viral actif, qui permet aux copies de se répliquer, ou un ADN viral incomplet. Dans le premier, un gène spécifique s’active. C’est justement lui que recherche le test TZA. Avec succès : il repère 70 fois plus de virus dormant chez des personnes sous traitement.

Plus efficace, le test TZA est aussi moins coûteux. Il ne demande qu’une semaine d’analyses, ce qui permet de réduire son coût d’un tiers. Il devrait aussi s’avérer précieux pour les équipes qui travaillent au développement des prochains médicaments contre le VIH. Elles s’attellent maintenant à cibler les réservoirs du virus.

Un test plus précis permettrait de constater l’impact réel des traitements à l’essai. « Ces efforts ne progresseront pas si nous ne disposons pas de tests suffisamment sensibles et pratiques », estime Phalguni Gupta, qui a participé au développement du test TZA.
fil - 06 Jn 2017 - 05:57
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VIH : UNE AVANCÉE THÉRAPEUTIQUE POUR LES PAYS DU SUD

L’essai ANRS 12286 MOBIDIP1 mené parallèlement dans trois pays d’Afrique subsaharienne, démontre l’efficacité d’une bithérapie associant la lamivudine à un inhibiteur de protéase boosté chez des patients en deuxième ligne de traitement présentant de multiples mutations du VIH. Ces résultats sont prometteurs, car ils proposent un allégement thérapeutique moins cher, présentant moins d’effets secondaires et n’imposant pas de renforcement du suivi virologique des patients. Les résultats de cette étude, menée par Laura Ciaffi du laboratoire TransVIHMI (laboratoire mixte de recherche Inserm-IRD-Université de Montpellier), le professeur Sinata Koulla-Shiro et ses collègues du site ANRS Cameroun, du Burkina Faso et du Sénégal fait l’objet d’une publication dans la revue The Lancet HIV le 29 mai 2017.
Les traitements de seconde ligne contre le VIH recommandés par l’OMS dans les pays à ressources limitées ont une très bonne efficacité. Cependant, il n’existe pour l’heure pas de solution fiable qui permettrait d’alléger ces traitements, tout en maintenant une charge virale indétectable.
Deux stratégies pourraient apporter une solution à ce problème. D’une part, la monothérapie à base d’inhibiteur de la protéase boosté (IPB), qui a déjà été étudiée au cours de plusieurs essais. Les résultats sont encourageants, mais ont révélé un risque accru de remontée de la charge virale ce qui présente des risques dans les pays à ressources limitées. En effet, dans ce contexte, les patients n’ont pas accès à un suivi virologique régulier qui permettrait d’identifier rapidement un échec au traitement. L’autre stratégie envisagée est une bithérapie associant la lamivudine à l’IPB. L’association à l’IPB de la lamivudine, qui est peu chère, bien tolérée et souvent utilisée dans les traitements de première ligne a également déjà montré une bonne efficacité. Elle n’a cependant jamais été évaluée chez des patients dont les virus présentent des mutations de résistances, notamment celle très répandue à la lamivudine (M184V).
L’essai ANRS 12286 MOBIDIP a ainsi comparé, pour la première fois ces deux stratégies d’allègement thérapeutique, pour des patients étant en seconde ligne de traitement avec un bon contrôle virologique, dans le contexte des pays à ressources limitées.

ANRS 12286 MOBIDIP : évaluer l’efficacité d’une nouvelle stratégie thérapeutique

L’essai ANRS 12286 MOBIDIP a été mené par Laura Ciaffi du laboratoire TransVIHMI (laboratoire mixte de recherche Inserm-IRD-Université de Montpellier), dirigé par Eric Delaporte (IRD/Université de Montpellier), le professeur Sinata Koulla-Shiro et ses collègues du site ANRS Cameroun, du Burkina Faso et du Sénégal entre 2014 et 2016 dans ces 3 pays d’Afrique subsaharienne. Les 265 patients2 suivis pendant une durée de 96 semaines présentaient, au début de l’étude, une charge virale inférieure à 200 copies/ml.
L’objectif principal de l’étude était de comparer les taux d’échec des deux stratégies thérapeutiques : monothérapie et bithérapie. Pour cela, la moitié des patients de l’étude ont reçu le traitement à base d’IPB et l’autre moitié le traitement IPB associé à la lamivudine. Après 48 semaines de traitement, la monothérapie a été interrompue et les patients sont revenus à la trithérapie. Les patients sous bithérapie ont, eux, continué leur traitement jusqu’à la semaine 96.

Efficacité de la bithérapie associant la lamivudine

Les chercheurs ont évalué les taux d’échec de chaque stratégie, définis par une remontée de la charge virale au-dessus de 500 copies/ml chez les patients. Ainsi, la bithérapie associant la lamivudine a montré seulement 3 % d’échec (4 échecs /132 patients), contre 24,8 % pour la monothérapie (33/133 patients). Les chercheurs ont également constaté une plus forte augmentation des lymphocytes CD4 chez les patients suivant la bithérapie (65 contre 12 cellules/mm3), signe de renforcement du système immunitaire.
Globalement les deux traitements étudiés ont été bien tolérés par les patients.
L’essai ANRS 12286 MOBIDIP a ainsi permis de valider, pour la première fois, une stratégie d’allégement thérapeutique de deuxième ligne, moins chère et mieux tolérée que les trithérapies chez des patients aux virus présentant de multiples mutations. Cette bithérapie associant l’IPB à la lamivudine pourrait ainsi être un traitement répondant aux contraintes économiques et de suivi virologique qui pèsent sur les pays aux ressources limitées. De plus, l’utilisation de la lamivudine, déjà connue des patients en première ligne de traitement, permet d’épargner le passage à une nouvelle classe de molécules qui pourra, si besoin, leur être prescrite plus tard.

http://www.anrs.fr/VIH-SIDA/Pays-a-ress ... ays-du-Sud
fil - 07 Jn 2017 - 10:39
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Dossier technique “VIH et handicap

La Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) a sortie un guide d’appui pour l’élaboration de réponses aux besoins des personnes vivant avec le virus de l’immunodéficience humaine, fruit d’un travail mené avec des associations dont : ARCAT, Act Up Paris, AIDES, le TRT5, le COREVIH Ile-de-France Est et la FNHVIH.

Ce guide pédagogique et technique doit permettre à chaque acteur (personnes concernées, professionnels des MDPH, professionnels de santé, du secteur médico-social, et associations ) de comprendre les missions des Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) et d’identifier les informations nécessaires à l’évaluation de la situation et des besoins des personnes vivant avec le VIH, en vue d’élaborer des réponses adaptées.

http://www.actions-traitements.org/wp-c ... cap_vf.pdf
fil - 08 Jn 2017 - 10:48
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Conférence-débat de l'Académie des sciences de 18h30 à 20h00, dans la Grande salle des séances de l’Institut de France - Inscription obligatoire avant le 13 juin 2017

Le journal télévisé d’Antenne 2 du 17 mars 1982 signale "un cancer qui n’atteint que les homosexuels mâles…". La recherche, depuis cette annonce et la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) en 1983, s’est adaptée à l’urgence de la situation. Cette pandémie a également fortement contribué à l’émergence des associations de malades entrainant une recherche participative.
Même si les découvertes scientifiques permettent de vivre avec le VIH, les enjeux majeurs de la recherche pour le 21ème siècle demeurent le vaccin et la "cure" (ou rémission sous traitement). Ces objectifs sont avant tout ceux de la recherche fondamentale et clinique. Malgré tous les progrès enregistrés en matière d'information du public, près de 6000 individus s'infectent en France chaque année. La démarche communautaire, engageant les associations de patients, nécessite aujourd'hui d'être renforcée afin d’amplifier le dépistage et la prévention.
À l’aube de nouvelles découvertes et en préambule à la conférence "HIV Science - IAS 2017", la nécessaire imbrication de la recherche fondamentale, clinique, sciences sociales et opérationnelle est plus que jamais nécessaire, en lien étroit avec les associations de patients.

http://www.academie-sciences.fr/pdf/con ... 130617.pdf
fil - 09 Jn 2017 - 05:10
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Cascais, Lisbonne et Porto signent la Déclaration de Paris sur la fin de l’épidémie de sida dans les villes

Les maires des villes portugaises de Cascais, Lisbonne et Porto viennent de signer la Déclaration de Paris sur la fin de l’épidémie de sida dans les villes : c’est la première fois que trois villes d’un même pays signent cette déclaration en même temps.

En signant la Déclaration de Paris, les maires s’engagent à mettre leurs villes sur la voie d’accélération pour en finir avec l’épidémie de sida. Les trois maires se sont ainsi engagés à atteindre d’ici 2020 les objectifs 90-90-90, à savoir 90 % des personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur état sérologique vis-à-vis du VIH, 90 % de ces personnes sous traitement antirétroviral et 90 % des personnes sous traitement avec une charge virale indétectable. Ils se sont également engagés à éliminer toutes les formes de discrimination et à développer une approche de la riposte au sida centrée sur l’individu, en ne laissant personne de côté.

Lors de la cérémonie de signature qui s’est tenue le 29 mai à Lisbonne, au Portugal, le Ministre de la Santé du Portugal, Adalberto Campos Fernandes, a réaffirmé l’engagement politique au plus haut niveau dans la riposte au VIH et souligné que les objectifs 90-90-90 bénéficiaient ainsi d’un nouvel élan dans le pays.

Les trois villes vont mettre en place des stratégies locales pour lever les obstacles à l’accès aux services anti-VIH, éliminer la discrimination et combler les lacunes pour atteindre les objectifs fixés dans la Déclaration de Paris. Dans ce but, le gouvernement portugais a réuni un groupe d’experts issus d’organes gouvernementaux, de la société civile et des milieux universitaires, dont la mission sera d’identifier et de recommander des actions concrètes à mener dans les 90 à 120 prochains jours.

À l’occasion de cet événement, la Directrice du Programme national de lutte contre le sida, Isabel Aldir, a présenté les résultats du Programme national contre le VIH et la tuberculose pour 2017. Mme Aldir a déclaré qu’en 2016, on avait dénombré 841 nouvelles infections à VIH dans le pays, le chiffre le plus faible depuis 15 ans. Néanmoins, le programme pour 2017 sera concentré sur l’augmentation du nombre de dépistages rapides de 15 % et le développement de normes d’orientation clinique pour la délivrance efficace de prophylaxies pré- et post-exposition. Le plan prévoit également la préparation d’un rapport d’évaluation sur un projet pilote de délivrance du traitement anti-VIH dans les pharmacies d’officine et la promotion de la mise en œuvre des engagements de l’initiative Les villes s’engagent.

DÉCLARATIONS

« AUJOURD’HUI EST UN JOUR HISTORIQUE, CAR UNE FOIS DE PLUS, LE PORTUGAL PROUVE QUE LORSQUE L’ON TRAVAILLE ENSEMBLE RIEN N’EST IMPOSSIBLE. APRÈS AVOIR REMPORTÉ LE CHAMPIONNAT EUROPÉEN DE FOOTBALL ET LE CONCOURS DE CHANSON DE L’EUROVISION, IL EST TEMPS À PRÉSENT DE LUTTER CONTRE LE SIDA. EN TRAVAILLANT TOUS ENSEMBLE, GOUVERNEMENT, MAIRES DES GRANDES VILLES, INSTITUTIONS NATIONALES DE SANTÉ, ORGANISMES SOCIAUX, SECTEUR PRIVÉ ET SOCIÉTÉ CIVILE, NOUS ALLONS BÂTIR UN MEILLEUR PAYS, SANS VIH ET SANS DISCRIMINATION. ENSEMBLE NOUS SERONS TOUJOURS PLUS FORTS ! »

FERNANDO ARAÚJO ASSISTANT DU SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉ DE LA SANTÉ, PORTUGAL

« LE PORTUGAL EST UN EXEMPLE DE RIPOSTE RÉUSSIE AU SIDA QUI A MIS AU PREMIER PLAN LES BESOINS DES PERSONNES. SON SUCCÈS EST FONDÉ SUR UN LEADERSHIP POLITIQUE FORT COMME NOUS L’AVONS À NOUVEAU DÉMONTRÉ ICI AUJOURD’HUI, SUR UNE LÉGISLATION INCLUSIVE QUI PROTÈGE LES PERSONNES CONTRE LA DISCRIMINATION ET SUR UNE SOCIÉTÉ CIVILE TRÈS ACTIVE. »

LUIZ LOURES DIRECTEUR EXÉCUTIF ADJOINT DE L’ONUSIDA

« UN LEADERSHIP POLITIQUE EST INDISPENSABLE POUR FACILITER L’ACCÈS AUX SERVICES DE SANTÉ, Y COMPRIS POUR LE VIH, DES POPULATIONS MIGRANTES, CHEZ QUI LA PRÉVALENCE DU VIH EST EN HAUSSE, EN PARTICULIER DANS LES GRANDES VILLES. LE PORTUGAL FAIT À NOUVEAU FIGURE D’EXEMPLE EN MATIÈRE DE SANTÉ PUBLIQUE ET DE POLITIQUES BASÉES SUR LES DROITS DE L’HOMME EN LEVANT TOUS LES OBSTACLES À L’ACCÈS À LA PRÉVENTION, AU DIAGNOSTIC ET AU TRAITEMENT DU VIH, DE LA TUBERCULOSE, DES HÉPATITES VIRALES ET DES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES POUR LES MIGRANTS SANS PAPIERS EN 2017. »

LUIS MENDÃO PRÉSIDENT, GRUPO DE ATIVISTAS EM TRATAMENTOS

http://www.unaids.org/fr/resources/pres ... gal_cities
fil - 17 Jn 2017 - 07:21
Sujet du message:
IAS 2017



3 QUESTIONS À… PR JEAN-FRANÇOIS DELFRAISSY
Co-président de la conférence IAS 2017 et Conseiller spécial du directeur de l’ANRS

Qu’attendez-vous de la conférence IAS 2017 qui se tient à Paris du 23 au 26 juillet prochain ?

J’attends d’abord qu’elle soit un succès scientifique sur les grandes questions actuelles de la lutte contre le VIH/sida. La première porte sur le « cure », c’est-à-dire la capacité à éradiquer ou à contrôler le virus. Cela concerne des travaux très fondamentaux, comme la régulation de l’expression du VIH. Il s’agit aussi de toutes les nouvelles approches thérapeutiques, telles que les immunothérapies. La seconde grande question est celle de la prévention et du traitement très précoce, afin de diminuer l’incidence des nouvelles contaminations. Nous avons montré que la prophylaxie pré-exposition fonctionne. Il faut maintenant l’améliorer, au Nord comme au Sud. Il faut également simplifier davantage les traitements. Enfin, la troisième question majeure est le vaccin. Sur le plan fondamental, des progrès importants sont en cours, notamment sur le rôle des anticorps neutralisants. Il faut poursuivre les investissements en cours pour espérer aboutir. Sur toutes ces questions, le mot d’ordre de la conférence sera d’apporter la démonstration que nous pouvons gagner la lutte contre le VIH/sida et qu’il faut continuer de donner à la communauté scientifique les moyens dont elle a besoin pour cela, pour « finir le job ! »

En quoi cette conférence est importante pour la recherche française sur le VIH/sida ?

Pendant une semaine, Paris va être la capitale de la lutte contre l’épidémie. C’est l’occasion de donner une visibilité non seulement à l’Anrs, mais aussi à tous les organismes de recherche de très haut niveau dont nous disposons en France. Notre puissance de frappe en termes de recherche est vraiment très importante. La conférence va permettre de montrer que la recherche française est bien au rendez-vous de tous les enjeux autour du VIH/sida.

La tenue de cette conférence à Paris est-elle l’occasion de réaffirmer l’engagement de la France face à l’épidémie ?

C’est une très belle opportunité car nous sommes face à des changements importants. Je pense à l’arrivée du Président Trump et aux menaces sur le financement de la recherche aux Etats-Unis, au Brexit, à la nomination d’un nouveau directeur à l’OMS, et bien sûr à l’élection d’Emmanuel Macron. Nous sommes en situation de permettre à la France d’exercer un leadership puissant sur le VIH/sida et les maladies émergentes. Nous devons inscrire la lutte contre ces maladies dans une vision de diplomatie sanitaire à l’échelle mondiale. C’est un enjeu majeur des prochaines années. La conférence sera l’opportunité pour les politiques de s’emparer de cet engagement au plus haut niveau.

http://www.anrs.fr/Qui-sommes-nous/Actu ... -2017-J-41
fil - 26 Jn 2017 - 17:09
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IAS 2017



Pourquoi un vaccin contre le VIH est-il nécessaire ?

Depuis le début de l’épidémie, de nombreux progrès ont été obtenus. Les traitements antirétroviraux permettent de contrôler l’infection chez la grande majorité des patients qui les prennent. Mais ce sont des traitements à vie. Récemment, de nouvelles stratégies de prévention ont aussi été développées, comme la prophylaxie pré-exposition. Elles sont efficaces mais pas forcément adaptées pour tout le monde. Dans le même temps, l’épidémie continue. Deux millions de personnes ont été infectées par le VIH dans le monde en 2015, et un million des 36 millions qui vivent avec ce virus sont décédées cette même année. Parvenir à mettre au point un vaccin efficace, qui protège durant toute la vie, serait la meilleure solution pour enrayer l’épidémie à l’échelle de l’humanité.

Quelles sont les difficultés rencontrées pour qu’un tel vaccin existe ?

Elles sont nombreuses. La première tient à l’extrême diversité génétique du VIH. Chez une personne infectée, il mute en permanence, ce qui lui permet d’échapper aux réponses du système immunitaire. Il circule ainsi énormément de VIH différents dans le monde. Une autre difficulté est que le virus se dissémine très rapidement dans l’organisme. L’infection devient ainsi persistante très vite. Enfin, le VIH infecte les cellules du système immunitaire, ce qui perturbe son fonctionnement. Il est ainsi très compliqué de parvenir à lever l’ensemble de ces obstacles. J’ajoute que nous ne disposons pas pour l’infection par le VIH de corrélats immunologiques de protection clairs. Nous n’avons pas d’exemples de personnes contaminées qui auraient éliminé le VIH sans intervention, ce qui nous guiderait sur le type de réponse immunitaire à induire par le vaccin pour obtenir une protection efficace.

Où en sont les recherches à l’heure actuelle ?

La recherche sur le vaccin préventif contre le VIH est très active depuis longtemps. Plus de 400 essais cliniques ont été réalisés jusqu’à présent sur des candidats vaccins. Malheureusement, un seul d’entre eux a montré une efficacité, mais qui était modeste (31% de protection) et qui diminuait avec le temps. Ces dernières années, des anticorps neutralisants à large spectre ont été identifiés et caractérisés. Ils sont capables de reconnaître de nombreuses souches différentes du virus et d’empêcher l’infection in vitro et dans des modèles animaux. On les retrouve chez environ 25% des patients infectés. Mais ces anticorps mettent trop longtemps à apparaître. Les recherches en cours visent à savoir comment apprendre au système immunitaire à fabriquer ces anticorps neutralisants, ceci de façon rapide. Cela constitue un vrai défi. D’autres travaux ont pour objectif d’induire la production de cellules immunitaires capables de détruire les cellules infectées dès l’entrée du virus. Il est probable que le futur vaccin sera une combinaison de ces différentes approches. Les recherches en cours sont en très bonne voie. Mais il est difficile de prédire précisément quand elles aboutiront enfin à un vaccin préventif contre le VIH/sida efficace à 100% et disponible pour tous.

http://www.anrs.fr/fr/actualites/311/la ... ur-bientot
fil - 05 Jl 2017 - 07:32
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RUPTURE DE STOCK POUR ISENTRESS EN FRANCE

Le TRT-5 a fait passer l’information qu’une rupture de stock en cours affectait Isentress (raltégravir) en France. Pour les personnes dont le traitement comprend ce médicament, voici la démarche recommandée : anticiper le renouvellement du traitement en allant à la pharmacie plusieurs jours avant la fin de sa boîte de médicament. En cas de rupture se rendre à la pharmacie hospitalière dans l’hôpital où vous êtes suivi ; en cas de rupture complète contacter son médecin pour envisager un changement de traitement ; ne surtout pas prendre seul(s) l'autre ou les autres comprimés de votre traitement. Par exemple, si vous prenez Isentress +Truvada, ne surtout pas prendre Truvada seul au risque de développer un virus résistant au Truvada. Le laboratoire MSD qui fabrique Isentress, rencontre, par ailleurs, une attaque du virus informatique de rançongiciel (ransomware) qui a déjà infesté des milliers d'ordinateurs dans le monde, paralysant ses chaînes de production et ses circuits d'approvisionnement pour le moment. Cela peut avoir un impact sur l'accès à l'ensemble de ses produits, dont Isentress et les vaccins anti-VHB déjà fortement impactés par des ruptures d’approvisionnement un peu partout en France. Pour d’autres infos sur les ruptures de stock, l’observatoire des ruptures, vous pouvez consulter le site du TRT-5.

NOTRE OBSERVATOIRES DES RUPTURES : Nous alerter !

Le collectif TRT-5 est régulièrement alerté par des personnes vivant avec le VIH ou par des médecins sur la survenue régulière de ruptures d’approvisionnement de pharmacies en antirétroviraux. Pour avoir une meilleure vision globale de ces problèmes dans l’approvisionnement et en comprendre le processus, nous mettons en place un observatoire qui vous permettra de nous signaler ces incidents.

Vous avez eu connaissance ou vous avez été directement concerné(e) par une rupture d’approvisionnement dans une pharmacie de ville / hospitalière.

Vous avez été confronté(e) à une des situations suivantes : vous n’avez pas pu obtenir dans un délai habituel votre traitement, vous avez dû aller dans une autre pharmacie etc.

Témoignez-en, en remplissant le questionnaire ci-dessous

Grâce au recoupement de vos différents témoignages et des données recueillies, nous serons à même de rechercher et comprendre l’origine et la cause des ruptures d’approvisionnement auxquelles vous avez été confronté(e).

À l’aide de vos témoignages nous pourrons contacter les services et institutions concernés et agir pour que vous ne soyez plus confronté(e) à des difficultés pour vous procurer votre traitement. N’hésitez pas à préciser dans le questionnaire toute réserve éventuelle sur l’utilisation des renseignements que vous apportez. Dans tous les cas, vos témoignages resteront strictement confidentiels.

Attention ! Nous ne pouvons pas nous engager à apporter de réponse directe aux difficultés rencontrées. Pour ce faire, adressez-vous aux associations de lutte contre le sida proches de chez vous, dont vous trouverez les coordonnées sur les sites des associations AIDES, Sida Info Service et ARCAT.

http://www.trt-5.org/spip.php?article250
fil - 12 Jl 2017 - 10:49
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Voyage : recommandations sanitaires

Comme chaque année, un bulletin spécial de Santé publique France sur les recommandations sanitaires 2017 pour les voyageuses et voyageurs a été publié. C’est toujours utile avant l’été. Une partie spécifique du bulletin concerne les personnes vivant avec le VIH ou immunodéprimées (page 48 du document). Une consultation spécialisée est justifiée avant le départ pour les personnes vivant avec le VIH. Une vigilance accrue doit être exercée sur : le risque lié à certaines maladies infectieuses chez la personne vivant avec le VIH (leishmanioses, salmonelloses, tuberculose, infections dues à des coccidies intestinales, histoplasmoses et les autres infections fongiques contractées par inhalation, etc.) ; la nécessité de précautions d’hygiène notamment alimentaire ; les vaccinations (Cf. chapitre 1) : les recommandations doivent être adaptées en fonction des types d’immunodépression.

Un avis de novembre 2014 du Haut conseil en santé publique les formalise. Les vaccins vivants atténués tel que le vaccin de la fièvre jaune, sont généralement contre-indiqués. Chez la personne vivant avec le VIH, un nombre de CD4 >200/mm3 (>15% chez l’enfant âgé de moins de 5 ans) autorise la vaccination contre la fièvre jaune, mais le délai d’acquisition de l’immunité post-vaccinale semble augmenté et la durée de protection peut être inférieure à dix ans. Chez ces personnes, le BCG est par ailleurs contre-indiqué quels que soient l’âge et le taux de CD4. Les vaccins inactivés sont recommandés comme à l’ensemble des voyageurs. Les interactions médicamenteuses entre le traitement de fond et les médicaments prescrits pour le voyage et notamment la prescription des antipaludiques : diminution de la concentration plasmatique de l’indinavir (Crixivan) par l’atovaquone ; diminution des concentrations plasmatiques d’atovaquone et de proguanil par l’efavirenz (Sustiva, Atripla), les associations lopinavir/ritonavir (Kaletra) et atazanavir/ ritonavir (Reyataz) avec donc un risque d’échec des prophylaxies antipaludiques correspondantes dans ces situations ; augmentation de l’INR chez les patients sous AVK (médicaments anticoagulants) et prenant des antipaludiques contenant du proguanil et potentialisation de l’effet des AVK chez les patients prenant de la doxycycline. Chez les personnes vivant avec le VIH, le paludisme augmente la charge virale et donc le risque de progression de la maladie ; le risque de photosensibilisation provoqué par les sulfamides souvent utilisés par les personnes infectées vivant avec le VIH. Une protection solaire (vêtements et crèmes écran) est fortement recommandée ; l’exposition au soleil les personnes immunodéprimées étant plus à risque de cancer de la peau. Par ailleurs, le bulletin mentionne une extension de zones géographiques de diffusion du paludisme : Afrique du Sud, Botswana, Costa Rica, Venezuela et Malaisie. Ainsi que de la fièvre jaune : nouveaux États touchés au Brésil (côte), République Démocratique du Congo, Angola.


BEH - BULLETIN ÉPIDÉMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE :

http://invs.santepubliquefrance.fr/Publ ... geurs-2017
fil - 12 Jl 2017 - 19:33
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http://www.anrs.fr/fr/actualites/311/la ... ur-bientot
fil - 19 Jl 2017 - 12:00
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ABIVAX PRÉSENTE LES DERNIERS RÉSULTATS D’ABX464 À L’OCCASION DE LA CONFÉRENCE DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE SUR LE SIDA À PARIS

ABIVAX (Paris:ABVX) (Euronext Paris : FR0012333284 – ABVX), une société de biotechnologie ciblant le système immunitaire pour éliminer des maladies virales en se basant sur ses plateformes technologiques uniques, annonce aujourd’hui que les résultats complets de l’étude clinique ABX464-004 ont été acceptés pour présentation « late breaker » lors de la 9ème Conférence de la société internationale sur le sida (IAS 2017) qui se tiendra du 23 au 26 juillet 2017 à Paris.

La présentation « late breaker » intitulée “ABX464 decreases total HIV DNA in PBMC’s when administered during 28 days to HIV-infected patients who are virologically suppressed” conforte les résultats préliminaires publiés par ABIVAX le 2 mai 2017. Lors de cet essai clinique de Phase 2a, ABX464 a eu un impact sur les réservoirs du VIH dans le sang confirmant le potentiel de la molécule à devenir un élément clé de guérison fonctionnelle du VIH.
fil - 19 Jl 2017 - 12:27
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Sida: vers un allégement des traitements contre le VIH

Les antirétroviraux ont révolutionné l'approche du Sida, qui ne tue plus les personnes qui sont sous traitement. Mais la recherche se poursuit pour simplifier les médications.

On ne guérit pas du VIH. Les avancées réalisées depuis plus de 20 ans du côté des traitements poussent parfois à l'oublier. Ils fonctionnent bien, permettent de stabiliser les patients et font baisser la charge virale. Si bien que leur découverte et leur démocratisation sont en grande partie responsables de la baisse de 45 % du nombre de décès liés à l'infection depuis 2005.
Mais l'arrêt des traitements antirétroviraux signifie toujours le retour du virus. En attendant l'arrivée d'un vaccin réellement efficace, ils sont encore le seul rempart médical, et doivent être pris à vie, tous les jours. Peut-être plus pour très longtemps.

Des prises espacées

Des adaptations de la galénique – la forme sous laquelle sont pris les médicament – sont à l'étude, pour alléger le poids de la prise des traitements. « Moins de médicaments, moins de contraintes », résume pour Pourquoidocteur le Pr Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine, et spécialiste du VIH.
De dizaines de médicaments à avaler par jour, les traitements se sont déjà simplifiés pour se limiter à une pilule quotidienne. Mais les laboratoires continuent d'innover. « Nous voyons se profiler des traitements à très longue durée, y compris sous forme injectable, précise le Pr Girard La prévention et le traitement pourraient reposer sur des injections trimestrielles, voire semestrielles. Cela pourrait représenter une petite révolution. »

Pour bientôt

Par différentes méthodes, notamment l'utilisation de nanotechnologies, les molécules seront délivrées en continu, ajoute le Pr Girard. Et ce n'est pas de la science-fiction. « Des essais cliniques sont en cours pour valider ces nouveaux traitements, poursuit-il. De petits implants, qui pourraient être portés pendant un an, sont également en développement. »
Leur arrivée sur le marché ne devrait pas se faire attendre trop longtemps. Les essais sont dans leurs phases finales, et le médecin estime qu'ils pourraient faire leur apparition d'ici deux ans. Un pas de plus pour favoriser la qualité de vie des patients.

Vers la rémission

Mais le graal thérapeutique, ce que les chercheurs tentent d'atteindre depuis de nombreuses années, c'est un traitement curatif. Et, de ce côté, il faudra encore attendre. « Nous cherchons tous azimuts, mais nous n'y parvenons pas », regrette le Pr Girard.
Le but, pour l'instant, serait de trouver des traitements qui ne mènent pas forcément à la guérison, mais au moins à la rémission. Après une phase de traitement, la charge virale serait nulle ou indétectable, à long terme, sans avoir besoin de continuer les médicaments. Comme pour le cancer, quand maladie est en recul, un suivi spécifique serait néanmoins nécessaire, afin de surveiller une éventuelle rechute.

Une réussite scientifique globale

Les traitements actuels sont déjà une réelle chance. L'émergence soudaine et spectaculaire du Sida dans les années 1980 a mobilisé les chercheurs du monde entier, qui se sont mis en quête de solutions. Et, après à peine plus de 10 ans de recherche, les premiers antirétroviraux, certes moins efficaces que les traitements actuels et comportant plus d'effets secondaires, ont vu le jour en 1995. Ce qui représente un record pour la prise en charge de ce type de maladie.
L'espérance de vie des personnes séropositives est aujourd'hui équivalente à celle du reste de la population. Leur qualité de vie est, elle aussi, presque similaire. Les transformations morphologiques observées avec les premiers antirétroviraux, notamment au niveau du visage, semblent oubliées. « Je le dis encore prudemment, mais c'est de l'histoire ancienne », d'après le Pr Girard.
Les problèmes digestifs en début de traitement, les risques vasculaires et métaboliques (diabète) sont bien connus, et anticipés. Grâce à la prévention, ils peuvent être gérés. En revanche, le risque accru de cancers est plus difficile à gérer. Les chercheurs se penchent aussi sur d'éventuelles atteintes neurologiques : dépressions et maladies d'Alzheimer précoces pourraient être attribuées aux traitements.
Ces conséquences sont encore là pour rappeler que le VIH reste une infection dangereuse. De nombreux efforts doivent encore être consentis pour son éradication avant 2030, souhaitée par ONUSIDA, qui estime la tâche possible. Mais tout ne peut pas reposer sur les traitements.

La science ne fait pas tout

« Nous avons encore besoin de recherche fondamentale », rappelle le Pr Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine 2008 pour sa co-découverte en 1983 du virus à l'origine du Sida. Les efforts consentis depuis plus de 30 ans ont prolongé la vie des personnes séropositives et fait baisser le nombre de contaminations.
Mais à ce jour, encore 37 millions de personnes sont porteuses du VIH dans le monde. Le virus fait encore un million de morts par an, et contamine 2 millions d'individus. Près de la moitié des séropositifs s'ignorent, et seulement la moitié sont sous traitement.
« On en parle beaucoup moins, mais l'épidémie est toujours là, insiste la chercheuse. Pour l'éradiquer, il faudra un vaccin. Mais les priorités ne sont pas seulement scientifiques », Le Sida et le VIH ont une portée sociale incontestable.
Une portée qui se retrouve dans les slogans utilisés pour les campagnes de sensibilisation, estime le Pr Barré-Sinoussi. Alors que, jusqu'au milieu des années 1990, avant l'arrivé des premiers antirétroviraux, le mot d'ordre était l'union sacrée internationale, notamment sur la recherche, ils ont rapidement ciblé la discrimination. De « Unissons nos forces » en 1991 à « Vivre et laisser vivre » de 2003, l'esprit de la lutte a changé. Plus récemment, ce sont les inégalités Nord-Sud, notamment dans les accès aux traitement, qui ont été attaquées. En 2014, le thème de la journée mondiale était « Combler l'écart ».
C'est aussi de ce côté que la lutte doit progresser, pour remplir l'objectif fixé par ONUSIDA. Et l'harmonisation internationale demandera beaucoup d'efforts. « Il faut mieux éduquer, renforcer les systèmes de santé, améliorer les politiques nationales, coordonner les soins et le dépistage, favoriser la prise en charge précoce, estime le Pr Barré-Sinoussi. Il faut aussi insister sur la tolérance. Aujourd'hui encore, plus de 70 pays dans le monde ont des législations discriminatoires envers les séropositifs. C'est inacceptable. »

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... ements-VIH
fil - 29 Jl 2017 - 17:05
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Sida: les médicaments à longue durée d’action, une révolution très prometteuse

A l’occasion du congrès mondial sur le sida organisé jusqu’à ce mercredi 26 juillet à Paris, les premières données sur des médicaments à longue durée d’action ont été rendues publiques. Ces nouveaux médicaments pourraient changer beaucoup de choses.

La conférence de Paris restera celle qui donna le coup d’envoi aux médicaments à longue durée d’action contre le VIH. Les premiers résultats d’étude sur leur efficacité ont été présentés et ils sont bons.

« Au lieu d’être prises tous les jours, elles pourraient être prises toutes les quatre semaines, voire peut-être toutes les huit semaines », indique Jean-François Delfraissy, coorganisateur de la conférence. Il ne s’agit alors plus de pilules, mais de piqûres, ce qui simplifie le traitement, mais peut aussi changer les habitudes du patient.

« Est-ce qu’ils préfèrent prendre un ou deux comprimés par jour, ne pas l’oublier et rester très stables, ou avoir une injection tous les mois ou tous les deux mois ? On peut imaginer que ça évolue, que ce ne soit plus une injection, mais un patch. Ce sera aux patients de décider », remarque Jean-François Delfraissy.

Autre avantage de ces nouveaux médicaments : ils peuvent être utilisés à visée préventive, pour ne pas contracter le VIH. « Si on ne prend quelque chose que tous les deux mois, c’est quelque chose d’assez révolutionnaire qui pourrait donc nous rapprocher, non pas d’un vaccin, mais de quelque chose qui protégerait sur une longue durée », s'enthousiasme le coorganisateur du congrès.

Ce sont les populations les plus à risques qui seraient alors concernées. Mais ce n’est que le début. Il va encore falloir quelques années pour voir ces médicaments longue action.

http://www.rfi.fr/science/20170725-sida ... rometteuse
fil - 30 Jl 2017 - 08:23
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VIH : 4 génériques du Truvada autorisés en France

Le brevet du Truvada arrive à expiration. Quatre laboratoires ont d’ores et déjà obtenu l’autorisation de produire des versions génériques de ce traitement du VIH.

Le traitement préventif du VIH pourrait bien coûter moins cher dans les semaines à venir. Au moins un laboratoire est prêt à distribuer une version générique du Truvada (emtricitabine/ténofovir) : l’Américain Mylan. Comme il l’a annoncé le 26 juillet, une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne lui a été délivrée pour ce médicament indiqué dans le traitement et la prévention d’une infection par le VIH.

Un brevet en fin de course

Trois autres laboratoires sont aussi dans les starting blocks. Biogaran, EG et Zentiva disposent eux aussi de l’autorisation pour produire une version générique du Truvada. Mylan est sans doute le plus avancé : il annonce d’ores et déjà le coût de sa production. La boîte de 30 comprimés reviendra à 179,90 euros. Le princeps, lui, est vendu au prix de 406,86 euros par boîte.

L’économie serait considérable pour l’Assurance maladie. Le Truvada est actuellement pris en charge à 100 % - en prévention comme en traitement de l’infection par le VIH. Et en France, un quart des patients séropositifs reçoivent cette molécule. Des malades auxquels s’ajoutent les quelque 3 000 bénéficiaires de la PrEP déclarés au début de l’année 2017.

Le mois de juillet pourrait bien s’avérer crucial. C’est en effet ce mois-ci qu’expire le brevet du Truvada. Mais comme le précise Gilead, contacté par Pourquoidocteur, « dans les pays où le laboratoire a des Certificats complémentaires de protection (CPP) valides, cela étend nos droits de propriété intellectuelle jusqu’en 2020 ».

La France fait partie des 12 pays sous le coup de cette disposition, qui permet de contourner la limite maximale des brevets, établie à 20 ans. S’enthousiasmer immédiatement serait donc prématuré. D’autant que l’obtention d’une AMM ne préjuge en rien d’une distribution effective, comme l'a précisé l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à Pourquoidocteur.

Un surcoût élevé

Et le laboratoire détenteur du brevet semble bien décidé à se défendre. « Gilead se réserve le droit de protéger et défendre ses droits de propriété intellectuelle en France », a commenté le laboratoire. Une bataille judiciaire est donc à prévoir. Certaines procédures ont d’ailleurs déjà été engagées.

Au Royaume-Uni, plusieurs laboratoires génériqueurs ont attaqué la CPP dont dispose Gilead. Ils soulignent que l’extension du brevet jusqu’en 2020 « conduirait inévitablement à repousser la date de disponibilité des médicaments génériques pour le National Health Service England (Service national de santé, Angleterre) et impliquerait, par là même, des coûts plus élevés ainsi qu’une charge budgétaire plus importante pour ce dernier. »

C’est aussi l’avis des associations. Dans une interview accordée à Libération, Caroline Izambert – exerçant auprès d’AIDES – estime à 815 millions d’euros le surcoût d’une telle prolongation pour les finances françaises.
fil - 08 Août 2017 - 16:05
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Traitement contre le VIH : des formes injectables pour améliorer l’observance

L’observance thérapeutique reste un problème majeur dans le suivi des patients atteints par le VIH. Une faible compliance est à l’origine d’échecs thérapeutiques et de l’émergence de résistances. Les formes injectables des antirétroviraux pourraient être la solution à ce problème. Elles évitent les prises journalières et l’obligation de se procurer, de stocker et de transporter les comprimés, toutes choses qui interfèrent dans les activités quotidiennes des patients.

Des essais sont actuellement en cours pour évaluer l’efficacité et la tolérance de ces formes injectables à longue durée d’action. Le Lancet publie les premiers résultats de l’essai LATTE-2, étude randomisée en ouvert de non infériorité (phase IIb), destinée à évaluer l’efficacité au long cours de l’association cabotégravir et rilpivirine dans une forme injectable à longue durée d’action. Après une période d’induction de 20 semaines avec du cabotégravir (30 mg sous forme orale) et l’association abacavir-lamivudine (600 mg-300 mg per os), 286 patients, dont la charge virale était devenue inférieure à 50 copies/ml, ont été randomisés. Les uns (n=115) ont reçu les formes injectables à longue durée d’action de cabotégravir 400 mg et rilpivirine 600 mg, à raison de 2 injections de 2 ml toutes les 4 semaines. Un autre groupe (n=115) a reçu du cabotégravir 600 mg et de la rilpivirine 900 mg, sous forme de 2 injections de 3 ml toutes les 8 semaines. Enfin, le troisième groupe (n=56) continuait l’association cabotégravir et abacavir-lamivudine sous forme orale.

Maintien de la suppression de la charge virale

Les résultats semblent très encourageants puisque 32 semaines après le tirage au sort, les deux protocoles injectables ont permis d’avoir des résultats comparables à celui du traitement par voie orale en termes de contrôle de la charge virale. En effet, le maintien de la suppression de la charge virale a été obtenue pour 51 (91 %) des patients du groupe traitement per os, 108 patients (94 %) du groupe pour lequel les injections étaient faites toutes les 4 semaines (différence : 2,8 % ; IC95 % : - 5,8 % à 11,5 %) et 109 (95 %) du groupe ayant bénéficié des injections toutes les 8 semaines (différence : 3,7 % ; IC95 % : - 4,8 à 12,2). A 96 semaines, la suppression virale s’est maintenue chez 47 patients (84 %) du groupe per os, 100 (87 %) du groupe 4 semaines et 108 (94 %) du groupe 8 semaines. Trois patients au total ont été en échec virologique tel qu’il était défini par le protocole de l’étude, 2 du groupe 8 semaines et 1 du groupe per os.

Si plus de 9 patients sur 10 ont rapporté des douleurs au niveau des sites d’injection, les réactions étaient d’intensité faible ou modérée et responsables de moins de 1 % d’arrêts de traitement. Les effets secondaires graves ont été signalés pour 10 % des malades ayant reçu le traitement en intramusculaire et 13 % de ceux l’ayant pris per os, mais aucun de ces effets n’a pu être imputé au traitement.

Notons toutefois que cette étude incluait principalement des hommes, dont le compte de CD4+ était au moins de 200/mm3, ce qui ne représente pas la globalité des personnes infectées par le VIH. L’efficacité, la sécurité d’emploi et la pharmacocinétique de ces antiviraux injectables à longue durée d’action devront être évaluées dans d’autres sous-populations de patients.

RÉFÉRENCE
Margolis DA et coll. : Long-acting intramuscular cabotegravir and rilpivirine in adults with HIV-1 infection (LATTE-2): 96-week results of a randomised, open-label, phase 2b, non-inferiority trial. Lancet 2017 (24 juillet) Publication avancée en ligne. pii: S0140-6736(17)31917-7. doi: 10.1016/S0140-6736(17)31917-7.
fil - 10 Août 2017 - 06:08
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VIH ET CANCER : LA JOURNÉE SCIENTIFIQUE DU TRT-5 EN VIDÉOS

La prise en charge des comorbidités est devenu un enjeu majeur pour les PVVIH. Nous proposerons dans cette journée de faire un faire un point avec vous sur l’état des connaissances concernant les cancers plus particulièrement présents chez les PVVIH. Mais aussi bien sûr sur la nécessité de prévenir, de dépister, enfin de réunir les conditions d’une prise en charge adaptée et la meilleure possible. Une forte mobilisation est nécessaire pour que cliniciens, chercheurs, associations, malades, puissent trouver les meilleures solutions et ne pas se laisser dépasser par ce défi.

https://public.weconext.eu/trt5/2017-06-08/index.html
fil - 25 Août 2017 - 10:45
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Une nouvelle molécule pour faire sortir le virus de ses phases de latence

Forcer le VIH à sortir de ses phases de latence, quand il demeure en sommeil dans des réservoirs tels que les lymphocytes, pour qu’il puisse être ciblé et détruit par le système immunitaire est une stratégie appelée « shock and kill », déjà explorée dans le monde de la recherche contre le sida.

Une équipe américaine vient d’identifier une nouvelle molécule, appelée JQ1 (actuellement évaluée dans des études de phase précoce contre le cancer, mais aussi l’insuffisance cardiaque et l’inflammation), comme capable de jouer un rôle dans cette stratégie du « shock and kill ». Ces résultats sont publiés dans « Molecular Cell ».

La forme courte d’une protéine de la famille BET

La protéine BRD4 appartient à la famille BET (« bromodomain and extraterminal domain »). « Nous avons découvert qu’il existait une forme courte de la protéine BRD4 (appelée BRD4S, pour « short ») », précise le Pr Melanie Ott, co-auteure de l’article. Et BRD4S est un co-répresseur du VIH, inhibant la transcription de celui-ci pendant les phases de latence. Or, l’équipe de chercheurs savait que JQ1 ciblait et éliminait les protéines BET. Et si intervenir sur la forme longue de BRD4 n’a aucun effet sur la réactivation du VIH, cibler sa forme courte pousse le virus à se répliquer, permettant de déclencher la stratégie du « shock and kill ».

Source : Lequotidiendumedecin.fr
fil - 25 Août 2017 - 10:49
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Une matrice extra-cellulaire protectrice à l'origine du pouvoir infectieux du VIH

Selon une étude soutenue par l'ANRS et menée par Maria-Isabel Thoulouze au sein du département de Virologie de l'institut Pasteur (Institut Pasteur/CNRS) et ses collègues de l'Inserm et du CHU du Kremlin Bicêtre, le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) incite les lymphocytes infectés à synthétiser un maillage extra-cellulaire qui abrite les particules virales, les protégeant ainsi du système immunitaire et des antirétroviraux. Ces résultats, qui mettent en évidence une nouvelle cible thérapeutique, sont présentés le 26 juillet 2017 en communication orale lors de la 9e conférence scientifique sur le VIH/sida (IAS 2017) organisée par l'International Aids Society et l'ANRS et qui se déroule du 23 au 26 juillet 2017, à Paris.

Lorsqu'il est isolé, le VIH est un virus fragile, dont le pouvoir de contamination est très faible. Cependant, il se transmet très bien d'une cellule à une autre, lorsque celles-ci rentrent en contact. Il faut alors des doses très élevées d'antirétroviraux pour empêcher la contamination. Une étude menée par Maria-Isabel Thoulouze au laboratoire de Virologie (Institut Pasteur/CNRS), en collaboration avec des collègues de l'Inserm et du CHU du Kremlin Bicêtre, et avec le soutien de l'ANRS, permet de mieux comprendre le mode de transmission du VIH. Les résultats sont présentés le 26 Juillet, en communication orale lors de la 9ème conférence scientifique sur le VIH/sida (IAS 2017) organisée par l'International Aids Society (IAS) et l'ANRS et qui se déroule du 23 au 26 juillet 2017, à Paris.

Cette étude montre que le VIH ne se transmet pas uniquement de manière isolée entre lymphocytes, mais aussi sous forme d'agrégats de particules virales, véhiculées dans une matrice extracellulaire adhésive. Celle-ci les protégerait également du système immunitaire et des antirétroviraux. "Nous avons découvert que le VIH a la capacité de modifier le profil de sécrétion du lymphocyte infecté, pour le pousser à former un maillage protecteur externe dans lequel se logent les particules virales", déclare Maria-Isabel Thoulouze. Cet enchevêtrement, composé notamment de protéines et de sucres, est comparable à celui du biofilm bactérien, une matrice extra-cellulaire sécrétée par certaines bactéries pour se protéger de leur environnement.

Pour aboutir à ce constat, les chercheurs ont utilisé des lymphocytes T CD4+ infectés par le VIH. Ils ont analysé le maillage extracellulaire formé à la surface de ces lymphocytes et évalué l'infection virale après sa destruction. Ils ont ensuite comparé le pouvoir infectieux des particules virales contenues dans ce "biofilm viral" avec celui des particules virales isolées, en absence ou en présence d'antirétroviraux. Ils ont également ajouté des anticorps neutralisants, afin d'évaluer leur efficacité contre les virus.

Les résultats montrent que la formation d'un biofilm viral rend le VIH beaucoup plus infectieux, réduit l'efficacité des antirétroviraux et limite l'action des anticorps. Comparativement aux virus isolés, ceux véhiculés dans ce cocon protecteur se transmettent aussi beaucoup plus efficacement d'une cellule à une autre. "Grâce à ce biofilm viral, la contamination d'une cellule n'est pas effectuée par un virus seul, mais par de véritables colonies formées de plusieurs centaines de particules virales, qui pourraient se complémenter. Enfin, le VIH, ainsi concentré et compartimenté, devient moins sensible aux traitements et moins accessible au système immunitaire, ce qui pourrait expliquer la persistance du virus dans l'organisme, malgré la prise en charge thérapeutique", commente Maria-Isabel Thoulouze.

Ce maillage extra-cellulaire constitue donc une nouvelle cible thérapeutique. "Sa destruction représente une approche prometteuse pour limiter le transport collectif des particules virales, amé- liorer l'efficacité de la réaction immunitaire contre le VIH et renforcer celle des traitements antiré- troviraux", espère la chercheuse. D'autres études devront être menées pour valider cette nouvelle stratégie.

http://www.techno-science.net/?onglet=n ... news=16540
fil - 01 Sep 2017 - 16:06
Sujet du message:
Dat’AIDS : quelles sont les maladies auto-immunes les plus fréquentes chez les sujets VIH ?

Les patients infectés par le VIH présentent de nombreuses comorbidités : parmi elles, les maladies auto-immunes ne sont pas rares mais les chiffres épidémiologiques les concernant sont peu nombreux. Les données de la cohorte française Dat’AIDS ont été analysées afin de mieux décrire la prévalence de ces maladies chez les sujets traités ou non par antirétroviraux..

Méthodologie

Dat’AIDS est une étude de cohorte prospective multicentrique conduite dans 12 centres experts français depuis 2000. Les 26 maladies auto-immunes de la classification internationale des maladies (CIM-10) ont été recherchées et les chiffres de prévalence ont été analysés selon les caractéristiques de l’infection par le VIH (début de l’infection, nombre de CD4 et CD8, charge virale…) et la conduite d’un traitement antirétroviral.

Résultats

• Globalement, 1.381 patients infectés par le VIH présentaient une maladie auto-immune parmi les 18.431 sujets dont le suivi était actif entre 2000 et 2013.
Les maladies auto-immunes les plus fréquentes étaient le psoriasis, la sarcoïdose, la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante (respectivement 2.295, 141, 212 et 265 cas pour 100.000 patients). La maladie de Grave, l’anémie hémolytique auto-immune, la thrombocytopénie immune et les MICI présentaient une prévalence respective de 206, 141, 325 et 597 cas pour 100.000 patients.
• Dans la plupart des cas (59%), la maladie auto-immune était apparue plus d’un an après le diagnostic de VIH. En moyenne, le délai d’apparition de la pathologie était de 10,6 mois post-diagnostic VIH. Parmi ces patients, 73% étaient sous traitement antirétroviral et 70% avaient une charge virale indétectable au moment du diagnostic d’affection auto-immune. Pour la majorité de ces pathologies, le nombre de CD4 et de CD8 était supérieur à 300 et 830/mm3 et le rapport CD4/CD8 supérieur à 1.
• Une co-infection par le VHC était plus fréquemment retrouvée chez les sujets souffrant de psoriasis, de maladie de Grave, de thrombocytopénie ou d’anémie hémolytique auto-immune (24%, 34%, 38% et 41% versus 16% dans l’ensemble de la cohorte, significatif). Une fois écartés les patients sous interféron, le psoriasis et la thrombocytopénie immune restaient plus fréquemment diagnostiqués chez les sujets co-infectés que chez les autres.
• De la même façon, une fois les patients sous interféron écartés, les sujets co-infectés par le VHB apparaissaient plus souvent touchés par la thrombocytopénie immune et par l’anémie hémolytique auto-immune.

Limites

• Les diagnostics de maladies auto-immunes n’ont pas fait l’objet d’une vérification.
• Aucune donnée sur l’origine ethnique n’était disponible.

À retenir

Dat’AIDS décrit la fréquence et la chronologie d’apparition des maladies auto-immunes par rapport à celle du VIH chez une large cohorte française. Elle montre l’importance de certaines d’entre elles, comme le psoriasis ou les MICI. Dans une majorité de cas, ces maladies apparaissent au-delà de la première année d’évolution de l’infection. Ces chiffres sont, dans leur très grande majorité, en phase avec les publications étrangères.

L’étude met ainsi en exergue l’importance des maladies auto-immunes dans la prise en charge des patients VIH et permet d’appréhender les mécanismes physiopathologiques spécifiques à chacune de ces maladies, notamment en cas de co-infection par le VHB ou le VHC.
fil - 07 Sep 2017 - 10:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Normalisation à long terme du ratio CD4/CD8 chez les patients sous traitement antirétroviral efficace
Dr Laurence Morand-Joubert

Le ratio CD4/CD8 est considéré comme un marqueur de restauration immunitaire reflétant l’activation et l’inflammation résiduelles. Sa persistance à un niveau faible (<0,3) chez des patients sous traitement, avec une charge virale contrôlée est associée au le risque de la survenue de pathologies non liés au Sida (cancer et autres morbidités), par rapport à un niveau supérieur à 0,45. Ce ratio apparait comme un marqueur prédictif du déficit immunitaire bien meilleur que le taux de CD4, même ajusté sur le niveau de la charge virale. Malgré l’efficacité des traitements anti-rétroviraux, 80% des patients maintiennent un ratio inversé (<1>1 sous traitement efficace, le délai pour récupérer ce ratio >1, ainsi que les facteurs associés à cette restauration immunitaire. Les 10012 patients inclus étaient des patients traités en première ligne entre janvier 2000 et décembre 2010 avec un contrôle virologique (<500 copies) dans le 9 mois suivants la mise sous traitement et un ratio CD4/CD8 <1>1 était de 23 % à 5 ans du contrôle virologique, et de 30 % à 8 ans. Cette probabilité était de 17% chez les patients au stade Sida et de 45% chez les patients avec un taux de CD4 supérieur à 500/mm3. Les principaux facteurs associés à la restauration immunitaire (ratio >1) étaient le traitement initié au cours de la primo-infection par le VIH quel que soit le nombre de CD4, un taux de CD4 >500/mm3 en phase chronique, un taux plus faible de CD8 à l’initiation en phase chronique, et un traitement initié plus récemment en 2009-2010, notamment avec un traitement par comportant un inhibiteur d’intégrase et aussi un délai plus court d’obtention du contrôle virologique. Ces résultats sont concordants avec l’introduction en 2008 de cette nouvelle classe connue pour avoir une activité antirétrovirale rapide et importante. N’oublions pas que ce ratio CD4/CD8 >1, marqueur de la restauration immunitaire est sous la double dépendance de la récupération des lymphocytes CD4 mais aussi de la normalisation des lymphocytes CD8 liée à la réplication résiduelle du VIH, à la translocation microbienne et aux co-infections chroniques (CMV, VHC…)
fil - 13 Sep 2017 - 05:17
Sujet du message: Re: VIH : Publications
ABIVAX PRÉSENTE LES DONNÉES COMPLÈTES DE SON ÉTUDE DE PHASE 2A SUR ABX464 DANS LE VIH AU SYMPOSIUM « HIV CURE AND RESERVOIR »

ABIVAX (Euronext Paris : FR0012333284 – ABVX) (Paris:ABVX) annonce aujourd’hui que les données complètes de l’étude ABX464-004 seront présentées lors d’une session orale lors du « 2nd HIV Cure and Reservoir Symposium » qui se tiendra les 11 et 12 septembre 2017 à Ghent, en Belgique. Les résultats préliminaires de l’étude ABX464-004 avaient été publiés en mai 2017. La présentation par le Professeur Vandekerckhove, MD, PhD se déroulera le mardi 12 Septembre de 13h55 à 14h10 à l’auditorium OEHOE de la faculté de Ghent, Université de Ghent, Belgique.

La présentation intitulée “ABX464 decreases Total HIV DNA in PBMC’s when administered during 28 days to HIV-infected patients who are virologically suppressed” conforte les résultats préliminaires communiqués précédemment. De nouvelles données issues de cet essai clinique portant sur l’ADN viral intégré, une technique de séquençage de l’ADN viral plus sensible, ont confirmé les résultats obtenus en mai 2017. Elles confirment qu’ABX464 diminue de manière importante les réservoirs du VIH dans le sang dans le cadre de cette étude clinique de Phase 2a.

Le Professeur Linos Vandekerckhove, M.D., Ph.D., Directeur du Centre de Recherche sur le VIH à la Faculté de Médecine de l’Université de Ghent, déclare « La confirmation de l’activité d’ABX464 sur les réservoirs du VIH mesurés avec cette deuxième méthode – sur de l’ADN viral intégré – confirme nos conclusions initiales et nous encourage à explorer davantage le potentiel de cette molécule ».

Jean-Marc Steens, M.D., Directeur médical d’ABIVAX ajoute, « Ces données soutiennent le potentiel d’ABX464 à devenir un élément de guérison fonctionnelle du VIH. L’aval scientifique du Symposium “HIV Cure and Reservoir” est une étape importante dans la reconnaissance du potentiel de cette molécule qui cible les réservoirs du VIH et pourrait mener à une guérison fonctionnelle ».

Le Pr. Hartmut Ehrlich, M.D., Directeur Général d’ABIVAX ajoute, « Nous sommes très heureux de cette opportunité offerte par ce Symposium de présenter à la communauté scientifique les résultats complets de cette importante étude clinique avec ABX464. Nous sommes impatients de discuter ces données essentielles qui fourniront certainement une ligne directrice au développement à venir d’ABX464 ».

Une autre étude clinique de Phase 2a (ABX464-005) a déjà été lancée dans le but d’étudier les effets d’ABX464 sur les réservoirs du VIH dans le sang et les tissus gastro-intestinaux. Dans cette étude, annoncée précédemment, la première cohorte de patients se voit administrer ABX464 pendant 28 jours, en complément à leur traitement antirétroviral. Des biopsies rectales sont collectées à certains intervalles afin de quantifier, sur la durée, le réservoir du VIH et le niveau d’inflammation. Sur la base des résultats de l’étude ABX464-004, ABIVAX a soumis une demande de modification du protocole chez les patients de la deuxième cohorte, afin d’étendre la durée du traitement. Les approbations réglementaires et des comités d’éthique ont d’ores et déjà été obtenues. Les premiers résultats de la première cohorte de l’étude ABX464-005 sont attendus d’ici la fin du mois de septembre 2017.

A propos d’ABIVAX (www.abivax.com)

ABIVAX est une société innovante de biotechnologie qui cible le système immunitaire pour éliminer des maladies virales. ABIVAX dispose de trois plateformes technologiques : une plateforme « antivirale », « stimulation immunitaire » et « anticorps polyclonaux ». Son produit le plus avancé, ABX464, est actuellement en Phase II d’étude clinique afin d’évaluer sa capacité à devenir un élément de rémission durable du VIH/SIDA. ABX464 est une nouvelle molécule administrée par voie orale qui inhibe la réplication virale via un mode d’action unique et qui présente indépendamment un fort effet anti-inflammatoire. ABIVAX développe également un candidat immunostimulant en phase clinique ainsi que plusieurs candidats précliniques pour d’autres cibles virales (Virus Respiratoire Syncytial, Virus de la Grippe, Virus de la Dengue, etc.). Plusieurs de ces composés sont susceptibles d’entrer en phase de développement clinique dans les 18 prochains mois. ABIVAX est cotée sur le compartiment B d’Euronext à Paris (ISIN : FR0012333284 – Mnémo : ABVX). ABIVAX est éligible au PEA-PME.

Pour plus d'informations sur la société, rendez-vous sur : www.abivax.com

Consultez la version source sur businesswire.com : http://www.businesswire.com/news/home/2 ... 005983/fr/
fil - 15 Sep 2017 - 04:14
Sujet du message: Re: VIH : Publications
STRATÉGIES D’ALLÈGEMENT : LES AVIS DE CLINICIENS EXPERTS

Lors de la conférence HIV Science à Paris en juillet dernier, un symposium a été consacré aux stratégies d’allègement médicamenteux ou thérapeutique (nombre des molécules, nombre de jours de prise, diminution des doses d’antirétroviraux). Les chercheur-e-s avaient choisi d’intituler ainsi la session : "Avons-nous besoin de trithérapies pour tous et toute la vie ?" Le principe du traitement anti-VIH hautement efficace étant depuis 1996 la prise quotidienne de trois médicaments antirétroviraux (trithérapie), éventuellement additionnés d’un booster (ritonavir ou cobicistat). Chaque congrès sur le VIH se pose désormais la question des stratégies d’allègement. Cette question, les personnes sous traitements la posent à leurs médecins et se la posent (Dois-je changer de traitement ? Dois-je alléger ? Puis-je alléger ? Comment ?), les cliniciens aussi. Et les associations ont relayé ce besoin auprès des médecins et chercheurs depuis plusieurs années. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreuses études sont menées. Seronet a extrait des interviews thérapeutiques du numéro 100 de Remaides, les avis de quelques médecins concernant les pratiques d’allègement.

Le concept et les pratiques d'allègement avancent. Les personnes vivant avec le VIH le demandent, pour réduire les effets indésirables, pour réduire la toxicité sur le long terme. Jusqu'où pourrait-on aller dans ce domaine selon vous ?

Jade Ghosn : Ces deux dernières années ont été très riches en enseignement sur le concept d’allègement thérapeutique. Le "dogme" de la trithérapie pour tous a été sacrément ébranlé par des essais comme Gardel, essai qui a montré qu’une bithérapie avec un inhibiteur de la protéase boosté par le ritonavir associé à une molécule qu’on connaît depuis longtemps, qui est bien tolérée et génériquée, la lamivudine (3TC), n’était pas moins efficace qu’une trithérapie classique, y compris pour des charges virales initialement élevées. On attend avec impatience les résultats des essais Gemini, qui comparent, en initiation de traitement, une bithérapie associant le dolutégravir (inihibiteur de l’intégrase de deuxième génération) avec la lamivudine. Ces résultats, s’ils sont bons, pourraient redéfinir la "référence" en termes de composition d’un traitement antirétroviral de première ligne. Nous avons également plusieurs résultats d’études d’allègement vers des bithérapies chez des personnes déjà contrôlées sous traitement par trithérapie. La difficulté, chez ces personnes, réside dans le fait qu’il y a un "cahier des charges" à valider avant de pouvoir passer en bithérapie, et ce cahier de charges dépend des différents traitements déjà reçus par le passé et de leur efficacité, de la durée d’indétectabilité, des antécédents de maladies — notamment neurologiques — , etc. Il est donc important que cet allègement ne se fasse pas de façon unilatérale [sans avis médical, ndlr], mais en concertation avec son médecin et l’équipe soignante.

Concernant les monothérapies, les résultats d’études récentes évaluant le dolutégravir en monothérapie, ont montré que cette molécule donnée seule n’était pas suffisamment robuste pour empêcher le développement de mutations de résistance en cas d’échec, ce qui compromet les options futures. Seuls les inhibiteurs de la protéase boostés par le ritonavir peuvent être utilisés en monothérapie de relais chez des personnes déjà contrôlées, mais du fait du potentiel impact cardio-vasculaire de cette classe d’antirétroviraux, une telle stratégie ne me semble pas être une stratégie de long terme. Enfin, des résultats très convaincants sont maintenant disponibles pour les traitements "intermittents", quatre/cinq jours sur sept, et on attend à présent le démarrage de l’essai Quatuor qui va tester cette stratégie de traitement quatre jours sur sept en la comparant à un traitement continu, chez plus de 600 participants. On pourra donc bientôt proposer, à chaque personne, une stratégie antirétrovirale "allégée" qui lui convient le mieux : moins de molécules, mais une prise quotidienne (ou un peu plus tard, une ou deux injections tous les "X" mois), ou autant de molécules, mais moins de jours par semaine.

Gilles Pialoux : S’agissant des pratiques d’allègements qui avancent dans bien des domaines, et que réclament un certain nombre de personnes vivant avec le VIH, il me semble que la question économique ne doit pas oblitérer les risques à alléger mal et/ou trop. S’il est clair que beaucoup de patients, même dans les centres expérimentés, sont encore "trop" traités en termes de nombre de molécules utiles, l’allègement ne doit pas constituer une perte de chance en termes d’efficacité virologique du traitement.

Je pense notamment qu’on ne peut pas à la fois alléger le suivi (voir le patient une fois par an), alléger le dépistage des comorbidités et le contrôle de la charge virale indétectable, alléger le dépistage des IST et les messages de préventions qui lui sont associés et aussi diminuer l’efficacité thérapeutique par différentes formes d’allègements (moins de jours ou moins de principes actifs). Cela pouvant augmenter le risque de remontée des charges virales, dissociées entre sang et sperme avec la fréquence des "blip" [rebonds temporaires de la charge virale, ndlr]. Sans parler de l’évaluation des prises de risques avec le partenaire pour les personnes dans des stratégies d’allègement maximales [risque sur l’efficacité du Tasp, ndlr].

Le concept et les pratiques d'allègement avancent. Les personnes vivant avec le VIH le demandent. On a pu reprocher à l’agence de ne pas aller assez vite dans ce domaine, partagez-vous cette opinion. Jusqu'où pourrait-on aller dans ce domaine selon vous ? Que faut-il encore faire comme recherches ?

François Dabis : Je sais qu’il y a eu des débats par le passé. Notamment sur l’opportunité de soutenir la recherche sur ce sujet. Depuis, des décisions ont été prises afin d’avancer sur ce projet d’allègement thérapeutique. Un travail [essai ANRS-4D, ndlr] a été mené et présenté partiellement à la conférence de Durban l'année dernière. Il y aura une phase de publication des résultats définitifs. Nous sommes dans une phase intermédiaire, avec le lancement d’un nouvel essai pour étudier plus largement l’intérêt de la stratégie de réduction de prises hebdomadaires (1). Il faut que cela se fasse, en lui donnant le temps de produire des données que nous pourrons présenter puis publier. Continuer dans cette voie là en multipliant les projets ne me parait pas une bonne solution. Je ne crois pas que nous en ayons beaucoup dans les tuyaux. C’est déjà une partie de la réponse. Faut-il qu’il y ait un agenda de recherche sur la simplification à long terme ? Oui. Mais avec des objectifs ambitieux, sur les médicaments à diffusion prolongée notamment, les nanoparticules. (…) A nous de nous mettre autour de la table pour réfléchir ensemble et atteindre cette simplification.

Cette dernière est un champ important, je le reconnais. Il faut reconnaître que pour 95 % des gens, le traitement est bien toléré et la question de l’observance se pose moins. Reste une partie marginale de personnes pour lesquelles c’est encore un enjeu. Nous sommes dans des niveaux de succès que d’autres pathologies nous envient. Pour autant, il faut plus de recherches sur la qualité de vie. (…) La question des stratégies d’allègement a pris, ces dernières années, de plus en plus d’ampleur. Elle n’a pas échappé à la caricature, aux effets de manche, aux approximations voire aux idées fausses (une stratégie unique d’allègement serait bien pour tout le monde). Le débat doit se poursuivre et ce d’autant que des recherches se poursuivent et que de nouveaux résultats sont attendus. Il doit d’autant plus se poursuivre que les questions posées sont plus complexes et plus vastes. Ainsi, par exemple, certains spécialistes se demandent si une initiation de traitement doit obligatoirement se faire par une trithérapie ou si une bithérapie voire une monothérapie pourrait être proposée en traitement d’induction et pour qui ? De même, des spécialistes réfléchissent aux traitements en cycles courts (quatre ou cinq jours par semaine) et surtout pour quelles personnes et quels profils est-ce une bonne option thérapeutique ? D’autres encore travaillent sur la diminution de doses d’antirétroviraux avec les résultats d’essai sur l’efavirenz et les antiprotéases. On le voit, rien n’est figé. Une seule chose est sûre : un allègement ne doit pas être entrepris sans un avis médical spécialisé.

(1) : Essai ANRS 170 Quatuor. L’essai Quatuor a pour objectif de comparer chez les personnes ayant un traitement efficace depuis au moins quatre mois, une prise de traitement quatre jours consécutifs par semaine versus la prise de traitement sept jours sur sept actuellement recommandée. La prise en compte des anti intégrases dans les traitements est nouvelle par rapport à l’essai 4D.

Jade Ghosn est médecin clinicien, spécialiste du VIH, investi dans la recherche et l’enseignement, membre des commissions d’experts du Rapport Morlat.
Gilles Pialoux est médecin, chercheur, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon (AP-HP, Paris), investi dans la recherche et l’enseignement, membre des commissions d’experts du Rapport Morlat.
François Dabis est médecin, chercheur et directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), depuis mars 2017.
fil - 19 Sep 2017 - 09:39
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Maladies infectieuses : Bill Gates débloque 40 millions de dollars

La Fondation Bill & Melinda Gates accorde 40 millions de dollars à une entreprise britannique. Celle-ci développe une nouvelle forme d'd’immunothérapie.

Bill Gates est désormais sur tous les fronts. Accès à l’eau potable, lutte contre les maladies infectieuses, campagnes de prévention… A travers sa Fondation, l’homme le plus riche du monde consacre sa fortune à la santé des plus démunis. Sa dernière contribution en date : 40 millions de dollars – soit environ 33,4 millions d’euros – alloués à Immunocore Limited.

L’entreprise britannique a développé une nouvelle forme d’immunothérapie. Au lieu de modifier l’action des lymphocytes T – qui composent les défenses immunitaires –, l’approche se concentre sur leurs récepteurs. Et certaines molécules pourraient être efficaces contre les maladies infectieuses, le cheval de bataille de Bill Gates.

Combiner les approches

Avec ces 40 millions de dollars, le fondateur de Microsoft a un objectif clair en tête. Que les traitements basés sur les récepteurs des lymphocytes T constituent la prochaine classe de médicaments contre les virus et les bactéries. De fait, les molécules mises au point par Immunocore ont livré quelques résultats intéressants.

En 2016, dans Molecular Therapy, les chercheurs britanniques ont publié une étude ciblée sur le VIH. Trouver un remède définitif à ce virus s’apparente, en quelque sorte, à la quête du Graal. Les traitements antirétroviraux permettent de stopper sa progression. Mais les réservoirs restent intacts et l’arrêt des médicaments est rapidement suivi d’une reprise de l’infection.

En testant leur technique sur des cellules de patients séropositifs, les scientifiques ont obtenu des résultats positifs. Leur molécule, baptisée ImmTAV, redirige le système immunitaire contre les cellules infectées, et notamment les réservoirs. Utilisée en combinaison avec les antirétroviraux, elle pourrait donc aider à se débarrasser définitivement du VIH.

Une voie rapide

Parmi les maladies récalcitrantes qui pourraient bénéficier de cette nouvelle approche figure aussi la tuberculose. Cette pathologie, d’origine bactérienne, provoque chaque année 10,4 millions de nouvelles infections. Là aussi, les Britanniques espèrent trouver une alternative aux antibiotiques.

Il faut dire que mettre fin à l’infection demande de la patience. Plusieurs mois sont nécessaires pour éradiquer le bacille à l’origine de la tuberculose. « Nous pensons que le système immunitaire a la capacité de répondre au problème des maladies infectieuses, estime Namir Hassan, Vice-président du département des maladies infectieuses à Immunocore. Nos traitements basés sur les TCR sont les mieux placés pour mobiliser ce mécanisme. »

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... ns-dollars
fil - 22 Sep 2017 - 05:12
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : arrêt de commercialisation de VIDEX et ZERIT à partir de mars 2018

La commercialisation des antirétroviraux VIDEX (didanosine) et ZERIT (stavudine) sera arrêtée fin mars 2018. Au delà de cette date, ces spécialités seront disponibles jusqu'à écoulement complet des stocks.

Le laboratoire BMS a pris cette décision en raison de l'évolution des recommandations thérapeutiques dans le traitement de l'infection par le VIH.
VIDEX et ZERIT ne sont plus utilisés dans les trithérapies au profit d'INTI plus récents, dont les profils d'efficacité et de tolérance sont plus favorables.

En pratique, il est recommandé aux médecins d'envisager dès à présent la modification des traitements en cours et aux pharmaciens d'orienter les patients traités par ZERIT ou VIDEX vers leur médecin.

Fin de commercialisation en mars 2018
Le laboratoire Bristol-Myers Squibb a décidé d'arrêter la commercialisation des médicaments antirétroviraux VIDEX (didanosine) et ZERIT (stavudine) :
VIDEX 25 mg et 100 mg comprimé à croquer ou dispersible (NB. Les dosages à 50 mg et 150 mg ont été arrêtés en décembre 2016) ;
VIDEX 125 mg, 200 mg, 250 mg, 400 mg, gélule gastro-résistante ;
VIDEX 2 g poudre pour solution buvable ;
ZERIT 20 mg, 30 mg et 40 mg gélule gastro-résistante ;
ZERIT 200 mg poudre pour solution buvable.

L'arrêt de commercialisation en France est prévu d'ici fin mars 2018.
Au délà de cette date, ces spécialités resteront disponibles jusqu'à écoulement des stocks.

Anticiper l'indisponibilité de VIDEX et de ZERIT
Le délai d'environ 6 mois d'ici à fin mars 2018 doit permettre aux médecins et aux patients d'anticiper l'indisponibilité prochaine de ces médicaments.

Dès à présent, le laboratoire recommande de modifier les traitements en cours afin de remplacer VIDEX ou ZERIT par les alternatives thérapeutiques à disposition (Cf. VIDAL Reco "Infection par le VIH").

Un rapport bénéfice/risque moins favorable que les autres INTI plus récents
VIDEX et ZERIT comprimés sont commercialisés depuis 1997 en France. La forme gélule et la forme buvable de VIDEX sont respectivement commercialisées depuis 2000 et 2006.

La didanosine et la stavudine appartiennent à la classe des inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI), dont ils sont des représentants historiques avec la zidovudine (RETROVIR).

La décision d'arrêter la commercialisation de VIDEX et ZERIT est motivée par :
l'évolution des recommandations thérapeutiques relatives au traitement de l'infection par le VIH : en raison de leur toxicité chez l'adulte, l'enfant et la femme enceinte (Cf. Encadré 1), VIDEX et ZERIT ne font plus partie des recommandations thérapeutiques (Rapport Morlat novembre 2016 et EACS janvier 2017), ni lors de l'initiation d'un traitement antirétroviral, ni dans les situations d'échec virologique ;

Encadré 1 - Toxicité de la didanosine et de la stavudine
toxicité mitochondriale avec hyperlactatémie,
pancréatite,
neuropathie périphérique,
atteintes hépatiques
et plus récemment, pour la didanosine, signaux additionnels de malformations congénitales et de tumeurs chez l'enfant de mère exposée pendant la grossesse.

l'existence d'alternatives thérapeutiques au profil d'efficacité et de sécurité plus favorable (Cf. VIDAL Reco "Infection par le VIH") : en pratique, au sein de leur classe pharmacologique, la didanosine et la stavudine ne sont plus utilisées dans les trithérapies au profit d'INTI dotés d'un meilleur profil de tolérance tels le ténofovir, la lamivudine ou l'emtricitabine.

Une place limitée selon les derniers avis de la Commission de la transparence
Selon les derniers avis de la Commission de la transparence, la place de VIDEX et de ZERIT dans la stratégie thérapeutique de l'infection par la VIH est limitée :
pour VIDEX : "Compte tenu de sa toxicité mitochondriale importante et de l'existence d'INTI mieux tolérés, la didanosine (VIDEX) ne doit plus faire l'objet d'instauration de traitement mais peut garder un intérêt chez les patients virologiquement contrôlés avec cet INTI et qui le tolèrent correctement. Cependant, il est fortement recommandé de remplacer la didanosine lorsque cela est possible" (Cf. avis du 23 septembre 2015).
pour ZERIT : " ZERIT ne fait pas partie des options thérapeutiques de première ligne dans la prise en charge du VIH mais peut garder un intérêt chez les patients virologiquement contrôlés n'ayant pas d'alternatives thérapeutiques appropriées. Il existe des alternatives médicamenteuses. Cependant, la balance bénéfice/risque de ZERIT moins favorable que d'autres alternatives lui confère une place limitée dans la stratégie thérapeutique" (Cf. avis du 22 juin 2016).

https://www.vidal.fr/actualites/22095/v ... mars_2018/
fil - 22 Sep 2017 - 16:56
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Sida: des chercheurs sont parvenus à bloquer le virus

Des scientifiques Français et Américains ont testé un nouvel anticorps contre le virus du sida sur des macaques. Les résultats sont très prometteurs mais ils doivent encore être confirmés chez l’homme.

Des chercheurs du groupe pharmaceutique français Sanofi et des Instituts nationaux américains de la santé (NIH) ont développé une combinaison d’anticorps neutralisant le virus du sida triple antiviral présenté comme extrêmement prometteur pour la prévention et le traitement du virus du sida.
Le traitement, dont les détails ont été publiés mercredi 20 septembre dans la revue américaine Science, a permis de protéger des macaques contre le virus simien du sida (VIS) et des souches du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Un essai clinique de phase 1 devrait être mené en 2018 sur des volontaires sain et sur des personnes infectées par le VIH, afin d’évaluer l’innocuité et l’efficacité de cette nouvelle molécule.
Pour cette expérience, les chercheurs ont traité trois groupes de huit macaques. Les deux premiers avec respectivement de simples anticorps (VRC01 et PGDM1400) et le troisième groupe avec le triple anticorps. Cinq jours après, les 24 macaques ont été exposés à deux souches du virus simien du sida et à une combinaison de VIH. La majorité des animaux des deux premiers groupes, cinq et six sur huit respectivement, ont été infectés. Par contre, aucun animal du troisième groupe traité avec le triple anticorps n’a été contaminé, ont précisé les chercheurs.

http://science.sciencemag.org/content/e ... ce.aan8630

Une grande diversité de virus

Cet antiviral «à trois têtes» a procuré une meilleure protection que tous les autres anticorps testés jusqu’alors, neutralisant 99% des plus de 200 différentes souches du VIH-1, ont-ils précisé. Le nouvel agent a également été testé sur des cellules humaines en laboratoire.
Ces anticorps ont été produits grâce à l’ingénierie génétique pour détecter et neutraliser plusieurs cibles infectieuses simultanément. «A la différence des anticorps naturels, ce triple antiviral frappe des cibles infectieuses multiples dans une seule molécule», explique le Dr Gary Nabel, responsable scientifique de Sanofi et principal auteur de ces travaux.
«Cette approche a le potentiel d’améliorer la protection contre le VIH et constitue également une approche pour de nouveaux traitements contre le cancer et des maladies auto-immunes et infectieuses», estime le chercheur. «La combinaison de thérapies a déjà montré son efficacité contre le VIH et le cancer», rappelle le virologue. La grande diversité génétique des VIH de par le monde constitue la principale difficulté pour produire des anticorps capables de combattre efficacement la pandémie actuelle, pointent ces chercheurs.
«Une combinaison d’anticorps qui, chacun, frappe des sites distincts de l’enveloppe du VIH pourrait bien être la meilleure approche pour neutraliser les défenses du virus et parvenir à produire un traitement anti-infectieux et une prévention», a jugé le Dr Anthony Fauci, directeur de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses.

http://sante.lefigaro.fr/article/sida-d ... -le-virus/
fil - 03 Oct 2017 - 06:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Pour la première fois, le CDC reconnaît qu'une personne séropositive indétectable ne peut pas transmettre le VIH

Dans une note publiée au cours de la Journée nationale de sensibilisation au VIH / sida des hommes gais, les Centre américains de Contrôle des Infections ont déclaré, sur la base de trois études différentes, que «lorsque [le traitement antirétroviral] entraîne une suppression virale, définie comme inférieure à 200 copies / ml ou à des niveaux indétectables, elle empêche la transmission sexuelle du VIH». Près de la moitié de toutes les personnes atteintes du VIH aux États-Unis sont indétectables, grâce à un traitement antiviral approprié.

http://www.newnownext.com/for-the-first ... e/09/2017/
fil - 18 Oct 2017 - 16:08
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : bientôt la fin du traitement quotidien pour les séropositifs ?

La plupart des personnes séropositives pour le VIH en France prennent, à vie, un traitement quotidien. Mais la possibilité d’alléger bientôt cette contrainte se profile pour les patients sous trithérapie, soit plus de 100 000 personnes. Un essai d’envergure a démarré au mois de septembre afin de confirmer, dans la continuité d’un essai de taille plus modeste, que les patients peuvent en effet sauter plusieurs jours de traitement dans la semaine.

En France, quelque 300 patients sont déjà passés à un mode de traitement dit « par intermittence en cycles courts ». Depuis des années, ils prennent leurs médicaments quatre jours par semaine, au lieu des sept jours prévus dans le protocole officiel. Et ils s’en portent très bien.

Le nouvel essai, baptisé Quatuor, a été lancé par l’ANRS, l’Agence française de recherches sur le VIH/sida et les hépatites virales. Il vise à montrer qu’il y a un bénéfice pour le patient à ne prendre sa trithérapie que quatre jours sur sept, comparé aux sept jours sur sept en vigueur. 640 volontaires sont en cours de recrutement dans les 65 centres hospitaliers publics impliqués en France, Caraïbes comprises. Le Dr Pierre de Truchis, infectiologue à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), est l’investigateur principal de cet essai.

On peut supposer, cependant, que certains médecins n’attendront pas les résultats de cette étude pour proposer à leurs patients de supprimer trois jours de médication par semaine. Les recommandations de prescription publiées au mois de mai 2017 pour la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, sous l’égide du Conseil national du sida et des hépatites (CNS) et de l’ANRS, vont en effet dans ce sens. « Au cas par cas, dans des conditions similaires à celles des études réalisées, une stratégie de prise discontinue, quatre ou cinq jours sur sept peut être envisagée », indiquent – bien prudemment – les experts.

Quinze années de recul pour le traitement quatre jours sur sept

Pourtant, on dispose maintenant de quinze années de recul concernant la sécurité d’un traitement d’entretien allégé par prise intermittente. La principale expérimentation est menée depuis 2003 dans le cadre d’un protocole baptisé Iccarre, acronyme pour « intermittents en cycles courts, les anti-rétroviraux restent efficaces ». Ce programme a été initié par le Dr Jacques Leibowitch, figure de la lutte contre le VIH/sida. Il a été l’instigateur, en France, de la trithérapie qui, en 1996, a transformé une pathologie mortelle en affection chronique.

Des patients suivis par le Dr Leibowitch et ses confrères à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches sont ainsi passés de sept à cinq jours de traitement par semaine, puis à quatre. Leur charge virale est restée malgré cela en dessous du niveau de détection. Ces résultats portant sur 48 patients ont été jugés suffisamment robustes par la communauté scientifique internationale pour qu’ils soient publiés en 2010 dans la revue scientifique Faseb Journal. La même expérimentation a donné lieu à une seconde publication en 2015, avec un plus grand nombre de patients (94, précisément) et davantage d’années de recul.

Cette année-là, la direction de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Université Versailles Saint-Quentin, les deux employeurs du Dr Leibowitch, ont investi conjointement dans le dépôt de deux brevets à l’international, l’un pour les trithérapies dites « d’entretien » à quatre jours par semaine et moins, et l’autre pour l’usage à cet effet de quadrithérapies innovantes.

Un premier essai clinique à l’échelle nationale

Convaincue par les premiers résultats du protocole Iccarre, l’ANRS a lancé en 2014 un essai clinique sur deux ans mené dans 17 centres en France, baptisé 4D (en anglais, four days). Les médecins ont reçu beaucoup de candidatures pour participer à cet essai, au point qu’ils ont dû en refuser, comme me l’a confié le Pr Christian Perronne, l’investigateur principal. Les résultats ont été présentés à la conférence internationale sur le sida de 2016 à Durban, en Afrique du Sud. Ils indiquent que 96 des 100 patients de l’essai ont suivi scrupuleusement le schéma de prise avec quatre jours consécutifs sur sept. Leur charge virale est restée, pour tous, à un niveau indétectable.

Ces résultats convaincants ont encouragé l’ANRS à poursuivre dans cette voie avec l’essai Quatuor. Cette nouvelle étude comportera, cette fois, un groupe « contrôle » composé de patients qui continueront à prendre leur traitement sept jours sur sept pendant 48 semaines, afin de permettre une comparaison. Cette méthodologie répond aux exigences des autorités sanitaires quant au niveau de preuves à apporter avant un changement de leurs recommandations de prescription.

« Quatuor cherche à démontrer que la stratégie quatre jours sur sept est non-inférieure à la stratégie sept jours sur sept, en d’autres termes qu’à efficacité égale, les patients du groupe Allègement retireront des bénéfices secondaires de ce protocole (moins d’effets secondaires, meilleure observance…) », indiquait l’ANRS le 1er septembre sur son site.

http://www.anrs.fr/fr/vih-sida/recherch ... -priorites

Le traitement au quotidien, parfois mal vécu

De fait, la contrainte de prendre un traitement au quotidien peut être mal vécue. Nombre de patients se montrent ainsi moins réguliers dans leurs prises après plusieurs années de traitement – un problème qui se pose pour beaucoup de maladies chroniques. Il faut absolument éviter que des patients allègent eux-mêmes leur traitement, sans suivi médical, ce qui serait risqué.

La prise des anti-rétroviraux s’accompagne parfois d’effets secondaires indésirables comme des nausées et des diarrhées, ainsi que de la fatigue. L’allégement des prises peut s’accompagner d’une diminution de ces effets.

Le passage à un régime quatre jours sur sept, c’est à l’échelle d’une année l’équivalent de cinq mois sans médicament pour le patient.

Que va-t-il se passer maintenant ? C’est seulement à l’issue des résultats de l’essai Quatuor, au plus tôt en 2019, que pourra être officiellement recommandé en France la pratique des quatre jours sur sept. A l’étranger, elle ne s’est pas imposée non plus. Pas même aux Etats-Unis, le pays qui a ouvert le premier, en 2001 la voie de l’intermittence que suivra le Dr Jacques Leibowitch.

On peut s’étonner que cet allègement du traitement en soit toujours, plus de quinze ans après, au stade expérimental.

Il faut dire qu’en France, les associations historiques de patients dans le VIH/sida ne se sont pas saisies de cet enjeu. Elles se sont concentrées sur d’autres terrains jugés prioritaires comme les traitements préventifs, la prophylaxie pré-exposition (PreP). Par contre, les patients du Dr Leibowitch suivant un traitement allégé ont créé une association, Les amis d’Iccarre, sous l’impulsion de l’artiste Richard Cross. Elle vise à promouvoir l’allègement thérapeutique par intermittence pour tous.

Le médecin libre de ses prescriptions, selon le code de déontologie médicale

Seuls quelques médecins cliniciens du sida ont commencé, en France, à alléger leurs ordonnances. L’article 8 du code de déontologie médicale le leur permet : « Dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions qui seront celles qu’il estime les plus appropriées en la circonstance ».

La persistance du régime sept jours sur sept peut s’expliquer par une résistance au changement – qui n’est pas propre aux médecins – et par la difficulté à remettre en cause une règle établie de longue date dans la communauté médicale. On peut imaginer que d’autres facteurs jouent. A l’évidence, la prudence des patients et des médecins devant un niveau de preuve considéré comme insuffisant selon les standards en vigueur ; la crainte des médecins face à la judiciarisation de la médecine ; ou encore l’influence de l’industrie pharmaceutique sur les choix stratégiques des autorités médicales.

Le passage de sept à quatre jours de traitement représente 42 % de médicaments en moins. Cela se traduirait par une économie d’environ 500 millions d’euros pour le système de santé français chaque année (sur la base de 100 000 patients sous traitement, avec un coût moyen par patient et par mois de 1 000 euros en moyenne). A l’échelle du monde, la question du coût rejoint des préoccupations d’ordre éthique et humanitaire à l’heure où 22 millions de personnes séropositives n’accèdent toujours pas à la trithérapie.

De son côté, le Dr Jacques Leibowitch pousse plus loin encore l’allègement des traitements, conformément au code de déontologie médicale, pour les patients qui le souhaitent. Il réduit les prises de médicaments, selon les cas, à trois, deux ou un jour seulement par semaine. Avec ce nouveau protocole baptisé « grand » Iccarre, il poursuit l’objectif de délivrer la posologie la plus juste, nécessaire et suffisante, à ses patients. Le principe du Primum non nocere (« d’abord ne pas nuire ») n’était-il pas cher à Hippocrate ?
coquelicot - 19 Oct 2017 - 05:11
Sujet du message: Re: VIH : Publications
fil a écrit:
VIH : bientôt la fin du traitement quotidien pour les séropositifs ?
De son côté, le Dr Jacques Leibowitch pousse plus loin encore l’allègement des traitements, conformément au code de déontologie médicale, pour les patients qui le souhaitent. Il réduit les prises de médicaments, selon les cas, à trois, deux ou un jour seulement par semaine. Avec ce nouveau protocole baptisé « grand » Iccarre, il poursuit l’objectif de délivrer la posologie la plus juste, nécessaire et suffisante, à ses patients. Le principe du Primum non nocere (« d’abord ne pas nuire ») n’était-il pas cher à Hippocrate ?
Shocked Shocked Shocked Shocked j'en reste coi !
fil - 19 Oct 2017 - 05:19
Sujet du message: Re: VIH : Publications
ANRS 170 - Quatuor

http://www.anrs.fr/sites/default/files/ ... uatuor.pdf

Essai multicentrique, en ouvert, randomisé en 2 groupes parallèles, évaluant la non-infériorité d’un traitement de maintenance à 4 jours consécutifs sur 7 versus la poursuite du traitement antirétroviral en continu, chez des personnes en succès thérapeutique sous ARV.


Objectifs de l’essai

Actuellement les traitements antirétroviraux ne permettent pas de guérir l’infection par le VIH. Une charge virale indétectable est un critère d’efficacité de ces traitements. Ceux-ci ne peuvent être stoppés car la multiplication du virus et l’évolution de la maladie risquent de reprendre aussitôt. Devant cette perspective de traitements prolongés, disposer de traitements efficaces, moins contraignants, moins lourds et induisant moins d’effets indésirables semble indispensable. Quatuor a pour objectif de comparer chez les personnes ayant un traitement efficace depuis au moins 4 mois, une prise de traitement 4 jours consécutifs par semaine versus la prise de traitement 7 jours sur 7 actuellement recommandée.

Schéma de l’essai

2 groupes de 640 participants répartis par tirage au sort :

Groupe 1, traitement 4j/7 traitements pris 4jours consécutifs sur 7 jusqu’à la visite S98.
Groupe 2, traitement 7j/7 traitements pris 7j/7 jusqu’à la visite S50 où ils passent dans le groupe 1 si leur charge virale est indétectable.
Dans le groupe 1 le choix des 4 jours consécutifs sera choisi avec le médecin. Les jours choisis seront fixes et devront être respectés pendant toute la durée de l’essai. Dans le groupe 2 ce choix s’effectuera lors de la visite S50.

Les traitements de l’essai

Ce sont des antiviraux utilisés en association, les trithérapies antirétrovirales avec anti-intégrases. Seules seront admises pour QUATUOR les trithérapies standards, les plus souvent prescrites. Ces traitements devront pendant tout l’essai être les mêmes que ceux pris avant l’inclusion. Seule la fréquence des prises sera modifiée. En cas de prise d’autres médicaments il sera important d’en informer le médecin traitant.

Le suivi médical de l’essai

Il sera plus important que votre suivi habituel : plus de consultations (10), prélèvements sanguins à chaque visite (constitution d’une biothèque et d’une sérothèque ou DNAthèque), dosage des médicaments, et questionnaire d’observance et de qualité de vie. Une sous-étude « sperme » sera proposée aux participants masculins dans certains centres.

A la fin de l’essai ?

Si l’efficacité de la stratégie de 4 jours/7 jours est démontrée par l’essai (98 semaines) la poursuite du traitement au long court sera confortée et sera proposée. Si au contraire elle n’est pas démontrée, un retour à la stratégie en continu 7 jours sur 7 sera recommandé. L’efficacité de la stratégie intermittente a été testée dans l’essai ANRS 162 -4D. 100 participants ont été inclus, 96% suivaient toujours la stratégie de 4 jours/7 avec une charge virale indétectable à S48.

Infos pratiques

Investigateur Coordonnateur : Dr Pierre de TRUCHIS, Département de médecine aiguë spécialisée CHU Raymond Poincaré (92380 GARCHES), promoteur de l’essai Inserm ANRS.

Notre Avis

Les résultats de l’essai ANRS 162-4D ont été présentés ici. Cet essai a montré l’importance de la stratégie d’optimisation de traitement reposant sur la prise d’ARV en discontinu de 4 jours sur 7. Ces résultats doivent être confirmés par l’essai QUATUOR qui doit débuter en juillet 2017. Cet essai est nécessaire et les enjeux importants. Les personnes vivant avec le VIH et les associations, les équipes médicales et les scientifiques en attendent une réponse claire.

http://www.actupparis.org/spip.php?article5610
fil - 22 Oct 2017 - 00:41
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : les génériques et le dépistage ciblé entrent dans les recommandations du rapport Morlat

Le Pr Philippe Morlat, coordinateur du groupe d'experts chargé d'actualiser les recommandations de prise en charge du VIH, a présenté hier, au cours du congrès de la Société française de lutte contre le sida (SFLS), des changements importants qui seront apportés aux textes dans les prochaines semaines.

Les experts préconisent ainsi pour la première fois l'introduction de médicaments génériques, quitte à passer dans un certain cas d'un comprimé unique à deux comprimés par jour, et la substitution du dépistage ciblé au dépistage généralisé.

« Je coordonne ce groupe depuis 2013, et nous nous sommes d'emblée positionnés en faveur des génériques, rappelle au « Quotidien » le Pr Morlat, nous avons besoin de dégager un volant budgétaire pour améliorer le dépistage et la prise en charge pour un grand nombre de patients. » Problème : les molécules génériquées jusqu'à présent n'étaient plus du tout utilisées dans la pratique clinique. La situation a changé cet été avec le lancement des premiers génériques du Truvada (emtricitabine + ténofovir) et de Kivexa (abacavir + lamivudine).

Ces deux médicaments « sont inclus dans des trithérapies actuellement recommandées, associées avec un autre agent (inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse, inhibiteur de protéase…). Le fait de passer d'une trithérapie sous brevet à une association de ces génériques permet de diminuer le coût de 60 % », explique le Pr Morlat. Le prix de la trithérapie générique la moins chère est de 5 300 euros, contre 12 000 euros pour la trithérapie la plus chère.

Dans certains cas, cette nouvelle recommandation oblige à déconditionner un traitement, passant de 1 à 2 compris par jour, en une prise unique. « En première intention, nous pensons qu'il faut proposer les génériques, poursuit le Pr Morlat, pour les patients déjà sous traitement habitués à un seul comprimé, il n'est pas question d'imposer une stratégie, mais lui présenter les motifs du changement. »

Selon le spécialiste, aucune étude au monde ne montre un effet défavorable d’un traitement en 2 comprimés, d'un point de vue virologique. « Une étude aux États-Unis a montré de moins bons résultats chez les sans-abri, c'est pourquoi nous ne recommandons pas cette stratégie aux patients en situation de précarité », nuance-t-il.

Place au dépistage ciblé

Le groupe d'experts a également pris acte de l'échec du dépistage généralisé préconisé dans le plan sida 2010 et lui préfère désormais un dépistage ciblé sur les populations à risque. En 2015, on estimait que 43 % des nouvelles infections survenaient chez des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, 23 % de femmes nées à l'étranger et 15 % des hommes nés à l'étranger. « Si on ajoute les toxicomanes, c'est près de 90 % des nouvelles infections qui ont lieu dans des groupes très définis, analyse le Pr Morlat, 30 000 personnes vivent sans le savoir avec le VIH. Il faut un dépistage ciblé vers ces populations, auxquelles il faut ajouter les personnes vivant dans les DOM-TOM, en particulier la Guyane. »

Les recommandations insisteront sur la pluralité des lieux de dépistage : centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CEGIDD), structures associatives, services d'urgence, séjours hospitaliers, les lieux de privation de liberté… avec systématiquement une triple sérologie VIH, VHB et VHC. Le texte fera aussi des propositions en ce qui concerne le dépistage du partenaire, encore difficile à mettre en place.

Le Pr Morlat reconnaît que les dispositifs actuels manquent encore d'efficacité en ce qui concerne le dépistage des personnes nées à l'étranger. « Il faut développer des médiateurs en santé, et établir des partenariats avec des acteurs communautaires », suggère-t-il.

Le retour à la ville

Le retour des patients vers la médecine de ville est aussi une nouvelle préoccupation des recommandations. « Le suivi hospitalier pourrait n'être qu'un bilan annuel, estime le Pr Morlat. Il faut que le suivi par la médecine de ville assure le dépistage du cancer du côlon, du mélanome, l'aide à l'arrêt du tabac qui est le facteur de risque le plus important chez les patients dont la charge virale est indétectable. On pourrait construire un modèle de prise en charge des maladies chroniques uniforme, dans lequel le VIH est un protocole parmi d'autre. »

Le Pr Morlat se garde toutefois de vouloir nier la spécificité des patients VIH : « Il y a des médicaments contre-indiqués comme les IPP. L'observance reste importante. Je ne veux pas qu'on banalise le VIH mais il faut l'harmoniser. »

Dernier chapitre important : celui de l'accès aux soins et qualité de vie, avec un accent mis sur le vieillissement. « Les malades vieillissent, certains vont aller en HAD et en EPHAD où les personnels ne sont pas formés », prévient le Pr Morlat.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
fil - 23 Oct 2017 - 13:42
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : le remaniement des cellules immunitaires permettrait de lutter contre le développement viral !

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) caractéristique d’un affaiblissement du système immunitaire. Entre 1981 et 2006, le monde en subit une pandémie provoquant la mort de 25 millions d’individus. Aujourd’hui, la maladie n’a aucun vaccin, mais seulement des traitements préventifs et antirétroviraux limitant le développement viral. De nouvelles avancées viennent cependant de voir le jour et permettraient de régénérer le système immunitaire des malades.

Les cibles du VIH sont les cellules du système immunitaire présentant des récepteurs CD4 à leur surface : les macrophages, les cellules dendritiques, les cellules microgliales et les lymphocytes T-CD4. Ces derniers sont des lymphocytes T auxiliaires régulant la réponse immunitaire capables de se différencier en divers lymphocytes T (Th1, Th2 et Th17) dont le rôle est indispensable dans le maintien et la régulation du système immunitaire. Ils interviennent notamment dans la production de lymphocyte T cytotoxiques, ces cellules immunitaires responsables de la lyse des cellules infectées. Ainsi, l’infection des LT-CD4 par le VIH paralyse en intégralité le système immunitaire.

La doctorante Rachel Leibman de la Perelman School of Medecine de l’Université de Pennsylvanie s’est donc intéressée à un moyen de régénérer le système immunitaire des patients infectés par le VIH. Publiée dans la revue scientifique PLOS Pathogens, l’étude menée par la chercheuse et son équipe fait part d’une nouvelle stratégie pour engager une meilleure résistance et une meilleure méthode d’attaque des lymphocytes T face au VIH.



Pour arriver à leurs fins, les scientifiques ont utilisé des récepteurs antigéniques chimériques (CAR) spécialement conçus pour favoriser la reconnaissance des lymphocytes T des antigènes présentés à la surface de la particule virale et des cellules infectées. L’équipe a ainsi récupéré les lymphocytes T de patients atteints du VIH puis en ont modifié génétiquement la conformation pour qu’ils expriment à leur surface des récepteurs CAR-VIH. Ils les ont ensuite réintroduits dans l’organisme des malades.

Les résultats furent phénoménaux : les lymphocytes T exprimant les CAR-VIH étaient cinquante fois plus efficaces que les lymphocytes aux récepteurs-VIH normaux. Ils observèrent aussi que ces nouveaux lymphocytes-T remaniés pouvaient protéger les lymphocytes T originels à l’infection contre le VIH et retardaient la réponse virale après l’arrêt de traitements antirétroviraux. Cette découverte est donc une avancée majeure dans la lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine, car elle permettrait un meilleur contrôle de l’infection même après l’arrêt de traitements antirétroviraux.

http://sciencepost.fr/2017/10/vih-reman ... ent-viral/
fil - 24 Oct 2017 - 17:11
Sujet du message: Re: VIH : Publications
3 questions à Michaela Müller-Trutwin dans le cadre de la publication de ses travaux sur le contrôle de la réplication du VIH dans les ganglions lymphatiques par les cellules NK.

Michaela Muller Trutwin est chercheuse à l’Institut Pasteur (unité « HIV, Inflammation and Persistence »). Ces travaux ont été financés par l’ANRS, le VRI (ANR-10-LABX-77) et l’Institut Pasteur et réalisés en partie dans le centre IDMIT (ANR-11-INBS-0008).

Sur quoi portent vos recherches ?

Nos recherches portent sur les mécanismes qui peuvent contrôler le VIH au niveau des réservoirs viraux tissulaires. Nous avons étudié les follicules des ganglions lymphatiques, cette région représente le réservoir tissulaire le plus important du virus. Ce dernier infecte les lymphocytes T CD4+ folliculaires (cellules TFH) qui y sont présents. Lors de nos recherches, nous avons pu montrer que les cellules NK (cellules tueuses naturelles du système immunitaire inné) sont capables de migrer dans ces follicules et d’y contrôler le virus de façon très efficace. Ces découvertes ont pu être réalisées grâce au modèle du singe vert d’Afrique. Ce petit singe est un porteur asymptomatique du SIV (virus proche du VIH). Suite à l’infection SIV chez le singe vert, les cellules NK expriment très rapidement un récepteur (dit CXCR5) qui leur permet d’être attirées par les follicules. Par ailleurs les animaux commencent à produire fortement, dans cette même région, la cytokine IL-15, connue pour augmenter la survie et la fonction cytotoxique des cellules NK. Nous avons fait l’expérience d’enlever les cellules NK chez l’animal infecté ce qui a mené à une réplication massive du virus dans les ganglions. Preuve est faite que les cellules NK peuvent contrôler de manière efficace la réplication virale dans les cellules TFH.

En quoi cela est-il nouveau ?

Nous avons montré pour la première fois que les cellules NK peuvent non seulement migrer dans les follicules lymphatiques mais également qu’elles s’y accumulaient. C’est une nouvelle fonction des cellules NK qui est ici découverte. Ces cellules jouent un rôle essentiel dans l’immunité antivirale, mais la connaissance de leur fonction dans les organes lymphoïdes secondaires est incomplète et il a même été longtemps pensé qu’elles n’avaient pas de rôle particulier dans les ganglions lymphatiques. De plus, ces travaux suggèrent que les cellules NK se différencient au sein même des ganglions lymphatiques afin d’acquérir une forte activité suppressive lors de l’infection SIV chez le singe vert.

Quelles perspectives ces découvertes ouvrent elles ?

Cela ouvre de nouveaux questionnements : nous pouvons nous demander si ce phénomène présent chez le singe vert d’Afrique existe aussi chez certains individus infectés par le VIH, en particulier les patients dits post-treatment controllers (personnes infectées dont le système immunitaire contrôle le VIH après arrêt du traitement) ou dans le cadre d’autres infections virales. Le fait que les cellules NK soient présentes dans les follicules lymphatiques où elles ne sont en principe pas censées se trouver, implique qu’elles peuvent interagir avec les lymphocytes B et les cellules TFH qui y sont présents. Cette interaction peut avoir un effet positif ou négatif sur la production d’anticorps par les lymphocytes B. Ce phénomène pourrait donc avoir un impact dans le cas de la vaccination. Ainsi cette découverte pourrait par exemple aider à mieux comprendre les schémas de vaccination et participer à l’amélioration de certains protocoles. Dans le cas de la recherche sur le VIH, des scientifiques américains étudient les effets que pourrait avoir une immunothérapie à base d’IL-15 sur les lymphocytes T cytotoxiques de personnes et macaques infectées. Les résultats de nos recherches soutiennent la piste d’une immunothérapie par IL-15 mais incitent à en regarder les effets également sur les cellules NK.

Source :
Natural killer cells migrate into and control simian immunodeficiency virus replication in lymph node follicles in African green monkeys, Nature Medicine, 16 octobre 2017 DOI : 10.1038/nm.4421
Nicolas Huot1,2, Beatrice Jacquelin1, Thalia Garcia-Tellez1, Philippe Rascle1–3, Mickaël J Ploquin1, Yoann Madec4, R Keith Reeves5, Nathalie Derreudre-Bosquet6 & Michaela Müller-Trutwin1,2
1. Unit on HIV, Inflammation and Persistence, Institut Pasteur, Paris. 2Vaccine Research Institute, Créteil. 3Université Paris Diderot, Sorbonne Paris Cité, Paris. 4Epidemiology Unit, Institut Pasteur, Paris. 5Center for Virology and Vaccine Research, Beth Israel Deaconess Medical Center, Harvard Medical School, Boston, USA. 6CEA, Université Paris Sud 11, INSERM U1184, Immunology of Viral Infections and Autoimmune Diseases (IMVA), Institut de Biologie François Jacob (IBJF), Infectious Disease Models and Innovative Therapies (IDMIT) Department, Fontenay-aux-Roses, France.

http://www.anrs.fr/fr/actualites/412/3- ... er-trutwin
fil - 26 Oct 2017 - 09:56
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Les cellules réagissent différemment au VIH

Chez un même individu, les cellules immunitaires ne réagissent pas toutes de la même manière aux attaques du virus du sida. Des chercheurs lausannois, avec des confrères français et américains, ont identifié des marqueurs de vulnérabilité.

Nous ne sommes pas égaux face aux infections et ce, en partie, pour des raisons génétiques. Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est que toutes les cellules d'un individu donné ne présentent pas la même vulnérabilité aux pathogènes et aux virus intracellulaires, alors qu'elles partagent presque toutes le même ADN.

Pour le VIH par exemple, responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) dans l'espèce humaine, on sait, sans pouvoir l'expliquer totalement, que seule une fraction des lymphocytes T est efficacement infectée par le virus et que cette fraction est différente selon les individus.

L'équipe d'Angela Ciuffi, du Centre hospitalier universitaire vaudois et de l'Université de Lausanne (CHUV-UNIL), avec des confrères de l'Institut J. Craig Venter de La Jolla (USA) et de l'Institut des maladies génétiques Imagine à Paris, a voulu savoir quels facteurs rendent certaines cellules vulnérables à une infection et d'autres résistantes chez une même personne.

Marqueurs de vulnérabilité

«Grâce aux technologies de séquençage de cellules individuelles actuelles, il est possible d'identifier les gènes actifs dans chaque cellule au sein d'une population de lymphocytes, ce qui permet de déceler l'hétérogénéité intercellulaire chez un individu», explique la Dresse Ciuffi, de l'institut de microbiologie du CHUV, citée dans un communiqué.

L'analyse informatique des profils d'expression de gènes de cellules individuelles a permis aux chercheurs d'identifier des marqueurs spécifiques dont le niveau d'expression est lié à la permissivité cellulaire à l'infection par le VIH. Certaines cellules avaient ainsi une propension à l'infection 28 fois plus élevée.

L'étude publiée dans la revue PLoS Pathogens démontre que l'hétérogénéité intercellulaire représente une nouvelle couche de complexité, s'ajoutant aux déterminants génétiques de sensibilité aux maladies infectieuses chez l'homme. Ces travaux pourraient contribuer à l'élaboration de stratégies visant à protéger certains groupes de cellules. (ats/nxp)

http://journals.plos.org/plospathogens/
fil - 08 Nov 2017 - 15:33
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Les cellules réagissent différemment au VIH

DES CHERCHEURS LAUSANNOIS ONT MONTRÉ QUE NOS CELLULES NE RÉAGISSAIENT PAS TOUTES DE LA MÊME MANIÈRE AUX ATTAQUES DU SIDA.

Chez un même individu, les cellules immunitaires ne réagissent pas toutes de la même manière aux attaques du virus du sida. Des chercheurs lausannois, avec des confrères français et américains, ont identifié des marqueurs de vulnérabilité.
Nous ne sommes pas égaux face aux infections et ce, en partie, pour des raisons génétiques. Ce que l’on sait moins, en revanche, c’est que toutes les cellules d’un individu donné ne présentent pas la même vulnérabilité aux pathogènes et aux virus intracellulaires, alors qu’elles partagent presque toutes le même ADN.
Pour le VIH par exemple, responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) dans l’espèce humaine, on sait, sans pouvoir l’expliquer totalement, que seule une fraction des lymphocytes T est efficacement infectée par le virus et que cette fraction est différente selon les individus.
L’équipe d’Angela Ciuffi, du Centre hospitalier universitaire vaudois et de l’Université de Lausanne (CHUV-UNIL), avec des confrères de l’Institut J. Craig Venter de La Jolla (USA) et de l’Institut des maladies génétiques Imagine à Paris, a voulu savoir quels facteurs rendent certaines cellules vulnérables à une infection et d’autres résistantes chez une même personne.

Marqueurs de vulnérabilité

«Grâce aux technologies de séquençage de cellules individuelles actuelles, il est possible d’identifier les gènes actifs dans chaque cellule au sein d’une population de lymphocytes, ce qui permet de déceler l’hétérogénéité intercellulaire chez un individu», explique la Dresse Ciuffi, de l’institut de microbiologie du CHUV, citée dans un communiqué.
L’analyse informatique des profils d’expression de gènes de cellules individuelles a permis aux chercheurs d’identifier des marqueurs spécifiques dont le niveau d’expression est lié à la permissivité cellulaire à l’infection par le VIH. Certaines cellules avaient ainsi une propension à l’infection 28 fois plus élevée.
L’étude publiée dans la revue PLoS Pathogens démontre que l’hétérogénéité intercellulaire représente une nouvelle couche de complexité, s’ajoutant aux déterminants génétiques de sensibilité aux maladies infectieuses chez l’homme. Ces travaux pourraient contribuer à l’élaboration de stratégies visant à protéger certains groupes de cellules. (ats/nxp)

https://www.tdg.ch/savoirs/cellules-rea ... y/16715752
fil - 09 Nov 2017 - 07:28
Sujet du message: Re: VIH : Publications
« VIH/Sida :
Vielles,
Malades,
& Fauchées ? »


http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... THIAS3.pdf
fil - 10 Nov 2017 - 05:22
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La mise sous traitement très précoce des patients VIH ne permet ni la guérison, ni le contrôle de l'infection

Même en commençant le traitement antirétroviral moins de 2 semaines après l'infection par le VIH, il n'est pas possible d'espérer guérir ou même contrôler l'infection (après arrêt du traitement). C'est ce qui ressort d'une étude observationnelle menée sur deux patients californiens et publiée dans « PLOS medicine ».
Les deux patients en question, un homme de 54 ans (patient A) et un autre de 31 ans, (patient B) faisaient partie d'un programme de prophylaxie pré-exposition (PrEP). Du fait de leur présence dans ce programme, le moment de l'infection est connu avec une quasi-certitude et les deux patients ont commencé à prendre du Truvada (emtricitabine/ténofovir) lors du stade de primo-infection.
Recherche de virus dans les réservoirs
Les auteurs estiment que les patients A et B ont commencé leur traitement respectivement 10 et 12 jours après l'infection. Une recherche extrêmement exhaustive de la présence de virus dans les cellules réservoirs a été menée. Au cours des deux ans de suivi, aucune trace du virus n'a été retrouvée chez le patient A, malgré une recherche intensive dans les prélèvements effectués dans l'iléon, les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, le liquide céphalorachidien et les DC4+ circulants.
Chez le patient B, de l'ARN viral a été retrouvé par intermittence dans plusieurs sous populations de CD4+, mais jamais dans les prélèvements de tissus. Plus de 50 millions de lymphocytes T CD4+ de chaque patient ont été introduits dans des souris. Sur les huit souris associées au patient B, trois ont développé une faible virémie. C'était le cas pour une des dix souris associées au patient A. Suite à ces résultats, les chercheurs ont tenté un arrêt du traitement du patient A, qui a connu un rebond de la virémie au bout de 7 mois et demi. En une semaine, sa virémie est passée de 36 à près de 60 000 copies/mL. Les auteurs estiment que cette augmentation de la virémie est partie de seulement 200 cellules réservoirs.
Un traitement manquant
« Une seule cellule réservoir suffit à faire rebondir l'infection », rappelle le Pr Jean-Michel Molina, chef du service maladies infectieuses et tropicales du CHU Saint-Louis, qui salue le travail prospectif « fait de façon très propre » de ses collègues américains. Pour ce spécialiste, auteur de l'étude IPERGAY, ces résultats « confirment une notion qui était déjà un peu connue : le traitement précoce n'a pas d'effet sur l'histoire naturelle de la maladie, malgré les espoirs soulevés par plusieurs cas d'enfants en rémission prolongée après avoir été traités dès la naissance ».
En 2014, le Mississippi Baby avait montré des signes d'infection après 2 ans sans traitement, tandis qu'en juillet dernier, on présentait le cas d'une jeune fille de 9 ans contrôlant son infection sans traitement après seulement 40 semaines de traitement.
Si une initiation très précoce du traitement ne suffit manifestement pas à garantir un contrôle post-traitement, le Pr Molina note toutefois que « les réservoirs sont très affaiblis, il faudrait peut-être coupler les antirétroviraux précoces à un autre traitement pour éliminer le virus ». Il rappelle en outre l'importance d'un traitement commencé tôt « pour réduire rapidement le risque de transmission du VIH ».
Le Pr Molina met aussi l'accent sur « le manque d'outil et de méthode pour détecter les virus en état de latence dans les réservoirs et les ganglions. Nous ne disposons pas des moyens pour déterminer si un patient est effectivement en rémission ou non ».

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... niereheure
fil - 27 Nov 2017 - 06:50
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Désescalade dans le VIH
La FDA autorise la première bithérapie




Le médicament Juluca, une association fixe de dolutégravir et de rilpivirine commercialisée par ViiV Healthcare, vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché par l'agence fédérale américaine du médicament (FDA). Il s'agit de la première bithérapie destinée à un traitement d'entretien de patients infectés par le VIH et dont l'infection est contrôlée depuis 6 mois par une trithérapie.

Le dolutégravir et la rilpivirine disposaient déjà séparément d'une autorisation de mise sur le marché. La sécurité et l'efficacité de leur association fixe ont été évaluées dans les essais SWORD 1 et 2. Le résultat était une non-infériorité du passage à une bithérapie en termes d'efficacité et d'effets secondaires. La FDA précise que Juluca ne doit pas être associé à d'autres antirétroviraux, à cause d'un risque d'interaction médicamenteuse.

La diminution du nombre d'antirétroviraux figure dans les recommandations de prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH :

https://cns.sante.fr/wp-content/uploads ... sation.pdf

Les dernières mises à jours, publiées en juillet dernier, indiquent à ce titre qu'au vu des résultats des essais SWORD, le remplacement d'une trithérapie par l'association dolutégravir + rilpivirine peut être envisagé chez des patients n'ayant jamais eu d'échec virologique antérieur et à qui l'on souhaite proposer un traitement sans inhibiteurs nucléosidiques ni inhibiteur de protéase boosté par le ritonavir.

ViiV Healthcare a également déposé un dossier de demande d'AMM auprès de l'agence européenne du médicament (EMA), en cours d'instruction.

Source : Le Quotidien du médecin
fil - 27 Nov 2017 - 18:56
Sujet du message: Re: VIH : Publications
L’ÉTUDE DICI-VIH MONTRE L’EFFICACITÉ D’UN DÉPISTAGE INFIRMIER CIBLÉ DU VIH AUX URGENCES

L’étude DICI-VIH, soutenue par l’AP-HP* et l’ANRS, visait à évaluer pour la première fois l’efficacité d’un dépistage ciblé auprès de patients venus consulter aux urgences et identifiés comme particulièrement exposés à l’infection par le VIH à partir d’un auto-questionnaire. Elle a été menée auprès de 140 000 patients de huit services d’urgences, dont six de l’AP-HP (hôpitaux Avicenne, Bicêtre, Cochin, Lariboisière, Saint-Antoine et Tenon).

Ses résultats, publiés le 30 octobre 2017 dans la revue Annals of Emergency Medicine, montrent qu’un dépistage infirmier ciblé aux urgences est efficace et permet d’identifier à un coût modéré des patients ignorant leur séropositivité.
Texte
En France, un pays où l’épidémie du VIH est concentrée, plusieurs milliers de personnes ignorent encore leur séropositivité et un quart des diagnostics du VIH est tardif. Or le dépistage du VIH est essentiel pour contrôler l’épidémie parce qu’il permet l’initiation précoce du traitement, ce qui limite la morbi-mortalité et les transmissions secondaires.

En 2011, une première étude de la même équipe** avait montré que le dépistage généralisé (non ciblé) du VIH aux urgences hospitalière était peu efficace.

L’étude DICI-VIH, coordonnée par Judith Leblanc, alors en doctorat de santé publique, et le Pr Anne-Claude Crémieux du service des maladies infectieuses et tropicales de l’Hôpital Saint-Louis, AP-HP, a étudié pour la première fois à large échelle, l’efficacité et le coût d’un nouveau mode ciblé de dépistage du VIH proposé par les infirmiers dans huit services d’urgence d’Île-de-France, une région à forte prévalence.
L’étude a également été menée en collaboration avec le Pr Tabassome Simon et l’équipe de la Plateforme de Recherche Clinique de l’Est Parisien de l’hôpital Saint-Antoine, AP-HP.

L’essai DICI-VIH a comparé le nombre de patients nouvellement diagnostiqués VIH+ sur deux périodes.

Pendant la période dite « contrôle » comprenant uniquement la pratique diagnostique médicale habituelle, sur plus de 74 000 patients participant à l’étude, un test VIH a été réalisé chez 92 patients et six ont été nouvellement diagnostiqués VIH+.

Pendant la période dite « intervention », un test rapide VIH était aussi proposé par les infirmiers aux patients les plus exposés en fonction des réponses à un auto-questionnaire. Sur plus de 74 000 patients participant à l’étude, environ 16 000 ont rempli un questionnaire.
Près de 3000 patients ont réalisé un test rapide proposé par l’infirmier, en plus de 97 patients ayant bénéficié d’un test par le médecin. Au total, 22 patients ont été nouvellement diagnostiqués VIH + pendant la période intervention.

La proportion de nouveaux diagnostics VIH était significativement plus élevée pendant la période « intervention » comparativement à la période « contrôle » (risque relatif : 3,7, IC 95% : 1,4-9,huit). Le coût incrémental de l’intervention a été évalué à 1 324€ par patient nouvellement diagnostiqué VIH+.

Ces résultats sont en faveur d’une stratégie de dépistage du VIH ciblée sur les personnes les plus exposées dans les services d’urgences. Ces données contribuent aussi à démontrer le rôle des équipes infirmières dans le dépistage du VIH qui s’intègre dans leurs missions de prévention et de santé publique.

http://www.anrs.fr/sites/default/files/ ... 20VDEF.pdf

Source: Targeted HIV Screening in Eight Emergency Departments: The DICI-VIH Cluster-Randomized Two-Period Crossover Trial Annals of Emergency Medicine 2017 Judith Leblanc, RN, PhD; Gilles Hejblum, PhD; Dominique Costagliola, PhD; Isabelle Durand-Zaleski, MD, PhD; France Lert, PhD; Pierre de Truchis, MD; Geert Verbeke, PhD; Alexandra Rousseau, PhD; Hélène Piquet, RN; François Simon, MD, PhD; Dominique Pateron, MD; Tabassome Simon, MD, PhD; Anne-Claude Crémieux, MD, PhD; for the DICI-VIH (Dépistage Infirmier CIblé du VIH) Group DOI: 10.1016/j.annemergmed.2017.09.011
*Cette étude a été menée dans le cadre de l’appel à candidatures « Doctorat recherche infirmière » de l’AP-HP.
**Référence : d'Almeida KW, Kierzek G, de Truchis P, Le Vu S, Pateron D, Renaud B, Semaille C, Bousquet V, Simon F, Guillemot D, Lert F, Crémieux AC, Archives of Internal Medicine 2011
fil - 29 Nov 2017 - 07:16
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH en France - Des chiffres tristes et un réel besoin d’innovation en dépistage et prévention diversifiée
Gilles Pialoux

On a beau triturer les chiffres dans tous le sens, les données actualisées sur l’infection à VIH et les IST en France produites à l’occasion de la journée du 1er décembre par Santé Publique France demeurent une mauvaise nouvelle. Pis encore, plusieurs mauvaises nouvelles auxquelles dont on ne saurait s’habituer, tiennent en une seule: cette apparente stabilité, tant du nombre de découverte de séropositivité (6 000 en 2016 : - 5 % ) que celui du dépistage VIH en France (5.4 millions de tests : + 4 %), a de quoi dérouter si on ne tente pas d’en expliquer les mécanismes.

La comptabilité des découvertes de séropositivité est-elle un bon marqueur ? Il faut rappeler que les découvertes de séropositivité représentent un chiffre constitué à la fois des données d’incidence et les données de diagnostics tardifs ; précisément ces diagnostics tardifs restent à un niveau élevé en France (27% au stade sida ou avec moins de 200 CD4, stable depuis 2013) et tirent possiblement vers le bas ou vers la stagnation l’incidence. Les nouvelles contaminations pourrait être influencées à la baisse, par exemple, par la mise en place de nouveaux outils de dépistage comme les auto-tests (75000 vendus en 2016), les TRODS en milieu communautaire (56 300 un peu en baisse par rapport à 2015) tout en touchant mieux les populations les plus exposées au VIH (32% d’HSH et 31% de migrants) ou la mise en place de la PrEP dont on aurait pu imaginer un début de signal en faveur de la décrue des nouvelles contaminations chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes ( HSH ).

Pour autant, il faut revenir sur les conditions de ces chiffres 2016. La PrEP n’était alors qu’à son début d’installation dans une population très circonscrite et à haut risque chez les HSH. On estime qu’autour de 3000 personnes étaient sous PrEP fin 2016, pour une population —encore à quantifier— de dizaines de milliers de HSH qui pourraient bénéficier de cet outil de prévention très efficace. Et surtout, la PrEP ne concerne pas que les HSH.

Qui plus est, c’est l’année de la mise en place de la déclaration obligatoire en ligne avec forcément quelques balbutiements techniques. C’est l’année aussi, mais il en sera de même en 2017, où la PrEP n’est pas sortie du cercle du gay citadin de la trentaine avancée, laissant sur le bord du chemin les jeunes gays, les gays plus âgés, les multipartenaires, les bi·e·s, le hétéros échangistes, les populations migrantes à multipartenaires ou à sexe imposé, les personnes trans, et bien d’autres.

Le pire serait que les commentateurs de ces chiffres, très décevants par leur stabilité, en déduisent que les outils mis à disposition ne sont pas les bons.

Qu’en est-il de l’épidémie cachée ?

Celle-ci, celle des personnes séropositives sans le savoir, reste toujours à un niveau élevé même si on passe par des artifices de calcul de 30 000 à 28 000 et de 28 000 à 25 000, on n’arrive pas à dépister ces séropositifs qui s’ignorent principalement des hommes (70%) , qui plus est répartis à égalité dans les populations les plus touchées par l’épidémie, à savoir les HSH (40%) et les migrants originaires d’Afrique sub-saharienne (40%).

Plus inquiétant, me semble-t-il encore pour cette année 2016, alors que l’offre de dépistage s’est diversifiée sur le plan qualitatif —CeGIDD, TROD, Auto tests, tests combinés etc—, le niveau de dépistage reste toujours le même, à 4 % près, par une sorte d’effet de subsidiarité au sein de cette offre élargie. La France est toujours l’une des championnes d’Europe du dépistage mais surtout du dépistage des séronégatifs; et il y a quelques singularités derrière les chiffres sur lesquels il faudra s’atteler. Il y a quand même un véritable question des CeGIDD , notamment intra-hospitalier qui assurent moins de 10% de la PrEP et 6% du dépistage. CeGIDD qui concentrent des moyens importants ( en Ile de France + 650 000 euros en fin 2017 pour la Prep) pour des heures d’ouverture inadaptées aux populations cibles. Même exemple pour la PrEP, on l’a vu celle-ci est concentrée dans certains centres hospitaliers, ceux-là même qui participaient à ANRS-Ipergay et qui participent à l’essai ANRS-PREVENIR.

Et que disent les chiffres sur les découvertes de séropositivité ?

Que 73% d’entre elles ont lieu à l’hôpital et ¼ (27%) en médecine de ville, alors que c’est exactement l’inverse en terme de sérologies réalisées; l’hôpital assure ¼ des sérologies et ¾ pour la ville. Toute cela à l’intérieur de structures hospitalières, à part en Ile de France et quelques moyens mis en place par Vers Paris Sans Sida, qui assurent ces missions de PrEP et de dépistages à moyens constants. En tout cas, c’était le cas en 2016.

Autre mauvaise nouvelle, celle des découvertes à un stade avancé qui est toujours de 27% sans diminution depuis 2013. Malgré les modélisations de l’épidémie cachée, on n’arrive pas à atteindre cette population qui a peur du dépistage ou sous-estime leur exposition alors même que l’une des solutions, la banalisation des tests, est un échec total, tant en médecine libérale qu’aux urgences, dans les bilans préopératoires et le renouvèlement de counseling pré per et post test. Autre exemple, daté de 2017, seul environ 500 des 8 000 autotests disponibles dans les associations ont été distribués en 3 mois. Nous restons tous prisonniers d’un modèle de dépistage passé, très bien encadré par des principes éthiques forts, mais qui peuvent évoluer car l’infection VIH d’aujourd’hui n’est pas le sida tragique des années 80 et 90, tout en gardant le principe clé et majeur du consentement.

Il va falloir innover mais surtout changer d’échelle, arrêter de banaliser (le test pour tous) et au contraire réserver nos ressources à ceux et celles auxquelles elles sont utiles.
Convaincre tout le spectre des intervenants , des administrations aux équipes qui offrent le test dans les saunas, des chefs de services hospitaliers aux médecins de ville, des personnels des CeGIDD aux petites associations, du ministère à l’assurance maladie, qu’ils ont leur partition à jouer pour atteindre la fin du sida, parce que les outils sont entre nos mains. Il faudra arrêter probablement de saupoudrer les actions de dépistages valoriser les associations et les structures hors les murs ou hospitalières qui assurent le mieux cette mission. Envisager peut-être d’avoir une offre à deux vitesses, santé sexuelle/counseling/addictions pour certains et simple offre de multi-test VIH/VHC/VHB/ IST pour d’autres. Il s’agit, avec tout ce que nous savons, de quadriller l'offre pour que les publics qui sont exposés rencontre le dépistage et la prévention dans des conditions de sécurité et de confiance, et en acceptant toutes sortes de modèles (avec ou sans conseil, tests «secs» ou tests et IST). Et quand, il y a un test dans les populations clés, évaluer systématiquement avec la personne le bénéfice possible de la PrEP, etc.

C’est sans doute à cela que répond la prochaine campagne de Santé Publique France et de Vers Paris Sans Sida pour promouvoir tout le répertoire du dépistage.

http://vih.org/20171128/chiffres-triste ... iee/139777
fil - 29 Nov 2017 - 07:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Les Français ont encore de nombreux préjugés sur les personnes séropositives, selon un sondage

Un sondage réalisé pour l'association Aides par l'institut CSA, dont les résultats sont révélés mardi par franceinfo, montre que les connaissances des Français sur le VIH n'ont pas beaucoup progressé depuis le milieu des années 1990 et que de nombreuses idées fausses persistent.

Alors que se tient vendredi la Journée mondiale de lutte contre le sida, franceinfo vous révèle mardi 28 novembre les résultats d'un sondage* réalisé par l'institut CSA pour l'association Aides, qui vient en aide aux personnes séropositives. Les conclusions de cette enquête montrent que les Français ont encore de très nombreux préjugés à l'égard des personnes séropositives.

Une hantise irrationnelle de la contamination

Selon cette étude, 21% des parents se sentiraient mal à l'aise si l'un des enseignants de leur enfant était porteur du virus du VIH. Le sondage révèle également que 16% des personnes qui ont un emploi seraient gênées de travailler avec un collègue séropositif, une proportion qui grimpe même jusqu'à 30% chez les 18-24 ans. Enfin, un Français sur dix n'aimerait pas être soigné dans le même cabinet médical que celui d'un autre patient atteint du sida.

Dans près d'un cas sur deux (49%), les personnes sondées justifient leurs inquiétudes par la "peur des risques de contamination". L'association Aides s'inquiète de ces résultats, car "cela témoigne de la persistance d'une ignorance et de préjugés importants en matière de transmission du VIH". Elle rappelle qu'il n'y a absolument aucun risque à côtoyer une personne séropositive dans son quotidien.

Des progrès thérapeutiques trop méconnus

Les personnes séropositives souffrent encore de discriminations. Pour 31% des Français, il est normal que l'on puisse les considérer comme inaptes à exercer certains métiers, comme celui de policier, de gendarme ou de pompier. Ce sondage montre également une méconnaissance du virus du VIH. En effet, 87% des personnes sondées considèrent qu'avoir un rapport sexuel avec une personne séropositive sous traitement constitue un risque élevé, voire très élevé. En réalité, une personne séropositive "qui prend correctement son traitement et dont la charge virale est dite "indétectable" depuis plus de six mois, ne peut pas transmettre le virus", souligne le rapport. Seuls 2% des Français interrogés ont intégré cette information.

"Il y a urgence à mieux informer la population sur les modes de transmission du VIH et les avancées thérapeutiques spectaculaires de ces dernières années. Une meilleure information de tous les publics constitue un levier majeur pour faire reculer les contaminations, mais aussi les discriminations dont les personnes séropositives font l'objet", conclut l'association Aides dans son rapport.



https://www.dailymotion.com/video/x6apkm4

* Ce sondage a été réalisé par l'institut CSA du 3 au 9 octobre 2017, via un questionnaire auto-administré en ligne, auprès d'un échantillon national représentation de 1 000 Français âgés de 18 ans et plus, construit selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l'individu, région de résidence et taille d'agglomération).

https://www.francetvinfo.fr/sante/sida/ ... 88021.html
fil - 29 Nov 2017 - 11:55
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH et IST bactériennes : point épidémiologique du 28 novembre 2017 – BEH



http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/ ... _29-30.pdf
fil - 30 Nov 2017 - 10:33
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Nouvelles contaminations au VIH: chiffres stables (mais importants) chez les gays

Les années passent et les chiffres se ressemblent. Comme chaque année avant le 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, Santé Publique France (SPF) dévoile les statistiques des nouvelles contaminations au VIH en France.

En 2016, 5,4 millions de sérologies VIH ont été réalisées. Selon SPF, le nombre de découvertes de séropositivité VIH est estimé à environ 6 000. « Ce nombre a diminué de 5% par rapport à 2013, alors que dans le même temps, l’activité de dépistage en laboratoires a augmenté de 4 % », note l’institution dans un communiqué.

Entre 2013 et 2016, le nombre de découvertes de séropositivité chez les hétérosexuels diminue. « Par contre, le nombre de découvertes reste stable chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes -HSH- (2 600 découvertes en 2016). », note SPF. Il n’y a donc pas encore d' »effet PrEP » notable. Le dispositif il est vrai n’a été mis en place qu’au début de l’année.

Les HSH reste le groupe le plus touché

« Les HSH et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les ¾ sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 44 % et 39 % des découvertes en 2016. », poursuit l’institution.

En 2016, 43 % des découvertes de séropositivité concernaient des personnes qui déclarent n’avoir jamais été testées auparavant. Chez les HSH spécifiquement, ce chiffre est de 26 % .

En conclusion, Santé Publique France appelle à renforcer les campagnes de dépistage chez les gays et HSH: « Dans un contexte de prévention combinée du VIH (préservatif, dépistage, PreP1, TPE2, TASP3), le dépistage du VIH doit donc encore être intensifié dans les populations les plus exposées, afin de réduire la proportion de ceux qui ignorent leur séropositivité. »

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, de nombreuses manifestations sont organisées dans toute la France. A Paris, Act Up-Paris a prévu plusieurs événements dans le courant du week-end. L’association investira notamment pendant deux jours l’Espace des blancs manteaux, dans le Marais.

https://hornetapp.com/stories/fr/nouvel ... -vih-gays/
fil - 01 Déc 2017 - 08:21
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Pourquoi dit-on que 25.000 personnes sont séropositives sans le savoir ?

INTERVIEW- Le Figaro a interrogé la biomathématicienne Virginie Supervie, qui a contribué avec son équipe à produire cette estimation.

Dans un communiqué du 28 novembre, Santé publique France rappelait qu’environ 25.000 personnes ignorent encore qu’elles sont contaminées par le virus du sida en France. Un chiffre issu d’une étude réalisée par des chercheurs de l’Inserm en collaboration avec Santé publique France.
LE FIGARO. - Ce chiffre surprend. Que sait-on de ces personnes?
Virginie SUPERVIE. - Nous ne connaissons évidemment pas leur identité, mais nous essayons, par le biais de données épidémiologiques, d’en savoir un peu plus sur elles. Par exemple, nous savons qu’il s’agit principalement d’hommes homosexuels (40 %) et des hétérosexuels nés à l’étranger (40 %). Environ 10.300 résident en Île-de-France et plus de 3000 dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Nous savons également que les départements d’outre-mer sont très touchés, en particulier la Guyane.
Comment avez-vous obtenu ces données?
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées. Par le passé, des estimations ont été obtenues à partir d’enquêtes réalisées sur des échantillons de la population. On demandait à un groupe de personnes de réaliser un dépistage du VIH et, à partir du nombre de séropositivités découvertes, on extrapolait ces résultats à l’ensemble de la population. Désormais, on utilise une autre méthode, qui nous permet d’obtenir plus régulièrement des estimations plus fines à moindre coût.
En quoi consiste cette méthode?
Avant de l’expliquer, il faut bien comprendre qu’il existe un délai entre l’infection par le virus et le diagnostic de l’infection, qui peut être très long, plus de dix ans pour certaines personnes. Cela signifie que, lorsque 6000 personnes découvrent leur séropositivité en 2016, il y en a d’autres qui ont été infectées cette même année mais qui ne le savent pas encore. De même pour les années précédentes. Revenons à la méthode en question. On sait qu’en 2016, 6000 personnes ont découvert leur séropositivité. On connaît également le nombre de séropositivités découvertes les années précédentes. Pour chaque personne, nous collectons des données cliniques et biologiques qui nous renseignent sur le délai entre l’infection par le virus et le diagnostic. Grâce à ces informations, nous pouvons remonter le temps et estimer combien il a dû y avoir d’infections au total chaque année, qu’elles aient été dépistées ou non, pour que l’on observe ce nombre de découvertes de séropositivité.
Comment a évolué ce chiffre ces dernières années?
Les premières estimations datent de 2010, et sont stables. Même s’il y a une progression du dépistage, on n’observe pas encore son impact.

http://sante.lefigaro.fr/article/pourqu ... e-savoir-/
fil - 01 Déc 2017 - 08:44
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : bientôt la fin du traitement quotidien pour les séropositifs ?

La plupart des personnes séropositives pour le VIH en France prennent, à vie, un traitement quotidien. Mais la possibilité d’alléger bientôt cette contrainte se profile pour les patients sous trithérapie, soit plus de 100 000 personnes. Un essai d’envergure a démarré au mois de septembre afin de confirmer, dans la continuité d’un essai de taille plus modeste, que les patients peuvent sauter plusieurs jours de traitement dans la semaine sans risque pour leur santé. La journée mondiale contre le sida, le 1er décembre, est l'occasion d'en détailler les enjeux.

En France, quelque 300 patients sont déjà passés à un mode de traitement dit « par intermittence en cycles courts ». Depuis des années, ils prennent leurs médicaments quatre jours par semaine, au lieu des sept jours prévus dans le protocole officiel. Et ils s’en portent bien.

Le nouvel essai, baptisé Quatuor, a été lancé par l’ANRS, l’Agence française de recherches sur le VIH/sida et les hépatites virales. Il vise à montrer qu’il y a un bénéfice pour le patient à ne prendre sa trithérapie que quatre jours sur sept, comparé aux sept jours sur sept en vigueur. 640 volontaires sont en cours de recrutement dans les 65 centres hospitaliers publics impliqués en France, Caraïbes comprises. Le Dr Pierre de Truchis, infectiologue à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), est l’investigateur principal de cet essai.

On peut supposer, cependant, que des médecins n’attendront pas les résultats de cette étude pour proposer à certains de leurs patients de supprimer trois jours de médication par semaine. Les recommandations de prescription publiées au mois de mai 2017 pour la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, sous l’égide du Conseil national du sida et des hépatites (CNS) et de l’ANRS, vont en effet dans ce sens. « Au cas par cas, dans des conditions similaires à celles des études réalisées, une stratégie de prise discontinue, quatre ou cinq jours sur sept peut être envisagée », indiquent – prudemment – les experts. Il convient de souligner qu'un tel changement implique un suivi médical rigoureux, avec des examens biologiques rapprochés.

Quinze années de recul pour le traitement quatre jours sur sept

On dispose maintenant de quinze années de recul concernant la sécurité d’un traitement d’entretien allégé par prise intermittente. La principale expérimentation est menée depuis 2003 dans le cadre d’un protocole baptisé Iccarre, acronyme pour « intermittents en cycles courts, les anti-rétroviraux restent efficaces ». Ce programme a été initié par le Dr Jacques Leibowitch, figure de la lutte contre le VIH/sida. Il a été l’instigateur, en France, de la trithérapie qui, en 1996, a transformé une pathologie mortelle en affection chronique.

Des patients suivis par le Dr Leibowitch et ses confrères à l’hôpital Raymond Poincaré sont ainsi passés de sept à cinq jours de traitement par semaine, puis à quatre. Leur charge virale est restée malgré cela en dessous du niveau de détection. Ces résultats portant sur 48 patients ont été jugés suffisamment robustes par la communauté scientifique internationale pour qu’ils soient publiés en 2010 dans la revue scientifique Faseb Journal. La même expérimentation a donné lieu à une seconde publication en 2015, avec un plus grand nombre de patients (94, précisément) et davantage d’années de recul.

Cette année-là, la direction de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Université Versailles Saint-Quentin, les deux employeurs du Dr Leibowitch, ont investi conjointement dans le dépôt de deux brevets à l’international, l’un pour les trithérapies dites « d’entretien » à quatre jours par semaine et moins, et l’autre pour l’usage à cet effet de quadrithérapies innovantes.

Un premier essai clinique à l’échelle nationale

Convaincue par les premiers résultats du protocole Iccarre, l’ANRS a lancé en 2014 un essai clinique sur deux ans mené dans 17 centres en France, baptisé 4D (en anglais, four days). Les médecins ont reçu beaucoup de candidatures pour participer à cet essai, au point qu’ils ont dû en refuser, comme me l’a confié le Pr Christian Perronne, l’investigateur principal. Les résultats, présentés à la conférence internationale sur le sida de 2016 à Durban, en Afrique du Sud, viennent d'être publiés dans la revue Journal of Antimicrobial Chemotherapy. Ils indiquent que 96 des 100 patients de l’essai ont suivi scrupuleusement le schéma de prise avec quatre jours consécutifs sur sept et ce, avec succès. 3 patients ont présenté une charge virale de nouveau détectable à la quatrième semaine de l’étude. Celle-ci est redevenue indétectable, avec le retour à un schéma de traitement quotidien. 1 patient est sorti de l'étude.

Les résultats ont encouragé l’ANRS à poursuivre dans cette voie avec l’essai Quatuor. La nouvelle étude comporte, cette fois, un groupe « contrôle » composé de patients qui continuent à prendre leur traitement sept jours sur sept pendant 48 semaines, afin de permettre une comparaison. Cette méthodologie répond aux exigences des autorités sanitaires quant au niveau de preuves à apporter avant un changement de leurs recommandations de prescription.

« Quatuor cherche à démontrer que la stratégie quatre jours sur sept est non-inférieure à la stratégie sept jours sur sept, en d’autres termes qu’à efficacité égale, les patients du groupe Allègement retireront des bénéfices secondaires de ce protocole (moins d’effets secondaires, meilleure observance…) », indiquait l’ANRS le 1er septembre sur son site.

Le traitement au quotidien, parfois mal vécu

De fait, la contrainte de prendre un traitement au quotidien peut être mal vécue. Nombre de patients se montrent ainsi moins réguliers dans leurs prises après plusieurs années de traitement – un problème qui se pose pour beaucoup de maladies chroniques. Or il est très risqué que des patients allègent eux-mêmes leur traitement, sans surveillance médicale.

Par ailleurs, la prise des anti-rétroviraux s’accompagne parfois d’effets secondaires indésirables comme des nausées et des diarrhées, ainsi que de la fatigue. L’allégement des prises peut s’accompagner d’une diminution de ces effets.

Le passage à un régime quatre jours sur sept, c’est à l’échelle d’une année l’équivalent de cinq mois sans médicament pour le patient.

Que va-t-il se passer maintenant ? C’est seulement à l’issue des résultats de l’essai Quatuor, au plus tôt en 2019, que pourra être recommandée officiellement en France la pratique des quatre jours sur sept. A l’étranger, elle ne s’est pas imposée non plus. Pas même aux Etats-Unis, le pays qui a ouvert le premier, en 2001 la voie de l’intermittence que suivra ensuite le Dr Jacques Leibowitch.

On peut s’étonner que cet allègement du traitement en soit toujours, plus de quinze ans après, au stade expérimental.

Il faut dire qu’en France, les associations historiques de patients dans le VIH/sida ne se sont pas saisies de cet enjeu. Elles se sont concentrées sur d’autres terrains jugés prioritaires comme les traitements préventifs, la prophylaxie pré-exposition (PreP). Par contre, les patients du Dr Leibowitch suivant un traitement allégé ont créé une association, Les amis d’Iccarre, sous l’impulsion de l’artiste Richard Cross. Elle vise à promouvoir l’allègement thérapeutique par intermittence pour tous.

Le médecin libre de ses prescriptions, selon le code de déontologie médicale

Seuls quelques médecins cliniciens du sida ont commencé, en France, à alléger leurs ordonnances. L’article 8 du code de déontologie médicale le leur permet : « Dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions qui seront celles qu’il estime les plus appropriées en la circonstance ».

La persistance du régime sept jours sur sept peut s’expliquer, selon moi, par une résistance au changement – qui n’est pas propre aux médecins – et par la difficulté à remettre en cause une règle établie de longue date dans la communauté médicale. On peut imaginer que d’autres facteurs jouent : à l’évidence, la prudence des patients et des médecins devant un niveau de preuve considéré comme insuffisant selon les standards en vigueur ; la crainte des médecins face à la judiciarisation de la médecine ; ou encore l’influence de l’industrie pharmaceutique sur les choix stratégiques des autorités médicales.

Le passage de sept à quatre jours de traitement représente 42 % de médicaments en moins. Cela se traduirait par une économie d’environ 500 millions d’euros pour le système de santé français chaque année (sur la base de 100 000 patients sous traitement, avec un coût moyen par patient et par mois de 1 000 euros en moyenne). A l’échelle du monde, la question du coût rejoint des préoccupations d’ordre éthique et humanitaire à l’heure où 22 millions de personnes séropositives n’accèdent toujours pas à la trithérapie.

De son côté, le Dr Jacques Leibowitch pousse plus loin encore l’allègement des traitements, dans le respect du code de déontologie médicale, et pour les patients qui le souhaitent. Il réduit les prises de médicaments, selon les cas, à trois, deux ou un jour seulement par semaine. Avec ce nouveau protocole baptisé « grand » Iccarre, il poursuit l’objectif de trouver pour chaque patient la posologie la plus juste, à la fois nécessaire et suffisante. Le principe du Primum non nocere (« d’abord ne pas nuire ») n’était-il pas cher à Hippocrate ?

https://theconversation.com/vih-bientot ... tterbutton
fil - 02 Déc 2017 - 07:27
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Les résistances au traitement du VIH sont en forte augmentation dans le monde

Une large étude du Lancet témoigne de l’augmentation de la fréquence des résistances du VIH au traitement antirétroviral de première ligne, en particulier chez les personnes déjà traitées.

Dans le traitement du SIDA, la résistance aux antirétroviraux chez les personnes initiant ou réintroduisant un traitement contenant des inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (NNRTI) est en forte augmentation dans le monde, une augmentation qui touche aussi, mais à un moindre degré, les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (NRTI).
Ces résistances dépassent les 10% et, à part dans les pays développés où elles restent stables ou baissent, elles augmentent à une vitesse importante partout ailleurs dans le monde ce qui pourrait compromettre à terme le contrôle du VIH, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Ces résultats sont publiés dans le Lancet.

http://www.thelancet.com/journals/lanin ... 8/fulltext

Une analyse de toutes les données disponibles

Cette étude est une revue systématique et une analyse de « méta-régression » sur toutes les publications et les données non publiés de pharmacorésistance disponibles : les études publiées dans PubMed et Embase et les résumés des présentations dans les congrès type CROI (Conference on Retroviruses Opportunistic Infections), International AIDS Society Conference et International Drug Resistance Workshop.
Elle vise à évaluer la fréquence régionale dans le monde de la résistance aux antirétroviraux avant initiation et ré-initiation du traitement et le risque de résistance aux médicaments avant initiation chez les personnes qui ont interrompu un traitement antirétroviral.

Une étude internationale très représentative

Les chercheurs ont identifié 358 ensembles de données pour leurs analyses, représentant 56 044 adultes dans 63 pays. La fréquence de la résistance aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse avant traitement est, en 2016, de 11,0% en Afrique australe, de 10,1% en Afrique de l'Est, 7,2% en Afrique occidentale et centrale, et 9,4% en Amérique latine et dans les Caraïbes.
On observe des augmentations substantielles de la résistance aux NNRTI avant le traitement par année dans toutes les régions. Les augmentations annuelles des probabilités de résistance aux médicaments avant traitement sont de 23% en Afrique australe, 17% en Afrique de l'Est, 17% en Afrique occidentale et centrale, 11 % en Amérique latine et dans les Caraïbes et 11% en Asie.
Les augmentations estimées de la fréquence absolue de la résistance aux médicaments avant traitement entre 2015 et 2016 vont de 0,3% en Asie à 1,8% en Afrique australe.

Une augmentation continue des résistances

La résistance aux antirétroviraux avant traitement augmente considérablement dans les pays en voie de développement, en particulier en Afrique subsaharienne, où elle dépasse largement le seuil de 10% qui constitue le seuil d’alerte pour l’OMS. Ces résistances peuvent être acquises ou transmises et elles apparaissent en particulier chez les personnes infectées qui ont eu une exposition préalable aux antirétroviraux, en cas d’interruption ou de traitement de prévention (transmission mère-enfant).
La résistance augmente surtout pour les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse ce qui amène à recommander, dans ces pays, des traitements de première ligne sans ces médicaments ou à tester au préalable la résistance au traitement, en particulier chez les personnes ayant déjà été traitées.

Il s’agit de la première analyse qui démontre de façon robuste que les personnes préalablement exposées aux traitement antirétroviraux (interruptions de traitement ou mères traitées à l’accouchement pour éviter la transmission mère-enfant) sont 3 fois plus à risque que les personnes jamais traitées d’avoir un virus résistant à la fois aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse et aux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse. Il s’agit d’une population importante puisqu’elle représente entre 10 et 30% de tous les malades traités.

Cette étude souligne la nécessité d'une surveillance internationale systématique de la pharmaco-résistance du VIH et d’une révision des recommandations nationales sur la composition du traitement antirétroviral de première ligne dans plusieurs pays.

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... tion-monde
fil - 02 Déc 2017 - 15:07
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Risque accru de stéatose hépatique chez les personnes atteintes du VIH

La stéatose hépatique, ou accumulation de graisses dans les cellules du foie, est l’une des causes les plus fréquentes d’hépatopathie au Canada et dans les pays occidentaux, et l’une des principales indications pour une greffe hépatique. Les chercheurs soupçonnaient déjà que les personnes vivant avec le VIH présentaient un risque accru d’hépatopathie, devenue la première cause de mortalité chez les patients VIH+ nord-américains depuis l’arrivée des traitements antirétroviraux qui ont prolongé leur espérance de vie. Jusqu’à maintenant, en raison du caractère effractif de la biopsie du foie, utilisée traditionnellement pour diagnostiquer la stéatose hépatique, on disposait de peu de données de qualité sur la prévalence et l’incidence réelles de cette affection chez les patients VIH+. Des travaux publiés par des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université McGill en octobre dans le Journal of Hepatology viennent toutefois de changer la donne : l’article révèle les résultats de la première étude à grande échelle démontrant que les personnes vivant avec le VIH présentent en effet un risque accru de stéatose hépatique, même en l’absence d’une co-infection par l’hépatite C.
Les études précédentes avaient été menées chez des personnes affichant des taux élevés d’enzymes hépatiques ou une consommation d’alcool importante qui n’étaient pas représentatives de la population générale des patients atteints du VIH. En outre, le risque élevé d’hépatopathie chez les personnes co-infectées au VIH et à l’hépatite C (VHC) était déjà bien documenté, alors que les données scientifiques sur les patients mono-infectés par le VIH étaient rares. Dans l’étude mcgilloise, intitulée LIVEHIV (pour « Liver disease in HIV »), un outil diagnostique non effractif a été utilisé pour réaliser une étude épidémiologique de la stéatose hépatique chez 726 patients VIH+ suivis au fil du temps.
Au lieu de biopsies effractives, les chercheurs ont opté pour une technique échographique nommée Fibroscan, qui peut quantifier les dommages et l’accumulation de graisses au foie sans douleur ni complications. La cohorte LIVEHIV est un programme unique de dépistage de routine de la maladie hépatique chez des personnes vivant avec le VIH. « Nous avons découvert que la stéatose hépatique touche plus du tiers des personnes vivant avec le VIH », indique la Dre Giada Sebastiani, professeure adjointe au Département de médecine de la Faculté de médecine de l’Université McGill, et auteure principale de l’étude. « De plus, en réalisant un suivi au fil du temps, nous avons déterminé que les patients VIH+ sans co-infection au VHC développaient une stéatose hépatique plus fréquemment et plus rapidement que les patients co-infectés. »



Ces résultats ont des implications importantes, l’étude ayant démontré que les personnes atteintes du VIH peuvent développer une insuffisance hépatique terminale et nécessiter une greffe du foie même en l’absence d’hépatite C. « Les médecins qui suivent des patients atteints du VIH doivent savoir que plus du tiers d’entre eux sont susceptibles de présenter une stéatose hépatique, même s’ils ne sont pas infectés par l’hépatite C », ajoute la Dre Sebastiani, également chercheuse à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. « La stéatose hépatique peut entraîner une cirrhose et des dommages importants au foie, qui étaient beaucoup plus fréquents dans notre cohorte que dans la population générale. Des outils non effractifs comme le Fibroscan peuvent servir à dépister la stéatose hépatique et les maladies du foie chez les personnes vivant avec le VIH, et à promouvoir des choix sains comme la perte de poids et l’activité physique dans le but de prévenir l’insuffisance hépatique terminale. »

« Hepatic steatosis progresses faster in HIV mono-infected than HIV/HCV co-infected patients and is associated with liver fibrosis », Thomas Pembroke, et al, Journal of Hepatology, octobre 2017.

http://publications.mcgill.ca/lebullete ... es-du-vih/
fil - 03 Déc 2017 - 11:31
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Françoise Barré-Sinoussi : «La peur panique du sida n’est pas la solution»

INTERVIEW - La chercheuse, Prix Nobel de médecine en 2008 et mondialement reconnue pour ses travaux sur le VIH, succède à Pierre Bergé à la tête de Sidaction.

Prix Nobel de médecine en 2008, co-découvreuse du virus du VIH, Françoise Barré-Sinoussi vient de prendre la tête de Sidaction. À l’occasion du 1er décembre, Journée internationale de lutte contre le sida, elle donne au Figaro sa première interview, insistant sur deux priorités: renouveler la sensibilisation des jeunes et redoubler d’efforts dans la recherche.

LE FIGARO. - À l’heure où les traitements permettent aux personnes contaminées de vivre normalement, le sida ne fait plus peur à un jeune sur quatre. Comment continuer à sensibiliser dans ce contexte?
Françoise BARRÉ-SINOUSSI. -
Aujourd’hui, certains pensent qu’il vaut mieux avoir le VIH que du diabète. C’est très inquiétant. Il faudrait que les jeunes se rendent compte de ce qu’est la vie des personnes avec le VIH sous traitement, notamment au travers de témoignages qui ont peut-être manqué ces dernières années. La plupart des Français ignorent qu’environ 10 % des personnes sous traitement à long terme développent des cancers ou des maladies du vieillissement de manière précoce. Les informations qui leur arrivent sont incomplètes et mériteraient d’être réactualisées. Mais je ne pense pas que la peur «panique» du sida soit la solution. Ce type de réaction n’a jamais réglé les problèmes, comme nous l’a encore montré dernièrement l’hystérie qui a entouré l’épidémie d’Ebola. Une prise de conscience de la réalité de la situation me semble plus efficace pour que les jeunes se sentent responsables d’eux-mêmes, de leur partenaire sexuel et des autres.

Il y a un problème d’éducation à la santé. La sensibilisation au niveau des collèges et des lycées n’est plus ce qu’elle a été à une certaine époque. La formation est un peu dépassée. Je ne pense pas qu’elle soit partout à jour sur les outils de prévention, le traitement. Au-delà, nous avons aussi besoin de grandes campagnes d’information ou d’opérations comme celle que Sidaction mène avec le concours VIH Pocket Film pour impliquer les 15-25 ans par le biais de la vidéo et les inciter à mettre leur univers au service de cette lutte .

La lutte contre le sida a du mal à retrouver l’esprit combatif, activiste, des débuts…

Cet activisme date de l’époque où les personnes se battaient tout simplement pour vivre, comme on le voit dans le remarquable film sur Act Up, 120 Battements par minute . Aujourd’hui, l’activisme se poursuit sous d’autres formes. Il est peut-être moins visible que celui du début des années 1990 mais son rôle reste primordial. Le milieu scientifique doit apporter des évidences pour convaincre les gouvernements de prendre des mesures avec le mouvement associatif à ses côtés. Il ne faut pas oublier que le combat des associations a permis de faire baisser le prix des médicaments, a contribué au développement des génériques, à la mise en place d’un fonds mondial… Cette action conjointe, caractéristique de la lutte contre le VIH, est très bien représentée à Sidaction, seule association française de lutte contre le VIH à financer la recherche.

Comment succéder à Pierre Bergé, figure emblématique de la lutte contre le sida, mais aussi figure polémique, notamment quand il avait accusé le «Téléthon» de détourner la générosité publique?

On ne succède pas à Pierre Bergé. Certes, il y a eu un certain nombre de polémiques, mais c’était un homme remarquable. Derrière une carapace qu’il s’était volontairement forgée, il avait un cœur d’or. Il avait compris que cette lutte contre le VIH/sida était aussi une lutte politique, et sa voix portait dans ce milieu. Je n’ai ni son carnet d’adresses ni ses contacts politiques. Mais j’apporte ma crédibilité scientifique de chercheur. Aujourd’hui, je suis un peu inquiète car je n’entends pas beaucoup parler de santé depuis l’élection présidentielle. Nous avons besoin d’avoir un positionnement politique plus fort. Emmanuel Macron avait une occasion d’aborder ce sujet lors de la Conference on HIV Science qui s’est tenue en juillet à Paris, mais il n’a pas pu y assister. J’attends une prise de parole du président en personne.

Peut-on prédire la fin du sida?

L’objectif de l’OMS Onusida pour 2030 est d’avoir dépisté 90 % des personnes infectées par le virus du sida (virus de l’immunodéficience humaine ou VIH), d’avoir mis sous traitement antirétroviral 90 % d’entre elles et d’obtenir que 90 % de ces personnes continuent leur traitement pour que leur virus soit sous contrôle. Si on y arrive, on obtiendra non pas une éradication totale du sida, qui persistera tout de même à bas bruit, mais au moins un contrôle très efficace de l’épidémie de VIH. Est-ce réaliste? C’est un sujet d’angoisse. Tous les ans, environ 6000 personnes se découvrent séropositives en France et 1,8 million au niveau mondial. Comment agir dans les zones les plus reculées? Comment toucher les quelque 30 % de personnes qui sont porteuses du VIH sans le savoir? Il faut soutenir la recherche parce que c’est de là que viendra la réponse, avec le développement d’un vaccin et de nouveaux traitements. On commence à observer dans des pays émergents une résistance aux antiviraux de personnes qui n’ont jamais eu de traitements auparavant. Ma peur bleue, c’est de voir arriver une situation de multirésistance, comme pour la tuberculose.

http://sante.lefigaro.fr/article/franco ... solution-/
fil - 04 Déc 2017 - 09:43
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Vous avez changé de traitement antirétroviral au cours des six derniers mois ? Votre avis nous intéresse !

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIp ... A/viewform
fil - 04 Déc 2017 - 10:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Le VIH traité chez un patient grâce à un anticancéreux

Un traitement d’immunothérapie contre le cancer du poumon a permis une diminution du VIH chez un homme de 51 ans.

Le cas est unique et doit être considéré avec prudence. Mais l’espoir qu’il suscite est grand. Un homme de 51 ans porteur du VIH et atteint d’un cancer du poumon a suivi un traitement par immunothérapie, visant à détruire sa tumeur, qui a diminué le virus du sida présent dans son organisme

La nouvelle vient d’une équipe française et a été publiée dans la revue Annals of oncology vendredi. Co-auteur de l’étude, le Pr Anne-Geneviève Marcelin précise les résultats obtenu les chercheurs : "Le traitement a permis une diminution du réservoir du virus qui est présent dans les cellules du patient." Une avancée primordiale, puisqu’il est à l’heure actuelle presque impossible de s’attaquer à ce réservoir viral.

"Choquer et tuer"
L’homme de 51 ans, diagnostiqué du VIH en 1995, suit un traitement par immunothérapie depuis décembre 2016, à raison d’une injection tous les 15 jours lors de ses cures. Il prend également des antirétroviraux. Son cancer "n’est pas totalement sous contrôle", selon le Pr Marcelin. Le nivolumab, du nom de la molécule utilisée, a permis en revanche d’éliminer une partie du réservoir du virus du sida. La stratégie consiste à "choquer et tuer" : le virus en sommeil est réveillé par le traitement. L’anti PD-1 (le nivolumab en l’occurrence) lève ensuite le blocage de la réponse immunitaire, ce qui va permettre enfin de détruire les cellules infectées.

La prudence est toutefois de mise. Ce type de traitement ne concerne qu’un seul patient, et a en outre été précédé d’échecs sur d’autres personnes porteuses du VIH. "C’est une piste très encourageante, qu’il faudra confirmer", tempère le Pr Marcelin, virologue à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière et chercheur à l’université Pierre et Marie Curie. Elle cite notamment un cas similaire, où le réservoir viral n’avait pas été entamé par l’immunothérapie.

La charge virale importante aurait permis la détection du VIH
Pourquoi le nivolumab a-t-il fonctionné sur ce patient et pas sur d’autres ? Une hypothèse émise par le Pr Marcelin tiendrait à la charge virale importante de ce quinquagénaire. Le virus n’était pas totalement contrôlé, il était donc plus facilement détectable, et éliminable, par les cellules immunitaires réactivées par l’immunothérapie.

Pour en savoir plus, l’agence française de recherches sur le sida (ANRS) a lancé en octobre la constitution d’une cohorte de patients (OncoVIHAC) qui va permettre d’étudier la relation entre diminution du VIH et injection "anticorps inhibiteurs des checkpoints immunitaires".

Même si les résultats publiés ce vendredi sont très encourageants, il ne faut pas s’attendre à des miracles de la part de la seule immunothérapie. "Il faut associer l’immunothérapie à d’autres traitements", explique le Pr Marcelin. La bonne combinaison pourrait peut-être rapprocher médecins et patients du but ultime, "la guérison", espère la virologue. Même si, reconnaît-elle, "on en est encore loin".

https://www.francetvinfo.fr/sante/decou ... 94379.html
fil - 05 Déc 2017 - 10:37
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Prévention, dépistage, relations sexuelles : comment se protéger du Sida ?

Si l'agressivité du VIH est de mieux en mieux contrôlée par les nouveaux traitements, il n'est toujours pas possible de guérir du Sida. A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, il est utile de se mettre à jour sur les manières de se prémunir contre l'épidémie qui sévit depuis 1981.

Eviter les comportements à risque ou en diminuer la portée, informer et rester informé, les méthodes pour protéger ses proches et soi-même du Sida, ultime stade de l'infection au VIH, sont nombreuses… Et essentielles. 36 ans après le début de l'épidémie, les méthodes de dépistage et les traitements n'ont jamais été aussi efficaces. Cependant, la Journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre est l'occasion de rappeler qu'aucune guérison n'est encore possible, tandis que dans le monde une nouvelle infection a lieu toutes les 17 secondes.

La première protection, c’est déjà l’information

En France en 2016, près de 10 % du nombre total de découvertes de séropositivité concernent les jeunes de 15-24 ans. Or, un sondage commandé par Sidaction, témoigne "d'une détérioration inquiétante du niveau d'information sur le VIH", notamment en fonction de leur milieu social. Ainsi, 21% des 15-24 ans estiment être mal informés sur le VIH, et jusqu'à 28% chez les jeunes sans diplôme ou au niveau CEP/BEPC. "On ne peut accepter que le manque d'information atteigne un tel niveau chez les jeunes" déclare Florence Thune, directrice générale de Sidaction. "Il est urgent et nécessaire de reprendre les fondamentaux (et de) faire circuler des messages dans et en dehors de la sphère scolaire pour atteindre tous les jeunes".

Pour rappel, le VIH ne se transmet que d’humain à humain, soit par des rapports sexuels non protégés par un préservatif en cas de pénétration vaginale, anale ou orale, soit par un partage de matériel d’injection (drogues, matériel médical), soit de la mère à l’enfant pendant la grossesse. "Le VIH ne peut pas se transmettre par la baignade, un baiser, une étreinte, un éternuement, la toux, une piqûre d’insecte, le partage d’un verre ou d’un vêtement, etc.", rappelle l'association française Sida Info Service sur son site internet.

Le dépistage, un réflexe à avoir




La PrEP, la pilule préventive à ajouter au préservatif pour les populations à risque

La PrEP désigne la prise de comprimés de Truvada (médicament initialement destiné aux séropositifs) tout en étant séronégatif, pour faire barrage au virus et ainsi contribuer à réduire le nombre de contaminations. Pour être efficace, elle doit être prise chaque jour en continu ou ponctuellement (avant et après un rapport sexuel) selon un protocole précis et s'accompagner d'un suivi rigoureux. Les "prepeurs", comme ils se surnomment, doivent se faire dépister tous les trois mois, y compris pour d'éventuelles infections sexuellement transmissibles (IST), dont la PrEP ne protège pas. "On n'a pas encore de vaccin contre le sida, mais la PrEP est un nouveau moyen efficace de prévention qui s'ajoute au préservatif", expliquait à l'AFP le 30 novembre 2017 le spécialiste français Jean-Michel Molina. François, homosexuel parisien de 55 ans sous PrEP en continu depuis un an et demi, témoignait auprès de l'AFP : "Le jour où on oublie la capote ou si elle se déchire, on n'a plus la peur au ventre".

Mais la PrEP a des détracteurs, qui l'accusent de favoriser les comportements à risques en incitant à abandonner le préservatif, d’autant que la France est le premier pays à la rembourser à 100% (180 euros par mois pour la prise en continu). Pour l’instant, la PrEP ne concerne que "5 à 10.000 personnes", estime le professeur Molina. D’après l'agence sanitaire Santé publique France, "Le nombre de personnes ayant initié une PrEP en 2016 (environ 3.000) est sans doute encore trop faible pour avoir un impact". Des consultations PrEP sont accessibles dans toute la France.

Les séropositifs sont ils condamnés à systématiquement utiliser un préservatif ?

Lorsque le traitement contre le VIH est efficace, il arrive que la quantité de virus présente dans le sang devienne si faible que les techniques habituelles n’arrivent même plus à la mesurer. On parle alors de charge virale indétectable. "Situation inédite, une majorité de personnes en France contrôlent très bien leur maladie grâce aux traitements récents", se félicite Sida Info Service.



https://www.sciencesetavenir.fr/sante/p ... ida_118788
fil - 05 Déc 2017 - 15:31
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Des scientifiques mènent une enquête au coeur de l’Afrique, à la recherche des origines du VIH. Un documentaire captivant, diffusé à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre.

Il est l'un des plus grands tueurs de la planète. Avec plus de 36 millions de morts et près de 37 millions de personnes infectées, le sida constitue à ce jour la pandémie la plus destructrice de l'histoire contemporaine. Afin de mieux la connaître, une équipe de scientifiques part sur les traces de son origine, au cœur de l'Afrique, dans l'ancien Congo belge. En parvenant à mettre la main sur d'anciens prélèvements humains contenant le virus, ils arrivent à la conclusion que la première transmission du sida – du chimpanzé à l'homme – se situe autour de l'an 1908, des décennies avant les premiers cas connus.

Catastrophe en germe
Les chercheurs ne s'arrêtent pas là. Ils se plongent dans l'histoire coloniale du Congo pour comprendre comment le VIH a pu se propager. Au début du XXe siècle, soucieuses de ne pas perdre la main-d'oeuvre indigène qu'elles exploitent, les autorités coloniales lancent des campagnes massives de vaccination contre la maladie du sommeil, où l'on a souvent recours à des seringues mal stérilisées. De même, la syphilis, qui se répand alors, augmente considérablement les risques de transmission du sida entre les hommes. Parallèlement, le chemin de fer se développe dans le pays car Kinshasa est une plaque tournante de l'industrie minière. Le virus devient mouvant. Lors de l'indépendance du Congo, en 1960, la pandémie couve. Dans les années 1970, les ravages successifs de la guerre civile, puis les errements du régime prédateur de Mobutu, qui ruine l'économie, créent les conditions chaotiques d'une propagation fulgurante du virus...
Carl Gierstorfer signe un documentaire passionnant, où l'enquête scientifique se mêle à des images d'archives, parfois dures, témoignant de la cruauté et des ravages de la colonisation. Il rappelle également qu'à l'heure où les maladies infectieuses se développent dans le monde entier, les conditions d'une nouvelle pandémie sont peut-être à nouveau réunies.

https://www.arte.tv/fr/videos/051599-00 ... coloniale/
fil - 06 Déc 2017 - 12:59
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Johnson & Johnson et ses partenaires présentent la première étude d’efficacité pour leur vaccin préventif expérimental contre le VIH

New Brunswick, NJ, le 30 novembre 2017 À la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida (1er décembre), Johnson & Johnson annonce que sa filiale pharmaceutique Janssen a initié conjointement avec un groupement de partenaires la première étude d’efficacité pour un vaccin préventif expérimental de type mosaïque contre le VIH -1. La Fondation Bill & Melinda Gates et les National Institutes of Health (NIH) se sont joints à Johnson & Johnson pour faire progresser le développement de cette option de prévention potentielle, que serait un « vaccin global » susceptible de protéger contre une large variété de souches virales responsables de la pandémie de VIH.

«Développer un vaccin préventif contre le VIH est une priorité absolue et représente notre plus grand espoir pour permettre à la population mondiale de vivre dans un monde sans sida. Trouver un vaccin efficace contre ce virus pour protéger les personnes à risque est un défi scientifique majeur, mais aujourd’hui nous sommes optimistes car nous avons la conviction que nous pouvons réussir» a affirmé Paul Stoffels, Directeur Scientifique de Johnson & Johnson. « C’est pourquoi nous unissons nos efforts à ceux des leaders mondiaux en matière de recherche sur le VIH et à ceux des acteurs mondiaux de la santé pour développer notre vaccin expérimental. Nous collaborons étroitement avec l’objectif commun de soutenir les efforts déployés pour éradiquer le sida à tout jamais».

Cette nouvelle étude à grande échelle (HVTN 705/HPX2008), appelée aussi “Imbokodo”, vise à évaluer si le vaccin expérimental est sûr et s’il possède la capacité de réduire l’incidence de l’infection par le VIH chez 2 600 femmes vivant en Afrique subsaharienne. Bien que des progrès importants aient été réalisés dans la prévention et le traitement du sida ces dernières années, encore deux millions de personnes sont infectées par le VIH chaque année1. Selon l’ONUSIDA (UNAIDS), les femmes et les jeunes filles représentent presque 60% des personnes infectées par le VIH en Afrique de l’Est et du Sud2.

«L’étude « Imbokodo » est le fruit d’un partenariat public-privé dynamique, dont l’engagement vise à vaincre notre redoutable ennemi qu’est le VIH», a affirmé le Professeur Glenda Gray, CEO et Présidente du South African Medical Research Council, chargée de l’étude Imbokodo. « Le rôle primordial de l’Afrique pour mettre fin à cette épidémie est illustré par les recherches scientifiques innovantes menées sur ce continent et par la contribution exceptionnelle de ses populations pour atteindre cet objectif».

L’initiation de l’étude Imbokodo signifie que pour la première fois depuis plus de 10 ans, deux études portant sur l’efficacité d’un vaccin sont réalisées en même temps. La deuxième étude, HVTN 702, en cours en Afrique du Sud, vise à évaluer un autre vaccin candidat. Depuis toujours, la recherche d’un vaccin préventif contre le VIH s’est avérée très difficile, compte tenu notamment des propriétés uniques du virus, y compris sa capacité à muter rapidement et sa diversité génétique avec de multiple souches et sous-types prévalant dans différentes parties du monde.

«Mettre à disposition un vaccin préventif constituerait une avancée majeure dans une stratégie mondiale visant à mettre fin à la pandémie du sida» a déclaré Johan Van Hoof, M.D., Global Head Infectious Disease & Vaccines, Janssen. «Notre vaccin expérimental est basé sur des antigènes mosaïques qui ont été modifiés en utilisant des gènes issus d’une large gamme de différents sous-types du VIH. L’objectif final est de proposer un «vaccin global» susceptible d’être utilisé dans n’importe quelle région du monde, en vue de protéger les populations vulnérables les plus exposées au risque d’infection».

Le VIH/SIDA reste l’une des principales menaces sanitaires mondiales de notre époque. En 2016, il a été estimé qu’environ 37 millions de personnes étaient atteintes du VIH-1 à travers le monde, et que 1,8 million d’individus avaient été nouvellement infectés par ce virus3. Il est estimé qu’en 2016, 790 000 nouveaux cas d’infection par le VIH sont survenus en Afrique de l’Est et du Sud4, où la nouvelle étude d’efficacité est en cours. Il est estimé qu’aux États-Unis 1,1 million de personnes souffraient du VIH à la fin de 20145, et que près de 40 000 individus ont été diagnostiqués en 2015

À propos de l’étude Imbokodo (HVTN 705/HPX2008)

Cette étude d’efficacité « preuve de concept » va évaluer la sécurité d’emploi et l’efficacité du vaccin mosaïque pour prévenir l’infection par le VIH-1, par rapport à un placebo . Cette étude devrait recruter 2 600 femmes sexuellement actives, âgées de 18 à 35 ans, dans cinq pays d’Afrique du Sud. Les premières participantes ont commencé à recevoir le vaccin dans les centres de recherche clinique en Afrique du Sud. Des demandes d’approbation réglementaire sont actuellement déposées, afin de mener cette étude sur d’autres sites au Malawi, au Mozambique, en Zambie et au Zimbabwe. “Imbokodo” est un mot Zoulou qui signifie “pierre”. Il est cité dans un proverbe bien connu en Afrique du Sud, qui se réfère à la force que possèdent les femmes et à l’importance des femmes dans la communauté.

À propos des études APPROACH et TRAVERSE

Deux études cliniques précoces de Phase 1/2a (APPROACH et TRAVERSE) ont évalué des vaccins VIH de type mosaïque. L’étude TRAVERSE en cours compare deux schémas vaccinaux véhiculés par un vecteur adénovirus 26 (Ad26) et contenant des antigènes mosaïques soit trivalents ou quadrivalents. Les premières données suggèrent que ces deux types de vaccins mosaïques semblent être bien tolérés et capables d’induire une réponse immunitaire contre le VIH. En s’appuyant sur ces études, un schéma vaccinal comprenant le vaccin candidat mosaïque Ad26 quadrivalent et une protéine soluble Clade C gp140 sera évalué dans le cadre de l’étude HVTN 705/HPX2008, afin de déterminer si ce vaccin permet de réduire le nombre d’infections par le VIH.

L’étude HVTN 705/HPX2008 est promue par Janssen Vaccines & Prevention B.V., qui fait partie des sociétés pharmaceutiques de Johnson & Johnson. Deux partenaires de premier rang, la Bill & Melinda Gates Foundation et le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) cofinancent cette étude. D’autres partenaires apportent leur soutien, notamment le U.S. Military HIV Research Program de l’Institut de recherche Walter Reed Army Institute of Research, l’U.S. Army Medical Materiel Development Activity, ainsi que l’institut Ragon du Massachusetts General Hospital (MGH), le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Harvard. Cette étude sera menée sur des sites cliniques coordonnés par le réseau HIV Vaccine Trials Network (HVTN) financé par le NIAID. Le South African Medical Research Council (SAMRC) participe à la mise en œuvre de l’étude HVTN 705/HPX2008 en Afrique du Sud.

Davantage d’informations sur cette étude sont disponibles sur Imbokodo.org.za ou ClinicalTrials.gov en utilisant l’identifiant NCT03060629.

À propos du vaccin préventif contre le VIH développé par Janssen

Le traitement vaccinal préventif expérimental contre le VIH-1 utilise la plateforme AdVac® de production de vecteurs à base d’adénovirus et la technologie de lignée cellulaire de production PER.C6® de Janssen. Ce traitement se compose d’un vecteur adénovirus de sérotype 26 mosaïque quadrivalent (Ad26.Mos4.HIV) et d’une protéine soluble (Clade C gp140, adjuvantée avec du phosphate d’aluminium).

Depuis 2005, Janssen Vaccines & Prevention B.V. participe au programme intégré de développement pré-clinique et clinique de vaccins contre le SIDA (Integrated Preclinical/Clinical AIDS Vaccine Development, IPCAVD) avec le soutien du NIH et en collaboration avec le Professeur Dan Barouch du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC), dans le cadre des subventions AI066305, AI078526 et AI096040.

Le programme de développement de vaccins contre le VIH de Janssen a également reçu un financement et le soutien du United States Military HIV Research Program (MHRP) de l’Institut de recherche Walter Reed Army Institute of Research (WRAIR), avec la Henry M. Jackson Foundation for the Advancement of Military Medicine (HJF) ; l’Institut Ragon; et l’Initiative International AIDS Vaccine Initiative (IAVI).

Pour des informations détaillées sur l’étendue des projets scientifiques et de collaborations dédiés au VIH, portés par la Famille des sociétés Johnson & Johnson et ses partenaires, aller sur : www.jnj.com/HIV .

1. UNAIDS - Fact sheet - Latest statistics on the status of the AIDS epidemic – Consulté en novembre 2017
2. ONU FEMMES - Facts and figures: HIV and AIDS - Consulté en novembre 2017
3. UNAIDS - Fact sheet - Latest statistics on the status of the AIDS epidemic – Consulté en novembre 2017
4. UNAIDS - AIDS by the numbers Report – Consulté en novembre 2017
5. CDC (Centers for Disease Control and Prevention) - HIV in the United States - Consulté en novembre 2017
6. CDC (Centers for Disease Control and Prevention) - HIV in the United States - Consulté en novembre 2017

http://vih.org/20171205/johnson-johnson ... eur-vaccin
fil - 07 Déc 2017 - 06:46
Sujet du message: Re: VIH : Publications
LE NOUVEAU SITE D'ICCARRE EST EN FONCTION !

ICCARRE (Intermittents en Cycle Court les Anti Rétroviraux Restent Efficaces) c'est le docteur Leibowitch et ses amis (patients, médecins, artistes etc...) tous ont une volonté commune : Alléger la trithérapie pour une meilleure vie.

Le site internet Iccarre était en reconstruction depuis plusieurs mois, autrefois on y découvrait un site internet avec peu d'information, on en avait vite fait le tour. Le nouveau site, plus design et informatif aura refait son ouverture avant la date fatidique du 1er décembre.

En arrivant sur la page d'accueil du nouveau site, on y découvre de gros cachets dont un bleu qui me fait particulièrement penser à un Truvada et qui sera d'ailleurs utilisé comme avatar principal sur le site, de suite on comprend que tout l'objet du thème est là : La médicamentation ou plutôt la surmédicamentation....

Et puis on entre et le premier mot qu'on y découvre : Alléger. Et oui tout est là. La première page d'introduction se fait en français et en anglais pour mettre le monde à jour.

On y parle de suite des succès de l'étude 4D, du Quatuor en court et on nous dit que le site internet a pour but d'informer patients, médecins, famille de patients.

En anglais, l'explication se veut encore plus informative afin de bien appuyer envers une population qui connait moins bien l'allègement des ARV que la population française.

Plusieurs rubriques et thèmes abordés :

1. Rubrique Iccarre :

- Ce que permet de faire Iccarre : Prendre moins de médicaments, assurer l'indétectabilité et la non transmission, réduire les effets indésirables, faciliter l'observance du traitement, faire des économies du système de santé.

- Questions et réponses

2. Rubrique Histoire :

- Iccarre déjà une longue histoire : Chronologie des dates Iccarre.

- L'allègement des trithérapies : Des tentatives de longues haleines.

3. Rubrique Médecins :

- La biologie du vih

- Publications scientifiques

- Questions et réponses aux médecins

4. Rubrique Patients :

- Quatuor

- Questions et réponses

- Témoignages

5. Artistes X iccarres

Pour résumer, ce site internet offre la possibilité d'en apprendre d'avantage sur l'allègement, pour les patients, ce site peut être un bon moyen pour mettre les médecins anti-allègements à la page puisque ce site offre différents liens, preuves et sources internet, bref tout ce qu'il faut pour une bonne argumentation.

ICCARRE, le nouveau site à découvrir ici : https://www.iccarre.net
nega - 14 Déc 2017 - 07:18
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Le laboratoire Gilead fait obstacle à l’arrivée des génériques du Truvada, un peu partout en Europe. C’est notamment le cas en France où le laboratoire américain a fait valoir un certificat complémentaire de protection (CCP) pour prolonger son monopole visant ainsi à interdire la mise sur le marché de génériques du Truvada. En septembre 2017, Gilead a essuyé une défaite en justice devant le tribunal de grande instance de Paris qui n’a pas reconnu la validité de son CCP. En Grande-Bretagne, la justice locale a saisi la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) sur la validité du CCP de Gilead. La CJUE n’a pas encore statué. AIDES a interpellé la justice européenne. L’association vient surtout de fournir des éléments juridiques dans une contribution adressée (le 8 décembre) à la CJUE avant que cette dernière ne rende son avis. Explications.


La combinaison ténofovir (fumarate de ténofovir disoproxil/TDF) - emtricitabine, vendue par Gilead sous le nom de Truvada, est l’un des médicaments essentiels pour lutter contre le VIH. Ce traitement est à usage curatif pour traiter les personnes vivant avec le VIH et à usage préventif pour les personnes séronégatives dans le cadre de la Prep (prophylaxie pré-exposition). Depuis juillet 2017, l’ensemble des brevets sur ce médicament a expiré. Il est donc possible d’en faire des versions génériques. Reste que Gilead garde son monopole dans de nombreux pays européens en se prévalant d’un CCP (certificat complémentaire de protection) qui permet d’allonger la période d’exclusivité… et de maintenir son monopole. Or l’accès aux génériques est indispensable pour la mise sous traitement des personnes vivant avec le VIH et le déploiement de la PrEP à moindre coût et donc pour la préservation des finances publiques des systèmes de santé solidaires européens. (suite de l'article ici : https://www.seronet.info/article/generi ... peen-80446
fil - 17 Déc 2017 - 12:10
Sujet du message: Re: VIH : Publications
J'ai le générique du Truvada depuis 2 mois
fil - 17 Déc 2017 - 12:11
Sujet du message: Re: VIH : Publications


http://www.webconfaei.com/hivonair.asp
fil - 19 Déc 2017 - 10:03
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Janssen a mis au point un traitement contre le sida en Normandie (Ouest France,

La filiale pharmaceutique de l’Américain Johnson Johnson a fait des découvertes majeures dans le traitement du VIH. Installée dans l’Eure depuis vingt-cinq ans, elle emploie 650 personnes.

Le travail de ses chercheurs aboutit à des découvertes majeures dans l’Eure, à Val-de-Reuil. Janssen a notamment mis à jour des molécules innovantes comme la Rilpivirine pour les traitements du VIH (virus d’immunodéficience humaine ou sida) ou très récemment de la tuberculose, avec la Bédaquiline. « Notre stratégie à long terme nous a permis de nouer des partenariats pérennes avec les principaux acteurs de l’innovation en France », souffle Emmanuelle Quilès, la présidente de Janssen France. Cinquante personnes œuvrent dans le laboratoire.

Une injection par mois
La filiale normande du groupe multinational Johnson & Johnson est résolument tournée vers l’avenir. « Notre but pour les vingt prochaines années, c’est d’intercepter les maladies, souligne Emmanuelle Quilès. Nous voulons identifier les signes prédictifs de la maladie grâce à des marqueurs. Nous avons des projets très avancés. » Comme une déclinaison du traitement pour le sida sous une forme injectable. « Nous sommes à la phase 3 du développement. Cela fonctionne, précise le Dr Jérôme Guillemot, directeur de recherche en maladies infectieuses. L’injection s’effectuera une fois par mois, mais il faudra encore attendre deux à trois ans avant la mise sur le marché. »

140 chercheurs
Outre la filiale pharmaceutique, le site eurois accueille un autre centre de recherche (140 chercheurs) et une entité de production de produits d’automédication, délivrés sans prescription médicale, comme la pommade Biafine. Ainsi que les produits référencés beauté de la gamme du Petit Marseillais par exemple.

Au total, 657 personnes travaillent sur le site. Une troisième filiale, spécialisée dans le matériel médical (de l’autosurveillance glycémique aux blocs opératoires) est implantée en France, à Saint-Priest (Rhône).

Le groupe compte 3 150 collaborateurs en France. En 2016, les investissements à travers le monde en recherche-développement ont atteint plus de 7,6 milliards d’euros.

https://www.ouest-france.fr/normandie/e ... ie-5456312
fil - 21 Déc 2017 - 18:41
Sujet du message: Re: VIH : Publications
"Quatuor" : l’essai scientifique qui pourrait changer la vie des personnes séropositives

Des essais scientifiques, une association et des artistes très connus comme Tilda Swinton oeuvrent pour la réduction des traitements dans la vie des personnes qui vivent avec le VIH : bientôt 4, 3 ou même 1 cachet par jour ?
La trithérapie, mise au point il y a plus de 20 ans, a constitué un tournant majeur dans le traitement du sida. Aujourd’hui, avec l’amélioration des traitements, on envisage de ne plus l’administrer quotidiennement, mais de réduire la charge médicamenteuse à 4 jours par semaine, voire moins.

Une personne sous trithérapie ne meurt plus du sida aujourd’hui en France. La trithérapie a transformé une maladie virale mortelle en un état chronique contrôlé. Il y 20 ans, les premiers traitements étaient lourds et contraignants pour les patients. Depuis, de nombreuses améliorations ont été apportées : diverses combinaisons possibles de molécules, plus de confort avec les réductions du nombre de pilules et gélules, de la dose des produits à ingérer et de la fréquence des prises quotidiennes.

Pour autant, la contrainte de prises continues 7 jours sur 7 – tout au long de la vie – reste lourde. Surtout que tous les patients ne réagissent pas de la même manière aux traitements qui peuvent parfois s’accompagner d’effets indésirables, les pénalisant au quotidien comme dans l’activité professionnelle. Des patients relâchent alors leur protection quotidienne et mettent ainsi leur système immunitaire en danger.

Des essais qui changent la vie

L’étude ICCARRE (Intermittents en Cycles Courts les Antirétroviraux Restent Efficaces), menée par le professeur Jacques Leibowitch à l’Hôpital de Garches depuis 2002, est chaque année confirmée par de nouveaux essais : on sait depuis les résultats de l’étude ANRS 162-4D en 2016 qu’une prise de seulement 4 jours est suffisante pour maintenir une charge virale inférieure à 50 copies pour 96% des patients qui ont suivi ce protocole. D’autres essais ont depuis essayé de réduire la charge médicamenteuse (le nombre de médicaments ou de prises, les bithérapies ou encore la suppression de certaines classes de molécules).

Depuis septembre 2017, l’Agence de recherche contre le sida recrute 640 patients dont le virus est indétectable pour son essai « Quatuor » : un groupe demeurera au rythme d’une prise 7 jours sur 7 tandis que l’autre testera la viabilité d’un traitement de 4 jours consécutifs dans la semaine (en suivi régulier, pour contrôler leur état de santé). Dans un an, si l’allègement 4/7 est jugé suffisant, le second groupe basculera aussi sur le même rythme de prise. Ce nouvel essai permettra de confirmer son efficacité sur plus de patients, et sur une période longue.

En cas de succès pour ce modèle, et avant d’analyser un traitement encore moins contraignant, il faudra attendre au minimum deux à trois ans à compter de l’automne 2017 pour étendre les 4 jours sur 7 aux 100 000 patients sous traitement continu en France (et bien plus encore pour atteindre les quelques 40 millions de séropositifs – pas tous traités – dans le monde). Selon le site de présentation du protocole : « Les cliniciens acquis à la modalité ICCARRE s’inquiètent des résistances institutionnelles au changement alors que perdurent surmédication et surfacturation sur ordonnance ».





Et demain ?

D’autres essais cliniques sont en cours pour valider des traitements à très longue durée, y compris sous forme injectable, trimestrielle, voire semestrielle, notamment par l’utilisation de nanotechnologies qui pourraient diffuser les molécules en continu… De petits implants qui pourraient être portés pendant un an sont également en développement. Leur arrivée sur le marché devrait avoir lieu d’ici deux ans selon les spécialistes. Chaque jour, vivre avec le VIH devient plus facile.

http://tetu.com/2017/12/19/quatuor-less ... s-seropos/
fil - 27 Déc 2017 - 17:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Inhibiteurs d'intégrase : du mythe à la réalité
Première partie : En quoi différent les inhibiteurs d’intégrase des autres classes d’ARV ?


http://www.hivonair.tv/replay-022017/en ... -d-ARV.asp

Deuxième partie : Quelles sont les différences entre les INSTI qui ont un impact clinique, thérapeutique ou préventif ?

http://www.hivonair.tv/replay-022017/di ... -INSTI.asp

Troisième partie : où situez-vous la classe des INSTI ?

http://www.hivonair.tv/replay-022017/ou ... -INSTI.asp
nega - 28 Déc 2017 - 09:31
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Citation:
L’étude ICCARRE (Intermittents en Cycles Courts les Antirétroviraux Restent Efficaces), menée par le professeur Jacques Leibowitch à l’Hôpital de Garches depuis 2002, est chaque année confirmée par de nouveaux essais : on sait depuis les résultats de l’étude ANRS 162-4D en 2016 qu’une prise de seulement 4 jours est suffisante pour maintenir une charge virale inférieure à 50 copies pour 96% des patients qui ont suivi ce protocole. D’autres essais ont depuis essayé de réduire la charge médicamenteuse (le nombre de médicaments ou de prises, les bithérapies ou encore la suppression de certaines classes de molécules).

Depuis septembre 2017, l’Agence de recherche contre le sida recrute 640 patients dont le virus est indétectable pour son essai « Quatuor » : un groupe demeurera au rythme d’une prise 7 jours sur 7 tandis que l’autre testera la viabilité d’un traitement de 4 jours consécutifs dans la semaine (en suivi régulier, pour contrôler leur état de santé). Dans un an, si l’allègement 4/7 est jugé suffisant, le second groupe basculera aussi sur le même rythme de prise. Ce nouvel essai permettra de confirmer son efficacité sur plus de patients, et sur une période longue.

En cas de succès pour ce modèle, et avant d’analyser un traitement encore moins contraignant, il faudra attendre au minimum deux à trois ans à compter de l’automne 2017 pour étendre les 4 jours sur 7 aux 100 000 patients sous traitement continu en France (et bien plus encore pour atteindre les quelques 40 millions de séropositifs – pas tous traités – dans le monde). Selon le site de présentation du protocole : « Les cliniciens acquis à la modalité ICCARRE s’inquiètent des résistances institutionnelles au changement alors que perdurent surmédication et surfacturation sur ordonnance ».


j'imagine que déjà certains docs et patients peuvent tout de même choisir (avec prudence et vérifs) de mettre en place cet allègement...
fil - 28 Déc 2017 - 10:14
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Pas encore validé les essais cliniques nega

Cette stratégie innovante doit être maintenant validée dans un essai randomisé où deux groupes de patients vont pouvoir être comparés. C'est l'objet de l’essai ANRS QUATUOR qui va être mené chez un plus grand nombre de patients, sur une plus longue période et avec des antirétroviraux plus récents comme la classe des anti-intégrases qui occupe désormais une place prépondérante dans l’arsenal thérapeutique. 640 patients devraient être recrutés dans plusieurs centres hospitaliers, dont la moitié recevra pendant 48 semaines un traitement 4/7 jours et l'autre moitié 7/7 jours. Si des résultats similaires étaient observés dans les deux groupes, tous les patients de l’essai passeraient au traitement 4/7 jours pendant 48 semaines supplémentaires. L'essai cherchera à démontrer que la stratégie 4/7 jours est non-inférieure à la stratégie continue, en d'autres termes qu'à efficacité égale, les patients du groupe "Allègement" retireront des bénéfices secondaires de ce protocole (moins d'effets secondaires, meilleure observance …).
Selon le Pr Jean-François Delfraissy, Directeur de l'ANRS « Ces résultats nous encouragent à poursuivre nos objectifs d'améliorer la qualité de vie sous traitement et à répondre à une demande forte de certains patients de subir une moindre pression médicamenteuse ». Faut-il aujourd'hui recommander 4/7 jours en pratique courante ? « Seul un essai randomisé permettra d'approuver cette stratégie »

http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... -progresse

Mais on diminue le dosage chez certains patients pour le moment . Ou de trithérapie on passe en bi .

VIH : une bithérapie pour alléger le traitement

Dans les pays à faible revenu, l’allégement des traitements pour les patients séropositifs au VIH est un enjeu majeur. Un essai mené dans trois pays d’Afrique a permis de passer de la trithérapie à une bithérapie en deuxième ligne de traitement. Des résultats prometteurs.

« Les traitements de seconde ligne contre le trithérapie, pour en améliorer l’observance notamment. L’enjeu ? Maintenir une charge virale indétectable avec des traitements moins lourds.

Deux stratégies ont été comparées au cours de l’essai clinique ANRS 12286 MOBIDIP mené* au Cameroun, au Burkina Faso et au Sénégal entre 2014 et 2016. Une monothérapie à base d’inhibiteur de la protéase boosté (IPB) et une bithérapie associant ce dernier à la lamivudine. Peu chère, bien tolérée et souvent utilisée dans les traitements de première ligne, celle-ci a déjà montré une bonne efficacité.

Seulement 3% d’échecs en bithérapie

Les 265 patients suivis pendant une durée de 96 semaines présentaient, au début de l’étude, une charge virale inférieure à 200 copies/ml. La moitié des patients de l’étude a reçu la monothérapie et l’autre moitié la bithérapie. Objectif, comparer les taux d’échec des deux stratégies en guettant une éventuelle remontée de la charge virale au-dessus de 500 copies/ml.

Résultats, « la bithérapie associant la lamivudine a montré seulement 3% d’échec, contre 24,8% pour la monothérapie », indiquent les auteurs. Lesquels ont également constaté une plus forte augmentation des lymphocytes CD4 chez les patients suivant la bithérapie, signe de renforcement du système immunitaire.

« L’essai a ainsi permis de valider, pour la première fois, une stratégie d’allégement thérapeutique de deuxième ligne, moins chère et mieux tolérée que les trithérapies chez des patients présentant de multiples mutations », concluent les auteurs. « Cette bithérapie pourrait ainsi répondre aux contraintes économiques et de suivi virologique qui pèsent sur les pays aux ressources limitées. »

https://www.ladepeche.fr/article/2017/0 ... ement.html

Sida: vers un allégement des traitements contre le VIH

Les antirétroviraux ont révolutionné l'approche du Sida, qui ne tue plus les personnes qui sont sous traitement. Mais la recherche se poursuit pour simplifier les médications.

On ne guérit pas du VIH. Les avancées réalisées depuis plus de 20 ans du côté des traitements poussent parfois à l'oublier. Ils fonctionnent bien, permettent de stabiliser les patients et font baisser la charge virale. Si bien que leur découverte et leur démocratisation sont en grande partie responsables de la baisse de 45 % du nombre de décès liés à l'infection depuis 2005.

Mais l'arrêt des traitements antirétroviraux signifie toujours le retour du virus. En attendant l'arrivée d'un vaccin réellement efficace, ils sont encore le seul rempart médical, et doivent être pris à vie, tous les jours. Peut-être plus pour très longtemps.


Des prises espacées
Des adaptations de la galénique – la forme sous laquelle sont pris les médicament – sont à l'étude, pour alléger le poids de la prise des traitements. « Moins de médicaments, moins de contraintes », résume pour Pourquoidocteur le Pr Pierre-Marie Girard, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine, et spécialiste du VIH.

De dizaines de médicaments à avaler par jour, les traitements se sont déjà simplifiés pour se limiter à une pilule quotidienne. Mais les laboratoires continuent d'innover. « Nous voyons se profiler des traitements à très longue durée, y compris sous forme injectable, précise le Pr Girard La prévention et le traitement pourraient reposer sur des injections trimestrielles, voire semestrielles. Cela pourrait représenter une petite révolution. »


Pour bientôt
Par différentes méthodes, notamment l'utilisation de nanotechnologies, les molécules seront délivrées en continu, ajoute le Pr Girard. Et ce n'est pas de la science-fiction. « Des essais cliniques sont en cours pour valider ces nouveaux traitements, poursuit-il. De petits implants, qui pourraient être portés pendant un an, sont également en développement. »

Leur arrivée sur le marché ne devrait pas se faire attendre trop longtemps. Les essais sont dans leurs phases finales, et le médecin estime qu'ils pourraient faire leur apparition d'ici deux ans. Un pas de plus pour favoriser la qualité de vie des patients.

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... ements-VIH
fil - 29 Déc 2017 - 10:47
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Directives de l'European AIDS Clinical Society, cuvée 2017



Une mouture révisée des directives de l'European AIDS Clinical Society (EACS) est traditionnellement proposée lors la réunion bisannuelle de la Société. Aperçu des faits saillants, ajouts et remaniements majeurs mis en exergue lors de la session dédiée du congrès.

Traitements antirétroviraux

Dans les schémas thérapeutiques de première ligne, la recommandation reste de bâtir un traitement à partir
- du tenofovir (TDF) et de l'emtricitabine (FTC)
ou
- de l'abacavir (ABC) et de la lamivudine (3TC).
Le tenofovir alafenamide (TAF) sera préféré au TDF en cas de
• risque élevé d'insuffisance rénale chronique ou d'atteinte avérée,
• prise concomitante de médicaments néphrotoxiques ou de toxicité antérieure liée au TDF,
• facteurs de risque ou diagnostic établi d'ostéoporose/ostéopénie progressive, • antécédents de fractures de fragilité.
Les troisièmes agents préférés pour le traitement de première ligne sont:
• les inhibiteurs de l'intégrase (raltegravir RAL, elvitegravir EVG, dolutegravir DTG),
• la rilpivirine (RPV),
• le darunavir (DRV) boosté.
L'atazanavir ± ritonavir (ATV±RTV) n'est plus une préférence, il a été rétrogradé au stade d'alternative en raison de la fréquence de sa toxicité rénale.
La combinaison RPV/DTG a été ajoutée comme option de switch, mais les directives insistent sur le fait que le DTG en monothérapie ne devrait pas être utilisé comme une option de switch en raison du risque élevé de rebond viral et de développement de résistance à des médicaments d'autres classes.

Hépatite C

Toutes les personnes infectées par le VIH et co-infectées par le virus de l'hépatite C (VHC) doivent recevoir un traitement antiviral à action directe et ce traitement devrait être le même que celui donné aux personnes infectées uniquement par le VHC. Il n'y a pas à envisager de traitement plus long et la seule considération qui devrait guider le choix du régime thérapeutique en cas d'infection par le VIH est le risque d'interactions médicamenteuses.
Si l'hépatite C n'est pas maitrisée après un premier traitement antiviral à action directe pour l'hépatite C, il est recommandé de constituer un régime thérapeutique en fonction des données d'un test de résistance.
Le traitement à base d'interféron n'est plus recommandé pour le traitement de l'infection primaire par le VHC. Un nouvel algorithme aide les médecins à déterminer le moment de traiter une infection aiguë par le VHC. Le traitement est à initier si l'ARN du VHC n'a pas diminué d'au moins 2 log quatre semaines après le diagnostic ou si le patient a encore de l'ARN du VHC détectable 12 semaines après le diagnostic en dépit une réduction de 2 log à la semaine 4.

Stéatose hépatique non alcoolique
Près de la moitié des personnes infectés par le VIH qui étaient référées pour tests hépatiques anormaux présentaient une stéatose hépatique non alcoolique, ce qui les mettaient à risque de fibrose et de cirrhose. Les directives 2017 suggèrent donc de pratiquer un examen échographique du foie en cas de tests hépatiques anormaux et en cas de tests hépatiques normaux mais existence d'un syndrome métabolique.

A noter aussi

Les directives 2017
• stipulent que la transplantation d'organes chez les personnes vivant avec le VIH devrait être envisagée selon les mêmes critères fonctionnels que ceux des personnes séronégatives.
• plaident en faveur d'un dépistage systématique de la BPCO chez les fumeurs et les plus de 40 ans.
• recommandent la vaccination contre le papillomavirus humain chez tous les sujets infectés par le VIH de moins de 26 ans et chez tous les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes jusqu'à l'âge de 40 ans.

Pour plus de détails et pour les autres modifications, se référer au texte complet téléchargeable gratuitement à partir du site web de l'EASC. A noter que ces directives comprennent également des liens vers des tutoriels vidéo pratiques.

http://www.eacsociety.org/files/guideli ... french.pdf

RÉFÉRENCE
D'après les communications de la session dédiée lors de la 16e European AIDS Conference de l'EACS (Milan, Italie) : 25-27 octobre 2017.
fil - 02 Jan 2018 - 16:39
Sujet du message: Re: VIH : Publications
L’administration américaine dissout le conseil sur le VIH et le sida

L’administration Trump a licencié ce qu’il restait du comité officiellement chargé de conseiller le président américain sur la lutte contre le VIH/sida (PACHA), font savoir les médias américains vendredi. Six membres du conseil avaient déjà démissionné en juin pour protester contre les politiques sanitaires de l’administration. Les dix derniers membres restants ont été licenciés, selon le Washington Post.
Les contrats ont pris fin immédiatement, selon le quotidien qui cite l’épidémiologiste Patrick Sullivan.
M. Sullivan a été nommé pour un mandat de quatre ans en mai 2016 sous d’administration de l’ancien président américain Barack Obama.
PACHA, fondé en 1995, fournit des avis à l’administration américaine au sujet des politiques, recherches de traitements et prévention du virus VIH et du sida.
« L’administration Trump n’a pas de stratégie pour faire face à l’épidémie actuelle, ne cherche aucun avis d’expert pour formuler des politiques relatives au VIH », a déploré l’avocat Scott Schoettes défendant la cause des LGBT dans l’organisation Lambda Legal qui a démissionné cet été.
Seulement 40% des personnes vivant avec le VIH aux Etats-Unis ont accès à des traitements cruciaux pour leur survie.

https://fr.metrotime.be/2017/12/30/news ... t-le-sida/
fil - 13 Jan 2018 - 19:13
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Des nanoparticules tueuses de virus

Une équipe de chercheurs européens a développé des nanoparticules d’or dont la propriété est d’attirer les virus pour mieux les détruire. Leur action à large spectre qui est de nature purement mécanique est efficace sur de nombreux agents pathogènes. Et contrairement aux effets nuisibles des antiviraux actuels, ce nouveau type de traitement se révèlerait être non toxique pour l’environnement cellulaire humain.

La baisse des températures saisonnières n’est en rien la cause directe de nos rhumes, grippe, ou autres bronchioles. Les grands responsables de nos états souffreteux sont les microbes. Pour traiter une infection d’origine bactérienne, c’est presque simple : nous avons recours aux antibiotiques.

Malheureusement ces remèdes n’ont aucun effet contre les virus dont le nom, par ailleurs, signifie poison en latin. Un patronyme qui leur va comme un gant, puisqu’à part posséder un système immunitaire en béton ou se faire vacciner contre ces envahisseurs invisibles, il n’existe toujours pas de traitement agissant à la manière des antibactériens à large spectre pour les éradiquer.

De l'or contre les virus

Seuls quelques médicaments spécifiques à certain type de virus parviennent toutefois par action chimique à contenir leur développement dans l’organisme. Mais une vingtaine de chercheurs internationaux, spécialistes en virologie et nanomatériaux au sein du laboratoire des nanomatériaux supramoléculaires et interfaces en Suisse, ont expérimenté une nouvelle méthode pour combattre tous les types de virus.

Ils ont créé des nanoparticules d’or, une matière peu ou pas toxique pour le corps humain, imitant les récepteurs des cellules humaines sur lesquels les virus s’accrochent avant de les pénétrer pour se reproduire et se multiplier. Le diamètre de ce leurre microscopique est un million de fois plus petit qu’un millimètre. L’union, entre les particules d’or et les microbes, sera fatale. Le mécanisme d’attachement du virus tentera en vain d’infiltrer ces imitations de cellules. La pression exercée par le microorganisme finira par le déformer et briser sa structure, le rendant ainsi inoffensif. Les chercheurs ont publié des résultats de tests très encourageants dans la revue Nature Materials.

Essais cliniques à venir

Leur méthode in vitro est efficace sur des tissus infectés par le virus de l’herpès, le papillomavirus, la dengue et le sinistre VIH, Virus de l’Immunodéficience Humaine. In vivo, ils ont guéri des souris contaminées par le virus VRS, responsable d’infection respiratoire aigüe. Rappelons que le VIH, la dengue, le papillomavirus, l’herpès ou encore Ebola tuent des millions de personnes chaque année dans le monde et en particulier dans les pays émergents.

« Notre approche détruit le virus de manière irréversible mais sans abîmer les cellules humaines » précisent les chercheurs qui poursuivent leurs travaux assidument pour passer rapidement du modèle animal aux essais cliniques sur l’homme.

http://www.rfi.fr/emission/20180113-nan ... uses-virus
fil - 13 Jan 2018 - 19:16
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Interrompre ponctuellement un traitement contre le VIH n'augmente pas la quantité de virus dans les cellules réservoirs

Il est possible d'interrompre, pendant de courtes périodes de temps, le traitement antirétroviral d'un patient infecté par le VIH lors d'essais cliniques sous contrôle médical sans augmenter la quantité de virus présents dans les cellules réservoirs. C'est ce qui ressort des travaux du laboratoire d'immunorégulation de l'Institut national d'allergie et des maladies infectieuses (NIAID) de Bethesda.

Au cours d'une étude dont ils viennent de publier les résultats dans « Plos Pathogen », l'équipe conduite par le Dr Katherine Clarridge a recruté 10 volontaires infectés par le VIH ayant interrompu leur traitement lors d'un essai sur un anticorps neutralisant à large spectre (bNAbs). Chez ces 10 patients, les chercheurs ont observé un rebond de la virémie, après une période allant de 22 à 115 jours sans traitement.

Une augmentation transitoire des réservoirs

Parallèlement à l'augmentation de la charge virale, les chercheurs observaient une hausse rapide du nombre de cellules sanguines servant de réservoirs viraux. Cependant, de nouvelles analyses menées entre 6 mois et 1 an après la reprise du traitement montrent que les réservoirs viraux finissent par retrouver un niveau similaire à celui d'avant l'interruption du traitement.

Ces résultats sont importants pour un grand nombre de scientifiques qui cherchent activement des moyens de permettre au patient de contrôler l'infection sans traitement, pendant des durées plus ou moins longues. Ces scientifiques tentent notamment de mettre au point des vaccins thérapeutiques qui empêchent le rebond de la virémie une fois le traitement arrêté. Leurs travaux nécessitent l'arrêt des thérapies antirétrovirales. Les nouveaux résultats de l'équipe de Bethesda montrent que ces interruptions sont sans conséquences sur les réservoirs viraux.

Les chercheurs du NIAD mènent en ce moment d'autres travaux, impliquant cette fois des patients ayant connu une interruption plus longue de leur traitement.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... irs_854080
fil - 17 Jan 2018 - 12:28
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Forum de l'innovation thérapeutique
2 décembre 2017 Paris



Nouvelles strategies antirétrovirales
Christine KATLAMA
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Pistes de recherche vers une guérison du VIH…
Françoise BARRE-SINOUSSI
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Les perspectives de la Thérapie Génique dans la lutte de l’infection contre le VIH
Marina CAVAZZANA
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Discussion - Prisons
Clarisse FORTEMAISON, François BES
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Intervention Act-Up Paris
Rémy HAMAI
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Table ronde : porno et prévention
Christophe MARTET, Doryann MARGUET, Antoine LEBEL, Bruce
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Discussion : vers un centre d’archives LGBTQI à Paris !
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Table-ronde : Sida et politiques migratoires : un enjeu de justice sociale !
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

Discussion : Seniors LGBTI
https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html

https://public.weconext.eu/actup-paris/ ... index.html
fil - 19 Jan 2018 - 15:28
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : les critères d'une mise sous traitement précoce sont l'âge, la charge virale et le ratio CD4/CD8

L'initiation d'un traitement par antirétroviraux dès le diagnostic, quel que soit le décompte de lymphocyte T CD4, est préconisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2015. Ces recommandations avaient été motivées par les résultats des essais ANRS Temprano et START, qui montraient qu'un traitement antirétroviral chez les sujets séropositifs, quel que soit le taux de CD4, diminue le risque de comorbidités.

Ces recommandations ne sont toutefois pas toujours applicables, surtout dans les pays où la disponibilité des traitements et/ou des médecins ne permet pas de traiter immédiatement tous les patients. C'est la raison pour laquelle une équipe de chercheurs menée par le Pr Jean-Michel Molina (chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Louis, AP-HP) a analysé les données des 4 684 participants de l'étude START, afin de déterminer qui, parmi les patients ayant un fort taux de CD4 (supérieur à 500 par μL), gagnerait à être priorisé dans l'attribution des traitements. Ils en concluent que l'âge, la charge virale et le ratio CD4/CD8 sont les trois facteurs à privilégier.

3 ans d'attente

Pour rappel, les participants de START avaient été répartis entre un groupe traité immédiatement, et un groupe chez qui le traitement n'était initié que quand le décompte de CD4 était descendu en dessous de 350 cellules par μL. En moyenne, les patients séropositifs du 2e groupe ont patienté une durée médiane de 3 ans avant leur mise sous traitement. Ce délai « représente la durée moyenne nécessaire (pour que l'infection entraîne une baisse des CD4 sous 350 cellules par μL, N.D.L.R.) chez les patients qui partent avec un taux de CD4 très élevé, il est homogène dans tous les pays de l'étude », nous précise le Pr Molina.

Entre avril 2009 et décembre 2013, une complication (maladie cardiovasculaire, hépatique ou rénale) ou un décès liés à l'infection par le VIH est survenue chez 42 patients traités dès le diagnostic (0,58 événement pour 100 personnes-années), et chez 100 patients traités avec retard (1,37 événement pour 100 personnes années), soit une baisse de 57 % du risque d'événement. Les auteurs ont calculé qu'il fallait traiter immédiatement 126 personnes pour éviter un événement grave qui serait survenu si on avait traité les patients à partir d'un seuil de CD4 inférieur à 350 cellules par μL.

Ces chiffres prouvaient que l'initiation précoce du traitement diminuait significativement le risque de morbimortalité, mais une question restait en suspens : comment sélectionner les malades prioritaires en cas de faible disponibilité des traitements ? « Nous avons testé un certain nombre de marqueurs sociologiques et démographiques, mais aucun ne semblait permettre de prédire le bénéfice à tirer d'une mise sous traitement rapide », commente auprès du « Quotidien » le Pr Molina.

Un pronostic pas aussi bon que prévu

En regardant du côté des marqueurs biologiques, les auteurs ont constaté que les réductions les plus importantes du risque d'événement ont été observées chez les patients de plus de 50 ans, chez ceux dont le taux de CD8 est plus de 2 fois supérieur à celui de CD4, et chez ceux dont la charge virale est supérieure à 50 000 copies par mL. Dans ces sous-groupes, il fallait traiter dès le diagnostic moins de 70 personnes pour éviter la survenue d'un événement important.

« L'information importante est que, même chez les malades ayant un fort taux de CD4, il existe des patients à traiter immédiatement : ceux qui remplissent au moins un de ces critères, insiste le Pr Molina. Je veux toutefois rappeler que, quoi qu'il arrive, tous les patients tirent un bénéfice d'un traitement commencé le plus tôt possible, sans oublier le risque de transmission qui est bien moindre chez les patients sous thérapie antirétrovirale », poursuit-il. Le spécialiste ajoute que ces données doivent inciter les pouvoirs publics des pays les plus touchés par l'épidémie à généraliser les mesures de charges virales.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... cd8_854264
fil - 24 Jan 2018 - 06:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Peut on tout alléger dans les traitement VIH ? (le replay)



http://www.hivonair.tv/replay.asp
fil - 09 Fév 2018 - 15:59
Sujet du message: Re: VIH : Publications
UNE THÉRAPIE À BASE D’IL-7 PERMET L’ÉLIMINATION PARTIELLE DES CELLULES INFECTÉES PAR LE VIH

La mise sous traitement antirétroviral des patients infectés par le VIH permet un contrôle de la réplication virale. Le taux de virus dans le sang diminue alors drastiquement permettant ainsi au système immunitaire de se renforcer progressivement. Cependant, certains patients sous traitement ne parviennent pas à rétablir un nombre suffisant de Lymphocytes T CD4+ (LT CD4+) malgré un contrôle effectif de la charge virale. Une mauvaise récupération immunitaire rend ces patients plus vulnérables à des infections opportunistes et a été corrélée à une espérance de vie diminuée. Ces patients, appelés faibles répondeurs immunologiques représentent 15 à 30% des patients sous antirétroviraux. Il a déjà été montré que l’interleukine 7 (IL-7), cytokine qui stimule à la fois la production, la prolifération et la survie des LT CD4+, permet d’augmenter le nombre de ces cellules chez les patients faibles répondeurs immunologiques. Cependant, son impact sur le taux d’ADN viral n’est pas connu.

C’est sur ce point qu’ont porté les travaux de l’équipe de Rémi Cheynier (Institut Cochin, Inserm) dont les résultats financés par l’ANRS ont été publiés en janvier 2018 dans la revue AIDS.
57 patients mauvais répondeurs immunologiques ont participé à cette étude. 41 d’entre eux ont reçu plusieurs injections d’IL-7. Les chercheurs ont ainsi pu mettre en évidence que cette thérapie à base d’IL-7 mise en œuvre chez des patients mauvais répondeurs immunologiques induit, dans un premier temps, une augmentation du taux d’ADN viral dans les cellules du sang des patients. Cette augmentation peut s’expliquer par la prolifération des LT CD4+ déjà infectés par le VIH, mais aussi, dans une moindre mesure, par de nouvelles infections. Trois mois après le traitement IL-7, le taux d’infection des LT CD4+ diminue pour atteindre, un niveau inférieur à ce qu’il était avant la thérapie. Cependant, le nombre total de cellules infectées reste augmenté.
Ces résultats suggèrent ainsi une élimination spécifique de cellules infectées par le VIH suite à une thérapie par l’IL-7.

Source:
HIV reservoir dynamics in HAART-treated poor immunological responder patients under IL-7 therapy
fil - 10 Fév 2018 - 09:46
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Theresa Tam @ACSP_Canada parle de l’objectif 90-90-90 que le Canada doit atteindre d’ici 2030. Visionnez cette vidéo pour savoir plus sur l’atteinte des objectifs mondiaux relativement au VIH et à l'hépatite C



https://www.youtube.com/watch?time_cont ... MefhALkotE
fil - 13 Fév 2018 - 09:42
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Peut-on tout alléger dans le traitement VIH ?
L’avis du virologue : Jean-Claude Tardy (Lyon)



http://www.hivonair.tv/replay-122017/av ... ologue.asp
fil - 16 Fév 2018 - 17:15
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Peut-on tout alléger dans le traitement VIH ?
L’avis du clinicien : Jacques Reynes (Montpellier)



http://www.hivonair.tv/replay-122017/av ... nicien.asp
fil - 21 Fév 2018 - 08:37
Sujet du message: Re: VIH : Publications
LONG ACTING IS THE FUTURE

Le long acting a toujours fait rêver (et l'on ne parle pas d'endurance sexuelle...). Ce que l'on appelle "long acting", c’est la possibilité de prendre des médicaments qui restent très longtemps dans le sang, si bien qu'une administration (prise) toutes les semaines, ou tous les mois, voire tous les ans, pourrait suffire ! Médicaments à longue persistance dans le sang, injections intramusculaires, implants, plusieurs techniques sont à l'étude dans le VIH et ce rêve pourrait bien devenir réalité d'ici quelques petites années.



Les médicaments par voie orale, à longue persistance dans le sang

Dans le jargon médical, on parle de longue demi-vie. La demi-vie, c’est le temps qu'il faut à l'organisme pour éliminer la moitié du médicament ingéré. Ainsi, si la demi-vie du médicament est de six heures, cela veut dire qu'après ce temps, on a déjà éliminé la moitié du médicament... Mais si la demi-vie est de 48 heures, cela veut dire que deux jours après la prise, on a encore la moitié du médicament qui circule dans le sang.
Plusieurs médicaments contre le VIH à très longue demi-vie sont actuellement à l'étude. L'idée serait de ne les prendre qu'une fois par semaine.

Exemple : le MK8591 (laboratoire MSD). Il s'agit d'un nouvel inhibiteur de la transcriptase inverse (INTI) avec une demi-vie longue et un mécanisme d’action original, permettant une action extrêmement puissante et prolongée (plus d'une semaine chez l’homme). Quels avantages : prise par voie orale ; plus besoin de penser à prendre son médicament tous les jours ; moins de contraintes (alimentation, heure de prise, etc.). Quels inconvénients : en cas d'effets indésirables ou d'interactions médicamenteuses, il faut attendre une semaine pour pouvoir régler le problème et ne pas oublier de prendre le traitement toutes les semaines !



Les médicaments à nanoparticules intramusculaires

Il s'agit d'une formulation spéciale et complexe du médicament, souvent sous forme de minuscules cristaux, qui, une fois injectés dans le muscle, vont se dissoudre, très, très lentement, permettant une administration une fois par mois, voire tous les deux mois.

Exemples : cabotégravir (anti-intégrase, laboratoire VIIV) et rilpivirine (non-nucléoside, laboratoire Janssen). Ces deux molécules ont pu être transformées de façon à être administrées par voie intramusculaire. Une étude en bithérapie est actuellement en cours par le laboratoire ViiV Healthcare. Elle constituerait la première option à action longue (long acting) sur le marché du VIH. Quel avantage : au moins un mois de couverture ! Les deux injections (cabotégravir et rilpivirine) ont lieu toutes les quatre semaines. Une fois, l'injection faite, on peut l'oublier jusqu'au mois suivant, tout en étant sûr d'être parfaitement contrôlé virologiquement. Quels inconvénients : éventuelle douleur au point d'injection, car l’injection se fait profondément dans le muscle fessier. La forme "injectable" ne plait pas à tout le monde. La douleur au point d’injection dépend de la dextérité de la personne qui pratique l’injection : surtout, il faut prendre son temps et favoriser l’injection lente ; deux injections car les deux médicaments ne peuvent pas être mélangés dans la même seringue ; nécessite une infirmière pour l'injection mensuelle ; en cas d'interactions médicamenteuses, d’effets indésirables, il n'y a pas d'autres solutions que d'attendre un mois que le médicament s'élimine...

Les implants

Il s'agit d'une petite boîte implantée sous la peau. Cette boîte, remplie de médicaments, permet une diffusion lente, sur six mois voire un an. Certains implants doivent être changés ou rechargés à l'issue des six ou douze mois, d'autres sont biodégradables et se désagrègent tout seul dans l’organisme. Plusieurs associations sont à l'étude. La plupart d'entre-elles comporte le MK8591. Quels avantages : plusieurs mois de couverture, sans prise orale, ni injection. Le rêve pour certain-e-s ! Aucun problème en cas d'effets secondaires ou d'interactions médicamenteuses : il suffit de retirer l'implant ; longue expérience de cette technique par les contraceptifs implantables qui sont déjà sur le marché. Quels inconvénients : pose assez rapide (moins de deux minutes), mais retrait un peu plus long et plutôt désagréable ; l’implant peut se sentir sous la peau lors du toucher, donc peut être vécu comme stigmatisant. A l'inverse, cela peut être un signe rassurant dans le cadre d'une Prep ou d'un Tasp. Ne pas oublier de revenir à l'issue des six ou douze mois ! Comme pour toutes les possibilités de long acting, les implants n'ont de sens que si toutes les molécules anti-VIH du traitement sont en long acting. Si l'une l'est, mais pas les autres, il n'y a plus vraiment d'avantages sur le confort de prise.

Existe-t-il d'autres pistes ?







https://www.seronet.info/article/long-a ... ture-80952
fil - 01 Mar 2018 - 10:07
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Prise en charge du VIH – Recommandations du groupe d’experts



Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) et l’Agence nationale de la recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) ont confié au professeur Philippe Morlat (président du groupe d’expert-e-s, CHU Bordeaux) la responsabilité de l’actualisation des recommandations d’expert-e-s concernant la prise en charge du VIH. Désormais, ces recommandations ne font plus l’objet d’une publication en version papier dans un document unique, mais en différents chapitres, autonomes, mis en ligne sur le site du CNS, à des dates différentes (entre septembre 2016 et février 2018 pour le plus récent). Voici quelques points forts sur des chapitres réactualisés.

https://cns.sante.fr/actualites/prise-e ... -dexperts/

https://www.seronet.info/article/rappor ... tinu-80983
fil - 04 Mar 2018 - 08:52
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : les chercheurs du monde entier travaillent sur la persistance du virus

https://www.youtube.com/watch?time_cont ... WbYJvAkCeQ

La guérison fonctionnelle est possible

https://www.youtube.com/watch?v=wv6rbCDnQjk

Un virus « tueur » mais banalisé

https://www.youtube.com/watch?time_cont ... OKi0n7hiV8
fil - 08 Mar 2018 - 10:23
Sujet du message: Re: VIH : Publications
AIDES ET LES FEMMES : TOUT UN COMBAT !

Le 8 mars est la Journée internationale des droits des femmes. A cette occasion, Seronet vous propose une réflexion sur la lutte contre le VIH, les enjeux concernant les femmes et la place qu’elles y ont occupée et occupent encore dans ce combat à travers l’expérience de AIDES. Trois administratrices de l’association : Catherine Aumond, Graciela Cattanéo et Marie-José Lafortune-Léonin ont relevé le défi de revenir sur le passé (sans nostalgie) et de parler de l’avenir.



"La mobilisation sur la question des femmes face au VIH s’est faite de façon assez tardive. Cette situation n’est pas spécifique à la France. Ce n’est qu’en 1992, lors de la conférence internationale sur le sida d’Amsterdam, que cette question a été mise à l’ordre du jour grâce, notamment, à des militantes féministes. On considérait cette nouvelle maladie comme une préoccupation pour la santé des hommes.

Une revue scientifique, publiée aux Etats-Unis en 1985, informe ainsi ses lecteurs que le vagin, "robuste" et conçu pour les rigueurs de la maternité, résisterait au VIH. Ainsi, au début des années 1980, rares sont les médecins ou les experts en santé publique qui considèrent les femmes d’Europe et d’Amérique du Nord comme vulnérables au VIH. Malheureusement, rares sont aussi ceux qui portent attention à la propagation rapide du VIH en Afrique subsaharienne. En 1986, l’Organisation mondiale de la santé en étudiant l’évolution de la propagation du VIH en Afrique et les épidémies croissantes en Amérique du Nord et en Europe, prend conscience que les "robustes vagins" ne protègent pas les femmes. Même si, à l’époque, elles sont moins nombreuses que les hommes à être contaminées, elles ne sont pas pour autant épargnées.

L’épidémie chez les femmes restera longtemps silencieuse et leurs vulnérabilités spécifiques méconnues. En France, la mobilisation se situe autour des mêmes dates. Ce n’est qu’en 1996 qu’ont été organisées les premières actions spécifiques structurées au niveau institutionnel et associatif, des programmes qui prenaient en compte pour la première fois les femmes, non plus dans la seule optique de santé reproductive, mais plus globalement par rapport à des objectifs de santé sexuelle.

Et à AIDES ?

Nous avons toujours été présentes et nombreuses. Au début, en tant que mères, sœurs, amies, conjointes ou simplement militantes fortement engagées dans le soutien et l’accompagnement, la lutte contre les préjugés et les discriminations. Puis, vers la fin des années 80, sont arrivées les femmes vivant avec le VIH, certaines originaires d’Afrique. C’est à ce moment-là, que se sont constitués les premiers groupes de paroles de femmes séropositives et les groupes parents/enfants.

Le désir d’enfant, une prise en charge médicale respectueuse des spécificités des femmes et la difficulté de négocier la prévention, ont été au cœur des premières revendications. Progressivement, dans le réseau AIDES, des actions visant à renforcer la capacité des femmes séronégatives à se protéger et des femmes séropositives à se soigner vont se mettre en place. L’enjeu est alors de réduire les vulnérabilités des femmes face à l’épidémie VIH en assurant leur visibilité et en faisant valoir leur expertise.

Ces actions vont s’organiser autour de projets locaux concrets touchant pour la plupart les groupes de femmes considérées les plus vulnérables face au VIH, du fait de leur statut social et administratif défavorable, de leur précarité socio-économique, ou de leurs pratiques. Les années 2000 verront se déployer de nombreux projets, avec toujours l’objectif de contribuer à la transformation de la société, là où elle ne répond pas aux besoins des personnes concernées.

Le renforcement des liens avec la recherche, un travail sur les freins sociaux et scientifiques à la participation des femmes aux essais thérapeutiques, la création du groupe "Femmes" du TRT-5 ; la participation des militantes à l’élaboration des rapports d’experts sur la prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH ; le développement des solidarités internationales avec les associations africaines et européennes ; les successifs Etats Généraux "Femmes et VIH" avec Act Up-Paris et le Mouvement français pour le Planning familial ; les campagnes de plaidoyer pour les microbicides et de communication pour le préservatif féminin ; la première conférence de presse de quinze militantes séropositives, témoignant à visage découvert un 8 mars ; les ateliers santé et droits avec les femmes migrantes ; les publications comme le numéro spécial Remaides "Femmes", "Femmes Plus", Info Femmes", "Santé SexuElles", "Je consomme et alors ?", etc. pensées et créées par elles, pour elles ; les rencontres Femmes séropositives en actions et leurs suites : l’enquête EVE et la Disance et Femmes en Action, le dernier événement en date, ses films et ses revendications : ce sont autant d’actions qui ont jalonné l’histoire des femmes de AIDES.

Politiquement, les femmes ont toujours été présentes et plusieurs ont marqué l’histoire de AIDES par leur engagement et leurs contributions, qu’elles soient ou non spécifiques aux femmes.

Et demain, la fin des épidémies ?

Les inégalités entre hommes et femmes entretiennent les épidémies et en intensifient l’impact. Arriver à y mettre fin exigera de libérer aussi bien les femmes que les hommes des normes et des stéréotypes qui les rendent vulnérables. Les violations des droits des femmes alimentent les épidémies du sida et des hépatites, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Il est certain que le statut des femmes ainsi que les lois et politiques qui protègent leurs droits sont très différents. Mais la situation est la même en France pour les femmes qui vivent dans la pauvreté, celles originaires des régions du monde où l’épidémie de sida est forte, celles qui consomment des drogues injectables, qui exercent un travail sexuel, qui sont en prison et toutes celles dont la dépendance sociale et économique limite les choix et entraîne un risque d’abus et de violence.

Pour atteindre nos objectifs de fin des épidémies, nous devons continuer le combat, pour que nos actions se consolident et se développent, pour que les réponses novatrices trouvées aux obstacles que nous rencontrons, en tant que femmes concernées, soient reconnues, soutenues politiquement et financièrement, en interne dans notre association et à l’externe. L’ensemble de la communauté AIDES, dans sa diversité, doit se mobiliser et soutenir cette démarche sans ambiguïté et sans états d’âme".

Catherine Aumond, vice-présidente de AIDES, présidente de AIDES région Centre Val de Loire, administratrice
Graciela Cattanéo, présidente de AIDES région Normandie, administratrice
Marie-José Lafortune-Léonin, présidente de AIDES région Caraïbes, administratrice

https://www.seronet.info/article/aides- ... mbat-81061
fil - 29 Mar 2018 - 19:21
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Traitement de l’infection VIH: Les associations d'antirétroviraux à longue durée d’action, avantages et inconvénients

Alors que les progrès récents des traitements ont permis de faire évoluer l'infection VIH vers la maladie chronique, la nécessité d'une observance rigoureuse de la part des personnes vivant avec le virus encourage le développement de formulations de molécules antorétrovirales à longue durée d’action (ARVs-LA). Pour l'instant, les premières études évaluent une injection une fois par mois ou une fois tous les deux mois, mais le but est d'arriver à diminuer encore cette fréquence, tout en concervant intacte l'efficacité de la thérapie.

Les associations d’ARVs mises ces dernières années à la disposition des prescripteurs et des patients ont permis une augmentation significative de l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH , en réduisant significativement la morbidité et de la mortalité associées à cette infection. Bien que les traitements actuellement disponibles ne permettent pas encore l’obtention de la guérison de cette infection, il est désormais possible de parler d’une infection chronique, ce qui modifie considérablement les objectifs de prise en charge de ces patients.

Ces progrès remarquables n’ont cependant pas totalement éliminé les facteurs pouvant être à l’origine d’une résistance virale et de son corollaire, l’échec thérapeutique. Parmi ceux-ci ont retrouve une efficacité insuffisante reliée à une résistance préexistante, à l’existence d’une variabilité pharmacocinétique des drogues et/ou de leur toxicité, à un défaut d’observance de traitements généralement pris par voie orale tout au long de la vie.

Or, à ce jour, si l’on excepte le cas de l’enfuvirtide, tous les ARVs disponibles relèvent d’une administration par voie orale et sont par conséquent soumis à la nécessité d’une observance rigoureuse sous peine de favoriser l’apparition de souches virales résistantes. L’instauration, désormais possible, d’une prescription d’ARVs à visée prophylactique ( PrEP ), se heurte au même problème et les études disponibles aujourd’hui confirment que les échecs observés par insuffisance de protection sont à relier en grande partie à un déficit d’observance (Van Damme et col, 2012).

Ces divers aspects pharmaco-cliniques ont logiquement conduit au développement de formulations d’ARVs à longue durée d’action (ARVs-LA). Cette recherche a probablement ouvert une nouvelle ère tant dans le domaine de la thérapeutique que dans celui de la prophylaxie de l’infection par le VIH (Radzo et col, 2015) . Destinée à remplacer la prise quotidienne de comprimés mais aussi à réduire la variabilité de la pharmacocinétique des ARVs tout en minimisant leur toxicité, cette approche ouvre une voie nouvelle et riche de potentialités à court terme.

La suite ici :

http://vih.org/20180328/traitement-linf ... antages-et
fil - 14 Avr 2018 - 10:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : passez à la bithérapie

Au milieu des années 1990, le développement des antiprotéases a permis l’accès à des trithérapies antirétrovirales qui ont révolutionné le pronostic de l’infection par le VIH. Après l’apparition de nouvelles classes thérapeutiques comme les inhibiteurs d’intégrase, et à l’heure où de nombreux patients sont aujourd’hui contrôlés sur le plan virologique depuis de longues années, l’étude SWORD (parue dans le Lancet en janvier 2018) a montré que l’association d’un inhibiteur d’intégrase et d’un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (dolutégravir + rilpivirine) était aussi efficace qu’une trithérapie pour maintenir une charge virale indétectable chez des adultes infectés par le VIH-1 n’ayant pas d’antécédent de résistance ou d’échec au traitement (après 48 semaines de suivi).

Le laboratoire ViiV Healthcare, entièrement dédié à la prise en charge de l’infection par le VIH, a reçu un avis favorable du comité européen des médicaments à usage humain (CHMP) recommandant l’autorisation de mise sur le marché de l’association fixe dolutégravir 50 mg et rilpivirine 25 mg (Juluca) pour le traitement de « l’infection par le VIH-1 chez l’adulte contrôlé virologiquement (ARN VIH-1 inférieur à 50 copies par ml) sous traitement virologique stable depuis au moins 6 mois sans historique d’échec virologique et sans résistance connue ou suspectée aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse ou aux inhibiteurs d’intégrase ».

Cette « désescalade » thérapeutique facilite probablement l’observance et surtout diminue le risque de toxicité à long terme.

Dr William Hayward

RÉFÉRENCE
D’après un communiqué de presse de ViiV Healthcare, mars 2018.
fil - 14 Avr 2018 - 10:44
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Le VIH induit des défauts osseux en infectant les ostéoclastes (INSERM)

L’équipe dirigée par Isabelle Maridonneau-Parini, chercheuse Inserm à Toulouse, a pour la première fois montré que le VIH-1 infecte les ostéoclastes
, cellules naturellement chargées de dégrader l’os. Ce faisant, le virus décuple l’efficacité de ces cellules, créant un déficit osseux progressif avec un risque accru d’ostéoporose et de fractures.

L’infection par le VIH accélère la dégradation des os. Le risque de déficit osseux est même six fois plus élevé chez les personnes infectées par ce virus que chez les sujets sains, entrainant des risques accrus d’ostéopénie, d’ostéoporose et de fractures. Cet effet est connu depuis plusieurs années et s’explique à la fois par l’effet des traitements antirétroviraux, néfastes pour les os, mais aussi par l’infection elle-même. Des travaux avaient déjà montré un rôle indirect du système immunitaire. Mais pour la première fois, l’équipe dirigée par Isabelle Maridonneau-Parini* va beaucoup plus loin et prouve que le virus agit directement sur le métabolisme osseux en infectant les cellules naturellement chargées de dégrader l’os : les ostéoclastes. L’équipe a aussi identifié la protéine virale impliquée dans ce processus.

Les ostéoclastes, cibles du VIH-1

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont montré - in vivo dans un modèle murin humanisé et ex vivo dans des explants de tissu articulaire humain - que le VIH-1 cible les ostéoclastes. Ils ont constaté que les ostéoclastes et leurs précurseurs pouvaient être infectés à la fois par du VIH-1 libre et par contact avec des lymphocytes T infectés. "Les ostéoclastes proviennent de précurseurs présents dans le sang et la moelle osseuse qui sont également à l’origine des macrophages
, des cibles du VIH importantes pour la pathogénèse. Les deux types de cellules portent à leur surface les mêmes récepteurs qui permettent l’entrée du virus", explique Christel Verollet*, chercheuse Inserm co-responsable de ces travaux.

Les ostéoclastes peuvent ainsi être infectés à un stade très précoce dans le sang ou plus tard, au niveau de l’os, en présence de cellules immunitaires infectées, et cela sans effet cytotoxique
. "Il est pour l’instant difficile de savoir à quel moment l’infection se produit in vivo chez les patients. Chez les personnes dont la maladie est bien contrôlée par les traitements, l’infection pourrait se produire avant le début du traitement ou par contact avec des lymphocytes réservoirs abritant du virus dormant ", suggère Christel Verollet.

Une efficacité redoutable

Quoi qu’il en soit, l’activité d’un ostéoclaste est exacerbée après infection. La cellule devient hyper efficace dans son rôle de dégradation osseuse. "Chez des individus sains, il existe un équilibre entre leur activité et celle des ostéoblastes
, qui reforment l’os en permanence. Mais chez ces patients, les ostéoclastes infectés mettent les bouchées doubles, créant des déficits osseux", explique la chercheuse. En pratique, l’équipe a constaté que l’infection entrainait une modification de la zone de scellement des ostéoclastes, qui délimite la région où s’effectue la dégradation du tissu osseux. Cette structure qui n’existe que dans ces cellules est essentiellement composée d’actine et permet l’adhérence à l’os et l’accumulation des enzymes nécessaires à sa dégradation. Or, en présence du virus, cette structure est plus dense, plus large, plus stable. "L’adhérence est meilleure et la zone de dégradation élargie", clarifie-t-elle.

Une protéine virale identifiée

Les chercheurs ont été jusqu’à décrire les mécanismes moléculaires en cause. Ils ont observé que ces changements concordaient avec l’augmentation de l’activité de la protéine Src, largement impliquée dans l’organisation de cette zone de scellement. Or, une protéine virale appelée Nef est justement connue pour interagir avec Src. L’équipe a donc exploité un modèle murin transgénique exprimant Nef pour étudier son effet : Les animaux présentent une augmentation de la surface couverte par les ostéoclastes et des os fragilisés, confirmant l’implication de cette protéine dans le phénomène.

La découverte de ces mécanismes ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour protéger la santé osseuse des patients séropositifs. Des traitements qui ciblent la zone de scellement sont en développement dans le domaine de l’ostéoporose et pourraient notamment apporter un bénéfice complémentaire aux malades.

*chercheuse Inserm, UMR5089 CNRS/UT3 Paul Sabatier, équipe Phagocyte migration and differentiation, Institut de pharmacologie et de biologie structurale, Toulouse
fil - 15 Avr 2018 - 10:31
Sujet du message:
Mise à jour du rapport du groupe d’experts sur le VIH: Dépistage, prévention biomédicale et organisation de la prise en charge
vih.org

A l’occasion de l’AFRAVIH 2018, le professeur Philippe Morlat a présenté la mise à jour du rapport du groupe d’experts regroupant les recommandations pour la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et la prévention, insistant sur les opportunités que sont la prophylaxie pré-exposition ( Prep ) et le traitement comme prévention ( Tasp ).

Comme c’est désormais établi, il n’y plus d’actualisations annuelles ou bisannuelles du «Rapport Morlat» dans son entièreté mais des mises à jour progressives et régulières des chapitres du document de référence en France sur la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et la prévention de l’épidémie. Le Pr. Philippe Morlat a ainsi présenté les dernières nouveautés du rapport à l'occasion de la session «Late Breakers» de l’AFRAVIH 2018, qui s’est tenue à Bordeaux du 4 au 7 avril 2018.

Le médecin bordelais a commencé par rappeler les comorbidités restaient importantes chez les personnes vivant avec le VIH: 43% des personnes vivant avec le VIH fument contre 30% dans la population générale et, avec l’allongement de la durée de vie grâce aux derniers traitements, ce sont désormais les risques de surpoids que les médecins doivent surveiller chez les patientes et leurs patients. Ainsi, en Aquitaine, c’est presque la moitié des personnes dans la cohorte VIH+ (ANRS CO3) qui est concernée par l’hypertension.

http://vih.org/20180412/mise-jour-du-ra ... edicale-et
fil - 01 Mai 2018 - 15:03
Sujet du message:
NHS England a économisé 10 millions de livres en adoptant des médicaments anti-VIH génériques en 2016

Un programme visant à encourager les cliniciens à mettre les gens aux médicaments antirétroviraux génériques a permis au NHS d'économiser près de 10 millions £ pour l'exercice 2016-2017, le Dr Laura Waters du groupe de référence clinique de NHS en Angleterre pour les services du VIH a déclaré à la commune récente British HIV Association (BHIVA) et Conférence de l'Association britannique pour la santé sexuelle et le VIH (BASHH) à Edimbourg.

Cependant, le passage à de nouveaux comprimés n'a pas été facile pour tous les patients, plusieurs cliniques VIH rapportant un nombre plus élevé que prévu de personnes n'ayant pas effectué le changement attendu ou devant revenir à leur traitement d'origine après la commutation.

Environ les deux tiers des dépenses du NHS en matière de soins médicaux contre le VIH concernent des médicaments antirétroviraux, avec 429 millions de livres dépensés en 2015-2016. En raison du nombre croissant de personnes ayant besoin d'un traitement à vie, le budget des médicaments continuerait de croître si des mesures n'étaient pas prises.

Dans l'ensemble du NHS, environ 70% des médicaments prescrits sont produits par des fabricants de médicaments génériques. Comme les brevets de nombreux médicaments anti-VIH ont maintenant expiré, des versions génériques de ces médicaments sont maintenant disponibles. Ils ont les mêmes ingrédients actifs que les médicaments de marque mais sont moins chers.

Des économies peuvent également être réalisées en échangeant des personnes contre les inhibiteurs de la protéase stimulés par le ritonavir aux inhibiteurs de la protéase stimulés par le cobicistat. Ces derniers sont maintenant moins chers et sont également disponibles en combinaisons à dose fixe, réduisant ainsi la charge de la pilule. Bien que le ritonavir et le cobicistat remplissent des fonctions similaires, il ne s'agit pas d'un changement «similaire».

Le groupe de référence clinique sur le VIH a identifié un «menu» des modifications recommandées du traitement antirétroviral. Bien que l'un des objectifs était de réaliser des économies, M. Waters a souligné qu'il s'agissait d'un programme dirigé par des médecins et des représentants de patients, dans lequel seuls des commutateurs cliniquement appropriés et acceptables étaient recommandés. Ils étaient:

• Passer de l'abacavir / lamivudine de marque (Kivexa) à un équivalent générique, sans changement du fardeau
• Passer de la névirapine à libération prolongée (Viramune) à un équivalent générique, sans changement du fardeau
• Passer de l'éfavirenz / ténofovir DF / emtricitabine (Atripla) à l'efavirenz + générique ténofovir DF / emtricitabine (Truvada), une augmentation d'une pilule à deux
• Passage du darunavir (Prezista) + ritonavir (Norvir) au darunavir / cobicistat (Rezolsta), une diminution de deux comprimés à un
Passant de l'atazanavir (Reyataz) + ritonavir (Norvir) à l'atazanavir / cobicistat (Evotaz), une diminution de deux comprimés à un.
Bien que ces changements n'aient pas été entièrement déployés dans toutes les régions en 2015-2016, près de 10 millions de livres sterling ont été économisées cette année-là, l'abacavir / lamivudine représentant la plus grande économie (6 947 000 £). Le commutateur efavirenz a également permis d'économiser un montant considérable (1 131 000 £).

Le budget global des médicaments antirétroviraux pour NHS England en 2015-2016 était de 414 millions de livres sterling. C'était 3,6% de moins que l'année précédente, plus que l'économie ciblée de 2,5%. Les deux tiers des économies proviennent de ces commutations et un tiers de la renégociation des contrats avec les sociétés pharmaceutiques, qui subissaient des pressions pour faire baisser les prix. Par exemple, le fabricant de dolutégravir / abacavir / lamivudine (Triumeq) a réduit son prix pour éviter que les gens ne soient écartés.

Cependant, les cliniques individuelles ont signalé des difficultés liées à la mise en œuvre de ces commutateurs. Au Chelsea & Westminster Hospital de Londres, 1556 des 2547 patients (61%) traités par Atripla ont été transférés vers le ténofovir DF / emtricitabine générique (Truvada), comme prévu. Cependant, 648 (25%) sont passés à une autre combinaison qui ne contenait pas d'éfavirenz.

Lorsqu'on leur a demandé de considérer le changement, beaucoup de gens ont utilisé cela comme une opportunité d'examiner leur traitement dans son ensemble. Bien que de nombreuses personnes aient déjà souffert des effets secondaires à long terme de l'éfavirenz, il y a maintenant plus de prise de conscience que d'autres médicaments sont disponibles et que l'éfavirenz n'est plus un traitement de première intention.

Lorsque les personnes ont changé de traitement, les choix les plus populaires étaient le raltégravir (Isentress) + le ténofovir DF / emtricitabine (Truvada), le dolutégravir / abacavir / lamivudine (Triumeq) et la rilpivirine / ténofovir DF / emtricitabine (Eviplera).

En outre, 97 des 1604 (6%) de ceux qui sont passés à l'éfavirenz générique ont cessé de prendre ce médicament, habituellement à cause d'effets secondaires tels que troubles du sommeil, rêves vifs, dépression, vertiges, problèmes de concentration et maux de tête. En raison des variations autorisées des quantités d'ingrédient actif d'un médicament et des différences de fabrication, certaines personnes ont des expériences différentes d'effets secondaires lorsqu'elles prennent différentes versions du même médicament.

De même, les cliniciens de Barts Health ont déclaré que sur 608 personnes ayant changé pour darunavir / cobicistat (Rezolsta) et 193 sur atazanavir / cobicistat (Evotaz), 81 patients (10%) ont dû changer de traitement, le plus souvent en reculant à leur combinaison précédente.

Dans plus de la moitié des cas, le problème était dû à des effets secondaires plus importants (en particulier la diarrhée, d'autres problèmes gastro-intestinaux et des problèmes de sommeil) ou à une détérioration de la fonction rénale. La taille du nouveau comprimé était également un problème pour certaines personnes et sept d'entre elles avaient besoin de changer en raison d'un échec thérapeutique ou d'une résistance aux médicaments.

Ces problèmes affectent une minorité de personnes invitées à changer, mais entraînent-elles des dépenses supplémentaires qui annulent les économies de coûts espérées? Les visites supplémentaires à la clinique, les tests supplémentaires et le gaspillage de médicaments pourraient être des «coûts cachés» qui doivent être pris en compte.

Le Centre de santé sexuelle de Manchester, au Hathersage Center, a découvert que 29 des 432 personnes (6,7%) qui ont changé de traitement ont eu besoin d'un autre traitement. Au cours des six premiers mois, ces changements ont été associés à une dépense supplémentaire de 45 000 £ qui doit être comparée aux 154 000 £ qui seraient autrement économisés.

Une limite de cette analyse était que les coûts ont été calculés seulement pour les six premiers mois, lorsque les coûts supplémentaires des personnes ayant des difficultés avec un changement de traitement sont les plus susceptibles d'être encourus. Lorsque les gens changent et qu'il n'y a pas de problèmes, cela peut entraîner des économies de coûts sur une période beaucoup plus longue. Mais même avec ce court laps de temps, l'analyse de Manchester a révélé que le changement a permis d'économiser de l'argent.

Les références
Waters L et al. La douleur valait-elle le gain? Les économies d'antirétroviraux (ARV) du projet Improving Value et de l'utilisation des génériques en Angleterre. Résumé O1.

Tyler P et al. Un examen de la transition des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) d'Atripla à Truvada et à l'éfavirenz générique (gEFV). Résumé P2.

Byrne L et al. Pourquoi les gens abandonnent-ils les inhibiteurs de la protéase boostés par le cobicistat? Résumé P34.

Okecha E et al. NHS Angleterre mise en service pour la valeur: quel est le coût caché? Résumé O2.

Toutes les présentations proviennent de la quatrième conférence conjointe de la British HIV Association (BHIVA) avec l'Association britannique pour la santé sexuelle et le VIH (BASHH), Edimbourg, avril 2018.
fil - 04 Mai 2018 - 08:33
Sujet du message:
PARUTION DE L’OUVRAGE « RECRUTEMENT-ENGAGEMENT DANS DES ESSAIS CLINIQUES EN PRÉVENTION »

Un nouvel ouvrage intitulé « Recrutement-engagement dans des essais cliniques en prévention » vient de paraître dans la collection ANRS sciences sociales et sida.

Cet ouvrage collectif met à l’épreuve des sciences humaines et sociales un moment décisif des recherches relatives au VIH-Sida : celui où des individus en bonne santé, séronégatifs, acceptent de participer à un essai clinique en prévention.

http://www.anrs.fr/sites/default/files/ ... ention.pdf
fil - 11 Mai 2018 - 10:32
Sujet du message:
Observer en temps réel comment le VIH passe à travers une cellule épithéliale pour infecter un macrophage tissulaire

Une équipe française de l’Institut Cochin (INSERM, CNRS, Université Paris-Descartes) a réussi à reconstituer in vitro un tissu muqueux urétral et à filmer le passage du VIH d’un lymphocyte T infecté, mimant ceux qu'on trouve dans tous les fluides génitaux infectieux, à une cellule épithéliale via une synapse virologique, puis la transcytose du virus à travers la cellule épithéliale, avant d’atteindre la cellule cible, le macrophage tissulaire. Cette découverte a été publiée dans « Cell Reports ». Morgane Bomsel, biologiste moléculaire à l’institut Cochin et auteure principale de l’article, présente au « Quotidien » les implications de cette découverte.

La transmission sexuelle du VIH est le mode d’infection le plus courant mais les premières étapes de l’infection des tissus génitaux muqueux, masculins encore moins que féminins, sont mal compris. L’équipe a tout d’abord construit in vitro un modèle de muqueuse urétrale pour pouvoir observer la transmission du VIH. « Nous avions par le passé construit une seule couche de cellules épithéliales et montré que les cellules T étaient capables de produire du virus localement et que celui-ci passait à travers l’épithélium, mais c’était sur des cellules isolées, grâce à des mesures biochimiques de protéines virales, ou morphologiquement après avoir fixé les cellules, et nous n'avions pas pris en compte l’architecture du tissu muqueux », indique Morgane Bomsel au « Quotidien ». « Pour observer les premières étapes de l'infection muqueuse, nous avons voulu recréer ce tissu de manière plus complexe. Nous avons donc formé une sous-couche du tissu (le stroma), dans laquelle sont insérées des cellules immunitaires (ici, des macrophages), et sur laquelle a été posée une couche étanche de cellules épithéliales, l’ensemble étant capable de secréter des chimiokines et des cytokines. »

Synapse virologique et transcytose à travers des cellules épithéliales

Les chercheurs ont choisi comme cellules immunitaires des macrophages car ce sont les cellules qui sont présentes au niveau de l’urètre (et non des cellules de Langherans, qui sont les cellules cibles au niveau du prépuce ou de la muqueuse vaginale). « On savait depuis longtemps que la transmission de cellule à cellule, par synapse virologique, était plus efficace qu’avec un virus libre dans le sang », rappelle Morgane Bomsel. « En recréant in vitro ce tissu muqueux, nous avons observé en temps réel le contact étroit entre la cellule infectée et la cellule épithéliale à la surface de la muqueuse via cette synapse virologique qui induit la sécrétion massive polarisée vers l’épithélium de virus. Le virus traverse ensuite l’épithélium sans l’infecter et ressort dans le stroma pour infecter immédiatement la cellule cible, ici le macrophage. »

Étonnamment, le macrophage est comme attiré sous la cellule épithéliale, juste sous celle-ci, où la synapse s’est formée de l’autre côté de la cellule, où il « attend » le virus. « On pensait que, le macrophage étant une cellule assez dynamique, il était infecté par exemple en émettant des pseudopodes, ou en passant au niveau des jonctions épithéliales, mais en fait, il est là à attendre, de manière assez statique, mais au bon endroit, jusqu’à l’arrivée du virus », ajoute la chercheuse.

Shock and kill

Les chercheurs ont confirmé que les macrophages étaient bien infectés et produisaient du virus et qu’ils ne capturaient pas seulement ce dernier. « Et comme tous les macrophages, après environ trois semaines d’infection, ils cessent de produire du virus (contrairement aux lymphocytes T qui en produisent jusqu’à leur mort) : ils deviennent alors des réservoirs pour le virus, ce qui empêche son éradication dans l’organisme », souligne Morgane Bomsel. « Or, nous avons pu réactiver les macrophages sur cette muqueuse in vitro et redémarrer une infection. Le but est à terme d’utiliser un vaccin prophylactique au niveau de la muqueuse pour mener à bien la stratégie du shock and kill. »

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... ire_857794
fil - 12 Mai 2018 - 13:42
Sujet du message:
VIH/sida : les associations demandent à la France d’accueillir la prochaine conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

5 avril 2018 – A l’occasion de l’AFRAVIH, conférence internationale francophone sur le VIH/hépatites qui se tient à Bordeaux du 4 avril au 7 avril, nos associations interpellent le président de la République pour demander l’accueil en France de la 6ème conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

L’année prochaine, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme tiendra la sixième conférence de reconstitution de ses ressources pour la période 2020-2022. Cette conférence vise à réengager financièrement les différents donateurs existants et potentiels afin d’encourager, augmenter et pérenniser le soutien international à la lutte contre les trois épidémies. L’investissement dans le Fonds mondial est l’une des priorités de la politique de développement française depuis plusieurs années.

En tant que deuxième contributrice historique du Fonds mondial, la France a montré jusqu’à aujourd’hui un engagement continu dans la lutte contre les trois pandémies mais aussi pour la couverture sanitaire universelle, le renforcement des systèmes de santé, l’accès aux soins et aux traitements dans les pays à ressources limitées, et les droits des populations les plus exposées aux épidémies. En investissant dans ce Fonds, la France a contribué à sauver 22 millions de vies depuis 2002.

Les associations saluent l’engagement historique de la France en faveur de la santé mondiale et de la lutte contre les trois pandémies, mais s’inquiètent de son désinvestissement et désengagement politique ces dernières années.

« La réduction de son soutien à UNITAID, la vacance depuis plusieurs mois du poste d’Ambassadeur de la lutte contre le sida et les maladies transmissibles posent question : le président Emmanuel Macron veut-il poursuivre le leadership de la France en santé mondiale porté par ses prédécesseurs ? Si oui, le Président se doit d’accueillir en 2019, dans le cadre de la présidence française du G7, la conférence de reconstitution du Fonds mondial, outil emblématique de la lutte contre les grandes pandémies » affirment nos associations.

L’engagement de la France, en tant que présidente du G7 en 2019, permettrait de garantir le succès politique et financier de cette conférence de reconstitution du Fonds mondial, d’assurer l’investissement des autres membres du G7 dans la santé mondiale et de mobiliser de nouveaux acteurs afin d’éliminer les pandémies d’ici à 2030

http://www.coalitionplus.org/vih-sida-a ... paludisme/
fil - 14 Mai 2018 - 09:59
Sujet du message:
4 000 nouveaux patients chaque année
"Voici le nombre de cas de VIH en Italie"


L'événement Icar se tiendra à Rome du 22 au 24 mai et cette année, il aura 10 ans. Plus de 800 spécialistes parmi des spécialistes de divers secteurs impliqués dans le traitement de l'infection par le VIH

Malgré les grandes campagnes d'information et de sensibilisation qui ont eu lieu au fil des ans, le VIH n'a pas encore été éradiqué dans notre pays. Aujourd'hui, en Italie, plus de 100 000 patients sont traités avec le VIH. Selon le dernier bulletin du SIDA centre opérationnel de l'Institut supérieur de la santé dont les données se rapportent à 2016, moins de 4000 sont le nouveau diagnostic de l'infection qui sont faites chaque année, avec une incidence d'environ 5,7 à 100 mille habitants. Les groupes d'âge les plus à risque sont les plus jeunes, entre 25 et 29 ans. Dans 50% des cas, ce sont des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes; le nombre de femmes nouvellement diagnostiquées avec le VIH reste constant (30 pour cent). En 2016, 796 nouveaux diagnostics de VIH ont été signalés chez les femmes .

"Ces données sont équivalentes à un échec majeur - dit le professeur Massimo Andreoni , professeur de maladies infectieuses à la Faculté de médecine et de chirurgie de l'Université de Rome Tor Vergata - nous n'avons pas été en mesure d'arrêter la transmission de cette maladie". Une attention particulière est donc accordée à des événements tels que la conférence italienne sur le SIDA et la recherche antivirale (Icar), qui a dix ans cette année. Le congrès se tiendra du 22 au 24 mai 2018 à Rome, sous la présidence des professeurs Massimo Andreoni, Andrea Antinori et Carlo Federico Perno, aura lieu à l'Ergife Palace Hotel. Plus de huit cents spécialistes sont attendus parmi les chercheurs, les médecins, les spécialistes des différents secteurs impliqués dans les soins et le traitement de l'infection par le VIH, les bénévoles des associations impliquées dans la lutte contre le sida. Icar est organisé sous les auspices de la Société Italienne des Maladies Infectieuses et Tropicales (Simit) et avec le parrainage de toutes les grandes sociétés scientifiques du domaine infectieux et virologique.

Aussi cette année, l'événement vise à aborder les problèmes liés au traitement et à la prévention des infections virales, en s'ouvrant également à la société civile. Dans ce contexte, nous serons de retour avec le contexte artistique qui implique des tests rapides Raccontart et des écoles offrent le VIH et le VHC dans certaines places romaines. Ils ont confirmé, en outre, la bourse de jeunes chercheurs, la communauté des bourses ainsi que l'événement important des « prix Icar-croi », dédié aux jeunes excellences italiens sélectionnés lors de la récente Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) à Boston par un groupe de scientifiques américains . Au cours du congrès, de nouvelles stratégies thérapeutiques sont nécessaires pour gérer les patients infectés par le VIH, l' hépatite C et l' éradication à long terme chez les patients co-infectés par le VIH et le VHC « Dans ces 10 ans -.

A déclaré Andreoni - la recherche a fait de grands progrès, ce qui permet les personnes infectées par le VIH , une espérance de vie qui est plus proche de celle de la population en bonne santé. celle dont nous sommes protagonistes, est donc une recherche plus ambitieux qui démontrera non seulement l'efficacité de nouveaux traitements antirétroviraux, mais veut pointer vers de nouvelles stratégies visant à guérir l'infection fonctionnelle, rendant possible l' arrêt du traitement par les patients ".

http://www.liberoquotidiano.it/news/sal ... _w.twitter
fil - 16 Mai 2018 - 16:54
Sujet du message:
VISUALISATION EN TEMPS RÉEL DE L’INFECTION DE LA MUQUEUSE GÉNITALE PAR LE VIH

Le VIH-1 est majoritairement transmis lors de rapports sexuels non protégés. Dans ce cas, le virus pénètre au niveau des muqueuses génitales lors de contacts avec des sécrétions génitales infectées. Une équipe de chercheurs de l'Inserm, du CNRS et de l'Université Paris Descartes à l’Institut Cochin, soutenue par l’ANRS, a observé le processus d’infection d’une muqueuse par le VIH-1 in vitro. Ces observations permettent de visualiser pour la première fois en temps réel la formation de synapses virologiques, ces zones de contact entre les cellules infectées et les cellules épithéliales de la muqueuse génitale. La connaissance précise de la séquence des évènements infectieux est précieuse pour concevoir de nouvelles approches thérapeutiques visant à bloquer la formation des réservoirs viraux au niveau des muqueuses. Ces résultats sont publiés le 8 mai 2018 dans la revue Cell Reports.


En cas d’infection par le VIH par voie sexuelle, le virus présent dans les sécrétions génitales traverse les barrières épithéliales de la muqueuse génitale pour infecter des cellules immunitaires qui constitueront des réservoirs cellulaires du VIH. Des études précédentes ont suggéré que l’entrée du VIH dans l’organisme au niveau des muqueuses se fait efficacement suite au contact entre les cellules infectées présentes dans les sécrétions sexuelles et les cellules épithéliales recouvrant les muqueuses génitales. Cependant, les évènements permettant l’entrée du virus dans la muqueuse puis l’infection des cellules immunitaires insérées dans cette muqueuse restent mal compris. D’autres voies d’entrée du virus au travers des muqueuses ont par ailleurs été proposées dans la littérature.


Afin d’étudier ce processus, l’équipe de Morgane Bomsel, chercheuse CNRS soutenue par l’ANRS a développé un modèle original in vitro permettant de suivre par vidéomicroscopie l’infection du VIH au niveau d’une muqueuse en temps réel. Les chercheurs ont ainsi reconstruit in vitro des tissus muqueux d’urètre pénien comprenant un épithélium, un stroma (tissus de soutien des cellules) dans lequel sont insérés des macrophages (type de cellules immunitaires qui caractérisent ce tissu). Des lymphocytes T issus de lignées cellulaires, infectés par le VIH et marqués par une fluorescence verte, capable de produire des virus fluorescents, ont été utilisés pour suivre la pénétration virale dans la muqueuse.
Les chercheurs ont également pu apporter pour la première fois la démonstration que l’infection des macrophages par le VIH peut se faire via la formation de synapses virologiques entre les cellules T CD4+ infectées et la surface des cellules épithéliales de la muqueuse puis par transport transcellulaire (transcytose) du virus à travers l’épithélium.
Ces macrophages ainsi infectés produiront des virus pendant une à deux semaines puis resteront infectés de manière latente : ils deviendront ainsi ce qu’on appelle des réservoirs viraux. Ce sont ces réservoirs que l’on ne parvient pas à éliminer et qui empêchent l’éradication du virus in vivo.


Le modèle de reconstruction de muqueuses in vitro développé par les chercheurs ainsi que la technique de visualisation utilisée, ont permis d’observer en temps réel une séquence d’évènements aboutissant à l’infection des cellules immunitaires cibles du VIH dans le tissu. Ces observations in vitro doivent maintenant être confirmées sur des modèles physiologiques plus complexes (en présence de cellules infectées issues de sécrétions génitales ou in vivo). La technique de visualisation dynamique mise au point par les chercheurs apporte des clés pour comprendre les phases très précoces de l'infection par le VIH par voie sexuelle. « Elle pourrait constituer un outil de choix pour évaluer l’efficacité de vaccins ou de médicaments qui bloqueraient la formation de synapses virologiques ou l'accès du virus aux réservoirs cellulaires ou leur réactivation » estiment les chercheurs en conclusion.

https://www.youtube.com/watch?time_cont ... 69IXqMLmkw

Légende de la vidéo :
Transmission du VIH entre un lymphocyte T CD4+, issus de lignées cellulaires infecté par le VIH (en vert) et les cellules épithéliales (visibles par leurs grands noyaux, en bleu) de la muqueuse de l’urètre reconstituée.
La cellule T CD4+ infectée forme une synapse virologique avec les cellules épithéliales. Des particules virales (points verts) se forment au niveau de la zone de contact synaptique puis sont transférées aux cellules épithéliales. Lorsque le lymphocyte T infecté a produit toutes ses particules virales, il se détache et quitte les cellules épithéliales.

Sources:


Live imaging of HIV-1 transfer across T-cell virological synapse to epithelial cells that promotes stromal macrophage infection 2018, Cell Reports 23, 1–12 May 8, 2018 ª 2018
Fernando Real1,3,4, Alexis Sennepin1,3,4, Yonatan Ganor1,3,4, Alain Schmitt2,3,4, Morgane Bomsel1,3,4* 1Laboratory of Mucosal Entry of HIV and Mucosal Immunity, 3I Department, Institut Cochin, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 75014 Paris, France.2 Electron Microscopy Facility, Cochin Institute, Paris Descartes University, Sorbonne Paris Cité, 75014 Paris, France. 3 CNRS, UMR8104, 75014 Paris, France 4 Inserm, U1016, Institut Cochin, 75014 Paris, France
fil - 17 Mai 2018 - 07:13
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LA FRANCE SE (RE)MOBILISE POUR LE COMBAT MONDIAL CONTRE LE SIDA

C’est le fruit d'un an de plaidoyer intense, mené notamment par Coalition PLUS et AIDES, auprès de l’Elysée et des ministres concernés : le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé (16 mai) l'accueil par la France de la prochaine conférence de reconstitution du Fonds mondial en 2019. C’est un beau succès pour les organisations non gouvernementales qui saluent cette décision et entendent bien profiter de cet événement pour qu’il permette aux pays participants de se donner les moyens de mettre fin à l'épidémie dans le monde… vraiment !

Dans un communiqué du 16 mai, le Président français Emmanuel Macron a annoncé sa volonté d’accueillir en France la prochaine conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Prévu en 2019, pendant la présidence française du G7, cet événement sera décisif pour le financement du combat mondial contre le sida pour les trois années à venir, expliquent AIDES et Coalition PLUS.

"Nous saluons l’annonce du Président Emmanuel Macron. Cette décision que nous avons fortement soutenue fait honneur au rôle historique de la France dans la lutte mondiale contre le sida et les grandes pandémies. L’influence du président de la République auprès de ses homologues sera particulièrement précieuse pour permettre une hausse des moyens mondiaux à la hauteur des ambitions affichées", explique Aurélien Beaucamp, président de AIDES, membre français de Coalition PLUS.

Pour Hakima Himmich, présidente de Coalition PLUS : "Cette décision suscite un immense espoir parmi les communautés affectées par le VIH/sida. L'enjeu est de taille : il s'agit ni plus ni moins de se donner les moyens financiers et politiques de mettre fin au sida et aux grandes pandémies d'ici 2030, conformément aux Objectifs du développement durable adoptés par l'Onu. Pour cela, le Président Emmanuel Macron devra veiller à faire entendre la voix des malades et des acteurs communautaires lors de cette conférence". Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été créé à l’initiative de la France au début des années 2000. Son objectif est simple : construire une riposte efficace et globale en mutualisant les contributions financières des Etats riches en faveur de l’accès aux traitements et à la prévention dans les pays en développement. La France contribue à hauteur de 360 millions d’euros chaque année. La dernière hausse de la contribution française, de 20 %, a été décidée par Nicolas Sarkozy en 2010.

Le Fonds mondial finance aujourd’hui environ la moitié des traitements antirétroviraux disponibles dans le monde (onze millions sur vingt-deux millions de personnes sous traitement), et mobilise plus de la moitié des ressources internationales contre la tuberculose et le paludisme. A travers lui, la France et la communauté internationale ont déjà réussi à sauver 22 millions de vies. Sa conférence de reconstitution, qui a lieu tous les 3 ans, est donc un événement majeur pour le financement la lutte contre le VIH. Malgré des progrès considérables réalisés ces quinze dernières années, le combat mondial contre le sida est loin d’être gagné : le virus continue à tuer un million de personnes chaque année, et près de la moitié des personnes vivant avec le VIH dans le monde n'ont toujours pas accès à un traitement, ont rappelé les deux organisations dans un communiqué.

Un autre communiqué salue également cette décision (1). "Nos ONG saluent cette annonce très attendue qui réaffirme l’engagement de la France en matière de lutte contre les grandes pandémies. En 2016, le VIH-sida, la tuberculose et le paludisme ont infecté, à elles trois, plus de 228 millions de personnes et causé la mort de trois millions d’entre elles. En tant que deuxième contributrice historique du Fonds mondial, la France a contribué à sauver 22 millions de vies depuis 2002. Maintenant, elle a le devoir de faire de cette conférence un succès pour respecter l’engagement international de mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme d’ici 2030. Avec la présidence du G7, la France aura les clés en main pour garantir le succès de cette conférence de reconstitution du Fonds mais aussi pour faire de 2019 une année d’engagement politique et financier en faveur de l’aide publique au développement et de la santé mondiale. Dans l’esprit partenarial du Fonds mondial, nos ONG appellent le gouvernement à travailler en collaboration avec la société civile française à ce succès", concluent-elles.

(1) : "Lutte contre les pandémies : les associations saluent la décision de la France d’accueillir la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial", signé par Action Santé Mondiale, Oxfam France, Sidaction, Solidarité Sida, One, etc.

Fonds mondial : le communiqué de l’Elysée
"Le Président Emmanuel Macron a décidé d’accueillir en France, en 2019, la conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dont l’objectif est de récolter de nouveaux fonds et de mobiliser le plus grand nombre d’acteurs possibles pour mieux prévenir et éradiquer ces pandémies", explique le communiqué de l’Elysée. "Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial a obtenu des résultats exceptionnels. Il a permis, grâce à ses actions, d’éviter le décès de plus de 22 millions de personnes, d’offrir l’accès aux traitements antirétroviraux contre le VIH/sida à 11 millions de patients et un traitement contre la tuberculose à 18 millions d’hommes et de femmes.
Ces maladies, et les risques d’épidémies émergentes, continuent malheureusement de représenter un défi majeur pour la santé mondiale, aux conséquences humaines et économiques dramatiques, en particulier dans les pays les plus fragiles. En 2016, elles ont encore causé le décès de plus de 3 millions de personnes. Il est donc essentiel que la communauté internationale ne relâche pas ses efforts et reste mobilisée au plus haut niveau. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a souhaité accueillir la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial. Cette Conférence doit permettre de recueillir des financements pour la période 2020-2022 grâce à la mobilisation de l’ensemble de la communauté internationale et du secteur privé. Elle sera une opportunité exceptionnelle de promouvoir les enjeux de santé sur la scène mondiale en insistant sur l’éducation et la prévention, la couverture universelle des besoins de soins primaires. Elle permettra de progresser vers l’objectif d’une élimination du sida, de la tuberculose et du paludisme comme menaces à la santé publique d’ici 2030, comme de nombreux pays, dont la France, s’y sont engagés à travers les objectifs de développement durable". "Ce sera la première fois que la France, qui a participé à la création de ce Fonds et en est le deuxième contributeur avec plus de 4,2 milliards de dons depuis 2002, hébergera cette importante conférence de financement. La décision du chef de l’Etat s’inscrit dans le contexte de la relance de la politique de solidarité de la France et de la décision de faire de la santé, de l’éducation et de l’égalité entre les femmes et les hommes, les grandes priorités de l’engagement français dans le monde", conclut l’Elysée.

Des chiffres pour comprendre les enjeux
En 2016 :
● 1,8 million de personnes ont été infectées par le VIH et 1 million de personnes sont décédées du sida. Sur les 36,7 millions de personnes vivant avec le VIH, seules 20 millions bénéficient d’un traitement antirétroviral dont 11 millions grâce aux programmes financés par le Fonds mondial ;
● 10,4 millions de nouveaux cas de tuberculose ont été constatés et 1,7 million de personnes en sont décédées ;
● 216 millions de cas et 445 000 décès dus au paludisme ont été constatés, dont environ 90 % en Afrique subsaharienne. Le paludisme est présent dans 91 pays.

https://www.seronet.info/article/la-fra ... sida-81720
fil - 17 Mai 2018 - 16:37
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Sida : un implant vaginal pour protéger les femmes du VIH

L'Université de Waterloo a mis au point un nouveau moyen de lutter contre la transmission du VIH, un implant vaginal prometteur qui pourrait immuniser les femmes.

L'Université de Waterloo au Canada a mis au point un implant vaginal susceptible de protéger les femmes de l'infection au virus du Sida (VIH). L'étude a été publiée par le Journal of Controlled Release le 13 mars 2018. Cet implant novateur utilise une stratégie particulièrement rusée.

Rendre les lymphocytes inactifs face au VIH

Lorsque le VIH entre dans un nouvel organisme, il vise en priorité les cellules du système immunitaire, en particulier les lymphocytes T qui sont dépêchés pour combattre le virus envahisseur. Les lymphocytes étant mobilisés pour l'affronter, le VIH les contamine, ce qui lui permet de se reproduire. C'est le début du processus d'infection. Mais si les lymphocytes T ne réagissent pas à l'arrivée du virus de l'immunodéficience humaine, s'ils restent tranquillement l'arme au pied et ne viennent pas l'affronter, cela diminue le nombre de cellules que le virus VIH peut contaminer. Dans ce cas, l'infection n'est pas transmise.

Les auteurs ont pu constater ces situations de réponse immunitaire faible chez des travailleuses du sexe kényanes. Ces femmes ont eu des rapports sexuels avec des clients séropositifs, mais n'avaient pas contracté le virus, en raison de l'absence de réaction de leurs lymphocytes. Elles étaient naturellement immunisées. L'idée est donc venue d'induire artificiellement, de manière médicamenteuse, et directement sur le lieu de l'infection, une telle absence de réaction.

L'implant vaginal imaginé par l'équipe affecte grossièrement la forme d'un T transparent. Il est composé de deux bras souples permettant la mise en place et d'un tube creux contenant de l'hydroxychloroquine. Celle-ci est disséminé lentement à travers le matériau poreux qui compose le corps de l'implant. L'hydroxychloroquine - initialement un médicament contre le paludisme,- est alors absorbé par les parois de l'appareil génital. La diffusion de cette molécule entraîne une atténuation sensible de l'activation et l'inflammation des lymphocytes T vaginaux. Localement, les lymphocytes sont donc immunisés, puisqu'ils ne réagissent pas au VIH, ne vont pas le combattre et donc ne sont pas contaminés par lui. Bien que les tests n'aient été menés jusqu'ici que sur des lapins, les résultats se sont montrés prometteurs et permettent d'envisager de nouvelles stratégies de prévention afin de réduire l'infection par le VIH.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/s ... vih_123119
fil - 23 Mai 2018 - 08:41
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Sida : la transmission du VIH filmée pour la première fois

Le VIH se transmet notamment via les muqueuses génitales, c’est bien connu. Mais pour la première fois, une équipe parisienne a pu reconstituer et filmer le processus en direct.
Le VIH pris en « flagrant délit » pour la première fois. Des chercheurs français sont parvenus à reconstituer un vitro l’infection d’une muqueuse urétrale par le virus du VIH, connu pour détruire le système immunitaire. Et ils ont tout filmé. Les images, diffusées dans la revue scientifique Cell Reports le 8 mai dernier, sont saisissantes.

« Nous avions une idée globale de la façon dont le VIH infecte une muqueuse, mais c’est la première fois que nous pouvons suivre la scène en direct, et voir exactement dans quel ordre les choses se produisent », nous décrypte la chercheuse Morgane Bomsel, biologiste moléculaire à l’Institut Cochin (INSERM, CNRS, Université Paris-Descartes), co-auteure de l’étude.



https://www.youtube.com/watch?time_cont ... S8R1tx9e5Q

Pour réaliser cette expérience, Morgane Bomsel et ses confrères ont utilisé d’un côté une cellule infectée par le virus du VIH et marquée au vert fluorescent pour les besoins de la vidéo. Une cellule commune qu’on trouve typiquement dans « le sperme, les sécrétions vaginales ou encore le lait maternel », explique la scientifique. Cette cellule a ensuite été mise en contact avec un morceau de tissu organique reconstitué, mais pas n’importe lequel : celui de la muqueuse de l’urètre masculin, très souvent impliquée dans la transmission du virus chez l’homme.

Voilà pour les forces en présence. Ce qui se déroule ensuite sous nos yeux est saisissant. Première étape : selon un processus déjà connu mais peu observé, lorsque la cellule infectée (en vert donc) entre en contact avec une cellule de surface (dite épithéliale) du tissu, elle s’y accroche en générant une sorte de poche commune qui englobe les deux cellules, appelée synapse virologique.

« Un tir de blaster dans un vieux film de science-fiction »

Deuxième étape, ce réarrangement de la membrane stimule immédiatement dans la cellule infectée la production de virus VIH, visible dans la vidéo par les points fluorescents très intenses.

Troisième étape, que l’on ne saurait décrire mieux que les auteurs de l’étude eux-mêmes : le virus se propage à travers la synapse « comme le rayon vert fluo d’un pistolet blaster dans un vieux film de science-fiction ».

Quatrième étape : ce « shoot » de virus VIH n’infecte pas la cellule épithéliale : il la traverse seulement (un processus appelé transcytose) avant d’être capté juste derrière par des cellules immunitaires – chargées de phagocyter les agents pathogènes - arrivées à la rescousse. C’est là toute la dangerosité du VIH : il attire les cellules qui patrouillent à la recherche d’agents infectieux avant de les contaminer, affaiblissant peu à peu le système immunitaire jusqu’au stade dit de l’immunodéficience, le Sida.

Le rôle précis de ces cellules immunitaires, les macrophages, est l’une des grandes découvertes de cette expérience. « On ne connaissait pas la séquence des événements. On aurait pu imaginer que les macrophages détruisent eux-mêmes les cellules de surface pour capter le virus. Mais non, ils se contentent le plus souvent d’attendre tranquillement derrière les cellules de surface que le virus ne s’échappe de ces dernières pour le capter », nous décrit la scientifique.

La stratégie du « shock and kill »

Après une heure ou deux, le contact est rompu, et la première cellule infectée se déplace. « La contamination des macrophages est extrêmement rapide », note la biologiste. Et extrêmement vicieuse. Pendant une vingtaine de jours, ils excrètent eux-mêmes le virus, et le propagent, avant de se mettre en veille. C’est là que se trouve pour la chercheuse tout le nœud du problème : « on se retrouve alors avec de véritables réservoirs de VIH, qu’on ne peut pas détruire car ils sont éteints et donc invisibles pour le système immunitaire, mais qui peuvent se rallumer à la moindre inflammation locale ».

Sachant qu’« on ne peut éradiquer le virus que quand il y a une dynamique de réactivation », il faut trouver le moyen de le réveiller avant de le détruire instantanément. C’est la fameuse stratégie « shock & kill » sur laquelle travaillent des chercheurs du monde entier. Et qui connaissent mieux désormais, grâce à ces images, la stratégie de leur ennemi…

http://www.leparisien.fr/societe/sida-l ... 711062.php
fil - 24 Mai 2018 - 20:13
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SYMPOSIUM SATELLITE ANRS À LA CONFÉRENCE AIDS 2018



L'ANRS organise un symposium satellite lors de la conférence AIDS 2018 qui aura lieu du 23 au 27 Juillet prochain à Amsterdam. Ce symposium : " How far are we from HIV Remission ? " se tiendra le jeudi 26 juillet à 18h30.

http://www.anrs.fr/fr/actualites/491/sy ... -aids-2018

Le programme :

http://www.anrs.fr/sites/default/files/ ... gramme.pdf
fil - 25 Mai 2018 - 09:09
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Polymédication (hors anti-rétroviraux) et risque de décès et d’hospitalisation chez les patients infectés par le VIH et les patients non infectés

LE VIEILLISSEMENT DES PVVIH CONDUIT À LA PRESCRIPTION DE NOMBREUSES THÉRAPEUTIQUES NON LIÉES AU VIH. LES MÉDICAMENTS ANTIRÉTROVIRAUX ET LEURS INTERACTIONS AVEC D’AUTRES TRAITEMENTS POURRAIENT ENTRAÎNER DANS CETTE POPULATION UNE AUGMENTATION DES EFFETS INDÉSIRABLES.

La polymédication en population générale est associée à une augmentation du risque d’hospitalisation et de décès. Chez les PVVIH, la polymédication est associée à une augmentation des effets secondaires. Une limite importante des études observationnelles est soulevée, le lien de causalité entre polymédication et morbidité ne peut être établi sans un ajustement sur la gravité des patients inclus. Une étude particulièrement intéressante publiée en ligne ce mois-ci dans AIDS s’est attachée à évaluer le lien entre polymédication, hospitalisation et décès et a comparé le risque lié à la polymédication entre PVVIH et sujets non infectés. Cette étude prospective a été conduite dans la Veteran aging cohort study (VACS), seuls les PVVIH dont l’infection par le VIH était parfaitement contrôlé ont été inclus (taux moyen de CD4 à 515/mm3). Près de 9 473 PVVIH ont été comparés à 39 812 sujets non infectés démographiquement comparables. La sévérité de la maladie a été mesurée grâce à un score validé : le VACS index qui chez les PVVIH prend en compte la charge virale, le taux de CD4, le taux d’hémoglobine, la sérologie hépatite C, le Fib-4, et le DFG estimé. Le VACS index varie de 0 à 164, une augmentation de 5 points est associée à une augmentation du risque de décès à 5 ans de 20 %. Un VACS index a aussi été développé et validé chez les sujets non infectés.

Les auteurs ont été également établi deux seuils différents pour parler de polymédication : plus de 2 médicaments en dehors des ARV ou supérieur ou égal à 5 médicaments en dehors des ARV. Pendant la période de suivi de 6 ans, 58 % des PVVIH ont été hospitalisés contre 55 % des sujets contrôles, 17 % des PVVIH sont décédés contre 14 % des contrôles. Dans les deux groupes, les médicaments les plus prescrits étaient : les hypolipémiants, les antihypertenseurs (IEC/ARAII, calcium bloqueurs et ß-bloquants, diurétiques), les antidépresseurs, les IPP, les agents hypoglycémiants, et les antalgiques. Le nombre médian de médicaments non ARV chez les PVVIH étaient de 3 contre 4 chez les sujets non-infectés. Chez les PVVIH comme chez les sujets non-infectés, recevoir plus de deux médicaments non ARV était associé à une augmentation du risque d’hospitalisation de 68 %, et de 83 % en cas de prescriptions d’au moins 5 médicaments. Après ajustement, sur le VACS index, le sur-risque persistait indiquant que la sévérité de la maladie n’était pas en cause, mais que c’étaient le risque d’effets indésirables et/ou d’interactions médicamenteuses. Chaque médicament ajouté augmente le risque de 8 % d’être hospitalisé. Le risque de décès est également majoré de 43 %. Les auteurs relèvent que près de 19 % des PVVIH recevaient des IPP pendant plus de 90 jours alors que les recommandations sont de ne pas dépasser 30 jours dans la majorité des situations du fait des interactions au moins avec les inhibiteurs de protéase,et des NNRTI. Ces résultats nous poussent à être très vigilants sur les traitements non ARV chez les PVVIH et à réévaluer régulièrement les indications des traitements au long cours.

https://info-vih.com/polymedication-hor ... -infectes/
fil - 25 Mai 2018 - 09:36
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COLLABORATION FRANCE - BRÉSIL AUTOUR DE LA RECHERCHE SUR LE VIH ET LES HÉPATITES VIRALES

Les 6es Journées scientifiques du site ANRS Brésil et le 25e séminaire technique et scientifique Brésil-France organisés par le Département des IST, Aids et hépatites virales du Ministère de la santé ( DIAHV-MS) et l’ambassade de France, ont eu lieu début mai à São Paulo.

Durant la première demi-journée ont été présentés l’état d’avancement et les résultats préliminaires des projets de recherche ANRS menés au Brésil :



http://www.anrs.fr/fr/actualites/493/co ... -hepatites
fil - 02 Jn 2018 - 06:31
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https://www.youtube.com/channel/UCkH4yB ... /playlists
fil - 05 Jn 2018 - 20:07
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Anomalies de fermeture du tube neural chez les enfants nés de mères traitées par le dolutegravir pendant la grossesse – Point d’information

L’ANSM EN LIEN AVEC L’EMA, L’OMS ET LA FDA INFORMENT D’UN NOUVEAU SIGNAL SUR LE RISQUE POTENTIEL DE NON FERMETURE DU TUBE NEURAL LIÉ À LA PRISE, EN DÉBUT DE GROSSESSE, DU DOLUTEGRAVIR, ANTIRÉTROVIRAL INDIQUÉ DANS LE TRAITEMENT DU VIH.

Eléments de contexte :

Les anomalies de fermeture du tube neural (AFTN) sont des malformations congénitales qui surviennent au cours du premier mois après la conception. Il s’agit d’un développement incomplet de la colonne vertébrale (spina bifida) plus ou moins sévère, voire d’une absence de voûte crânienne (anencéphalie).

Ce signal est issu d’une large étude observationnelle de promoteur institutionnel menée au Bostwana dans laquelle une analyse préliminaire a identifié 4 cas d’AFTN parmi 426 enfants nés de mères traitées par une combinaison d’antirétroviraux contenant du dolutegravir et débutée avant la conception. Ceci représente une incidence observée d’AFTN de 0,9%, plus élevée que l’incidence attendue dans cette étude (0,1%). Des données complémentaires sont attendues.

Sur la base des données animales (études standard de tératogénicité et de foetotoxicité) il n’était pas attendu que le dolutegravir (inhibiteur de l’intégrase du VIH) puisse exposer à un risque de malformations chez les enfants nés de mères traitées par cet antirétroviral pendant la grossesse.

En France, selon les recommandations thérapeutiques de prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH, coordonnées par le Professeur Morlat (dernière version d’octobre 2017), le dolutegravir est à éviter au cours de la grossesse au regard de l’insuffisance de données disponibles. Le signal d’AFTN vient renforcer cette recommandation.

En accord avec l’ANSM et l’EMA, un courrier va prochainement être adressé aux professionnels de santé concernés par le laboratoire titulaire de l’AMM des spécialités contenant le dolutegravir (laboratoire ViiV).

Recommandations :

Bien que l’évaluation de ce nouveau signal soit toujours en cours, l’ANSM recommande, en application du principe de précaution et en lien avec l’EMA et les recommandations thérapeutiques françaises :

Aux prescripteurs

de ne pas prescrire le dolutegravir chez une femme envisageant une grossesse
de rechercher systématiquement une grossesse avant d’initier un traitement par dolutegravir chez une femme en âge de procréer. Une contraception doit être prescrite chez les femmes en âge de procréer recevant du dolutegravir, pendant la durée de leur traitement
de remplacer rapidement le dolutegravir par un autre antirétroviral chez toute femme traitée par dolutegravir au premier trimestre de la grossesse, dans la mesure des possibilités d’alternatives thérapeutiques appropriées pour la patiente.

Aux femmes infectées par le VIH enceintes sous dolutegravir

Si vous êtes enceinte et êtes traitée par dolutegravir, vous devez rapidement contacter votre médecin. En effet vous ne devez pas arrêter votre traitement sans qu’il puisse être remplacé par votre médecin, car cela pourrait avoir des conséquences pour vous (votre infection à VIH ne serait plus contrôlée) et pour votre enfant à naître (en termes de risque d’acquisition de l’infection par le VIH). Votre médecin évaluera au cas par cas le rapport bénéfice / risque du dolutegravir en prenant en compte le terme de votre grossesse et la disponibilité d’alternatives thérapeutiques pour maintenir le contrôle de votre infection.

Aux femmes infectées par le VIH et en âge de procréer :

vous devez signaler à votre médecin si vous envisagez une grossesse afin qu’il adapte votre traitement antirétroviral, en prenant en compte ce signal récent de risque potentiel de malformations congénitales en cas de traitement par dolutegravir au moment de la conception et au 1er trimestre.
si votre médecin, après avoir évalué le rapport bénéfice / risque de la poursuite ou non du traitement, a considéré que le dolutegravir était la seule option possible selon votre histoire clinique et thérapeutique, vous devrez faire un test de grossesse avant d’initier le traitement et poursuivre la contraception durant le traitement par dolutegravir.
L’ANSM, en lien avec l’EMA, sera amenée à compléter cette information dès lors que de nouvelles données pertinentes sur ce signal seront disponibles.

http://ansm.sante.fr/S-informer/Actuali ... nformation
fil - 05 Jn 2018 - 20:13
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Plus de 1.350 approbations de remboursement d'un traitement préventif anti-VIH

Entre juin 2017 et mars 2018, 1.352 personnes ont été autorisées à bénéficier du remboursement du traitement Truvada, un médicament anti-rétroviral préventif. Ce sont principalement des hommes de 38 ans en moyenne qui ont profité de cette mesure de la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld), selon des données récoltées par Gaylive.be auprès de l'Inami, l'Institut national d'assurance maladie-invalidité.

Le gouvernement rembourse l'antirétroviral Truvada aux personnes qui ne sont pas contaminées par le VIH et les médicaments antiviraux utilisés de manière préventive, les pre-exposure prophylaxis (PrEP), depuis le 1er juin 2017.

Le Truvada était déjà utilisé depuis 2006 chez des patients atteints du sida, mais des études ont montré que le médicament pouvait également être administré de manière préventive. Les pre-exposure prophylaxis sont principalement prescrits à des personnes présentant un risque important de contamination au VIH, comme des hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes et dont le partenaire est infecté, ou celles ayant régulièrement des rapports non protégés. Avec le remboursement du Truvada, la ministre Maggie De Block entend diminuer les nouvelles contaminations au sein des groupes à risque.

Selon les chiffres de l'Inami, sur les 10 premiers mois de cette mesure, 1.352 personnes, principalement des hommes entre 30 et 40 ans, ont effectué les démarches menant à un remboursement. Entre le 1er juin et le 30 novembre 2017, 2.266 boîtes de Truvada contenant 30 cachets ont été retirées en pharmacie. Sur cette période, l'assurance maladie a déboursé 1.168.913 euros.

http://www.levif.be/actualite/sante/plu ... 47697.html
fil - 06 Jn 2018 - 06:18
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Un nouveau candidat vaccin dirigé contre le VIH fait ses premiers pas chez l'animal

Conçu pour cibler le peptide de fusion du VIH, un nouveau candidat vaccin contre le virus du sida vient d'être testé avec succès chez des souris, des singes et des cochons d'Inde par des chercheurs de l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).

Dirigés par les Pr John Mascola et Peter Kwong, les chercheurs des NIH « ont utilisé leurs connaissances de la structure du VIH pour identifier un site de vulnérabilité du virus », explique le Dr Anthony Fauci, directeur du NIAID. Ils ont procédé de manière empirique en analysant les échantillons sanguins de participants à plusieurs études sur des vaccins. Leurs résultats sont publiés dans « Nature Medicine ».

https://www.nature.com/articles/s41591-018-0042-6

Au bout de plusieurs années, certains patients infectés par le VIH-1 produisent des anticorps neutralisant à large spectre (bNAbs), capables de bloquer environ 50 % des virus circulant. Ces derniers sont d'ailleurs déjà utilisés dans des essais vaccinaux. En 2016, les chercheurs du centre de recherche sur les vaccins du NIAID ont identifié un nouvel épitope sur lequel se fixent les bNAbs : le peptide de fusion du VIH. Cette portion de 8 acides aminés, située à l'extrémité N-terminale de la protéine gp41, a alors été reproduite par les chercheurs, intéressés par le fait que cette séquence présente l'avantage d'être très conservée dans l'ensemble des souches virales. Ils ont ensuite expérimenté sa capacité à générer une réponse immunitaire chez une série d'animaux expérimentaux. Cette technique de « rétro-ingénierie » avait déjà été employée pour mettre au point le vaccin expérimenté lors de l'essai thaïlandais « RV144 ».

Une première génération peu convaincante

La première génération d'épitopes mise au point par les chercheurs, une fois injectée dans des souris, provoque la production d'anticorps capables de neutraliser 18 à 20 souches de VIH sur un panel de 208 souches de VIH-1, selon l'anticorps, et 7,7 % à 8,3 % d'un panel de 154 souches résistantes. Une seconde génération d'épitopes présentait un résultat plus satisfaisant : jusqu'à 31 % des souches de VIH-1 étaient neutralisées chez la souris. Ces résultats ont été confirmés chez le cochon d'Inde et le singe.

Le VIH n'est pas l'unique pathogène chez qui le peptide de fusion est envisagé pour servir de cible privilégiée lors de la mise au point de vaccin. C'est aussi le cas du virus Influenza A, du virus Ebola et du virus Lassa. Concernant le virus du sida, les chercheurs américains tentent désormais d'améliorer leur vaccin de manière à le rendre capable de générer une réponse plus importante avec moins d'injections. Ils vont également analyser les bNAbs produits par les singes vaccinés, afin de tester la capacité de ces derniers à protéger d'autres animaux contre une infection par le VIH.

Un essai préliminaire chez l'humain devrait voir le jour au cours de la seconde moitié de 2019. « Il ne semble pas y avoir de barrière intrinsèque qui pourrait mener à penser que des anticorps dirigés contre les protéines de fusion ne fonctionneraient pas chez l'humain », concluent les auteurs.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... mal_858479
fil - 11 Jn 2018 - 15:31
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Sida : des "super" récepteurs prometteurs pour contrôler la maladie

Des récepteurs présents chez les patients "contrôleurs du VIH" pourraient permettre de développer une immunothérapie contre le sida.

Moins de 1 % des séropositifs ne développent jamais le sida. Ces "contrôleurs du VIH", comme on les appelle, ont la faculté d’enrayer spontanément la multiplication du virus. À ce titre, ils sont d’un intérêt majeur pour les chercheurs, qui aimeraient bien savoir comment leur système immunitaire parvient à lutter contre le virus. Une étude, publiée vendredi dans Science Immunology, lève un peu plus le voile sur cette aptitude.

Le VIH s’attaque aux lymphocytes T CD4, des cellules impliquées dans la réponse immunitaire de l’organisme. Chez les patients contrôleurs, certains CD4 peuvent reconnaître facilement les cellules infectées par le VIH pour les éradiquer, avant même de pouvoir être infecté. Cette faculté semble liée à la présence de "super" récepteurs à la surface des CD4 : des capteurs moléculaires ayant l’intrigante particularité de se retrouver à l’identique chez plusieurs patients contrôleurs.

http://immunology.sciencemag.org/content/3/24/eaat0687

Un super récepteur peu regardant

"La probabilité de trouver un récepteur exactement identique chez différents individus est extrêmement faible, c’est comme gagner au loto", explique dans un communiqué le Dr Carine Farenc, de l’université Monash (Australie), qui a participé à l’étude. Il était donc plus que probable que ce "super récepteur" joue un rôle clé dans le contrôle de l’infection. Encore fallait-il comprendre lequel.

Pour y voir clair, les chercheurs ont utilisé le synchrotron australien, un microscope à rayons X de la taille d’un terrain de football, assez précis pour observer des liaisons moléculaires. Ils ont alors constaté que le "super" récepteur formait une liaison atypique avec les cellules infectées par le VIH : au lieu de reconnaître la cellule via sa carte d’identité immunitaire (HLA), comme c’est normalement le cas, il saute l’étape des présentations et reconnaît directement le VIH.

Vers une immunothérapie des CD4

"En termes thérapeutiques, c’est une très bonne nouvelle", indique Stephany Gras (université Monash), l’un des auteurs séniors de l’étude, à The Scientist. "Cela veut dire que nous pouvons transférer ce récepteur aux cellules immunitaires de différents individus avec des bagages génétiques différents." Le CD4 muni d’un "super" récepteur n’est pas très regardant sur l’identité de sa proie : toute cellule infectée par le VIH peut être reconnue et éradiquée.

(Plus précisément, le récepteur reconnaît toute cellule d’un type génétique (HLA-DR) présent chez environ un quart de la population. Mais cette proportion a toutes les chances d’augmenter au fur et à mesure des recherches.)

La mise au point d’une immunothérapie fondée sur cette trouvaille pourrait s’avérer très prometteur. Elle consisterait transférer ce récepteur aux cellules immunitaires du patient séropositif, afin de lui faire bénéficier de l’étonnante capacité des patients contrôleurs. Des essais sur la souris sont d’ores et déjà à l’étude.

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... er-maladie
fil - 13 Jn 2018 - 09:22
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Non remboursement des nouveaux médicaments anti VIH: La SFLS s’inquiète

Dans un communiqué de presse à l'Agence de presse médicale le 31 mai 2018, la Société Française de Lutte contre le Sida (SFLS) s’inquiète d’un nouveau cas de refus de remboursement de médicaments anti- VIH par la commission de transparence de la Haute autorité de santé (HAS).

Le Symtuza® —association de darunavir, cobicistat, emtricitabine et ténofovir alafénamide, spécialité du laboratoire Janssen— risque en effet de ne pas être disponible en France, suite à l’avis défavorable rendu par la commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS), à l’inscription sur la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux et sur la liste des spécialités agréées à l’usage des collectivités.

La commission de transparence est l’instance souveraine de la HAS. Elle fixe le niveau de service médical rendu (SMR) qui permet ou non la remboursement dans le cadre de l’indication de l’autorisation de mise sur le marché ( AMM ). Pour le Symtuza®, le SMR est classé «i» comme insuffisant, ce qui empêcherait son remboursement par l’assurance maladie. Une phase contradictoire est en cours qui devrait s’achever fin juin.

C’est la troisième fois en France qu’un avis défavorable est donné pour un médicament ayant une autorisation de mise sur le marché européenne, qui, selon la SFLS, «est attendu par les cliniciens et par les personnes atteintes par le VIH /sida». Il s’agissait des spécialités Tybost® —cobicistat, laboratoire Gilead— alternative au ritonavir (Norvir®) comme booster dans certaines indications, et Rezolsta® —darunavir et cobicistat, laboratoire Janssen— association en un comprimé unique (single tablet regimen, ou STR).

La société savante souligne que «l’accessibilité à cette nouvelle spécialité est d’autant plus nécessaire que les refus précédents de la commission de transparence rendent non réalisables une association des constituants séparés».

La SLFS, à travers son conseil d’administration, dénonce une situation quasi unique en Europe, puisque le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne (EMEA), et l’Agence elle-même, ont estimé que les bénéfices apportés par Rezolsta® et Symtuza® étaient supérieurs aux risques et ont recommandé l’approbation de l'utilisation de ces médicaments au sein de l'UE.

La suite ici :

http://vih.org/20180612/non-rembourseme ... ete/140226

Communiqué de presse :

http://www.sfls.aei.fr/actualites/dernieres-actus/

http://www.sfls.aei.fr/ckfinder/userfil ... imtuza.pdf
fil - 25 Jn 2018 - 15:07
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Remise des recommandations du groupe d'experts VIH

Le 30 mai dernier, le rapport d'experts a été remis au Directeur Général de la santé, Jerôme Salomon (debout en arrière plan), par (de gauche à droite) Patrick Yeni, Président du CNS; Philippe Morlat Président du groupe d'experts chargé des recommandations pour la prise en charge médicale des patients vivant avec le VIH (CHU Bordeaux) et François Dabis, Directeur de l'ANRS.

Le CNS et l’ANRS ont confié au Pr Philippe Morlat la responsabilité de l’actualisation de ces recommandations. Vous trouverez sur le site du Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) les différents chapitres des recommandations dans leur version la plus récente.

https://cns.sante.fr/actualites/prise-e ... -dexperts/
fil - 25 Jn 2018 - 15:09
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LA PROTÉINE VIRALE VPX FAIT DE NOUVEAU DU BRUIT : « HUSH* » !

Le VIH-2, issu du virus simien SIVsmm, est le deuxième agent causal du SIDA après le VIH-1. L’étude de son mode de propagation a des répercussions importantes sur la compréhension de celui du VIH-1. Ce dernier point est parfaitement illustré par l’étude de Vpx, une protéine virale spécifique de la lignée VIH-2/SIVsmm et absente chez le VIH-1. De précédentes études avaient déjà mis en avant le rôle important de Vpx dans la pathogenèse virale mais aussi dans la capacité du virus à infecter certaines cellules in vitro. Il a également été démontré en 2011 sa capacité à inactiver SAMHD1, un facteur de restriction protégeant la cellule contre l’infection VIH en diminuant le taux de nucléotides essentiels à la synthèse d’ADN viral.

Les résultats d’une étude soutenue par l’ANRS et menée par une équipe de chercheurs du laboratoire de Florence Margottin-Goguet de l’Institut Cochin en collaboration avec Lucie Etienne du CIRI de Lyon ont découvert que Vpx était également capable de dégrader le complexe cellulaire HUSH : « Human Silencing Hub ». Ce complexe a pour rôle de réprimer l’expression des gènes de rétrovirus endogènes et de certains rétrotransposons dans la cellule hôte. Les scientifiques ont ainsi montré que Vpx, en interagissant avec le complexe HUSH et en le dégradant, permet le « réveil » du VIH-1 dans un modèle de latence.

Ces résultats, qui ont fait l’objet d’une publication dans la revue nature microbiology le 11 juin dernier, suggèrent d’une part que HUSH appartient au petit club des facteurs de restriction (APOBEC3G, Tetherin/BST-2 et SAMHD1 ) dégradés par les protéines virales (respectivement par Vif, Vpu et Vpx) et d’autre part qu’il serait impliqué dans le phénomène de latence virale. « Si le complexe HUSH s’avère jouer un rôle critique dans la latence virale, comme le suggère nos résultats, le cibler pourrait représenter une perspective intéressante dans un cadre thérapeutique. » conclut Florence Margottin-Goguet.

* Hush : silence (anglais)

Source : HIV-2/SIV viral protein X counteracts HUSH repressor complex
Ghina Chougui, Soundasse Munir-Matloob, Roy Matkovic, Michaël M Martin, Marina Morel, Hichem Lahouassa, Marjorie Leduc, Bertha Cecilia Ramirez, Lucie Etienne, Florence Margottin-Goguet.
fil - 03 Jl 2018 - 10:16
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Sida : on a percé le mystère des “contrôleurs du VIH“

Certaines personnes infectées par le virus du Sida ne développent jamais la maladie. Pourquoi ? Une équipe vient de résoudre le mystère.

Connus depuis une vingtaine d'années, les "contrôleurs du VIH" sont des patients infectés par le virus mais qui ne développent pas la maladie. Très rares (on les évalue à 2 pour 1000 parmi les séropositifs), ces patients sont suivis en France dans la cohorte ANRS CODEX. Les contrôleurs intéressent tout particulièrement la recherche parce qu'ils pourraient aider à comprendre comment le système immunitaire parvient à contrôler la multiplication du virus dans un organisme et donc à empêcher l'avancée vers le Sida.

Une équipe de l'institut Pasteur et de l'Inserm, en collaboration avec l'université australienne de Monash vient de découvrir un secret de ces "contrôleurs". Leur réponse immunitaire ultra-efficace dépend de récepteurs spécifiques, les TCR, à la surface des cellules immunitaires CD4. Chez les patients “contrôleurs“, les TCR exprimés par les CD4 réagissent à des quantités minimes de virus, tandis que les TCR des autres patients y sont nettement moins sensibles. Il s'avère que lorsque les TCR des “contrôleurs“ reconnaissent des fragments du virus, des antigènes, ils déclenchent une réponse du système immunitaire qui consistera à tuer les cellules infectées par le virus.

Objectif : rendre contrôleur un patient qui ne l’est pas au départ

A cette occasion, les CD4 d'ordinaire confinées à leur seul rôle d'“aides“ deviennent actives et se transforment en cellules tueuses! "Ce qu'on souhaiterait tester maintenant, dit une auteure de l'étude Lisa Chakrabarti (Inserm, Pasteur), c'est la possibilité de rendre contrôleur un patient qui ne l'est pas au départ. Car si les multi thérapies sont efficaces, elles sont à vie avec parfois de sérieux effets secondaires. De plus, certains patients développent une inflammation chronique ce qui peut mener à la longue à une plus grande fragilité osseuse ou à un risque accru de maladies cardiovasculaires". L'objectif serait donc de parvenir à transférer à ces patients des cellules immunitaires génétiquement modifiées au niveau de leurs TCR et de voir si leurs organismes parviennent à contrôler le virus. Pour le moment, la suite de ce travail consistera à voir s'il est possible de rendre des souris "contrôleuses" avant de futurs essais chez l'être humain.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/s ... vih_125345
fil - 03 Jl 2018 - 16:11
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VIH : 101 nouveaux séropositifs en 2017 en Centre-Val de Loire

L'Indre-et-Loire est le département le plus touché.

La région Centre-Val de Loire est, après l'Île de France, la 2ème région française où l'on détecte le plus de nouveaux cas de VIH : 2,3 tests de séropositivité sur 1 000 sont positifs dans notre région selon Santé Publique France. Ainsi, d'après le groupement des centres de dépistage du VIH et des maladies sexuellement transmissibles qui vient de publier son dernier bilan, 101 personnes ont été dépistées au cours de l'année 2017, elles sont notamment originaires d'Afrique sub-saharienne (44%) ou homosexuelles (29%).

En Centre-Val de Loire, l'an dernier, 2 847 patientes et patients étaient suivis pour une infection par le VIH, même si tous n'en sont pas au stade du Sida. Ce chiffre a progressé de 6,7% en un an, et il faut aussi savoir que 18% de ces malades ont plus de 60 ans.

Le problème des professionnels de santé c'est aujourd'hui de dépister celles et ceux qui sont infectés par le VIH mais ne le savent pas encore, afin que ces patients puissent suivre un traitement. Selon les estimations, 850 personnes ignorent leur séropositivité dans nos 6 départements, "un chiffre particulièrement élevé" selon les médecins et c'est en Indre-et-Loire qu'il y aurait le plus de cas encore non découverts : près de 400, environ 230 dans le Loiret.

Afin de limiter les risques, les centres de dépistage souhaitent donc poursuivre leurs efforts pour appeler à venir faire le test mais aussi pour prescrire des traitements préventifs (PrEP) à certaines personnes : 200 participent déjà à ce programme en Centre-Val de Loire.

L'objectif duu COREVIH de la région est qu'à l'horizon 2020, 95% des personnes séropositives soient au courant de cette infection (78% aujourd'hui), que la quasi totalité d'entre elles soient sous traitement afin de rendre leur charge virale durablement indétectable.

http://www.info-tours.fr/articles/centr ... -de-loire/
fil - 07 Jl 2018 - 16:47
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VIH : une étape cruciale vers la création d'un vaccin

Une nouvelle étude publiée dans The Lancet indique que "le vaccin mosaïque Ad26/Ad26 plus gp140 VIH-1" a induit des réponses immunitaires comparables et robustes chez l'homme et le singe. Une "avancée phénoménale" pour un expert.

Ce n’est probablement pas le vaccin définitif, mais ça peut être une avancée phénoménale", commente, à propos d’une nouvelle étude publiée dans The Lancet, Jean-Daniel Lelièvre, du Vaccine Research Institute (Agence nationale de recherches sur le sida). Afin d’avancer dans la conception d’un vaccin contre le VIH, des chercheurs ont mené avec succès des études parallèles chez l’homme et chez le singe.

Dans un premier essai, 72 singes ont été sélectionnés. Certains ont reçu une dose d’un vaccin expérimental contre le sida, d’autre un simple placebo. Résultat : lorsque les chercheurs ont tenté de leur inoculer le VIH, deux tiers des macaques rhésus ont été protégés par l’injection.

393 humains

Ce même vaccin a ensuite été testé sur 393 humains, en bonne santé, séronégatifs, âgés de 18 à 50 ans, originaires d’Afrique de l’Est, d’Afrique du Sud, de Thaïlande et des États-Unis. Tous ont reçu quatre injections en 48 semaines (vaccin ou du placebo). Seulement cinq des membres de la cohorte (1%) ont signalé au moins un événement indésirable de grade 3 considéré comme étant lié au vaccin : douleur abdominale, diarrhée (chez le même participant), augmentation de l'aspartate aminotransférase, étourdissements posturaux, maux de dos et malaise.

Hormis ces effets secondaires, "le vaccin mosaïque Ad26/Ad26 plus gp140 VIH-1" a induit des réponses immunitaires comparables et robustes chez l'homme et le singe. Ce nouveau concept de vaccin fait actuellement l'objet d'une étude clinique de phase 2 en Afrique subsaharienne.

"Une étape importante"

"Ces résultats représentent une étape importante", a souligné le directeur de l’étude, Dan Barouch, virologue, avant de prévenir qu’il n’y avait aucune garantie que les tests suivants soient aussi positifs. "Nous devons rester prudents".

Plus de 1 à 8 millions de nouveaux cas d'infection à VIH ont été diagnostiqués dans le monde en 2016. En Europe, plus 57 000 nouveau cas de VIH ont été dépistés la même année, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Pas moins de 1 115 000 patients européens souffrent actuellement du virus, Russie non comprise. La moyenne atteint 7,7 cas pour 100 000 habitants. L’épidémie continue donc de progresser, notamment en Europe orientale où ont été dépistés 80% des nouveaux cas de VIH.

https://www.thelancet.com/journals/lanc ... 3/fulltext
fil - 19 Jl 2018 - 08:35
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Workshop VIH : Actualités virologiques et pharmacologiques appliquées à la clinique



http://www.sfls.aei.fr//projets-labelli ... n2018.html

http://sfls.aei.fr/projets-labellises/w ... rkshop-vih
fil - 20 Jl 2018 - 11:56
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Rapport annuel ONUSIDA : le combat n'est pas terminé

Si pour la première fois, le nombre de décès annuels liés au Sida est passé sous le seul de 1 million, Michel Sidibé, directeur exécutif de l'ONUSIDA, estime que « ce n'est pas le moment de baisser la garde » et regrette une « baisse des investissements financiers ». En amont de la 22e édition de la conférence internationale sur le Sida (AIDS 2018) qui aura lieu à Amsterdam du 23 au 27 juillet, l'ONUSIDA a dévoilé son rapport annuel.

En 2017, 21,7 millions de patients bénéficiaient d'un traitement antirétroviral sur un total de 36,9 millions de personnes séropositives. Toutefois, l'objectif fixé pour 2020 est de 30 millions de personnes sous traitement. « Si nous n'avons pas de ressources additionnelles, nous n'atteindrons pas cet objectif », déplore Michel Sidibé.

« À 2 ans de l'échéance de l'objectif 90/90/90*, ce rapport constitue une interpellation à l'adresse de l'ensemble des acteurs de la communauté internationale. Le combat est loin d'être terminé », indique Stéphanie Seydoux, ambassadrice française des questions de santé mondiale. Elle salue néanmoins l'engagement de la France : « face aux besoins de ressources nécessaires, notre pays s'est engagé et accueillera la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial en 2019 »

La crise de la prévention

« Nous avons besoin de mobiliser 14 à 18 milliards de dollars pour le Fonds mondial. Nous attendons d'Emmanuel Macron qu'il joue son rôle de premier de cordée dans la lutte contre le VIH », souligne cependant Aurélien Beaucamp, président de AIDES.

« En Afrique de l'ouest et du centre notamment, les financements domestiques sont quasi inexistants. La solidarité internationale est donc très importante. Quelles seraient les conséquences de l'arrêt de cette solidarité ? », interroge Yves Yomb du Réseau Alliance globale des communautés pour la santé et les droits (Cameroun).

« Nous ne pouvons pas tolérer que l'histoire se répète alors que les moyens techniques et scientifiques pourraient permettre de mettre fin à l'épidémie. La communauté internationale doit se remobiliser sur le Sida pour éviter cette fracture entre le Nord et le Sud », estime Aurélien Beaucamp.

Michel Sidibé a également mis l'accent sur « la crise de la prévention » et appelle à « une transformation en profondeur ». « Nos programmes de prévention n'atteignent pas les populations clés : hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, migrants, travailleurs du sexe, usagers de drogue… », estime-t-il. Or, environ 40 % des nouvelles infections concernent ces populations à risque et leurs partenaires. « Il est difficile de toucher ces populations qui sont victimes de stigmatisation et de discrimination et qui se cachent », souligne Yves Yomb.

Par ailleurs, Michel Sidibé a également évoqué une situation non satisfaisante pour les enfants, eux aussi « laissés pour compte » de la lutte contre le Sida. Ce sont encore 180 000 enfants qui ont été infectés par le VIH en 2017. Il appelle à mettre en place des programmes d'éducation globale à la santé très tôt et à poursuivre les efforts pour éliminer la transmission mère-enfant. Il regrette « une retraite par rapport à cet engagement ».

Enfin, le directeur exécutif de l'ONUSIDA a annoncé qu'un travail était fait pour étudier de manière plus fine le lien entre violences physiques ou sexuelles faites aux femmes et risque d'infection VIH.

« Une politique migratoire qui précarise »

« Nous devons continuer d'agir pour que la fin du VIH/Sida en 2030 devienne une réalité en faisant reculer les obstacles : fragilité des systèmes de santé, pénurie de personnels de santé mais aussi discrimination et stigmatisation… », avance Stéphanie Seydoux.

Nicole Tsagué, militante de AIDES a quant à elle dénoncé « une politique migratoire en France qui précarise » et appelle à simplifier l'accès au titre de séjour pour les personnes malades. « Il est temps d'adopter des politiques d'accueil et d'asile plus dignes et respectueuses du parcours de chacun. C'est une question d'humanité et de santé publique ».

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... ine_859943
fil - 20 Jl 2018 - 19:17
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"Il y a encore un million de personnes qui meurent du Sida chaque année dans le monde"

http://www.europe1.fr/emissions/linterv ... de-3715046
fil - 23 Jl 2018 - 09:04
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LE RENDEZ-VOUS SOCIAL DES SÉROPOS

Les Actupiennes, mouvement dissident d’Act Up-Paris, ont créé une permanence sociale communautaire pour répondre aux problèmes auxquels les personnes vivant avec le VIH sont confrontées. Les militantes et militants en chargent de cette permanence sont tous-tes bénévoles et feront profiter de leurs expériences face à la jungle de la protection sociale dans des domaines comme assurance maladie, invalidité, AAH, logement, retraite, etc. La permanence ne traite pas des questions relatives aux traitements et titres de séjours, car les militants-es estiment ne pas avoir les compétences pour et d’autres associations assurent ce soutien. Une aide dans vos démarches est proposée. Le rendez-vous social des séropos a lieu tous les lundis de 18h à 20h sur rendez-vous uniquement, à fixer par téléphone (07 66 01 76 10).

https://www.seronet.info/breve/le-rende ... opos-82362
fil - 30 Jl 2018 - 10:26
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La politique américaine sur l'avortement menace la lutte contre le VIH

Scientifiques et militants ont averti vendredi que la politique des autorités américaines, qui coupe les vivres d'ONG soutenant l'avortement, menace les programmes de lutte contre la propagation du virus VIH.

Suite à un décret approuvé par Washington en mai 2017, les organisations qui fournissent des services ou conseils liés à l'avortement ne reçoivent plus les subventions des fonds publics américains, même si elles financent ces services avec leurs propres fonds.

Ces nouvelles dispositions touchent ainsi les centres de santé qui offrent par exemple des services de dépistage du VIH, tout en proposant ceux sur l'avortement. Cela concerne notamment les fonds accordés par PEPFAR, un programme américain lancé en 2003 par l'ancien président George W. Bush. PEPFAR est aujourd'hui un donateur majeur pour le dépistage et le traitement du VIH dans le monde entier.

Cette nouvelle politique refuse de financer les organisations qui défendent l'avortement, a indiqué Anton Pozniak, le président élu de la Société internationale sur le sida.

Ces conditions s'appliquaient déjà aux cliniques de planning familial américaines.

"Maintenant, sous l'administration Trump, cela s'applique à presque toutes les aides sanitaires bilatérales dans le monde", a déclaré Anton Pozniak à la presse lors du dernier jour de la 22ème conférence internationale sur le sida à Amsterdam.

Selon lui, "la portée de cette politique a été considérablement élargie et pourrait renverser les progrès" réalisés contre la propagation du VIH, virus causant le sida.

D'après Jennifer Kates, membre de l'association "Kaiser Family Foundation", cette politique risque de toucher "des centaines de bénéficiaires".

Certaines cliniques ont commencé à réduire leur personnel, et d'autres ont déjà fermé, a expliqué Tikhala Itaye du mouvement de défense des droits des femmes "She Decides".

De nombreux militants de la conférence estiment que les organisateurs devraient revoir leur décision de tenir la prochaine conférence sur le sida à San Francisco. "Pas de conférence sur le sida dans l'Amérique de Trump", a lancé une coalition qui s'est nommée "Sida 2020 pour tous".

"Le gouvernement américain a banni l'entrée des travailleurs du sexe et des consommateurs de drogues (...) et a refusé des traitements pour les personnes atteintes du VIH en prison", a dénoncé l'organisation dans un communiqué.

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/l ... vih_126281
fil - 30 Jl 2018 - 19:54
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Une jeune fille de 16 ans vivant avec le VIH demande un câlin aux passants – UNICEF France



https://www.youtube.com/watch?time_cont ... 5_fijWiNp0
fil - 27 Août 2018 - 09:45
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Le centre de recherche Pasteur a annoncé le lancement d’un Mooc sur la science du VIH

Le centre de recherche Pasteur a annoncé le lancement d’un Mooc sur la science du VIH.

Dans un communiqué publié à l’occasion, l’Institut Pasteur a indiqué que ce cours en ligne sera axé autour de l’origine biologique du virus et son identification ainsi que les perspectives d’éradication. Entièrement gratuit, ce Mooc sera une véritable immersion dans la science du VIH.

Il est destiné à tous ceux qui souhaitent développer ou approfondir leurs connaissances scientifiques sur le virus du sida et les perspectives actuelles de la recherche.

Co-dirigé par Michaela Müller-Trutwin et Asier Sàez-Ciriòn, chercheurs à l’Institut Pasteur, ce Mooc diffusera à 32 leçons assurées par 28 experts reconnus dont Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine en 2008 pour l’identification du VIH et ce à partir du 2 novembre 2018.

Il convient de noter que les leçons réparties sur 6 chapitres seront dispensées en anglais.

Pour accéder au Mooc, veuillez cliquer ici :

https://www.fun-mooc.fr/courses/course- ... on01/about
fil - 27 Août 2018 - 10:00
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VIH ET RISQUE DE NASH

Près de trois millions de Français-es seraient atteints de Nash (Non alcoholic steato-hepatitis), c’est-à-dire d’un foie trop gras qui se complique d’une inflammation et progresse vers une cirrhose en silence. Cette pathologie due à la malbouffe et aux sodas n’épargne pas les personnes vivant avec le VIH qui peuvent cumuler les facteurs de risque. D’après les études, ce sont environ 30 % des personnes qui vivent avec le VIH qui auraient une stéatose hépatique, première étape vers la Nash.

D’abord la stéatose

Boire trop de sodas et manger trop d’aliments gras et sucrés, sans faire de sport, fait grossir et le foie devient gras, par accumulation de triglycérides (graisses) dans les cellules du foie. C’est la stéatose hépatique, liée à la "malbouffe" et au manque d’activité physique. La stéatose est en progression constante ; elle toucherait 25 % de la population mondiale selon une grande méta-analyse et 20 % de Français en seraient atteints. Elle est également appelée "maladie du soda", car les sodas sont sucrés avec du sirop de maïs, ou maladie du "foie gras humain", car c’est le même principe que le foie gras (stéatose) des oies et canards, obtenu par gavage au maïs. La stéatose hépatique simple, c’est du gras dans les cellules du foie, au moins 5 % du poids du foie, mais sans lésions de ces cellules. Elle est réversible, car elle s’atténue ou disparait en perdant un peu de poids en mangeant mieux et en bougeant plus.

Puis la Nash

Cette stéatose peut progresser vers une stéatohépatite non alcoolique (Nash pour Non alcoholic steato-hepatitis), un stade inflammatoire. Les cellules du foie sont gonflées comme des ballons, puis s’abiment et meurent. Ces lésions des cellules du foie vont entrainer de la fibrose, qui peut conduire à une cirrhose et un cancer. Stéatose + Inflammation = Nash. Il est estimé en France que 20 % des stéatoses évolueront vers une Nash, d’où les trois millions de Français porteurs d’une Nash, la plupart sans le savoir... Elle est le plus souvent associée au syndrome métabolique (surpoids au niveau abdominal, hypertension artérielle, hausse des lipides sanguins et de la glycémie).

Comment la stéatose/Nash s'installe ?

Une alimentation riche en sucres (sodas, viennoiseries, sucreries), en graisses saturées (charcuterie, chips, fromage, beurre), en cholestérol (excès de viandes, de fast food, de pizzas) et pauvre en graisses insaturées (huile d’olive, amandes, avocats, poissons gras), en fibres (légumes, fruits, céréales complètes) et en vitamines C et E, favorise l’excès de graisse dans le foie. Ensuite, selon les facteurs de risque ou pas, cumulés ou non (le diabète ou pré-diabète, de l’hypertension, le surpoids abdominal, trop d’alcool, et un peu de génétique…), la stéatose reste simple (dans 80 % des cas, sans fibrose ou minime) ou se complique d’inflammation, de nécrose (mort des cellules) et devient une Nash (20 % des cas), avec développement de fibrose qui va progresser jusqu'à la cirrhose. Dans le cas de la Nash, il est possible d’avoir un cancer du foie sans passer par le stade de la cirrhose, d’où l’importance du dépistage de la stéatose, de différencier le stade (stéatose ou Nash) et de réagir, en changeant ses habitudes de vie (alimentation, sport, toxiques). La Nash pourrait devenir la première cause de greffe du foie en France d’ici quelques années, comme c’est déjà le cas aux États-Unis.

Les personnes à risque de stéatose et/ou de Nash

- avec un surpoids, surtout en cas "d'adiposité viscérale" (accumulation de graisse autour des viscères, à l’intérieur du ventre, ventre "dur", comme une femme enceinte) ;
- avec un diabète de type 2 (non insulino-dépendant) ou un pré-diabète (résistance à l’insuline) ;
- et/ou un syndrome métabolique (tour de taille supérieur à 94 cm chez les hommes et à 80 cm chez les femmes) + deux de ces éléments : hypertension artérielle, glycémie élevée (supérieure à 5,6 mmol/l), triglycérides élevés, bon cholestérol (HDL) bas ; Les personnes vivant avec le VIH, car elles ont un risque accru de stéatose hépatique ;
- les personnes qui associent un syndrome métabolique et une consommation excessive d’alcool car la dégradation du foie est beaucoup plus rapide et le passage de la stéatose à la Nash est accéléré ;
- et certaines maladies prédisposent à la stéatose (l’hypothyroïdie, le syndrome de l’apnée du sommeil, l’hypogonadisme (manque de testostérone) et le syndrome des ovaires polykystiques). Ces personnes devraient avoir un dépistage de la stéatose/Nash.

Ces facteurs de risque peuvent se cumuler. Par exemple : un homme vivant avec le VIH de 55 ans, avec un syndrome métabolique (tour de taille à 108), diabète de type 2, apnée du sommeil, amateur de cocktails (alcool + sucres), de fast food, de sodas, de plats tout prêts et fumeur = Nash quasi assurée.

L'insulinorésistance ou "pré-diabète"

L'insuline est une hormone produite par le pancréas, et sert à réguler le taux de glycémie dans le sang, en faisant rentrer le glucose libéré par la digestion des glucides (féculents, fruits, sucreries) dans les cellules (des muscles, du foie, des tissus graisseux) car c’est leur carburant. A cause du surpoids abdominal, les cellules du corps deviennent résistantes à l'action de l'insuline et le glucose reste dans le sang. Quand la glycémie reste élevée longtemps, le pancréas est obligé de produire de plus en plus d'insuline afin de réduire la quantité de sucre dans le sang. La production d'insuline en grande quantité empêche la dégradation des graisses, de sorte qu’elles s'accumulent dans le sang, puis dans le foie. Le pancréas s’épuise en quelques années (5 à 10 ans) et ne produit plus assez d’insuline. La glycémie reste élevée, n’est plus régulée et le diabète de type 2 s’installe. Le pré-diabète est un état intermédiaire qui est réversible, en mangeant mieux et en bougeant plus, en perdant du poids ; Eh oui, toujours le même refrain. En mangeant plus sainement (moins de sucres, plus de fibres), la glycémie est moins forte et l’activité physique consomme du glucose et "oblige" le glucose à rentrer dans les cellules. Le degré d’insulino-résistance (IR) est donné par l’index de HOMA. D’après une prise de sang (à jeun depuis 12 heures), il est calculé avec la valeur des taux de glucose et d’insuline dans le sang. Si leHOMA est supérieur à 3, il signe une IR (insulino-résistance), Homa supérieur à 5 : une IR sévère et supérieur à 6, c’est le diabète de type 2.

Symptômes et diagnostic de la Nash

La Nash est le plus souvent silencieuse et sans symptômes ; quand des symptômes apparaissent (fatigue ou sensation de pesanteur au niveau du foie), la Nash est déjà très évoluée. Lors d’un bilan sanguin, les enzymes hépatiques, (gamma GT, ASAT, ALAT) peuvent être légèrement élevés, ainsi que la CRP (Protéine C Réactive), plus élevée en cas d’inflammation chronique et/ou la ferritine, (protéine transportant le fer dans le sang), qui peut être plus élevée, un signe d’inflammation. Ces signes doivent alerter et entraîner un dépistage. Les signes d’inflammation sont courants chez les personnes vivant avec le VIH, d’où le risque accru de stéatose/Nash.

Le dépistage

Il n’existe pas d’outil de dépistage de la Nash idéal et concluant à 100 %, par les techniques non invasives. Plusieurs de ces méthodes sont souvent couplées. En fonction du profil, le médecin décide de ce qui est le plus pertinent.

Le dépistage de la stéatose ou de la Nash peut se faire par :

- une échographie qui permet de "voir" la stéatose si elle a envahi au moins 20 à 30 % du foie ou un scanner (voit une stéatose d’au moins 20 %) ;
- une IRM (imagerie par résonance magnétique), qui "voit" une stéatose moins avancée, peut la quantifier, mais n’est pas capable de différencier stéatose et Nash ou les différents stades de fibrose ;
- une spectro-IRM, plus précise (permet de "voir" la stéatose d’au moins 5 %), mais encore en cours de validation et n’est pas disponible dans tous les services hospitaliers ;
- des scores de risques estimant la stéatose hépatique, comme le Fatty Liver Index (qui prend en compte triglycérides, index de masse corporelle (IMC), GGT et tour de taille) et le NAFLD fat score (prend en compte syndrome métabolique, diabète de type 2, insulinémie, rapport ASAT/ALAT). D’autres scores existent ;
- des marqueurs non invasifs de fibrose : FIB-4, FibroTest, Fibromètre, Nash-Test ;
- un fibroscan avec parfois une sonde spéciale (sonde XL) qui renseigne sur la présence de fibrose et/ou de graisse dans le foie (ses résultats semblent moins précis que dans la fibrose due à l’hépatite C) ;
- le système CAP (Paramètre d’atténuation contrôlée) qui réagit à la stéatose, est couplé au fibroscan et réalisé en même temps. La mesure du CAP est grossièrement corrélée à la quantité de
stéatose.

La biopsie du foie

Quand il y a un doute sur les résultats des méthodes non invasives, le seul moyen de confirmer le diagnostic de Nash et de la quantifier, ainsi que la fibrose, reste la biopsie hépatique et son analyse histologique (étude des tissus biologiques). Mais la biopsie est invasive, avec un petit risque de complications (hémorragies), elle reste mal acceptée par les personnes et nécessite un hôpital de jour. Actuellement, le pré-diagnostic de la Nash est souvent fait par des tests non-invasifs (dépistage de la stéatose par échographie, scores de risques, tests sanguins (FIB-4), IRM, Fibroscan + CAP, etc.), ainsi que sa surveillance, régulièrement pour évaluer la progression ou amélioration de la fibrose. Mais pour être sûr du diagnostic, il faut faire une biopsie.

Prise en charge... diététique

Actuellement, il n’existe pas de traitements médicaux spécifiques pour la Nash, mais des molécules sont en développement, même si toutes ne seront pas efficaces sur l’ensemble des personnes. Ces traitements ciblent la résistance à l’insuline, le métabolisme des lipides, l’inflammation ou la fibrose, mais ne seront disponibles, au mieux, que dans deux ou trois ans, voire plus. Lorsque la stéatose ou la Nash est diagnostiquée, des règles diététiques sont de rigueur : adopter une alimentation plus saine et plus équilibrée (diète méditerranéenne), pratiquer régulièrement une activité physique (marche, footing, natation, vélo, etc.), diminuer ou arrêter l’alcool (selon le stade) et arrêter le tabac, afin de réduire la résistance à l'insuline et le risque cardiovasculaire (qui reste la première cause de mortalité chez les personnes vivant avec une Nash). En cas d’obésité à risques pour la santé, une chirurgie peut être proposée (bypass, anneau gastrique).

Une perte de poids de 10% (ex : si 100 kg, arriver à 90 Kg) entraîne une amélioration du score d'activité de la Nash. Une perte de poids supérieure à 10% entraîne une régression de la fibrose (jusqu'à 45 % des cas) et une résolution de la Nash (jusqu'à 90 % des cas).

Si malgré un changement des habitudes de vie, il n’y a pas d’amélioration et de régression de la stéatose/Nash, de la vitamine E et/ou de l’acide ursodésoxycholique (parfois donnés d’emblée) peuvent être prescrits, ainsi que des traitements pour faire baisser les lipides sanguins (hypolipémiants) et la glycémie. Selon leurs convictions, les médecins conseillent des omégas 3 (gélules d’huile de poissons), qui aident à faire baisser les triglycérides. De petites études ont suggéré que les omégas 3 pouvaient réduire la quantité de graisses dans le foie. Ces omégas 3 ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Ils se trouvent naturellement dans les poissons gras (saumons, maquereaux, sardines, harengs). Comme le disait Hippocrate (médecin et philosophe grec), le "Père de la médecine", l’alimentation constitue notre premier médicament, aussi bien en prévention (pour ne pas être malade), qu’en correction (pour éviter l’aggravation et améliorer la santé).
Et donc la première ligne de traitement est la perte de poids (si possible 10 %), de l’exercice physique (de façon modérée, exemple : marche semi-rapide : au moins 2 heures 30 par semaine ou cinq fois 30 mn OU de façon plus vigoureuse, exemple : footing au moins 1 heure 15 par semaine), des compléments d’omégas 3 et éviter les sodas, même lights (eh oui, ils augmentent aussi l’insulino-résistance, car les édulcorants provoqueraient aussi des pics d’insuline…).
fil - 27 Août 2018 - 10:07
Sujet du message:
VIH et stéatose/Nash

L'infection par le VIH est associée à un risque plus élevé de résistance à l'insuline et le syndrome métabolique est aussi fréquent. Les personnes vivant avec le VIH ayant une lipodystrophie sont également très à risques. Un dépistage de la stéatose, voire de la Nash, devrait être plus systématique chez les personnes vivant avec le VIH, surtout en cas de facteurs de risques cumulés (VIH, âge plus de 50 ans, diabète ou pré-diabète, hypertension artérielle, trop de triglycérides, etc.) car une étude canadienne récente (2017) a montré que la stéatose touche plus du tiers des personnes vivant avec le VIH. Environ 36 % avaient une stéatose, 20 % avaient déjà une fibrose au moins F2 et 4,5 % avaient déjà une cirrhose, due à la Nash. Une étude européenne (The ECHAM study), sur plusieurs pays, montrait que 64 % des 400 participants séropositifs avaient une stéatose, plus ou moins avancée. Cette stéatose était souvent liée à une lipodystrophie et/ ou un syndrome métabolique ou des transaminases élevées (ASAT/ALAT). Tous ceux qui combinaient un syndrome métabolique et des transaminases élevées avaient une stéatose, 22 % avaient un foie fibrosé et 12 % avaient déjà une cirrhose due à la Nash. Si vous avez quelques uns de ces facteurs de risque (surpoids, triglycérides élevés, diabète 2, avoir pris du DDC ou D4T (Hivid ou Zerit) dans le temps, avoir eu une lipodystrophie), parlez-en à votre médecin et demandez lui un dépistage stéatose/Nash.

Quelle alimentation ?

Pour faire régresser la stéatose ou ne pas aggraver la Nash, les spécialistes conseillent l’alimentation crétoise ou méditerranéenne, référence en matière de santé alimentaire. Elle est équilibrée, saine, riche en légumes frais de saison, en fruits, en légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs) et en céréales plutôt complètes, en salade verte et crudités, en yaourts et laits fermentés, en "bons gras" (olives, avocats, noix et amandes, pignons de pin, huile d’olive, de colza, poissons gras), ail, oignons, herbes aromatiques et elle est pauvre en graisses animales saturées (beurre, fromages et viandes rouges), ne contient pas de sucreries, la seule source de sucre crétoise étant le miel et les fruits frais et secs (figue, abricots, amandes, etc.).

Pourquoi le crétois ?

Il y a plus de 50 ans, une grande étude inter-pays a montré que les Crétois avaient un taux de mortalité par cause cardiovasculaire beaucoup plus bas que les autres pays, ainsi que moins de cancers et de diabète. D’autres études l’ont confirmé. Deux des données majeures de cette alimentation sont la consommation abondante de légumes, de fruits, de céréales et l’absence de produits industriels transformés (nuggets, plats préparés, soupes en sachets, crèmes lactées, céréales soufflées, etc.). Les légumes contiennent des éléments protecteurs contre les cancers et les maladies cardiovasculaires (vitamines, fibres, minéraux, etc.).

Moins de viande

Les Crétois mangent aussi peu de viande rouge. En janvier 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommandait de limiter la consommation de viande rouge (bœuf, agneau, mouton, cheval, et porc) à 500 grammes par semaine et de charcuterie à 25 grammes par jour. Il s’agirait d’un seuil à ne pas franchir pour la santé. Les gros consommateurs de viande rouge et de charcuterie courent des risques très élevés de maladies cardio-vasculaires (hypertension, insuffisance cardiaque et AVC), de diabète de type 2, de symptômes inflammatoires et de certains cancers. C’est le fer de la viande rouge, très bien assimilé par l’organisme qui est en cause. Il est indispensable, mais absorbé en excès, il a un rôle pro-inflammatoire et pro-oxydant favorisant l’obstruction des artères, le diabète de type 2 et les cancers. On ne le trouve qu’en faible quantité dans les volailles et le veau mais en grande quantité dans le bœuf. Mais il existe un moyen de contrer l’effet cancérigène et oxydant du fer de la viande, c’est de manger des fruits et des légumes au cours du même repas. Car ils sont riches en molécules capables de contrer l’oxydation des lipides par le fer.

Plus de poisson

Le régime crétois contient plus de poissons que de viandes, des poissons gras (harengs, maquereaux, sardines, saumon, etc.) riches en omégas 3, qui diminuent les triglycérides sanguins (les envahisseurs du foie) et s’opposent à la formation des caillots qui bouchent les artères. Les omégas 3 ont un rôle préventif vis-à-vis des maladies cardiovasculaires et des cancers et améliorent les dépressions légères. Les sardines, maquereaux et thon en boîte sont les bienvenus.

Le plein de légumes

Tous les légumes verts, rouges, oranges, jaunes, blancs sont de véritables alliés et à partir du moment où l’on mange des légumes à chaque repas et moins de produits transformés, il est possible "d’adapter" les principes crétois à son propre rythme de vie.
Rappel : cinq portions de légumes et de fruits par jour.
Deuxième rappel : les patates, c’est pas des légumes, mais des féculents !

Des céréales complètes

Le riz complet, le sarrasin, le millet, l’épeautre, le quinoa, le blé, les pâtes complètes, le pain complet, les flocons d’avoine sont plus riches en protéines, en fibres et en vitamines que leurs équivalents raffinés et blancs. L’index glycémique des céréales complètes est beaucoup plus bas et la glycémie monte moins.

Des légumes secs

Ils sont riches en protéines végétales, en glucides lents, en fibres, en antioxydants, en magnésium et pauvres en acides gras saturés. Il est recommandé par l’Anses d’en manger trois fois par semaine, si possible sans viande, avec des légumes et des céréales (et aromates et épices pour la digestion). Les pois chiches, lentilles, haricots blancs, flageolets, petits pois, fèves "calent bien", sont économiques et surnommés "la viande du pauvre". On les trouve déjà cuits en bocaux, sont délicieux chauds ou froids en salade.

Des yaourts et lait fermeté

L’idéal est de finir au moins un repas sur deux par un fruit (ou un carré de chocolat noir à 70 % de cacao) et un repas sur deux par un yaourt nature (sucré avec de la stévia). Ils contiennent des probiotiques, des microorganismes vivants qui ont une action bénéfique sur la santé intestinale et l'immunité. Les laits fermentés (kéfir, lait Ribot, leben) sont plus digestes que le lait. Des études ont montré l’intérêt des probiotiques en cas de stéatose et de cirrhoses.

Résultats crétois contre Nash

L’action positive de l’alimentation méditerranéenne a été reconnue dans les pathologies cardiovasculaires, le diabète et la stéatose/Nash. Elle protège le coeur, le cerveau, le foie, réduit les risques de cancer. Elle permet de retrouver un poids "de forme" en douceur et de diminuer la teneur en graisse du foie (avec de l’exercice physique). De plus, les légumes par leurs fibres et antioxydants protègent du cancer colorectal auquel les personnes vivant avec une NASH sont plus exposés. Il ne faut pas oublier le dépistage du cancer colorectal après 50 ans, très important en cas de NASH. L’effet protecteur du café (noir et sans sucre ! — trois à quatre tasses par jour) dans la stéatose et la NASH a été montré ; il réduit la sévérité de la fibrose et le développement ultérieur de complications hépatiques. En cas de NASH, le plus important est de "désucrer" l’alimentation, le plus possible, aussi bien les sucreries et sodas (non négociable !) que les céréales raffinées (pain blanc, riz blanc, etc.) car oui, le foie est gras, mais cela vient du sucre. Il est aussi important de manger des légumes (frais, surgelés, en bocaux). Il est vital également de se mettre à l’activité physique (marche, course, vélo, etc.) en augmentant rythme et durée petit à petit.

https://www.seronet.info/article/vih-et ... nash-82512
fil - 29 Août 2018 - 15:57
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VIH : peut-on croire encore à l'éradication ?
Dr Laurent Hocqueloux Dr Anne-Geneviève Marcelin Dr Gilles Peytavin Pr Gilles Pialoux



https://youtu.be/LfWKc6k6rCI

1ère partie : Est-il possible d'éradiquer le VIH de l'organisme d'un individu infecté ?
Dr Laurent Hocqueloux , Dr Anne-Geneviève Marcelin , Dr Gilles Peytavin , Pr Gilles Pialoux



https://youtu.be/ZnJLIkloMqc
fil - 06 Sep 2018 - 11:26
Sujet du message:
2ème partie : A défaut d'éradication, peut-on espérer une rémission prolongée / « guérison fonctionnelle » ?
Dr Laurent Hocqueloux Dr Anne-Geneviève Marcelin Dr Gilles Peytavin Pr Gilles Pialoux



https://youtu.be/k_qBJleNNAM
fil - 14 Sep 2018 - 07:49
Sujet du message:
ATLAS : NOUVEAUX RÉSULTATS SUR UN TRAITEMENT INJECTABLE

Le laboratoire ViiV Healthcare a récemment publié des données (étude de phase III) portant sur un traitement anti-VIH injectable à action prolongée : une association de cabotégravir et de rilpivirine. L’étude s’appelle Atlas (Antiretroviral therapy as long-acting suppression). Elle vise à comparer une injection mensuelle de l’association cabotégravir + rilpivirine à une trithérapie standard prise par voie orale. Elle cherche à savoir si l’injection fait au moins aussi bien que la trithérapie. Le critère d’évaluation est donc la « non-infériorité » de l’injection versus la trithérapie. L’essai a été réalisé auprès de personnes adultes vivant avec le VIH-1, ayant une charge virale indétectable depuis plus de six mois. Elle a concerné 618 participants-es et a été menée dans différents pays (Argentine, Canada, France, États-Unis, Afrique du Sud, etc.) Après 48 semaines, les résultats indiquent que l’injection mensuelle fait aussi bien que la trithérapie en une prise par jour chez des personnes déjà traitées.

Des résultats plus complets feront l’objet de présentations ultérieures. Sont également attendus, les résultats de l’essai (phase III) Flair qui explore l’efficacité, la tolérance et l’innocuité de formulations à action prolongée (même association de cabotégravir et de rilpivirine) chez des personnes qui commencent un premier traitement contre le VIH, après une phase d’induction par Triumeq (dolutégravir, abacavir et lamivudine), une trithérapie.

https://www.seronet.info/breve/atlas-no ... able-82797
fil - 18 Sep 2018 - 12:05
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Un medecin ne devrait jamais dire ca...



Alain Lafeuillade est Docteur en Médecine, chef du Service de Médecine Interne et Maladies Infectieuses à l'hôpital de Toulon (France). Il a également été Professeur associé à l'Université du Maryland (USA). Il est aussi l'organisateur de deux congrès sur le VIH/SIDA.

« Un médecin ne devrait jamais dire çà » : le titre n’est pas choisi au hasard ! Il fait référence à l’actualité, mais aussi à une impertinence revendiquée du Dr Lafeuillade, ce qui lui vaudra même une garde à vue en bonne et due forme. Fidèle à ses convictions, il sera surnommé « Le Marginal » par quelques confrères parisiens, étonnés de son audace : organiser, par exemple, des congrès internationaux, à Toulon, puis Marseille et Miami, avec des spécialistes reconnus dans le monde entier, comme le Pr Luc Montagnier et le Pr Robert Gallo, « co-découvreurs » du VIH…

Pdf : http://www.un-medecin-ne-devrait-jamais ... OMPLET.pdf

http://www.un-medecin-ne-devrait-jamais-dire-ca.fr/
fil - 20 Sep 2018 - 04:33
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VIDEO. "Le VIH peut faire l'effet d'une bombe dans une famille", témoigne Joël qui a choisi d'informer ses proches dès 1992

Alors qu'une étude révèle mercredi que 43% des personnes vivant avec le VIH mentent "souvent" à leur entourage, Joël, séropositif depuis plus de 25 ans, témoigne d'une réaction brutale d'une partie de sa famille.

https://www.francetvinfo.fr/sante/sida/ ... 47051.html

43% des personnes vivant avec le virus du VIH mentent "souvent" à leur entourage. C'est ce qui ressort de l'étude menée par le laboratoire pharmaceutique Gilead Sciences en partenariat avec l'institut Ipsos, publiée mercredi 19 septembre et que franceinfo révèle.

"Ça peut faire l’effet d’une bombe dans une famille", confie Joël à propos du VIH. Depuis qu'il a informé sa famille, "il n’a plus de nouvelles de ses deux frères depuis plus de 25 ans, quasiment depuis l’annonce de [sa] séropositivité". Le terme de "faute" a été employé et il s'en souvient comme si c'était hier. "On m’a dit 'tu as fauté, maintenant tu payes', se rémémore-t-il, ajoutant avoir également vécu ce rejet en milieu professionnel. J’ai été dégradé très rapidement, mes collègues ne me parlaient plus."

Une campagne pour donner la parole aux patients vivant avec le VIH a été lancée le 17 septembre avec notamment l'objectif d'informer sur la vie avec la maladie afin de faire évoluer les perceptions. "J'arrive même à oublier VIH et j'espère faire partie des premiers séropositifs centenaires", dit aujourd'hui Joël.

http://www.passelemotpaslevirus.fr/

https://www.francetvinfo.fr/sante/malad ... 47241.html
fil - 20 Sep 2018 - 08:22
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Congrès National de la SFLS 2018

Le prochain Congrès National de la SFLS aura lieu à Reims les 11 et 12 octobre 2018, le pré-programme sera disponible prochainement.





Programme :

http://www.sfls.aei.fr/ckfinder/userfil ... _09_18.pdf

http://www.sfls.aei.fr/formations/journ ... reims-2018
fil - 20 Sep 2018 - 12:50
Sujet du message:
"Enquête flash" SFLS - L'allègement thérapeutique vue par les personnes vivant avec le VIH

Bonjour,

Actions Traitements a été invité à participer à une table ronde sur le thème de l’allègement thérapeutique lors du prochain congrès national de la SFLS 2018, qui se tiendra à Reims les 11 et 12 octobre prochain. La présentation sera co-animée avec le TRT5.

Nous souhaitons profiter de cette opportunité pour partager le point de vue et les témoignages des patients sur l(es) allègement(s). Pour nourrir cette présentation, nous collectons les avis et retours d’expérience sur l’allègement de personnes concernées, de nos adhérents, des participants à nos activités, et aussi auprès de nos partenaires associatifs.

Le sondage suivant a également été mis en place pour éclairer certains points (comme la compréhension du concept d’allègement, ou les motivations) :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIp ... /viewform.

L’idée n’est pas d’en faire une enquête rigoureuse mais plus d’une « enquête flash » pour confirmer ou informer certains retours que nous avons. Les résultats ne seront pas communiqués en tant que tel.

Merci de bien vouloir remplir le sondage (très court, en 5 questions) et surtout le diffuser largement pour nous aider à collecter le maximum d’information sur le vécu des patients vis-à-vis de l’allègement thérapeutique !

Merci

L’équipe d’Actions Traitements
fil - 21 Sep 2018 - 06:55
Sujet du message:
3ème partie : Peut-on croire à une éradication du VIH à l'échelon de la population humaine ?
Dr Laurent Hocqueloux Dr Anne-Geneviève Marcelin Dr Gilles Peytavin Pr Gilles Pialoux



https://youtu.be/tn-dftACMCM
fil - 27 Sep 2018 - 09:25
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VIH: des chercheurs testent un nouveau traitement

Des traitements par anticorps administrés à plusieurs semaines d'intervalle remplaceront-ils un jour la prise quotidienne d'antirétroviraux pour lutter contre le virus du sida ? Cette piste est exploitée par des chercheurs américains, avec des résultats encourageants.

Selon deux études publiées mercredi dans les revues Nature et Nature Medicine, des séropositifs ont été traités par anticorps avec la même efficacité qu'avec des antirétroviraux. A la grosse différence près que cette solution était beaucoup moins contraignante pour eux.

Les antirétroviraux, médicaments apparus dans les années 1990, ont révolutionné la vie des séropositifs. Ils permettent de réduire le virus à un niveau indétectable et d'empêcher sa transmission.

Mais ils doivent être pris quotidiennement, à vie, et présentent des effets indésirables (diarrhées, nausées...).

Dans les deux études publiées mercredi, les chercheurs ont recruté 15 séropositifs traités par antirétroviraux.

Ils ont arrêté leur traitement et ont reçu à la place des injections de deux anticorps. Ces derniers ciblent des protéines présentes à la surface du virus et utilisent le système immunitaire du patient pour le combattre.

Après l'injection initiale, les patients en ont reçu une autre au bout de trois semaines et une troisième au bout de six semaines.

Selon les chercheurs, la charge virale des volontaires ainsi traités est restée indétectable pendant 15 semaines en moyenne, et même 30 semaines pour deux d'entre eux.

https://lematin.ma/express/2018/vih-che ... 01497.html

https://www.nature.com/articles/d41586-018-06773-8
fil - 29 Sep 2018 - 07:33
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VIH : des anticorps neutralisants à large spectre ont permis un arrêt des antirétroviraux pendant 5 mois et demi

Une durée médiane de 21 semaines sans traitement antirétroviral, et même plus de 30 semaines pour certains, c'est le répit gagné par 11 patients infectés par le VIH, grâce à l'injection d'anticorps neutralisant à large spectre (bNAbs).

Ce résultat a été publié dans « Nature Medicine » par les Pr Michel Nussenzweig et Marina Caskey du laboratoire d'immunologie moléculaire de l'université Rockefeller associés au Dr Florian Klein de l'institut de virologie de l'hôpital universitaire de Cologne.

Dans cette étude de phase 1b, les immunologistes ont procédé à 3 injections (30 mg/Kg) de 2 bNAbs, le 3BNC117 et le 10-1074, étalées sur une période de 6 semaines. Tous les patients avaient une charge virale indétectable au début de l'étude ; un rebond de la virémie n'a été observé qu'au bout de 5 à 30 semaines sans traitement. Chez neuf patients, cette durée dépassait 15 semaines.

De telles durées de suppression virologique sans antirétroviraux impressionnent le chercheur français Hugo Mouquet, directeur du laboratoire « Réponse humorale aux Pathogènes ». (INSERM/Institut Pasteur). « Le 3BNC117 et le 10-1074 ont déjà été testés séparément chez des patients sans virémie détectable, se souvient-il. Le 3BNC117 seul maintenait une virémie indétectable pendant 8 semaines seulement. Avec d'autres bNAbs comme le VRC01, on atteint 6 à 10 semaines de suppression ». Des durées 2 à 3 fois plus faibles que celles atteintes par les patients de l'université de Rockefeller.

Bons résultats chez les patients virémiques

Parallèlement à cette étude de phase 1b, les chercheurs ont également expérimenté leur cocktail d'anticorps chez 7 volontaires séropositifs virémiques, n'ayant encore jamais reçu d'antirétroviraux. L'injection des deux bNAbs a réduit de 2 log10 la virémie sur une période allant jusqu'à 3 mois après la 3e injection. Lors d'essais antérieurs avec un seul anticorps, la réduction de la virémie « était de 5 fois moins importante », commente Hugo Mouquet.

« La durée d'action est également plus longue, poursuit-il. Avec un anticorps unique, la virémie revenait au niveau d'avant traitement au bout d'un mois, alors qu'il a fallu attendre 3 mois » dans l'étude de l'université Rockefeller, précise Hugo Mouquet. Une suppression totale de la virémie a en outre été observée chez quelques patients pris en charge précocement, dont la charge virale était encore peu élevée.

Pas de résistance aux 2 anticorps

Les anticorps 3BNC117 et 10-1074 se fixent sur 2 sites distincts des protéines d'enveloppe env. Des résistances sont apparus, d'abord contre les anticorps 10-1074 puis contre 3BNC117, mais aucune souche ne résistaient aux 2 anticorps. « Les virus résistants aux 10-1074 disparaissent quand ils sont confrontés aux 3BNC117 seul, précise Hugo Mouquet. Ce qui arrive car la demi-vie du 3BNC117 est supérieure à celle du 10-1074 ».

Le « grand boom » des bNAbs

Compte tenu de la grande variété de souche de VIH, « ces 2 anticorps ne fonctionneront pas chez tous les patients, prévient le Pr Caskey, mais si nous combinons ces 2 bNAbs avec d'autres anticorps ou des traitements antirétroviraux, ils pourraient être efficaces chez un plus grand nombre de patients. » Concernant les futurs développements des, le Pr Nussenzweig s'attend à ce que de nouveaux variants bénéficient de demi-vie « 3 à 4 fois plus longue ». Et le chercheur de prophétiser : « Ainsi, nous pourrions ne donner ces anticorps qu’une ou deux fois par an ».

Les bNAbs connaissent « un grand boom », explique Hugo Mouquet. « Tous les 6 mois, un nouveau papier décrit une nouvelle molécule, embraye-t-il. Maintenant que l'on sait que cela fonctionne et que leur sécurité est bonne, l'utilisation va s'étendre ». Une des applications possibles des bNAbs est leur utilisation dans le cadre de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) dans les populations à risque. Une étude des NIH dans cette indication spécifique devrait bientôt commencer.

Source : Lequotidiendumedecin.fr
fil - 02 Oct 2018 - 07:16
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Accès aux médicaments : un parcours d'obstacle

Si de réels progrès ont été accomplis ces dernières années pour accroître la couverture thérapeutique, de grandes disparités demeurent d’un pays à l’autre et certains patients sont trop souvent exclus du système de soins. Aux quatre coins de la planète, discriminations et stigmatisation continuent de peser sur l’accès aux antirétroviraux. Une situation qui nécessite la mobilisation de tous.

En 2017, 2,3 millions de personnes supplémentaires ont eu accès aux antirétroviraux (ARV), portant le nombre total de patients à 21,7 millions. Ainsi, près de 60 % des 36,9 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde étaient sous traitement. « une évolution dont il faut se réjouir, sans toutefois s’en satisfaire », estime la Dr Mariangela Batista Galvao Simao, sous-directrice générale à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chargée du groupe Accès aux médicaments, vaccins et produits pharmaceutiques. En effet, derrière ces données – rendues publics lors de la 22e Conférence internationale sur le sida, qui s’est tenue en juillet dernier à Amsterdam – se cache une réalité plus complexe, et l’expansion des traitements est loin d’être suffisante pour atteindre les objectifs primordiaux de 2020 [1].

Systèmes de santé nationaux

Si l’accès aux ARV est une priorité pour toutes les personnes vivant avec le VIH, cela reste très complexe pour nombreuses d’entre elles. Et certaines régions du monde – comme l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale – demeurent en marge des progrès accomplis. « Le système de santé propre à chaque pays, la qualité des infrastructures, le maillage territorial, l’éventuelle instabilité politique, la capacité à proposer des services, les raisons internes qui facilitent ou non l’accès aux soins sont multiples », explique la Dr Simao, pour laquelle il est indispensable de regarder la situation de chaque État afin de « comprendre ce qui freine le développement de l’accès aux services ». Cela dit, les disparités régionales n’expliquent pas tout : pour l’OMS, comme pour la plupart des acteurs de la lutte contre le sida, les discriminations dont sont victimes certains groupes de population sont au cœur du problème.

Populations marginalisées

« Une des explications majeures de l’inégalité d’accès aux traitements est la stigmatisation des personnes que nous appelons les populations clés », confirme la Dr Simao. Femmes, usagers de drogues, prostitué·es, personnes ayant des rapports sexuels avec des personnes du même sexe… En raison de leur sexe, de leur identité de genre, de leur orientation sexuelle, de leur consommation de drogues ou de leur statut de travailleur du sexe, des populations exposées à un risque accru d’infection par le VIH affrontent des niveaux élevés de stigmatisation. Dans un rapport publié en octobre 2017, l’Onusida présentait les dernières données probantes sur la manière dont la discrimination « crée des barrières entravant l’enchaînement prévention- dépistage-traitement du VIH et réduit l’impact de la riposte au sida ». Et le tableau est loin d’être satisfaisant : « la stigmatisation à l’égard des personnes vivant avec le VIH ou exposées au risque d’infection par le VIH conduit à des comportements discriminatoires dans tous les secteurs de la société de la part des fonctionnaires, des policiers ou au sein des communautés », détaille ainsi le rapport. Une situation qui décourage les individus d’accéder aux dispositifs de santé et de se soigner.

Brevets et propriété intellectuelle

Cette exclusion des soins ne s’arrête pas à la porte des populations clés, elle s’opère aussi, évidemment, par l’argent. « Le coût faramineux des médicaments est un véritable problème pour les personnes vivant avec le VIH, témoigne Lorena Di Giano, spécialiste des droits de l’homme et directrice exécutive de la fondation Grupo Efecto Positivo (FGEP). Quand nous avons commencé notre travail sur l’accès aux médicaments, nous avons constaté que c’est bel et bien leurs prix qui empêchaient les gens de se soigner en Argentine. Or qu’est-ce qui est à l’origine de ces prix trop élevés  Ce sont les barrières générées par la propriété intellectuelle, les brevets scientifiques accordés (trop généreusement ) aux grandes compagnies pharmaceutiques, qui détiennent ainsi les monopoles sur les antirétroviraux et fixent les prix qu’elles souhaitent Au détriment des droits des patients. » Face à ce constat, la FGEP se mobilise de manière active et méthodique en contestant les demandes de brevet qui ne répondent pas aux critères définis par la loi, comme le caractère innovant de la molécule. Elle a gagné plusieurs batailles, contraignant de grandes compagnies à faire marche arrière. Ce qui a permis l’arrivée de médicaments génériques sur le marché, nettement plus abordables pour les patients.

Prise de conscience globale

Les actions menées par la FGEP et ses partenaires en Argentine montrent que des solutions existent quand on veut améliorer l’accès aux traitements du VIH, de l’hépatite C et, pourquoi pas, dans le futur, d’autres pathologies. « Nous travaillons main dans la main avec les ministères de la Santé et de l’Industrie, qui ont réalisé que le système des brevets ne permet pas de promouvoir l’innovation, mais conforte les intérêts de quelques-uns », ajoute Lorena Di Giano, soulignant la nécessité de se battre pour un système de développement des médicaments plus équitable. La problématique du « prix juste » fait aussi partie des préoccupations de l’OMS, au côté des questions de qualité ou d’accessibilité, et de l’Onusida, qui a fait de la lutte contre les discriminations en matière de santé une priorité. Financement de certains programmes, création d’outils et de mécanismes prêts à l’emploi afi n de réduire la stigmatisation et la discrimination, déclaration des Nations unies appelant à une réforme législative pour supprimer les lois punitives ayant des effets négatifs sur la santé… La mobilisation de tous est indispensable si l’on veut atteindre les objectifs fixés par la communauté internationale. Et respecter le droit fondamental de chacun à recevoir le bon traitement, au bon moment

https://transversalmag.fr/articles/873- ... d-obstacle

Renforcer l’accès aux génériques

C’est en élargissant l’accès aux médicaments de bonne qualité que l’on s’attaquera vraiment au problème des médicaments falsifiés en Afrique. Tel est le constat partagé par Pauline Londeix, consultante internationale pour des ONG et Carine Baxerres, anthropologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

La suite ici :

https://transversalmag.fr/articles/847- ... generiques
fil - 05 Oct 2018 - 08:25
Sujet du message:
NONO, la protéine « lanceuse d’alerte » qui détecte le VIH

Il n’existe pas un mais plusieurs VIH. Et si le VIH-1, majoritaire, fait des ravages dans les populations infectées, ce n’est pas le cas du VIH-2 qui déclenche beaucoup plus difficilement la maladie du SIDA. Mais pourquoi le système immunitaire combat-il mieux cette version du virus ? C’est sur cette question que se sont penchés des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut Curie qui ont identifié la protéine NONO, un détecteur plus sensible au VIH-2 et responsable de la reconnaissance directe du virus par le système immunitaire. Ces travaux parus dans la revue Cell permettent une meilleure compréhension du contrôle naturel du VIH et ouvrent la voie à de nouvelles étapes dans la recherche vaccinale contre ce virus.

La maladie du SIDA se développe lorsque le système immunitaire d’une personne séropositive (infectée par le virus du VIH) devient incapable de lutter contre l’infection et s’affaiblit de façon dramatique. La majorité des personnes infectées et non traitées développent alors un SIDA mortel. Il arrive cependant que le SIDA ne se développe pas chez certains séropositifs non traités. Cela s’explique par l’existence de plusieurs formes de VIH.

Ainsi, en l’absence de traitement, si le VIH-1 qui touche 25 millions de personnes cause le SIDA dans 99% des cas, ce n’est pas le cas du VIH-2. Cette forme particulière de VIH est très proche du VIH-1 mais différente au niveau génétique. Elle est retrouvée majoritairement en Afrique de l’Ouest et touche 1 million de personnes. Le VIH-2 entraîne le développement du SIDA dans moins de 25% des cas, est sans incidence sur la durée de vie de la majorité des personnes infectées et s’avère faiblement transmissible. De plus, les personnes séropositives pour le VIH-2 et qui seraient contaminées également par le VIH-1 présentent une meilleure résistance face à ce dernier.

Des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut Curie au sein de l’Unité 932 Immunité et Cancer (Inserm/Institut Curie/Université PSL/Université Paris Descartes) se sont penchés sur les raisons de ce meilleur contrôle naturel du VIH-2 par le système immunitaire. En 2010, cette équipe de recherche avait déjà montré que les cellules dendritiques – des cellules « sentinelles » du système immunitaire – étaient capables de détecter le VIH-2 bien plus efficacement que le VIH-1. Or, pour qu’il y ait bonne réponse immunitaire il est nécessaire d’avoir d’abord une bonne reconnaissance immunitaire.

Partant de ce constat, les chercheurs ont ici cherché à comprendre les mécanismes moléculaires de reconnaissance du VIH-2 par les cellules dendritiques et les raisons de l’efficacité de cette reconnaissance comparativement à celle du VIH-1.

Ils ont ainsi découvert que la protéine NONO, située au sein des cellules dendritiques, agissait comme un détecteur capable de reconnaître l’enveloppe interne (ou capside) du VIH-2 bien mieux que celle du VIH-1 et de déclencher en conséquence une réaction immunitaire pour lutter contre le virus.
La capside, qui entoure le matériel génétique des virus, est en effet composée de protéines et NONO serait capable de reconnaître un motif protéique spécifique de la capside du VIH-2.
Ces travaux permettent une meilleure compréhension des mécanismes naturels du contrôle de l’infection par le VIH. Selon Nicolas Manel, chercheur Inserm responsable de l’étude : « la prochaine étape de ce projet de recherche est de comprendre à la fois le fonctionnement de ce système de détection au niveau moléculaire et comment cette détection déclenche la réponse immunitaire. Nous développons des stratégies vaccinales innovantes au laboratoire, et cette découverte ouvre la voie à de nouvelles études nécessaires pour le développement d’une nouvelle génération de vaccin capable de « mimer » la capside du VIH-2 et de déclencher par conséquent une réponse immunitaire chez les personnes atteintes du VIH-1. »

https://presse.inserm.fr/nono-la-protei ... vih/32646/
fil - 06 Oct 2018 - 16:26
Sujet du message:
Histoire d'un dilemme éthique : un enfant sauvé grâce à une greffe de foie provenant de sa mère séropositive

L’Afrique du Sud fait face à une terrible pénurie de donneurs d’organes. Les médecins luttent pour trouver des organes de donneurs appropriés pour les patients gravement malades, dont la survie dépend d’une greffe. Cette situation les accule parfois à des choix difficiles. Il arrive par exemple qu’ils doivent, pour sauver la vie d’un patient, envisager de lui greffer un organe provenant d’un donneur dont le groupe sanguin diffère du sien, même si cela augmente les risques de complications.

Voici environ un an, nous avons nous-mêmes dû faire face à ce genre de choix : nous pouvions sauver la vie d’un enfant en lui implantant un greffon de foie – mais ce faisant, nous risquions de lui transmettre le VIH. La donneuse était en effet la mère séropositive du petit patient. La procédure comportait donc un risque de transmission du VIH à l’enfant. (ndlr : le foie pouvant se régénérer, il est possible d’en prélever une partie chez un donneur vivant pour la greffer à un receveur)

En Afrique du Sud, la loi n’interdit pas la transplantation d’un organe provenant d’un donneur vivant séropositif à un receveur séronégatif, à condition qu’une solide procédure de consentement éclairé soit mise en place. En raison du risque de transmission du virus, cette approche n’est toutefois pas considérée par tous les cliniciens comme faisant partie des bonnes pratiques.

Le jeune récipiendaire avait passé 181 jours sur la liste d’attente des dons d’organes. Or la durée moyenne de présence sur liste d’attente dans notre programme de greffe est de 49 jours. Durant ce laps de temps, la mère de l’enfant avait demandé à maintes reprises si elle pouvait donner une partie de son propre foie à son enfant. Nous ne pouvions toutefois pas considérer cette option à l’époque, car elle allait à l’encontre de la politique de notre unité. Mais sans une greffe, l’enfant allait très certainement mourir.

Après mûre réflexion, et avec l’aval du Comité d’éthique médicale de l’Université du Witwatersrand à Johannesburg, nous avons décidé de procéder à la greffe. En suivant une planification minutieuse, nous avons fourni à l’enfant un traitement à base de médicaments antirétroviraux avant l’intervention, avec l’espoir de prévenir l’infection par le VIH (prophylaxie pré-exposition, PrEP).

La transplantation, qui a été réalisée au centre médical Donald Gordon de l’Université du Witwatersrand, a été un succès. L’enfant est aujourd’hui épanoui, mais à ce stade, nous sommes toujours incapables de déterminer son statut VIH. Durant les premiers mois qui ont suivi la greffe, des anticorps anti-VIH ont été détectés dans son organisme, et l’infection semblait donc avoir eu lieu. Mais ces anticorps ont décliné au fil du temps, et ils sont désormais presque indétectables. Nous n’avons en définitive pas été en mesure d’établir si l’enfant est effectivement infecté par le VIH. Même le recours à des tests ultra-sensibles et très spécialisés n’a pas permis de détecter le VIH lui-même dans le sang ou les cellules de l’enfant.

Il faudra probablement que s’écoule encore un certain temps avant que nous puissions avoir une quelconque certitude. Cependant, l’enfant supporte actuellement très bien le traitement antirétroviral. Les cas de contaminations survenues suite à la transplantation, par inadvertance, d’organes contaminés par le VIH révèlent que les patients devenus séropositifs de cette façon se rétablissent aussi bien que ceux qui reçoivent un greffon VIH négatif.

Cette intervention chirurgicale pourrait changer la donne pour l’Afrique du Sud. Le pays abrite en effet une importante population de personnes séropositives dont la charge virale est indétectable (on parle de charge virale indétectable lorsqu’une personne infectée par le VIH et suivant un traitement antirétroviral voit la quantité de virus dans son sang diminuer au point de devenir indétectable). Or ces personnes séropositives n’ont jamais été considérées comme des donneuses potentielles dans le cadre de la greffe de foie.

Considérations éthiques et juridiques

Recourir à la transplantation d’organes implique de relever de nombreux défis éthiques et juridiques. Les questions spécifiques et complexes posées par ce cas précis ont été soigneusement examinées.

Avant de procéder à la greffe, nous avons consacré un soin particulier à la mise en place d’une large consultation. Il s’est agi notamment de parler aux membres de l’équipe de transplantation, aux bioéthiciens, aux avocats, aux experts de la médecine du VIH et à ceux du comité d’éthique médicale de l’Université Wits. Ce comité a entre autres pour fonction de protéger les patients impliqués dans la recherche médicale, et de s’assurer que les procédures mises en place par les médecins le sont pour les bonnes raisons.

Il était évident que cette greffe allait dans le sens du meilleur intérêt de l’enfant. La principale question éthique consistait à déterminer s’il était juste de priver la mère de la possibilité de sauver la vie de son enfant, en lui refusant l’opportunité de fournir le greffon. Un principe fondamental de l’éthique est de traiter les gens équitablement. Les personnes séropositives devraient de ce fait avoir accès aux mêmes options de soins que les autres.

Nous avons donc convenu, avec le comité d’éthique, que tant que les parents de l’enfant comprenaient qu’il existait un risque que celui-ci contractât le VIH, il était acceptable de procéder à la greffe.

Partant de là, afin de nous assurer que les parents de l’enfant étaient bien informés et pourraient prendre leur décision dans des conditions optimales, nous avons eu recours à un « avocat de donneur vivant ». Indépendant, celui-ci n’était pas employé par l’hôpital. Son rôle principal était de soutenir les parents en s’assurant qu’ils comprenaient exactement quels étaient les risques pour la mère en tant que donneuse. Cet avocat de donneur vivant était également en relation avec l’équipe de transplantation, au nom des parents, lorsque nécessaire.

Dans ce contexte, les parents, qui avaient déjà envisagé le risque que le VIH soit transmis à leur enfant suite à l’opération, se sont avérés déterminés à aller de l’avant. Ils ont été reconnaissants que l’équipe se montre disposée à examiner attentivement cette option, étant donné qu’il n’y avait pas d’alternative disponible et que leur enfant était gravement malade. Nous avons demandé aux deux parents de donner leur consentement à la procédure, car il était de leur responsabilité à tous les deux de prendre soin de leur enfant par la suite.

Leçons et opportunités

Cette intervention démontre non seulement que les médecins peuvent réaliser ce type de transplantation, mais aussi que les résultats peuvent être positifs à la fois pour le donneur séropositif et pour le receveur. Elle a également constitué une occasion unique pour les scientifiques de Wits d’étudier la transmission du VIH dans des circonstances très contrôlées.

Pour l’instant, les médecins ne sont pas en mesure de dire aux parents si la greffe a transmis le VIH à leur enfant. Cette incertitude est notamment due au fait que ce cas est unique, ce qui laisse beaucoup de questions sans réponse. Les recherches en cours permettront, nous l’espérons, d’y répondre.

À l’avenir, nous continuerons de veiller à ce que les parents soient pleinement conscients de l’incertitude qu'implique ce genre d’intervention. Toutes les futures greffes de ce type seront incluses dans une étude actuellement en cours, dont l’objet est d’examiner plus en détail la transmission du VIH chez les enfants, ainsi que la façon dont le VIH peut ou non se propager via les greffes d’organes.

https://theconversation.com/histoire-du ... ive-104436
fil - 09 Oct 2018 - 10:51
Sujet du message:
Recrutement Essais thérapeutique automne 2018

• ANRS EP 64 - DOLUVOIR
• ANRS 169 OPTIPRIM 2
• Cohorte ANRS CO6 PRIMO - cohorte de primo infectés

https://www.lesactupiennes.fr/essais-therapeutiques
fil - 10 Oct 2018 - 04:39
Sujet du message:
L’ALLÉGEMENT DE LA VIE EXISTE DÉJÀ DANS LE QUOTIDIEN



Pour son édition 2018 à Reims, la Société française de lutte contre le sida (SFLS) a choisi le thème large et passionnant de l’allégement. Traitement, suivi, prise en charge, image de soi : limiter le fardeau, souvent lourd, de la vie avec le VIH, est un enjeu du futur, à l’ère des traitements efficaces et de l’indétectabilité. Firouzé Banisadr, professeure au CHU de Reims et présidente locale de cette édition 2018 du congrès de la SLFS, revient sur le sens de cet événement, qui aura lieu du 10 au 12 octobre prochain.

Le thème de cette édition 2018 est « Alléger la vie avec le VIH ». Pourquoi avez-vous choisi de mettre en avant la question de l'allègement au sens large, et non pas seulement celle de l’allègement thérapeutique, dans votre programme ?

Firouzé Banisadr : Il fallait, de fait, étoffer le programme de cette SFLS au-delà de l’allégement thérapeutique. Mais « l’allégement de la vie » existe déjà dans le quotidien des personnes vivant avec le VIH, au-delà de celui des traitements. Les personnes vivant avec le VIH ont une charge virale indétectable et le risque de transmission est proche de zéro. La prise en charge s’est allégée, avec des rendez-vous à l’hôpital tous les six mois, les bilans aussi. Cet allégement reflète concrètement la vie des personnes avec le VIH dans sa globalité.

A la lecture du programme, on comprend que le périmètre de l’allègement est vaste et qu’il prend en compte notamment les questions médico-économiques (simplification de la prise en charge avec moins de consultations, recours aux génériques, etc.). Est-ce à dire qu’un champ de l’allègement ou de la simplification est d’abord le fruit de pressions médico-économiques ?
Non pas vraiment. Les dispositifs d’allègement de la prise en charge se sont mis en place avant l’arrivée des génériques ou de la montée de cette question du financement. La France a été pionnière en la matière. Déjà avec les premiers traitements, les cliniciens adaptaient les prescriptions. Aujourd’hui, nous avons des bithérapies qui fonctionnent très bien, sans réduction de l’efficacité. Certes, les génériques sont arrivés et ont permis une réduction des prix de certaines combinaisons, mais les médecins n’ont pas attendu cela pour pratiquer cet allégement. Et cela, ils le faisaient en lien pour le confort de leurs patients-es, pas pour des considérations économiques.

Différentes présentations qui seront faites à Reims et le choix de certains intitulés indiquent qu’on peut tendre vers un allègement de la « charge du VIH » dans la vie personnelle, dans la vie quotidienne. Quels sont les éléments, les tournants, les avancées qui permettent aujourd’hui d’ « alléger la vie avec le VIH » ?
Déjà, on ne peut pas manquer de citer le traitement comme prévention de la contamination (Tasp) qui a libéré les personnes du stress de la contamination. En France, les personnes sous traitement ont quasiment toutes une charge virale indétectable [condition sine qua none du Tasp], et ce fait scientifique est vraiment un grand plus dans la qualité de vie globale. L’arrivée des bithérapies, évidemment, qui permet aujourd’hui une « épargne de classe » non négligeable [on garde en réserve des classes de traitements utilisables en cas de problème, ndlr]. Enfin l’essai 4D d’allègement de prise en quatre jours sur sept, s’il est confirmé par l’essai Quatuor, va permettre à certains-es patients-es de réduire considérablement le poids de leur traitement, un confort indéniable. Aujourd’hui, nous avons énormément réduit la mortalité grâce aux traitements, mais nous pouvons aussi améliorer le quotidien et donner du bonheur aux gens.

L'allègement est-il assez pris en compte dans l'amélioration de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH dans ce domaine ? La France vous semble-t-elle en retard ?
Comme je l’ai dit précédemment, la France est pionnière. Cela a commencé à Garches avec le docteur Jacques Leibowitch et son travail [sur l’allègement, avec le protocole Iccarre, ndlr], aujourd’hui poursuivi par son ancienne équipe [le docteur Pierre de Truchis, notamment, ndlr]. Pour les traitements « boostés », le flambeau a été repris par d’autres cliniciens français. Idem pour les bithérapies avec des médecins comme la professeure Christine Katlama et d’autres. C’est pour cela qu’il faut continuer.

Propos recueillis par Mathieu Brancourt

https://www.seronet.info/article/lalleg ... -82978[/b]

Congrès National de la SFLS 2018

Le prochain Congrès National de la SFLS aura lieu à Reims les 11 et 12 octobre 2018



Le programme complet :

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... 8_sfls.pdf

http://sfls.aei.fr/formations/journees- ... reims-2018
fil - 10 Oct 2018 - 05:15
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La Love Baguette veut mettre fin au sida

Pour la 2e année consécutive, les boulangers de notre pays se mobilisent aux côtés de l'association AIDES dans le cadre de l'opération Love Baguette. Du 5 au 15 octobre, près de 900 boulangeries en France proposent à la vente cette baguette solidaire façonnée en forme de ruban. Chaque Love Baguette est vendue 2€, dont 1€ est reversé à AIDES pour ses actions de prévention et de dépistage du VIH sur le terrain. Seules les boulangeries artisanales sont mobilisées; une belle opportunité pour elles de mettre en valeur un savoir-faire que le monde entier nous envie, et de parler prévention du VIH dans les foyers.

à Lacroix-Falgarde, la boulangerie-pâtisserie Catusse du centre commercial verte campagne participe à cette opération originale contre la banalisation de l'épidémie du Sida. Dominique Catusse nous indique que le message a été bien accueilli par le public, les ventes sont bonnes et très largement supérieures à celles de la première année.

De formidables avancées ont été réalisées ces dernières années en matière de prévention et de traitement du Sida et hépatites.

L'enjeu est important car en France 25 000 personnes sont porteuses du virus sans le savoir. Or une personne dépistée et mise sous traitement, c'est une personne en bonne santé qui ne transmet plus le virus. L'équation est simple : plus de dépistages égale moins de contaminations !

https://www.ladepeche.fr/article/2018/1 ... -sida.html



https://www.lovebaguette.com/la-love-baguette/


fil - 11 Oct 2018 - 08:41
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VIH et insuffisance cardiaque : les inhibiteurs de la protéase s’en mêlent

La survenue d’une insuffisance cardiaque de novo est de plus en plus fréquente chez les patients infectés par le virus du SIDA. Par ailleurs, la prise d’inhibiteurs de la protéase (IP) est associée à un remodelage cardiaque néfaste et à des événements vasculaires tels accidents vasculaires cérébraux et infarctus du myocarde. Pour autant, on ne disposait pas, jusqu’alors, de données concernant l’utilisation d’IP chez les patients porteurs du virus du SIDA souffrant d’une insuffisance cardiaque.

C’est ce qui a poussé Alvi et coll. à tenter de comparer les caractéristiques, structure cardiaque et le devenir de patients infectés par le VIH et présentant une insuffisance cardiaque selon qu’ils recevaient ou non un traitement à base d’IP.

L’étude rétrospective, mono-centrique a porté sur les 394 patients infectés par le VIH qui recevaient un traitement antirétroviral et avaient été hospitalisés en 2011 pour insuffisance cardiaque ; ils ont été stratifiés selon qu’ils prenaient ou non un traitement à base d’IP. Le critère principal était la mortalité cardiovasculaire et le critère secondaire, le taux de ré-hospitalisation pour insuffisance cardiaque à 30 jours.

Sur les 394 patients infectés par le VIH qui présentaient une insuffisance cardiaque (femmes : 47 % ; âge moyen : 60 ± 9,5 ans ; compte des CD4 : 292 ± 206 cellules/mm3) ; 145 (37 %) recevaient un IP (ritonavir à fortes doses) tandis que 249 (63 %) n’en prenaient pas. Ceux qui étaient traités par un IP avaient plus souvent une hyperlipidémie, un diabète et une maladie coronaire ; leur pression artérielle systolique pulmonaire était plus élevée et leur fraction d’éjection ventriculaire gauche était plus basse.

Augmentation de la mortalité cardiovasculaire pour les patients traités par IP

Tout au long du suivi, la prise d’IP a été trouvée associée, dans tous les types d’insuffisance cardiaque, à une augmentation de la mortalité cardiovasculaire (35 % vs 17 %; p < 0,001) et du taux de ré-hospitalisation pour insuffisance cardiaque, à 30 jours (68 % vs 34 %; p < 0,001). Certains facteurs étaient prédictifs de la mortalité cardiovasculaire : l’utilisation d’IP, la présence d’une maladie coronaire, des pressions artérielles systoliques pulmonaires élevées, une immunosuppression.

Globalement, les IP ont été associés à un doublement du risque de décès d’origine cardiovasculaire.

Parmi les patients porteurs du virus du SIDA, on retrouve une prévalence plus élevée d’hyperlipidémies, de diabète, de maladie coronaire, de hausse de la pression artérielle systolique pulmonaire et de baisse de la fraction d’éjection ventriculaire gauche chez ceux qui prennent des IP. Ces derniers sont, en cas d’IC, également exposés à une mortalité cardiovasculaire plus élevée et à un plus fort taux de de ré-hospitalisation pour insuffisance cardiaque, à 30 jours.

Dr Robert Haïat

RÉFÉRENCES :

Alvi RM et coll. : Protease Inhibitors and Cardiovascular Outcomes in Patients With HIV and Heart Failure. J Am Coll Cardiol., 2018;72: 518–30.

INHIBITEURS DE LA PROTÉASE DU VIH

Les Inhibiteurs de la protéase sont apparus en 1996. Ils ont considérablement amélioré l’espérance de vie des patients traités.

Molécules disponibles :

- Le ritonavir : premier IP disponible, n’est plus utilisé comme antirétroviral. Il demeure par contre très souvent associé à un autre inhibiteur de protéase comme potentialisateur pharmacologique du fait de son action inhibitrice sur la PgP intestinale et sur le système oxydatif hépatique du CYP3A (effet boost).

- Le darunavir : seule molécule de la classe encore indiquée en première intention, est disponible sous forme de comprimés ou de solution buvable. Il doit être administré avec du ritonavir afin d'allonger sa demi-vie et de réduire le nombre de prises.

- L'atazanavir : disponible sous forme de gélules, est administré avec du ritonavir. Dans certaines situations d'individualisation thérapeutique chez le patient virologiquement contrôlé, il est possible d'administrer l'atazanavir sans ritonavir ce qui peut permettre d'améliorer le profil de sécurité de la molécule.

- Le lopinavir et le ritonavir sont associés sous forme de comprimés ou de solution buvable.

- Le saquinavir, l'indinavir, le tipranavir, le fosamprénavir disposent toujours d'une AMM mais un traitement par ces molécules ne devraient plus être initié en raison d'une plus grande complexité d'utilisation ainsi que d'un profil de sécurité et/ou d'efficacité moins favorables que les IP plus récentes.

https://pharmacomedicale.org/medicament ... ase-du-vih
fil - 12 Oct 2018 - 18:47
Sujet du message:
VIH : L’INDISPENSABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE

Hier, s’est ouverte le congrès annuel de la Société française de lutte contre le sida (SFLS), à Reims. Au programme de cette édition, l’allègement sous toutes ses formes. Et lors de la première journée, on se rend compte que c’est l’ensemble de la vie avec le VIH qui peut, doit s’alléger ou s’allège déjà. Le traitement reste un enjeu central, mais à la lumière des présentations et témoignages, pas seulement. Retour sur une cascade de possibilités, à partir du Tasp vers l'au-delà.

« Pour la génération de médecins qui, comme moi, a découvert en tant qu’externe les premiers malades du sida, parler d’allégement montre le chemin parcouru depuis cette période ». C’est par ces mots forts que le professeure Firouzé Bani-Sadr, présidente de cette édition rémoise, a ouvert, jeudi 11 octobre, le congrès de la Société française de lutte contre le sida (SFLS), sur une thématique impensable il y a encore dix ans. Alléger son traitement, alors qu’il y moins de vingt ans, on ignorait comment faire vivre les personnes séropositives au VIH. Ce changement de paradigme illustre l’avancée immense de la thérapeutique en la matière. Mais comme elle le disait déjà dans une interview, il serait incorrect d’envisager l’allègement de la vie avec le VIH seulement à l’aune des antirétroviraux. C’est ce qu’a répété Willy Rozembaum, professeur et clinicien historique de la lutte contre le sida, infatigable observateur des évolutions médicales. « Beaucoup résument l’allègement au thérapeutique, mais cela concerne bien d’autres choses. Le premier poids à l’époque, c’était l’incertitude de la survie. Il a fallu lever depuis bien des poids dans la vie des personnes », explique l’ancien président du CNS. C’est sur ce constat que la SFLS a construit ses deux journées annuelles, dont la première fut riche d’enseignements et d’éclairages sur l’enjeu d’une prise en compte médicale des freins et des obstacles à réduire au maximum la présence du virus dans la vie des personnes.

Alléger les traitements

Le docteur Pierre de Truchis est le successeur de Jacques Leibowitch, un des premiers pères de l’allégement en France. Il revient sur le sens même d’alléger : face à des traitements à vie avec des effets indésirables à long terme et un impact sur la qualité de vie des personnes, il fallait trouver des réponses pour améliorer le quotidien et réduire la toxicité des médicaments au long cours. Pour le système de santé, il y a aussi une brèche de réduction des coûts et surtout d’adaptation de la posologie à ce qui est le plus juste. A la tribune, il tient à faire un point de précision et à distinguer simplification et allègement : la diminution du nombre de prises quotidiennes et la réduction du nombre de molécules est un axe déjà exploré depuis longtemps par les clinicien-nes avec leurs patients-es. Les études de bithérapies et de réduction du nombre de molécules ont prouvé le maintien de l’efficacité virologique, mais également la réduction de la toxicité et des effets indésirables sur des paramètres de santé (rein, os). En revanche, l’allègement par la réduction du nombre de jours de prises reste un chantier à consolider. Les premières expériences du docteur Jacques Leibowitch ont été confortées en 2015 par l’essai ANRS-4D, qui évaluait l’efficacité d’une trithérapie classique avec une prise quatre jours sur sept.

Sauf pour un cas de sous-utilisation du médicament, le maintien de l’efficacité est total et surtout sans effet problématique pour la personne. L’observance est restée très bonne durant l’essai 4D qui a amené à élargir la cohorte évaluée en lançant Quatuor qui étudie dans un essai randomisé l’efficacité des trithérapies avec anti-intégrases, sept jours sur sept versus quatre jours sur sept. L’affaire est à suivre, mais les experts-es semblent confiants-es dans l’émergence de cette possibilité pour certains-es patients-es. « Pour l’instant, l’allègement universel est une tendance à vérifier auprès de toutes les classes de médicaments. La moindre exposition aux ARV devra être contrôlée au long terme sur la toxicité », nuance Pierre de Truchis. C’est un point crucial et objet de recherches intenses, sur lequel la France est plutôt proactive.

La présentation de Dominique Costagliola, professeure, biomathématicienne et épidémiologiste (Inserm), a permis de faire un point sur la mise en place concrète de stratégies thérapeutiques alternatives à la classique trithérapie. A partir des données de la base FHDH (base officielle sur la prise en charge des personnes vivant avec le VIH et suivies à l’hôpital) jusqu’en 2016, cette dernière a pu décrire les combinaisons de traitements prescrites aux personnes prises en charges et traitées en France. Les trithérapies restent ultra majoritaires à l’initiation du traitement (90 %), sans évolution récente concernant les monos ou bithérapies, même si Dominique Costagliola indique que depuis 2016 et la sortie de nouvelles études validant l’intérêt et l’efficacité des bithérapies, les choses risquent de bouger. Dans la prise en charge au long cours, en termes de changement ou switch de traitement, on atteint 5-6 % de monothérapies ou bithérapies au total. Concernant le darunavir, une des molécules utilisées en bithérapie, on atteint près de 10 % de personnes passées en bithérapie comportant du darunavir après un switch qui s’est avéré être un succès virologique. Pour le dolutégravir, on remarque aussi plus de 10 % de switchs avec succès en bithérapie. En termes d’échecs, on voit très peu de différences entre bithérapies et trithérapies, contrairement à la monothérapie, qui reste délicate dans sa mise en œuvre. Dominique Costagliola note également que le taux d’échec est corrélé au nombre d’années de contrôle virologique. Plus le VIH est contrôlé par un traitement depuis longtemps, plus le taux d’échec est bas après un switch vers une mono ou une bithérapie.

Alléger le risque

On a donc allégé parfois le traitement, mais pas forcément la vie, avec les effets indésirables longtemps très nombreux, mais surtout sur la perception du risque et de la culpabilité de la transmission. Ce pan social et psychologique d’une maladie sexuelle transmissible demeure une autre bataille à mener par la communauté de lutte contre le sida. « L’épidémie fut à l’origine d’une conscience générale. Il fallait une collaboration de tous les acteurs-trices, des patients-es aux associations, des médecins à la société civile, des cliniciens-nes aux politiques nationaux et internationaux », a expliqué Firouzé Bani-Sadr. L’indétectabilité du VIH dans le sang, avec trithérapie ou bithérapie, est atteignable depuis longtemps et tient en une véritable révolution positive. Depuis dix ans maintenant : il est connu et validé qu’une personne séropositive sous traitement efficace et avec une charge virale contrôlée à des niveaux indétectables ne transmet pas le VIH. Ce fait scientifique est valable pour les homos comme les hétéros. Pourtant, ce fait reste injustement peu connu des personnes vivant avec. « Alléger le risque, c’était aussi lutter contre les fantasmes et la panique sur les modes de contaminations, très souvent injustifiés. On a cru parfois revenir au Moyen Âge en termes de paranoïa concernant la protection vis-à-vis des personnes séropositives », a rappelé Willy Rozembaum. Alors travailler sur les représentations reste tout autant crucial que travailler sur le champ thérapeutique, pour un impact sur tous les espaces de vie des personnes. Ce dernier a tenu d’ailleurs à montrer par l’exemple, frappant, à quel point la donne avait changé en matière de prise de risque réelle ou supposée entre séropos et séronégatifs. Dans une dernière slide, le professeur a défendu que « la manière la plus sûre de ne pas contracter le VIH au cours d’une relation sexuelle était d’avoir cette relation sexuelle avec une personne contaminée au VIH et traitée depuis plus de six mois. Et que celle-ci est plus « attrayante » qu’une personne séro-interrogative. En d’autres termes, coucher avec une personne séropositive traitée avec succès vous permettra de rester séronégatif. De quoi souffler un grand coup et faire s’envoler les discriminations ?

Alléger la vie

Le combat contre le VIH se situe aussi dans la défense des droits humains, des femmes, des homosexuels et des personnes séropositives dans leur ensemble. Ces luttes sont loin d’être gagnées. Et les personnes vivant avec le virus sont les plus à mêmes de conter à quel point il reste difficile de parler, dire, évoquer sa propre séropositivité. Évoquant la journée de la Disance et son propre parcours, Florence Thune, directrice de Sidaction mais également femme vivant avec le VIH depuis 20 ans, a livré son témoignage, ce qui restera le point d’orgue de la journée. Elle évoque sans fard ce que le VIH lui a fait sur sa vie affective et sexuelle. Sur les discriminations qui demeurent et qui l’énervent encore, les clichés, mais aussi tout le chemin parcouru en termes d’allégement de la vie avec le VIH/sida. « Je ne peux que dire que le seul et unique véritable allègement arrivera le jour où je pourrais dire : « Je suis séronégative ». Ce qui se résumera, au final, à ne plus rien avoir à dire, à ne rien avoir à annoncer, à ne rien avoir à avouer, à ne pas avoir à partager, à ne pas avoir à témoigner. Ne plus avoir de secret, ne plus dissimuler, ne plus être accusée de cacher quelque chose, ne plus se voir refuser un prêt, ne plus se voir reléguer en dernière position pour une opération, et surtout ne plus entendre : « Mais comment ça t’est arrivé ? ». Ce vœu pas si pieu est la ligne directrice commune de tous les travaux entrepris dans la lutte contre le sida pour réussir à atteindre, certes la fin du sida et des contaminations, mais aussi et surtout la fin d’un fardeau bien trop lourd à porter par qui que ce soit.

https://www.seronet.info/article/vih-li ... etre-83052
fil - 16 Oct 2018 - 08:48
Sujet du message:
L’ALLÉGEMENT CONCERNE DE NOMBREUX ASPECTS DE LA VIE AVEC LE VIH

Directrice générale de Sidaction, Florence Thune, femme qui vit avec le VIH et militante de la lutte contre le sida, a été invitée à prendre la parole à l’occasion du congrès de la SFLS à Reims sur la question de l’allégement.

Il m’a donc été demandé de témoigner sur la question de l’allégement. De faire du « Je ». C’est donc une histoire qui ne parle pas « au nom de ». Parce que, tout comme pour la vie avec le VIH de manière générale, nous avons chacun notre propre histoire et notre propre ressenti vis-à-vis de cette question d’allégement.

Je souhaiterais également dire à quel point je me considère comme une « privilégiée ». Je ne parle pas de mon vécu personnel avec ce virus, mais du contexte dans lequel je vis, dans lequel je travaille, qui allège considérablement cette vie avec le VIH. Je témoigne librement, ici, dans les médias, sans craindre que mon employeur ou mes collègues, ma famille, mes amis, mes voisins me rejettent. J’évolue dans un milieu professionnel qui non seulement me permet d’être au top de l’information sur le VIH, mais m’offre également un réseau de médecins et d’experts-es à n’en plus finir, d’avoir tout le temps quelqu’un « à qui parler du VIH ». J’ai aussi la chance de pouvoir rencontrer de très nombreuses personnes séropositives avec de multiples histoires de vie, et tout cela est une chance incroyable.

Alors, même si, peut-être dans quelques années, ces témoignages reviendront en boomerang dans ma vie, que je regretterai que la première chose qui apparaisse sur Google quand vous tapez mon nom et mon prénom, c’est « séropositive », je considère que cette possibilité de parler ouvertement du VIH allège considérablement « ma vie avec ». Et j’en suis encore plus persuadée quand je lis le témoignage de cette dame, médecin généraliste, dans le cadre de la journée sur la Disance, organisée par AIDES, et qui écrit dans un très long texte à quel point il est impossible pour elle de témoigner à visage découvert et qui rappelle que malgré les progrès scientifiques et médicaux, vivre avec le VIH, c’est aussi aujourd’hui, « devoir vivre, pour l’écrasante majorité des gens, dans l’ombre et le secret ».

Comme il l’est dit depuis ce matin, l’allègement, ce n’est effectivement pas qu’une question de molécules. L’allégement concerne de nombreux aspects de la vie avec le VIH, parce que le VIH à lui seul peut parfois ou souvent être un poids. Je ne parviens pas à dire « jamais » mais c’est peut-être le cas pour certaines personnes séropositives, et tant mieux pour elles. Et ce poids est variable… tout au long de la vie. Des périodes où on fait avec, sans vraiment y penser, peuvent succéder à des périodes où on le sent plus peser sur sa vie, sans raison particulière parfois.

Ce poids « différent », je l’ai ainsi ressenti au cours du mois dernier, à trois semaines d’intervalle. Le VIH redevient un poids au moment où vous vous y attendez le moins. Comme lors d’un rendez-vous pour une consultation d’anesthésie, avec une médecin qui, après avoir pris connaissance de ma séropositivité, m’annonce que je passerai en dernier au bloc opératoire, parce qu’avec le VIH, vous savez…. Eh bien non, dites donc, je ne sais pas et je sens que vous allez m’expliquez… mais elle ne m’a rien expliqué du tout ; elle m’a juste répété en boucle que c’est comme ça, c’est le protocole. Je lui ai dit que c’était n’importe quoi ; je suis même partie sans lui dire au revoir, ce qui pour ceux qui me connaissent me situe au moins sur le niveau 7 de l’échelle de Richter de la colère !

Et puis trois semaines plus tard, une nouvelle expérience pour moi. Mon premier RDV en hôpital de jour (HDJ) pour un bilan, premier RDV en HDJ en 22 ans de vie avec le VIH, pour un bilan cardiaque. Avec une consultation au cours de laquelle on m’a demandé pour la première fois où je me situais sur une échelle de 1 à 10 en tant que femme séropositive. J’ai dit 9, parce que je me suis dit que 10, quand même, c’était limite prétentieux. Mais, là, je ne le sentais pas ce poids du VIH, parce que j’étais en face d’une personne bienveillante, en confiance ce jour-là, parce que c’est aussi ce que je ressentais en vrai depuis près de dix ans en tout cas. Parce qu’avant cela, ma vie de femme ne ressemblait pas à grand-chose, et même à rien pour être plus précise.

La question de l’allégement, elle concerne également notre suivi médical. J’ai eu la chance d’être suivie pendant dix ans par un médecin qui consultait en ville, après dix ans de RDV en milieu hospitalier. Un vrai allégement, très pratique, la facilité des RDV, la chance d’avoir avec une même personne un médecin traitant et un médecin infectiologue, tout cela m’a allégé la vie avec le VIH. Et puis, il a quitté Paris, m’a référé vers un autre médecin qui est malheureusement décédé brutalement, et je n’ai eu d’autre choix, un peu prise par l’urgence, que d’accepter un suivi à l’hôpital.

J’y suis retournée à contrecœur, et je me rappelle encore de cette première fois où je me suis retrouvée dans cette salle d’attente hospitalière, avec le sentiment de me reprendre le VIH en pleine figure. Et pendant ce temps, des médecins qui venaient chercher leurs patients-es me disaient bonjour car ils me reconnaissaient en tant que directrice générale de Sidaction ; mais moi, je n’avais qu’une envie, celle de partir en courant.

Mais paradoxalement, quant à l’issue de la consultation le médecin m’a dit : « Bon, on se revoit dans un an, et vous faites un bilan intermédiaire avec votre médecin traitant (médecin traitant que je n’avais plus à ce moment là) ». J’ai trouvé que le suivi s’allégeait très brutalement, que je n’aurai donc plus que 30 minutes au plus par an pour parler du VIH avec un médecin « qui s’y connait ». J’étais censée penser que c’était finalement une bonne nouvelle, que c’était quand même mieux qu’un RDV tous les trois mois comme au début, que cela allégeait les rendez-vous dans l’année, que cela laissait aussi de la place à des personnes qui avaient plus de soucis de santé. Je crois que j’ai réalisé que je devais donc faire le deuil de ce suivi rapproché, que je devais donc admettre que ce VIH n’était finalement plus pour moi qu’une question de mesure de charge virale inscrite sur un bout de papier deux fois par an.

Finalement, j’ai eu la chance de pouvoir retrouver un médecin traitant menant également des consultations VIH à l’hôpital, et de retrouver ce « luxe » de combiner les deux. L’allègement, c’est aussi, pour moi comme beaucoup, ce que la découverte de l’effet préventif des traitements a eu comme impact sur ma vie sexuelle. Enfin, enfin ne plus avoir peur de contaminer ! Cette peur qui m’a, pendant dix ans, fait renoncer, consciemment ou non, à toute activité sexuelle. Alors quel allègement, ce fameux effet Tasp !

Mais je vais quand même vous parler pour terminer d’une tentative réussie et d’une tentative ratée d’allègement thérapeutique. La prise de traitements n’a pas été, de manière générale, un poids pour moi — ce qui est un poids, c’est encore devoir aller tous les mois à la pharmacie, si on pouvait récupérer ses traitements pour trois mois, ce serait quand même une vraie avancée ! J’ai, malgré tout, le souvenir de deux années très difficiles avec le Kaletra, durant lesquelles je ne me souviens que du fait de devoir tout le temps repérer où étaient les toilettes les plus proches que ce soit au travail, en vacances, en déplacement. Alors, bien entendu, quand j’ai pu enfin arrêter le Kaletra, ce fut un vrai allégement thérapeutique pour moi.

Mais, il y a eu également une expérience peu concluante, comme quoi l’allégement, cela ne fonctionne pas pour tout le monde. Il y a deux ans, mon médecin me propose d’abandonner Isentress et Kivexa, et mes deux prises quotidiennes, pour Triumeq, et donc de passer à une prise par jour. Alors, soyons fous, un cachet par jour au lieu de trois, ça ne se refuse pas ! Mais mon corps lui a refusé. Au bout d’un mois, moi qui n’ai pas une qualité de sommeil renversante, c’est le moins qu’on puisse dire, j’étais devenue complètement insomniaque. C’était au moment de la conférence Afravih à Bruxelles. J’ai fait toute la conférence sans dormir une seule minute de jour comme de nuit, même pendant les sessions les plus soporifiques. Cette impression incroyable d’être sous caféine en perfusion ou sous amphétamines.
Alors, bien sûr, on a tout arrêté et je suis revenue à mes deux prises quotidiennes sans aucun regret. Et puis, j’ai eu le temps de m’apercevoir, qu’avec une seule prise quotidienne, cela me stressait plus de l’oublier. En rater éventuellement une sur deux, quand je prends mon traitement deux fois par jour, cela pouvait aller, mais rater la seule prise du jour, j’avais l’impression de prendre plus de risque, d’être moins observante.

Mon médecin m’a également proposé d’intégrer l’essai Quatuor avec une prise de traitements quatre jours sur sept. Deux obstacles m’ont empêché de franchir le pas : l’un très concret, mon agenda quelque peu rempli et ne faisant pas de moi quelqu’un de fiable en matière de rendez vous médicaux fixes et prévus longtemps à l’avance, et l’autre, plus psychologique, sûrement infondé, le risque de revenir à une charge virale détectable avec le retour de la peur de contaminer mon partenaire. Ce poids qui m’a empêché de vivre ma vie de femme pendant dix ans.

Pour conclure, je ne peux que dire que le seul et unique véritable allègement arrivera le jour où je pourrais dire « je suis séronégative ». Ce qui se résumera, au final, à ne plus rien avoir à dire, à ne rien avoir à annoncer, à ne rien avoir à avouer, à ne pas avoir à partager, à ne pas avoir à témoigner. Ne plus avoir de secret, ne plus dissimuler, ne plus être accusée de cacher quelque chose, ne plus se voir refuser un prêt, ne plus se voir reléguer en dernière position pour une opération, et surtout ne plus entendre « mais comment ça t’est arrivé ? ».

https://www.seronet.info/temoignage/lal ... -vih-83053
fil - 16 Oct 2018 - 14:13
Sujet du message:
Communiqué de presse Act Up Sud-ouest, vendredi 12 octobre 2018

Contre l’allègement de la qualité de vie des PVVIH
Reboostons la sécurité sociale !!!


Vendredi 12 octobre, Act Up Sud-ouest est intervenu lors de la réunion plénière du Congrès de la SFLS qui s’est déroulé à Reims.
Le VIH/sida est une affection longue durée (ALD) dont l’ensemble des soins est pris en charge à 100% par la sécurité sociale. La prise en charge des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH), globale et multidisciplinaire, se fait au sein de l’hôpital public, en lien avec le médecin généraliste. Cette prise en charge s’inscrit dans un parcours de soins qui concerne l’ensemble des services de l’hôpital et pour qu’elle soit globale, prend en compte les conditions de vie des PVVIH afin de garantir un succès thérapeutique. Les associations participent fortement à cet accompagnement des PVVIH pour un meilleur accès aux soins et aux droits, à la couverture maladie, au logement, à l’emploi, aux ressources, aux différentes prestations et contre les discriminations. Ce travail de lutte contre les inégalités sociales de santé se fait en complément de celui effectué par les assistantes sociales des hôpitaux et est reconnu dans les recommandations des expert-e-s sur la prise en charge des PVVIH.
Malgré le fait que le VIH soit une ALD prise en charge à 100%, les PVVIH doivent payer les franchises médicales, les différents forfaits, les dépassements d’honoraires, les mutuelles complémentaires pour l’ensemble des soins et actes médicaux non VIH, ainsi que tout ce qui est compris dans le reste à charge comme les déremboursements de certains médicaments.
De plus, le parcours de soins des PVVIH ne se fait pas sans difficultés. Les suppressions de poste de personnels soignants et non soignants au sein de l’hôpital dégradent leurs conditions de travail et la qualité de la prise en charge des usager-e-s. Les fermetures de certains services des hôpitaux de proximité remettent en cause la notion de service public de notre système de santé. Pour faire face aux déficits des hôpitaux publics, dû entre autres à l’application de la tarification à l’activité (T2A), des politiques d’austérité sont appliqués par la fermeture de lits, de réduction des temps d’hospitalisation des usager-e-s, des réductions de personnel soignant qui entre-autre augmentent considérablement les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous (plusieurs mois pour certains services), la vente de bâtiments hospitalier et par la privatisation du stationnement au sein des hôpitaux.
Les problèmes que rencontrent les usager-e-s dans leur parcours de soins (allant jusqu'au renoncement aux soins pour certain-e-s dus à l’augmentation des restes à charge) et l’hôpital public ont pour origine l’application de politiques de santé qui depuis des dizaines d’années a pour but de privatiser notre système de santé solidaire en s’attaquant à la sécurité sociale.
Pour rappel, la sécurité sociale, mise en place en 1945 par Ambroise Croizat, avait quatre grands principes : l’unicité (une seule caisse pour les risques), l’universalité (tout le monde sera soigné), la solidarité (la cotisation bénéficie directement du cotisant au bien-être des gens) et la démocratie (l’institution est gérée par les intéressé-e-s eux-mêmes). Sa philosophie était « vivre sans l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident du travail en cotisant selon ses moyens et en recevant selon ses besoins ».
Depuis la création de la sécurité sociale, l’ensemble de ses principes fondateurs a été continuellement remis en cause et pour certains éliminés. Aujourd’hui, le président Macron et le gouvernement Philippe s’appliquent à éliminer les cotisations sociales, principal financement de la sécurité sociale, à augmenter la CSG, véritable impôt, à réduire les prestations auxquelles nous avons droit (APL, prise en charge par le régime général de l’assurance maladie, retraites, assurance chômage), à augmenter les périodes de cotisation (retraite) et à continuer les politiques de suppression de postes au sein de l’hôpital public.
Ces politiques, en complément de la casse de l’hôpital public, sont appliqués directement dans la lutte contre le sida par les ARS, comme en Occitanie, qui suppriment les financements aux actions associatives permettant d’accompagner les PVVIH et de lutter contre les inégalités sociales de santé au prétexte qu’elles n'ont pas vocation à financer le social.
Aujourd’hui, si l’ensemble des acteurs et des actrices de la lutte contre le sida veut maintenir et/ou améliorer la qualité de la prise en charge globale des PVVIH, il va falloir lutter pour sauver la sécurité sociale et revenir à ses principes fondateurs.

Aujourd’hui, pour éviter la mise à mort de la sécurité sociale, c’est tous et toutes, ensemble, que nous devons agir, car seul-e-s nous serons tous et toutes perdant-e-s !
fil - 16 Oct 2018 - 15:09
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Consultation de suivi en médecine générale des personnes sous traitement antirétroviral



http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... vih_vf.pdf

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... vih_vf.pdf

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... 091018.pdf
fil - 20 Oct 2018 - 15:31
Sujet du message:
ALLÉGEMENT PAR TOUS ?

Au deuxième jour du congrès de la Société française de lutte contre le sida (SFLS), les participants-es ont continué d’explorer les potentialités de l’allègement de la vie des personnes vivant avec le VIH. Avant la prochaine édition à La Rochelle (en octobre 2019), médecins et associatifs-ves tentent d’identifier des leviers d’amélioration de la vie avec, à tous les niveaux et avec l’ensemble des acteurs-trices. Derniers retours de Reims.

La suite ici :

https://www.seronet.info/article/allege ... tous-83113
fil - 22 Oct 2018 - 17:07
Sujet du message:
Le témoignage de Florence Thune sur l'allègement, directrice générale de Sidaction

Lors du dernier congrès de la SFLS à Reims, Florence Thune a évoqué son expérience et son point de vue sur la question de l'allègement

Il m’a donc été demandé de témoigner sur la question de l’allègement… De faire du « je »… C’est donc une histoire qui ne parle pas « au nom de »…. Parce que, tout comme pour la vie avec le VIH de manière générale, nous avons chacun notre propre histoire et notre propre ressenti vis-à-vis de cette question d’allégement…

Je souhaiterais également dire à quel point je me considère comme une « privilégiée. Je ne parle pas de mon vécu personnel avec ce virus, mais du contexte dans lequel je vis, dans lequel je travaille, qui allège considérablement cette vie avec le VIH. Je témoigne librement, ici, dans les médias, sans craindre que mon employeur ou mes collègues, ma famille, mes amis, mes voisins me rejettent. J’évolue dans un milieu professionnel qui non seulement me permet d’être au top de l’information sur le VIH mais m’offre également un réseau de médecins et d’experts à n’en plus finir, d’avoir tout le temps quelqu’un « à qui parler du VIH ». J’ai aussi la chance de pouvoir rencontrer de très nombreuses personnes séropositives avec de multiples histoires de vie, et tout cela est une chance incroyable.

Alors, même si, peut-être dans quelques années, ces témoignages reviendront en boomerang dans ma vie, que je regretterai que la première chose qui apparaisse sur Google quand vous tapez mon nom et mon prénom, c’est « séropositive », je considère que cette possibilité de parler ouvertement du VIH allège considérablement « ma vie avec ». Et j’en suis encore plus persuadée quand je lis le témoignage de cette dame, médecin généraliste, dans le cadre de la journée sur la disance, organisée par Aides, et qui écrit dans un très long texte à quel point il est impossible pour elle de témoigner à visage découvert et qui rappelle que malgré les progrès scientifiques et médicaux, vivre avec le VIH, c’est aussi aujourd’hui , « devoir vivre, pour l’écrasante majorité des gens, dans l’ombre et le secret ».

Comme il l’est dit depuis ce matin, l’allègement ce n’est effectivement pas qu’une question de molécules…. L’allégement concerne de nombreux aspects de la vie avec le VIH, parce que le VIH à lui seul peut parfois ou souvent être un poids. Je ne parviens pas à dire « jamais » mais c’est peut-être le cas pour certaines personnes séropositives, et tant mieux pour elle… Et ce poids est variable… tout au long de la vie…. Des périodes où on fait avec, sans vraiment y penser, peuvent succéder à des périodes où on le sent plus peser sur sa vie, sans raison particulière parfois….

Ce poids « différent », je l’ai ainsi ressenti au cours du mois dernier, à 3 semaines d’intervalle… Le VIH redevient un poids au moment où vous vous y attendez le moins parfois… Comme lors d’un rendez-vous pour une consultation d’anesthésie, avec une médecin qui, après avoir pris connaissance de ma séropositivité m’annonce que je passerai en dernier au bloc opératoire, parce qu’avec le VIH, vous savez…. He bien non, dites donc, je ne sais pas et je sens que vous allez m’expliquez… mais elle ne m’a rien expliqué du tout, elle m’a juste répété en boucle que c’est comme ça, c’est le protocole…. Je lui ai dit que c’était n’importe quoi, je suis même partie sans lui dire au revoir, ce qui pour ceux qui me connaissent me situe au moins sur le niveau 7 de l’échelle de Richter de la colère….

Et puis 3 semaines plus tard, une nouvelle expérience pour moi… Mon premier RDV en hôpital de jour pour un bilan, 1er RDV en HDJ en 22 ans de vie avec le VIH, pour un bilan cardiaque…. Avec une consultation au cours de laquelle on m’a demandé pour la première fois où je me situais sur une échelle de 1 à 10 en tant que femme séropositive…. J’ai dit 9, parce que je me suis dit que 10, quand même, c’était limite prétentieux…. Mais, là, je ne le sentais pas ce poids du VIH, parce que j’étais en face d’une personne bienveillante, en confiance ce jour là, parce que c’est aussi ce que je ressentais en vrai depuis près de 10 ans en tout cas…. Parce qu’avant cela, ma vie de femme ne ressemblait pas à grand-chose, et même à rien pour être plus précise…..

La question de l’allégement, elle concerne également notre suivi médical… J’ai eu la chance d’être suivie pendant 10 ans par un médecin qui consultait en ville, après 10 ans de RDV en milieu hospitalier… Un vrai allégement, très pratique, la facilité des RDV, la chance d’avoir avec une même personne un médecin traitant et un médecin infectiologue, tout cela m’a allégé la vie avec le VIH…. Et puis, il a quitté Paris, m’a référé vers un autre médecin qui est malheureusement décédé brutalement, et je n’ai eu d’autre choix, un peu prise par l’urgence, que d’accepter un suivi à l’hôpital….

J’y suis retournée à contre-cœur, et je me rappelle encore de cette première fois où je me suis retrouvée dans cette salle d’attente hospitalière, avec le sentiment de me reprendre le VIH en pleine figure…. Et pendant ce temps, des médecins qui venaient chercheur leurs patients me disaient bonjour car ils me reconnaissaient en tant que DG de Sidaction, mais moi, je n’avais qu’une envie, celle de partir en courant....

Mais paradoxalement, quand à l’issue de la consultation, le médecin m’a dit « bon, on se revoit dans un an, et vous faites un bilan intermédiaire avec votre médecin traitant (médecin traitant que je n’avais plus à ce moment là) », j’ai trouvé que le suivi s’allégeait très brutalement, que je n’aurai donc plus que 30 minutes au plus par an pour parler du VIH avec un médecin « qui s’y connait ». J’étais censée penser que c’était finalement une bonne nouvelle, que c’était quand même mieux qu’un RDV tous les 3 mois comme au début, que cela allégeait les RDV dans l’année, que cela laissait aussi de la place à des personnes qui avaient plus de soucis de santé... Je crois que j’ai réalisé que je devais donc faire le deuil de ce suivi rapproché, que je devais donc admettre que ce VIH n’était finalement plus pour moi qu’une question de mesure de charge virale inscrite sur un bout de papier deux fois par an….

Finalement, j’ai eu la chance de pouvoir retrouver un médecin traitant menant également des consultations VIH à l’hôpital, et de retrouver ce « luxe » de combiner les deux….

L’allègement, c’est aussi, pour moi comme beaucoup, ce que la découverte de l’effet préventif des traitements a eu comme impact sur ma vie sexuelle…. Enfin, enfin, ne plus avoir peur de contaminer… Cette peur qui m’a, pendant 10 ans, fait renoncer, consciemment ou non, à toute activité sexuelle… Alors quel allègement , ce fameux effet TASP !

Mais je vais quand même vous parler pour terminer d’une tentative réussie et d’une tentative ratée d’allègement thérapeutique...

La prise de traitements n’a pas été, de manière générale, un poids pour moi (ce qui est un poids, c’est encore devoir aller tous les mois à la pharmacie, si on pouvait récupérer ses traitements pour 3 mois, ce serait quand même une vraie avancée !). J’ai malgré tout le souvenir de deux années très difficiles avec le Kaletra, durant lesquelles je ne me souviens que du fait de devoir tout le temps repérer où étaient les toilettes les plus proches que ce soit au travail, en vacances, en déplacement,… Alors, bien entendu, quand j’ai pu enfin arrêter le Kaletra, ce fut un vrai allégement thérapeutique pour moi….

Mais il y a eu également une expérience peu concluante, comme quoi l’allégement, cela ne fonctionne pas pour tout le monde… Il y a 2 ans, mon médecin me propose d’abandonner Isentress et Kivexa, et mes deux prises quotidiennes, pour Triumeq, et donc de passer à une prise par jour… Alors, soyons fous, un cachet par jour au lieu de trois, ça ne se refuse pas ! Mais mon corps lui a refusé…. Au bout d’un mois, moi qui n’aie pas une qualité de sommeil renversante, c’est le moins que l’on puisse dire, j’étais devenue complètement insomniaque. C’était au moment de l’AFRAVIH a Bruxelles, j’ai fait toute la conférence sans dormir une seule minute de jour comme de nuit, même pendant les sessions les plus soporifiques… Cette impression incroyable d’être sous caféine en perfusion ou sous amphétamines….

Alors, bien sûr, on a tout arrêté et je suis revenue à mes deux prises quotidiennes sans aucun regret… Et puis, j’ai eu le temps de m’apercevoir, qu’avec une seule prise quotidienne, cela me stressait plus de l’oublier… En rater éventuellement une sur deux, quand je prends mon traitement deux fois par jour, cela pouvait aller, mais rater la seule prise du jour, j’avais l’impression de prendre plus de risque, d’être moins observante…

Mon médecin m’a également proposé d’intégrer l’essai Quatuor avec une prise de traitements 4 jours sur 7. Deux obstacles m’ont empêché de franchir le pas , l’un très concret, mon agenda quelque peu rempli et ne faisant pas de moi quelqu’un de fiable en matière de rendez vous médicaux fixes et prévus longtemps à l’avance, et l’autre, plus psychologique, sûrement infondée, le risque de revenir à une charge virale détectable avec le retour de la peur de contaminer mon partenaire. Ce poids qui m’a empêché de vivre ma vie de femme pendant 10 ans.

Alors, pour conclure, je ne peux que dire que le seul et unique véritable allègement arrivera le jour où je pourrai dire « je suis séronégative ». Ce qui se résumera, au final, à ne plus rien avoir à dire, à ne rien avoir à annoncer, à ne rien avoir à avouer, à ne pas avoir à partager, à ne pas avoir à témoigner. Ne plus avoir de secret, ne plus dissimuler, ne plus être accusée de cacher quelque chose, ne plus se voir refuser un prêt, ne plus se voir reléguer en dernière position pour une opération, et surtout ne plus entendre « mais comment ça t’est arrivé ? ».

https://transversalmag.fr/articles/883- ... -Sidaction
fil - 23 Oct 2018 - 19:32
Sujet du message:
SLFS 2018 Rencontre d'experts , Le TASP, en parler pour alléger la vie
Experts : Dr Jean-Luc MEYNARD (Paris) et Dr Valérie POURCHER (Paris)



https://youtu.be/jG3ziESO_vw

Allégement pour tous ?
Dr Jean Luc Meynard (Saint Antoine APHP)



https://youtu.be/mME2od8qt0c

Alléger la complexité et prévenir les comorbidités
Dr Valérie Pourcher (La salle- pétrière APHP)



https://youtu.be/Q9aGwpfacvg
fil - 07 Nov 2018 - 17:45
Sujet du message:
HIV-Glasgow 2018 – Nouveaux médicaments ARV et nouvelles stratégies



Une large méta-analyse portant sur 181 études avec >77 sujets a examiné l'efficacité en intention de traiter du traitement antirétroviral initial instauré après 2010. Les résultats indiquent que l'efficacité à trois ans est d'environ 75 %, ce qui signifie qu'après trois ans, 25 % des patients sont en échec thérapeutique pour le traitement initial. Avec le temps, des dizaines de millions de personnes auront besoin d'un accès soutenu aux ART et les défis seront d'atteindre les 10 % d'individus qui ignorent leur statut VIH, qui ne sont pas encore soignés et dont le traitement est insatisfaisant.
Les traitements disponibles en 2018 comprennent cinq nouveaux médicaments ou nouvelles associations, notamment l'anticorps monoclonal de nouvelle classe ibalizumab. Nous disposons actuellement d'un pipeline thérapeutique très actif et nous conduisons d'ores et déjà des études de phase 1 sur des anticorps monoclonaux ciblant l'enveloppe, certains étant même engagés dans des études de phase 3. Le fostemsavir se caractérise par un nouveau mécanisme d'action et représente un inhibiteur de fixation de nouvelle classe capable de se lier à la protéine gp120 du VIH-1, empêchant le virus de pénétrer dans la cellule T hôte CD4+. Cette molécule est également évaluée dans le cadre d'études cliniques de phase 3.

Le besoin de nouvelles voies d'administration ne cesse de croître et l'administration d'ART pourrait subir prochainement d'importants bouleversements. Les patients doivent pouvoir faire un choix éclairé, à l'instar des choix en matière de contraception où les solutions réversibles à long terme sont plus efficaces que la pilule quotidienne.

La recherche sur le VIH entraîne des progrès qui vont au-delà de ce domaine, et cette contribution est explicite dans l'étude du virus de l'hépatite C et dans le développement d'antirétroviraux à action directe.

Références :
Alexandra Calmy - New ARV drugs and strategies - HIV Drug Therapy, Glasgow 2018

HIV-Glasgow 2018 – Étude de phase 3 évaluant l'ibalizumab : analyse en semaine 25 et en semaine 48

L'ibalizumab est un anticorps monoclonal humanisé sans effet immunosuppresseur (ossature d'IgG4) qui se lie au domaine 2 du CD4. Le mode d'action consiste en un encombrement stérique, ce qui empêche les modifications conformationnelles induites par l'interaction gp120/CD4 et bloque l'accès au co-récepteurs. Ce premier agent administré non quotidiennement peut être associé à d'autres ARV, et très peu d'interactions médicamenteuses ont été observées en présence de médicaments concomitants, car le métabolisme ne s'effectue pas au niveau hépatique/rénal.
En tout, 40 patients ont été recrutés dans l'étude TMB-301. Ils étaient plus âgés que prévu, présentaient une charge virale élevée et de faibles taux de CD4+. L'ibalizumab a été administré le jour 7 et le critère d'évaluation primaire au jour 14 était la proportion de patients obtenant une diminution ≥0,5log10 de la charge virale (CV). Après la monothérapie fonctionnelle, 33 patients (83 %) ont obtenu une diminution ≥0,5 log10 de la CV (P <0,0001) en comparaison d'un seul patient (3 %) au cours de la période de contrôle (jours 0-6). Entre les jours 7 et 14, les patients ont continué leur traitement auquel ils ne répondaient pas, avec pour seul changement la perfusion d'ibalizumab.

Les patients qui ont achevé l'étude TMB-301 ont intégré un programme d'accès étendu connu sous la dénomination de groupe « completer » (patients ayant achevé l'étude, TMB-311) et ont reçu des doses d'entretien d'ibalizumab toutes les deux semaines. En semaine 25, La diminution de la CV moyenne était d'environ 1,7log10 par rapport à la valeur de référence, et des diminutions plus importantes de CV ont été observées dans le groupe « completer » en comparaison de la population de l'étude TMB-301.

Mieux encore, l'ensemble des 15 patients présentant une charge virale <50 copies/mL en semaine 25 présentaient une suppression virale maintenue en semaine 48. Le profil de sécurité était favorable et les données obtenues en semaine 96 seront présentées très prochainement.

Références :

Zvi Cohen - Analysis of patients completing the ibalizumab phase 3 trial and expanded access programme – HIV Glasgow 2018

HIV-Glasgow 2018 – Fostemsavir (étude de phase 3 BRIGHTE) : analyse de sous-groupes après 48 semaines

L'étude de phase 3 en cours, évaluant le fostemsavir chez des patients lourdement prétraités (HTP), indique une efficacité supérieure en comparaison du placebo, après huit jours d'une monothérapie fonctionnelle.
Le mode d'action unique du fostemsavir consiste en une liaison directe du temsavir avec la protéine gp120, à proximité des sites de liaison au CD4. Le verrouillage de la protéine gp120 dans un état fixe permet de bloquer les changements de conformation nécessaires à la gp120 pour interagir avec le récepteur CD4, empêchant l'entrée du virus dans la cellule.

Les patients HTP ont été randomisés dans le rapport 3:1 pour recevoir, en aveugle, du fostemsavir ou le placebo, en association avec le traitement auquel ils ne réagissent plus, pendant huit jours sous forme de monothérapie fonctionnelle, avant d'initier un traitement ouvert à base de fostemsavir à 600 mg administré deux fois par jour et associé à un traitement de fond optimisé (TFO). La cohorte non randomisée a servie de bras à usage compassionnel. Les caractéristiques de référence étaient cohérentes pour une population HTP, avec un âge médian plus élevé (49 ans) et des patients dont l'état immunodéprimé était plus avancé (75 % affichaient un taux de CD4+ de référence <200 cellules/µL).

En semaine 48, 54 % des patients de la cohorte randomisée présentaient une charge virale <40 copies/mL contre 38 % des patients non randomisés. Les taux de suppression virologique n'étaient pas différents des résultats obtenus en semaine 24, ce qui est assez remarquable au sein d'une population aussi complexe et en dépit d'une attrition (perte d'effectif) continue. De la situation de référence (initiale) à la semaine 48, les taux de CD4+ ont indiqué une augmentation pertinente au plan clinique dans les deux cohortes. Sur les 25 décès recensés, 17 étaient dus à des complications liées au SIDA, à un événement de SIRI et à des infections aiguës.

Les résultats en semaine 48 confortent donc le développement du fostemsavir comme option thérapeutique chez les HTP infectés par le VIH-1 et dont les traitements restants sont peu actifs.

Références :

Peter Ackerman - Week 48 safety and efficacy of the HIV-1 attachment inhibitor prodrug fostemsavir in heavily treatment-experienced participants (BRIGHTE study) and Phase 3 study in heavily treatment-experienced participants: BRIGHTE Week 48 subgroup analysis in randomised cohort participants - HIV Drug Therapy, Glasgow 2018

HIV-Glasgow 2018 – Efficacité du composé MK-8591 contre divers sous-types de VIH-1 et divers isolats cliniques résistants aux NRTI

Le composé MK-8591 (4'-éthynyl-2-fluoro-2'-désoxyadénosine) est actuellement évalué dans le cadre d'études cliniques de phase 2 en association avec la doravirine à des doses de 0,25 mg, 0,75 mg et 2,25 mg, administrées une fois par jour. La structure chimique du composé MK-8591 est celle d'un analogue de l'adénosine avec deux modifications structurelles. Premièrement, un atome de fluor sur la base bloque l'activité de l'adénosine désaminase, ce qui contribue à une demi-vie élevée. Deuxièmement, le groupement 4’-éthynyle contribue à son mécanisme d'action. La fonction 3’-hydroxyle est absente des NRTI, mais le composé MK-8591 conserve ce groupement fonctionnel.
Une puissante activité est observée en culture cellulaire (PBMC, EC50 = 0,2 nM) et les tests in vitro sélectionnés pour les mutations M184I/V indiquent que l'activité du composé MK-8591 est plus puissante que celle de n'importe quel NRTI approuvé ciblant le virus de type sauvage. Les résultats indiquent un effet additif en matière de puissance antivirale lorsque le composé est testé en présence de 15 agents approuvés par la FDA, parmi lesquels la lamivudine, l'emtricitabine et le ténofovir. En ce qui concerne le profil virologique, le composé MK-8591 s'est avéré plus puissant que le TAF contre des isolats résistants.

Lors de son analyse, le composé MK-8591 a démontré une activité similaire contre un total de 11 sous-types de VIH-1 et s'est avéré 10 fois plus efficace en comparaison des composés TAF, AZT et 3TC contre le VIH-1 de type sauvage dans les PBMC humains.

Le composé MK-8591 devrait offrir un large spectre d'activité contre les mutants et divers sous-types dans le cadre d'un traitement du VIH ou d'une approche prophylactique.

Références :

Jay Grobler – Efficacy of MK-8591 against diverse HIV-1 subtypes and NRTI-resistant clinical isolates - HIV Drug Therapy, Glasgow 2018
fil - 07 Nov 2018 - 17:48
Sujet du message:
HIV-Glasgow 2018 – Top 10 des IM dans la prise en charge médicale du VIH

Cette communication orale passe en revue la prise en charge médicale et les aspects mécanistiques de 10 interactions médicamenteuses (IM) fréquemment observées dans la pratique clinique quotidienne, et classées par intensité de l'IM.

10. Statines

Les interactions peuvent être gérées en démarrant avec une faible dose de statine, puis en réglant la dose en fonction de la réponse lipidique. Les schémas thérapeutiques rehaussés exercent une inhibition différente sur les transporteurs de médicaments, ce qui se traduit par une intensité plus ou moins prononcée de l'IM.[1,2]

9. Antidépresseurs

Le ritonavir, lorsqu'il est utilisé comme accélérateur pharmacocinétique, n'inhibe que faiblement le CYP2D6.[3,4] À priori, aucun ajustement de la dose n'est requis pour plusieurs antidépresseurs lors de l'initiation d'un schéma thérapeutique rehaussé, mais les antidépresseurs tricycliques devraient être évités chez les patients âgés.

8. PrEP et Chemsex

Si un patient divulgue l'utilisation d'une drogue récréative, il est préférable de passer à un schéma ARV présentant un potentiel d'IM aussi faible que possible.[5]

7. Antihypertenseurs

Aucune IM n'est attendue avec les inhibiteurs de l'ACE, car ils ne sont pas soumis à un métabolisme médié par le CYP, ni avec les diurétiques (à l'exception de l'éplérénone qui est contre-indiquée dans le cadre d'un schéma thérapeutique rehaussé).[6]

6. Metformine

L'acidose lactique induite par la metformine est rare et essentiellement décrite chez les patients présentant une affection sous-jacente. Le risque augmente en cas d'atteinte rénale et d'administration à haute dose.[7]

5. IPP, antiacides et compléments minéraux

Certains ARV nécessitent de l'acide gastrique à pH bas pour être absorbés. Par exemple, en cas de co-administration avec un antiacide, l'exposition du dolutégravir est réduite de 74 %.[6]

4. Rifampicine

La présence de rifampicine n'a pas d'effet sur le fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) mais réduit significativement l'absorption du ténofovir alafénamide (TAF). [6]

3. Corticostéroïdes

Le niveau de risque dépend des propriétés du médicament. Il est recommandé de remplacer un schéma thérapeutique rehaussé par des agents ARV qui n'inhibent pas le CYP3A4 (une liste de ces agents est disponible sur le site Web du Liverpool DDI). La dexaméthasone doit être utilisée avec précaution.[6]

2. Anticoagulants

Les anticoagulants à action directe doivent être évités en cas de schéma thérapeutique rehaussé. Chez les patients recevant un traitement rehaussé, les antivitamines K doivent être privilégiés car l'IM peut être prise en charge en surveillant l'INR. Le rivaroxaban et l'apixaban doivent être évités.[6]

1. Agents antiplaquettaires

Le ticagrélor et le clopidogrel doivent être évités en cas de schéma thérapeutique rehaussé. Utilisez le prasugrel sauf si le patient présente un état pathologique contre-indiquant son utilisation, auquel cas, un autre traitement contre le VIH doit être employé.

Références :

[1] Annaert P, Ye ZW, Stieger B, Augustijns P. Interaction of HIV protease inhibitors with OATP1B1, 1B3, and 2B1. Xenobiotica. 2010 Mar;40(3):163-176.

[2] Wiggins BS, Lamprecht DG Jr, Page RL 2nd, Saseen JJ. Recommendations for Managing Drug-Drug Interactions with Statins and HIV Medications. Am J Cardiovasc Drugs. 2017 Oct;17(5):375-389.

[3] Gutierrez MM, Rosenberg J, Abramowitz W. An evaluation of the potential for pharmacokinetic interaction between escitalopram and the cytochrome P450 3A4 inhibitor ritonavir. Clin Ther. 2003 Apr;25(4):1200-1210.

[4] Aarnoutse RE, Kleinnijenhuis J, Koopmans PP, Touw DJ, Wieling J, Hekster YA, Burger DM. Effect of low-dose ritonavir (100 mg twice daily) on the activity of cytochrome P450 2D6 in healthy volunteers. Clin Pharmacol Ther. 2005 Dec;78(6):664-674.

[5] Antoniou T, Tseng AL. Interactions between recreational drugs and antiretroviral agents. Ann Pharmacother. 2002 Oct;36(10):1598-1613.

[6] www.hiv-druginteractions.org

[7] Stades AM, Heikens JT, Erkelens DW, Holleman F, Hoekstra JB. Metformin and lactic acidosis: cause or coincidence? A review of case reports. J Intern Med. 2004 Feb;255(2):179-187.

[8] Itkonen MK, Tornio A, Lapatto-Reiniluoto O, Neuvonen M, Neuvonen PJ, Niemi M, Backman JT.Clopidogrel Increases Dasabuvir Exposure With or Without Ritonavir, and Ritonavir Inhibits the Bioactivation of Clopidogrel. Clin Pharmacol Ther. 2018 Apr 26. doi: 10.1002/cpt.1099. [Epub ahead of print]
fil - 07 Nov 2018 - 17:52
Sujet du message:
HIV-Glasgow 2018 – VIH et belle vieillesse

Au cours des 10-15 prochaines années, le nombre de personnes de 60 ans et plus augmentera considérablement. En 2010, 30 % des patients des plus grandes cliniques des pays industrialisés étaient âgés de plus de 50 ans. Ils sont plus de 50 % de nos jours. Les projections pour les 10-15 prochaines années suggèrent que 75 % des patients auront plus de 50 ans et 40 % plus de 60 ans.[1]
Les personnes plus âgées vivant avec le VIH (OPLH) tendent à être diagnostiquées plus tardivement et présentent une immunosuppression supérieure, ainsi qu'une récupération immunitaire altérée. Les conséquences sont la multi-morbidité, incluant de plus en plus les syndromes gériatriques et les troubles de santé mentale sous-diagnostiqués.

Les syndromes gériatriques chez les OPLH peuvent survenir 5 à 10 ans plus tôt et les comorbidités non liées au SIDA surviennent à un plus jeune âge. La faiblesse est associée à un risque accru de déclin cognitif et la prévalence de la faiblesse est supérieure à tous les âges en comparaison des contrôles,[2] ce qui n'est généralement pas observé dans la population générale avant un délai ultérieur d'environ 10 à 15 ans. La mobilité, les chutes, la dépression et l'altération cognitive sont tous des critères problématiques chez les OPLH.[3] La recherche suggère l'existence éventuelle d'un phénotype de vieillissement accéléré chez les OPLH alors que la méthylation de l'ADN indique une augmentation de l'âge biologique d'environ 5 ans.[4]

La multi-morbidité entraîne une polypharmacie qui comprend souvent des médicaments à forte charge anticholinergique, lesquels peuvent prédisposer à un déclin cognitif. Mais il est possible de bien vieillir en étant infecté par le VIH grâce à un diagnostic précoce, à l'incitation à la pratique d'activités contribuant à la réserve cognitive et à l'évaluation des risques de comorbidité.

Références :

[1] Smit M, Brinkman K, Geerlings S, Smit C, Thyagarajan K, Sighem Av, de Wolf F, Hallett TB; ATHENA observational cohort. Future challenges for clinical care of an ageing population infected with HIV: a modelling study. Lancet Infect Dis. 2015 Jul;15(7):810-818. Erratum in: Lancet Infect Dis. 2015 Sep;15(9):998.

[2] Kooij KW, Wit FW, Schouten J, van der Valk M, Godfried MH, Stolte IG, Prins M, Falutz J, Reiss P; AGEhIV Cohort Study Group. HIV infection is independently associated with frailty in middle-aged HIV type 1-infected individuals compared with similar but uninfected controls. AIDS. 2016 Jan;30(2):241-250. Erratum in: AIDS. 2016 Jul 17;30(11):1863.

[3] Greene M, Covinsky KE, Valcour V, Miao Y, Madamba J, Lampiris H, Cenzer IS, Martin J, Deeks SG. Geriatric Syndromes in Older HIV-Infected Adults. J Acquir Immune Defic Syndr. 2015 Jun 1;69(2):161-167.

[4] Gross AM, Jaeger PA, Kreisberg JF, Licon K, Jepsen KL, Khosroheidari M, Morsey BM, Swindells S, Shen H, Ng CT, Flagg K, Chen D, Zhang K, Fox HS, Ideker T. Methylome-wide Analysis of Chronic HIV Infection Reveals Five-Year Increase in Biological Age and Epigenetic Targeting of HLA. Mol Cell. 2016 Apr 21;62(2):157-168.

HIV-Glasgow 2018 – Tuberculose associée au VIH : diagnostic, prise en charge et prévention

Les dix dernières années ont permis plusieurs développements clés en matière de diagnostic de la tuberculose (TB), en particulier pour les patients co-infectés. Les tests d'amplification des acides nucléiques, comme les tests Xpert et Xpert Ultra, peuvent fournir un résultat en l'espace de deux heures d'examen en laboratoire, et peuvent même tester la sensibilité à la rifampicine. Une autre avancée est le test urinaire Urine LAM, un test ne recourant pas aux expectorations, effectué sur le lieu des soins, et qui est efficace chez les patients infectés par le VIH ayant un taux de CD4<100>900 échantillons d'urine de patients infectés par le VIH et hospitalisés. Il a révélé une amélioration de la sensibilité de 42 % à 70 % en comparaison du test Alere-LAM actuel, la sensibilité atteignant même 84 % chez les patients présentant un taux de CD4<100. Ce test semble prometteur pour diagnostiquer rapidement la TB chez un nombre élevé de patients atteints de TB associée au VIH.

Au cours des cinq dernières années, deux nouvelles classes de médicaments antituberculeux ont été autorisées et les résultats intermédiaires de l'étude à un seul bras NiX-TB a montré qu'une proportion de patients atteints de XDR-TB (tuberculose ultrarésistante) de 88 % guérissaient après un traitement de 6 mois associant 3 médicaments.

L'administration précoce d'ART réduit la mortalité chez tous les patients atteints de TB associée au VIH. Chez les patients présentant un taux de CD4<50>50, aucun bénéfice n'a été observé en matière de mortalité. En conséquence, l'OMS recommande d'instaurer l'ART en l'espace de huit semaines chez tous les patients atteints de TB, et en l'espace de deux semaines pour les patients présentant un taux de CD4<50. Toutefois, cette approche augmente le risque de SIRI (syndrome inflammatoire de restauration immune) dû à la TB, bien que la prednisone prophylactique diminue l'incidence de SIRI lié à la TB en toute sécurité.

Les IM liées à la rifampicine sont connues et le TAF est le seul inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (NNRTI) présentant d'importantes interactions. Bien que la co-administration du TAF et de la rifampicine ne soit pas conseillée, cette interaction fait l'objet d'examens complémentaires.

Commentaire d'expert :

« Mon conseil en matière d'administration d'ART le jour même, serait de rechercher avant tout les symptômes de la TB. En cas de survenue de symptômes de TB, l'administration d'ART le jour même devrait être évitée et un test de dépistage de la TB devrait être réalisé. Avec cette approche, je pense que vous minimiserez le risque de déclencher un SIRI lié à la TB. »

Références :

Graeme Meintjes – HIV-associated tuberculosis: diagnosis, management and prevention - HIV Drug Therapy, Glasgow 2018

HIV-Glasgow 2018 – Traitement du VIH et immunothérapie du cancer : des recherches inter-disciplinaires

Parmi les approches anticancéreuses, l'approche immunologique en est une très similaire à la stratégie « Shock and Kill » dans le traitement du VIH. Pour obtenir la rémission du VIH, le fardeau de la maladie doit être faible. De faibles niveaux d'inflammation sont essentiels pour que le système immunitaire puisse agir efficacement, et nous avons un besoin critique de réponses soutenues de l'hôte qui soient amorcées, localisées dans les tissus et qui ciblent les épitopes sensibles. Les oncologues sont confrontés aux mêmes difficultés et développent de nombreux médicaments pouvant permettre d'obtenir les résultats souhaités en matière de recherche sur le VIH.
Plus de 100 études immunothérapeutiques ont été menées sur des personnes, la plupart d'entre elles évaluant des vaccins thérapeutiques. Toutes ont présenté des résultats essentiellement négatifs concernant le réservoir du VIH. En dernier lieu, nous avons besoin de meilleurs vaccins et de meilleures associations, et la recherche sur les vaccins anticancéreux suscite une certaine excitation pour les vaccins à ARN qui sont à présent reconvertis pour le traitement du VIH. Les études sur les agonistes des récepteurs apparentés à toll ( toll-like receptor, TLR) comme adjuvants de vaccin démontrent un certain potentiel comme traitement fonctionnel pour le VIH.

Les oncologues ciblent désormais activement les voies immunosuppressives. Les études sur le blocage de PD-1 chez des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ne sont pas possibles en raison du profil de sécurité. En conséquence, les études actuelles sont menées auprès de patients atteints à la fois d'un cancer et du VIH. Il est suggéré que si le PD-1 peut être bloqué directement, il serait alors possible de bloquer directement une cellule infectée par le VIH, ce qui permettrait de détruire le virus.

Références :

Steven G Deeks - HIV cure and cancer immunotherapy: cross-disciplinary research at its best - HIV Drug Therapy, Glasgow 2018
fil - 07 Nov 2018 - 17:54
Sujet du message:
HIV-Glasgow 2018 – Approches de traitement du VIH

Pour traiter le VIH, il est nécessaire d'éliminer les cellules infectées latentes qui sont impossibles à distinguer des cellules non infectées. Il faut localiser ces cellules et déterminer quelles sont les stratégies à mettre en œuvre pour les éliminer. Bien que les traitements antirétroviraux (TAR) actuels soient très efficaces, certains agents ne pénètrent pas dans tous les tissus, et la situation est préoccupante au niveau du cerveau, du tissu ganglionnaire et des voies uro-génitales, où l'on pense que le réservoir de VIH s'accroît.
Lors de la conception d'une étude, le critère le plus important au plan clinique pour les médecins et les patients est le contrôle viral, hors thérapie. Mais pour y arriver, il est essentiel de déterminer quel paramètre est mesuré et il est manifestement délicat de demander aux patients d'interrompre leur TAR.

Certaines approches stratégiques de traitement du VIH consistent à réduire les niveaux des réservoirs viraux en-dessous d'un seuil arbitraire en instaurant un TAR précoce après une infection aiguë. Une autre méthode consiste à renforcer l'immunité des lymphocytes T spécifiques au VIH chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sous traitement, ou en récupérant un système immunitaire épuisé - une approche qui s'est avérée très fructueuse dans le traitement du cancer. Cependant, les résultats des études sont peu concluants.

Pour tenter de réduire la taille du réservoir de VIH, l'approche anti-VIH « Kick and Kill » utilise un agent d'inversion de la latence associé à une certaine forme de réponse immunitaire spécifique au VIH qui détruit dans un second temps les cellules latentes activées. L'étude RIVER a comparé des contrôles recevant un TAR seul à des patients ayant reçu un vaccin et le vorinostat. Les résultats n'ont révélé aucune différence significative quant à l'ADN total de VIH ou de croissance virale accrue dans le bras de l'étude.

Des anticorps neutralisants à large spectre de nouvelle génération (bnAb) sont actuellement étudiés. D'une durée de vie atteignant jusqu'à 3-6 mois, ils pourraient également être testés en prévention comme en traitement. Mais le point le plus important est que ces molécules ont un mécanisme d'action complètement différent des TAR.

Commentaire d'expert :

Q : « Quelle preuve avons-nous à ce jour que les bnAb ne sont pas uniquement des antiviraux ? »

R : « Il existe actuellement une donnée probante suggérant un effet vaccinal sans que l'on sache vraiment comment cela fonctionne, ni quelle importance cet effet revêt en matière de rémission. Il se pourrait que le fragment Fc de l'anticorps se lie d'une certaine manière aux cellules présentatrices de l'antigène, facilitant ainsi la destruction dépendante d'anticorps des cellules qui expriment des protéines virales. »”

Références :

Sarah Fidler - Approaches towards a cure for HIV - HIV Therapy, Glasgow 2018

HIV-Glasgow 2018 – Événements indésirables des ARV actuels : mythes et réalités

Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) présentent un risque accru de comorbidités. Mais on ne dispose pas de données suffisantes pour déterminer si les personnes présentent ces comorbidités à un âge bien plus jeune que prévu.[1] Bien que les cancers de l'anus et du poumon semblent survenir avec une incidence élevée chez les PVVIH plus jeunes, le lymphome de Hodgkin apparaît à un âge plus tardif en comparaison des patients négatifs pour le VIH.[2,3]
De nombreuses études ont indiqué que les PVVIH présentaient une densité minérale osseuse (DMO) plus faible que les personnes non infectées par le VIH.[4] La perte osseuse à long terme est associée au fumarate de ténofovir disoproxil (TNF), mais les observations d'une DMO moindre pourrait être un effet du traitement qui se limite aux 12 premiers mois suivant l'initiation du traitement. L'étude UPBEAT sur le VIH a révélé une perte de DMO de 0,2 % à 0,6 % par an chez les PVVIH.[5]

Certaines suggestions indiquant que l'abacavir contribuait à un risque accru d'infarctus du myocarde ont orienté les recherches sur la fonction plaquettaire comme cause sous-jacente.[6] Il existe à présent une grande quantité de données issues de la recherche translationnelle étayant les observations cliniques selon lesquelles l'abacavir pourrait être associé à l'infarctus du myocarde.

L'étude observationnelle Tsepamo menée en Afrique présente des données indiquant une augmentation inattendue de lésions du tube neural chez les femmes recevant du dolutégravir au moment de la conception.[7] Reposant sur quatre cas, cette observation est un résultat précoce et la prochaine analyse effectuée sur des personnes âgées est attendue en mars 2019.

Références :

[1] Althoff KN, McGinnis KA, Wyatt CM, Freiberg MS, Gilbert C, Oursler KK, Rimland D, Rodriguez-Barradas MC, Dubrow R, Park LS, Skanderson M, Shiels MS, Gange SJ, Gebo KA, Justice AC; Veterans Aging Cohort Study (VACS). Comparison of risk and age at diagnosis of myocardial infarction, end-stage renal disease, and non-AIDS-defining cancer in HIV-infected versus uninfected adults. Clin Infect Dis. 2015 Feb 15;60(4):627-638.

[2] Shiels MS, Pfeiffer RM, Engels EA. Age at cancer diagnosis among persons with AIDS in the United States. Ann Intern Med. 2010 Oct 5;153(7):452-460.

[3] Mahale P, Engels EA, Coghill AE, Kahn AR, Shiels MS. Cancer Risk in Older Persons Living With Human Immunodeficiency Virus Infection in the United States. Clin Infect Dis. 2018 Jun 18;67(1):50-57.

[4] Cotter AG, Sabin CA, Simelane S, Macken A, Kavanagh E, Brady JJ, McCarthy G, Compston J, Mallon PW; HIV UPBEAT Study Group. Relative contribution of HIV infection, demographics and body mass index to bone mineral density. AIDS. 2014 Sep 10;28(14):2051-2060.

[5] Tinago W, Cotter AG, Sabin CA, Macken A, Kavanagh E, Brady JJ, McCarthy G, Compston J, Mallon PW; HIV UPBEAT Study Group. Predictors of longitudinal change in bone mineral density in a cohort of HIV-positive and negative patients. AIDS. 2017 Mar 13;31(5):643-652.

[6] https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT02469246

[7] Zash RM, Williams P, Holmes LB. What is the risk of major congenital abnormalities among women on antiretroviral therapy? AIDS. 2018 Jan 28;32(3):403-404.
fil - 13 Nov 2018 - 04:17
Sujet du message:
VIH : LA BONNE SANTÉ BOURSIÈRE DE GILEAD

La firme pharmaceutique américaine Gilead Sciences a enregistré un plongeon de ses bénéfices et de son chiffre d'affaires au troisième trimestre 2018, en raison de la chute des ventes de médicaments contre l'hépatite C, indiquent plusieurs médias économiques. Le bénéfice net a diminué de 22,8 % à 2,1 milliards de dollars lors des trois mois achevés fin septembre, ce qui s'est traduit par un bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du nord, de 1,84 dollar contre 1,63 dollar attendu en moyenne par les analystes financiers, détaille la presse boursière. Le chiffre d'affaires a reculé de 14 % à 5,6 milliards de dollars mais est supérieur aux 5,38 milliards anticipés. Comment expliquer cette baisse du chiffre d’affaires ? Il pâtit principalement de la chute des recettes générées par les médicaments contre l'hépatite C.

Les ventes de la division des médicaments anti-VHC, qui comprend Harvoni et Sovaldi, ont été divisées par plus de deux à 902 millions de dollars, en raison de la concurrence, notamment celle de Zepatier, un médicament anti-VHC produit par Merck, dont le prix est plus bas. Mais ce qui part d’un côté, revient de l’autre. La presse boursière souligne ainsi que les ventes de la branche des antiviraux, dont le Truvada, ont augmenté de 12 % à 3,7 milliards de dollars, principalement grâce aux recettes générées par Genvoya, un tout nouveau traitement anti-VIH. Ce va-et-vient ne doit pas faire pleure sur le sort financier de la firme pharmaceutique américaine, puisque Gilead a relevé son objectif de chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année 2018 : il l'attend désormais entre 20,8 et 21,3 milliards de dollars contre de 20 à 21 milliards il y a trois mois.

https://www.seronet.info/breve/vih-la-b ... lead-83323
fil - 21 Nov 2018 - 07:48
Sujet du message:
Congrès National de la SFLS 2018






Du pire à l’allègement, témoignage au présent
Willy Rozenbaum (Paris)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ENBAUM.pdf

L’allègement, qu’en dit l’épidémiologie ?
Dominique Costagliola (Paris)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... GLIOLA.pdf

Psychologie de la maladie chronique
Cyril Tarquinio (Besançon)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... RQUINO.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 07:51
Sujet du message:
L’allègement en 3 questions médicales :

Pierre De Truchis, le clinicien

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ruchis.pdf

Constance Delaugerre, la virologue

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... rre%20.pdf

Pierre Corbeau, l’immunologiste

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ORBEAU.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 07:55
Sujet du message:
Entre poids de la maladie et contraintes du milieu carcéral, peut-on alléger la vie avec le VIH en prison ?
Jean-Luc Boussard

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... USSARD.pdf

Points d’actualité pour les PVVIH très précaires
Geneviève Baraton

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... araton.pdf

Psychiatrie et troubles graves
Roser Ceinos

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... CEINOS.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 07:59
Sujet du message:
Tabac : qu’en est-il de la prise en charge des patients VIH ?
Nathalie Wirth

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -Wirth.pdf

Promouvoir un suivi partagé et coordonné ville-hôpital
Vincent Le Moing

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -MOING.pdf

La vision du proctologue a-t-elle changé ?
Camille Zallot

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ZALLOT.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 08:04
Sujet du message:
Ne plus être contagieux, la vraie révolution pour les patients infectés par le VIH !
Cédric Arvieux

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... rvieux.pdf

10 ans de l’avis suisse : allègement du poids dans la société ?
Enos Bernasconi

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... asconi.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 08:08
Sujet du message:
Maison Chemin Vert : prise en charge innovante des infections chroniques en ville
Pauline Campa

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -CAMPA.pdf

VIHclic.fr : de la prévention au suivi
Éléonore Bernard et Lucie Campagné

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... mpagne.pdf

Droit à l’oubli (emprunts, assurances), démarchesdu quotidien… , avec le témoignage de Camille Genton, entrepreneur séropositif
Enzo Poultreniez

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... RENIEZ.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 08:11
Sujet du message:
Protection de la santé des ressortissants étrangers résidant en Guyane et dans les Antilles françaises - avis et recommandations du Conseil national du SIDA ?
Marie Suzan

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -Monti.pdf

L’impact des cultures sur l’approche des parcours et systèmes de santé
Séverine Carillon

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... rillon.pdf

fil - 21 Nov 2018 - 08:18
Sujet du message:
Premiers résultats de l’enquête SFLS « objectif-zéro ? », phase 2
Gilles Pialoux (Paris)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... IALOUX.pdf

Acceptabilité et tolérance des génériques en vraie vie chez les patients vivants avec le VIH (PVVIH)
David Plainchamp (CHU, Poitiers)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... nchamp.pdf

Qui sont les hommes inclus dans MemoDépistages ?
Delphine Rahib (Santé Publique France, Paris)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -Rahib.pdf

Un an d’initiation de la PrEP au centre de santé communautaire « le 190 » : caractéristiques d’une file active non hospitalière
Michel Ohayon (le 190, Paris)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... Ohayon.pdf

Club et plateforme utilisateurs
Pascal Pugliese (Nice), André Cabié (Martinique)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... RAFYQY.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 08:23
Sujet du message:



Le point et perspectives sur la recherche par l’ANRS : quels allègements ?

François Dabis (ANRS)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -DABIS.pdf

Allègement de la vie sociale ? Recenser et objectiver les discriminations dans le soin des PVVIH et des communautés concernées pour faire évoluer les pratiques
Caroline Izambert (AIDES)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ambert.pdf

L’allègement en termes médico-économiques
Yasdan Yasdanpanah, Daniela Rojas (ANRS, étude GOTA)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... Castro.pdf

Organisation des soins et comorbidités, « allègement » dans le rapport d’Experts
Anne Simon (SFLS)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... -SIMON.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 09:54
Sujet du message:
Pistes de réflexions sur l'aide à l'annonce du VIH dans le couple
Eida Bui

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... da-BUI.pdf

Alléger l'impact du VIH sur la sexualité
Sophie Pilcer

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... PILCER.pdf

Difficultés à notifier les partenaires : les enjeux de l’accompagnement
Michel Celse

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... lse%20.pdf

Accompagner à dire
Rose Nguekeng

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... UEKENG.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 10:02
Sujet du message:
Le pharmacien, un partenaire qui pèse dans l’allègement.
Contribution du pharmacien dans le parcours de soins personnalisé du patient vivant avec le VIH

Christine Jacomet (médecin CHU Clermont-Ferrand),
Bruno Laurandin (pharmacien d’Officine)


http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... RANDIN.pdf

Allègement en ETP, parlons-en
Sylvia Puglièse (pharmacienne CHU Nice)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ERTAIN.pdf

Les questions autour des auto-tests et l’avis de l’Académie Nationale de Pharmacie
Martial Fraysse (pharmacien d'officine, Académie Nationale de Pharmacie)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... raysse.pdf

La décision partagée dans l’allègement
Clarisse Fortemaison (TrT5)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... maison.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 10:08
Sujet du message:
Comment s’alléger du poids du VIH en se réappropriant sa vie
David Friboulet

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... boulet.pdf

L’impact de l’allégement sur la qualité de vie : des études cliniques vers la décision individuelle
Martin Duracinsky

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... cinsky.pdf

Réalités de vie et besoins des PVVIH, comment aider à "mieux-être" ?
Hélène Meunier

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... EUNIER.pdf

Nutrition et santé
Anne-Valérie Constant

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... NSTANT.pdf

Pathologies chroniques : en quoi la méditation de pleine conscience peut-elle alléger le parcours de santé et la relation soignant soigné ?
Jean-François Dailloux, Véronique Tirard-Fleury

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... illoux.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 10:18
Sujet du message:
Parentalité et VIH
Laurent Mandelbrot (AP-HP)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... elbrot.pdf

Vivre avec le VIH après 40 ans
Fanette Blaizeau (Sida Info Service)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... AIZEAU.pdf
fil - 21 Nov 2018 - 10:22
Sujet du message:
L’apport de l’expérience hors des frontières
Sophie Florence (CeGIDD du Figuier)

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... ORENCE.pdf

Clôture 2018 et annonce 2019 - La Rochelle

http://sfls.aei.fr/ckfinder/userfiles/f ... LE2019.pdf

http://sfls.aei.fr/formations/journees- ... sentations
fil - 22 Nov 2018 - 10:52
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Brochure - Le VIH en 2019: Les clefs pour comprendre

Nous vivons une révolution. La lutte contre le sida et la vie avec le VIH ont changé. Ces dernières années, d'immenses progrès scientifiques ont réalisés; trop vite parfois par rapport aux idées reçues que beaucoup gardent à l'encontre du VIH et de la prévention. C'est pour cela que le Crips Île-de-France et Vih.org se sont associés, pour la seconde fois, afin de produite une brochure d'actualisation des connaissances grand public, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida.



Cette révolution, c’est celle d'une avancée scientifique majeure: une personne séropositive, prenant un traitement efficace qui abaisse la charge virale dans le sang en dessous du seuil de sa détectabilité, ne transmet plus le virus.

Cette révolution, c'est celle de la mise en place d’outils de prévention qui permettant à chacun d’adapter sa prévention à ses pratiques. C'est la révolution de la prophylaxie pré-exposition ( Prep ) pour prévenir la transmission du virus chez les personnes séronégatives. C’est celle du dépistage, plus que jamais essentiel, que ce soit dans les Centres de dépistages ( CeGIDD ), avec un test rapide ou des autotests. C'est la révolution de vivre, même avec le VIH, aussi longtemps qu'une personne séronégative.

Cette révolution, c’est celle qui pourrait nous amener, si la mobilisation et les volontés politiques sont présentes, vers la fin du sida .

Pour cela, cette révolution doit aussi être celle des mentalités. Les personnes vivant avec le VIH, toutes les acteurs et les actrices de la lutte contre le VIH/sida l’appellent de leurs vœux. Une information claire et précise est la meilleure arme dans la lutte contre le sida. Une information pragmatique qui témoigne de la richesse des progrès accomplis et de ceux qu’il nous reste à accomplir. Une information qui se fonde sur les faits, la science, la recherche, bases de toute action efficace. C’est pour toutes ces raisons que nous avons souhaité produire ensemble ce document, «Le VIH en 2019: les clefs pour comprendre» (1,24Mo, PDF).

En 2019, le VIH est toujours bien présent, et pour espérer un jour le vaincre, il faut que nos connaissances à toutes et tous soient continuellement mises à jour.

http://vih.org/sites/default/files/fich ... ih2019.pdf

Sommaire de la brochure :

• Les chiffres du VIH
• La prévention aujourd’hui
• L’importance du dépistage
• Vivre avec le VIH
• Bien parler du VIH
• Vers la fin de l’épidémie?

Où se la procurer ?

La boutique en ligne du Crips-Île de France propose différents outils en lien avec la prévention du VIH/sida. Vous pourrez commander à cet endroit la brochure "Le VIH les clefs pour comprendre" (gratuite pour l'Île-de-France).

http://vih.org/20181121/vih-en-2019-cle ... dre/141235
fil - 27 Nov 2018 - 15:54
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : plus d’un quart des malades sont diagnostiqués trop tardivement

Le dépistage du VIH est encore trop tardif en France. En 2017, 49% des découvertes de séropositivité concernaient des personnes n’ayant jamais été testées auparavant. Et cela ne concerne pas que les jeunes.

Malgré une progression notable du dépistage, avec 5,6 millions de sérologies VIH réalisées en 2017, plus d’un quart des découvertes de séropositivité sont toujours trop tardives.

28% des personnes ont été diagnostiquées cette année à un stade avancé de l’infection, et la moitié des découvertes de séropositivité (49%) a concerné des personnes qui déclarent n’avoir jamais été testées auparavant, selon le dernier BEH. Dans les populations risque, à savoir les gays et les hétérosexuels nés à l’étranger, cette proportion est respectivement de 22% et 62%.

http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/ ... index.html

"Le dépistage du VIH doit encore être intensifié"

En plus de la prévention, "le dépistage du VIH doit donc encore être intensifié dans les populations les plus exposées, afin de réduire la proportion de ceux qui ignorent leur séropositivité pour leur permettre de bénéficier d’un traitement antirétroviral", explique donc Santé Publique France.

Le nombre de découvertes de séropositivité VIH avait été estimé à environ 6 000 en 2016, soit une diminution de 5% par rapport à 2013 (ce nombre n’a pas encore pu être estimé pour l’année 2017). Les hommes ayant des rapports sexuels entre hommes et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les 3⁄4 sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 45% et 38% de diagnostics positifs en 2017-2018. Les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogues injectables représentent respectivement 15% et 1%.

Les personnes de plus de 49 ans

Ces proportions sont stables depuis 2015, sauf pour les personnes de plus de 49 ans. En 2016, le nombre de séniors ayant découvert leur séropositivité a été estimé à 1 200, soit 20% de l’ensemble des découvertes – des chiffres en augmentation.

En 2017, 5,6 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de biologie médicale (de ville ou hospitaliers), nombre jamais atteint depuis le début des années 2000. Ce nombre a augmenté de +6,4% par rapport à 2014, plus particulièrement dans les départements d’Outre-Mer (+10,4%) qu’en métropole (+6,2%). En 2017, les régions où l’activité de dépistage du VIH est la plus importante sont la Guyane (231 sérologies/1 000 habitants), la Guadeloupe (170), la Martinique (150), Mayotte (130), puis l’Ile-de-France (115), la Réunion (108) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (104).

153 000 personnes vivent avec le VIH en France

Le nombre d’autotests VIH vendus en pharmacie au cours de l’année 2017, sans possibilité de connaître la population y ayant recours, est d’environ 73 000, soit un nombre comparable à celui de 2016 (74 650). On estime que 153 000 personnes vivent avec le VIH en France.

Le dépistage du VIH "doit également être couplé à celui des autres infections sexuellement transmissibles (IST)", précise l’agence de santé publique. En 2016, ce sont environ 270 000 infections à Chlamydia et 50 000 infections à gonocoque qui ont été diagnostiquées, des chiffres qui continuent d’augmenter en 2017.

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... ardivement
fil - 28 Nov 2018 - 14:25
Sujet du message: Re: VIH : Publications
JOURNÉE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA, LE POINT SUR LES RECHERCHES EN COURS EN FRANCE



Les résultats des recherches menées au cours de la dernière décennie tant dans le domaine fondamental, de la prévention et de la prise en charge des patients ont été remarquables. Au point que certains ont pu envisager « la fin du sida » ou tout au moins « le commencement de la fin du sida ». On dispose à ce jour d'une gamme élargie de traitements antirétroviraux qui ont un impact majeur sur la mortalité et la morbidité des personnes vivant avec le VIH. Ces traitements ont permis de passer du statut de maladie mortelle à celui de maladie chronique. Une étude publiée en 2017 dans la revue The Lancet HIV(1) relevait que l'espérance de vie des personnes séropositives vivant en Europe et en Amérique du Nord avait augmenté de 10 ans depuis 1996, date d'introduction des antirétroviraux. Pour une personne ayant commencé son traitement en 2008, et ce, suffisamment tôt après l'infection, l'espérance de vie est désormais de 73 ans chez les hommes et de 76 ans chez les femmes, soit presque autant que celle de la population générale. Les antirétroviraux ont ainsi totalement modifié à la fois la prise en charge et la prévention.

Quels sont les orientations et les principaux projets soutenus par l’ANRS fin 2018 ? Le point sur les recherches sur les nouveaux traitements dans la perspective d’une éventuelle rémission, les mécanismes de constitution des réservoirs, la simplification des traitements, la prophylaxie préexposition (PrEP) et enfin la recherche vaccinale.









L'étude ANRS-Prévenir vise à évaluer, chez les personnes à risque, l'impact de la prophylaxie pré-exposition du VIH (PrEP) sur l'épidémie du VIH/SIDA en Ile de France, région de France métropolitaine la plus touchée par cette épidémie. En juillet 2018 ont été communiqués à l’occasion de la Conférence mondiale sur le VIH/Sida, les premiers résultats de cette étude démarrée en 2017, portant sur les 1 500 premiers volontaires. Aucune contamination n’a été rapportée et une bonne tolérance de la PrEP qui associe deux antiviraux le tenofovir et l’emtricitabine a été observée. Sur l’analyse de ces premières données, on peut estimer que 85 contaminations ont pu être évitées.

D’ici 2019, l’étude ANRS Prévenir prévoit d’inclure 3 000 personnes, qui seront suivies jusqu’en 2020. Un point sur cette étude pionnière en France et en Europe.

Qui ?
Coordonnée par Jean-Michel Molina (Hôpital Saint-Louis, AP-HP), Jade Ghosn (Hôpital Hôtel Dieu, AP-HP) et Daniela Rojas-Castro (association AIDES), promue par l’ANRS en partenariat avec l’association AIDES.

Pourquoi ?
L’étude ANRS Prevenir a pour objectif d’évaluer l’impact en santé publique du déploiement de la PrEP en Ile de France. Elle vise à réduire, principalement dans la population la plus exposée au VIH le nombre des nouvelles infections. Elle permet aussi l’évaluation de l'impact d'un accompagnement personnalisé proposé par des acteurs communautaires ainsi que la prévention et la prise en charge des autres infections sexuellement transmises (IST) dans une optique d’amélioration de la santé sexuelle des personnes vulnérables.

Pour qui? Comment?
La PrEP consiste en l’administration de deux antirétroviraux combinés dans le même comprimé, qui sont habituellement prescrits pour le traitement des personnes infectées par le VIH, et dont l’utilisation est également possible en prévention du VIH chez des personnes séronégatives à haut risque de contamination du fait d’une utilisation insuffisante du préservatif. La PrEP peut être prise de façon continue à raison d’un comprimé par jour comme pour une contraception orale, ou bien à la demande au moment des rapports sexuels qui doivent être anticipés puisque la prise des comprimés doit démarrer au moins 2h avant le rapport sexuel et se poursuivre pendant les 48h suivantes. La PrEP est maintenant disponible en France sous forme de génériques.

Où en est l’étude 18 mois après son lancement ?
Au 22 octobre 2018, 2044 personnes avaient été incluses. Il s’agit pour le moment essentiellement d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. « Nous visons dans le futur à recruter également des volontaires issus d’autres populations à haut risque de VIH et d’IST comme les personnes transgenres et les migrants venant de pays de forte endémie du VIH » indique le Pr Jean Michel Molina.
Grace à cette étude il va être également possible de mieux dépister et traiter les autres IST et d’étudier de nouveaux modes de prévention de ces infections.

Quelle est la situation de la PrEP dans les pays européens ? Dans le monde ?
La PrEP est recommandée par l’OMS dans tous les pays touchés par l’épidémie du VIH/Sida et de nombreux programmes sont maintenant en place dans la plupart des pays en Amérique, Afrique, Asie et Australie et bien sûr en Europe. Son impact sur l’épidémie a déjà été observé dans certaines villes (San Francisco) et régions (Nouvelle Galles du Sud en Australie). Un déploiement plus large de la PrEP associé à un renforcement de l’utilisation du préservatif, mais aussi du dépistage et du traitement des personnes infectées par le VIH (on parle de prévention combinée) devrait permettre de mieux contrôler l’épidémie du VIH/Sida.

Vous voulez participer ?
Infos pratiques : www.prevenir.anrs.fr



Afin d’apprécier la visibilité de la recherche française dans les domaines du VIH/Sida et des hépatites virales et en particulier la contribution de l’ANRS à ce positionnement mondial, l’Agence a souhaité disposer d’une étude détaillée produisant des informations quantitatives et qualitatives sur les publications scientifiques françaises sur le VIH/Sida et les hépatites de la période 2013-2017. Ce rapport est désormais disponible(4).

Comparé à la dernière étude similaire réalisée en 2006, le paysage de la recherche mondiale sur le VIH/Sida et les hépatites virales a substantiellement changé tant en matières de priorités, programmes, résultats, et a vu l’arrivée de nouveaux pays tels que l’Afrique du Sud, la Chine ou l’Inde.

- Cependant, tout comme dans l’étude de 2006, la France reste le 2ème pays européen en nombre de publications scientifiques produites dans le domaine VIH/Sida (6e place mondiale).

- La production française dans les domaines VIH/Sida et hépatites virales a accru sa visibilité au plan international en dix ans : 3,5% de ses publications se positionnent parmi les 1% de publications les plus citées au monde (Top 1%) contre 1,8% dans l’étude de 2006.

Sur la base de l’analyse qualitative d’un échantillon aléatoire de 265 publications françaises répertoriées dans les bases de données internationales, l’étude a conclu que l’ANRS est associée à plus de 61% des articles de recherche originaux portant majoritairement sur les thèmes VIH et/ou hépatites virales, et dont plus d’un auteur est affilié à un laboratoire français. Plus significatif encore, l'ANRS reste le principal soutien de la recherche sur le VIH et les hépatites virales : Près de 9 publications sur 10 (88,7%) ayant bénéficié de financements français sont associées à l’Agence.

En plus de situer la place de la France dans le paysage mondial, cette étude bibliographique permet de distinguer le rôle clé assuré par l’ANRS comme coordonnateur et animateur de la recherche française. En effet, le fort soutien apporté par l’ANRS aux opérateurs de recherche français (Inserm, CNRS, Universités, Hôpitaux, IRD, Institut Pasteur) permet aussi à ces organismes de se retrouver au tout premier plan dans les classements internationaux en matière de production scientifique.

4) La recherche sur le VIH/SIDA et les hépatites virales, Contribution de la France et de l’ANRS, Etude bibliométrique 2013-2017 réalisée par l’ANRS (service Information scientifique et communication avec les services scientifiques) avec le concours de la cellule Mesures, Indicateurs, Bibliométrie (DESP-Inserm)

http://www.anrs.fr/fr/actualites/558/jo ... n-cours-en
fil - 28 Nov 2018 - 17:00
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La newsletter de novembre 2018




http://trk-2.net/mrx/74GOw4klf/254061/3 ... gn=17NLA12
fil - 30 Nov 2018 - 05:22
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Fin du sida : 2020, c'est pas gagné...

La fin de l’année apporte avec elle les derniers chiffres concernant l’épidémie de VIH/sida en France. Et les dernières données (disponibles) épidémiologiques ont un goût (amer) de déjà-vu. Avec, en filigrane, la sensation que certaines postures et discours continuent de parasiter un discours clair et de donner un véritable élan sur le dépistage et la Prep, deux axes complémentaires et cruciaux pour atteindre les objectifs de fin de l’épidémie… fixée pour 2020. Car 2020 c’est demain.

Lundi 26 novembre dans les sous-sols des locaux des Compagnons du Devoir, à Paris, une salle comble pour la conférence de presse de Santé publique France concernant les chiffres et tendances du VIH/sida et des IST pour 2017. Mais d’emblée, un point d’information est fait auprès de l’assemblée : à quelques jours de la Journée mondiale contre le sida, un certain nombre de chiffres sur le VIH/sida ne seront pas présentés par Santé publique France. Selon l’institution, c’est en partie dû à la dématérialisation des données transmises pour la surveillance. En effet, la part des déclarations non renseignées par les cliniciens-nes est passée de 21 % en 2014 à 43 % en 2017. La montée en puissance de la déclaration obligatoire des nouveaux diagnostics dématérialisée, qui permet le recueil et la surveillance épidémiologique s’accompagne de « beaucoup de retards » et des « choses restent à mettre en place » pour améliorer le système. Dès lors, fait rarissime pour une journée dédiée aux chiffres, les données seront lacunaires.

Rengaine

Dès lors, impossible de fournir aujourd'hui des donnés consolidées pour les nouveaux cas de VIH pour 2017. Santé publique France compte les publier courant de l’année prochaine. Mais voici ce qu’on a : 5,6 millions de sérologies VIH ont été réalisées en 2017, soit 6 % d’augmentation par rapport à 2014. Les taux de positivité des Trod (tests de dépistage rapide d’orientation diagnostique, souvent proposés aux personnes les plus exposées) sont bien plus élevés que pour les tests en laboratoires de ville, mais qui restent, eux, en nombre, les principaux lieux de dépistage des nouveaux cas de VIH (98 % des tests totaux). Comme depuis longtemps, l'Île-de-France, les départements et territoires Outre-mer et la région Paca concentrent la grande majorité des nouveaux cas de VIH. La répartition des nouveaux cas 2017 reste stable, avec 67 % chez les hommes, 32 % chez les femmes et 1 % pour les personnes trans. La répartition des contaminations entre homos et hétéros demeure similaire : 53 % pour les hétérosexuels (homme ou femme) pour 45 % des autres nouveaux cas concernant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Les découvertes dites précoces sont stables à 38 % et les diagnostics tardifs, à des stades avancés type sida, stagnant aussi à 28 %. Pour la moitié des découvertes en 2017, il s'agissait du premier test VIH fait dans leur vie. Ce dernier chiffre, inquiétant, est en augmentation depuis 2012.
Selon Santé publique France, cela signifie, soit que beaucoup de personnes ignorent l’importance de connaître son statut, soit qu'il y a une dégradation globale du recours au dépistage. Les autres tendances, malheureusement inchangées, demeurent (déjà) observables. Ici encore, on innove sur les méthodes de calcul afin d’affiner les chiffres de prévalence du VIH en France, de manière globale. D'après les données de rétro-calcul, il y aurait 24 000 personnes non diagnostiquées et vivant avec le VIH/sida sans le savoir. Pour le sous-groupe des personnes diagnostiquées pas encore suivies et prises en charge, on l'estime à environ 4 500 personnes. Pour les personnes prises en charge, grâce aux données de l'assurance maladie, nous sommes à 133 700 personnes sous le régime de l’ALD 7 (1). Total fait, on estime donc que 162 000 personnes vivaient avec le VIH en 2016 sur le territoire national. Avec une nouvelle méthode de calcul, on trouve 15 000 personnes de plus, mais cela inclurait aussi les personnes perdues de vue, c'est-à-dire les personnes qui ne sont plus suivies. Dans la salle, on rappelle que c'est une bonne chose que la méthodologie s'affine mais que le niveau de dépistage ne s'améliore visiblement pas et que c’est là que réside la mauvaise nouvelle.

Derniers recours

Car que ce soit avec la nouvelle ou l’ancienne méthode de calcul, la cascade de prise en charge française marque le pas sur le premier 90, le dépistage. « En France, la proportion des personnes vivant avec le VIH qui connaissaient leur statut sérologique en 2016 est estimée à 86 %. En outre, des disparités importantes existent, avec un taux beaucoup plus faible dans certains groupes de population ou dans certains territoires, notamment ultramarins », note le Conseil national du sida et des hépatites virales dans un communiqué de presse au lendemain des présentations de Santé publique France. Pour les découvertes au stade sida, elles représentaient 46 % des cas chez les personnes utilisatrices de drogues par injection et 42 % chez les hommes hétérosexuels nés à l’étranger. C’est dire à quel point les données déjà disponibles sont alarmantes. Un constat déjà fait depuis plusieurs années. Et les autres conclusions restent inchangées : il faut également réduire le délai entre infection et diagnostic, mieux maintenir dans le soin et réussir à suivre les personnes perdues de vue. Chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes par exemple, le délai moyen entre l'infection et le diagnostic est de presque trois ans. Un temps bien trop long pour réussir à juguler les nouvelles infections et donc atteindre les objectifs ambitieux de fin du sida dans l’hexagone. La trajectoire qui se dessine aujourd’hui indique que cet objectif ne sera probablement pas atteint demain. Pourtant, il y a urgence à mettre en pratique ce qui marche et ce qui devrait savoir et se faire savoir. France Lert, celle qui a façonné la mise en place de « Paris sans sida », rappelle que « face à ces constats un peu désespérants devant ces stagnations, la Prep est le seul outil nouveau pour changer la donne. » Pourtant, comme pour le Tasp, l’outil n’est pas encore suffisamment promu et reste trop méconnu. Quand on sait que plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH ignore qu’avoir une charge virale indétectable empêche une contamination sans préservatif. Et que c’est par des campagnes de promotion ambitieuses et volontaristes que l’on pourra changer la donne comme on peut déjà l’observer ailleurs. Mais pour suivre cela, encore faut-il avoir… des chiffres !

Vite des (nouveaux) chiffres

Ici encore, faute de renseignements suffisants de la part de certains-nes cliniciens-nes, il n’est, par exemple, pas possible de faire une surveillance des IST chez les prepeurs, ce qui permettrait d'évaluer l'impact du traitement préventif du VIH et le suivi sur les IST grâce au suivi assuré pour la Prep. Vraiment dommage. Quant au nombre de personnes utilisatrices du traitement préventif, les chiffres devront attendre les déclarations d’Agnès Buzyn pour le 1er décembre. Durant la réunion, certains médecins et associatifs continuent de s’affronter sur la façon de présenter le Tasp, dix ans après sa consécration. « La Prep oui, mais il faut préciser que cela marche juste pour le VIH. » Pour France Lert, il faut « arrêter d’ergoter », en finir avec ces astérisques et nuances, qui limitent un véritable changement de paradigme, indispensable pour réussir le défi français et mondial contre le VIH/sida. Et il faut aussi se doter, rapidement, de moyens d’analyse et de contrôle des stratégies à mettre en place, pour une épidémiologie d’intervention et non plus d’un illusoire contrôle, que l’on n’a jamais vraiment eu sur l’épidémie.

(1) : L’affection de longue durée (ALD N°7) est l’infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

Les IST sont toujours là
Les données des autres IST : syphilis, gonocoques et chlamydia sont étudiées à la loupe, à partir des données des réseaux locaux de laboratoires et des médecins de villes volontaires et enfin des Cegidd (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH et les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles). Pour la chlamydia, le taux de dépistage est en hausse en France depuis quelques années, notamment chez les femmes. Davantage encore en Île-de-France et dans les Outre-mer. Elles représentent 270 000 infections en 2016. Entre 2015-2017, il y a eu une augmentation plus marquée chez les hommes que chez les femmes, liée à une hausse des diagnostics, mais aussi des découvertes inopinées par dépistage. Les LGV sont en baisse en 2017, notamment chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, qui représentent 85 % des diagnostics.
Pour les gonococcies (50 000 cas en 2017), l’augmentation récente reste marquée chez les hommes, notamment les plus jeunes (moins de 25 ans). Concernant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, les augmentations se font en régions, dans les départements d’Outre-mer, mais moins en Île-de-France, déjà très touchée. Le nombre de gonococcies est en hausse chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, qu'elles soient symptomatiques ou asymptomatiques. Sur la résistance aux antibiotiques des gonocoques, les chiffres sont rassurants, avec une disparition des résistances au traitement de première intention, mais la vigilance demeure sur les résistances aux médicaments pour les IST. Pour la syphilis, il y a une progression du dépistage chez les femmes notamment, notamment dans les départements Outre-mer, du fait de la détection prénatale. Mais à cause des ruptures de stock récurrentes de pénicilline, il y a des difficultés dans le traitement des personnes dépistées. En 2017, pas d'augmentation de la syphilis quel que soit l'orientation sexuelle.

https://www.seronet.info/article/fin-du ... agne-83483
fil - 30 Nov 2018 - 14:15
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida (1er décembre 2018)

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre, la France réaffirme son engagement à lutter contre le VIH/sida. Elle appelle l’ensemble des acteurs de la communauté internationale, publics comme privés, à se mobiliser pour mettre fin à la pandémie d’ici 2030, conformément aux objectifs de développement durable fixés par les Nations unies.

Malgré les immenses progrès réalisés en trente ans, les obstacles à l’élimination du sida restent importants : en 2017, 1,8 million de personnes ont été nouvellement infectées et plus de 40% des personnes affectées n’ont toujours pas accès aux traitements. Le sida reste la première cause de mortalité des femmes de 15 à 44 ans et la deuxième cause de mortalité des adolescents dans le monde.

La France a joué un rôle clé dans la naissance, en 2002, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (Fonds mondial). Nous sommes aussi l’un des pays à l’origine d’Unitaid, en 2006, dont nous avons financé 60% des actions en faveur de l’innovation des traitements, des diagnostics et de la prévention.

La France poursuit son action dans la lutte contre le VIH/sida :

- en tant que second donateur historique au Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme (4,8 milliards de dollars versés depuis 2002) ;
- en tant que premier donateur à Unitaid (1,5 milliards d’euros versés depuis 2006) ;
- à travers l’implication de ses chercheurs ;
- dans le cadre de son aide bilatérale, notamment en matière d’assistance technique et de soutien aux associations.
Cet engagement a été réaffirmé par la décision du président de la République d’accueillir à Lyon, le 10 octobre 2019, la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial. Nous comptons sur les leaders du monde entier pour mobiliser de nouvelles ressources pour le Fonds mondial pour la période 2020-2022.

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/polit ... a-01-12-18
fil - 02 Déc 2018 - 09:12
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Premier bilan mitigé pour les CeGIDD

Les centres de dépistages ont connu une transformation majeure ces dernières années pour devenir des CeGIDD, des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH, les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles ( iST ), suite à la fusion des CDAG et des CIDDIST à l’identique, sans aucune étude d’efficience. Dans le dernier numéro du BEH daté du 27 Novembre 2018, un premier bilan de l’activité des centres sous leur nouvelle forme est proposé par Grégory Lailler et ses collègues.

Ainsi, en 2016, 317 CeGIDD (167 sites principaux et 150 antennes), dont 72% gérés par des centres hospitaliers, ont été habilités automatiquement par les Agences régionales de santé (ARS). Les rapports d’activités de 274 CeGIDD (correspondant à 156 sites principaux et 118 antennes), soit 86% de l’ensemble, ont pu être analysés. La plupart des responsables de Cegidd se plaignant de la lourdeur du questionnaire d’évaluation, ce qui explique sans doute le taux de réponses.

Dans les CeGIDD participant à l’enquête, 739 284 consultations ont été réalisées, dont 51% étaient des consultations de dépistage ou de diagnostic et 38% des consultations de remise des résultats.

Côté prévention, 2% des consultations ont eu lieu suite à des accidents d’exposition sexuelle ou au sang (avec ou sans traitement post-exposition). Moins de 1% des consultations concernait la prévention préexposition (consultations initiales et suivi), ce qui est très faible.

Parmi les publics accueillis, 85% appartenaient à une population identifiée comme à risque d’exposition aux IST. Pourtant, le taux de positivité des dépistages est assez bas, avec 0,41% pour les infections à VIH, 8,0% pour les infections à Chlamydia trachomatis, 3,0% pour les infections à gonocoques, 1,5% pour la syphilis, 1,1% pour l’hépatite B (Ag HBs) et 0,8% pour l’hépatite C (Ac anti-VHC).

L’analyse de cette première année semble indiquer que les CeGIDD ont effectivement évoluer vers une approche plus globale de santé sexuelle, en développant leurs nouvelles missions sans encore être partie prenante de l’offre de PreP . Mais l’organisation de l’offre pourrait être améliorée: il faudrait davantage de plages horaires d’ouverture, notamment les samedis, et d’horaires décalés, plus d’action hors les murs pour «aller vers» les publics les plus exposés et une montée en charge de ces nouvelles missions, dont la délivrance de la Prep. Tout cela demandant un budget dont les structures ne disposent tout simplement pas pour le moment.

A Paris en tout cas, les CeGIDD semblent être à saturation dans le contexte actuel des moyens déployés et avec des plages horaires offertes qui frisent, pour certains CeGIDD intrahospitalier, la caricature. Entre 2016 et 2017, l’Agence régionale de santé (ARS) a relevé une baisse de 13,5% du nombre des sérologies VIH réalisées dans les CeGIDD, de 52000 à 45000, une baisse non compensée par les autres méthodes de dépistage comme les autotests. Une baisse qui, ajoutée à l’absence réelle d’implication dans la mise à disposition de la Prep, devrait questionner la Cours des Comptes, actuellement en écriture d’un rapport sur les moyens alloués à la lutte contre le sida.

http://vih.org/dossier/vihsida-en-france-en-2018
fil - 04 Déc 2018 - 17:49
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Communiqué : AIDES Appel à E.Macron et communauté internationale financement lutte contre le sida


fil - 07 Déc 2018 - 17:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
LA CIBLE MAJEURE DU VIH ÉTUDIÉE SOUS TOUTES SES COUTURES

En étudiant de près CCR5, une des portes d'entrée du VIH dans les cellules, des chercheurs de l'Inserm, de l'Institut Pasteur, de l’université Toulouse III – Paul Sabatier et du CNRS, démontrent que sa morphologie détermine la propension du virus à infecter l'organisme. Ce travail soutenu par l’ANRS et publié dans la revue Plos Pathogens est un nouveau pas vers la compréhension du rôle de CCR5 dans l’infection VIH et en tant que cible pour bloquer l'entrée du virus dans les cellules.

Texte
La molécule CCR5 figure parmi les cibles thérapeutiques dans la lutte contre le VIH. Une molécule ciblant CCR5 (Maraviroc) fait d’ailleurs déjà partie de l’arsenal thérapeutique anti-VIH. Située à la surface des globules blancs, cette molécule régule les réponses immunitaires de l'hôte contre les pathogènes. Mais, victime de son succès, elle sert également d'ancrage au VIH pour infecter les cellules immunitaires, contribuant ainsi au développement du SIDA. CCR5 joue donc un rôle clé dans la transmission du virus et le développement du SIDA. Quelques individus possèdent une mutation du gène de CCR5 (connue sous le nom de mutation CCR5 delta 32) qui les protège d'une infection par le VIH. Le rôle central de ce récepteur en fait donc une cible de choix pour bloquer l’entrée du virus dans l'organisme.

Le récepteur CCR5 existe sous plusieurs formes à la surface des cellules. Cependant, la nature et les propriétés de ces différentes populations de CCR5 restent mal connues. Une très grande variabilité caractérise aussi les souches de VIH qui peuplent les individus infectés. Cette variabilité se manifeste essentiellement au niveau d’une protéine de la surface du virus, appelée protéine d’enveloppe. C’est elle qui s’attache à CCR5 lorsque le virus pénètre dans les cellules. La variabilité de cette protéine d’enveloppe est utile au virus, puisqu’elle lui permet de contourner les réponses immunitaires de l'hôte et de développer des résistances à des traitements inhibiteurs de l’entrée. Dans le contexte de cette nouvelle étude, les chercheurs se sont posé la question de savoir si différentes souches du VIH diffèrent par la nature des formes de CCR5 qu’elles utilisent, et si tel est le cas, si cela influence leur capacité à infecter un individu.

Les résultats de ce travail mené par l'équipe de Bernard Lagane, chercheur Inserm à l’Institut Pasteur de Paris et au Centre de Physiopathologie de Toulouse-Purpan (Inserm/CNRS/UT3 Paul Sabatier) répondent par l’affirmative à ces deux questions. De plus, les chercheurs démontrent que le processus par lequel plusieurs molécules de CCR5 s’assemblent entre elles (oligomérisation) rend l’entrée virale moins efficace. "Tous ces résultats convergent vers un modèle selon lequel la susceptibilité au VIH dépendrait non seulement des souches de virus auxquelles un individu est confronté, mais aussi de la nature des molécules de CCR5 exprimées à la surface de ses cellules immunitaires", déclare Bernard Lagane.

En cela, cette étude met en lumière la plasticité de CCR5 comme un nouvel élément susceptible de réguler la capacité des souches de VIH à entrer dans l'organisme et leur rôle dans la pathogénicité de l’infection, en même temps qu’elle ouvre de nouvelles perspectives pour le développement d’inhibiteurs du récepteur.

http://www.anrs.fr/fr/actualites/561/la ... s-coutures
fil - 08 Déc 2018 - 05:30
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Agents anti-VIH L’émergence de la bithérapie: TraitementActualités 229 catie 5/12/18


Agents anti-VIH
L’émergence de la bithérapie


Certaines compagnies pharmaceutiques commencent à étudier la simplification des régimes de médicaments anti-VIH pour les personnes ayant une charge virale supprimée et stable. Nous examinons brièvement la bithérapie, le recours au traitement d’induction-entretien, un analogue nucléosidique appelé MK-8591 et certains défis liés à l’utilisation de la bithérapie.

Le dolutégravir + 3TC pour le traitement initial du VIH

Les résultats d’études pilotes sur des régimes de bithérapie portent à croire que la combinaison de dolutégravir et de 3TC peut aider la plupart des personnes qui la prennent à atteindre une faible charge virale. Nous examinons deux essais cliniques randomisés et contrôlés contre placebo appelés Gemini 1 et Gemini 2. Ces études ont comparé le régime dolutégravir + 3TC au régime dolutégravir + Truvada (ténofovir DF + FTC). Les premiers résultats indiquent que les participants des deux groupes ont atteint une charge virale indétectable dans des proportions semblables.

La bithérapie d’entretien avec dolutégravir + rilpivirine

Juluca, un comprimé contenant le dolutégravir et la rilpivirine, a été approuvé pour l’utilisation au Canada, dans l’Union européenne et aux États-Unis. Lors des essais cliniques Sword 1 et Sword 2, les chercheurs ont testé une combinaison de dolutégravir + rilpivirine et trouvé qu’un pourcentage élevé des personnes recevant Juluca avaient une charge virale indétectable. Ces essais indiquent que cette combinaison est à la fois puissante et bien tolérée.

Une étude italienne explore des régimes de bithérapie comme traitement d’entretien

Des chercheurs italiens ont analysé les données recueillies auprès de personnes ayant une charge virale supprimée et stable sous un régime standard qu’ils ont remplacé subséquemment par le régime dolutégravir + 3TC ou le régime dolutégravir + rilpivirine. Ils ont trouvé qu’un pourcentage très élevé de participants ont maintenu une charge virale supprimée au cours de l’étude. Les deux régimes de bithérapie ont également été associés à une amélioration des taux de cholestérol dans le sang, et ont généralement été bien tolérés.

Cette étude a fait une autre découverte : les participants qui avaient eu une charge virale supérieure à 500 000 copies/ml plusieurs années avant cette étude étaient plus à risque d’éprouver un échec virologique au cours de celle-ci. Ce résultat révèle probablement les limitations de la bithérapie.

La bithérapie : son impact sur le réservoir de VIH

Des études sont en cours pour tenter de réduire et possiblement d’éliminer le fardeau de cellules infectées par le VIH dans le corps, ce qu’on appelle parfois le réservoir de VIH. En ce qui concerne la bithérapie, une question importante se rapporte à son impact sur ce réservoir. Les données d’une étude pilote portent à croire que le traitement d’induction-entretien n’augmente pas le volume du réservoir de VIH à court terme.

Les combinaisons de super-anticorps pourraient empêcher la progression du VIH

Les chercheurs étudient des anticorps largement neutralisants (bNAbs) qui réussissent très efficacement à se lier au VIH et à le neutraliser. Les bNAbs constituent une approche de traitement du VIH qui, si elle s’avérait efficace, pourrait être administrée moins fréquemment que le traitement antirétroviral (TAR); il est même possible que les personnes séronégatives puissent la prendre pour se protéger contre l’infection. Nous rendons compte d’une étude encourageante qui a trouvé qu’une combinaison de deux anticorps avait le potentiel de maintenir la suppression du VIH chez certaines personnes sous TAR qui avaient une faible charge virale et dont le VIH était sensible aux anticorps. Cette étude soulève toutefois des questions scientifiques qu’il faudra aborder lors des essais cliniques futurs.

Une étude sur des singes découvre le potentiel du vésatolimod et des anticorps dans la recherche sur la guérison

En théorie, le médicament vésatolimod et l’anticorps PGT121 pourraient être utilisés de façon intermittente pour tenter de réduire le fardeau de VIH dans le corps et d’offrir un répit par rapport à la prise quotidienne du TAR. L’idée de cette combinaison provient d’études sur des singes. Jusqu’à présent, des chercheurs aux États-Unis ont constaté des résultats positifs lors d’expériences sur des singes infectés par un virus hybride appelé VISH, qui contient des éléments du VIH et du virus de l’immunodéficience simienne (VIS). Il a été possible d’interrompre le traitement des singes pendant plusieurs mois tout en maintenant leur charge virale très faible. Ces résultats ont encouragé certains chercheurs à entamer la planification d’études sur le vésatolimod et des anticorps largement neutralisants chez des personnes séropositives.

https://www.catie.ca/fr/traitementactua ... bitherapie
fil - 10 Déc 2018 - 11:56
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Le VIH et le foie

Les travaux menés au cours des deux dernières décennies ont mis en évidence la contribution du VIH à l’inflammation et à la fibrose hépatiques, entraînant une modification du calendrier d’initiation du traitement antirétroviral et une amélioration du diagnostic et de la gestion de la maladie du foie chez les patients infectés par le VIH. À mesure que cette population vieillit, la vigilance des cliniciens et le dépistage précoce des maladies du foie émergentes seront essentiels.

Au cours de la dernière décennie, notre compréhension de la maladie hépatique chronique chez les patients VIH a considérablement augmenté. De nouvelles idées ont changé les recommandations du moment où commencer le traitement antirétroviral (TAR) et ont amélioré le diagnostic et la gestion de la maladie du foie dans cette population. Dans ce commentaire, nous décrivons les mécanismes par lesquels le VIH contribue à l'inflammation et à la fibrose hépatiques et discutons des effets de l'infection par le VIH sur le spectre et le pronostic des maladies du foie pour mettre en évidence les effets de cette compréhension sur la gestion clinique. La co-infection par le VHC ou le VHB chez les patients infectés par le VIH est fréquente; ainsi, la plupart des informations sur l’effet du VIH sur la progression de la fibrose hépatique proviennent d’individus co-infectés. Ces patients présentent un risque relatif (RR) plus élevé de cirrhose,1 , 2 . En outre, la fibrose rapide est corrélée à la réduction du nombre de lymphocytesTCD4 + et à la détection de taux plasmatiques de VIH.

En cas d'infection par le VIH, plusieurs voies convergent vers les cellules étoilées hépatiques activées (CSH), principale source de collagène dans le foie lésé, favorisant l'inflammation et la fibrose hépatiques (Fig. 1 ). Premièrement, la déplétion des cellules T CD4 + induite par le VIH par rapport aux cellules T CD8 + modifie le profil des cytokines hépatiques, établissant un environnement fibrogénique. Le VIH et / ou sa protéine d'enveloppe, la gp120, favorisent les effets pro-fibrogènes directs sur les CSH, la sécrétion de cytokines pro-inflammatoires (telles que MCP1) et l'apoptose des hépatocytes 3.. In vitro, le VIH peut infecter les CSH, les cellules endothéliales sinusoïdales et les cellules de Kupffer, les macrophages résidents du foie, mais la preuve d’une infection in vivo a été démontrée de la manière la plus constante pour les cellules de Kupffer. Ces interactions sont pertinentes pour les patients hautement virémiques, mais la question de savoir si elles le restent chez les patients dont l'infection est contrôlée par un traitement antirétroviral est une question clé. Dans l'étude D: A: D, qui incluait des patients dont l'infection à VIH était bien contrôlée par le traitement antirétroviral, le décès lié au foie était la principale cause de décès non lié au SIDA (RR ajusté du nombre de décès du foie de 1,67, même avec un nombre de lymphocytes T CD4 + <350>

Le dépistage des complications métaboliques et de la stéatose hépatique chez les patients infectés par le VIH devrait devenir la norme de soins. Les prestataires doivent reconnaître que toute augmentation des enzymes hépatiques doit être évaluée. La fibrose est le principal facteur prédictif de la progression de la stéatohépatite non alcoolique (NASH); ainsi, des évaluations non invasives (élastographie du sérum et du foie avec paramètre d'atténuation contrôlée) peuvent aider à différencier les patients atteints de stéatose simple de ceux présentant une fibrose, en stratifiant ainsi ceux ayant besoin d'une biopsie hépatique confirmatoire. La modification du mode de vie, la perte de poids et le contrôle du syndrome métabolique, le cas échéant, sont nécessaires chez tous les patients atteints de NAFLD / NASH. Bien qu'aucun traitement pour la NASH ne soit actuellement approuvé par la FDA (même dans la population en général),

À mesure que les patients infectés par le VIH vieillissent et que nous comprenons mieux les caractéristiques uniques de la maladie du foie, la détection précoce de la maladie du foie est la clé d'une amélioration des résultats cliniques.

https://www.nature.com/articles/s41575-018-0085-7
fil - 12 Déc 2018 - 06:44
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Faits marquants de ISHEID 2018

Le 20ème symposium international sur le VIH et les maladies infectieuses émergentes s'est tenu à Marseille, en France. Elle avait un look européen rafraîchissant avec des partenariats renforcés avec la European AIDS Clinical Society et la British HIV Association et avec des orateurs et des participants internationaux. Les sujets abordés comprenaient le VIH et la santé mondiale, le traitement du VIH et de l'hépatite, le microbiome et les immunothérapies, la recherche clinique et la méthodologie, ainsi que la chimie, la prophylaxie pré-exposition, les infections transmissibles sexuellement et les maladies infectieuses émergentes. De nouveaux domaines de recherche ont également été décrits, tels que la technologie électronique pour améliorer la gestion du VIH et le patient expert.

https://isheid.com/en_GB/2018/08/21/isheid2018/

http://presentations.isheid.com/2018/
fil - 19 Déc 2018 - 13:35
Sujet du message: Re: VIH : Publications


Étude NAMSAL ANRS 12313 : DTG versus EFV 400 au Cameroun

https://youtu.be/3d76tIfu618

Stratégies intermittentes : en attendant les résultats de QUATUOR

https://youtu.be/la3RfgU1rCQ

Polymédication des PVVIH âgés : un risque majeur d’interactions

https://youtu.be/x5vohLxGLmA
fil - 20 Déc 2018 - 18:54
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Sida : des chercheurs de l'Institut Pasteur ont réussi à détruire des cellules infectées par le VIH

Cette avancée scientifique, présentée jeudi, pourrait être un premier pas vers une rémission possible du sida.

Des chercheurs de l'Institut Pasteur annoncent jeudi 20 décembre avoir réussi à détruire des cellules infectées par le VIH. Leurs travaux, publiés dans la revue scientifique Cell Metabolism, ne représentent pas à ce jour une perspective de traitement, mais un espoir vers une guérison des malades du sida.

Aujourd'hui, le traitement du sida se fait grâce aux antirétroviraux, découverts dans les années 1990 et utilisés pour bloquer l'infection, mais ils n'éliminent pas le VIH de l'organisme. Les malades doivent prendre leur traitement à vie car ces médicaments ne permettent pas de détruire les réservoirs du virus, logés dans les cellules immunitaires, les lymphocytes T CD4.

Empêcher l'infection des cellules

Les chercheurs ont remarqué que le virus n'infectait pas tous ces lymphocytes T CD4 et, jusqu'ici, ils ne comprenaient pas pourquoi. Dans cette étude, ils sont parvenus à identifier les caractéristiques des lymphocytes T CD4 qui se font préférentiellement infecter par le virus, et dont l'activité métabolique permet au virus de se propager.

Ces cellules ont la particularité de consommer davantage de glucose pour produire de l'énergie. Les expériences ont montré que plus l'activité métabolique de la cellule est forte, plus sa consommation en glucose est élevée, et plus elle est susceptible d'être infectée par le VIH. D'où l'idée des scientifiques de bloquer l'activité de ces lymphocytes, ceux qui se font préférentiellement infecter par le virus. Quand leur activité est bloquée, ces cellules résistent à l'infection et, à terme, cela permet d'éliminer le VIH. En laboratoire, les lymphocytes sont parvenus à bloquer l'infection grâce à des inhibiteurs d'activité métabolique, déjà explorés en cancérologie.

"Ces travaux représentent un pas important vers la considération d’une rémission possible grâce à l’élimination des cellules réservoirs."
Communiqué de l'Institut Pasteur
à franceinfo

"C'est une première étape intéressante mais nous ne sommes pas au stade où ça peut être applicable à l'homme dans un futur proche. Il faut poursuivre les recherches et cette publication est un espoir supplémentaire" vers une guérison du sida, a réagi sur franceinfo le spécialiste des maladies infectieuses et professeur à l'hôpital Saint-Louis à Paris, Jean-Michel Molina. Ces travaux "sont extrêmement importants car ils apportent des informations tout à fait intéressantes sur les cellules réservoirs du virus qui, chez les personnes sous tri-thérapie, persistent malgré le traitement, et qui obligent les personnes à prendre le traitement toute leur vie."

La marche vers la guérison encore "très haute"

Pour autant, souligne le Pr Jean-Pierre Molina, la marche reste "très haute" avant une possible guérison du VIH. "On n'en est pas là encore aujourd'hui. C'est une première étape importante qui ouvre la voie à des progrès futurs mais on est loin d'une application à l'homme, même si on a une piste tout à fait intéressante." Les limites, selon Jean-Pierre Molina, tiennent notamment au fait que les travaux ont été "menés en laboratoire sur des cellules qui sont infectées de façon artificielle par le virus, même si les résultats ont été également observés sur des cellules de patients manipulés en laboratoire." "Ça laisse entrevoir des pistes intéressantes", assure-t-il, "mais il va falloir confirmer, en laboratoire puis chez l'homme".

https://www.francetvinfo.fr/sante/malad ... 09827.html
fil - 20 Déc 2018 - 19:13
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Une équipe de l'Institut Pasteur a trouvé comment vaincre les "réservoirs" où le VIH reste tapi malgré les antirétroviraux.

C'est le Graal de tous les spécialistes du SIDA - et des personnes séropositives : réussir à débusquer le virus jusque dans les cellules de l'immunité, où il peut rester à l'état latent malgré les traitements antirétroviraux. Une équipe de l'Institut Pasteur, dirigée par le chercheur Asier Saez-Cirion, y est parvenu, en s'attaquant non pas au VIH lui-même, mais à ces cellules dites "réservoir". Des premiers résultats, publiés aujourd'hui dans la revue Cell Metabolism, qui laissent entrevoir une piste vers une possible rémission. Explications.

L'Express : Pourquoi n'arrive-t-on pas aujourd'hui à guérir les patients infectés par le VIH ?

Asier Saez-Cirion
Les traitements antirétroviraux bloquent très efficacement la multiplication du virus VIH qui, sinon, provoque le syndrome d'immunodéficience acquise (sida). Mais ces médicaments ne parviennent pas à éradiquer totalement le virus, qui a la capacité d'aller se dissimuler dans certaines cellules du système immunitaire, les lymphocytes T CD4, que l'on appelle également cellules réservoir. En cas d'interruption du traitement, le virus peut recommencer à se répliquer à partir de ces cellules.

Qu'avez-vous découvert de particulier à propos de ces réservoirs ?

Il a été démontré voila déjà plusieurs années que tous les lymphocytes T CD4 circulant dans l'organisme n'abritent pas forcément le VIH. Nous nous sommes donc demandé si les cellules infectées avaient des caractéristiques particulières. Et il s'est avéré que c'était bien le cas. Le virus privilégie les lymphocytes ayant l'activité métabolique la plus importante, c'est-à-dire celles qui consomment le plus de glucose. C'est assez logique, en fait : les virus sont des particules très simples, qui ne peuvent pas se multiplier en dehors de ces cellules, car ils n'ont pas de ressources propres. Dans ces lymphocytes à activité énergétique élevée, il va trouver tous les éléments nécessaires à sa réplication, comme à sa survie à l'état latent.

C'est la faille dans laquelle vous vous êtes engouffré ?

Tout à fait. Ces cellules réservoir ont un profil de consommation énergétique assez similaire à celui d'une cellule cancéreuse. Or il se trouve que des traitements contre le cancer développés récemment agissent en inhibant cette activité métabolique. Nous avons donc testé ces molécules innovantes sur des cellules de donneurs séropositifs, et nous avons constaté que cela permettait d'empêcher la multiplication du virus à partir des réservoirs.

Cela ouvre-t-il la voie à une possible guérison complète des patients infectés ?

Nous cherchons encore la combinaison de molécules permettant d'obtenir les meilleurs résultats, tout en évitant les effets délétères sur d'autres types de cellules qui pourraient être sensibles à ces médicaments. Mais en laboratoire en tout cas, l'efficacité est bien au rendez-vous et nous espérons pouvoir passer à des essais précliniques d'ici deux à trois ans, et à une preuve de concept sur de petits groupes de patients bien suivis dans les cinq ans. Les molécules auxquelles nous recourons étant déjà en test dans la lutte contre le cancer, cela pourrait faciliter le processus, même s'il faudra encore plusieurs années avant de pouvoir lancer un essai clinique à grande échelle.

https://www.lexpress.fr/actualite/scien ... 54236.html
fil - 28 Déc 2018 - 11:50
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Sida : "On peut dire qu'on a gagné une bataille, mais on est loin d'avoir gagné la guerre"
Le professeur Olivier Lambotte salue le travail de chercheurs de l'Institut Pasteur, qui annoncent avoir réussi à détruire des cellules infectées par le VIH, même s'il rappelle que "beaucoup de choses sont encore à faire".

"On peut dire qu'on a gagné une bataille, mais on est loin d'avoir gagné la guerre", a déclaré vendredi 21 décembre sur franceinfo Olivier Lambotte, professeur en immunologie à l’Université Paris Sud et coresponsable de la recherche clinique à l’ANRS, l'Agence nationale française de recherche sur le sida et les hépatites. Il a réagi à l'annonce des chercheurs de l'Institut Pasteur, qui affirment avoir réussi à détruire des cellules infectées par le VIH. Leurs travaux ne présentent pas à proprement parler un traitement, mais représentent un espoir vers une guérison des malades du sida.

franceinfo : est-ce une victoire sur la maladie ?

Olivier Lambotte : On peut dire qu'on a gagné une bataille, mais on est loin d'avoir gagné la guerre. Beaucoup de choses sont encore à faire, mais c'est une piste très prometteuse. On est capable d'attaquer le virus sur un flanc qui, pour l'instant, était méconnu et complètement inexploré. Cela nous rajoute une arme importante dans l'arsenal, encore faut-il le valider chez l'homme. La prudence est clairement de mise.

Pour le moment on en est au stade du laboratoire, la prochaine étape c'est de le faire in vivo. Pour quand peut-on l'espérer ?

Je pense qu'il faut qu'on ait encore un peu plus d'informations sur des données in vitro. Ensuite, l'objectif est de programmer des essais thérapeutiques chez l'homme, probablement dans les années qui viennent. Cela prend du temps parce qu'il y a des questions de sécurité qui sont majeures.

Peut-on imaginer qu'un jour il sera possible de guérir du sida ?

Il faut faire attention avec le mot guérir. Si guérir veut dire éradiquer totalement le virus, la réponse, pour moi, est non. Si guérir veut dire être capable d'arrêter les antiviraux pendant un certain temps sans que le virus ne réapparaisse, c'est probablement vers cela que nous allons.

Quel est l'enjeu, est-ce pouvoir se passer des antiviraux ?

Il faut bien garder en tête que les traitements antirétroviraux restent absolument majeurs dans le traitement du virus VIH et qu'il faut avant tout être capable de les offrir, de les donner à l'ensemble de la population mondiale infectée. C'est un enjeu majeur, essentiel. Ensuite, développer des stratégies complémentaires pour pouvoir arrêter ou réduire la pression des antirétroviraux sera gagnant à la fois pour la santé des patients, leur qualité de vie et sur un plan économique aussi.

Cette découverte peut-elle avoir des conséquences sur d'autres maladies, comme le cancer ?

Il y a de plus en plus de parallèles, que l'on est en train d'identifier, entre la recherche sur le VIH et la recherche sur le cancer. Ce sont des champs dont on apprend beaucoup des uns des autres.

Qu'en est-il du vaccin contre le VIH ?

Cela prend du temps parce que c'est un virus compliqué à neutraliser, donc ce n'est pas encore pour demain matin. Il y a beaucoup de progrès qui se font, mais il y a eu beaucoup d'échecs dans le passé, donc on apprend de ces échecs et cela implique de s'inscrire dans la durée.

https://www.francetvinfo.fr/sante/malad ... 10995.html
fil - 08 Jan 2019 - 06:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Le VIH en chiffres

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe ont publié les dernières statistiques sur l’épidémie de VIH dans la région européenne. En 2017, près de 160 000 personnes ont reçu un diagnostic de séropositivité pour le VIH en Europe, indique l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS estime qu’il s’agit d’un « chiffre alarmant ». Reste qu’il est « encourageant de constater que la courbe ascendante est moins marquée qu’auparavant », note l’institution.

http://www.euro.who.int/fr/publications ... -2018-2018

Intensifiez votre riposte dès maintenant !

Dans la partie orientale de la région Europe de l’OMS, on a comptabilisé plus de 130 000 nouveaux diagnostics de VIH, soit le chiffre le plus élevé à ce jour. En revanche, les pays de l’Union européenne et de l’Espace économique européen (UE/EEE) ont signalé une baisse du nombre de nouveaux diagnostics, principalement due à un recul de 20 % depuis 2015 des nouveaux diagnostics chez les hommes ayant des rapports avec d’autres hommes. « Il est difficile de parler de bonnes nouvelles alors qu’on vient encore de vivre une année où le nombre d’infections à VIH a atteint un niveau inacceptable. Même si les efforts consentis pour éviter de nouveaux cas commencent à porter leurs fruits, nous ne sommes pas en voie d’atteindre les cibles 90-90-90 à l’échéance de 2020. L’appel que je lance aux gouvernements, aux ministres de la Santé et aux décideurs est péremptoire : intensifiez votre riposte dès maintenant ! », a fermement déclaré le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe. « Pour soutenir les personnes vivant avec le VIH et protéger ceux qui courent un risque accru d’être infectés, nous devons mener des interventions sur mesure qui permettront d’accélérer le mouvement. C’est-à-dire que nous devons investir avec sagesse dans la prévention, le dépistage et le traitement, surtout chez les populations clés, pour mettre fin à l’épidémie de sida comme nous l’avons promis », a-t-elle pointé.

Le VIH ravage la vie de tant de gens

Des progrès ont été enregistrés, mais « il y a encore tellement de choses à faire. Si nous voulons parvenir à l’objectif de développement durable consistant à éliminer le VIH – en Europe et dans le monde entier – pour 2030, nous devons exploiter tout le potentiel de nos mesures conjointes et soutenues, ainsi que d’une collaboration accrue avec nos partenaires au-delà des frontières. Nous devons surmonter la stigmatisation de l’infection et du traitement contre le VIH et poursuivre nos efforts en dissipant les idées fausses sur les modes de transmission du VIH et du sida. Il est important que nos services de santé publique facilitent l’accès au dépistage et aux soins médicaux pour les groupes à risque vulnérables, et ce à un prix abordable », a analysé Vytenis Andriukaitis, Commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire. Dans son esprit, la donne actuelle est assez claire : « Malgré nos efforts, le VIH ravage la vie de tant de gens, et provoque non seulement beaucoup de souffrance et de morbidité, mais aussi des discriminations et une stigmatisation ».

Baisse des nouveaux diagnostics en Europe

« La diminution du nombre de nouveaux diagnostics d’infection à VIH que nous constatons dans l’Union Européenne (UE) et l’Espace économique européen (EEE) est un important signal pour la riposte de l’Europe. D’autant plus que nous constatons ce recul chez les hommes ayant des rapports homosexuels. C’est le seul groupe de population de l’UE/EEE qui avait connu une augmentation constante des cas d’infection signalés ces dix dernières années », a souligné Andrea Ammon, directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). « Plusieurs raisons peuvent expliquer cette baisse [dans cette zone, ndlr]. Notamment des programmes efficaces permettant de proposer un dépistage plus fréquent et ciblé, afin de faciliter la pose d’un diagnostic précoce. Ainsi, on peut rapidement passer aux soins et commencer immédiatement le traitement antirétroviral pour les personnes séropositives, et généraliser la prévention fondée sur des bases factuelles, par exemple la prophylaxie pré-exposition. Cette baisse montre aussi qu’on fait la différence en mettant l’accent sur le ciblage et l’inclusion des populations vulnérables, comme l’expliquent les nouvelles recommandations de l’ECDC en matière de dépistage », note-t-elle d’ailleurs.

Quels sont les chiffres clefs pour l’Europe ?

• Le nombre de nouveaux diagnostics d’infection a continué d’augmenter dans la région européenne de l’OMS (1) considérée dans sa globalité, mais à un rythme moindre que les années précédentes. L’une des raisons de la persistance de l’épidémie en Europe est que le diagnostic tardif continue de poser un problème dans toute la région. Dans un cas sur deux, la personne recevant un diagnostic de VIH est déjà à un stade avancé de l’infection.
• Avec plus de 130 000 nouveaux diagnostics de VIH en 2017, la partie orientale de la région a connu un taux de progression de 68 % en 2008-2017, alors qu’il était de 95 % en 2007-2016. Quant à la partie centrale de la région, l’augmentation y a été respectivement de 121 % et de 142 % pour ces deux périodes.
• Sur les nouveaux diagnostics d’infection de la partie orientale de la région, 59 % sont signalés comme étant dus à une transmission hétérosexuelle. Ces statistiques sur le mode de transmission sont sujettes à caution, étant donné qu’elles se fondent sur les déclarations des personnes elles-mêmes.
• Dans toute la région, le VIH affecte les hommes de manière disproportionnée : ils représentent 70 % des nouveaux diagnostics de VIH.
• En 2017, plus de 25 000 personnes ont reçu un diagnostic de VIH dans 30 des 31 pays de l’UE/EEE, soit un recul de 6,9 à 6,2 pour 100 000 personnes entre 2008 et 2017.
• La diminution globale dans l’UE/EEE résultait essentiellement d’une chute de 20 % du nombre de nouveaux diagnostics chez les hommes ayant des rapports avec d’autres hommes entre 2015 et 2017. Ce mode de transmission du VIH reste le plus fréquent dans cette partie de l’Europe (38 % en 2017). Il y a également eu une diminution des diagnostics attribués à des transmissions hétérosexuelles chez des personnes provenant de pays où l’épidémie de VIH est généralisée. Malgré ces progrès mesurables dans la réduction du nombre de nouveaux diagnostics de VIH, les taux globaux continuent d’augmenter dans plus ou moins un tiers des pays de l’UE/EEE.
• Le nombre de cas de sida continue à diminuer dans l’ensemble de la région. Dans la partie orientale, la situation a commencé à se stabiliser, et il y a eu 7 % de cas de sida en moins entre 2012 et 2017. En 2017, dans l’UE/EEE, neuf diagnostics de sida sur dix (89 %) ont été posés dans les 90 jours seulement qui ont suivi le diagnostic de VIH, ce qui indique que sur ce territoire, la majorité des cas de sida auraient pu être évités grâce à un diagnostic précoce.

Améliorer le dépistage

Dans toute l’Europe, atteindre et dépister les personnes qui courent un risque d’infection par le VIH reste un défi de santé publique, note l’OMS. Pour pouvoir poser un diagnostic précoce, interrompre les chaînes de transmission existantes et éviter de nouvelles infections, l’Europe doit collaborer plus étroitement avec les populations les plus exposées. Les nouvelles recommandations de l’ECDC sur le dépistage combiné du VIH et des hépatites virales fournissent aux pays les données scientifiques les plus récentes pour faciliter l’élaboration, la mise en œuvre, l’amélioration, le suivi et l’évaluation des recommandations et des programmes nationaux ou locaux de dépistage du VIH et de l’hépatite virale. Ces programmes devraient grandement contribuer à l’élimination, pour 2030, du VHC et du VIH en tant que menaces pour la santé publique, comme le prévoient les objectifs de développement durable (ODD).

(1) : Elle va de l’Albanie à l’Ukraine et comprend tous les pays de l’Union Européenne, tous les pays de l’Europe orientale de la Turquie à l’Ouzbékistan, la Fédération de Russie… Au total, elle comprend 53 pays.
fil - 10 Jan 2019 - 10:31
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Un médecin ne devrait pas dire ça..

Au contraire, Docteur Lafeuillade, on aimerait lire ça plus souvent ! Tout d’abord parce que cet ouvrage est extrêmement clair. Lymphocyte T4, réplication virale, maladies opportunistes, mécanisme d’action des médicaments anti-VIH, vaccin, voies de recherche pour le future, etc. Tout y est parfaitement expliqué. Un vrai bonheur car il est si rare de voir des experts capables d’expliquer les choses avec des mots simples. Si vous voulez « comprendre le VIH » sans vous prendre la tête, cet ouvrage sera votre livre de chevet idéal ! Mais ce livre est aussi un plaidoyer contre l’agonie du système hospitalier actuel, où les directeurs administratifs agissent en « chef d’entreprise », chargés de faire des économies par tous les moyens. Coupes de personnel hospitalier, restriction de budgets, non rénovation des locaux... Et ce livre n’est pas le seul à le dénoncer : une majeure partie du corps hospitalier, qui croule sous la surcharge de travail, faute de personnel, tire régulièrement la sonnette d’alarme. Encore récemment, le Pr Rosenthal du Centre hospitalier de Nice, a écrit à la ministre de la Santé, pour dénoncer les dérives qu’il observe, des dérives qui mettent en péril la qualité des soins et poussent à bout des professionnels hospitaliers. Quelle tristesse quand on sait que ces professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers) sont parmi les meilleurs du monde. Bref, un livre extrêmement pédagogique qui permet à la fois de mieux comprendre le VIH, mais aussi l’état de santé du monde hospitalier français. Un médecin ne devrait pas dire ça... par le docteur Alain Lafeuillade

Pdf :

http://www.un-medecin-ne-devrait-jamais ... OMPLET.pdf
fil - 15 Jan 2019 - 10:35
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La génomique personnelle : utiliser l’ADN pour percer les secrets du VIH
(Science Gouvernement Canada)

Le VIH s’est révélé, pour les scientifiques du monde entier, l’une des maladies infectieuses les plus difficiles à combattre. L’une des raisons est que le virus cible les cellules du système immunitaire et s’attaque aux mécanismes de défense de l’organisme qui détruisent les microbes qui s’y introduisent. De plus, le virus se réplique et mute rapidement à l’intérieur du corps d’une personne infectée.

Fait encore plus curieux, l’exposition au virus n’entraîne pas toujours une infection grave, et le virus touche certains groupes de personnes de façon disproportionnée. À l’échelle mondiale, environ 36,9 millions de personnes vivent avec le VIH.

Des scientifiques du Laboratoire national de microbiologie (LNM) sous la direction de Paul McLaren tentent d’expliquer pourquoi le VIH a des effets graves sur certains groupes de personnes, tandis que chez d’autres, l’infection progresse plus lentement. Leurs travaux les ont amenés à se demander si la propagation de la maladie était un phénomène plus complexe qu’on ne le croyait auparavant. Notre prédisposition génétique au virus pourrait-elle jouer un rôle? À l’aide d’une méthode extrêmement pointue, Paul McLaren étudie non seulement le virus, mais aussi les personnes atteintes par le biais de leur génome « personnel ».

La génomique ─ science consistant à déchiffrer l’ADN complet d’un organisme ─ ouvre la voie à de nouvelles découvertes fort intéressantes au LNM. Elle a permis à des scientifiques de définir toutes les caractéristiques d’un virus. Ces renseignements facilitent la classification des infections en fonction de leur nocivité, de leur mode de transmission et même des options de traitement.

Paul McLaren pousse la génomique encore plus loin en examinant comment la constitution génétique des sujets influe sur leur réaction au VIH. C’est là où entre en jeu la génomique personnelle, c’est-à-dire l’étude de la prédisposition génétique d’une personne à une maladie.

Ses travaux consistent à trouver les parties de l’ADN qui rendent les gens résistants au VIH et au sida ou qui ralentissent la progression de la maladie. Son équipe a détecté une portion d’ADN qui augmente la tolérance d’une personne face à l’infection à VIH. Fait étonnant, les chercheurs ont découvert un gène qui réduit la capacité d’une personne séropositive de transmettre le virus, même si elle ne reçoit pas de traitement. Par cette découverte, ils ont élucidé certains des secrets du VIH, ce qui permettra d’améliorer les recherches, les mesures de prévention et les traitements.

Le pouvoir réel de la génomique personnelle réside non seulement dans le repérage des personnes ayant une prédisposition à certaines maladies, mais aussi dans la personnalisation des traitements. Comprendre pourquoi les gens sont plus vulnérables à une maladie peut nous aider à cibler les méthodes de prévention et de traitement. Les études montrent que les gens peuvent réagir différemment aux infections selon leur composition génétique. Ces renseignements peuvent donc servir à personnaliser les démarches de santé publique afin de trouver le meilleur traitement possible pour chaque personne.

La génomique personnelle offre la possibilité d’optimiser les soins de santé d’une manière tout à fait inédite. Par ses travaux dans ce domaine, Paul McLaren souhaite percer l’un des mystères médicaux du monde, ce qui pourrait ouvrir de nouveaux horizons pour la recherche sur le VIH.

http://www.science.gc.ca/eic/site/063.n ... 97723.html
fil - 15 Jan 2019 - 16:07
Sujet du message: Re: VIH : Publications


Prévention cardiovasculaire et infection par le VIH : une vision sur le long terme
Pr Franck BOCCARA , Hôpital Saint-Antoine, AP-HP
Paris, France


https://youtu.be/b3Uo8aqML5U

Cancer et VIH
Pr Jean-Philippe Spano ( Paris) , Mne Marianne ROBIN-VEYRY (Paris)

https://youtu.be/f9QsjjXs0XA

Grossesse et VIH
Pr Laurent Mandelbrot (Colombes)

https://youtu.be/3icXOLMrmrQ
fil - 16 Jan 2019 - 08:21
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Virus du sida : état des lieux et objectifs

Les points positifs et négatifs concernant la lutte contre le VIH sont commentés par le Pr Gilles Pialoux*.

Paris Match. Quelle est l’épidémiologie actuelle de cette infection en France ?
Pr Gilles Pialoux :


Environ 172 700 personnes vivent avec le virus du sida (VIH) : 86 % d’entre elles le savent, 25 000 l’ignorent ; 75 % des séropositifs sont sous traitement. On compte 6 000 nouveaux cas diagnostiqués par an. Les hommes ayant des rapports sexuels entre hommes et les hétérosexuels nés à l’étranger (Afrique subsaharienne surtout) représentent respectivement 45 % et 38 % des découvertes, les hétérosexuels nés en France, 15 % et les usagers de drogues injectables, 1 %. La mortalité directe due au sida dans le monde (hormis la mortalité liée aux maladies associées tels les cancers, les infections opportunistes...) est inférieure au million par an. Elle a été divisée par deux en dix ans et par dix dans nos services. La transmission, si on exclut celle de la mère à l’enfant, pour laquelle existe une prévention efficace à 100 %, et celles par injection de drogue, devenues rares, reste surtout sexuelle (sécrétions génitales, sperme).

Quel est le traitement standard actuel en cas de séropositivité ?

Depuis 1996 ce sont les trithérapies : ces produits inhibent les enzymes du VIH (telles les protéases) utiles à sa multiplication dans les cellules. Ils ont beaucoup accru la survie des séropositifs. Le traitement actuel cependant se personnalise à l’aune de divers critères (maladies associées, attentes du patient, etc.). Nous disposons au choix : des trithérapies en un seul comprimé, des bithérapies en un ou deux comprimés, parfois d’allégements thérapeutiques (4 jours sur 7) et des antirétroviraux retard en intramusculaire une fois tous les deux mois. L’objectif est quadruple : 1. Rendre le virus indétectable. 2. Corriger le déficit immunitaire. 3. Rendre la personne non contaminante (action préventive). 4. Considérer la maladie comme une affection chronique dans l’attente d’un traitement qui l’éradiquera (comme l’hépatite C). Des traitements prometteurs en essai sont à venir : des anticorps pouvant neutraliser les protéines que le VIH porte à sa surface pour se fixer sur ses cellules cibles (lymphocytes) et des stimulateurs de l’immunité (agonistes TLR7, interleukine 15) qui pourront contenir l’infection sur de très longues périodes.

"Le délai moyen en France entre contamination et traitement est actuellement de 3,5 ans"

Quels sont les résultats des traitements actuels ?

Ils contrôlent la réplication du VIH dans plus de 90 % des cas. Une étude récente (sur plus de 88 500 personnes) a montré qu’un sujet jeune (20 ans), dépisté et traité tôt, idéalement au stade de primo-infection, c’est-à-dire entre le 10e et le 21e jour après un rapport sexuel à risque, avait une durée de survie proche d’une personne séronégative, ce qui n’est pas le cas des sujets à diagnostic tardif. Le délai moyen en France entre contamination et traitement est actuellement de 3,5 ans. C’est un obstacle majeur à son éradication : cela donne trop de temps au VIH pour constituer dans les ganglions lymphatiques un large réservoir de particules virales dormantes difficiles à déloger.

Sur le plan prévention, où en est-on ?

Le traitement est un premier outil de prévention (96 % d’efficacité) tout comme la prophylaxie par le Truvada ou son générique (deux antiviraux en un seul comprimé, pris avant et après un rapport à risque, ou en continu) : elle s’adresse aux personnes non contaminées qui ne se protègent pas avec le préservatif. Un déficit de dépistage persiste malgré tout, alors qu’il est réalisable en laboratoire, à domicile (par autotests), en milieu communautaire (TROD) ou de façon anonyme (Cegidd). La Haute Autorité de santé (HAS) le recommande une fois dans la vie pour tout le monde et entre une et quatre fois par an pour ceux qui sont le plus à risque.

* Chef du service des maladies infectieuses et tropicales, hôpital Tenon, Paris.

https://www.parismatch.com/Actu/Sante/V ... fs-1599483
fil - 24 Jan 2019 - 15:05
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Une piste pour cibler le réservoir du VIH

La susceptibilité des lymphocytes T CD4+ à être infectés par le VIH-1 dépend de leur activité métabolique.

Le VIH-1 infecte sélectivement les CD4+ présentant une forte glycolyse

Inhiber l’activité métabolique bloque la réplication du VIH-1 au sein des réservoirs


Selon des travaux récents parus dans Cell Metabolism , le blocage in vitro par un inhibiteur compétitif de la glycolyse réduirait la capacité du virus à infecter ces cellules et son amplification. Cette découverte offre une nouvelle piste inédite pour envisager l’éradication d’un des principaux réservoirs viraux et, par conséquent, la maladie.

Le VIH-1 infecte sélectivement les CD4+ présentant une forte glycolyse

La constitution d’un réservoir intracellulaire du VIH n’a pas permis jusqu’à aujourd’hui de développer un traitement permettant d’éradiquer l’infection. On sait que les lymphocytes T CD4+ représentent les principales cellules de ce réservoir, mais que seule une partie d’entre eux contribue à la persistance du virus dans l’organisme. S’il a été démontré que les CD4+ les plus différenciés sont ceux qui sont les plus vulnérables à l’infection par le VIH, il reste à en décrire les mécanismes sous-jacents. Le métabolisme cellulaire pourrait constituer une piste, selon certaines études préalables.

Bloquer la glycolyse réduit le nombre de cellules infectées

Aussi, le travail collaboratif de plusieurs équipes françaises a permis de décrire que les lymphocytes CD4+ infectés présentaient une forte activité métabolique : en effet, la susceptibilité des cellules au VIH apparaît associée à l’expression de plusieurs gènes au moment de l’infection, notamment en lien avec la glycolyse. Les chercheurs se sont ensuite assurés du lien de causalité entre activité métabolique et infection en écartant la possibilité d’une causalité inverse (métabolisme accru provoqué par l’infection). Ils ont enfin testé plusieurs inhibiteurs du métabolisme glucidique sur la capacité des cellules T CD4+ à être infectées par le VIH-1 et ont montré que le 2-désoxy glucose (2-DG), un inhibiteur compétitif de la glycolyse, permettait de limiter le nombre de cellules T infectées. Des travaux complémentaires ont également montré que le 2-DG permettait de réduire le nombre de cellules T CD4+ préalablement infectées et de réduire l’amplification du VIH à partir de ces réservoirs.

Un mécanisme d’échappement?

Le rôle déterminant du profil métabolique cellulaire sur l’infection par le VIH n’est pas sans rappeler des mécanismes propres aux cellules devenues cancéreuses. Il pourrait offrir au virus un moyen lui permettant d’échapper à l’immunité. Aussi, comme en oncologie, des pistes thérapeutiques visant les voies métaboliques favorisant la persistance du virus pourraient être développées.

Références :

Valle-Casuso JC et al. Cellular Metabolism Is a Major Determinant of HIV-1 Reservoir Seeding in CD4+ T Cells and Offers an Opportunity to Tackle Infection. Cell Metab. 2018 Dec 19. pii: S1550-4131(18)30734-4. doi: 10.1016/j.cmet.2018.11.015. [Epub ahead of print]. PMID: 30581119.
fil - 28 Jan 2019 - 07:16
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Le virus VIH capable de se « camoufler » pour échapper au système immunitaire

Comment le virus VIH parvient-il à échapper à la vigilance du système immunitaire, à l’intérieur même des cellules qu’il infecte ? C’est sur un de ces mécanismes d’évitement que se sont penchés des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Université de Montpellier et de l’Université de Lorraine. Ils ont pu observer la capacité du VIH à « camoufler » son ARN au sein même de la cellule infectée en utilisant une enzyme intracellulaire. Ces travaux parus dans Nature apportent de nouvelles connaissances sur les mécanismes d’évasion du VIH face au système immunitaire inné.

Dès les premières étapes d’une infection virale, les « radars » intracellulaires de l’immunité innée permettent de déclencher rapidement une réponse antivirale via la sécrétion d’interférons de type I, protéines fabriquées par les globules blancs pour réguler et stimuler la réponse immunitaire.

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) cible les cellules du système immunitaire et provoque des immunodéficiences sévères responsables du SIDA. Lorsque le VIH infecte une cellule, son génome composé d’ARN simple brin est transformé en ADN. Il va ensuite s’importer dans le noyau de la cellule hôte où il s’intègre à son génome. Le succès de ces étapes précoces dépend de la capacité du virus à se camoufler dans la cellule et à passer inaperçu en échappant aux détecteurs cellulaires, notamment à ceux capables de reconnaître les acides nucléiques de son génome comme un ARN étranger à l’organisme.

Des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Université de Montpellier et de l’Université de Lorraine se sont intéressés à ce mécanisme permettant au VIH d’échapper à la vigilance des cellules en exploitant un système de camouflage. Au sein des cellules, on trouve une enzyme appelée FTSJ3 qui est capable de modifier certains des acides nucléiques composant un ARN cellulaire en leur ajoutant un groupement méthyle. Cette modification est une signature du soi (ensemble des molécules résultant de l’expression du génome de l’individu, à opposer au non soi) qui permet aux détecteurs de reconnaître les ARN cellulaires comme tels dans les cellules humaines et d’éviter leur destruction par le système immunitaire.

La suite ici :

https://presse.inserm.fr/le-virus-vih-c ... ire/33497/
fil - 05 Fév 2019 - 09:06
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH-1 : des réservoirs découverts pour la première fois dans les macrophages tissulaires

L’existence de réservoirs cellulaires où se cachent des virus VIH « dormants » chez les patients infectés sous traitement est un obstacle majeur à l’éradication du virus. Dans une étude parue aujourd’hui dans la revue Nature Microbiology, une équipe de recherche de l’Institut Cochin (Inserm/CNRS/Université Paris Descartes) soutenue par l’ANRS et le Sidaction, et coordonnée par Morgane Bomsel, directrice de recherche CNRS, montre que, chez ces patients, des cellules de l’immunité particulières (macrophages) résidant dans les tissus du pénis, constituent de tels réservoirs cellulaires. La découverte de ce nouveau type de réservoirs dans les macrophages tissulaires pourrait ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques.

https://www.nature.com/articles/s41564-018-0335-z



http://www.anrs.fr/fr/actualites/571/vi ... acrophages
fil - 12 Fév 2019 - 05:10
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Foie gras : un mal qui touche les séropositifs

D’après une étude dont les résultats ont été publiés sur le site aidsmap, le syndrome non-alcoolique du foie gras serait un des enjeux émergents quant à la santé des personnes vivant avec le VIH. Les médecins du Centre médical universitaire d’Utrecht aux Pays-Bas ont publié récemment des chiffres inquiétants, dans la revue médicale Infectious Disease Therapies. Ce syndrome intervient lorsque des graisses s’accumulent dans les cellules du foie, chez des personnes dont la consommation d’alcool n’est pas jugée comme responsable d’une cirrhose. Parfois sans symptôme, elle peut néanmoins conduire à des stéatoses hépatiques (NASH) et des cirrhoses chez environ 10 % des personnes. Et près d’un tiers des personnes développant une NASH vont voir leur stade de fibrose s’aggraver et leur fonction hépatique se dégrader.

L’activation immunitaire et inflammatoire causée par le VIH, mais aussi un historique avec les premiers médicaments antirétroviraux font des personnes séropositives des patients à plus haut risque de développer un syndrome non-alcoolique, une NASH voire une cirrhose. Dans une méta-analyse (analyse de différentes études), les chercheurs-euses ont observé une prévalence d’un syndrome hépatique non-alcoolique de 35 % chez les personnes séropositives, comparé à 25 % en population générale. Aussi, les personnes séropositives présentant déjà des perturbations d’enzymes du foie sont extrêmement sujettes (entre 57 et 72 %) au syndrome du « foie gras », selon cette étude. Cependant, ces résultats tranchent avec d’autres, qui n’avaient pas montré de sur-risque quant à une NASH chez les personnes vivant avec le VIH par rapport aux personnes séronégatives.

http://www.aidsmap.com/Non-alcoholic-fa ... um=twitter
fil - 12 Fév 2019 - 12:35
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Lancement de l’essai européen visant à évaluer la combinaison de vaccins thérapeutiques expérimentaux contre le VIH (CHU Henri Mondor 12/2/19)

Le consortium EHVA (European HIV Vaccine Alliance) annonce le démarrage de l’essai EHVA T01/ANRS VRI05 (NCT02972450), avec le début de la sélection de participants à l’Hôpital universitaire de Lausanne en Suisse. EHVA-T01/ANRS VRI05, essai randomisé de phase I/II en double insu, évaluera la combinaison de vaccins thérapeutiques expérimentaux contre le VIH (vaccin MVA HIV-B développé par l’ANRS et le VRI et vaccin GTU Multi HIV-B développé par la firme Fit Biotech) et du vedoluzimab (immunothérapie utilisée dans le traitement de la maladie de Crohn et ayant montré une efficacité sur le contrôle de la réplication du virus SIV dans les modèles primates) chez des personnes vivant avec le VIH traités par antirétroviraux dans six pays d’Europe – France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Suisse.

Le professeur Yves Lévy est l’investigateur coordinateur de EHVA-T01/ANRS VRI05, un essai sous promotion Inserm-ANRS, géré par la Clinical Trial Unit du Medical Research Council de l’University College London. Cet essai coordonné pour la France par le Pr JD Lelièvre (CHU Henri Mondor) sera mené dans 3 services de l’APHP (Service d’immunologie clinique et maladies infectieuses CHU Henri Mondor – Pr JD Lelièvre – Service de maladies infectieuses et tropicales CHU Saint Louis, Pr JM Molina- Service d’immunologie clinique CHU HGEP- Pr L Weiss).

L’inclusion des premiers patients en France est prévue pour la fin du premier trimestre 2019. Le nombre total de patients attendu pour l’ensemble de l’essai est de 88 à 192 en fonction des résultats des analyses intermédiaires.
L’essai durera environ 15 mois pour chaque participant et comportera un arrêt contrôlé du traitement antirétroviral pour une période pouvant s’étendre à 24 semaines.

Le professeur Yves Lévy (CHU Henri Mondor), Directeur du VRI, est le coordinateur du consortium EHVA, un projet de 5 ans financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union Européenne visant à promouvoir le développement d’un vaccin efficace contre le VIH (www.ehv-a.eu). EHVA compte 39 partenaires, chacun possédant l’expertise nécessaire pour promouvoir une approche globale du développement d’un vaccin efficace contre le VIH.

Centre compétence déficits immunitaires de l’adulte (https://www.ceredih.fr/)

http://chu-mondor.aphp.fr/lancement-de- ... re-le-vih/

Les vaccins contre le VIH/Sida sont à notre portée


Les vaccins contre le VIH/Sida ne sont plus hors de portée, estime aujourd’hui la communauté scientifique. Vaccins préventifs ou thérapeutiques, les essais se multiplient sur plusieurs fronts. Le point à l’occasion du Sidaction, qui subventionne notamment la recherche.

Le point avec le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chercheur Inserm à l’hôpital Henri Mondor et au labo d’excellence VRI, dont les travaux bénéficient de ces financements.

https://www.ouest-france.fr/sante/sida/ ... ee-5635678
fil - 27 Fév 2019 - 16:08
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : des protéines "sur-mesure" pour aider les anticorps à combattre le virus

Des chercheurs sont parvenus à mettre au point des protéines imitant le VIH et donc capable d’inciter l’organisme à générer une réponse immunitaire. Ce qui pourrait, à termes, contribuer au développement d’un vaccin contre le virus.

Les chercheurs viennent-ils de franchir une nouvelle étape dans l’élaboration d’un vaccin contre le VIH ? C’est ce que laisse espérer une nouvelle étude menée par l’Université d’État de Pennsylvanie (Penn State University).

Dans un article publié dans la revue Nature Communications, ses auteurs expliquent être parvenus à l’aide d’une modélisation informatique à créer des protéines capables d’imiter les différentes caractéristiques de surface du VIH en s’infiltrant dans son revêtement protecteur. Testées sur des lapins, ces protéines ont permis aux rongeurs de développer des anticorps capables de se lier au virus du sida pour mieux le combattre.

"Nous avons pu démontrer qu'en utilisant nos protéines conçues, le sang était capable de générer spontanément des anticorps qui peuvent inhiber l'infection par le VIH dans les modèles cellulaires", détaille Cheng Zhu, principal auteur de l’étude. "Quand nous avons incubé le virus VIH, son infectiosité a été considérablement réduite par le sang des lapins."

https://www.nature.com/articles/s41467-019-08876-w

Des protéines qui stimulent une réponse immunitaire

Appelées immunogènes, ces protéines spécifiques ont la particularité de réussir à s’infiltrer à l’intérieur du VIH. Pour protéger une protéine à sa surface appelée Env, le virus utilise une couche de glucides ce qui rend très difficile son accès et sa neutralisation par des anticorps.

Les chercheurs ont cependant remarqué que des "trous" apparaissaient naturellement dans ce revêtement glucidique, exposant la protéine Env à des anticorps potentiels. Les immunogènes ont été créés en laboratoire pour cibler ces trous. "Pour développer des anticorps neutralisants - c'est-à-dire qui neutralisent plusieurs souches d'un virus - nous devons trouver quelque chose qui reste constant sur le virus pour que ces anticorps s'y accrochent", explique le Pr Cheng Zhu.

Avec son équipe, le chercheur est parvenu à copier des sections de la surface du virus et à les retranscrire sur des protéines bégnines "pour qu’elles ressemblent à la protéine Env, mais n’agissent pas comme elle". Son objectif : permettre au système immunitaire de reconnaître le virus et donc créer des anticorps pour le neutraliser.

Une fois ces immunogènes créés, les chercheurs les ont inoculées dans des lapins pour les immuniser. Ils ont ensuite prélevé des échantillons de sang une fois par mois, ce qui leur a permis de découvrir que leur sang contenait des anticorps capables de se lier au VIH.

Une étape dans l'élaboration d'un vaccin

Si ces résultats sont évidemment prometteurs, les chercheurs concèdent que le chemin est encore long avant la mise au point d’un vaccin contre le VIH. "Il est important que nous soyons en mesure de générer une réponse immunitaire au VIH et de montrer que c’est possible", a déclaré le Pr Nikolay Dokholyan, co-auteur de l’étude. "Mais nous devons encore améliorer les capacités de neutralisation des anticorps et d'autres aspects avant qu'il puisse devenir un vaccin viable."

"Les immunogènes que nous avons développées ne sont pas un produit fini, mais nous avons été en mesure de démontrer qu'il est possible de le faire", renchérit le Pr Zhu. "De plus, c'est aussi très excitant que nous ayons pu créer une nouvelle méthode pour fabriquer des protéines sur-mesure, ce qui pourrait aussi ouvrir la porte au développement de vaccins pour d'autres infections."

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... ttre-virus
nega - 28 Fév 2019 - 02:25
Sujet du message: Re: VIH : Publications
fil a écrit:
Lancement de l’essai européen visant à évaluer la combinaison de vaccins thérapeutiques expérimentaux contre le VIH (CHU Henri Mondor 12/2/19)



Smile
fil - 05 Mar 2019 - 05:28
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Un participant séropositif participant à une étude vaccinale transmet le virus au partenaire sexuel pendant l'interruption du traitement

Un homme séropositif a transmis le VIH à son partenaire sexuel après l’interruption du traitement antirétroviral dans le cadre d’une étude sur un vaccin thérapeutique, ont rapporté des scientifiques français dans le Journal of Infectious Diseases de la semaine dernière. Le rapport de cas souligne l'importance pour les participants aux études de guérison et de vaccination de prendre conscience de ce potentiel et de prescrire une prophylaxie pré-exposition (PrEP) à leurs partenaires sexuels.

L’homme de 59 ans avait été diagnostiqué séropositif neuf ans plus tôt, au cours de la phase de primo-infection. Il a commencé immédiatement un traitement antirétroviral et avait maintenu une charge virale indétectable jusqu'à sa participation à l'étude. Il était bien informé sur le VIH et était impliqué dans l'activisme anti-VIH.

Bien que l'affaire se soit déroulée il y a plus de quatre ans, elle n'a été rapportée que maintenant. L’homme participait à une étude vaccinale randomisée et contrôlée contre placebo (VR102 / ANRS149-LIGHT). Les participants à l'étude ont reçu des injections d'un vaccin thérapeutique actif ou d'un placebo entre le début de l'étude et la semaine 24, puis ont interrompu le traitement antirétroviral à la semaine 36. Les participants ont pu reprendre le traitement antirétroviral à la semaine 48 (ou avant) en cas de rebond de la charge virale.

Les participants à l'étude ont été informés du risque de transmission sexuelle et ont été invités à utiliser des préservatifs lors de l'interruption du traitement. L'homme a assisté à des visites d'étude avec son partenaire sexuel et ces discussions ont été consignées dans ses notes médicales.

Un mois après l’arrêt du traitement antirétroviral, sa charge virale s’élevait à 2 000 copies / m pour atteindre près de 16 000 copies / ml à six semaines, avec un retour spontané à un plateau de 1 000 copies / ml après deux mois. Il n'a signalé aucun symptôme notable.

Également un mois après le début de l'interruption du traitement, sa partenaire âgée de 44 ans avait de la fièvre, des douleurs articulaires et une éruption cutanée - des symptômes évocateurs d'une infection à VIH aiguë (très récente). Le VIH lui a ensuite été diagnostiqué et une analyse phylogénétique a montré que sa souche virale était très similaire à celle de son partenaire.

Le seul comportement sexuel signalé par le couple aux médecins était le cunnilingus (qui n'était généralement pas considéré comme un acte risqué) à deux ou trois occasions. Cependant, les médecins soulignent qu'il ne peut pas être exclu qu'ils aient eu d'autres types de rapports sexuels. Aucun des partenaires n'a signalé avoir d'autres partenaires sexuels.

«Ce cas met en évidence le risque de transmission secondaire de l'infection par le VIH pendant l'interruption du traitement, y compris chez les participants qui comprennent bien leur infection par le VIH et ses effets et dont le niveau de rebond viral est faible», commentent le professeur Jean-Daniel Lelièvre et le Dr Laurent. Hocqueloux.

Il y a quelques mois, une analyse de dix participants masculins de la même étude a montré que la charge virale dans le sperme rebondissait rapidement à des niveaux infectieux après l'interruption du traitement contre le VIH. Des augmentations de la charge virale dans le sang et le sperme ont été observées dans les deux semaines et après quatre semaines, les dix participants avaient un virus détectable dans leur sperme.

Référence :

JD & lelièvre Hocqueloux L . Transmission involontaire du VIH-1 à un partenaire sexuel dans le cadre d'une étude sur un candidat vaccin thérapeutique. Journal of Infectious Diseases, en ligne avant impression, 16 février 2019.

http://www.leparisien.fr/societe/sida-d ... 024913.php
fil - 05 Mar 2019 - 18:52
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Allègements thérapeutiques : ou comment avaler moins de chimie en restant en succès thérapeutique

Mettre en place un allègement thérapeutique pour une personne séropositive permet d’améliorer sa qualité de vie, de corriger ou réduire les effets indésirables, de limiter les interactions médicamenteuses. Cet allègement thérapeutique ne doit pas être fait n’importe comment, de sa propre initiative et toujours dans un accord patientE/médecin. Et certaines conditions impératives doivent être remplies : succès thérapeutique, charge virale indétectable de plus de 12 mois et une bonne observance.

Qu’est-ce que l’allégement thérapeutique ?

Deux options :

1- Il peut s’agir de prendre moins de chimie, c’est-à-dire espacer les prises (prendre par exemple ses antirétroviraux seulement 5 ou 4 jours par semaine) ou encore réduire la posologie.

2- Ou prendre moins de molécules, en passant d’une trithérapie à une bithérapie, voire à une monothérapie. Aussi, il est à rappeler que l’allègement est à distinguer de la simplification, qui est le fait de prendre moins de prises par jour, ou encore prendre moins de comprimées, tout en restant sur une trithérapie (souvent un combo, un comprimé regroupant plusieurs molécules, en une seule prise par jour).

Les conditions du succès thérapeutique de l’allègement se vérifient au maintien d’une charge virale indétectable, d’une amélioration des paramètres biologique et à l’amélioration ressentie par la personne sur son état physique (baisse des effets secondaires indésirables des traitements) et mental et surtout au maintien de l’observance de la prise du traitement.

Traitement par intermittence (5 jours sur 7, 4 jours sur 7, …)

Il s’agit de prendre son traitement 5 voire 4 jours consécutifs et faire une pause des prises les jours restant. Au cas par cas, cette stratégie de prise discontinue peut être envisagée. Lors de l’essai ouvert ANRS162-4D*, sur 100 patients en succès virologique sous une trithérapie depuis au moins 12 mois, 96% des patients étaient toujours en succès thérapeutique sous le schéma 4 jours sur 7. Des essais de plus grande ampleur sont en cours, incluant un plus grand nombre de trithérapies : cet allègement pourrait être possible avec chaque trithérapie pour 45% des séropos traitéEs et indétectables selon le Dr De Truchis, sans besoin de switch (changement de molécules).

Aller vers une bithérapie voire une monothérapie

L’indétectabilité, observée sous trithérapie lors d’un succès virologique, est vérifiée également dans le cadre d’un certain nombre* de combinaison « switch » en bithérapie. Des questions restent tout de même en suspens pour le traitement par bithérapie et il en ressort qu’il doit faire l’objet de recherches plus approfondies. A contrario, beaucoup de données existent sur les monothérapies, qui sont possible ou à exclure*. Quoiqu’il en soit, un passage en bithérapie ou en monothérapie doit s’initier en accord mutuel avec l’infectiologue et une nouvelle surveillance virologique adaptée.

Quelle place pour les médicaments génériques ?

L’allègement thérapeutique ouvre plus de place aux médicaments génériqués, puisque passer à une bithérapie ou une monothérapie nécessite de « casser » sa trithérapie en un seul comprimé journalier (ces dernières étant protégées par un brevet). Nous rappelons que l’intérêt économique ne doit pas jouer dans l’accès aux soins et dans le choix des traitements nécessaires aux séropositifVEs, étant une question plus large de politique du système de fixation des prix des médicaments.

Un confort de vie amélioré : importance de la vie sociale, économique et affective des séropos

S’il n’existe pas à l’heure actuelle de données objectives sur l’amélioration de la qualité de vie et une diminution des effets indésirables, de nombreux malades affirment que cette dernière s’est améliorée. Ce que l’on peut affirmer c’est que dans le cadre du vieillissement des PVVIH réduire les polymédications est un enjeu important. Passer à une bithérapie ou à un traitement par intermittence peut aussi faire réapparaître des vieilles peurs des séropos : voir sa charge virale redevenir détectable, être potentiellement contaminantE à nouveau, ne plus prendre un seul comprimé par jour, etc. Les séropos qui se portent bien sont ceuxCELLES qui ont réussi à retrouver un équilibre social, familial, amoureux et médical. L’allègement thérapeutique doit être fait avec leur accord et l’argument économique du coût du traitement ne doit pas interférer dans la décision. Cet allègement thérapeutique doit amener à une plus grande vigilance médicale.Il semble également que passer à un traitement disponible sous forme générique serait audible par touTEs les séropos si les économies obtenues étaient reversées dans le budget alloué à la prise en charge des séropos afin de l’améliorer.

Les ActupienNEs revendiquent un allègement :

• Dans un accord partagé par leA patientE et adapté à chaque patientE et sa volonté;
• s’il y a refus, qu’il soit motivé auprès duDELA patientE ;
• Où l’allègement par intermittence n’est pas d’emblée effacé par l’allègement par bi ou monothérapie ;
• Proposé aux patientEs pour qui il peut être un bénéfice, peu importe l’académisme du médecin et ses a priori sur les séropos qui viennent d’Afrique subsaharienne, qui sont travailleurEUSEs du sexe, qui sont usagerEs de drogue, qui sont prisonnierEs, … ;
• Où la prise en charge des comorbidités et leur dépistage n’est pas minimisé ;
• Où le suivi social des séropos effectué par les associatifs concernéEs est financé à sa juste mesure par les pouvoirs publics, compte tenu de • l’amélioration de la santé globale des séropos qui y ont accès ;
Dont l’argument économique du coût du traitement ne doit pas interférer
• Où les franchises médicales sont supprimées, car ne plus prendre une trithérapie combo c’est avoir plusieurs boites de médicaments et donc multiplier les euros de franchise CPAM à la pharmacie.
• Il ne s’agit pas seulement d’alléger le thérapeutique : il s’agit également d’acter un arrêt des discriminations dans la vie des séropos et une amélioration de leur situation sociale. C’est en ce sens que nous réaffirmons notre opposition aux Agences Régionales de Santé qui stoppent brutalement les financements associatifs portant sur le suivi social des séropos.Nous demandons également que les économies réalisées soient affectées à l’amélioration de la qualité de vie des séropos avec traçabilité des fonds.
* Rapport Morlat, Optimisation d’un traitement antirétroviral en situation de succès virologique https://cns.sante.fr/wp-content/uploads ... sation.pdf

https://lesactupiennes.fr/allegements-t ... rapeutique
fil - 06 Mar 2019 - 09:58
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Sida : peut-on guérir du VIH ?

A l'occasion de la conférence mondiale sur le sida à Seattle, a été révélé un second cas de «guérison». Après une greffe de moelle osseuse, le virus aurait totalement disparu chez un patient. Mais ce traitement est très difficilement reproductible.

Les grandes conférences sur le sida sont toujours l’occasion de nouvelles spectaculaires. La Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, rendez-vous annuel de tous les cliniciens qui s’est ouvert ce lundi à Seattle, ne déroge pas à cette règle basique de communication. Est ainsi présenté le cas d’un deuxième patient, guéri du VIH après une greffe de cellules de moelles osseuses. L’occasion de faire le point sur les notions de guérison, de rémission, voir de stabilisation en matière de VIH.

Guérir du VIH, est-ce possible ?
La notion de guérison est délicate. Elle fait référence à deux cas très particuliers, dont le dernier vient donc d’être présenté à Seattle. Deux patients chez qui on ne trouve plus la moindre trace de virus.

La première histoire a dix ans. On l’appelait alors le «patient de Berlin». Timothy Brown, un jeune Américain avait été testé séropositif en 1995 quand il était étudiant dans la capitale allemande. C’est après avoir reçu une greffe de moelle osseuse en 2007 pour traiter une leucémie, qu’il a cessé de prendre des antirétroviraux et surprise, il ne montrait plus aucun signe d’infection par le VIH. Les médecins qui le suivaient l’ont alors déclaré guéri. On a alors découvert que la moelle greffée provenait d’un donneur qui avait des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH. Selon les estimations, 0,3% de la population est doté de cette immunité naturelle au VIH qui provient de la mutation d’un gène dit CCR5. «Je suis la preuve vivante qu’on peut guérir du sida», disait alors Timothy Brown.

C’est ce qui vient de se répéter avec un patient de Londres, chez qui on n’a pas retrouvé la moindre trace de virus, selon les chercheurs. Lui aussi a subi une transplantation de moelle osseuse, en recevant des cellules-souches de donneurs ayant une mutation génétique rare qui empêche le VIH de s’installer. «En parvenant à une rémission sur un deuxième patient tout en utilisant une approche similaire, nous montrons que le "patient de Berlin" n’a pas été une anomalie», s’est félicité le principal chercheur Ravindra Gupta, professeur à l’Université de Cambridge. Mais il souligne «que la transplantation de moelle osseuse, intervention délicate, dangereuse et douloureuse, n’est évidemment pas une option viable pour le traitement du VIH».

Reste donc un modèle. Le VIH utilisant la plupart du temps le CCR5 comme récepteur pour s’intégrer à la cellule, la mutation dudit gène empêche manifestement le virus de pénétrer dans les cellules hôtes, ce qui rend les porteurs de cette mutation protégés du virus du sida. «Ces cas de guérison nous donnent des éléments de recherche passionnants», explique un chercheur français.

La rémission complète existe-t-elle ?
Oui, mais c’est rarissime. Petit retour en arrière. Les traitements antirétroviraux (ARV) sont apparus en 1996. Depuis ils se sont affinés, simplifiés et, surtout, sont devenus particulièrement efficaces. Ainsi, plus de 90% des patients qui sont sous ARV ont une charge de virus indétectable, c’est-à-dire que l’on ne retrouve plus de traces de particules virales circulant dans leur sang. Mais pour autant, le virus n’a pas disparu ; il reste tapi dans des réservoirs, comme certains ganglions. Et dès que le patient arrête son traitement, le virus se reproduit.

Mais voilà, il y a des cas de rémission complète. En juillet 2015, une équipe de virologue de l’Institut Pasteur a fait état d’une rémission exceptionnelle. Il s’agissait alors d’une jeune fille de 19 ans née séropositive. Pendant les premières années de sa vie, elle a été traitée avec des ARV. Puis à l’âge de 5 ans, ses parents disparaissent avec elle pendant un an et demi. Elle ne reçoit plus de thérapie. Quand elle revient à l’hôpital, à 6 ans et demi, les médecins qui l’examinent sont surpris : aucune trace du virus, et aucune trace d’activité virale. En 2015, douze ans après, alors qu’elle ne suit plus aucun traitement, elle va très bien et on ne décèle plus la moindre trace de virus dans son sang. «Elle est en complète rémission, mais c’est un cas rarissime», expliquait alors le docteur Asier Sáez-Cirión, virologue à l’Institut Pasteur. Cela ne voulant pas dire pour autant que le virus ait complètement disparu de l’organisme de la jeune fille.

Y a-t-il des patients qui vivent bien sans traitement ?
Oui. Il existe des groupes de patients qui vivent avec le VIH sans problème, sans que le virus ne se reproduise. Comme si leurs organismes avaient réussi à s’adapter.

Parmi eux, il y a ceux que l’on appelle les «contrôleurs du VIH». C’est un groupe très particulier de personnes qui ont été infectées par le sida, mais chez qui, sans le moindre traitement, l’organisme et le système immunitaire ont contrôlé la suite de l’infection. Le virus est certes là, dormant, mais il ne bouge pas, comme replié en silence. Selon des études françaises et américaines, ils sont peu nombreux, entre 0,3% et 0,6% des personnes infectées à travers le monde. Dans les années 90, on avait mis en exergue l’histoire de prostituées kenyanes qui avaient été infectées mais vivaient depuis sans maladie. «Chez ces personnes, il y a un facteur génétique important», faisait remarquer Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche contre le sida et les hépatites.

Un autre groupe existe. Il s'agit de personnes qui ont été contaminées mais ont été traitées très précocement, c’est-à-dire très peu de temps après leur contamination. Elles ont reçu, alors, des thérapies pendant un certain temps. Mais pour des raisons variées, elles ont ensuite arrêté leur traitement et leur organisme a contrôlé le virus. En France, il y a quelques dizaines de patients connus de ce type, regroupés dans ce que l’on appelle la cohorte Visconti.

Eric Favereau

https://www.liberation.fr/france/2019/0 ... ih_1713126
fil - 12 Mar 2019 - 09:55
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Un sous-type de VIH « possiblement plus virulent » de plus en plus fréquent en France

Il s'appelle CRF02_AG, et ce sous-type du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est de plus en plus prévalent dans la population séropositive française. Selon des données présentées en poster la semaine dernière à la 26e conférence internationale sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI), sa proportion est passée de 14 % avant les années 2010 à 22 % en 2016. Bien que CRF02_AG soit connu depuis les débuts de l'épidémie, les données récentes semblent indiquer qu'il serait plus virulent et transmissible que les autres sous-types de virus.

« Depuis 1999, nous analysons annuellement les virus isolés chez les patients lors de leur primo-infection, explique au « Quotidien » le Dr Marie Laure Chaix (hôpital Saint-Louis, AP-HP). Nous surveillons les résistances transmises, la diversité des virus et l'apparition de nouveaux recombinants et les clusters de transmission, c’est-à-dire les groupes patients infectés par des virus de types proches. »

Seulement 5% des cas dans les années 90

Les chercheurs ont comparé les données de 1 121 patients infectés entre 2014 et 2016, dont 90 % d'hommes parmi lesquels on trouve 70 % d'hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes. CRF02_AG est une recombinaison des sous-type A et G. Très ancien, il a été introduit en France par des patients originaires d'Afrique subsaharienne. Au début des années 1990, seuls 5 % des primo infectés étaient concernés par ce sous-type. Les patients du sous-type B représentaient alors l'écrasante majorité des malades.

Alors que rien ne les distinguait il y a encore quelques années, ces sous-types sont associés depuis peu à une charge virale moyenne significativement plus élevée, comparés à ce qui est observé en cas d'infection par des virus du sous-type B, majoritaires en France. Le sous-type CRF02_AG est également plus représenté dans les clusters comprenant un grand nombre de patients. Ces résultats pourraient laisser suggérer une capacité de ce sous-type à diffuser plus rapidement.

« Même si on exclut les patients d'Afrique subsaharienne, généralement diagnostiqués plus tardivement, on observe que cette différence se maintient. Il serait donc potentiellement plus virulent et plus transmissible », ajoute le Dr Chaix, pour qui il n'y a toutefois pas lieu de s'inquiéter outre mesure : « ce sous-type répond aussi bien aux traitements que les autres. »

Il n'en demeure pas moins que cette possible et récente virulence accrue intrigue les médecins. « Les travaux de Francis Barin (université de Tours, NDLR) ont déjà montré que les CRF02_AG résistent plus largement aux anticorps neutralisant à large spectre, ajoute le Dr Chaix. Nous allons monter une base de surveillance nationale et étudier l'hypothèse d'un possible changement récent dans le génome de ce sous-type : nous le séquencerons en entier et chercherons d'éventuelles différences au niveau des protéines structurales et non structurales. »

Près de la moitié des primo-infectés français dans un « cluster » indentifié

Les auteurs ont également dressé une cartographie des « clusters », c’est-à-dire des groupes de patients infectés par des souches phylogénétiquement proches. Les clusters sont des ensemble de patients infectés par des virus très proches, souvent dans un même lieu ou région ou selon un même mode de transmission. « Nous observons que 41 % des patients en primo-infections font partie d'un cluster », explique Le Dr Chaix. Les patients qui n'appartiennent pas à un cluster identifié ont pour la plupart été diagnostiqués après la primo-infection, lorsque la maladie se chronicise. « Sur les 6 000 infections annuelles françaises, seulement 600 à 1 000 sont diagnostiquées dans l'année », rappelle le Dr Chaix.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... nce_866807
fil - 14 Mar 2019 - 03:49
Sujet du message: Re: VIH : Publications
L’analyse moléculaire fine des virus VIH permet de mieux surveiller l’épidémie en France

Lors de la 26e CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, Seattle, du 4 au 7 mars), Benoît Visseaux (Hopital Bichat, Unité Inserm UMR 1137) présente un travail soutenu par l’ANRS (AC43) et coordonné par Marie-Laure Chaix (CNR VIH). Comparée aux années précédentes, cette étude, incluant 1121 patients infectés entre 2014 et 2016, met en évidence une augmentation en France de la circulation des virus d’un sous-type encore minoritaire : le CRF02_AG. Les patients infectés par ces virus ont souvent une charge virale plus élevée laissant suggérer une diffusion plus rapide des virus CRF02_AG. Par ailleurs, la comparaison génétique des virus permet également d’identifier dans 41% des cas des groupes de patients appartenant à un réseau de transmission appelés "clusters".

En comparant la séquence nucléotidique des virus VIH, il est possible de construire un arbre phylogénétique et ainsi d’une part de surveiller l’évolution de la diversité et d’identifier de nouveaux virus recombinants et d’autre part d’identifier des groupes de patients infectés par des souches phylogénétiquement proches. Ces groupes constituent des Clusters de Transmission Récente (ou CTR), groupes de patients infectés par des virus très proches, souvent dans un même lieu ou région ou selon un même mode de transmission. Ces clusters permettent de disposer de données précises concernant les profils, localisations, vitesse de transmission et taille de ces micro-épidémies, parfois massives.

En se basant sur l'analyse génétique des VIH ayant infecté 1121 personnes entre 2014 et 2016 (population composée de 90% d'hommes dont 70% d'hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH)), Benoît Visseaux et ses collègues montrent que la prévalence du sous-type CRF02_AG augmente d'année en année. En effet, sa proportion est passée de 14% avant les années 2010 à 22% en 2016. La charge virale des patients infectés par ce virus est significativement plus élevée que chez les patients infectés par les virus de sous type B majoritaire en France. Ce sous type CRF02 est également plus représenté dans les clusters comprenant un grand nombre de patients (≥4 patients). Ces résultats pourraient laisser suggérer une capacité de ce sous type à diffuser plus rapidement.

Comparés aux patients qui ne sont pas inclus dans des clusters de transmission, les patients appartenant à l'un d'eux sont en plus grande proportion des HSH et sont plus jeunes. Près de la moitié des CTR étudiés sont localisés à Paris et 31 des 39 clusters de grande taille (4 à 14 patients) identifiés en France incluent des patients diagnostiqués à Paris.

Cette étude souligne l'importance de la surveillance continue des virus VIH au niveau national. L’analyse des clusters de transmission du VIH permet d’identifier les populations et les zones géographiques où ces virus se diffusent rapidement. Cela devrait permettre de déclencher des actions de dépistage, de traitement et de prévention spécifiques. Benoît Visseaux, Marie-Laure Chaix et leurs collègues virologues de l’AC 43 de l’ANRS en association avec Santé Publique France travaillent aujourd’hui à « la mise en place d'un réseau de surveillance national visant à identifier les lieux et modes de transmission les plus à risque, en vue d'une prévention davantage ciblée permettant d'enrayer la progression de l'épidémie de VIH ».

http://www.croiwebcasts.org/console/pla ... smsrq=5170
fil - 14 Mar 2019 - 14:33
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Rein et VIH en 2019
Pr Emmanuelle PLAISIER Médecin Néphrologie Hôpital Tenon Paris, France




https://youtu.be/nqyPutZ7plw
fil - 15 Mar 2019 - 22:22
Sujet du message: Re: VIH : Publications
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Les engagements sur l’amélioration de la santé des consommateurs de drogues injectables n’ont pas été tenus : 99 % de ces personnes n’ont pas accès à des services adéquats anti-VIH et de réduction des risques


Un nouveau rapport de l’ONUSIDA met en lumière la nécessité urgente de mettre en œuvre une approche fondée sur les droits de l’homme et sur des données probantes pour ouvrir aux consommateurs de drogues injectables l’accès aux services de santé essentiels

GENÈVE, 13 mars 2019 — Un rapport publié ce jour par l’ONUSIDA montre que, malgré la baisse des nouvelles infections à VIH dans le monde, l’incidence du VIH ne recule pas chez les consommateurs de drogues injectables (1,4 % à l’échelle mondiale en 2017). Le rapport montre également que 99 % des consommateurs de drogues injectables vivent dans des pays qui ne proposent pas de couverture adéquate en termes de services de réduction des risques.

« L’ONUSIDA s’inquiète énormément de l’absence de progrès pour les consommateurs de drogues injectables, imputable au fait que de nombreux pays ne mettent pas en place des approches de la consommation de drogues éclairées par des données probantes et fondées sur les droits de l’homme », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « En mettant les individus au cœur de l’approche et en veillant à ce qu’ils aient accès à des services de santé et sociaux dans le respect de leur dignité et sans discrimination ni criminalisation, des vies peuvent être sauvées et les nouvelles infections à VIH être réduites radicalement ».

Ce nouveau rapport de l’ONUSIDA, intitulé Santé, droits et drogues : réduction des risques, dépénalisation et discrimination zéro pour les consommateurs de drogues, montre que sur les 10,6 millions de personnes qui ont consommé des drogues injectables en 2016, plus de la moitié vivaient avec l’hépatite C, et une sur huit vivait avec le VIH. Il explique que la mise en place de services complets de réduction des risques (notamment programme de distribution d’aiguilles et de seringues, traitement de la dépendance aux drogues, dépistage et traitement du VIH) permettra de relancer les progrès dans l’élimination des nouvelles infections à VIH chez les consommateurs de drogues.

http://www.unaids.org/sites/default/fil ... 019_en.pdf

Pourtant, peu d’États membres des Nations Unies se sont montrés à la hauteur de l’accord de 2016 décrit dans le document final de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le problème mondial de la drogue, visant à prendre des mesures de santé publique efficaces pour améliorer la santé des consommateurs de drogues.

Le rapport souligne que malgré la dépénalisation de l’usage et de la possession de drogue à des fins personnelles, qui a accru la disponibilité, l’accès et le recours aux services de santé et de réduction des risques, la criminalisation et les peines sévères restent monnaie courante. On estime qu’une personne sur cinq détenue dans le monde est incarcérée pour des délits en relation avec la drogue, dont 80 % sont en prison uniquement pour possession à usage personnel. En outre, le rapport recense 35 pays qui prévoient la peine de mort pour les délits liés à la drogue.

L’ONUSIDA défend également l’engagement total de la société civile en tant que source essentielle d’information et pour les actions de mobilisation, de sensibilisation et de mise en place de services communautaires, notamment dans les endroits où des politiques et des pratiques répressives constituent la norme. Par ailleurs, l’ONUSIDA appelle à financer suffisamment les programmes sur les droits de l’homme et les services de santé qui incluent des services de réduction des risques et anti-VIH, des ripostes communautaires et des moyens d’action sociaux, ainsi que la lutte contre la stigmatisation et la discrimination liées aux drogues et au VIH.

Le rapport souligne que malgré l’efficacité de la réduction des risques, les investissements dans de telles mesures sont bien loin de couvrir les besoins pour une riposte efficace au VIH. Dans 31 pays à revenu faible et intermédiaire qui ont transmis des données à l’ONUSIDA, 71 % des dépenses consacrées aux services anti-VIH pour les consommateurs de drogues ont été financées par des donateurs externes.

Bien que certains pays aient fait des progrès en mettant en place des approches basées sur des données probantes et ancrées dans les droits de l’homme, la plupart sont encore à la traîne. À la veille de la session ministérielle de la Commission des stupéfiants des Nations Unies, qui débutera le 14 mars 2019 à Vienne, en Autriche, l’ONUSIDA encourage les gouvernements à revisiter et à recentrer leurs approches en matière de drogues, en plaçant les individus au cœur de ces approches et en associant droits de l’homme et santé publique.

L’ONUSIDA a formulé un ensemble de recommandations que les pays peuvent adopter, notamment :

• Mise en place de services complets de réduction des risques et anti-VIH, y compris programme de distribution d’aiguilles et de seringues, traitement de substitution aux opiacés, gestion des overdoses à la naloxone et salles de consommation sécurisées.
• Assurer l’accès de tous les consommateurs de drogues à la prévention, au dépistage et au traitement vital du VIH, de la tuberculose, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles.
• Dépénaliser la consommation de drogues et la possession pour usage personnel. Là où les drogues restent illicites, les pays devraient adapter et réformer les lois pour faire en sorte que les consommateurs de drogues aient accès à la justice, y compris aux services juridiques, et ne soient pas confrontés à des sanctions punitives ou coercitives dans les cas d’usage personnel.
• Agir pour éliminer toutes les formes de stigmatisation et de discrimination rencontrées par les consommateurs de drogues.
• Soutenir l’engagement total de la société civile en tant que source d’information et pour les actions de mobilisation, de sensibilisation et de mise en place de services communautaires, notamment dans les endroits où des politiques et des pratiques répressives constituent la norme.
• Investir dans les programmes sur les droits de l’homme et les services de santé, notamment sur un ensemble complet de services de réduction des risques et anti-VIH, des ripostes communautaires et des moyens d’action sociaux.
Voir le rapport complet : Santé, droits et drogues : réduction des risques, dépénalisation et discrimination zéro pour les consommateurs de drogues.

http://www.unaids.org/sites/default/fil ... 019_en.pdf

http://www.unaids.org/fr/resources/pres ... ugs_report
fil - 19 Mar 2019 - 05:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
jemedepiste.com est lancé



https://jemedepiste.com/

L'importance du dépistage régulier du VIH :

Chaque année en France, 6000 personnes environ découvrent qu’elles sont séropositives. Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les personnes hétérosexuelles originaires d’Afrique Subsaharienne ou des Caraïbes sont les populations les plus exposées.

En France, on estime que 25 000 personnes ignorent qu’elles sont séropositives au VIH. C’est ce que l’on appelle l’épidémie cachée.
Le dépistage régulier est l’une des clés pour arrêter l’épidémie de VIH.
C’est dans les premiers mois qui suivent la contamination qu’une personne séropositive non diagnostiquée est le plus à risque de transmettre le VIH. C’est une période durant laquelle le virus se duplique dans le corps et se transmet plus facilement.

Réduire le délai entre le moment de l’infection et diagnostique du VIH par un dépistage régulier permet de également de réduire le nombre de personne exposée au risque à VIH durant cette période.
Connaître sa séropositivité le plus tôt possible après son infection, c’est pouvoir accéder à un traitement qui permettra d’être en bonne santé et réduire les risques de complication liés au VIH.

Après plusieurs mois de mise sous traitement, le VIH sera présent en très faible quantité dans le sang et le sperme. C’est que ce que l’on appelle la charge virale indétectable qui contribue à un effet Tasp (Treatment As Prevention).
Dès lors une personne séropositive sous traitement avec une charge virale indétectable ne peut transmettre le virus à ses partenaires sexuels-les = effet Tasp.

Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes découvrent leur séropositivité à un stade tardif de la maladie pouvant rendre compliqué leur prise en charge thérapeutique.

Pour aller plus loin sur le sujet :

https://www.aides.org/dossier/aides-en-france

https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c ... -en-france
fil - 31 Mar 2019 - 15:31
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Première greffe de rein d'une donneuse séropositive aux Etats-Unis

A Baltimore aux Etats-Unis, une femme séropositive a donné son rein à une autre personne porteuse du VIH.

Le rein d'une femme de 35 ans porteuse du virus du Sida a été transplanté à une autre personne séropositive. L'annonce a été faite par l'hôpital John Hopkins de Baltimore où a eu lieu la transplantation inédite.

Nina Martinez a pu faire don d'un rein malgré sa séropositivité. Une démarche exceptionnelle aux Etats-Unis car une législation de 2013 fixe un cadre précis : seuls les organes des personnes séropositives décédées peuvent être greffés sur des receveurs séropositifs. Jusqu'ici donc, les personnes porteuses du VIH aux Etats-Unis ne pouvaient pas faire de don de cet organe de leur vivant à d'autres personnes séropositives. Les médecins estimaient qu'un seul rein pouvait affaiblir le donneur, déjà fragilisé par les médicaments antirétroviraux et la maladie.

L'hôpital John Hopkins a obtenu l'autorisation en 2016 de déroger à cette règle pour réaliser une première greffe d'un donneur "vivant" porteur du VIH, rappelle l'AFP. Nina Martinez devait initialement donner son rein à un ami. Mais celui-ci est décédé entre temps. Elle a donc décidé de faire don de son rein à un receveur porteur du VIH. Depuis l'intervention, qui s'est déroulée lundi 25 mars, la donneuse se porte bien tout comme le receveur, dont l'identité n'a pas été révélée.

PÉNURIE DE REINS AUX ETATS-UNIS
Les médecins espèrent que cette transplantation ouvre la voie à d'autres cas similaires de greffes de reins de donneurs séropositifs en bonne santé à des receveurs porteurs du VIH.

On estime à environ 10 000 le nombre de personnes séropositives en dialyse et qui pourraient bénéficier de greffe de rein de donneurs porteurs du virus du Sida. Plus largement les Etats-Unis font face à une pénurie de reins avec plus de 100 000 personnes en attente de greffe.

En France, on comptait 18 793 personnes en attente d'une greffe de rein en 2017. 3 782 greffes ont pu être réalisées dont 611 grâce au don du vivant d'un proche, rappelle le site Service public.

https://www.topsante.com/medecine/votre ... nis-631347
fil - 05 Avr 2019 - 06:21
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Françoise Barré-Sinoussi : « Il y a un problème général d'information et d'éducation sur le VIH/sida en France »

Le 25e Sidaction débute ce vendredi et se tient durant trois jours. L'occasion de faire, avec sa présidente Françoise Barré-Sinoussi, codécouvreuse du VIH en 1983 et co-Nobel 2008, sur l'épidémie de sida en France et l'état de la recherche aujourd'hui.

Quels sont les points saillants de l'épidémie de VIH/sida aujourd'hui en France ?

Plus de 170.000 personnes vivent aujourd'hui avec le virus et, d'après les dernières données publiées par Santé publique France , plus de 6.400 personnes ont appris leur séropositivité en 2017. Deux groupes connaissent une augmentation des infections VIH : les moins de 25 ans et les plus de 50 ans.

Concernant la manière dont les 15-25 ans perçoivent le sida, les chiffres sont assez effrayants. Près d'un quart d'entre eux ne se sentent en effet pas bien informés. Et 23 % pensent qu'on peut guérir de l'infection VIH. Je trouve ça d'autant plus incroyable qu'on n'arrête pas de dire que le traitement est à prendre à vie, et que le virus n'est pas éliminé mais simplement contrôlé.

Concernant le préservatif, 94 % des jeunes pensent qu'il est efficace. C'est bien, même si cette proportion diminue un peu. Mais quand on leur demande s'ils utilisent le préservatif et s'ils se font dépister pour l'infection VIH, ils vous disent « non, pourquoi ? je ne me sens pas à risque ». Ca fait quand même très peur.

Cela tient-il, selon vous, à un problème de mauvaise information sur le VIH/sida en France ?

L'éducation dans le domaine de la santé sexuelle est quelque chose qu'il faut certainement reprendre et réactualiser, au niveau des lycées et plus globalement des organismes d'enseignement en France. Il y a un problème général d'information, d'éducation, de sensibilisation à passer au grand public, notamment les jeunes. Dans ce domaine, les médias aussi ont un rôle important.

Y a-t-il un recul en la matière, par rapport aux « années sida » mais aussi aux périodes plus récentes ?

Ah oui ! Vous entendez parler du VIH/sida, vous ? Dans les années 80/90, on en parlait beaucoup. Certes, la situation n'était pas celle d'aujourd'hui : on était en période de crise et de tragédie. Il n'y avait pas encore les traitements qui permettent désormais de vivre avec le VIH. Mais quand même, on sait que le VIH est toujours là. C'est d'ailleurs le message de la campagne de Sidaction cette année : « N'oublions pas que le virus du sida est toujours là ». Mais on a franchement l'impression que les gens oublient.

Je dis souvent qu'on est dans une période un peu contradictoire. D'un côté, on a une banalisation de l'infection à VIH et, plus globalement, des maladies sexuellement transmissibles. Les gens oublient parce qu'ils pensent qu'être infecté par le VIH, ça n'est finalement pas si grave que ça. Certains jeunes me disent d'ailleurs préférer être infecté par le VIH qu'avoir un diabète. Ca fait quand même un peu peur !

Bien sûr qu'avoir et être traité à vie pour un diabète, ça n'est pas drôle du tout. Mais on peut avoir le VIH et aussi développer, sur le long terme, un diabète. De l'autre côté, l'annonce de la séropositivité reste comme un couperet qui tombe, c'est l'annonce d'une maladie terrible et incurable. La peur est là.

Dans quelle mesure cette mésinformation concerne-t-elle la prophylaxie pré-exposition ou PrEP ?

Comme pour la vaccination, on entend parfois des discours discordants au sein du corps médical sur la PrEP. Or, l'efficacité de cet antirétroviral à prendre avant et au cours d'une période d'exposition à un risque de contamination est indiscutable.

Notre discours sur la PrEP n'a jamais été « n'utilisez plus de préservatif ». Loin de là. Le préservatif doit être utilisé. Mais il faut aussi regarder la réalité en face : certaines personnes, parmi la population gay mais pas seulement, prennent des risques. Alors, pour eux, il y a un outil supplémentaire, qui est la PrEP.

Quelles sont les grandes tendances actuelles de la recherche sur le VIH ?

Pour résumer, on a deux grandes tendances. D'une part, la recherche d'un vaccin, qui reste complètement d'actualité. D'autre part, la recherche de nouvelles thérapies qui permettraient aux patients d'arrêter d'être sous antirétroviraux, comme ils le sont aujourd'hui jusqu'à la fin de leurs jours.

Où en sont les travaux sur un vaccin ?

Pour faire court, je dirais que les dix dernières années ont été marquées par l'identification d'anticorps extrêmement puissants et efficaces, qu'il faut maintenant tenter d'induire par un vaccin. Il faut également essayer de comprendre comment ces anticorps marchent. Parce qu'il semble qu'un certain nombre d'entre eux ne fonctionnent pas selon le mécanisme classique des anticorps, mais probablement par un ensemble de mécanismes.

Des recherches de pointe sont faites actuellement sur ce sujet des anticorps, ainsi que sur les mécanismes qu'un vaccin doit induire pour obtenir une protection. Deux grands essais vaccinaux d'efficacité sont en cours, pour lesquels nous - la communauté scientifique sida - n'aurons pas de résultats avant 2020-2021.

Et quid des thérapies du futur ?

En ce qui concerne les thérapies du futur, les anticorps très puissants que je viens d'évoquer commencent à être utilisés et ont montré une certaine efficacité, dans des modèles, pour bloquer la dissémination des réservoirs de virus dans le corps. Plusieurs stratégies sont étudiées. D'abord, essayer de réactiver et d'éliminer les réservoirs de virus qui se trouvent dans tous les compartiments du corps.

Aujourd'hui, on comprend de mieux en mieux pourquoi le virus persiste sous traitement actuel. Mieux comprendre les mécanismes de persistance du virus dans différents compartiments permettrait de mieux cibler les réservoirs viraux soit en réactivant le virus et en optimisant la défense immunitaire pour éliminer les cellules réservoirs, soit en bloquant définitivement ce virus pour qu'il ne sorte plus jamais de ces réservoirs viraux.

Ces stratégies sont importantes aussi pour la recherche sur les comorbidités non-sida. Vous savez qu'un certain nombre de personnes sous antirétroviraux développent, sur le long terme, des cancers, des désordres métaboliques comme le diabète ou des maladies cardio-vasculaires, des désordres neurologiques, en d'autres termes, des troubles du vieillissement précoce.

Or, on sait que ces affections sont en lien aussi avec certains des mécanismes qui expliquent la persistance du virus dans l'organisme. En travaillant sur le sida, on travaille donc aussi, dans une certaine mesure, sur ces maladies associées au vieillissement.

Que vous êtes-vous fixé comme objectif pour ce Sidaction 2019 ?

Je crois qu'il ne faut pas trop se fixer d'objectifs, qu'il faut être très réaliste et attendre dimanche soir. Mais j'espère qu'on va au moins maintenir le taux de donation de l'an passé. Et si on pouvait avoir plus, ce serait quand même bien !

Cette année, Sidaction a 25 ans. Ce sont 25 ans de combats que nous sommes tous prêts à continuer pour répondre aux attentes des patients concernés par le VIH, voire affectés par d'autres maladies. Quand Sidaction soutient les chercheurs et les associations ou aide à mettre en place des programmes dans les pays à ressources limitées, elle aide en même temps à une prise en charge beaucoup plus globale de la santé dans ces pays. C'est important, et on ne le dit pas suffisamment.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/sc ... ce-1006871
fil - 08 Avr 2019 - 11:15
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Est-ce cela une vie normale avec le VIH ? (7/4/19 Mediapart Blog Florence Thune)

Nous avons beaucoup progressé dans la lutte contre le virus du sida mais le chemin qui nous attend est encore parsemé d’embûches. Des embûches d’autant plus grandes que nous progressons dans un monde où l’on nous renvoie à chaque instant le fait que le VIH n’est plus une cause prioritaire et que l’on vit plutôt bien avec finalement….

Aujourd’hui, une personne qui apprend sa séropositivité, peu de temps après son infection, a une espérance de vie aussi longue qu’une personne séronégative, et peut, grâce aux traitements, lorsqu’elle peut y avoir accès, rester en bonne santé et mener une vie « quasi normale ». Je dis bien « quasi normale » et pas « normale », car je refuse de considérer que prendre des traitements chaque jour en vue de contrôler une maladie qui reste mortelle relève de la normalité…

Quoi de plus normal, par ailleurs, que d’être encore interdit de séjour dans plusieurs pays du monde quand on est séropositif ? Sommes nous aussi dans la normalité lorsqu’on vous demande si vous êtes clean, laissant entendre que l’on est sale si on vit avec le VIH…

Quoi de plus normal que de devoir taire sa séropositivité pour ne pas être jugé, mis à l’écart, pour ne pas se voir refuser certains soins, ou, pour que l’on ne vous dise pas, comme ce fut mon cas récemment, « on vous fait passer au bloc opératoire en dernier parce qu’avec le VIH, vous savez…. »

Quoi de plus normal que les termes sida, voire même sidaïque, soient encore utilisés, sur les réseaux sociaux et ailleurs, comme l’insulte suprême, celle qui marque le dégoût et le rejet ?

Quoi de plus normal, finalement, que cette maladie représente encore la première cause de mortalité chez les femmes dans le monde, et que ¾ des contaminations chez les 15-19 ans en Afrique Sub-saharienne soient des filles ? Quoi de plus normal que ce virus touche, de manière disproportionnée, certaines catégories de populations ?

Dans le monde, le risque de contracter le VIH est 27 fois plus élevé chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et 13 fois plus élevé pour les femmes transgenres ou pour les professionnelles du sexe…. En France, les personnes migrantes sont elles aussi plus durement touchées, près de la moitié d’entre elles se contaminant après leur arrivée dans notre pays… Quelle que soit la population concernée, aujourd’hui en 2019, nous savons plus que jamais que ce qui fait le lit de cette épidémie c’est le rejet de l’autre et sa stigmatisation, la grande précarité, la violence des situations auxquelles de trop nombreuses personnes sont confrontées partout dans le monde.

Mais c’est aussi l’oubli et ceci pour toute la population…. Jeunes et moins jeunes, homos ou hétéros, hommes ou femmes…. Comment expliquer sinon, ici, en France, ce regain de l’épidémie chez les plus de 50 ans, qui constituent 28% des nouveaux diagnostics de séropositivité ? Et lorsque les personnes sont contaminées par le VIH, pour beaucoup trop d’entre elles, cette violence, parfois institutionnelle, persiste et aggrave leur situation…

Je pense ainsi à Erika, dont Mediapart a retracé récemment l’histoire, une histoire qui n’intéresse personne hélas… Erika est séropositive depuis 19 ans. Elle vit en France depuis 2009 et avait obtenu une carte de séjour pour soin, lui permettant, progressivement de reprendre pied, dans une vie bien malmenée. Mais en novembre dernier, Erika a reçu une obligation de quitter le territoire français. Depuis, elle dit qu’elle se sent « comme une poubelle ». On la renvoie vers une situation de précarité et de fragilité dans son pays d’origine…

Ainsi, en France, au sein même de nos administrations, le VIH est finalement devenu une telle normalité qu’on peut maintenant expulser celles et ceux qui en sont atteints sans même se préoccuper des conséquences que cela aura sur leur vie….

Nous sommes aussi frappés, chaque jour, de voir à quel point la situation sociale et économique de nombreuses personnes vivant avec le VIH se dégrade. Les associations que nous finançons grâce aux dons du grand public voient les personnes qu’elles accompagnent s’enfoncer dans la précarité, se retrouver à la rue, parfois avec des enfants… De plus en plus de personnes vieillissent avec le VIH, on peut que sans réjouir, mais dans quelles conditions pour certaines d’entre elles ? Isolées socialement, cumulant d’autres graves pathologies, et survivant avec le minimum vieillesse…

Est-ce cela une vie normale avec le VIH ?

Face à cela, ce que nous constatons aussi, c’est la précarité à laquelle font face certains de nos donateurs…. Des personnes âgées, avec de très faibles revenus, continuent de nous faire des dons, malgré les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne. Mais beaucoup aussi, depuis l’année dernière, nous appellent pour nous dire que leur situation ne leur permet plus de donner, qu’ils doivent baisser leurs dons, voire les arrêter…

Cette situation a un grand impact sur de nombreuses associations, dont Sidaction, et pour toutes ces raisons, nous rappelons cette année qu’il ne faut pas oublier. Ne pas oublier que le VIH est toujours là, et ne pas oublier de donner, car sans ces dons, nous n’avancerons pas, et nous nous reprendrons de plein fouet cette épidémie….
fil - 18 Avr 2019 - 10:11
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Bientôt un nouveau médicament pour la PrEP ?
Tétu.com

Un essai mené par Gilead auprès de plusieurs pays européens et américains a permis de démontrer que le Truvada n’était pas le seul médicament efficace pour la PrEP. Mais est-ce une réelle avancée scientifique ou une simple opération financière ?
Un nouveau médicament pour la PrEP (traitement préventif contre le VIH) pourrait bientôt faire son arrivée sur le marché français : le Descovy. Présenté comme une alternative au Truvada par le laboratoire pharmaceutique Gilead, son efficacité a été testée auprès de 5.287 personnes dans 92 sites (Etats-Unis, Canada et Europe) dans le cadre de l’essai DISCOVER.

Les résultats publiées dans La lettre de l’infectiologue ont démontré qu’elle était au moins aussi efficace que le Truvada. Mais est-ce vraiment une bonne option ? Que se cache-t-il vraiment derrière le Descovy ? Dans un avis rendu en juin 2017, la Haute autorité de santé avait estimé que le Descovy n’apportait « pas d’amélioration du service médical rendu dans la stratégie de prise en charge des patients infectés par le VIH ».

Pour mieux comprendre le sujet, nous avons interrogé Bruno Spire, directeur de recherche à l’Inserm et président honoraire d’Aides.

TÊTU : Aujourd’hui, la PrEP (prophylaxie pré-exposition) fonctionne avec le Truvada, mais on parle de plus en plus d’une nouvelle molécule : la Descovy. Quelle est la différence ?

Bruno Spire : Il n’y en a pas beaucoup. Le Descovy (emtricitabine et ténofovir alafenamide/TAF) s’administre en plus petite quantité et est moins toxique que le Truvada (emtricitabine et ténofovir disoproxil fumarate/TDF), sachant que la toxicité de ce dernier est déjà très faible. Pour moi, il s’agit davantage d’une opération financière que d’intérêt général étant donné que le Truvada est désormais disponible dans une version générique, trois fois moins chère que la marque.

Gilead cherche simplement une stratégie pour continuer à garder le monopole sur ce traitement et se gaver pendant 20 ans de plus (durée d’un brevet et laps de temps durant lequel on ne peut pas créer de générique). Du coup ils se sont dit : ‘On va modifier un peu le Truvada pour faire passer le Descovy comme la référence’. Mais nous ne sommes pas dupes.

Peut-on imaginer l’arrivée du Descovy prochainement en France ?

Je ne peux pas vous répondre précisément. Pour l’instant, le Descovy n’a pas été jugé très innovant par les autorités en comparaison au Truvada. La France estime que l’amélioration du service rendu est insuffisante par rapport au prix auquel serait vendu le Descovy (environ 400 euros la boîte, contre 160 euros pour la version générique du Truvada).

Ne pensez-vous pas que la multiplication des traitements permettrait de rendre la PrEP plus accessible ?

Non. Que ce soit Truvada ou Descovy, ça ne changera rien pour les gens, à part ceux qui ont des problèmes rénaux et qui représentent moins de 1% des ‘prepeurs’. Le Descovy pourrait fonctionner pour eux, mais pas la peine de le donner à tout le monde. C’est la même molécule dosée de façon différente, mais il faudra toujours prendre un comprimé. Je ne crois pas que ça soit une révolution. Une meilleure accessibilité passe par les stratégies : faire comprendre que tous les hommes gays sont à risque et qu’il n’y a pas d’un côté les méchants gays – les ‘salopes’ – et les bons – ceux qui ont peu de rapports sexuels. Il faut arrêter de penser que la PrEP est réservée à ceux qui auraient de soi-disant « mauvais comportements ».

« Des recherches sont en cours sur la PrEP injectable et les patchs. »

Où en est la recherche sur les nouveaux traitements préventifs contre le VIH ?

Des recherches sont en cours sur la PrEP injectable. Il s’agirait de réaliser une injection tous les deux mois à l’hôpital. Mais ça n’est pas sans contraintes, car lorsqu’une personne arrête le traitement, le médicament reste dans son sang pendant environ un an. Conséquence : si vous êtes infecté par le VIH pendant ce laps de temps, le virus risque de devenir résistant en raison de la présence de médicaments à dose insuffisante. Un débat scientifique est en cours sur le sujet. Mais une chose est certaine : ces injections vont arriver en France d’ici deux à trois ans pour les personnes séropositives.

Rien n’est encore sûr donc… Est-ce la seule option ?

On travaille aussi sur des patchs qui fonctionneraient comme des timbres contraceptifs qu’on glisse sous la peau. Ils ont l’avantage d’être petits et invisibles. Et, si on les utilise pour la PrEP, il n’y aurait pas l’inconvénient des injections. Mais ça n’est pas pour demain.

https://tetu.com/2019/04/17/bientot-un- ... r-la-prep/
benji - 18 Avr 2019 - 14:37
Sujet du message: Re: VIH : Publications
merci Fil pour l'info, mais ça n'avance pas vite quand même
fil - 19 Avr 2019 - 09:45
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Un anticorps monoclonal démontre une suppression virologique «sans précédent» dans une étude sur le VIH

L'anticorps monoclonal UB-421 «a démontré une suppression virologique sans précédent et durable en l'absence de traitement antirétroviral chez les personnes séropositives au cours d'une étude clinique de phase 2 non randomisée et ouverte, selon les conclusions publiées aujourd'hui par le New England Journal of Medicine .

UB-421 bloque le site de liaison du virus sur les cellules CD4 +, Chang-Yi Wang, PhD , cofondateur et directeur scientifique de United Biomedical - qui développe le traitement - et leurs collègues ont expliqué.

Dans leur étude, Wang et ses collègues ont administré aux participants huit perfusions intraveineuses d'UB-421 à la suite d'une interruption du traitement analytique (ATI) de leur traitement antirétroviral.

«Comme nous le savons tous, un diagnostic de VIH n'est pas la sentence de mort qu'il a déjà été. Les traitements actuels nécessitent un cocktail quotidien de médicaments antirétroviraux pour maîtriser l'infection », a déclaré Wang à Infectious Disease News . «Afin de minimiser la propagation du VIH, les patients doivent prendre un schéma thérapeutique combiné parmi six classes différentes de médicaments anti-VIH. Par conséquent, le plus grand combat des patients est de lutter contre le régime quotidien de pilules, une toxicité à long terme non appréciée et la stigmatisation . Celles-ci peuvent avoir une incidence sur la qualité de vie d'un patient. "

Wang a déclaré que les médicaments à base d'anticorps présentaient plusieurs avantages.

«Premièrement, les anticorps ont de longues demi-vies et peuvent être administrés avec un schéma posologique moins fréquent, tel que… hebdomadaire, bimensuel ou même mensuel», a déclaré Wang. «Deux médicaments à base de protéines biologiques ont des toxicités plus faibles pour le foie, les reins, etc. Et troisièmement, certains médicaments à base d'anticorps, tels que l'UB-421, peuvent présenter des effets immunomodulateurs bénéfiques qui ne peuvent être obtenus avec des médicaments à petites molécules.»

L'année dernière, des chercheurs de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses ont découvert qu'une ATI à court terme n'augmentait pas la taille du réservoir du VIH ni ne causait de dommages irréversibles au système immunitaire, ce qui soutenait son utilisation pour déterminer l'efficacité de nouveaux traitements sans antirétroviraux sur des virus virologiques. suppression.

L’étude UB-421 a recruté 29 adultes infectés par le VIH à Taiwan, tous avec une charge virale indétectable (moins de 20 copies / ml) lors du dépistage, et les a séparés en deux cohortes. La première cohorte comprenait 14 participants recevant une dose de 10 mg / kg de poids corporel chaque semaine pendant 8 semaines, tandis que les 15 participants de la deuxième cohorte recevaient une dose de 25 mg / kg de poids corporel toutes les 2 semaines pendant 16 semaines. Le résultat principal était le temps nécessaire au rebond viral.

Selon les résultats de l'étude, tous les patients des deux cohortes ont maintenu la suppression virologique au cours de l'ATI. Wang et ses collègues ont observé ce qu’ils appelaient des «blips viraux intermittents» chez 28% des participants, bien que ceux-ci «n’aient abouti à aucun traitement supplémentaire». Aucun participant n’a eu un rebond viral supérieur à 400 copies / ml, le nombre de CD4 + est resté stable et il diminution du nombre de lymphocytes T régulateurs CD4 + au cours de la monothérapie par UB-421, ont-ils rapporté.

L'événement indésirable le plus fréquent était une éruption cutanée: 52% de tous les participants ont présenté une éruption cutanée transitoire légère. Quelque 41% ont signalé une éruption cutanée de 1re année et 10%, une éruption cutanée de 2 e année, ce qui a contribué à l'abandon de l'étude par un participant.

"Lorsque l'UB-421 était utilisé en monothérapie, notre anticorps réduisait les niveaux d'ARN plasmatique du VIH à des niveaux indétectables dans le système du patient, les mêmes niveaux que le traitement antirétroviral", a déclaré Wang. «Au cours du traitement de 2 à 4 mois, la maladie a été supprimée chez tous les patients sans génération de VIH muté résistant au traitement. Nous avons démontré une suppression sans précédent et durable du virus chez tous les patients et avons atteint un taux de réussite de 100% dans cette étude. »

La perspective :

Au cours des dernières années, le domaine du VIH a suscité un vif enthousiasme face aux anticorps neutralisants au sens large qui ciblent le virus. Cependant, lorsqu'un seul anticorps contre le virus est administré, le VIH subit souvent une mutation ou des modifications pour devenir résistant. Pour cette raison, des combinaisons d'anticorps contre le VIH sont à l'étude. Une approche alternative consiste à cibler le récepteur humain pour le virus, CD4. C'est précisément ce que fait l'anticorps ibalizumab: en ciblant les CD4, l'ibalizumab empêche le VIH de pénétrer dans les cellules. Ibalizumab a récemment été approuvé pour le traitement du VIH résistant à d'autres médicaments. Maintenant, les résultats d'une étude d'un nouvel anticorps, UB-421, ont été publiés.

UB-421 cible également CD4, comme l'ibalizumab, mais vise une partie différente de CD4. Au lieu de le tester contre le VIH multirésistant, les chercheurs de cette étude ont fait quelque chose d'intéressant. Ils se sont concentrés sur la substitution de l'anticorps au traitement oral standard contre le VIH.

Ils ont recruté 29 personnes traitées par le VIH par voie orale et leur ont administré l'anticorps par perfusion intraveineuse, puis arrêté le traitement antirétroviral par voie orale une semaine après l'administration de la première perfusion. Cela a été suivi par des doses multiples de l'anticorps pendant 8 ou 16 semaines.

Ce que je pense être intéressant et passionnant à propos de l’étude, c’est que pratiquement tous les participants ont maintenu la suppression virale pendant 8 à 16 semaines avec des perfusions d’anticorps. La raison pour laquelle cet anticorps unique fonctionne est probablement parce qu’il cible le récepteur CD4 humain, qui ne change ni ne mute comme le virus.

Maintenant, quelques notes de mise en garde à mentionner. Environ la moitié des participants avaient une légère éruption cutanée, et elle était transitoire. Mais une personne a dû arrêter l'anticorps à cause de l'éruption cutanée. Environ le quart des participants avaient un faible taux de VIH détectable, mais celui-ci n’a pas dépassé le seuil des 200 copies. Donc, c'est prometteur, mais c'est une chose à surveiller.

Ce que j’ai retenu de cette étude est que si vous donnez un anticorps dirigé contre le CD4, il peut maintenir la suppression virologique, au moins à court terme. Maintenant, il faut voir si l'anticorps agit chez un plus grand nombre de personnes et pour une plus longue période. Cet essai devrait entraîner des études plus importantes et plus longues.

Comment cet anticorps pourrait-il être utilisé si des études de plus grande envergure et plus longues montrent qu'il est sûr et efficace? Cela reste à déterminer. Serait-il utilisé chez les personnes dont le virus est devenu résistant aux traitements de première et de deuxième intention et qui ont maintenant besoin d'une troisième ligne - comme l'ibalizumab? L'anticorps serait-il utilisé pour remplacer le traitement quotidien par voie orale? UB-421 est administré par voie intraveineuse. Il est donc moins pratique que le traitement par voie orale car le patient doit se rendre au bureau pour recevoir une perfusion intraveineuse au lieu de prendre une pilule. Il existe également de nouveaux antirétroviraux expérimentaux, le cabotegravir plus la rilpivirine, administrés par injection dans un muscle, ce qui peut être plus simple qu’une IV. Ces nouvelles drogues injectables seront probablement soumises à la FDA cette année; nous verrons ce que dit la FDA mais, si elles sont approuvées, ces injections pourraient constituer une autre option plutôt que des pilules quotidiennes pour certaines personnes.

Il y a d'autres possibilités avec UB-421. Si les anticorps ont un effet sur le système immunitaire et le réservoir de VIH, ce serait excitant. Et s’ils pouvaient fabriquer l’anticorps, ou un autre, qui ne pourrait durer pas une semaine, pas deux semaines, mais pendant plusieurs mois, ce serait une avancée majeure. Nous n'y sommes pas encore mais c'est un domaine à explorer pour l'avenir.

Ce qui me passionne en général, c'est que, même après des décennies de progrès dans le traitement antirétroviral, nous continuons à développer de nouvelles approches et de nouveaux médicaments. Ce n’est pas comme si le domaine du VIH reposait sur ses lauriers. Tandis que nous continuons à progresser, n'oublions pas cependant: nous devons nous assurer que toutes les personnes séropositives ont accès aux médicaments vitaux dont nous disposons actuellement.

Wang CY et al. New Engl J Med . 2019; doi: 10.1056 / NEJMoa1802264.
fil - 19 Avr 2019 - 09:48
Sujet du message: Re: VIH : Publications
LA PERSONNE LA PLUS ÂGÉE VIVANT AVEC LE VIH FÊTE SES 100 ANS

Célébrer son 100ème anniversaire est une étape importante pour tout un chacun. Mais lorsque Miguel, également connu sous le nom de « Patient de Lisbonne », a célébré son centenaire ce printemps, ce fut également un événement marquant pour la communauté mondiale des séropositifs. Miguel est en effet la plus vieille personne documentée vivant avec le VIH. De plus, sa charge virale est indétectable, il est en excellente santé gériatrique, il vit toujours à la maison et prend soin de lui-même.

Face à la stigmatisation persistante liée au VIH, Miguel et sa famille ont demandé aux médias de ne pas publier leurs visages ni de donner leur nom complet. Garant de cette confidentialité, les chercheurs qui étudient Miguel (un pseudonyme) le surnomment « le patient de Lisbonne » lorsqu’ils en parlent dans leurs études de cas et leurs rapports.

“Je me sens heureux”, a déclaré le senior à la voix douce à la chaîne de télévision canadienne CTV News, par le biais d’un interprète dans un hôpital portugais. “J’ai passé toutes ces années sans difficultés et sans problèmes.”

Selon CTV News, Miguel a reçu un diagnostic de VIH au stade 3 (SIDA) en 2004, lorsqu’il est arrivé dans un hôpital près de Lisbonne avec des formes rares de colite et de lymphome, et un faible nombre de CD4. Il avait alors 84 ans et ne savait pas qu’il était séropositif ni comment et quand il avait contracté le virus.

Après avoir appris l’existence de la maladie, Miguel a dit à son médecin qu’il voulait se battre. Le docteur Henrique Santos, médecin principal de Miguel, a raconté avoir eu des inquiétudes et confié à CTV : « Quand ce patient est venu me voir à cet âge, j’avais quelques doutes sur le fait qu’il devrait être traité. » Mais Santos est allé de l’avant et a lancé Miguel dans un traitement agressif par chimiothérapie. « Tout s’est bien passé, mais cela aurait pu mal tourner », a-t-il déclaré. « Il aurait pu y avoir des signes de toxicité. Il aurait pu ne pas pouvoir supporter le traitement. Il aurait pu manquer le traitement. Nous devions envisager ces scénarios. »

Quinze ans plus tard, il est clair que Miguel et son équipe médicale ont pris la bonne décision.

Inês Pintassilgo, médecin résidente qui fait partie de l’équipe de traitement de Miguel depuis trois ans, a déclaré que sa santé et sa longévité pouvaient être attribuées au fait qu’il a mené une vie saine et active et que, depuis son diagnostic, il prend quotidiennement ses médicaments anti-VIH.

“Je pense que Miguel nous enseigne qu’il est possible de vivre avec le VIH aussi longtemps que l’on contrôle tous les antécédents, le style de vie et les comorbidités”, a déclaré Pintassilgo à CTV News. “Je dirais, bien sûr, que le VIH joue peut-être un petit rôle dans tout cela, mais s’il est bien géré et contrôlé, ce ne sera pas un si gros problème.”

Giovanni Guaraldi, spécialiste du VIH et travaillant à l’Université de Modène en Italie, a déclaré: « Je pense que le patient de Lisbonne est un signe d’espoir pour les personnes vivant avec le VIH. Ca permet d’affirmer que vous avez encore la capacité de vivre plus longtemps, mais également de vivre en bonne santé. De vivre âgé en bonne santé…. C’est la preuve pour nous, chercheurs et médecins, que nous pouvons fournir de meilleurs soins aux personnes. »

https://www.sida-info-service.org/la-pe ... s-100-ans/
fil - 25 Avr 2019 - 10:06
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Un composé pour aider le système immunitaire à éliminer les cellules infectées par le VIH

Si le système immunitaire est capable de reconnaître de manière spécifique les cellules tumorales ou infectées grâce aux lymphocytes T, il faut que ceux-ci soient activés afin d’éliminer leurs cibles efficacement. C'est une des étapes qui pose actuellement problème dans l'élaboration d'un vaccin contre le VIH. L'équipe de Victor Appay (Sorbonne Université, Inserm, Centre d’Immunologie et des Maladies Infectieuses (CIMI-Paris), Paris et International Research Center of Medical Sciences (IRCMS), Kumamoto) soutenue par l'ANRS montre dans une étude publiée dans JCI Insight le 4 avril 2019 l'efficacité d'un composé, le cGAMP, pour augmenter l'activation des lymphocytes T CD8. Ce travail s'inscrit dans le cadre d'une collaboration avec l'équipe de Masafumi Takiguchi (Center for AIDS Research, University of Kumamoto, Japon) dans leur étude publiée dans eBiomedecine le 5 avril 2019 qui met en évidence que le cGAMP aide les lymphocytes T à éliminer les cellules infectées par le VIH. Ces résultats sont déterminants dans l'élaboration d'un vaccin et à ce jour l'une des difficultés à surmonter.

Texte
Les lymphocytes T CD8 sont les cellules immunitaires dont la fonction est de reconnaître et d’éliminer les cellules étrangères ou infectées par des pathogènes. Afin de différencier les lymphocytes en cellules capables de détruire leurs cibles, ils ont besoin d'entrer en contact avec un élément spécifique à reconnaître, appelé antigène. Les lymphocytes passent alors de l'état dit "naïf" à activés. Cette activation passe notamment par la voie de l'interféron de type I, un composé utilisé par les cellules du système immunitaire pour communiquer entre elles.

L'équipe de Victor Appay (Sorbonne Université, Inserm, Centre d’Immunologie et des Maladies Infectieuses (CIMI-Paris), Paris et International Research Center of Medical Sciences (IRCMS), Kumamoto) montre dans une étude soutenue par l'ANRS qu'un composé connu pour induire la production d'interférons de type I, le cGAMP, facilite l'activation spécifique des lymphocytes T CD8 naïfs et leur différenciation en cellules particulièrement efficaces. Ainsi, lorsque celui-ci est ajouté lors de la mise en contact in vitro de lymphocytes T CD8 humains avec un antigène, une plus grande proportion de ces cellules immunitaires est activée spécifiquement en comparaison avec l’ajout d’autres composés ou adjuvants.

Ces résultats ont été confirmés in vivo en vaccinant des souris contre un type de cellules cancéreuses ou contre un virus. Dans les deux cas, l'utilisation de cGAMP comme adjuvant (c'est-à-dire en tant que composé non actif seul mais augmentant l'efficacité du vaccin) a permis de mieux réguler la tumeur ou l'infection respectivement. Cette réponse immunitaire améliorée prouve une augmentation de l’efficacité des lymphocytes T CD8.

L'une des perspectives de cette étude a été explorée lors d'une collaboration franco-japonaise entre l'équipe de M. Appay et celle de Masafumi Takiguchi (Center for AIDS Research, University of Kumamoto, Japon), qui s’intéressent au contrôle du VIH et à l’élimination de ses réservoirs par les lymphocytes T CD8. L'équipe de M. Takiguchi, en utilisant cGAMP comme adjuvant avec un antigène du VIH-1, a réussi in vitro à activer des lymphocytes T CD8 naïfs en cellules effectrices capables de reconnaître et d’éliminer des cellules infectées par VIH-1, et ce de manière plus efficace qu'en absence de cGAMP (figure 1)



http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... s-cellules
fil - 25 Avr 2019 - 12:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Effet de l’anticorps anti-CD4 UB-421 sur le rebond du VIH-1 après une interruption du traitement

L’administration d’un seul anticorps neutralisant à large spectre spécifique du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) aux personnes infectées par le VIH conduit au développement d’un virus résistant à l’anticorps en l’absence d’un traitement antirétroviral (TAR). Il est possible qu’une monothérapie par UB-421, un anticorps qui bloque le site de liaison du virus sur les lymphocytes T CD4+ humains, induise une suppression virologique soutenue sans induire de résistance chez les personnes infectées par le VIH après une interruption de traitement analytique.

MÉTHODES :

Nous avons mené une étude clinique de phase II, non randomisée en ouvert visant à évaluer la sécurité d’emploi, la pharmacocinétique et l’activité antivirale de la monothérapie par UB-421 chez des personnes infectées par le VIH faisant l’objet d’une interruption de traitement analytique. Tous les participants présentaient une virémie plasmatique indétectable (moins de 20 copies de l’ARN du VIH par millilitre) à la visite de sélection. Après une interruption du TAR, les participants ont reçu 8 perfusions intraveineuses d’UB-421, à une dose de 10 mg par kilogramme de poids corporel toutes les semaines (cohorte 1) ou de 25 mg par kilogramme de poids corporel toutes les 2 semaines (cohorte 2). Le critère d’évaluation principal était le délai avant la survenue du rebond viral (400 copies ou plus par millilitre).

RÉSULTATS :

Un total de 29 participants ont été inclus : 14 dans la cohorte 1 et 15 dans la cohorte 2. L’administration de l’UB-421 a maintenu la suppression virologique (moins de 20 copies par millilitre) chez tous les participants (dans 94,5 % des mesures effectuées aux visites de l’étude 2 à 9) durant l’interruption de traitement analytique, avec des blips viraux intermittents (intervalle : 21 à 142 copies par millilitre) qui ont été observés chez 8 participants (28 %). Aucun participant à l’étude n’a présenté de rebond viral plasmatique supérieur à 400 copies par millilitre. Les numérations de lymphocytes T CD4+ sont restées stables tout au long de la durée de l’étude. Les éruptions cutanées, principalement de grade 1, ont constitué un événement indésirable fréquent et transitoire ; un participant a arrêté le médicament à l’étude en raison d’une éruption cutanée. Une diminution de la population de lymphocytes T CD4+ a été observée durant la monothérapie par UB-421.

CONCLUSIONS :

L’UB-421 a maintenu la suppression virologique (durant les 8 à 16 semaines de l’étude) chez les participants en l’absence de TAR. Un participant a arrêté le traitement en raison d’une éruption cutanée. (Étude financée par United Biomedical, entre autres ; référence sur ClinicalTrials.gov : NCT02369146.)

Effect of Anti-CD4 Antibody UB-421 on HIV-1 Rebound after Treatment Interruption

N Engl J Med 2019;380:1535-45. | DOI: 10.1056/NEJMoa1802264
fil - 04 Mai 2019 - 07:47
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Elévation des enzymes hépatiques chez les femmes enceintes séropositives VIH traitées : quand et pourquoi ?

L'enquête Périnatale Française de l’ANRS a permis d’étudier les données de 5.748 femmes enceintes infectées par le VIH
plus de quatre femmes sur cinq présentant une élévation des enzymes hépatiques sous traitement ne présentent pas de cause médicale identifiée.
Le risque d’élévation inexpliquée des enzymes est inférieur chez les personnes sous analogues non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) par rapport à celles sous inhibiteurs de protéase (IP).

Selon les données de la cohorte nationale ANRS EPF-CO1, près de 17% des femmes infectées par le VIH et traitées par antirétroviraux présentent une élévation du taux sanguin des enzymes hépatiques, indépendamment du moment d’instauration du traitement (avant ou durant la grossesse, ou du trimestre d’initiation). Parmi ces évènements, 82,2% étaient non expliqués médicalement (pré-éclampsie, cholestase hépatique…, les femmes présentant une hépatite virale ayant été exclues de l’analyse).

Par rapport à celles traitées par IP, les femmes ayant initié les antirétroviraux avant la conception par INNTI présentaient moins souvent une élévation des enzymes hépatiques (6 pour 100 personnes-années), tandis que cette situation était plus fréquemment rencontrée parmi celles combinant les deux classes thérapeutiques (35 cas pour 100 personnes-années). La seule différence observée entre molécules était un risque inférieur sous névirapine versus lopinavir. Chez les femmes ayant initié les antirétroviraux lors de la grossesse, une tendance non significative a été observée entre les différents IP prescrits. Seule la différence observée entre les personnes sous lopinavir, versus nelfinavir, s’est montrée significative. Cette observation semble cohérente avec les données déjà disponibles hors grossesse.

Cette nouvelle analyse apporte plusieurs enseignements importants pour la pratique clinique : au total, 6% des cas ont nécessité une hospitalisation et 2% ont imposé de provoquer la naissance. Elle permet aussi de poser deux hypothèses sous-jacentes au phénomène : la première concerne la modification de la concentration et de la distribution des médicaments durant la grossesse, et la seconde concerne la possibilité d’une interaction entre les hormones de la grossesse métabolisées par le foie, comme la progestérone, et les médicaments. De nouveaux travaux concernant les mécanismes impliqués dans l’élévation des enzymes hépatiques seraient utiles.

Références :

Sibiude J et al. Liver Enzyme Elevation in Pregnant Women Receiving Antiretroviral Therapy in the ANRS-French Perinatal Cohort. J Acquir Immune Defic Syndr. 2019 May 1;81(1):83-94. doi: 10.1097/QAI.0000000000001963. PMID: 30702449
fil - 07 Mai 2019 - 05:16
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH: La Cour de cassation reconnaît l’efficacité du traitement comme prévention

Une personne séropositive traitée ne peut pas transmettre le VIH . Les médecins et les associations le savent, la justice en tient désormais compte: Aucune poursuite n’a été requise contre un homme à la charge virale indétectable qui n’avait pas informé sa partenaire qu’il vivait avec le virus.

La Cour de Cassation, juridiction la plus élevée de l'ordre judiciaire français, a rejeté le pourvoi d’une femme qui avait eu des rapports sexuels non protégés par un préservatif avec un homme vivant avec le VIH . La plaignante, qui n’a pas été infectée, poursuivait son ex-partenaire sous le chef d’administration de substances nuisibles.

L’homme était sous traitement antirétroviral et il avait une charge virale durablement indétectable au moment des faits, la Cour a donc jugé qu’il ne pouvait pas exposer ses partenaires au VIH.

Confirmation de l’ordonnance de non-lieu
Dans cette affaire, un juge d’instruction avait déjà rendu une ordonnance de non-lieu, dont la plaignante avait fait appel devant la chambre de l’instruction. L’arrêt de cette dernière avait confirmé la décision du juge d’instruction. La femme s’était alors pourvue en cassation, qui, dans son arrêt daté du 5 mars 2019, a rejeté ce pourvoi en validant une nouvelle fois les arguments de la chambre de l’instruction.

Pour justifier sa décision, la Cour de cassation a considéré que la charge virale du partenaire séropositif avait été «constamment indétectable», pendant 15 ans (de septembre 2001 à mars 2016) et que cette indétectabilité constituait une «preuve suffisante — par la durée du contrôle (même en l’absence d’analyse trimestrielle comme médicalement préconisé)— de compliance stricte et permanente au traitement».

Précédemment, la cour d’appel avait estimé que «la séropositivité n’est plus, en l’espèce et de longue date, que potentielle mais non actuelle» et que «les fluides corporels [de la personne poursuivie] ne sauraient être tenus pour nuisibles à la date des agissements qui lui sont reprochés». Pour le cour d’appel encore, «l’élément matériel de l’infraction [d’administration de substance nuisible] fait défaut». La Cour de cassation a repris cet argumentaire pour appuyer sa décision.

La défense de la plaignante avait mis en avant une jurisprudence proche, concernant un autre cas de non-divulgation de statut sérologique entre deux partenaires. La Cour a estimé que ce cas précédent concernait une charge virale non contrôlée et élevée, contrairement à celle de son ancien partenaire, et qu’on ne pouvait donc rapprocher les deux cas.

http://vih.org/20190506/vih-cour-cassat ... ion/141844
fil - 09 Mai 2019 - 09:32
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Pour un repérage systématique de la fragilité des personnes vivant avec le VIH

Grâce à l’amélioration de l’efficacité et de l’accès aux traitements, l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) vieillissantes est aujourd’hui voisine de celles des personnes non infectées. Pour autant, la prévalence de la fragilité chez les PVVIH serait a minima de 5% à 50 ans, alors que ce chiffre est habituellement retrouvé à l’âge de 65 ans dans une population non infectée.

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement vient de publier un article rappelant les concepts et enjeux liés à la question de la fragilité et spécifiques aux PVVIH. Celui-ci rappelle les deux principaux modèles retenus : vieillissement accéléré par accumulation de déficits (modèle de Rockwood) ou syndrome médical relatif à un phénotype spécifique (modèle de Fried) qui est prédictible à partir de la présence de 3 de 5 marqueurs (force, endurance, activité physique, vitesse de marche, évolution pondérale). Sur cette base, les PVVIH entreraient dans la fragilité plus précocement que le reste de la population, avec 5% de fragilité et 50% de pré-fragilité à l’âge de 50 ans.

De nombreuses études se sont penchées sur les associations existant entre l’infection VIH et la fragilité, et sont rappelées dans l’article : ancienneté de l’infection, taux de CD4, durée du traitement antirétroviral, mais aussi présence de certaines comorbidités comme la co-infection VHC ou la dépression, ou encore variation de l’IMC ou statut socio-économique. Dans des cohortes aux larges effectifs, l’association à la présence de douleur ou de marqueurs pro-inflammatoires a aussi été décrite.

In fine , si l’exposition des PVVIH au risque de fragilité précoce semble incontestable, les études décrivant sa prévention restent rares. Des travaux ont par exemple décrit l’intérêt d’un programme régulier d’exercices physiques supervisés sur l’amélioration de la composition corporelle, mais aucun n’a permis de montrer pour l’heure que certaines interventions permettaient de retarder plus globalement l’apparition des marqueurs de fragilité. Ce déficit d’information est sans doute actuellement le principal frein à l’intégration du repérage systématique du risque de fragilité parmi les PVVIH.

Références :

Retornaz F et al. Frailty phenotype in older people living with HIV : concepts, prevention and issues. Geriatr psychol neuropsychiatr vieil 2019 apr 23. Doi: 10.1684/pnv.2019.0795. [epub ahead of print]
fil - 09 Mai 2019 - 09:35
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Aucun risque de transmission sexuelle du VIH chez les couples homosexuels sous traitement antirétroviral suppressif

Le risque de transmission du VIH chez les hommes homosexuels couples homosexuels sans condom est égal à zéro lorsque le partenaire séropositif sous traitement antirétroviral (ART) présente une charge virale en VIH inférieure à 200 copies par mL.
Aucune nouvelle infection par le VIH n'a été liée phylogénétiquement aux transmissions au sein du couple au cours des 8 années de suivi.
Les résultats soutiennent la campagne U = U (indétectable est égal à non transmissible) et les avantages du dépistage précoce et du traitement du VIH.
La première phase de l’étude d’observation prospective PARTNER a révélé que le risque de transmission du VIH lors de relations sexuelles sans préservatif dans le contexte d’un traitement antirétroviral suppressif viral est nul pour les couples hétérosexuels. PARTNER2 visait à fournir des estimations précises du risque de transmission dans les partenariats homosexuels sérodifférents.

L'étude PARTNER a recruté des couples sérodifférents hétérosexuels et homosexuels (sur 75 sites, 14 pays européens) de septembre 2010 à mai 2014. PARTNER2 a prolongé le nombre d'inscriptions de couples homosexuels jusqu'en juillet 2017. Le suivi s'est terminé en avril 2018.

Critères d’inclusion pour le couple-années de suivi (CYFU): rapports sexuels sans condom, aucune prophylaxie pré / post-exposition chez le partenaire VIH négatif, partenaire VIH-positif supprimé viralement (ARN VIH-1 plasmatique <200 copies par mL) à la visite la plus récente (au cours des 12 derniers mois).

La collecte de données (au début et à chaque visite) comprenait des questionnaires sur le comportement sexuel, le test du VIH (partenaire VIH-négatif) et le test de la charge virale du VIH-1 (partenaire VIH-positif). Si un partenaire séronégatif devenait séropositif, une analyse phylogénétique était réalisée pour comparer les séquences pol et env du VIH-1 et identifier les transmissions liées.

Analyse primaire: taux d'incidence de la transmission du VIH calculé en divisant le nombre d'infections par le VIH liées au phylogénétiquement survenues au cours de la CYFU éligible divisé par le nombre de CYFU éligibles.

782 couples homosexuels (âge médian de 38 ans [intervalle interquartile IQR 31-45] et 40 ans [IQR 33-46] pour les participants VIH-positifs et positifs, respectivement) ont fourni 1,593 CYFU éligible et ont signalé des rapports sexuels sans condom pour une médiane d'un an (IQR 0,4-2,9). Suivi médian: 2 ans (IQR 1,1-3,5).

Total des relations sexuelles anales sans condom au cours de CYFU éligible: 76,088.

37% (288/777) des hommes séronégatifs pour le VIH ont déclaré avoir des relations sexuelles sans préservatif avec d'autres partenaires.

Quinze des partenaires initialement séronégatifs sont devenus séropositifs. Il n'y avait pas de transmission phylogénétiquement liée au sein du couple, donc le taux estimé de transmission du VIH était de zéro (IC supérieur à 95%: 0,23 pour 100 CYFU).

Les résultats soutiennent le message de la campagne U = U: le risque de transmission du VIH dans le contexte d'un traitement antirétroviral suppressif viral est nul. Cette campagne peut être appliquée lorsque les personnes séropositives ont accès à un test de dépistage, à un traitement efficace, à une surveillance de la charge virale et à un soutien complet pour maintenir un niveau élevé d'observance.

Limites: il n’a pas été possible de déterminer le risque de transmission du VIH dans de très nouveaux partenariats; la plupart des partenaires séropositifs suivent un traitement antirétroviral depuis plusieurs années.

Références :

Alison J Rodger, Valentina Cambiano et al. Risk of HIV transmission through condomless sex in serodifferent gay couples with the HIV-positive partner taking suppressive antiretroviral therapy (PARTNER): final results of a multicentre, prospective, observational study. The Lancet, May 02, 2019 DOI:https://doi.org/10.1016/S0140-6736(19)30418-0
fil - 09 Mai 2019 - 15:22
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Activer les réservoirs du VIH pour mieux les cibler

Si le VIH persiste dans l’organisme malgré les traitements, c'est que le virus reste présent mais inactif dans une très faible fraction des cellules immunitaires qu'il infecte, en particulier les lymphocytes T CD4. Il échappe ainsi à la surveillance du système immunitaire et aux traitements antirétroviraux qui n’agissent que sur un virus qui se multiplie. C'est à ce problème que s'intéresse Georges Bismuth et Marianne Mangeney de l’Institut Cochin (Inserm UMR U1016, CNRS UMR8104, Université Paris Descartes) dans un travail paru le premier mai 2019 dans Plos Pathogens et soutenu par l'ANRS. Dans cette étude, ils montrent que l’inhibition pharmacologique d'un régulateur de l'expression de nombreux gènes dans les lymphocytes T (appelé FOXO1) est capable de réactiver le VIH dans ces cellules, avec l’espoir de disposer ainsi d’une nouvelle stratégie thérapeutique, dite de "shock and kill", visant à éradiquer le virus.

Lors d'une infection par le VIH, celui-ci se multiplie dans les cellules immunitaires, notamment les lymphocytes T CD4, entrainant le plus souvent leur destruction. Mais, dans un très faible pourcentage de cellules infectées, le virus reste dormant, intégré dans le génome de la cellule hôte. Ces cellules infectées par le virus dit "en latence" sont mal reconnues par le système immunitaire et constituent un réservoir de virus inaccessible aux traitements anti-rétroviraux. Elles sont responsables du rebond de la maladie dès que l’on stoppe le traitement, ce qui fait de leur élimination un enjeu majeur de la recherche.

Dans une étude parue le premier mai 2019 dans Plos Pathogens, soutenue par l'ANRS et menée à l'initiative de Marianne Mangeney et Georges Bismuth de l’Institut Cochin (Inserm UMR U1016, CNRS UMR8104, Université Paris Descartes), il a été montré in vitro qu’un régulateur clé des lymphocytes T appelé FOXO1 (un facteur de transcription, c'est à dire un composant cellulaire qui active l'expression de gènes) contrôle cet état de latence et que l'inhibition de ce régulateur par un composé pharmacologique spécifique réactive le VIH-1 dans ces réservoirs. Ces résultats ont été confirmés ex vivo dans des lymphocytes T de macaques infectés par le SIV (l'équivalent simien du VIH) sous traitement antirétroviral (issus de la cohorte ANRS SIVART). L’emploi de cette molécule, utilisée seule ou en association avec d'autres agents pharmacologiques dans le contexte d'une stratégie dite de "shock and kill" consistant à "réveiller" le virus afin de l’éradiquer, ouvre ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques pour l’élimination des réservoirs du VIH-1.

Source :

FOXO1 transcription factor plays a key role in T cell – HIV-1 interaction, Roux A., Bismuth G., Mangeney M. et al., Plos Pathogens.

https://doi.org/10.1371/journal.ppat.1007669
fil - 16 Mai 2019 - 05:57
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Une analyse combinée montre la sécurité rénale du ténofovir alafénamide

Les données combinées de 26 études cliniques portant sur des patients n’ayant jamais été traités ou ayant changé de traitement antirétroviral ont démontré la sécurité rénale du ténofovir alafénamide (TAF) par rapport au fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) chez les enfants et les adultes infectés par le VIH.
Aucun cas de tubulopathie rénale proximale (TRP) n’a été observé. Les abandons dus à des événements indésirables (EI) rénaux étaient significativement moins nombreux dans le groupe sous TAF que dans le groupe sous TDF.
Les patients recevant des schémas à base de TAF affichaient des variations favorables des biomarqueurs rénaux comparativement aux patients recevant le TDF.
Le TDF est très efficace et généralement bien toléré, mais il peut provoquer des EI rénaux. À l’inverse, le TAF a été associé à une amélioration des marqueurs de la dysfonction rénale, bien que de faibles taux d’EI rénaux aient été relevés dans certains essais. Pour comparer les différences des résultats rénaux cliniquement significatifs entre les schémas à base de TAF et de TDF, les auteurs ont réalisé une analyse intégrée de grande envergure.

L’analyse concernait 26 essais cliniques de phase II et III multicentriques et internationaux portant sur des schémas à base de TAF chez des personnes infectées par le VIH (adultes et enfants âgés de ≥ 6 ans) qui n’avaient jamais été traités ou avaient obtenu une suppression virologique avec un traitement antirétroviral stable à base de TDF.

Les principaux résultats de sécurité rénale ont été mesurés en tant qu’incidence d’événements de TRP et d’abandon du médicament à l’étude pour des motifs rénaux.

Les résultats secondaires (d’après 7 études randomisées de grande envergure : 2 sur des patients n’ayant jamais été traités et 5 sur des patients ayant changé d’ART) étaient l’incidence d’EI rénaux, la protéinurie apparue sous traitement, les variations de la créatinine sérique (CrS), de la clairance de la créatinine (ClCr) et des rapports des biomarqueurs urinaires (albumine, bêta-2-microglobuline et protéine fixant le rétinol) à la créatinine (AU:cr, β2M:Cr et PFR:Cr).

Les données combinées comprenaient l’exposition de 12 519 personnes-années au TAF et de 5 947 personnes-années au TDF.

Les participants (n=9 322, âge médian de 42 ans, 21 % de femmes, 27 % de personnes noires) avaient commencé un schéma à base de TAF ou étaient passés à un schéma à base de TAF (n=6 360) ou avaient commencé ou continué un schéma à base de TDF (n=2 962).

Aucun cas de TRP ou de syndrome de Fanconi n’a été observé chez les participants recevant le TAF, contre 10 cas chez les patients recevant le TDF (p<0,001).

0,05 % de personnes sous TAF (3/6 360) et 0,47 % sous TDF (14/2 962) (p<0,001) ont abandonné le médicament à l’étude en raison d’EI rénaux.

Les participants ayant commencé un schéma à base de TAF présentaient des variations plus favorables des biomarqueurs rénaux pendant les 96 semaines de traitement par rapport aux schémas à base de TDF. Des variations favorables de la ClCr et de la fonction tubulaire proximale (β2M:Cr et PFR:Cr) ont été observées, ainsi qu’une plus faible incidence de protéinurie apparue sous traitement chez les participants recevant les schémas à base de TAF.

Limites : le nombre de cas de TRP était probablement sous-estimé ; les participants pourraient avoir été en meilleure santé que l’ensemble des patients infectés par le VIH ; les données individuelles sur la durée du traitement par TDF antérieur n’étaient pas disponibles.

Références :

Gupta SK, Post FA et al. Renal safety of tenofovir alafenamide vs tenofovir disoproxil fumarate: A pooled analysis of 26 clinical trials. AIDS. 2019 Mar 29. doi: 10.1097/QAD.0000000000002223.
fil - 23 Mai 2019 - 09:34
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Les personnes vivant avec le VIH accepteront-elles un futur vaccin thérapeutique ?

• Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont en moyenne 92% à accepter l’idée d’être traitées par un vaccin thérapeutique et évaluent leur acceptabilité à 8,4 points sur une échelle de 10.
• Elles ont une attente forte vis-à-vis de l’efficacité “à vie” du traitement.
Selon une étude multicentrique française, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) accepteraient dans leur grande majorité (92%) d’être traitées par un futur vaccin thérapeutique contre le virus, notamment s’il devait être efficace à vie. Il est intéressant de noter que ce résultat est indépendant du profil socio-démographique du patient, du mode ou de l’ancienneté de sa contamination et qu’il est étroitement corrélé à la confiance que le patient a envers son médecin traitant, alors même qu’ils sont près de 35% à penser que les médecins ne disent pas tous la vérité au sujet des vaccins.

Une efficacité déterminante

Si ce déclaratif reste théorique et ne permet pas d’affirmer que les patients se vaccineront lorsqu’un vaccin thérapeutique sera effectivement disponible, les auteurs soulignent l’ampleur de l’adhésion, en comparaison de l’acceptabilité générale des vaccins dans la population générale française. La couverture vaccinale de la cohorte recrutée était d’ailleurs assez bonne (73% à jour pour le DTpolio, 75% à jour pour le VHB, mais seulement 21% et 15% pour le pneumocoque et la grippe).

Sur une seconde échelle EVA scorée entre 0 (‘ quelle que soit ma situation, je n’accepterai jamais de recevoir un vaccin thérapeutique ’ ) et 10 (’ je ne vois aucun problème à utiliser un vaccin thérapeutique dès qu’il sera disponible ’ ), ces participants déclaraient un score moyen de 8,9. Pourtant, ceux qui se disaient prêts à être vaccinés étaient 71% à craindre d’éventuels effets secondaires et 74% à se dire prêts à participer à un essai clinique dédié (seuls 9% étaient contre cette idée). Parmi leurs motivations figuraient principalement la perspective de ne plus risquer de transmettre le virus à leur partenaire ou enfant (84%) et celle de d’arrêter la prise quotidienne d’un traitement (93%), envisageable selon le déclaratif dès lors que le vaccin aurait une efficacité sur la charge virale comprise entre 85 et 100%.

Cette étude est la première à décrire l’acceptabilité d’un vaccin thérapeutique contre le VIH au sein d’un pays occidental. Elle décrit ici un certain nombre de leviers d’actions quant aux paramètres influençant l’opinion des sujets concernés...

Références :

Dimi S et al. Patients’ high acceptability of a future therapeutic hiv vaccine in france: a french paradox? BMC Infect Dis. 2019 May 9;19(1):401. doi: 10.1186/s12879-019-4056-6. https://bmcinfectdis.biomedcentral.com/ ... 019-4056-6 PMID: 31072394
fil - 27 Mai 2019 - 09:08
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La prévention du VIH du futur



http://www.webconfaei.com/hivonair.asp
fil - 29 Mai 2019 - 12:00
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Enquête sur les visites de contrôle pour les PVVIH

L'EATG (European action treatment group) lance une enquête dans le cadre de l'enquête EmERGE, un projet financé par l'Union européenne sur la santé et les potentielles (solutions de santé mobiles ou service de santé amélioré par une plateforme mobile). En amont, les activistes européens veulent comprendre à quelle fréquence et pour quelle raison les personnes vivant avec le VIH dans l'Union européenne se rendent dans leur hôpital ou clinique pour le suivi et le contrôle du VIH. Les résultats de cette enquête doivent « aider à cartographier la diversité des services de santé en Europe. » Vous pouvez remplir ce questionnaire si vous êtes séropositif-ve sous traitement antirétroviral avec une charge virale indétectable depuis six mois et si vous vivez dans un pays appartenant à l'Union européenne (le Royaume-Uni reste inclus). Le formulaire en ligne prendra environ cinq minutes à remplir. L'enquête est strictement anonyme et les données seront traitées de manière à préserver la confidentialité des répondants-es.

NB : Dans le cadre de cette enquête, « clinique VIH » signifie l’établissement de soins de santé où vous recevez la prescription de votre traitement anti-VIH.

l'enquête EmERGE :

https://www.emergeproject.eu/

Le formulaire en ligne :

https://www.1ka.si/a/218310
fil - 30 Mai 2019 - 08:06
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Sida : les femmes sont plus touchées, mais moins présentes dans les essais cliniques

Alors qu’elles représentent un peu plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH dans le monde, les femmes sont encore largement absentes des essais cliniques. Ce qui pourrait compromettre les chances de trouver un remède qui soit aussi efficace pour elles que pour les hommes.

Aujourd’hui, les femmes représentent plus de la moitié (54%) des 35 millions de personnes séropositives dans le monde. En France, le nombre de femmes vivant avec le VIH est estimé à 40 000. Un tiers des nouvelles infections VIH découvertes chaque année concernent les femmes, dont la majorité sont originaires d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du Sud ou du Sud des États-Unis.

Mais, signe que les inégalités de genre persistent encore dans le domaine de la recherche médicale, les femmes sont encore largement exclues des essais cliniques portant sur de potentiels traitements, vaccins ou remèdes contre le virus du sida. Cet étonnant paradoxe est mis en lumière dans un article du New York Times publié cette semaine : comment lutter contre une maladie pandémique sans prendre en considération la spécificité de la moitié des personnes porteuses de son virus ?

Deux systèmes immunitaires spécifiques

D’après le quotidien américain, les chercheurs ont aujourd’hui davantage conscience de ce biais dans leurs essais, qui continuent cependant de dépendre encore fortement de la participation de volontaires gays. Prendre en compte ce problème est d’autant plus important que les femmes et les hommes réagissent souvent différemment à l’infection par le VIH car leurs systèmes immunitaires divergent.

"Il y a toutes sortes de différences entre les hommes et les femmes, probablement dues en partie à des effets hormonaux", explique au New York Times le Dr Monica Gandhi, professeure de médecine à l'Université de Californie, à San Francisco. Ainsi, l'hormone féminine œstrogène semble "endormir" le virus dans l’organisme. Or, un virus dormant est plus difficile à éliminer, que ce soit par le système immunitaire que par un traitement médicamenteux.

Des réactions différentes aux traitements

En 2016, une étude menée par l’amfAR (American Foundation for AIDS Research), l’une des plus importantes fondations américaines du monde pour le financement de la prévention et de la recherche médicale contre le sida, a montré que les femmes représentaient une médiane de 11 % dans les essais de guérison. Elles ne sont que 19% à participer aux essais portant sur des médicaments antirétroviraux et 38% dans les études sur les vaccins.

"Si nous voulons trouver un remède, il est important que nous trouvions un remède qui fonctionne vraiment pour tout le monde", a déclaré Rowena Johnston, directrice de la recherche à l’amfAR.

Cette différence sexuée dans l’accès aux essais cliniques est d’autant plus dommageable que femmes et hommes ne réagissent pas non plus de la même manière aux traitements contre le VIH. Par exemple, un antiviral systémique appelé dolutegravir peut augmenter le risque d'anomalies du tube neural chez les enfants nés de mères qui prennent ce médicament. L’antirétroviral appelé névirapine est quant à lui plus susceptible de causer une éruption cutanée grave chez les femmes que chez les hommes. Pourtant, il a été testé sur 85% d’hommes.

Cette absence de mixité dans les essais cliniques est d’autant plus flagrante lorsque l’on ne s’intéresse qu’aux femmes noires. Pour Ublanca Adams, une Californienne de 60 ans avec le VIH, cet obstacle supplémentaire qu’ont les femmes de couleur tient en grande partie de la méfiance due à la "longue histoire d’exploitation par les chercheurs médicaux". "Il y a encore beaucoup de stigmatisation dans notre communauté auteur de la recherche", explique-t-elle, déplorant une information autour des différents traitements qui n’est "ni inclusive, ni invitante".

Une lente évolution

Mais pourquoi les essais cliniques reposent-ils avant tout sur des cohortes majoritairement masculines ? Parce qu'il s'agit d'une "solution de facilité", estime le New York Times. En effet, les études portant sur des sujets féminins font l’objet d’un examen plus approfondi de la Food and Drug Administration (FDA) car l’agence de santé américaine applique des règles très strictes pour inclure les femmes en âge de procréer.

Les chercheurs préfèrent donc recruter des hommes et se contentent de recueillir des données auprès des femmes une fois que le médicament a reçu son autorisation de mise sur le marché.

Heureusement, les choses évoluent peu à peu. Deux essais récents de médicaments antirétroviraux à longue durée d'action - qui peuvent être injectés tous les mois au lieu d'être pris par voie orale tous les jours - ont réussi à attirer un nombre important de femmes : 33 % des participantes à une étude et 23 % à l'autre.

Un autre essai se concentre quant à lui uniquement sur les femmes, et porte sur un médicament qui bloque l'œstrogène afin de vérifier s’il facilite l'élimination du V.I.H. Ses auteurs ont cependant dû faire quelques concessions et recruté des femmes ménopausées pour contourner les restrictions de la FDA. Or ces participantes ont des niveaux inférieurs d'œstrogènes, ce qui peut fausser les résultats. Pourtant, l’auteure principale est optimiste. "Nous avons été l’un des essais les plus rapides à recruter. Les femmes sont prêtes à participer", se réjouit le Dr Eileen Scully, professeure adjointe de médecine à l'Université Johns Hopkins.

https://www.pourquoidocteur.fr/Articles ... -cliniques
fil - 02 Jn 2019 - 08:35
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH: un traitement dans les premiers jours de l’infection rend le système immunitaire plus efficace (Le Figaro 31/5/19)

Des chercheurs américains ont montré que se faire diagnostiquer puis traiter dès les premiers jours de l’infection par VIH améliore la réponse immunitaire contre le virus.

Pour le VIH (virus de l’immunodéficience humaine), le plus vite est le mieux. Des chercheurs du Ragon Institute (Cambridge, États-Unis) se sont penchés sur l’impact d’une thérapie précoce sur la réponse immunitaire. Leurs travaux, publiés en mai 2019 dans la revue Science Translational Medicine , montrent que, non contente de réduire la quantité de virus dans le sang, traiter au plus tôt cette infection virale améliore la qualité de la réponse immunitaire. Le système immunitaire est un élément clé de cette infection et il est primordial de le protéger.

Une fois dans l’organisme, le VIH s’attaque notamment à certaines cellules de l’immunité - les lymphocytes T CD4 - pour s’y reproduire. Dans les premiers temps de l’infection, ces lymphocytes T CD4 sont chassés par d’autres cellules immunitaires, les lymphocytes T CD8 (ou cytotoxiques), mais ces derniers s’épuisent. «La réponse immunitaire n’est pas faite pour durer. C’est toute la problématique des infections chroniques, le système immunitaire permet de contrôler mais pas d’éradiquer. Et dans le cadre du VIH qui l’attaque, il est dépassé et en vient à faire n’importe quoi.» explique le Pr Jean-Daniel Lelievre, responsable de la recherche clinique au sein du Vaccine Research Institute (Ile-de-France). Au bout d’un certain temps, débute le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA): le système immunitaire est si faible qu’il n’arrive plus à contrer la moindre infection.

Du simple vaccin à l’arsenal de défense

Heureusement, les traitements actuels (trithérapie) annulent le risque de transmission à autrui et ils limitent le développement du virus, au point que l’espérance de vie d’un patient séropositif est aujourd’hui quasiment similaire à celle d’une personne en bonne santé. Mais ces médicaments, dont la toxicité s’accumule au fil du temps, provoquent des troubles cardiovasculaires et respiratoires. D’où l’intérêt de chercher des solutions qui permettraient de se passer de traitements.

Si certaines études travaillent sur des vaccins préventifs, une grande partie d’entre elles mise sur le vaccin thérapeutique, qui soigne après l’infection au lieu de l’empêcher de s’établir. Des études cliniques sont en cours et y associent deux autres stratégies: réduire les «cellules réservoir» dans lesquelles le virus se protège du système immunitaire et des médicaments (c’est la raison pour laquelle les personnes séropositives doivent prendre un traitement à vie) et améliorer la réponse immunitaire des lymphocytes CD8.

Les scientifiques du Ragon Institute ont repris cette dernière piste afin d’observer les effets du traitement très précoce sur ces cellules immunitaires. Pendant un an, ils ont suivi 46 femmes Sud-Africaines séropositives, réparties en 3 groupes: celles traitées dès 10 à 20 jours après l’infection par le VIH, les femmes traitées 20 à 30 jours après le premier contact avec le virus, et celles qui ont eu un traitement bien plus tardif.

Cellules immunitaires: moins nombreuses mais plus efficaces

Résultat? Chez les femmes traitées très précocement, les auteurs ont constaté que la réponse des lymphocytes T CD8 était fortement réduite: ils étaient moins nombreux. Et contrairement aux apparences, c’est une très bonne chose. «Avant on pensait que traiter tôt empêchait la réponse immunitaire de s’installer car le virus ne pouvait pas stimuler les cellules. Cette étude montre que ce n’est pas le cas et que traiter très précocement est bénéfique pour l’immunité» commente le Pr Lelievre. En effet, il y avait moins de ces cellules chez les patientes des premiers groupes mais la qualité de la réponse était bien meilleure. De plus, ils ont observé que l’infection non traitée rendait les lymphocytes T CD8 plus susceptibles de mourir. Le traitement précoce augmentait la survie et la longévité des cellules. Finalement, les chercheurs américains ont aussi observé que les lymphocytes T CD4, normalement assiégés et tués par les virus, devenaient aussi acteurs de leur propre défense si les traitements étaient précoces.

«Ce type d’immunité fonctionnelle au VIH est le genre d’immunité dont on aurait besoin pour un vaccin. Comprendre ce qui constitue une «bonne» réponse immune face au virus nous donne des informations sur la structure du vaccin. Il nous faut maintenant voir si ces réponses contrôlent le VIH en l’absence de traitement, ou s’il existe un moyen pour encore augmenter l’immunité», a déclaré Bruce Walker, un auteur de l’étude, dans un communiqué. Les auteurs admettent cependant ne pas avoir pu réaliser tous les tests chez l’ensemble des femmes observées.

Bien que le nombre de participantes soit faible, les résultats sont similaires à ceux obtenus dans d’autres études. Les hypothèses se confirment. «Ce sont des études descriptives, assez éloignés de l’application pratique mais qui permettent de découvrir des mécanismes précis, importants pour la recherche» note le Pr Lelievre. D’ailleurs, plusieurs études avaient déjà montré que les patients pris en charge tôt contrôlent mieux le virus car celui-ci n’a pas le temps de développer ses stratégies habituelles de résistance aux médicaments. Le chercheur continue: «La cohorte de patients VISCONTI a montré que lorsqu’on traitait tôt, les personnes contrôlaient leur infection même après l’arrêt du traitement.» Tout cela démontre encore une fois l’importance d’un dépistage précoce après une relation à risque pour entamer rapidement une thérapie.

http://sante.lefigaro.fr/article/vih-un ... -efficace/
fil - 12 Jn 2019 - 09:17
Sujet du message: Re: VIH : Publications


Site à destination des professionnels de santé
Aide à la prévention, au dépistage, au diagnostic et au suivi des patients VIH en ville

https://vihclic.fr/
fil - 13 Jn 2019 - 06:28
Sujet du message: Re: VIH : Publications
L’inobservance favorise le vieillissement des capacités immunitaires liées au VIH chez l’enfant

La cohorte COVERTE CO19 montre que les jeunes adultes infectés par le VIH à la naissance ou durant l’enfance présentent un nombre réduit de progéniteurs hématopoïétiques CD34+ et de lymphocytes matures.
La sénescence de l’immunité de ces patients serait liée à une réplication virale non contrôlée.
L’observance semble un élément crucial pour le devenir immunitaire du patient pédiatrique et du jeune adulte.
L’inobservance au traitement antirétroviral des jeunes adultes infectés par le VIH à la naissance ou durant l’enfance favoriserait le vieillissement prématuré de l’immunité selon une étude française parue dans le journal AIDS . Celle-ci s’est en effet intéressée à différents marqueurs et effecteurs immunitaires mesurés chez de jeunes adultes de 18-25 ans infectés par le VIH par voie verticale ou pendant l’enfance regroupés dans la cohorte multicentrique ANRS COVERTE CO19. Ces données ont été comparées à celles issues de sujets infectés à l’âge adulte (25-55 ans) ou à une population plus âgée mais non infectée (65-70 ans).

Une réserve immunitaire diminuée

Ce travail montre ainsi que les adultes infectés durant l’enfance présentent un nombre réduit de progéniteurs hématopoïétiques CD34+ et de lymphocytes matures. Ils présentent aussi un rapport CD4/CD8 et un nombre de lymphocytes B (CD21+) et NK (CD56+CD3-) d’autant plus diminué que le taux de LT CD4 est faible. Cette observation est le signe d'une lymphopénie générale comparable à celle observée chez des adultes infectés plus tardivement, ou à l’immunosénescence observée dans une population âgée non infectée.

L’observance déterminante chez les jeunes

On sait que chez les sujets infectés par le VIH, la diminution du nombre de lymphocytes CD4+ n’est pas le seul évènement immunitaire délétère. En effet, on note aussi un épuisement progressif de la lymphopoïèse. Préserver cette dernière pourrait limiter le vieillissement immunitaire prématuré que l’on observe chez les patients VIH. Chez l’enfant, on pourrait donc s’attendre à ce qu’un traitement antirétroviral efficace et rapidement mis en place puisse contrecarrer l’impact du virus sur les ‘réserves’ immunitaires, le nombre et la capacité de régénération des précurseurs des lymphocytes étant élevés dans l’enfance. Or, dans ce travail, il apparaît que l’infection VIH non contrôlée par un traitement incorrectement suivi influence différents éléments immunitaires d’intérêt pour le maintien de la lymphopoïèse à long terme. L’observance est donc, a fortiori chez l’enfant et le jeune adulte, un élément déterminant à optimiser.

Références :

Fastenackels S et al HIV mediated immune aging in young adults infected perinatally or during childhood. AIDS. 2019 May 29. doi: 10.1097/QAD.0000000000002275. [Epub ahead of print] PMID: 31149945

https://journals.lww.com/aidsonline/Pag ... nttoc.aspx
fil - 13 Jn 2019 - 08:01
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : de nouvelles recommandations prônent la PrEP et le dépistage des femmes enceintes

La PreP (prophylaxie pré-exposition) et le dépistage du VIH font l'objet de nouvelles recommandations américaines dans un même numéro du « JAMA ». Dans un premier article, l'US Preventive Services Task Force (USPSTF, un panel d'experts indépendants) recommande aux médecins de proposer la PreP aux personnes à risque élevé d'être infectées par le VIH. Dans un second article, elle préconise le dépistage de toutes les personnes âgées de 15 à 65 ans et des personnes plus jeunes ou plus âgées à risque élevé. L'USPSTF recommande également le dépistage des femmes enceintes.

Ces trois recommandations sont de niveau A, c'est-à-dire que l'USPSTF estime qu'il est hautement probable que ces recommandations apportent un « bénéfice net substantiel ».

Un bénéfice chez les personnes à risque

En analysant les avantages et les risques de la PrEP, l'USPSTF a mis en évidence des « preuves convaincantes » de son efficacité à réduire le risque d'infection chez les personnes à risque, pour peu qu'elles y adhèrent.

Ces personnes à risque ont été définies avec précision. Il s'agit notamment d'individus en couple avec un partenaire sexuel sérodiscordant, d'hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes ayant une mauvaise utilisation du préservatif ou ayant eu une infection sexuellement transmissible (IST, syphilis, gonorrhée ou chlamydia) au cours des 6 derniers mois, de personnes qui s'injectent des drogues et qui partagent leur matériel d’injection…

En dépit de quelques légers effets indésirables, notamment aux niveaux rénal et gastro-intestinal, « l'USPSTF conclut avec une grande certitude que le traitement à base de fumarate de ténofovir disoproxil par voie orale procuré par la PrEP réduit considérablement le risque d'infection au VIH chez les personnes à risque élevé ». À noter que le traitement oral quotidien associant fumarate de ténofovir disoproxil et emtricitabine est la seule formulation de PrEP actuellement approuvée par la Food and Drug Administration (FDA).

L'USPSTF rappelle que la PrEP ne protège que contre le VIH et que le préservatif reste le seul moyen de protection contre l'ensemble des IST : « La PrEP devrait être envisagée comme une option permettant de réduire le risque d'infection au VIH chez les personnes qui utilisent les préservatifs de manière incohérente, tout en continuant d'encourager et de soutenir l'utilisation systématique du préservatif. » Il recommande par ailleurs que la PrEP soit accompagnée de conseils afin de limiter les comportements à risque.

Une réduction de la transmission materno-fœtale

Alors qu'aux États-Unis, environ 15 % des personnes séropositives ne connaissaient pas leur statut VIH, l'USPSTF a étudié les nouvelles données concernant le dépistage afin de mettre à jour ses recommandations de 2013.

En plus de confirmer la fiabilité des tests HIV, l'USPSTF confirme l'importance du dépistage, qui permet la mise en place d'un traitement précoce et donc de limiter à la fois la survenue d'événements indésirables pour le patient, mais aussi la transmission à des partenaires non infectés.

Le dépistage des femmes enceintes est également un enjeu majeur. Alors que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant pendant la grossesse, le travail, l'accouchement et l'allaitement, l’USPSTF montre l'intérêt du dépistage des femmes enceintes infectées par le VIH pour réduire le risque de transmission mère-enfant.

Comme pour la PrEP, l’USPSTF conclut « avec une grande certitude que le bénéfice net du dépistage de l’infection par le VIH chez les adolescents, les adultes et les femmes enceintes est considérable ».

Aux États-Unis, plus de 38 000 nouveaux cas d'infection au VIH ont été diagnostiqués en 2017 ; 81 % sont des hommes.

https://www.lequotidiendumedecin.fr/act ... tes_869759
fil - 13 Jn 2019 - 16:36
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La prévention du VIH du futur
Replay disponible



http://www.hivonair.tv/replay/2019/Introduction.asp
fil - 18 Jn 2019 - 12:50
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Bithérapie mensuelle injectable en demande d’approbation

Fin avril, le laboratoire pharmaceutique ViiVHealthcare a indiqué avoir déposé un dossier d’approbation pour deux nouveaux médicaments anti-VIH auprès de la Food and Drug Administration (FDA, l’agence américaine du médicament). Pour le premier, il s’agit d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché de la bithérapie injectable en une injection par mois à base de cabotégravir (anti-intégrase, produit par ViiV Healthcare) et de rilpivirine (un non-nucléoside, produit par Janssen) pour traiter l’infection VIH-1 chez les adultes aynant une charge virale indétectable et ne présentant pas de résistance au cabotégravir ou à la rilpivirine.

Cette demande se fonde sur les résultats d’études de phase III : Atlas (Antiretroviral therapy as long-acting suppression) et Flair (First long-acting injectable regimen), conduites chez plus de 1 100 personnes dans seize pays et dont les résultats montrent que l’association de cabotégravir et de rilpivirine injectée une fois par mois est aussi efficace, à la semaine 48 de l’étude, pour maintenir durablement la suppression virologique comparé à une trithérapie recommandée en une prise par jour par voie orale. Les résultats de ces études ont été présentés en mars dernier lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (Croi/Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections) de 2019. « Le schéma injectable mensuel à longue durée d’action de cabotégravir et de rilpivirine permettrait d’espacer d’un mois la prise du traitement des patients vivant avec le VIH, tout en maintenant une efficacité et une tolérance comparables à celles de la trithérapie actuellement recommandée, prise tous les jours par voie orale », explique Deborah Waterhouse, PDG de ViiV Healthcare, dans le communiqué du laboratoire pharmaceutique. « Les données des études Atlas et Flair confirment l’efficacité et la tolérance de cette bithérapie expérimentale. 85 % des participants à l’étude ont indiqué la préférer à leur ancienne thérapie quotidienne par voie orale, il semble donc que cette option soit la bienvenue. Si l’injection mensuelle de cabotégravir et de rilpivirine est approuvée, les personnes prendront leur traitement 12 fois par an et non plus 365 jours sur 365 », explique de son côté John C Pottage, Jr., directeur médical et scientifique de ViiV Healthcare.

Reste à savoir à quel prix sera négociée cette innovation dont parle le laboratoire. Les deux fabricants ViiV Healthcare et Janssen prévoient de déposer dans les prochains mois des demandes d’approbation réglementaire de la bithérapie de cabotégravir et de rilpivirine auprès de l’Agence Européenne des médicaments (EMA), de Santé Canada et d’autres agences au niveau international. La seconde demande concerne une formulation en comprimé par voie orale de cabotégravir qui serait utilisée en phase d’induction (démarrage du traitement) avec le comprimé par voie orale de rilpivirine une fois par jour déjà approuvé (commercialisé par Janssen sous la marque Edurant).

https://www.seronet.info/breve/bitherap ... tion-84926
fil - 24 Jn 2019 - 10:07
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La prévention du VIH du futur
Des nanoparticules aux nanomédicaments:
application aux traitements de l'infection par le VIH




https://youtu.be/lFjPBZ3u_fA
fil - 24 Jn 2019 - 16:51
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Journée annuelle 2019 - Et dans 10 ans ?



https://public.weconext.eu/trt5/2019-06 ... 9JmfZ_xxEw
fil - 26 Jn 2019 - 15:47
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Deux ans après son lancement, l’étude ANRS Prévenir a atteint son premier objectif et a inclus plus de 3 000 volontaires

Améliorer l’offre de PrEP (prophylaxie pré-exposition) en Ile-de-France et évaluer l’impact de cette stratégie de prévention sur l’épidémie du VIH/SIDA : tel est l’objectif ultime de l’étude ANRS Prévenir lancée en mai 2017.

Promue par l’Agence nationale de recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS), en partenariat avec l’association AIDES, l’étude ANRS Prévenir, a inclus, au 2 mai 2019, 3 057 participants volontaires, séronégatifs, et présentant un risque élevé d'infection par le VIH. Cette étude est soutenue par Sidaction.

Menée par le professeur Jean-Michel Molina (Hôpital Saint-Louis, AP-HP), Mme Dominique Costagliola (Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique) le docteur Jade Ghosn (Hopital Bichat, AP-HP) et Mme Daniela Rojas Castro (Association AIDES – Coalition PLUS), l’étude ANRS Prévenir a déjà livré quelques enseignements. Lors de la 22e conférence internationale sur le VIH/Sida (AIDS 2018), les premiers résultats communiqués portaient sur les 1 435 premiers volontaires inclus et montraient que 44% prenaient la PrEP quotidiennement et 53% à la demande au moment des périodes d'activité sexuelle[1]. Ces premiers résultats confirmaient aussi la bonne tolérance de la PrEP et surtout son efficacité sur le terrain puisqu’aucun cas d’infection par le VIH n’avait été rapporté.

De prochains résultats communiqués dans un mois lors de la Xe conférence internationale IAS sur la science du HIV (Mexico city, 20-24 juillet) devraient apporter des éléments nouveaux, avec un suivi prolongé et un nombre plus important de participants. « L’étude ANRS Prévenir a permis de valider définitivement le schéma de PrEP à la demande initialement testé dans l’essai ANRS Ipergay, et qui est maintenant inclus dans la plupart des recommandations internationales pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes », explique le Pr. Jean-Michel Molina.

Les investigateurs de l’étude précisent : « Deux ans après son lancement, nous sommes extrêmement reconnaissants vis-à-vis des 3 000 participants volontaires engagés dans cette étude et du faible taux d’abandon observé. C’est réellement grâce à la mobilisation de ces volontaires que nous pouvons désormais disposer de données à large échelle sur l’impact de la PrEP sur l’épidémie de VIH et des autres infections sexuellement transmissibles. L’important, est à chaque étape de notre projet, de partager, de manière réactive, avec les participants, et la communauté scientifique internationale, les résultats de nos observations sur ce dispositif de prévention. », ajoutent-ils.

L’association AIDES est co-investigatrice de l’essai. « Partout dans le monde, nous nous apercevons que le succès du déploiement de la PrEP est intimement lié à l’implication des communautaires. Nous sommes donc très fier.e.s de poursuivre notre investissement historique dans la recherche autour de cet outil fantastique qu’est la PrEP » commente Aurélien Beaucamp, président de AIDES.

De nouvelles études vont prochainement être mises en place au sein du programme de recherche ANRS Prévenir qui viseront à mieux comprendre le mécanisme d’action de la PrEP, son utilisation par les jeunes de 18 à 25 ans, et à prévenir également le risque d’infection par le virus de l’hépatite C et les autres infections sexuellement transmissibles bactériennes.

« Les nouveaux faits scientifiques ainsi apportés, doivent servir à la décision en santé publique, dans l’intérêt des populations les plus exposées, avec comme objectif de contrôler l’épidémie en France et dans le monde. Notre programme de recherche ANRS Prévenir est aussi un précieux outil pour apporter des réponses au problème des IST, extrêmement fréquentes dans cette population d'hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes", conclut Pr François Dabis, le Directeur de l’ANRS.

http://www.anrs.fr/fr/presse/communique ... tteint-son
fil - 28 Jn 2019 - 07:28
Sujet du message: Re: VIH : Publications
La prévention du VIH du futur
ARV Long Acting en PrEP




https://youtu.be/yagB0cBeDZI
fil - 03 Jl 2019 - 12:30
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Pour la première fois, des chercheurs parviennent à éliminer le VIH de l’organisme de souris vivantes

le VIH de l’organisme de souris vivantes . Dans les divers tests réalisés, les scientifiques n’ont trouvé aucune trace du virus chez 30 % des animaux.

Les médicaments antirétroviraux (ARV) pourraient contenir suffisamment le VIH pour le maintenir à des niveaux si bas qu’il serait indétectable dans le sang, réduisant considérablement le risque de propagation du virus par les rapports sexuels ou les transfusions.

Dans une étude publiée mardi 2 juillet dans la revue scientifique « Nature Communications » des chercheurs ont dévoilé un nouveau moyen d’éliminer le VIH du génome d’un animal infecté.

L’étude menée a impliqué 29 souris. Sur certaines d’elles, les chercheurs ont utilisé une combinaison modifiée d’un traitement antirétroviral afin que l’activité du virus reste faible ainsi qu’une technique de modification génétique qui a arraché les gènes du VIH des cellules infectées.

La suite ici :

https://www.nouvelobs.com/sante/2019070 ... antes.html

https://www.nature.com/articles/s41467-019-10366-y
fil - 16 Jl 2019 - 04:48
Sujet du message: Re: VIH : Publications
VIH : reprogrammer des cellules pour contrôler l’infection



Les cellules des rares individus contrôlant naturellement l’infection au VIH sont étudiées depuis près de 15 ans afin de décrypter leurs particularités. Des chercheurs de l’Institut Pasteur, grâce aux cohortes ANRS CO21 CODEX et CO6 PRIMO, ont décrit les caractéristiques des cellules immunitaires CD8 de sujets dits « contrôleurs du VIH ». Le pouvoir antiviral si particulier de ces cellules est dû à un programme métabolique optimal qui leur permet de persister et réagir efficacement contre les cellules infectées. Les chercheurs sont parvenus à reprogrammer ex vivo des cellules d’individus infectés non-contrôleurs leur conférant le pouvoir antiviral des cellules des contrôleurs. Ces résultats sont publiés le 12 juillet 2019 dans la revue Nature Metabolism.

Certaines personnes réussissent à contrôler naturellement le VIH, sans traitement. Chez ces individus, très rares, (moins de 1% des personnes vivant avec le VIH), on ne détecte pas de multiplication du virus dans leur sang, en l’absence de traitement pendant plus de 10 ans d’infection. En 2007, les chercheurs de l’Institut Pasteur décrivaient comment leurs lymphocytes CD8 ont une activité antivirale extraordinaire. En effet, les CD8 de contrôleurs parviennent à détruire rapidement les cellules CD4 infectées, contrairement aux cellules CD8 de non-contrôleurs.
Les chercheurs de l’unité VIH, inflammation et persistance à l’Institut Pasteur ont donc poursuivi leurs recherches pour connaitre les caractéristiques précises de ces cellules dans le but de les conférer aux cellules des sujets non-contrôleurs.

D’apparence extérieure les cellules CD8, dites « mémoires », des contrôleurs sont identiques à celles des non-contrôleurs mais les chercheurs ont montré qu’elles ont un programme moléculaire différent. Ils ont décrit que chez les contrôleurs les cellules CD8 anti VIH ont un grand potentiel antiviral mais aussi qu’elles sont programmées pour survivre ; tandis que le programme des cellules des non-contrôleurs les prédisposent à l’épuisement et à la mort cellulaire.

Pour mener leurs activités les cellules CD8 des contrôleurs utilisent des ressources métaboliques variées et en particulier elles fonctionnent sur l’apport énergétique de leurs mitochondries(1), bien adapté pour permettre la survie de la cellule dans des conditions de stress. A l’inverse, les cellules des non-contrôleurs sont dépendantes d’une seule source d’énergie (le glucose) et leurs mitochondries montrent une activité limitée. « Nous avons donc identifié que l’activité antivirale des CD8 des contrôleurs est associée à la mise en place d’un programme optimal qui leur confère une plasticité dans l’utilisation des ressources énergétiques de la cellule », explique Asier Saez-Cirion, coordinateur de l’étude, chercheur au sein de l’unité VIH, inflammation et persistance à l’Institut Pasteur.

Les scientifiques sont alors parvenus dans le laboratoire à stimuler l’activité des mitochondries chez les cellules CD8 anti VIH des non-contrôleurs. Grâce à une substance sécrétée par le système immunitaire, appelée interleukine 15 (IL-15), les cellules de non-contrôleurs récupèrent leur activité mitochondriale et augmentent leur potentiel anti-VIH. Les cellules CD8 reprogrammées des non-contrôleurs acquièrent ainsi une capacité à détruire les cellules CD4 infectées qui ressemble à celle des cellules des contrôleurs.

« Nos travaux montrent que même si les cellules CD8 anti VIH des non-contrôleurs sont relativement inefficaces, les différences avec les cellules de contrôleurs ne sont pas insurmontables », conclut Asier Saez-Cirion.
La reprogrammation métabolique des cellules immunitaires est une stratégie déjà actuellement en phase d’essais cliniques pour le traitement des cancers. Les chercheurs espèrent pouvoir tester ces stratégies in vivo prochainement pour ces facultés anti-VIH.

Ces travaux ont été financés par l’Institut Pasteur, ainsi que par l’ANRS, MSDAVENIR, l’Union Européenne (Horizon 2020) et Sidaction.

1) Mitochondrie : organite situé à l’intérieur de la cellule qui fournit l’énergie nécessaire au bon fonctionnement cellulaire.



Source

Metabolic plasticity of HIV-specific CD8+ T-cells is associated with enhanced antiviral potential and natural control of HIV-1 infection, Nature Metabolism, 12 juillet 2019

Mathieu Angin1, Stevenn Volant2, Caroline Passaes1, Camille Lecuroux3, Valérie Monceaux1, Marie-Agnes Dillies2, José Carlos Valle Casuso1, Gianfranco Pancino1, Bruno Vaslin3, Roger Le Grand3, Laurence Weiss4,5, Cecile Goujard6, Laurence Meyer7, Faroudy Boufassa7, Michaela Müller-Trutwin1, Olivier Lambotte3,6, and Asier Sáez-Cirión1

1) Institut Pasteur, Unité HIV Inflammation et Persistance, Paris, France
2) Institut Pasteur, Hub Bioinformatique et Biostatistique – C3BI, USR 3756 IP CNRS – Paris, France
3) CEA, Université Paris Sud, INSERM U1184, Immunology of Viral Infections and Autoimmune Diseases (IMVA), IDMIT Department / IBFJ, 92265 Fontenay-aux-Roses, France
4) Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris, France
5) Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, Paris, France
6) Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Hôpital Bicêtre, Service de Médecine Interne et Immunologie clinique, 94275 Le Kremlin-Bicêtre, France
7) INSERM U1018, Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations, Université Paris Sud, Le Kremlin Bicêtre, France
fil - 18 Jl 2019 - 10:41
Sujet du message: Re: VIH : Publications
Conférence de Vancouver 2019 - Le paysage changeant des IST et de l’élimination du VIH



Une des plus grandes conférences mondiales sur les infections sexuellement transmissibles ( IST ), «STI & HIV 2019 WORLD CONGRESS»* se tient à Vancouver du 14 au 17 juillet 2019. Cette conférence a lieu tous les deux ans, alternativement en Amérique du Nord et en Europe, et s’est ouvert depuis peu aux autres continents. Le Pr Didier Jayle est notre correspondant sur place.

Vancouver, le 14 juillet 2019 Cette conférence sur les IST , organisée par l’ISSTDR (International Society for Sexually Transmitted Diseases Research) et l’IUSTI (International Union against Sexually Transmitted Infections), est un événement bien différent des conférences sur le VIH/ sida et bien plus modeste: seulement 1300 «délégués», (ils étaient 18000 à la dernière conférence internationale sur le sida à Amsterdam 2018), majoritairement des Américains du Nord, une centaine de Britanniques, et seulement 8 Français et 3 Espagnols! 200 intervenants dont un seul Français! Les participants sont principalement des professionnels de la santé, médecins, chercheurs, biologistes, épidémiologistes, très peu d’associations, et quasiment pas de journalistes, il n’y a d’ailleurs pas de salle de presse.

La séance d’ouverture a donné une large place à des représentantes des trois peuples amérindiens Squamish, Musqueam et Tseil-Waututh qui habitaient Vancouver avant l’arrivée des Européens. Elles ont souhaité la bienvenue aux congressistes sur leurs terres et béni la conférence, non sans rappeler combien elles avaient souffert de leur expropriation et du génocide culturel qu’ont subi leurs peuples. La colonisation de Vancouver date de la toute fin du XIXe siècle, surtout après l’arrivée de la ligne de chemin de fer Montréal-Vancouver en 1886. C’est cette même année que le site indien prend le nom de George Vancouver, explorateur britannique. Aujourd’hui, Vancouver est le premier port canadien. C’est aussi un site touristique exceptionnel entre océan, montagne, forêt et parcs naturels, c’est une des villes où la qualité de la vie est la meilleure (classée 3e dans le monde) et aussi une des plus chères.

Le programme de la conférence intitulée cette année The Evolving Landscape of STI and HIV Elimination («Le paysage changeant des IST et de l’élimination du VIH») est dominé par la crainte du développement des résistances aux antibiotiques, par les taux de nouvelles infections depuis 2010, par l’impact de la Prep . Face à ces nouveaux enjeux, le combat contre les IST manque cruellement de moyens, et les combattants doutent de pouvoir les avoir un jour. Développer de nouveaux médicaments nécessite des investissements considérables et les industriels sont réticents à s’y lancer, car il ne s’agit pas de médicaments à prescrire la vie durant mais juste pendant quelques jours, voire un seul, pas de quoi s’assurer une rente! La keynote d’ouverture a été confiée à un directeur scientifique de GSK-Vaccines (ce qui en soi, apparaît très surprenant même si GSK n’est pas sponsor du congrès), Rino Rappuoli, qui a rappelé que seuls les vaccins pouvaient parvenir à éradiquer une maladie, qu’ils ont très largement contribué à augmenter la longévité au XXe siècle, et qu’aujourd’hui nous avions les acquis scientifiques nécessaires pour développer un vaccin contre le gonocoque, et vraisemblablement aussi contre la syphilis et les chlamydiae, mais que le risque d’un échec commercial (market failure) était énorme.

Le ton n’était pas plus encourageant lors du pre-congress symposium du 14 juillet, si de nouvelles molécules apparaissent dans le pipeline et sont très encourageantes, les moyens pour les développer et mettre en route les essais cliniques ne sont pas là. À demain pour la clinique!

Conférence de Vancouver 2019 - Oui, la syphilis reste la grande simulatrice

La première session de la conférence (CCS01) commence à l’américaine à 7h du matin, ce qui n’est pas insupportable quand on est encore sous l’effet du jet lag, même pour ceux qui auraient fumé du cannabis la veille dans un des nombreux potshops de Vancouver… et démarre par des cas cliniques qui nous rappellent que la syphilis n’est pas toujours anodine.

Dans son rapport publié le 12 juillet, le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) rapporte qu’entre 2007 et 2017, plus de 260000 cas de syphilis ont été signalés dans 30 pays européens. Sur la même période, ce chiffre est désormais supérieur au nombre de cas d’infection par le VIH . Le nombre de cas de syphilis a ainsi augmenté en moyenne de 70% en 7 ans en Europe à partir de 2010. En France, il a presque été multiplié par 3 ans en 7 ans et le nombre de personnes touchées est passée de 597 cas en 2007 à 1748 en 2017.

Pingyu Zhou de l’hôpital dermatologique de Shanghai nous réveille avec une série de photos de syphilis maligne (syphilis secondaire) caractérisée par des papulopustules qui évoluent en vastes ulcères ovales ou ronds à bords nets, qui se recouvrent d’une croûte centrale. Des lésions ulcératives autour de la cavité nasale sont fréquentes, ainsi qu’une leucoplasie de la langue et parfois des lésions condylomateuses buccales. Les signes généraux sont importants, fièvre, céphalées, polyadénopathies, hépatomégalie. Les pustules fourmillent de tréponèmes, Zhou les a admirés dans le microscope à fond noir. Contrairement à la Chine, en France on ne fait plus de recherche de tréponème sur fond noir, mais on ne fait pas encore beaucoup de PCR sur les lésions, plus simples à faire et dont on aimerait pouvoir bénéficier en routine dermatologique. Le titre du RPR plasmatique (ex VDRL) est toujours très élevé (entre 1/32 et 1/256).

Des cas de neurosyphilis

Parfois cette forme grave de syphilis cutanée s’accompagne de neurosyphilis, dans 18 des 26 cas de syphilis maligne de Zhou. Sur les 26, 8 étaient VIH+ dont 3 avaient également une neurosyphilis.

Une autre série de neurosyphilis en Chine est présentée en poster par MinZhi WU d’une équipe de l’hôpital général de Suzhou, chez 58 patients VIH-, 49 hommes et 9 femmes, avec des parésies marquées (50%), une atteinte oculaire (12%), une incontinence, un syndrome méningé, des anomalies du scanner cérébral (76%) à type d’image lacunaire (53%), une atrophie cérébrale (23%).

Des atteintes pulmonaires ont été rapportées par Zhou et par Jessica Doctor (ST Thomas NHS Foundation Trust, UK) qui a aussi montré une syphilis mimant un cancer thoracique, cliniquement et par imagerie, un autre une embolie pulmonaire. Et Jackie Sherrard (Buckimgam Healthcare NHS Trust, UK a rapporté une syphilis se présentant comme une fibromyalgie accompagnée d’une hépatosplénomégalie.

Les cas de syphilis graves semblent être en augmentation récente dans plusieurs pays, ce qui justifie l’intervention en plénière de Christine Mara (Washington School of Medecine, Seattle) (PL02.1) pour nous rappeler ses grandes lignes.

Une forme tertiaire quasi disparue, mais des formes secondaires précoces

La syphilis tertiaire avec parésie généralisée, démence, troubles de la personnalité, ataxie sensorielle, dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle épinière (tabès) caractérisée par des douleurs intenses, une ataxie locomotrice, a quasiment disparu. Alphonse Daudet en est mort et Sir Arthur Conan Doyle lui a consacré sa thèse de médecine.

Ce qui apparaît ou plutôt réapparaît sont des formes de syphilis secondaires très sévères et parfois très précoces (en quelques semaines ou mois après la contamination) ; pouvant toucher tous les organes ou presque. L’invasion du système nerveux central peut évoluer vers une méningite persistante et donner lieu après un temps variable à une méningite, à une baisse de la vision, ou de l’ouïe, à un accident vasculaire cérébral. On peut observer des troubles de la mémoire, des troubles de la personnalité, des troubles du langage, un tableau psychiatrique dans les encéphalites du lobe temporal.

La neurosyphilis peut ainsi survenir à un stade très précoce de l’infection.

Syphilis oculaire et otosyphilis

La syphilis oculaire peut toucher toutes les structures de l’œil et se traduit par une rougeur de l’œil, des douleurs du globe oculaire, des corps flottants, des lumières clignotantes, des flashes, une baisse de l’acuité visuelle, une cécité.

L’otosyphilis peut se traduire par une baisse de l’audition ou une surdité brutale, des vertiges, ou la perception de sons divers. L’audiogramme retrouve le plus souvent une perte des hautes fréquences.

Ces formes représentent 2 à 4% de syphilis. Les facteurs de risques sont le VIH avec immunodéficience sévère non traitée, un taux élevé de RPR (TPHA), une souche f de tréponèmes. Une syphilis antérieure semble être un facteur protecteur. Le VDRL est très souvent positif dans le LCR au cours de la syphilis oculaire, plus rarement dans l’atteinte auditive.
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